Un bécasseau face au vent

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est reparti pour le festival des photos floues ! Mais j’ai une excuse : samedi dernier, à Lacanau, ça soufflait vraiment fort, on avait du mal à tenir debout face au vent en mode tempête, ça faisait un boucan d’enfer sur la plage (le compteur a relevé 110 dB, en gros l’équivalent d’un gros concert de rock). L’écume volait en tous sens sur le sable à marée basse. Et, au milieu de ce vacarme, un bécasseau tentait de se frayer un chemin, titubant presque dans l’écume … :

… puis faisant une sorte de vol stationnaire en voulant simplement aller d’un point A (en aval de l’écume) à un point B (en amont de l’écume). Il a battu fort fort fort ses petites ailes rayées puis s’est reposé pile d’où il avait décollé :

Bordeaux en noir et blanc [21]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Que devient le nid lorsque l’hiver advient ?

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Revenons deux mois en arrière (piqûre de rappel) : le nid de frelons est une grosse habitation dodue et bourdonnante. Aujourd’hui, la carapace protectrice est presque totalement désagrégée, les alvéoles sont bien visibles, il n’y a plus de frelon à l’horizon :

Voilà ce que l’hiver a fait du nid de frelons vu en novembre dans l’agglomération bordelaise

L’hiver vient tout juste de commencer, et déjà nous imaginons le printemps

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il suffit de peu de chose. Un ciel bleu. Un colvert qui drague une colverte. Deux-trois pâquerettes, et hop ! on se croit au printemps. Pour peu que la température en plein soleil donne l’envie de virer écharpe et manteau, on s’imagine à la veille de l’été.
Et pourtant, voir quelques fleurs en hiver, ce n’est pas si rare. La fleur d’hiver par excellence, c’est le mimosa, mais il y a aussi le narcisse, en pleine forme désormais dans les jardins bordelais (ceux de mon jardin, exposés plein nord, sont encore à l’état de petites tiges timides).

Photo : des narcisses à Bordeaux, janvier 2022

La gare St-Jean en peinture

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Poésie ferroviaire pour ce quatrième soir de l’an 2022. Dans le quartier Belcier, à Bordeaux, sous un pont sur lequel passe le tramway, un artiste graffeur a peint la gare St-Jean, cette si jolie gare du temps d’avant avec sa belle verrière toute belle depuis les récents travaux de rénovation :

L’artiste y a aussi mis du train. Du TGV du temps d’avant, orange comme un Casimir … :

… et il a même ajouté une précision technique, à savoir le record de vitesse de ce TGV du temps d’avant :

Photos réalisées dans le quartier Belcier (Bordeaux) dans le temps d’avant 2022, donc en décembre 2021

Bordeaux en noir et blanc [20]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Oser voir le sapin en plein jour

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Est-ce que voir le sapin de Noël en plein jour ne fera pas fuir le Père Noël, même si ce sapin est fait de fer et de verre ?
Est-ce que l’observation du squelette et des entrailles de ladite décoration ne porte point malheur, même si une cathédrale entière s’y reflète ? Allez savoir …

Photo : le sapin de Noël de la place Pey Berland à Bordeaux

Admirer le sapin

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est fou ce que les affaires de sapin de Noël à Bordeaux peuvent faire jaser, même au-delà des limites de la Gironde (Le Monde a publié plusieurs articles sur le sujet, et ce dès le mois de septembre). Résumons l’affaire : l’actuel maire de Bordeaux, M. Pierre Hurmic, trouve regrettable de célébrer Noël avec un arbre mort. Ledit arbre mort, outre le fait d’avoir quitté sa forêt juste pour se pavaner avec des guirlandes pendant trois semaines, peut se retrouver racines par-dessus cimes pour cause de tempête, c’est déjà arrivé.
M. Pierre Hurmic a donc opté pour autre chose, en verre et en métal, et surtout réutilisable. Il y a eu des menaces de destruction (les services de sécurité veillent), des pétitions (que je n’ai pas signées), bref, une guerre des tranchées encore plus virulente que celle qui oppose les tenants de la chocolatine contre les férus du pain au chocolat. Feu aux poudres ou pas, l’arbre de verre est là, il est sobre, il est beau, il attire les badauds, il inspire des selfies, et en plus on peut même se voir dedans.

Les mésaventures municipales liées au sapin de Noël ne datent pas d’hier : en 1993, M. Jacques Chaban-Delmas avait lui aussi préféré du réutilisable à l’arbre éphémère, et fait installer des arbres en plastique. Ce n’était pas fantastique, les arbres n’ont jamais été réutilisés (à lire dans Sud-Ouest).

