Une zone sans Amazon

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Suède

Il existe des endroits sur terre où un morceau des GAFAM n’a pas lieu d’être. Ce morceau, c’est Amazon, destructeur de tout et créateur de rien, pieuvre gloutonne avide de capter tous les marchés du monde, surtout dans les pays à haut niveau de vie, et qui, dans l’exemple qui nous occupe, se cogne au mur têtu de la Suède, pays qui lui a dit « non ».
Temple d’Ikea (autre glouton) et de Volvo (où de ce qu’il en reste depuis que le made in China est passé par là), la Suède rechigne à admettre en son sein le plus gigantesque dealer de cames variés de toute la planète, renvoyant Jeff Bezos dans ses filets. Et pourtant, Bezos et sa firme ont sorti le grand jeu, baptisant même leur opération de séduction du grand nord « Dancing Queen », comme si citer Abba suffisait pour abattre le Suédois. Petit joueur, va !
Plus drôle encore : ignorant tout de la Scandinavie en général et de la Suède en particulier, les ogres amazoniques ont confondu le drapeau suédois avec celui de l’Argentine. Quand on sait à quel point les Suédois aiment leur drapeau et manifestent à tout bout de jardin leur patriotisme, on peut comprendre que la bévue d’Amazon n’est pas passée inaperçue. Il parait, en outre, que la version suédoise du site web d’Amazon, issue approximativement de l’anglais, poserait quelques problèmes titillant les susceptibilités, certains termes, traduits de traviole par un ordinateur (preuve que l’intelligence artificielle est d’abord artificielle, avant d’être intelligente), correspondant à des grossièretés en suédois, ce qui n’est pas le meilleur moyen de gagner des parts de marché. Dans le même ordre d’idée, et montrant en cela qu’Amazon s’est attaqué à un territoire sans même essayer de le connaître, les prix annoncés au catalogue sont au centime près, chose qui fait bien rire les Suédois, puisque, dans ce pays où payer en liquide est déjà, en soi, un anachronisme, il y a belle lurette que la bigaille des centimes a disparu. Avec cet exemple-là, Amazon fait preuve d’un amateurisme phénoménal, et son échec me ravit.

Souvenir de Stockholm, été 2017

Sources : korii et The Guardian

Un nouveau départ

American graffitis, Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Je suis prof mais je me soigne

Il y a même en fait plusieurs nouveaux départs : les États-Unis sans Trump (mais pas sans trumpisme, car le ver est trop dans le fruit pour que l’intoxication cesse par magie), les lycées avec deux fois moins d’élèves (mais cela ne règle pas le problème des collèges), et puis enfin les grues qui migrent en masse vers le sud serein. Ceci étant, le nouveau départ qui m’interpelle ce soir est celui du Vendée Globe, dont les marins se sont élancés à huis-clos aujourd’hui à 13 h 02. Il est 21 h 20, je m’apprête à suivre la course avec la même attention que lors des éditions précédentes, et nos marins en sont là :

Grues de bon augure

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’expression populaire « oiseau de mauvais augure » est aujourd’hui inadéquate, puisque, après trois jours de suspense, enfin, les États-Unis ont non seulement un président, mais surtout celui-ci n’est plus Trump. Suis-je soulagée ? oui, forcément. Suis-je tranquille et reposée ? certainement pas, le fourbe Trump et ses troupes semblant capables de tout. L’annonce de la victoire de Biden a été précédée de plusieurs vols de grues cendrées, pile au-dessus de mon home sweet home, car la saison des élections outre-Atlantique coïncide toujours avec le déplacement des grues vers les douces chaleurs méridionales.

