Diaporam’art # 40

Cupidon

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La plus haute tour résidentielle de New-York

Franck Gehry, tout le monde le connaît, ou du moins connaît ses délires architecturaux. Lui seul sait à ce point donner l’impression que le béton et le verre sont souples, lui seul fait d’un vulgaire immeuble un jouet en chewing-gum. Près de nous, dans notre vieille Europe, Gehry a imaginé le musée Guggenheim de Bilbao. A New-York, une de ses dernières réalisations est actuellement en cours de livraison (ou alors en toute fin de travaux). Il s’agit de la Beekman Tower, à deux pas du Brooklyn Bridge. 76 étages dans 267 mètres de haut de béton armé et d’inox, pour abriter plus de 900 logements de très grand standing, mais aussi une école et un hôpital. Comme à Bilbao, mais en moins délirant, on retrouve les courbes chères à Gehry, courbes qui m’ont tapé dans l’œil sous le cagnard new-yorkais de juillet. C’est désormais la plus haute tour résidentielle de New-York, de quelques centimètres de plus que celle de Donald Trump.

Comment créer un club ?

[…] quand un Américain a une idée, il cherche un second Américain qui la partage. Sont-ils trois, ils élisent un président et deux secrétaires. Quatre, ils nomment un archiviste, et le bureau fonctionne. Cinq, ils se convoquent en assemblée générale, et le club est constitué […].

Jules VERNE, De la terre à la lune, 1865

Collection # 82

Les piafs




En marchant sous la mer

La pointe du Cap Ferret est une balade à faire à marée basse, si possible avec un fort coefficient pour que l’eau parte loin, loin, loin … Pas trop loin quand même, ce n’est pas la baie du Mont-Saint-Michel. Mais c’est l’occasion de marcher sur ce sable trop souvent recouvert par l’eau, et donc de voir ce qui est généralement caché. Par exemple ces bouchots de hasard que sont devenus les pieux censés retenir la plage. Il n’ont pas retenu le sable, mais les moules s’y trouvent à leur aise :

Plus curieux, on peut voir aussi des animaux pointant le nez (?) hors de leur coquille. Seul hic, je ne sais pas du tout quelle est cette bête-là, dont j’ai vu quatre ou cinq exemplaires samedi dernier, marée basse, coeff 100 :

La pipe a pris de la hauteur

L’avantage des tags, sur les blockhaus du Cap Ferret, c’est qu’ils permettent de mesurer la vitesse de l’érosion. La photo de gauche a été prise le 13 novembre dernier, celle de droite aujourd’hui, soit deux mois et dix jours après. Regardez-bien à quelle hauteur se situe le dessin de la pipe par rapport au sable :

Diaporam’art # 39

Les paysans

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What’s new ? [jeudi 20 janvier 2011, 16 h 50]

  • Des œuvres d’art comme on ne les a jamais vues, triturées par photoshop selon une technique qui me dépasse encore largement : Van Gogh dans ses moindre détails (Libé). L’image qui illustre cette note n’a bien sûr pas été bidouillée, mais c’est bien un peu du Van Gogh quand même.
  • Nan mais ça va pas ! jeter son bébé en l’air, le rattraper au vol soi-disant pour le rendre plus fort ! C’est en Russie que se répand ce dangereux yoga où les bébés sont secoués (Slate). Même YouTube a viré la vidéo tant elle était violente. Pas la peine de s’étonner en constatant que le taux de mortalité infantile en Russie ne parvient à passer sous la barre des 10‰ (pour info, il est à peine supérieur à 3‰ en France).
  • Gaz de schiste : front du refus (La Dépêche). Les projets d’exploitation de ce gaz naturel stocké dans les interstices de la roche, et donc difficile à récupérer, sauf à utiliser énormément d’eau et des produits toxiques, éventuellement issus des hydrocarbures, ces projets, donc, touchent tout le sud du pays, bien au-delà du Larzac d’où est partie la fronde.

