Echos locaux (mardi 26 janvier 2016)

Il y a notre bonne vieille PQR (presse quotidienne régionale), dont les titres nous sont plus ou moins familiers : nous connaissons tous, au moins de nom, Ouest-France et Le Dauphiné Libéré. Mais connaissez-vous Le Petit Bleu d’Agen et Le Maine Libre ? Il y aussi, dans la même veine, des hebdos ultra locaux, comme La Gazette de Montpellier ou Le Journal d’Abbeville. C’est au cœur des sites web de ces journaux locaux que cette nouvelle chronique tente dès aujourd’hui de puiser quelques nouvelles.

  • Le titre de l’article est trompeur : il ne s’agit pas concrètement d’obtenir un mode d’emploi pour « créer sa crêperie en Floride », mais un restaurateur de Floride est bien venu en stage pendant une semaine en Bretagne pour apprendre l’art de la crêpe et l’exporter … au Canada. L’école des crêpiers, dont le nom est Crêpe au logis (ayez la gentillesse de savourer le jeu de mots), se situe à Questembert (Morbihan) et a même son site web (source : La Gazette du Centre Morbihan).
  • Quand la malbouffe cède la place à la malbouffe… Du côté de Roanne (Loire), là où quelques temples de la vraie gastronomie sont solidement implantés, oui même là, la malbouffe a ses adeptes et ses lieux de culte. Un Buffalo Grill qui avait brûlé à trois reprises, va être remplacé par un KFC (source : Le Pays Roannais).
  • Suite à une décision prise à l’unanimité par le conseil municipal, la ville de Millau (Aveyron) se déclare « prête à accueillir deux familles de réfugiés », devenant la troisième commune de l’Aveyron à exprimer cette volonté (après Rodez et Decazeville). Pour un département censé accueillir 100 réfugiés, il reste du chemin à parcourir, mais il faut un début à tout (source : Le Journal de Millau).

Un été en 19 photos

Un été assez classique, avec des fêtes, des amis, la famille, de la bonne humeur, et la mer bien sûr. Mais pas que.
Un été qui a commencé mi-juillet sur l’île d’Oléron, avec pêche à la palourde. Puis il y eut le Voyage à Nantes, son piaf qui pionce, un peu de street art et notre pote l’éléphant. Bien sûr la plage de Damgan, avec sa méduse façon goutte d’eau et un orage pour finir, ça fait du bien quand il fait si chaud. Puis Nantes à nouveau, et ces types qui avaient mis dans l’Erdre leurs bouteilles à rafraichir, à deux pas de la ferme de l’école vétérinaire.
Bordeaux aussi, au milieu, entrelardant largement les virées provinciales, avec un coucou rituel au camarade Bélem. Andernos et Arès, forcément, pour voir des champignons façon fraises tagada écrasées, et l’envol des cygnes.
Toujours sur Bordeaux, la réserve du Marais de Bruges, avec son sanglier (trop rapide pour la photo), sa cigogne et surtout la toilette du martin-pêcheur. Mais aussi, à Bordeaux donc, la laideur des nouvelles constructions de Bacalan et la promesse d’un avenir encore pire.
Au final, l’incontournable et sublime cloître de Moissac, une virée sur le Causse Noir et sous la pluie, des jeunes truites qui nagent dans la Sorgue, quelque part en Provence.
Retour sur Bordeaux, une tortue étale ses grosses pattes au soleil. Demain soir, c’est week-end.

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Le buisson âcre

cadeEtymologiquement, le mot « genévrier » signifie « buisson âcre ». On le nomme aussi, du moins en terre de langue d’oc, « cade ». Ce cade est très présent dans le sud du département de l’Aveyron, notamment sur le Causse Noir, et il a même donné son nom à une ferme, aujourd’hui retirée de ses activités traditionnelles, et à une forêt domaniale située sur la commune de Millau.
Le genévrier est un arbuste piquant méditerranéen, particulièrement vivace et résistant. Il aime les sols pauvres, d’où sa présence sur un causse. Il ne craint pas le froid et peut vivre jusqu’à 200 ans.
Ses baies, les fameuses baies de genièvre, sont utilisées en cuisine et entrent dans la fabrication de certaines boissons d’hommes (mais sans pomme dedans, et personne n’est devenu aveugle, pas même Lulu la Nantaise), notamment le gin et l’aquavit. Son bois n’est pas de grande qualité, mais il a pu, autrefois, permettre la fabrication de manches d’outils. Quant à l’huile de cade, c’est un antiseptique qui entre aussi dans la composition de certains cosmétiques, dont le bon vieux savon Cadum qui lui doit son nom. Cette huile de cade est utilisée en agriculture, en particulier pour repousser les mouches et les taons des troupeaux, comme fongicide chez les moutons ou les chiens, et dans la lutte contre les pucerons sur les plantes.