Migration de grues cendrées au-dessus de l’agglomération bordelaise, 7 novembre 2020

Une journée entière avec Donald Trump

American graffitis, Je suis prof mais je me soigne

Avec les élèves de spé de première, nous abordons actuellement la question de la puissance, sa définition, ses modalités, et puis, concrètement, dans la vraie vie, ça veut dire quoi. Pour résumer, face aux mômes, je finis toujours par dire « je suis puissant.e si je fais ce que je veux quand je veux où je veux et avec qui je veux ». Basique, mais pas si réducteur que ça, et surtout plus rigolo que la définition de Max Weber (qui est néanmoins celle qu’ils et elles notent dans leurs cahiers et surlignent en jaune fluo, à savoir, pour résumer : l’art de faire triompher sa volonté, peu importe les moyens). Et donc, forcément, arrive Mister Trump et la puissance US, surtout aujourd’hui, D-day des élections présidentielles. Le bonhomme fait ce qu’il veut, avec option « menteur comme un arracheur de dent », et il est en passe, ce sordide personnage, de doubler la mise, de rempiler, comme le fit en son temps Bush junior, qui pourtant, n’avait point inventé la poudre (et qui n’avait surtout pas envisager de contester le résultat des élections).
Aujourd’hui, au lycée, les élèves étaient pendus à leurs alertes de smartphones, guettant toutes les 30 secondes des infos sur les résultats : « Mais madame, c’est important, le monde entier en dépend ».
Ces enfants, masqués jusqu’aux yeux, parce-que le retour du confinement leur a mis sévèrement le pression sur le respect des règles sanitaires, mais enfants quand même, avec encore, à 8 heures ce matin, les yeux tout gonflés de sommeil et une doudou-nostalgie presque palpable, ces petits loulous avaient bien compris que, quand les États-Unis éternuent, la terre entière finit grippée. Ils ont 16 ans, on perçoit encore leurs bobines de bébés en les regardant, et ils ont déjà mal au monde. Ce n’était pas chose aisée que de les consoler : nous, ici, en Europe, ne sommes pas responsables de ce qui se passe en Amérique, même si nous en subissons les conséquences. Allez remplir vos gourdes et buvez un grand coup d’eau … Courage, les petits …

Bilan provisoire des dépouillements des bulletins de vote aux États-Unis (4/11/20, 16 h)

Une petite phrase en passant

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Une petite phrase en passant

« Lorsque Trump se présente à ses partisans depuis le balcon de la Maison Blanche, qu’il arrache son masque, et se frappe la poitrine, il n’est pas le matamore grotesque que l’on croit voir, nous autres encore un peu doués de raison, il est le « sauveur suprême » auquel le virus ne peut résister. Il ne mime pas Superman, il est Superman. Du moins pour des millions d’Américains. »

Denis Sieffert, « Trump et le délire complotiste », Politis n°1623, 14 octobre 2020

Malbouffe et étymologie

American graffitis, Ich bin ein Berliner, Tambouille

Petite vidéo de la série Karambolage pour remonter à la source du hamburger :

Une petite phrase en passant

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Une petite phrase en passant

« Chaque citoyen américain croit ou est supposé croire que, par son seul effort individuel, il pourra améliorer son sort, quelle que soit son origine culturelle ou sociale : ce rêve américain, depuis les origines, attire les immigrants qui constituent la nation et il permet, en principe, à des hommes et des femmes, infiniment divers par leur origine, leur culture, leur croyance, de vivre ensemble : la Constitution est leur contrat social, l’économie de marché est leur « échelle de Jacob », et de l’Etat fédéral à Washington, on n’attend pas grand-chose. »

Guy Sorman, « Les États-Unis sont maintenant au bord de l’autodestruction », lemonde.fr, 15 juin 2020 (lien pour les abonnés)

