Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais le printemps ne fait pas non plus l’hirondelle

L’hirondelle se fait rare. Hormis quelques spécimens aperçus il y a environ un mois en Charente-Maritime, et quelques rares oiseaux du côté de Bordeaux, l’hirondelle met du temps à venir cette année. Le nid le plus proche de chez moi est toujours déséspérément vide. Les hirondelles vont-elles venir ? sont-elles en rade sur la route qui les amène d’Afrique ? sont-elles juste simplement en retard ?
Un peu de tout cela, comme l’explique le site Ornithomédia. D’une part, depuis quelques années, on constate une baisse très nette des effectifs des hirondelles, qu’il s’agisse de l’hirondelle rustique ou de l’hirondelle de fenêtre. Habituellement, les hirondelles ont deux couvées par an. Or, depuis environ cinq ans, la seconde nichée ne donne bien souvent aucun oisillon : cette baisse drastique de la natalité explique, entre autres causes, la baisse des effectifs.
Mais la météo pourrait bien avoir aussi sa part de responsabilité dans la mort des oiseaux en cours de migration, ou plus simplement dans leur arrivée tardive. De mauvaises conditions climatiques, comme les tempêtes ou les pluies trop fortes, mais aussi le froid tardif, peuvent tuer les oiseaux. Ornithomédia cite ainsi, entre autres exemples, une vague de froid en octobre 1974 qui aurait tué des milliers d’hirondelles, aboutissant à une baisse des effectifs de 25% au printemps suivant en Suisse. Il se peut donc que nos hirondelles aient du mal à revenir d’Afrique, notamment parce-qu’elles peinent à arriver en Espagne et ensuite à en partir : la péninsule ibérique vient de connaître un hiver particulièrement long. Depuis plusieurs semaines, la Galice connait un temps froid et pluvieux, il a même neigé en avril : les oiseaux migrateurs sont inévitablement perturbé par cet hiver qui n’en finit pas.
Pour en revenir à nos hirondelles de chez nous, soit elles sont en retard et j’aurai le plaisir de vous les montrer prochainement, soit elles sont trop peu nombreuses à avoir survécu, ce qui ne serait pas de bon augure pour l’espèce.

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Une hirondelle rustique dans un village de Dordogne en juin 2017

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Carte postale [18]

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Bilbao, juillet 1999

Carte postale [9]

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Tolède, mars 1998

Quand le train remplace le bateau

sloganL’essentiel des produits échangés à l’échelle mondiale prennent le bateau : ton téléphone, mon appareil photo, le ti-shirt du voisin, … C’est le mode de transport le moins onéreux qui soit, tellement bon marché que l’on peut considérer comme presque nulle la part du  transport dans le prix des matériels importés. Cela est bien sûr lié à des avancées technologiques (les conteneurs, des bateaux de plus en plus gros), mais surtout à une reculade environnementale et sociale majeure : la navigation de complaisance, qui permet de faire circuler des bateaux poubelles d’une part, et d’imposer des conditions de travail indignes pour les marins ne faisant pas partie du commandement.
Alors quand j’apprends, en lisant le Huff’, qu’un train de marchandises est parti il y a six jours de l’est de la Chine en direction de l’Espagne, je me dis que cela va dans le bon sens. Ne rêvons pas : le trajet est à peu près aussi long qu’en bateau (environ 3 semaines) et le convoi ne transporte que 18 conteneurs, autant dire trois fois rien. Pas de concurrence à craindre pour les armateurs, qui peuvent continuer à arborer des pavillons « Nassau » ou « La Valette ».

C’était pourtant une belle idée …

1En 2010, un projet un peu fou mais prometteur se met en place, celui d’une autoroute maritime reliant le nord de l’Espagne à l’estuaire de la Loire. On frôle le « zéro défaut » : écologiquement plus responsable que les routes terrestres, moins dangereux aussi.
Le navire assurant la liaison régulière entre les deux ports (Gijon dans les Asturies, et Montoir près de St-Nazaire) devait, en théorie, capter une partie du trafic entre la France et l’Espagne.
Le principe était simple : camions et chauffeurs montaient à bord du bateau et faisaient une grande partie du trajet bien peinards au gré des flots. Très vite, une clientèle espagnole et portugaise s’est saisie de l’aubaine, mais pas suffisamment pour que la ligne soit rentable sans aides publiques. Or, ces aides n’avaient pas pour vocation de durer plus de quatre ans. Les quatre ans sont passés.
Même si les utilisateurs ne tarissent pas d’éloges quant à cette autoroute maritime, le Norman Atlantic vient d’effectuer sa dernière traversée. La concurrence de la route, encore moins chère, a eu raison de cette superbe idée. Les usagers de l’autoroute A63, entre Bordeaux et l’Espagne, en savent quelque chose : les camions sont toujours là, cul à cul, en file indienne ininterrompue.

Source : Mer et Marine, 18 septembre 2014

Gaz de schiste : le combat n’est pas encore gagné

Je me permets de penser que tout le monde a compris à quel point l’exploitation du gaz de schiste était dangereuse. Pas le temps de revenir sur la technique de la fracturation hydraulique, qui ne fait pas couler que de l’encre. La petite victoire récemment obtenue ne doit pas être la branchette qui masque la forêt : certes, trois permis majeurs et symboliques ont été abrogés (dont le permis de Nant, en plein Larzac), mais il en reste 61 sur le sol français métropolitain, qu’il faut aussi annuler. Ce n’est donc pas un hasard si Yves COCHET a parlé, à propos de l’abrogation des trois permis les plus médiatiques, de « coup politique », ni si Jean-Marc AYRAULT a réclamé, comme bien d’autres politiques, l’interdiction totale de la prospection. En effet, on sait très bien que si celle-ci s’avère positive, les intérêts financiers en jeux seront trop forts face à une opposition politique pour empêcher l’exploitation. Il suffira de faire miroiter quelques créations d’emplois (là aussi, poudre aux yeux) pour que l’affaire soit pliée.
Parmi les 61 permis toujours d’actualité, deux permis importants se trouvent dans la région de Valenciennes et en Picardie. Certes, la technique de la fracturation hydraulique est théoriquement interdite, mais, à ce jour, les groupes pétroliers détenteurs des permis n’ont pas proposé d’autre technique. Dans le Valenciennois, cette technique mettrait pourtant en péril 80% de l’eau potable fournie à la population.
En Aquitaine, même refrain. Le plus vaste permis de France n’a pas été abrogé, lui : c’est celui de Beaumont-sur-Lomagne (plus de 10 000 km2), qui touche la partie Est du Lot-et-Garonne. La région est aussi touchée par un projet espagnol. Le gouvernement espagnol voit dans ce gaz non-conventionnel un moyen de régler certains problèmes financiers liés à la crise : par ici les pépettes, l’argent n’a pas d’odeur ! Cette prospection doit avoir lieu de l’autre côté des Pyrénées, au Pays Basque, afin de permettre une mise en exploitation dès 2012. Il faut dire que la réserve semble prometteuse : 5 fois la consommation annuelle de l’Espagne tout entière. Mais à quel prix pour les hommes qui vivent sur place ?

—> Sources :

What’s new ? [mercredi 5 janvier 2011, 15 h 25]