Collection # 357

Envie de vacances

plage

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Collection # 350

Balade dans le marais des Bris
Ile d’Oléron, mai 2016

balade

Le petit livre rouge des champignons

1C’est un petit bouquin facile à emporter dans le sac à dos, léger et aisé à manipuler même dans la forêt, quand vraiment on veut être bien bien sûr que ce qu’on a sous le nez est bien un jeune rosé et non une vilaine phalloïde, la première amanite que les cueilleurs sont priés d’apprendre à reconnaître. Et cet ouvrage s’y emploie efficacement.
Ce manuel, intelligemment illustré (en clair : on reconnait vraiment les champignons) se focalise sur les principaux champignons que l’on peut trouver sur l’île d’Oléron, en les classant par saison. L’ouvrage débute par des généralités bien utiles sur la biologie des champignons, même si le vocabulaire peut sembler un peu ardu pour les non initiés.
Les descriptions sont claires et précises, rédigées par de vrais cueilleurs de champignons (Guy Dupuy et Jacques Guinberteau, ce dernier étant en outre mycologue à l’INRA), et il y a même une carte localisant vaguement les secteurs de l’île où pousse chaque espèce (n’attendez pas un positionnement GPS : les coins à champignons, c’est comme l’âge de la dame, ça ne se dit pas).
Un seul bémol : ce petit livre rouge s’arrache comme des petits pains, et il n’en restait plus qu’un seul exemplaire au week-end dernier à la librairie des Pertuis, à St-Pierre.

Guy DUPUY et Jacques GUINBERTEAU, Champignons de l’île d’Oléron, au fil des saisons, Communauté de communes de l’île d’Oléron, 2015

Un tentacule, c’est tentant

LIV874Le Poulpe avec un « P » majuscule est un héro de romans à auteurs multiples, qui a eu 40 ans en l’an 2000, et qui joue les justiciers au hasard de ses balades, pour peu que celles-ci partent du XIe arrondissement de Paris (bistro « Le pied de porc à la Ste Scolasse ») et y reviennent (salon de coiffure de sa chère et tendre, avec kangourous roses en peluches à l’étage).
Le poulpe avec un « p » minuscule est un gros céphalopode malin, qui, comme son homologue à « P » majuscule, a de très longs bras et de très longues jambes. En double par rapport à l’humain. On les appelle les tentacules et ça se mange grillé sur les ports grecs.
Avant de passer à table, le poulpe est gardé au frais, soit au congélateur, soit en mer :

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Puis il évapore, il sèche, … ou il décongèle, pour le plus grand plaisir des badauds qui savent très bien ce qui est bon avec l’ouzo :

poulpe-P1500829.jpgPhotos : Porto Rafti (sud de l’Attique), avril 2015

De l’eider à l’édredon

« Certes, à voir cet homme, je n’aurais jamais deviné sa profession de chasseur ; celui-là ne devait pas effrayer le gibier, à coup sûr, mais comment pouvait-il l’atteindre ?
Tout s’expliqua quand M. Fridiksson m’apprit que ce tranquille personnage n’était qu’un chasseur d’eider, oiseau dont le duvet constitue la plus grande richesse de l’île. En effet, ce duvet s’appelle l’édredon, et il ne faut pas une grande dépense de mouvement pour le recueillir.
Aux premiers jours de l’été, la femelle de l’eider, sorte de joli canard, va bâtir son nid parmi les rochers des fjords dont la côte est toute frangée. Ce nid bâti, elle le tapisse avec de fines plumes qu’elle s’arrache du ventre. Aussitôt le chasseur, ou mieux le négociant, arrive, prend le nid, et la femelle de recommencer son travail. Cela dure ainsi tant qu’il lui reste quelque duvet. Quand elle s’est entièrement dépouillée, c’est au mâle de se plumer à son tour. 1Seulement, comme la dépouille dure et grossière de ce dernier n’a aucune valeur commerciale, le chasseur ne prend pas la peine de lui voler le lit de sa couvée ; le nid s’achève donc ; la femelle pond ses œufs ; les petits éclosent et, l’année suivante, la récolte de l’édredon recommence. »

Jules VERNE, Voyage au centre de la Terre, 1864

Sur les traces d’Andersen [3]

sous l'eau P1430770Cette dernière note consacrée à Andersen évoque un de ses poèmes, dont je n’ai pas retrouvé le texte intégral sur le net, du moins pas en français. Ce poème, écrit lors d’un voyage en Suisse, reprend un vieux conte populaire danois : Agnès et le triton.
Agnès (« Agnete » en danois) est une jeune paysanne. Marchant au bord de la mer, on la devine rêveuse et mélancolique, elle croise un triton et en tombe follement amoureuse. Elle le suit au fond de la mer où, en huit ans, elle donne naissance à sept fils. Un beau jour, alors qu’elle regardait tendrement son dernier enfant dans son berceau, elle entend les cloches de son village. Prise d’une immense nostalgie, elle demande à son triton de mari l’autorisation de retourner à la surface le temps d’assister à la messe. Le triton, pas mauvais bougre, laisse Agnès partir. La jeune femme ne revint jamais au fond de la mer auprès de son époux et de ses enfants.

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La sculpture visible au fond d’un canal de Copenhague, en plein centre-ville, montre le triton resté seul avec ses fils, le plus jeune étant dans ses bras (pas très visible sur les photos). Les huit personnages tendent les bras, attendant en vain Agnès, dans un profond désespoir.

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Cette sculpture a été réalisée par une artiste danoise pratiquant aussi la photographie : Suste BONNÉN. Elle a été installée dans le canal en 1992. On peut aisément faire le rapprochement entre cette sculpture et les photos de Suste BONNÉN, en particulier celles montrant des bébés nés par césarienne, et dont les postures et les visages rappellent les personnages de la sculpure.

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Sur les traces d’Andersen [2]

petite sirène P1430684Il serait inconvenant d’évoquer Andersen en passant à côté de l’emblème de Copenhague : la Petite Sirène, toute petite statue de bronze perchée sur son tout petit rocher, et qui attire si bien la foule que j’ai eu, l’espace d’un instant, l’impression d’être près de la fontaine de Trevi, à Rome.
Au départ, il y a donc un conte d’Andersen, que les studios Disney ont tellement édulcoré qu’ils l’ont rendu niais. La version qu’envisage de réaliser Sofia Coppola semble plus proche de la réalité du personnage, moins lisse et moins mignon qu’il n’y parait.

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La Petite Sirène est, à Copenhague, une nénette de bronze de 175 kg, ce qui est beaucoup pour simplement 1,25 m ! Elle fut réalisée à la demande du fils du patron de la brasserie Carlsberg, en 1909, par un sculpteur qui s’inspira de deux modèles pour la réaliser : une danseuse et sa femme.

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Les aventures de la sculpture furent nombreuses et désagréables : décapitée à au moins deux reprises, elle eut aussi un bras arraché, elle fut barbouillée, dynamitée, et emballée dans une burqa. Mais cela est sans importance : cela fait belle lurette que la statue originale dort tranquillement dans un lieu inconnu, les badauds ne s’extasiant que devant une simple copie.