Le premier salon de coiffure

American graffitis, On ne va pas en faire toute une histoire

Voilà typiquement une histoire de self made man digne du rêve américain, à ceci près qu’il s’agit d’une self made woman.
Jugez un peu : il était une fois une pauvre petite fille, vraiment très pauvre, qui vivait dans la province canadienne de l’Ontario. Cette grande pauvreté l’oblige à travailler comme domestique dès l’âge de 7 ans. Elle se nomme Martha Matilda Harper, et, avec obstination, la pauvre petite bonne décide de devenir riche.
On la retrouve en 1888 aux États-Unis, dans la ville de Rochester, où, là, elle a un culot monstre : elle ouvre le premier salon de coiffure pour dames.
Il s’agit d’un vrai pari, car, en ce temps-là, les femmes ne se faisaient pas coiffer dans un endroit public, c’était indécent. Elle tente néanmoins le coup, avec une formule unique : massage du cuir chevelu, shampooing, coupe, coiffage, mais pas de couleur, car elle est persuadée que les produits utilisés sont toxiques. Elle se soucie tellement du confort qu’elle impose aussi le siège à appui-tête inclinable, encore utilisé aujourd’hui.
L’histoire ne s’arrête pas là : Martha Matilda Harper, qui avait les cheveux qui lui arrivaient aux pieds et qui est venue à la coiffure un peu par hasard, a aussi des ambitions commerciales. C’est ainsi qu’elle lance la formule des premiers commerces franchisés de l’histoire, en franchisant bien sûr sa marque de salon de coiffure. Elle meurt en 1950, à l’âge de 93 ans, laissant derrière elle 350 Harper Salons. La franchise Harper Salon existe toujours aujourd’hui.

Harper Salon à Los Angeles en mai 2019 (capture d’écran GoogleStreetView)

Sources : France Culture et Curioctopus

La chansonnette ose le déconfinement : Philadelphie

American graffitis, Chronique du grand confinement, La chansonnette, Un peu d'art dans un monde de brutes

Bruce Springsteen
Streets of Philadelphia

La chansonnette ose le déconfinement : Chicago

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The Blues Brothers
Sweet Home Chicago

La chansonnette ose le déconfinement : le Dakota

American graffitis, Chronique du grand confinement

Robert Francis
Dakota

Je veux sortiiiiiiiir !

American graffitis, Au pays de la Petite Sirène, Chronique du grand confinement, Hellénie, Il y a une vie en dehors de Bordeaux, L'île d'Oléron en noir et blanc, La mer et ses poissons, Made in BZH, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Suède, Tous les chemins mènent à Rome

Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

La chansonnette ose le déconfinement : l’Alaska

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Maggie Rogers
Alaska

En déambulant sur la toile

American graffitis, En déambulant sur la toile, Le monde tel qu'il va, Pour un retour à la plume d'oie et et à la bougie, Tambouille, Une petite goutte de science

En déambulant sur la toile au cœur de l’automne, j’apprends que les bières belges ont un secret (Sciences&Avenir) et que les élèves japonais sont soumis à des règles aussi strictes qu’ancestrales, de plus en plus remises en cause aujourd’hui : La Voix du Nord titre ainsi « Des élèves gagnent le droit de pouvoir choisir la couleur de leurs culottes », mais l’article cite d’autres exemples que celui concernant la couleur des sous-vêtements. On peut ainsi apprendre que trois éternuements consécutifs peuvent, dans certaines préfectures (l’équivalent des départements en France), valoir une expédition immédiate à l’infirmerie, ou qu’il est interdit d’avoir les cheveux bouclés.
Je lis aussi un article de Korii sur les méfaits de l’usage intensif du smartphone, article qui m’intéresse d’autant plus qu’il fait allusion à quelque chose que j’ai vécu pas plus tard que vendredi dernier, lors du concert de NTM à Bordeaux : de très nombreux fans ont vu la quasi-totalité du spectacle à travers le filtre de leurs écrans de smartphones, ne profitant pas du moment présent mais pouvant dire sur tous les réseaux sociaux possibles « j’y étais ».
Pour finir, le doux rythme du temps qui passe et qui se répète : Courrier International a mis en ligne une infographie permettant de visualiser le nombre de personnes dans Manhattan selon les heures de la journée. La pulsation urbaine au sens propre du terme, et c’est très beau. Pensez à bien lire tout l’article pour croiser en chemin l’infographie animée.