à cliquer :

photo :

  • forêt du Cade, Millau, 22 août 2014

Le bien nommé Peyre

En occitan, « peyre » désigne la pierre, celle dont on fait les murs, celle que l’on creuse aussi. Le village de Peyre porte ainsi fort bien son nom, une grande partie des maisons étant troglodytiques, ce que l’on devine sur une photo aérienne.


Situé sur les bords du Tarn, le village de Peyre se trouve très près de Millau, d’ailleurs on en voit bien le viaduc, qui se trouve à environ 3 km :


L’occupation humaine y est bien sûr très ancienne : on a retrouvé des traces prouvant une implantation néolothique. Néanmoins, le village s’étoffe au moyen-âge, une église est creusée dans la roche au XIe siècle (photo ci-contre à droite). Après une récente restauration, elle sert aujourd’hui de salle d’exposition.

C’est cependant après les guerres de religions et jusqu’au XIXe siècle que le village prend la physionomie qu’on luit connait aujourd’hui. Les maisons collées à la paroi sont bien sûr troglodytiques, mais d’autres sont bâties le long des ruelles pentues, et leurs ornements et leur architecture attestent de la richesse passée des habitants du lieu :


L’espace compris entre le Tarn et la roche est étroit, d’autant plus que le village doit partager son bout de terrain avec la route et la voie ferrée. Toute la pente est occupée, ce qui donne aux rues un aspect particulier. Les plus pentues, souvent avec des escaliers, portent le nom occitan de « callade » :

L’eau, nécessaire à toute implantation humaine, n’y est pas présente que par le seul Tarn. Des sources, des ruisselets, sortent de la roche et sont captés par des fontaines très simples :

Pour y aller, c’est enfantin. Au départ de Millau, il faut longer le Tarn vers l’aval (donc en l’ayant sur sa gauche) pendant moins de 10 km. Le parking se situe 700 m après le village, côté Tarn.

Bref coup d’œil sur Millau

Millau, désormais plus célèbre pour son immense viaduc qui enjambe un ridicule Tarn tout riquiqui au fond de son lit que pour son McDo démonté (remonté depuis, dommage !), est une petite ville que je connais depuis très très longtemps. Alors forcément, pour la visite touristique classique, guide sous le bras et références en tête, c’est râpé. J’y fais un tour, comme ça, le matin en été, histoire de prendre l’air, de regarder le bric-à-brac des puces du dimanche :


C’est une ville simple. Les noms de rues correspondent peu ou prou à ce quoi elles ressemblent :


Il y a quelques beaux bâtiments, notamment un beffroi, mais surtout il y a des places ombragées (vital en été !) et des rues qui, au fur et à mesure des ravalements, prennent des couleurs :

Balade à La Couvertoirade

Les habitants du Larzac ne passent pas leur vie à contester des décisions prises ailleurs et nuisibles à tous, même si la note laissée ici-même hier pouvait le laisser penser. Non, ce sont des gens comme vous et moi, qui aiment aussi se détendre :


Détente d’autant plus nécessaire que ces charmants villages du Larzac, comme ici La Couvertoirade, attirent les touristes, et ça fait du boulot. Il faut leur faire faire le tour du village, expliquer, travailler à l’ancienne, fabriquer artisanalement les jolis objets que l’on vend soi-même dans les boutiques de pierres …


Il faut dire que La Couvertoirade est un must du tourisme aveyronnais. Par son histoire peut-être : une cité templière, autour de laquelle les chevaliers faisaient élever des chevaux (pour la guerre) et des moutons (sans lesquels le Larzac ne serait pas ce qu’il est). La mythologie médiévale, les histoires du trésor caché, la fin brutale et brûlante (au sens propre du terme) des derniers Templiers, tout cela attire le vacancier. On imagine même, peut-être, la vie héroïque d’un chevalier aujourd’hui enseveli sous cette stèle discoïdale. Sauf que, les stèles proches de l’église ne sont là que pour faire joli, et ne signalent aucune tombe. C’est ainsi.


En fait, ce qui m’attire dans ce village, c’est tout simplement son calme (les voitures et les pétarous sont priés de rester au parking, à l’extérieur de l’enceinte) et sa beauté, celle de toutes ses pierres et de ses toits de lauzes :


Terre de contestation

1971 : « gardarem lou Larzac », où comment l’appel de 103 agriculteurs (dont le pas encore célèbre José Bové) a empêché le gouvernement de multiplier par plus de quatre la surface du terrain militaire du Larzac. La brebis avant les missiles et les fusils. Les habitants des villages du plus politisé plateau de France n’ont pas la mémoire courte et, à La Couvertoirade (entre autres …), on se souvient.
Pas étonnant donc, qu’au printemps dernier, ces mêmes villageois, et le même José Bové, aient remporté une petite victoire (mais il faut rester vigilant) dans l’histoire des gaz des schistes. Entre nous, le gouvernement ne s’attendait-il pas à une méritée volée de bois vert en autorisant en douce l’exploration du Larzac en vue d’y mettre de l’eau dans le gaz ? Tant de naïveté m’émeut … L’habitant du coin ne s’en laisse point compter, affichant ses saines positions au-dessus de la cardabelle traditionnelle.