Collection # 81

Balade dans le domaine de Graveyron (clic ! clic !)
Audenge (Bassin d’Arcachon), 15 janvier 2011



Refaire le pont

Jusqu’en 1966, Oléron est vraiment une île, reliée au continent tout proche par des bacs. Ça garantit la tranquillité, évite les hordes de touristes, mais il faut bien, un jour, se résoudre à la modernité. C’est sûrement la présence du pont qui a d’ailleurs permis à l’île de garder sa population à l’année, évitant le dépeuplement  bien connu des îles bretonnes, que les jeunes, en âge d’étudier, quittent définitivement pour le continent.
L’idée d’un passage permanent n’est pas neuve lorsque le pont est mis en chantier : dès le milieu du XIXe siècle, on évoquait un projet de tunnel, dans lequel aurait par exemple pu circuler un tramway à vapeur. Juste avant la Première Guerre mondiale, suivant en cela l’exemple de ce qui se fait à Rochefort toute proche, on imagine un pont transbordeur. Reconnaissez que cela aurait eu de l’allure, en tout cas plus que ce vulgaire viaduc. Pour le cocorico charentais tout de même : c’est le troisième viaduc le plus long de France (derrière St-Nazaire et Ré), et oui, devant le viaduc de Millau, qui fait 400 mètres de moins. Il a été construit par une entreprise qui fait actuellement partie du groupe Vinci, à laquelle on doit notamment la Tour Montparnasse.
Devenu gratuit une fois les emprunts remboursés (et peut-être aussi parce-que son péage relevait d’un léger tout de passe-passe juridique, mais il faudrait que je creuse la question), le pont est finalement une route comme une autre, et l’île beaucoup moins île.
Des travaux vont prochainement débuter pour remettre tout ça à neuf : on refait les voies, on les rétrécit pour les voitures afin de mettre en place une piste cyclable, on redonne un bon coup de peinture sur les rembardes. Puis-je me permettre une suggestion ou deux ? pourquoi ne pas en profiter pour remettre en place un péage, histoire de récupérer des pépettes pour nettoyer l’île après le passage des touristes (pas plus sales qu’ailleurs, ils sont juste très nombreux), et, plus ambitieux mais ça me ferait tellement plaisir, pourquoi ne pas empêcher physiquement l’accès au pont (donc à l’île) pour les énormes camping-cars gros comme des autobus ?

—> Sources :

Diaporam’art # 38

Piété

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Des paquebots à New-York

Les vacances à New-York semblent déjà loin. Il y faisait très chaud, et je vois actuellement les images de la neige dans les rues. J’imagine l’ambiance.
J’imagine aussi le spectacle qu’a du être la présence dans le port des trois « Queen » de la Cunard en même temps, dont le gigantesque Queen Mary II, immense navire né à Saint-Nazaire en 2003. Mer et Marine propose à ce sujet un bref article et quelques photos.
Bien sûr, en juillet dernier, nous avons vu quelques paquebots à New-York, dont le Carnival Miracle, un beau bébé de 292,5 m de long, lancé en 2004. Bien plus grand que ce qui accoste à Bordeaux, un tel engin ne pourrait ni entrer ni manœuvrer dans notre port de la Lune.

A Bordeaux, les voyageurs qui accostent sont accueillis, s’ils le veulent, par des cars de tourisme. On est bien loin des limousines qui réceptionnent les touristes à New York. Y’a pas à dire, c’est pas le même monde.

