Tristesse finlandaise

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Arto Paasilinna en 2007 (Wikimedia Commons)

« Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l’apathie ». C’est ainsi que commence Petits suicides entre amis, une des multiples pépites d’Arto Paasilinna, auteur prolixe et finlandais qui vient d’avoir le mauvais goût de mourir, lui qui pratiquait l’humour à assez haute dose, surtout quand il était noir.
Je me suis remis le nez dans Petits suicides … lors de mes vacances en Finlande, et depuis je gloutonne du Paasilina, comme les Finlandais, cette « nation de guerriers », « se rassasient de saucisses graisseuses » lors des fêtes de la St-Jean.
D’un petit détail ne tenant même pas lieu de fait divers (songeons au célèbrissime Lièvre de Vatanen), Paasilinna pondait un roman aux ramifications complexes, inattendu, toujours d’une grande drôlerie. C’est ce côté fantasque qui va désormais manquer à tous ces lecteurs, cette impression d’être emmenés sur le fil d’un funambule qui ne sait pas toujours lui-même où il va. Nous le suivions malgré tout avec une totale confiance, car les livres de cet homme-là ont le pouvoir de rendre heureux.

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Une petite phrase en passant [1]

« Si Galilée, Darwin, Spinoza, Pasteur, Einstein et tant d’autres avaient été de grands mondains écumant les afters au petit matin, après avoir dansé toutes les nuits comme des endiablés, nous en ­serions encore à gratter les silex sous la pluie… »

Dr David Gourion, dans une interview au journal Le Monde le 2 octobre 2018

Collection # 357

Envie de vacances

plage

Collection # 350

Balade dans le marais des Bris
Ile d’Oléron, mai 2016

balade

Le petit livre rouge des champignons

1C’est un petit bouquin facile à emporter dans le sac à dos, léger et aisé à manipuler même dans la forêt, quand vraiment on veut être bien bien sûr que ce qu’on a sous le nez est bien un jeune rosé et non une vilaine phalloïde, la première amanite que les cueilleurs sont priés d’apprendre à reconnaître. Et cet ouvrage s’y emploie efficacement.
Ce manuel, intelligemment illustré (en clair : on reconnait vraiment les champignons) se focalise sur les principaux champignons que l’on peut trouver sur l’île d’Oléron, en les classant par saison. L’ouvrage débute par des généralités bien utiles sur la biologie des champignons, même si le vocabulaire peut sembler un peu ardu pour les non initiés.
Les descriptions sont claires et précises, rédigées par de vrais cueilleurs de champignons (Guy Dupuy et Jacques Guinberteau, ce dernier étant en outre mycologue à l’INRA), et il y a même une carte localisant vaguement les secteurs de l’île où pousse chaque espèce (n’attendez pas un positionnement GPS : les coins à champignons, c’est comme l’âge de la dame, ça ne se dit pas).
Un seul bémol : ce petit livre rouge s’arrache comme des petits pains, et il n’en restait plus qu’un seul exemplaire au week-end dernier à la librairie des Pertuis, à St-Pierre.

Guy DUPUY et Jacques GUINBERTEAU, Champignons de l’île d’Oléron, au fil des saisons, Communauté de communes de l’île d’Oléron, 2015

Un tentacule, c’est tentant

LIV874Le Poulpe avec un « P » majuscule est un héro de romans à auteurs multiples, qui a eu 40 ans en l’an 2000, et qui joue les justiciers au hasard de ses balades, pour peu que celles-ci partent du XIe arrondissement de Paris (bistro « Le pied de porc à la Ste Scolasse ») et y reviennent (salon de coiffure de sa chère et tendre, avec kangourous roses en peluches à l’étage).
Le poulpe avec un « p » minuscule est un gros céphalopode malin, qui, comme son homologue à « P » majuscule, a de très longs bras et de très longues jambes. En double par rapport à l’humain. On les appelle les tentacules et ça se mange grillé sur les ports grecs.
Avant de passer à table, le poulpe est gardé au frais, soit au congélateur, soit en mer :

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Puis il évapore, il sèche, … ou il décongèle, pour le plus grand plaisir des badauds qui savent très bien ce qui est bon avec l’ouzo :

poulpe-P1500829.jpgPhotos : Porto Rafti (sud de l’Attique), avril 2015

De l’eider à l’édredon

« Certes, à voir cet homme, je n’aurais jamais deviné sa profession de chasseur ; celui-là ne devait pas effrayer le gibier, à coup sûr, mais comment pouvait-il l’atteindre ?
Tout s’expliqua quand M. Fridiksson m’apprit que ce tranquille personnage n’était qu’un chasseur d’eider, oiseau dont le duvet constitue la plus grande richesse de l’île. En effet, ce duvet s’appelle l’édredon, et il ne faut pas une grande dépense de mouvement pour le recueillir.
Aux premiers jours de l’été, la femelle de l’eider, sorte de joli canard, va bâtir son nid parmi les rochers des fjords dont la côte est toute frangée. Ce nid bâti, elle le tapisse avec de fines plumes qu’elle s’arrache du ventre. Aussitôt le chasseur, ou mieux le négociant, arrive, prend le nid, et la femelle de recommencer son travail. Cela dure ainsi tant qu’il lui reste quelque duvet. Quand elle s’est entièrement dépouillée, c’est au mâle de se plumer à son tour. 1Seulement, comme la dépouille dure et grossière de ce dernier n’a aucune valeur commerciale, le chasseur ne prend pas la peine de lui voler le lit de sa couvée ; le nid s’achève donc ; la femelle pond ses œufs ; les petits éclosent et, l’année suivante, la récolte de l’édredon recommence. »

Jules VERNE, Voyage au centre de la Terre, 1864