Bordeaux en noir et blanc [19]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Peindre le théâtre

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Jusqu’au 2 janvier, le grand théâtre de Bordeaux est peint à la main. Enfin presque. Le décor, peint à la main, donc (oui, quand même), est projeté sur le théâtre par des vidéoprojecteurs positionnés de manière adéquate sur le grand hôtel qui lui fait face. Et c’est magique, même quand le tram passe et, qu’à son tour, il chope les couleurs.

La demi-lune, le désespoir des singes et la cathédrale

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Au week-end dernier, la lune n’était qu’à mi-parcours. Depuis, elle gonfle, se dirige vers pleine lune, elle est gibbeuse montante. Qu’elle gibbe ou qu’elle ne gibbe pas ne change rien à l’arbre qui flanque la cathédrale côté place Pey Berland : le résineux, même de nuit, même par demi-lune, est un désespoir des singes. Rien de triste là-dedans, c’est juste son nom courant. Pour faire savant, on peut aussi l’appeler « araucaria araucana ».

Le désespoir des singes et la cathédrale de Bordeaux par nuit de demi-lune
Décembre 2021

C’est rouge, on s’arrête …

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

… c’est vert, on s’arrête aussi. On s’arrête même au orange, non parce-que nous sommes prudents, mais parce-que la Porte de Bourgogne en mode feu tricolore, ça intrigue, ça amuse, et c’est même plutôt joli.
Cela faisait une éternité que je n’étais pas passée dans ce coin-là de Bordeaux de nuit. Il se peut que la tricolorisation du monument date de longtemps, soit désormais d’une totale banalité.
Mais ce soir-là, j’ai fait ma touriste, et j’ai bien attendu plusieurs « vert » pour reprendre mon chemin.

Ambiance festive à Bordeaux

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Comme qui dirait qu’il y a du Noël dans l’air. Comme qui dirait qu’il y a comme une envie de joyeuseté et de légèreté, même avec masque obligatoire sur le nez et paluches hydroalcoolisées. Comme dirait que samedi dernier une fanfare, sur les marches du Grand Théâtre, a, notamment, joué Abba. Petit extrait, pour que la bonne humeur entre dans vos foyers :

C’est f(l)ou comme une salamandre dans la rue en décembre

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est un soir de nuit déjà tombée : à cette saison, rien de plus banal. Il fait frais, l’air est humide, le département de Gironde est égal à lui-même. Sur une rue de pur bitume en ce froid début de nuit de presque hiver, une salamandre campe, attend, voire pose pour la photo. Photo néanmoins floue, car avec si peu de lumière et un téléphone ordinaire, il est ardu de faire mieux. Je n’avais pas vu de salamandre depuis treize ans : un spécimen du batracien noir et jaune se baladait alors sur la terrasse de mon jardin.

Une salamandre pose pour la photo, mais la photo est néanmoins floue
Agglomération de Bordeaux, décembre 2021

Bordeaux en noir et blanc [18]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’ai revu mamie

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Souvenons-nous du mois de juin : j’avais vu, et donc évoqué ici même, une œuvre murale représentant une mamie joliment sexy (piqûre de rappel en cliquant ici, ce qui, d’ailleurs, doit au passage vous encourager à la piqûre de rappel pour le vaccin anti-covid, c’est hors sujet mais c’est dit).
Figurez-vous que j’ai revu jolie mamie récemment, sur un mur du quartier St-Michel. Comme quoi, Bordeaux c’est tout petit, Mamie sillonne la ville de mur en mur sans fatigue apparente.

Jaune comme le ginkgo en fin d’automne

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le ginkgo biloba est un arbre magique. Quand l’automne s’affirme, il devient plus jaune que le soleil et éclaire joyeusement les sombres journées de novembre, même lorsque le ciel gris est tellement opaque qu’on ne distingue plus la forme des nuages. Un ciel de déprime, mais ginkgo est là, qui veille et qui illumine.
Ginkgo réveille n’importe quel paysage. C’est l’arbre qui fait du bien. Il suffit de l’apercevoir au loin pour se sentir en forme pour la journée. Et pour cela, à Bordeaux nous sommes servis : des ginkgos, il y en a dans plusieurs parcs et jardins.

J’ai vu le lion, l’ours et le martin-pêcheur

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Dans les chansons populaires, on voit le loup, le renard et la belette. Les trois animaux chantent, la jument de Michao et son petit poulain gloutonnent l’herbe du pré et le fêtard entonne le refrain.
Dans la vraie vie, le quidam de base déambule du côté de la place St-Michel à Bordeaux, et croise de forts beaux animaux tagués par A-MO sur le rideau de fer baissé d’un resto.
Et, anecdotiquement, ce soir en rentrant du boulot, j’ai entendu des grues, plein de grues, mais je ne les pas vues car il faisait déjà trop nuit.