Le sud de l’île de Manhattan vue par la version « 3D » de l’application Plans d’Apple

Homo sapiens en été [42]

American graffitis, Homo sapiens en été
New-York – 2010

Homo sapiens en été [34]

American graffitis
New-York – 2010

Homo sapiens en été [26]

American graffitis, Homo sapiens en été
New-York – 2010

Homo sapiens en été [17]

American graffitis, Homo sapiens en été
New-York – 2010

Homo sapiens en été [10]

American graffitis, Homo sapiens en été
New-York – 2010

Homo sapiens en été [2]

American graffitis, Homo sapiens en été
New-York – 2010

La chansonnette [25]

American graffitis, La chansonnette, Le monde tel qu'il va, Un peu d'art dans un monde de brutes

Benjamin Biolay
Los Angeles
2002

Je ne sais pas très bien ce qui me plait dans les chansons de Benjamin Biolay, mais toujours est-il que son album de 2002, Rose Kennedy, m’a depuis fort longtemps tapé dans l’oreille. Et c’est donc tout naturellement que j’y ai pensé en entendant parler des tout derniers séismes en Californie, ressentis aussi à Los Angeles, comme dans la chanson.

Protocole commotion pour le pic épeiche

American graffitis, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Une petite goutte de science

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg

Photo réalisée au Danemark au printemps 2015

C’était dans le journal … le 10 août 1917

American graffitis, C'était dans le journal il y a 100 ans, On ne va pas en faire toute une histoire

La guerre fait faire des bonds gigantesques à l’industrie aéronautique. De nouveaux usages apparaissent (l’avion n’est donc plus seulement un largueur de bombes), qui trouveront rapidement un usage civil. Et donc, rapporte Excelsior, des Californiens sont, en cet été 1917, en train de tester l’ancêtre assez lointain du Canadair, c’est-à-dire l’avion-pompier. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un bombardier d’eau mais d’un avion transportant les pompiers et leur matériel. Cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte :

 

La chansonnette [3]

La chansonnette, On ne va pas en faire toute une histoire, Un peu d'art dans un monde de brutes

MADELEINE PEYROUX
J’ai deux amours
2004

En 1930, Joséphine Baker, qui amène à Paris tout l’exotisme dont l’Européen moyen semble avoir besoin (et qu’il assouvira un an plus tard en déambulant dans les allées de l’exposition coloniale de la Porte Dorée et du Lac Daumesnil), Mme Baker, disais-je, avoue son amour pour son pays (les Etats-Unis) et Paris, sur une musique de Vincent Scotto, très porté lui aussi sur la mystique coloniale (on lui doit notamment La Petite Tonkinoise, qui fait aussi partie du répertoire de Joséphine Baker).
En 2004, la sublime chanteuse de jazz Madeleine Peyroux s’offre cette sucrerie patriotique. Sa version, que je préfère à celle d’origine, est passée hier matin sur FIP. J’ai eu envie de la vous faire partager :

C’était dans le journal … le 25 avril 1917

American graffitis, C'était dans le journal il y a 100 ans, On ne va pas en faire toute une histoire

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

Le pire est donc arrivé

American graffitis, Le monde tel qu'il va

C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

American graffitis, C'était dans le journal il y a 100 ans, Le monde tel qu'il va, On ne va pas en faire toute une histoire

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.

