L’automne a déjà un mois

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vues les températures de ces derniers jours, carrément estivales jusqu’en milieu de semaine, parler d’automne peut sembler incongru. Et pourtant, il est bien là depuis un mois. C’est une belle saison aux joues rouges et aux odeurs de forêt. Dans une semaine et un jour, nous passerons à l’heure d’hiver. L’automne a déjà un mois, nous commençons à en voir les preuves en levant les yeux ou en les plongeant dans les flaques.

Bordeaux en noir et blanc [13]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Nuit du matin

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Chaque année la même observation : quand octobre se pointe, l’air devient frais et les jours raccourcissent tellement vite que ça se voit. Plus question de dîner dehors, même en ne s’y prenant pas trop tard, non seulement parce-qu’il faut avoir recours à la lumière électrique, mais aussi parce-que la petite laine et les chaussettes ne suffisent plus. L’automne est donc bien là, même si, en ce jeudi 7 octobre 2021, l’après-midi fut franchement doux voire chaud. C’est surtout le matin que la chose est palpable : on sort le vêtement de mi-saison, et, pour aller au boulot, on se heurte à la nuit.

Pour aller au boulot, on se heurte à la nuit – Bordeaux, octobre 2021

Le rendez-vous du colchique

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Chaque fin d’été, je guette cette petite fleur mauve et délicate, celle qui sonne le début de l’automne, d’ailleurs, demain, c’est octobre. Chaque fin d’été me revient la chanson « Colchique dans les prés », tu sais ce que c’est, quand t’as un air dans la tête, il ne te quitte plus.
Mais le colchique, il ne faut pas s’y fier. C’est une fleur poison, aussi nommée « arsenic végétal » ou « tue-chien ». Malgré sa ressemblance avec des plantes comestibles (le crocus notamment), il suffit de peu de colchique pour passer du parterre au centre anti-poison, voire à la morgue. Tout de suite, la fleurette semble moins jolie : 5 grammes de graines ou 50 grammes de feuilles ont tôt fait de faire trépasser le gourmand curieux et imprudent.

Pour en savoir beaucoup plus, rendez-vous sur la page du Conservatoire Botanique national du Massif Central consacrée au colchique

Si ça plait aux touristes …

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il me fut permis, il y a quelques années, de visiter la Cité du Vin, ce bâtiment en forme de rien qui brille en biais quand la nuit vient. Au niveau muséographique, c’est zéro. Si, par contre, on veut briller dans la nuit, faire semblant de péter dans la soie et se pelotonner dans le kitsh, un peu comme dans les gros paquebots qui accostent dans le port de la Lune, on a tout bon. La Cité du Vin, c’est ça. Une gisgantesque arnaque, du vide, mais ça fait joli sur insta pour dire aux copains « j’y étais ». Du creux, du superflu, un parc d’attraction, rien de plus. Si encore le dernier étage pouvait être un vrai bar, on y prendrait peut-être plaisir, mais non. La bâtisse qui brille clinque pour rien dans la nuit bordelaise, et le Bordelais se moque bien du touriste qui s’est fait prendre au jeu.

Bordeaux – La Cité du Vin : un gigantesque piège à touristes

Le petit tunnel aux animaux d’A-MO

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Au début du mois de juillet, je me souviens avoir évoqué le street artist A-MO ici-même (souviens toi aussi camarade en cliquant ici). Puis j’ai vu ensuite d’autres animaux du même artiste sur le rideau de fer d’une armurerie, à Nantes. Le commerce en question a comme qui dirait jeté un froid entre A-MO et moi, vu mon inexistant penchant pour tout ce qui ressemble à un truc qui tue. Puis le petit peu de temps qui nous sépare du début de l’été a passé, et j’ai refait amie-amis avec les animaux d’A-MO, en l’occurrence au niveau d’un micro-tunnel pour vélos, qui passe sous une voie ferrée dans le nord de l’agglomération de Bordeaux, plus précisément sur la commune de Bruges. Le fond bleu est un peu kitsch, mais peu importe, les animaux sont agréables à regarder.