Mais par contre, à New York comme à Bordeaux comme partout, les temps d’escale ne sont pas des temps de répit pour l’équipage, qui, comme il se doit, entretient le bateau encore et toujours, un coup de rouleau à gauche, un coup de rouleau à droite :

Coup de brume

Aujourd’hui, à Bordeaux, on a eu brouillard. Le paysage apparaît au fur et à mesure que tu marches, pour un peu tu te cognerais dans les immeubles avant de les voir. Face à la Garonne, tu es comme face à l’océan : on n’aperçoit pas le milieu du fleuve, alors t’imagines la rive d’en face … Petit aperçu :

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Ne vous inquiétez pas, c’est pas commercial

Coup de fil hier après-midi, alors que je cartographie à ma sauce et à la tablette graphique « l’organisation de la façade atlantique de l’Amérique du Nord » pour des terminales qui seront forcément ébahis par tant de dextérité. Coup de bigo, donc :

— Bonjour, je suis bien chez madame Zappeuse ?
— Oui, bonjour
— Je suis Marie-Odette, de la société Toupourmapomme. Vous aimez recevoir des cadeaux madame Zappeuse ? vous aimez les cadeaux je le sais et monsieur Zappeuse aussi je vous annonce donc madame Zappeuse que votre mari et vous venez de gagner un magnifique cadeau et la possibilité de participer à un tirage au sort qui vous permettra de remporter une magnifique télé écran plat qui fait aussi le café le dimanche matin vous avez bien entre 24 et 78 ans ?
— Euh … oui
— Vous savez madame Zappeuse c’est complètement gratuit vous habitez bien Bordeaux ?
— Euh … presque
—  Je recherche l’adresse la plus proche de votre domicile où vous pourrez venir chercher votre cadeau. Vous savez madame Zappeuse, ce n’est pas commercial, c’est juste publicitaire.

No comment.

Collection # 80

Sur la plage, abandonnés
Coquillages et crustacés

Grande Plage de St-Trojan (île d’Oléron), 31 décembre 2010



What’s new ? [mardi 11 janvier 2011, 19 h 00]

—> Illustration de la première info de cette note : tortues récupérées par le Parc de la Tête d’Or, à Lyon, après que leurs proprios, déçus du bestiau, ont décidé de tâter du cochon d’inde.

Bronzer sur le bourrier

C’est la plus belle plage de l’île d’Oléron, la plus grande et la plus dangereuse aussi :

La plus dangereuse ? rouleaux puissants, courants piégeux, baïnes, ça c’est pour la baignade. Je parle ici de la plage, le sable fin, la zone de bronzette en été et de balade en hiver. Depuis quelques mois, le risque de s’y faire gros bobo s’est intensifié à cause de la multiplication de ce genre d’objets, qui semblent jaillir du sol au fur et à mesure qu’on les ramasse :

Le vacancier serait-il salisson à ce point ? ni plus ni moins qu’ailleurs. Ce qui jaillit sous nos petons à la peau tendre est là depuis très longtemps. C’est l’érosion, accélérée par la tempête Xynthia (qui du coup a acéléré le dossier de dépollution, au point mort depuis des lunes), qui met à jour ce qu’il y a sous la plage : une énorme décharge, alimentée en déchets ménagers jusque dans les années 1980. En langue locale, on disait le bourrier, et on y lâchait les saletés sans autre forme de procès. Le sable recouvrit le tout, puis la dune repartit dans l’autre sens, et nous voilà au cœur du problème : je ne sais pas si sous les pavés il y a toujours des plages, mais je sais que sous la plage il y a des poubelles. Depuis novembre dernier, les 15 000 tonnes de déchets enfouis sont désormais l’objet de toutes les attentions. On vire le sable, on trie, on tamise. Quatre mois de travaux au bas mot pour la rondelette somme de 1 200 000 €, sans parler du coût du réaménagement du site, à réaliser impérativement avant l’été.

Diaporam’art # 37

Animaux

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Le port de La Cotinière [3]

Une fois déchargé, le poisson est emporté dans le hall de la criée, zone interdite aux touristes, derrière le rideau de plastique :

Nous allons désormais suivre la vente d’une partie de la cargaison du « Majoub », dont j’ai montré le déchargement hier soir. La criée en elle-même n’a rien à voir avec les criées à l’ancienne : pas de salle glaciale et humide, pas de crieur que seuls les initiés comprennent (mais qui garantissait le folklore). Depuis 1987, la criée est un minuscule amphithéâtre, la cotation est électronique. Une quarantaine de mareyeurs sont habilités à y acheter poissons et crustacés. L’espace est restreint mais les volumes traités sont énormes : plus de 5 500 tonnes de poissons et crustacés par an, pour une somme d’environ 25 millions d’euros.