Les cow-boys et les Indiens

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Repeindre les murs en vert

L’histoire se passe dans le nord des Etats-Unis, plus précisément dans l’Etat du Dakota du Nord, où une tribu sioux se bat pour ce que, en France, nous appelons une ZAD : Zone à Défendre. Ce nord lointain est le point de départ d’un oléoduc devant acheminer du pétrole jusque dans l’Illinois, à 1900 km de là.
L’oléoduc est peut-être plus sûr que le train pour transporter le pétrole, mais le tuyau peut percer, c’est même assez inévitable sur une telle longueur, et tant pis pour la nappe phréatique, le riz sauvage qui pousse dans le coin et les aigles locaux.
La tribu sioux est furax contre ce gros tuyau de 76 cm de diamètre répondant au doux nom de « Dakota Access », d’autant plus que ledit tuyau doit passer sur une terre qui a été volé aux Sioux en 1958. A cela s’ajoute le fait que le tuyau passe sur des terres sacrées indiennes, notamment des lieux de sépulture. Dire qu’ils ont l’affaire en travers de la gorge est un euphémisme.
Outre les Sioux, 18 millions de personnes sont concernées par le passage de l’oléoduc, puisque celui-ci doit franchir une rivière qui serait fortement et durablement impactée en cas de fuite.
Dans l’espoir de faire cesser les travaux et de voir le projet abandonné, une pétition a été lancée : elle a, à ce jour, recueilli plus de 300 000 signatures. Des stars apportent aussi leur soutien, notamment Leonardo di Caprio : un joli nom et une jolie gueule, ça aide à médiatiser l’affaire. Les zadistes ont même reçu des soutiens venus d’Europe, d’Asie et d’Australie, mais cela n’a pas empêché les pelleteuses d’entrer en action sur les terres sacrées samedi dernier. Tout ça pour du pétrole. Les vigiles chargés de garder le chantier ont lâché les chiens contre les opposants au projet.
L’affaire a rebondi hier : les travaux sont suspendus à la demande des politiques. Les tribus sioux devraient être consultées. Dans l’immédiat, la vigilance reste néanmoins de mise.

Source : Reporterre

Un monument historique de plus à New York

American graffitis, On ne va pas en faire toute une histoire, Un peu d'art dans un monde de brutes

Nous connaissons tous le Flat Iron building, l’Empire State building, la statue de la Liberté, etc. Depuis mercredi 13 avril, la liste des monuments historiques newyorkais vient de s’enrichir de ceci (à lire dans Geopolis) :

NY / Balade en bateau

Il s’agit de l’enseigne de Pepsi dans le Queens, située sur une usine d’embouteillage de la boisson qui a fermé en 1999. Cette enseigne de 18 mètres de haut avait été érigée en 1936, à un moment où Pepsi cherchait à se démarquer de Coca Cola afin d’engranger à son tour un flot ininterrompu de pépètes. C’est d’ailleurs dans ce but, qu’en 1940, la marque lança une campagne à destination de la population afro-américaine, alors victime de discrimination.

Photo : New York, juillet 2010

Ecureuil roux vs écureuil gris

American graffitis, Nos amies les bêtes

NY / Battery ParkEn Amérique du Nord, l’écureuil est majoritairement gris. Tout comme son cousin roux européen, il n’est pas farouche et déambule sans problème en zone urbaine (les photos qui illustrent cette note ont été prises à New York pendant l’été 2010).
Les deux petits rongeurs attirent inévitablement la sympathie, avec leur petite bouille rigolote, leur agitation constante, et leurs yeux rigolards. Bref, on les aime. Sauf que pour l’écureuil, comme pour d’autres espèces animales, c’est chacun chez soi : le gris en Amérique, le roux en Europe, afin d’éviter une concurrence impitoyable entre les deux.
Il y a un siècle, des écureuils gris ont été introduits sur les îles britanniques : aujourd’hui, l’écureuil gris a remplacé son cousin roux sur la quasi-totalité du territoire. Le problème se pose aussi dans le nord de l’Italie, où le gris est arrivé en 1948. Chassé au Royaume-Uni et en Irlande, il ne l’est plus en Italie depuis 1990, car des pseudo-écolos le trouvaient mignon.

NY / Battery Park
Or, l’écureuil gris concurrence l’écureuil roux pour la nourriture : le roux mange moins, se reproduit donc moins, et tend à disparaitre. Le gris est aussi bien malgré lui porteur d’un virus fatal pour le roux. Au final, l’écureuil gris est donc, malgré sa jolie bobine, classé parmi les espèces invasives et menaçantes pour la biodiversité. L’écureuil gris se rapproche de la Suisse et de la France, le Muséum d’Histoire Naturelle invite d’ailleurs les internautes à signaler toute présence de cette petite bête : cliquez ici si jamais vous voyez un écureuil gris.

Source : Museum National d’Histoire Naturelle