Une lune façon halloween

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Halloween est encore loin, mais la couleur orange, les ombres, les premiers curcubitacés d’automne sur les marchés, tout cela incite à la comparaison pour ne pas dire à la confusion. C’est aujourd’hui la pleine lune et elle est orange comme un Casimir. J’ai tenté la photo, forcément. Si le zoom x 60 a des qualités, il génère aussi du flou, forcément. Croyez-moi donc sur parole ou sortez sur votre balcon : ce soir, la lune a une bonne bouille de potiron.

La lune en mode citrouille – 21/09/2021

Quand le cormoran revient, l’automne n’est jamais loin

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est une constante des jardins urbains à Bordeaux : quand le frais se pointe et que les jours sont si courts qu’il faut songer aux loupiotes pour dîner dehors, le cormoran tend à s’installer dans les parcs et jardins, histoire de passer la saison froide au chaud : les parcs sont calmes, abondent en nourriture (à condition d’avoir un faible pour la carpe grasse et le poisson-chat dodu), et, sauf exception, les vents n’y soufflent pas en constantes bourrasques.
Aujourd’hui, j’ai vu deux de ces cormorans, bien plantés sur leurs branches d’altitude. L’automne doit donc être proche, après-demain je crois.

Un des deux cormorans vus à Bordeaux le 20/09

Coup d’œil nocturne sur le Grand Théâtre

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un soir de fin d’été, et même un début de nuit. Il fait encore très doux à Bordeaux. Déambulant sur la place de la Comédie, je prends quelques secondes pour me souvenir que le Grand Théâtre est joli.

Quand Sauvchouri ne fait pas le job

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Tous les soirs, toutes les presque nuits, on la guette et on l’encourage : Sauvchouri la chauve-souris sillonne les jardinets et, en rase-motte, dégomme les moustiques. L’ordinaire et le tigre, tout y passe. Sauvchouri la chauve-souris œuvre pour nous sortir de la mouise qui gratte et qui démange.
Mais ce soir, peut-être parce-qu’il y a eu de l’orage, ou parce-que mardi c’est relâche, Sauvchouri ne s’est point montrée, et par les moustiques nous seront piqués.

Sauvchouri la chauve-souris

Bordeaux en noir et blanc [12]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Les bisous du biset

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le pigeon biset, c’est le pigeon des villes, le plus courant et roucoulant, celui que certains maudissent, celui qui n’a peur de rien, pas même des humains, celui à qui la mamie du cinquième donne des graines alors qu’on lui a dit et répété qu’il ne fallait pas.
Le biset est aussi un oiseau tendre et délicat, qui bisouille affectueusement sa promise après (ou avant ?) lui avoir fait la cour en bombant le torse et en dressant ses plumes caudales façon paon.

Les bisous du biset – Bordeaux – Septembre 2021

Visages marqués

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Ce sont trois profils féminins identiques, figés sur un mur triste du côté du quai des Chartrons à Bordeaux. Je les ai vus dans l’été, mais peut-être sont-ils là depuis longtemps. Trois visages marqués du sceau de marques connues, dénonçant ainsi le poids des firmes multinationales sur nos vies ordinaires. J’ignore qui en est l’auteur.

Bordeaux en noir et blanc [11]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il était un petit navire sur une petite rivière dans un petit jardin

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Jardin Public de Bordeaux est un de ces jardins urbains typiques de son époque, avec pelouses bien tondues et attractions pour les enfants : le guignol (mercredi, week-end et vacances scolaires) et son petit bateau qui va sur l’eau pour un mini-tour de mare, entre carpes et canards.
Le fameux bateau, nommé « Le Petit Mousse », était tellement usé, tellement rongé à l’os, qu’il a du cesser tout transport de passager en 2005. Il a même ensuite été retiré de l’eau et est aujourd’hui exposé dans un musée local. Mais des accros du rafiots et autres amoureux de Bordeaux ont œuvré pour qu’une réplique soit construite et mise à l’eau.
Le nouveau petit bateau, nommé « Va Petit Mousse », ressemble comme deux gouttes d’eau au « Petit Mousse », mais il est électrique et sa coque est en résine, grâce aux bons soins du chantier Dubourdieu, qu’il l’a construit, et du guide touristique Yves Simone, bien connu des Bordelais, qui a porté le projet. Il a été mis à l’eau mi-juillet.