Au fur et à mesure que les caisses passent devant le crieur (désormais muet !), un certain nombre d’informations s’affichent sur un tableau : nom du bateau (en connaissant le bateau, on sait quelles techniques de pêche il pratique, et donc quelle qualité de produit on peut espérer), prix des enchères (avec petite flèche montante et descendante ; le prix est celui du kg, pas de la caisse entière), qualité du produit (la lettre A désigne le bas de gamme, la lettre E la qualité « extra »), et aussi le prix de retrait. Ce prix est celui qui est donné pour sa marchandise au patron-pêcheur si jamais celle-ci ne trouve pas preneur. Auquel cas, les poissons et crustacés servent à fabriquer des soupes de poisson ou autres produits dérivés (autrefois, et dans d’autres criées aujourd’hui, ces produits sont transformés en engrais ou farines pour le bétail, c’est quand même triste s’il s’agit de soles ou de daurades !).

Les acheteurs enchérissent avec discrétion, en appuyant sur un bouton-poussoir, si possible en évitant que l’entourage voit quoique ce soit :

Une fois l’enchère finie (ça va très vite), le crieur sort un ticket de l’imprimante et le pose sur la caisse concernée. Le mareyeur va pouvoir récupérer sa marchandise et s’attaquer à la partie manuelle se son boulot : arracher la peau des raies (si épaisses qu’on en fait du cuir : le galuchat), étêter la lotte (laide à faire peur et pleine de dents), détailler certains poissons en filets, etc, avant de revendre le tout aux poissonniers et restaurateurs.

Fin

Le port de La Cotinière [2]

Le port de pêche de La Cotinière, en ces temps de crise, tire fort bien son épingle du jeu. Selon le guide qui nous a permis de visiter le port et la criée, et dont je parlais hier, le port de La Cotinière serait aujourd’hui le 6e port de France (en volume et en valeur de poissons et crustacés vendus à la criée), après avoir été il y a peu seulement 9e, non pas parce-qu’il pêche de plus en plus (les volumes sont stables) mais parce-que les ports plus spécialisés dégringolent dans le classement.
En effet, La Cotinière n’est plus spécialisée dans un type de pêche, comme autrefois la sardine. D’autre part, le choix de la qualité et de la préservation de la ressource est pour beaucoup de ce classement : des bateaux de taille modeste (le plus grand chalutier ne mesure que 23 m de long, rien à voir avec le bateau-usine croisé à St-Malo à l’automne), qui, pour la plupart, partent pour la journée et reviennent livrer le poisson frais dans l’après-midi ; la mise au point de filets qui ne prennent que les animaux adultes et laissent en mer les juvéniles ; davantage de filets, de lignes (pour le bar, on n’a pas trouvé mieux), et de casiers (homards dits « bretons » mais pêchés entre Ré et Oléron, araignées, etc) que de chaluts pélagiques, ces derniers écrasant les poissons et empêchant de vraiment les sélectionner.

Lorsque la pêche est finie, les bateaux font littéralement la course pour rentrer au port : le premier arrivé est le premier déchargé, et son poisson est présenté en premier aux mareyeurs, donc il a plus de chance d’être bien vendu qu’un produit de même qualité arrivé plus tard, quand les acheteurs ont, si je puis dire, fini leurs courses.
Le port est moderne : les caisses ne sont plus déchargées à la main comme autrefois mais par des grues. La manœuvre se fait avec précision, sans précipitation, afin de pas abîmer le poisson ni son rangement dans les caisses (une présentation soignée permet souvent de mieux le vendre).