What’s new ? [jeudi 20 janvier 2011, 16 h 50]

  • Des œuvres d’art comme on ne les a jamais vues, triturées par photoshop selon une technique qui me dépasse encore largement : Van Gogh dans ses moindre détails (Libé). L’image qui illustre cette note n’a bien sûr pas été bidouillée, mais c’est bien un peu du Van Gogh quand même.
  • Nan mais ça va pas ! jeter son bébé en l’air, le rattraper au vol soi-disant pour le rendre plus fort ! C’est en Russie que se répand ce dangereux yoga où les bébés sont secoués (Slate). Même YouTube a viré la vidéo tant elle était violente. Pas la peine de s’étonner en constatant que le taux de mortalité infantile en Russie ne parvient à passer sous la barre des 10‰ (pour info, il est à peine supérieur à 3‰ en France).
  • Gaz de schiste : front du refus (La Dépêche). Les projets d’exploitation de ce gaz naturel stocké dans les interstices de la roche, et donc difficile à récupérer, sauf à utiliser énormément d’eau et des produits toxiques, éventuellement issus des hydrocarbures, ces projets, donc, touchent tout le sud du pays, bien au-delà du Larzac d’où est partie la fronde.

Gardarem lou Larzac

L’histoire remonte à mars 2010, mais La Dépêche n’a pu levé le lièvre qu’hier tant le mystère restait bien gardé, il faut dire que cette nouvelle ne va faire plaisir à personne : une entreprise américaine s’est mis dans la tête d’aller chercher du gaz dans les tréfonds du Causse du Larzac. Sur les terres de José Bové. Là où seules les brebis (et quelques militaires) peuvent s’ébattre en liberté. Là où seuls les cailloux poussent sans contrainte. Un paysage minéral infiniment sauvage et beau.
Jusqu’à une date récente, on ne farfouillait l’hydrocarbure que dans les bassins sédimentaires. Un plateau calcaire semblait donc à l’écart de toute prospection gazière : les brebis étaient bien gardées et José Bové pouvait se concentrer sur les maïs OGM. Mais les temps sont durs : faut de l’énergie, toujours plus d’énergie, et tous les moyens sont bons pour en trouver. C’est le ministère de l’Environnement lui-même qui a permis cette aberration permettant la prospection gazière dans ce coin-là, en octroyant un large morceau de causse à la compagnie Schuepbach Energy LLC, sans en informer les acteurs locaux, notamment le Parc Naturel des Grands Causses (et oui, la zone est protégée), or plus de 4000 kilomètres carrés sont concernés.
Du gaz dans le calcaire ? depuis que l’on sait (mal, mais on va dire que l’on sait quand même) extraire le gaz de schistes, tout est possible. Ce gaz, difficile à dégager de sa gangue minérale, notamment à l’aide d’énormes quantités d’eau sous pression, est aujourd’hui une des sources majeures d’énergie aux Etats-Unis, qui en possèdent des stocks considérables. A l’échelle mondiale, les réserves semblent énormes, c’est juste la technique d’extraction qui pose problème : mi-septembre, Denis Delbecq rapportait ainsi que ce gaz de schiste s’était infiltré dans l’eau potable d’un réseau de Pennsylvanie. A cela s’ajoute des nuisances prévisibles pour l’environnement, dès lors que l’exploitation commence, puisque celle-ci se fait avec de l’eau (dont on sait par ailleurs que c’est une ressource à protéger et à économiser) et aussi toute une batterie de produits chimiques, ce qui fait mentir la page d’accueil du site web de la Schuepbach Energy LLC, où les mots « clean energy » servent de message de bienvenue, en rouge sous un immense ciel dégagé de toute pollution. Je me permets de supposer que les conséquences sur les paysages ne sont pas nulles non plus.  Affaire à suivre …

—> A cliquer :

What’s new ? [vendredi 7 août 2009, 15 h 00]

  • Des noyades de plus en plus nombreuses sur les plages, qu’il faut peut-être lier à la baisse du nombre de sauveteurs. C’est en tout cas ce qu’affirme L’Huma : la sécurité des plages en question.
  • Des accidents en série chez Total depuis le début de l’année : la série noire est analysée par Sud-Ouest.
  • Feuilleton animalier dans le département de l’Aveyron : sursis pour les cinq dromadaires, qui peuvent continuer à gambader dans leur pré (La Dépêche).