Remonter en flèche pour la dernière fois

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Pour la dernière fois avant cinq ans, durée des travaux de la flèche St-Michel à Bordeaux ; travaux qui commencent bientôt. C’est donc, sinon la ruée vers l’or, la ruée vers le panorama des rues vues du dessus. Du pont de pierre aux tours jumelles de la cité administrative, du quartier du Grand Parc au marché des Capucins, toute la ville est enfin visible d’en haut, ce qui n’est pas si simple à Bordeaux (altitude moyenne : 19 m).

Bordeaux en noir et blanc [10]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vers les antennes, les pieds ! Vers les antennes !

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Allez, on s’étire, on se tournoie, on se plie, on se contraint. Faut faire du sport, remuscler les abdos, déconfiner la masse musculaire. Faut sporter urbain pour se porter bien. HHHHune DDDDeux ! HHHHune DDDDeux ! Et on tend bien ses pieds vers ses antennes, tout le monde, même toi. On gire, on vire, on contorsionne, on obéit à la règle et on se plie de rire face aux petits panneaux, du côté de la place St-Michel à Bordeaux.

Quand une acidalie rencontre une autre acidalie

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Quand une acidalie rencontre une autre acidalie, pour peu qu’elles soient de sexe opposé, elles positionnent leurs postérieurs de façon adéquate, et en avant guingamp ! Du moins est-ce l’interprétation plausible de ce que j’ai pu observer aujourd’hui même dans mon jardin sur les feuilles de belles de nuit :

L’acidalie campagnarde, puisque tel est son nom, est un minusculissime papillon, pas farouche pour deux sous (l’objectif le touchait presque). Les deux spécimens étaient-ils en phase peace and love ? Pas facile à définir. De plus, ce papillon semble être une espèce nocturne. En plein jour, les papillons de nuit attendent que le temps passe …

Bordeaux en noir et blanc [9]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le retour de Bordeaux Plage

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il ne faut pas confondre Bordeaux Plage (surnom donné au Miroir d’eau des quais en été) et la Plage de Bordeaux (sable fin et maîtres nageurs sur les bords du lac). Je parle bien ici du miroir d’eau, pataugeoire à marmots dès que les beaux jours reviennent. Après une très longue pause, le miroir a été remis en eau peu après le nettoyage postérieur à la fête de la musique, donc en gros fin juin. À la différence des autres années, il ne fonctionne que sur deux régimes : plein d’eau partout et très peu d’eau, avec, à l’occasion, quelques petits jets minuscules. Mais, covid oblige, il n’y a plus le mode « brumisateur », qui donnait l’impression de déambuler en plein brouillard. Qu’importe au final : minots et adultes sont contents de patauger dans le centimètre d’eau sur les quais, c’est festif, joyeux, bruyant un peu, et accessoirement rafraichissant si le soleil cogne trop.

A-MO, le cétacé et L’Afrique

Nos amies les bêtes, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je me souviens avoir évoqué ici-même, il y a longtemps déjà, le naufrage de L’Afrique au large de l’île de Ré, souvent considéré comme le Titanic français. Ce naufrage est commémoré sur le quai des Chartrons, à Bordeaux, par une œuvre du street artist A-MO, peintre génial des animaux de tous poils, toutes plumes et toutes écailles. La fresque a été inaugurée en janvier 2020.