—> À lire :

  • un récent article de Sud-Ouest qui fait le point sur les trois ports de pêche de Charente-Maritime, montrant bien la position de leader (et de loin) de La Cotinière face à La Rochelle et Royan (qui a pourtant aussi fait le choix de pêcher d’abord des espèces nobles.

(à suivre)

Le port de La Cotinière [1]

Lors de nos dernières petites vacances hivernales sur l’île d’Oléron, mon keum, nos amis chasseurs-cueilleurs et moi-même avons eu la possibilité de visiter le port de pêche et la criée de La Cotinière (commune de St-Pierre-d’Oléron), dans le cadre de l’opération De la cale à l’assiette, qui devrait se renouveler certains vendredis à partir de février. Une visite passionnante, grâce à un guide qui connaissait son sujet sur le bout des doigts, et qui s’est achevée par la dégustation d’une huître en gelée d’eau de mer. Pas mal. Avant d’aller plus loin dans cette balade désormais bloguesque, permettez-moi de vous rappeler la localisation du port de La Cotinière :

Pendant très longtemps, les Oléronais ne sont pas partis pêcher au large, mais ont capturé les poissons dans de grandes écluses, dans lesquels les animaux se faisaient piéger grâce au mouvement des marées. La première digue permettant d’abriter quelques chaloupes est construite au milieu du XIXe siècle, mais rien à voir avec la mise en place d’un vrai port de pêche : à cette époque, seules sept minuscules embarcations se consacrent réellement à la pêche.
Le port de pêche au sens propre est créé à la fin du XIXe siècle, et modernisé à plusieurs reprises, notamment à la suite d’aléas climatiques qui détruisent ou abîment les installations. Le phare n’est ainsi construit que vers 1900, et il n’a rien d’un géant :

Jusque dans les années 1920, ce port reste modeste : pas plus de 25 bateaux, soit quatre fois moins qu’aujourd’hui. Le port se spécialise dans la pêche à la sardine, une conserverie est construite. C’est l’activité essentielle de La Cotinière jusqu’à la fin des années 1950.
Le grand vent de modernisation a lieu dans les années 1980, donnant au port sa physionomie actuelle : agrandissement des bassins, construction d’une nouvelle criée (aujourd’hui trop petite).

Les prises se diversifient (90 espèces pêchées) et s’orientent largement vers les espèces nobles (sole, bar, langoustine, etc), ce qui permet au port de La Cotinière de prospérer tandis que les ports spécialisés, comme celui de La Turballe en Bretagne, totalement orienté vers l’anchois, subissent régulièrement des crises majeures liées au respect de quotas imposés, qui bloquent quand il le faut les bateaux à quai.

(à suivre)

What’s new ? [mercredi 5 janvier 2011, 15 h 25]

Collection # 79

Jeunes goélands sur la Grande Plage de Saint-Trojan
Ile d’Oléron, 31 décembre 2010



Les chiens ayant bien chassé furent récompensés …

… par une balade sur le sable mouillé. Ça coûte moins cher qu’un steak, et c’est amusant à regarder, même si la photo est floue (fin d’après-midi, pas assez de lumière, zoom à fond les ballons) :

C’était jeudi dernier, sur la Grande Plage de Saint-Trojan (Oléron). Près de la plage, des camionnettes et des hommes qui buvaient le coup et mangeaient un morceau, fiers des efforts fournis. Au cul des véhicules gisaient des sangliers. Sans être spécialement favorable à la chasse, j’ai bien compris que le bestiau commençait à poser de sérieux soucis, j’en parlais d’ailleurs ici-même il y a moins d’un mois (clic ! clic!).
Mais il arrive que la battue se finisse de manière plus cocasse, et, à défaut d’avoir un éléphant dans un magasin de porcelaine, on peut se retrouver avec deux sangliers dans la bijouterie. Ça fait du dégât et ça remplit quelques lignes à la rubrique « Insolite » du quotidien Ouest-France. Le casse porcin a eu lieu aujourd’hui même dans un centre commercial proche de Rennes, les animaux sont repartis avec quelques égratignures mais ni diamant ni rolex …

