C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.

Les cow-boys et les Indiens

L’histoire se passe dans le nord des Etats-Unis, plus précisément dans l’Etat du Dakota du Nord, où une tribu sioux se bat pour ce que, en France, nous appelons une ZAD : Zone à Défendre. Ce nord lointain est le point de départ d’un oléoduc devant acheminer du pétrole jusque dans l’Illinois, à 1900 km de là.
L’oléoduc est peut-être plus sûr que le train pour transporter le pétrole, mais le tuyau peut percer, c’est même assez inévitable sur une telle longueur, et tant pis pour la nappe phréatique, le riz sauvage qui pousse dans le coin et les aigles locaux.
La tribu sioux est furax contre ce gros tuyau de 76 cm de diamètre répondant au doux nom de « Dakota Access », d’autant plus que ledit tuyau doit passer sur une terre qui a été volé aux Sioux en 1958. A cela s’ajoute le fait que le tuyau passe sur des terres sacrées indiennes, notamment des lieux de sépulture. Dire qu’ils ont l’affaire en travers de la gorge est un euphémisme.
Outre les Sioux, 18 millions de personnes sont concernées par le passage de l’oléoduc, puisque celui-ci doit franchir une rivière qui serait fortement et durablement impactée en cas de fuite.
Dans l’espoir de faire cesser les travaux et de voir le projet abandonné, une pétition a été lancée : elle a, à ce jour, recueilli plus de 300 000 signatures. Des stars apportent aussi leur soutien, notamment Leonardo di Caprio : un joli nom et une jolie gueule, ça aide à médiatiser l’affaire. Les zadistes ont même reçu des soutiens venus d’Europe, d’Asie et d’Australie, mais cela n’a pas empêché les pelleteuses d’entrer en action sur les terres sacrées samedi dernier. Tout ça pour du pétrole. Les vigiles chargés de garder le chantier ont lâché les chiens contre les opposants au projet.
L’affaire a rebondi hier : les travaux sont suspendus à la demande des politiques. Les tribus sioux devraient être consultées. Dans l’immédiat, la vigilance reste néanmoins de mise.

Source : Reporterre

Un monument historique de plus à New York

Nous connaissons tous le Flat Iron building, l’Empire State building, la statue de la Liberté, etc. Depuis mercredi 13 avril, la liste des monuments historiques newyorkais vient de s’enrichir de ceci (à lire dans Geopolis) :

NY / Balade en bateau

Il s’agit de l’enseigne de Pepsi dans le Queens, située sur une usine d’embouteillage de la boisson qui a fermé en 1999. Cette enseigne de 18 mètres de haut avait été érigée en 1936, à un moment où Pepsi cherchait à se démarquer de Coca Cola afin d’engranger à son tour un flot ininterrompu de pépètes. C’est d’ailleurs dans ce but, qu’en 1940, la marque lança une campagne à destination de la population afro-américaine, alors victime de discrimination.

Photo : New York, juillet 2010

Ecureuil roux vs écureuil gris

NY / Battery ParkEn Amérique du Nord, l’écureuil est majoritairement gris. Tout comme son cousin roux européen, il n’est pas farouche et déambule sans problème en zone urbaine (les photos qui illustrent cette note ont été prises à New York pendant l’été 2010).
Les deux petits rongeurs attirent inévitablement la sympathie, avec leur petite bouille rigolote, leur agitation constante, et leurs yeux rigolards. Bref, on les aime. Sauf que pour l’écureuil, comme pour d’autres espèces animales, c’est chacun chez soi : le gris en Amérique, le roux en Europe, afin d’éviter une concurrence impitoyable entre les deux.
Il y a un siècle, des écureuils gris ont été introduits sur les îles britanniques : aujourd’hui, l’écureuil gris a remplacé son cousin roux sur la quasi-totalité du territoire. Le problème se pose aussi dans le nord de l’Italie, où le gris est arrivé en 1948. Chassé au Royaume-Uni et en Irlande, il ne l’est plus en Italie depuis 1990, car des pseudo-écolos le trouvaient mignon.