Bordeaux en noir et blanc [8]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un détail de plus de trois mètres de haut

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

« Un Détail » est une œuvre monumentale réalisée par le Pessacais Benoît Maire pour le parvis de la MECA côté Garonne. Du gigantesque dans du gigantesque.
En haut des marches se trouve donc ainsi, bien plantée mais pas lourde pour autant (je ne parle pas du poids — 800 kg — mais du ressenti), une demi-tête d’Hermès en bronze, conçue par Benoît Maire et réalisée dans une fonderie artisanale de Mérignac. Une œuvre à voir sous tous les angles, sous toutes les lumières aussi (il faudra donc une piqûre de rappel, car les photos d’hier ont été réalisées sous un crachin tenace) :

Arrière-pensées félines

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

L’expo du Chat de Geluck, actuellement sur les quais de Bordeaux, mérite d’être vue sous tous les angles et pas seulement de face. Prenons l’exemple du chat docteur :

A première vue, une scène mignonnette. Un chat de cartoon devenu médecin pour autres animaux, y compris les oiseaux. Le monde est un conte de fée, et puis on a bien le droit de rêver, quant à l’auteur — monsieur Geluck —, il fait bien ce qu’il veut de son personnage. Tournons néanmoins juste un peu autour du félin de bronze, et là, la vérité éclate, le chat fomente, l’instinct revient :

Le Chat est donc un chat ordinaire, pas plus toubib que moi supérieure de couvent. Un vrai chat, comme j’ai pu en voir un il y a peu dans les herbes folles, le mulot couinant encore dans sa gueule (photo floue, j’ai fait ce que j’ai pu, le chat était rapide) :

Bordeaux en noir et blanc [6]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Être à bord, mais pas tout à fait

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Joli après-midi dans le port de la Lune. Les bateaux venus nous rendre visite sont tranquillement repartis vers le grand océan, lentement, et c’était joli. Leurs marins étaient à bord, enfin plus ou moins, comme on peut le constater pour l’équipage d’El Galeon, réplique d’un navire espagnol du XVIe siècle mis à l’eau en 2010.

Vingt chats sur les quais pour fêter le vin

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

On l’appelle « Fête du vin », mais on y voit surtout quelques bateaux et des sculptures sur les quais, qui n’ont rien à voir avec le vin. Bordeaux est une ville pleine de paradoxes. Peu importe … Les sculptures représentent le chat, pardon Le Chat, avec toutes ses majuscules, c’est-à-dire celui de Geluck.
Ces chats sont au nombre de vingt. Ils sont bien alignés sur les quais, et c’est drôle, joli, ludique, poétique, et surtout à voir bien au-delà de la fête du vin (jusque début octobre je crois).

Bordeaux en noir et blanc [5]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Mimil fait semblant de ne pas voir les fautes d’orthographe

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Mimil, c’est le personnage à t-shirt rayé inventé et dessiné par Selor, un des graffeurs phares de Bordeaux. Et, aujourd’hui, il y avait bac : philo le matin, français l’après-midi. Huit heures de surveillance en tout : dire que j’en suis sortie un peu neuneu est un euphémisme, mais l’orage en cours devrait me remettre les idées d’aplomb.
Je pense à Mimil et au bac parce-qu’entre les deux, il y a un lien : l’orthographe. Soyons honnête, je n’ai pas lu les copies, mais, un peu par hasard, j’ai vu que la chose n’était pas totalement maîtrisée par tous les candidats, au même titre que le déchiffrage de l’heure sur une pendule à aiguilles (rare mais authentique ; je parle du déchiffrage par un candidat au bac, pas de la pendule).
Et puis j’ai aussi souvenir d’un resto où j’ai récemment déjeuné, et où les cartes et ardoises comportaient presque autant d’erreurs orthographiques et grammaticales que de mots. Tout cela nous ramène à notre Mimil, et à un dessin le représentant vu très récemment à Bordeaux, dans le quartier des Chartrons :