Risotto-thérapie avec de vrais morceaux de forêt dedans

Il y a quelque chose d’hypnotique et de relaxant dans le touillage du risotto, attendre gentiment que le riz ait bu tout le bouillon versé louche après louche, calme, calme, caaaaaaallllllmmmmme …
Et, certains lundis, ce calme s’impose, surtout quand, toute la journée, tout est parti en sucette, faisant monter la pression à l’intérieur de la prof de base plus vite que dans un autocuiseur dernier-cri. Il est vrai que la collègue indélicate qui monopolise l’unique photocopieuse pendant plus d’un quart d’heure juste avant le premier cours est pour beaucoup dans cet état global d’énervement.
D’où risotto-thérapie, qui m’a permis de me souvenir de l’ambiance glaciale et brumeuse de la forêt de Gatseau (île d’Oléron) samedi dernier. Ce jour-là, histoire de nous libérer des brumes générées par quelques magnifiques breuvages, mon keum, des amis chasseurs-cueilleurs (plus cueilleurs que chasseurs d’ailleurs) et moi-même sommes partis taquiner la chanterelle. Un premier janvier ? oui ! Résultat : une bonne grosse poche de jeunes champignons jaunes de la tige et marron du chapeau, du moins quand chapeau il y a, le sanglier aime ça aussi et ne laisse souvent que les tiges. Le bougre.

Alors ce soir, j’ai tenté le mélange champignons du nouvel an et riz arborio. Et hop ! Procédons, procédons :

Risotto aux jeunes chanterelles

Pour les dosages, c’est comme d’hab’, tu improvises. Il faut donc :

— du riz arborio
— de l’huile d’olive
— de l’échalote coupée en petits morceaux
— du vin blanc sec
— du bouillon de légumes en cube (beaucoup plus que de vin blanc)
— des jeunes chanterelles cueillies avec tes petites mains glacées et boudinées dans la forêt profonde où on entend le hibou (si tu n’as pas de forêt profonde où on entend le hibou près de chez toi, où si tu confonds encore le cèpe avec l’amanite tue-mouche, tente ta chance avec un mélange surgelé)
— de l’ail
— du persil plat
— du poivre du moulin et de la fleur de sel
— de la crème fraîche

L’affaire se fait en deux poêles :

— dans la première poêle, tu fais suer tes champignons bien bien nettoyés (à cause du sable) dans un petit peu d’huile d’olive. Quand toute l’eau est évaporée, tu ajoutes le sel, le poivre, l’ail pressé puis le persil découpé aux ciseaux dans un verre, comme le fait ta grand-mère ;
— dans l’autre poêle, tu attaques le riz-de-toto par la face nord : tu fais revenir très légèrement l’échalote dans une bonne rasade d’huile d’olive, tu surveilles bien, l’échalote ça brûle de peur. Tu jettes ton riz et tu es censé attendre qu’il devienne translucide. Sauf à avoir envie de passer la nuit devant la gamelle, il vaut mieux zapper cette étape : le riz ne devient jamais translucide. Quand tu estimes qu’il est temps, tu mouilles de vin blanc, tu touilles, tu modère le feu, tu touilles, tu remonte le feu, tu touilles, etc. Tu ajoutes ensuite, progressivement, sans te presser, louche après louche, le bouillon préalablement dilué. Dès qu’il est absorbé, tu en rajoutes, au final tu goûtes, c’est le seul moyen de savoir si c’est cuit. Pour terminer, tu ajoutes les champignons au riz et tu adoucis le tout avec une grosse cuillère de crème. Touille touille encore, et hop, c’est prêt ! La cuisinière est détendue, cool, relax, zen ; elle est pas belle, la vie ?

2011, c’est parti !

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