NY / Battery Park
Or, l’écureuil gris concurrence l’écureuil roux pour la nourriture : le roux mange moins, se reproduit donc moins, et tend à disparaitre. Le gris est aussi bien malgré lui porteur d’un virus fatal pour le roux. Au final, l’écureuil gris est donc, malgré sa jolie bobine, classé parmi les espèces invasives et menaçantes pour la biodiversité. L’écureuil gris se rapproche de la Suisse et de la France, le Muséum d’Histoire Naturelle invite d’ailleurs les internautes à signaler toute présence de cette petite bête : cliquez ici si jamais vous voyez un écureuil gris.

Source : Museum National d’Histoire Naturelle

Une ville « qui dépasse toute les autres »

Située sur la rive sud du lac Erié, la ville de Cleveland connait aujourd’hui un déclin démographique marqué (sa population a été divisée par deux depuis les années 1950), accéléré par la crise des subprimes de 2008, qui a contraint une partie de sa population a abandonné leurs maisons. Mais dans la première moitié du XXe siècle, Cleveland était au contraire en plein essor, c’était même, selon le géographe Albert DEMANGEON, « une ville qui dépass[ait] toutes les autres par la grandeur de ses dimensions et l’intensité de son travail ».
En 1927, au moment où l’article de DEMANGEON est publié, la ville compte près de 900 000 habitants, chiffre qui sera atteint trois ans plus tard. C’est alors une ville industrielle et commerciale de première importance.
L’essor de la ville a été facilité par sa situation géographique, dès lors que le lac Erié a été relié aux autres Grands Lacs, et donc au Saint-Laurent et à l’Atlantique par des canaux réalisés au début du XIXe siècle. Cela permit donc à la ville de développer un port d’où partaient des produits agricoles, en particulier des céréales, puis des produits miniers, notamment du fer, à partir des années 1850. Ce port fut installé à l’embouchure de la rivière Cuyahoga qui traverse la ville, et, afin de faciliter les accès, cette embouchure fut canalisée en 1833. Le canal existe bien sûr toujours aujourd’hui.

La ville de Cleveland a ainsi bâti sa prospérité sur son trafic portuaire : les importations ont doublé entre 1900 et 1922, tandis que, dans le même temps, les exportations étaient presque multipliées par cinq. L’essentiel des importations était constitué de minerai de fer, alimentant les hauts-fourneaux de la ville, et offrant des emplois à une population en constante augmentation : c’est donc bien grâce au commerce que la ville s’est industrialisée. La métallurgie devint l’activité principale de la ville au début du XXe siècle : on dénombre 12 hauts fourneaux au début des années 1920, mais un ralentissement de cet activité est déjà palpable, DEMANGEON signalant que des hauts-fourneaux sont à l’arrêt. Néanmoins, plus de 32 000 ouvriers sont employés dans la métallurgie, notamment dans la fabrication d’écrous et de boulons.
L’industrie automobile s’y implante aussi à la toute fin du XIXe s.iècle, sans toutefois avoir l’importance qu’elle a à Détroit à la même période. La construction navale connait une crise passagère dans les années 1920.
Cela est complété par l’exploitation d’hydrocarbures, mais les puits de pétrole de l’Ohio sont en cours d’épuisement en ce début du XXe siècle. Onze raffineries de pétrole sont néanmoins encore en activité au moment où DEMANGEON rédige son article. Idem pour le gaz, dont les ressources locales ont presque déjà totalement fondues à cette période.
L’activité industrielle est enfin dopée par l’existence d’un marché local important : industrie chimique, industrie textile (la confection de vêtements emploie plus de 9000 personnes), minoteries, abattoirs, etc.
Si la ville a connu une crise grave au tout début des années 1920, elle semble fort bien s’en remettre quelques années plus tard : « ce marasme momentané […] n’a pas touché aux forces vives de la cité, et les courants économiques ont reflué dans le sens de la prospérité », indique DEMANGEON à la fin de son article.

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