L’alignement des pigeons

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Les stressés un chouia cinéphiles y auront peut-être vu un remake du film d’Hitchcock, Les oiseaux. Les badauds banals n’auront rien vu : ils n’avaient pas le nez en l’air. Mais il reste les autres, peut-être un peu surpris de l’alignement de tant de pigeons en même temps sur un fil électrique. Rien de surprenant quand on connait le contexte : la petite dame qui habite juste en dessous dudit fil électrique a des oiseaux en cage (damned !) qu’elle sur-nourrit à tel point que la tambouille déborde des mangeoires. Et tous les zosios du quartier sont là là là là là quand les zozios dispersent les graines de la cage.

Bordeaux en noir et blanc [17]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bordeaux en noir et blanc [16]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Architexture

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La chose a une couleur à la mode et semble moelleuse comme la laine en pelote :

La chose semble mi-tricotée mi-tissée mi-nouée. Ce qui, au bout du compte, fait trop de « mi ». Ça pourrait ne ressembler à rien et c’est beau comme le nombre d’or, magique comme une œuvre d’art, ou l’inverse. En y regardant de plus près, on découvre que des insectes y déambulent et y travaillent, de gros insectes :

Ne sont-ce point des frelons ? Mais alors, la chose, accrochée fermement à la cime d’un arbre … ? mais alors … ? un nid ? un nid de frelons ? oui, c’est bien de cela qu’il s’agit.

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en novembre 2021

Enfin les grues

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est une attente de tous les automnes, un moment qui arrive forcément en octobre : la migration des grues cendrées vers le sud ensoleillé, même si, pour certaines, le sud ensoleillé s’appelle « les Landes ». On a l’héliotropisme qu’on peut.
Alors depuis le début du mois, je patiente, je guette et j’écoute, car la grue, bien souvent est audible avant d’être visible. Mais rien. Un automne qui prend son temps, qui s’installe mollement, et les grues se font attendre. Ce matin enfin, alors que j’achevais à la fois grand bol de café et petite revue de presse, un premier vol … :

… puis un deuxième dans la foulée :

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise le 29 octobre 2021

Avifaune d’octobre en fond de Bassin

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Balade du week-end entre Andernos et Arès, tout au fond du Bassin d’Arcachon. L’air est doux. La promenade est paisible. Et bien sûr, comme il se doit, j’observe les oiseaux. Tout d’abord le grèbe castagneux, qui, ici, ne vient qu’à la saison froide, alors que bien souvent, en Europe de l’ouest, il est sédentaire :

Le cormoran, évidemment :

L’incontournable couple de cygnes :

Et les foulques en pagaille, dont voici un spécimen :

L’automne a déjà un mois

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vues les températures de ces derniers jours, carrément estivales jusqu’en milieu de semaine, parler d’automne peut sembler incongru. Et pourtant, il est bien là depuis un mois. C’est une belle saison aux joues rouges et aux odeurs de forêt. Dans une semaine et un jour, nous passerons à l’heure d’hiver. L’automne a déjà un mois, nous commençons à en voir les preuves en levant les yeux ou en les plongeant dans les flaques.

Bordeaux en noir et blanc [13]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Nuit du matin

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Chaque année la même observation : quand octobre se pointe, l’air devient frais et les jours raccourcissent tellement vite que ça se voit. Plus question de dîner dehors, même en ne s’y prenant pas trop tard, non seulement parce-qu’il faut avoir recours à la lumière électrique, mais aussi parce-que la petite laine et les chaussettes ne suffisent plus. L’automne est donc bien là, même si, en ce jeudi 7 octobre 2021, l’après-midi fut franchement doux voire chaud. C’est surtout le matin que la chose est palpable : on sort le vêtement de mi-saison, et, pour aller au boulot, on se heurte à la nuit.

Pour aller au boulot, on se heurte à la nuit – Bordeaux, octobre 2021

Le rendez-vous du colchique

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Chaque fin d’été, je guette cette petite fleur mauve et délicate, celle qui sonne le début de l’automne, d’ailleurs, demain, c’est octobre. Chaque fin d’été me revient la chanson « Colchique dans les prés », tu sais ce que c’est, quand t’as un air dans la tête, il ne te quitte plus.
Mais le colchique, il ne faut pas s’y fier. C’est une fleur poison, aussi nommée « arsenic végétal » ou « tue-chien ». Malgré sa ressemblance avec des plantes comestibles (le crocus notamment), il suffit de peu de colchique pour passer du parterre au centre anti-poison, voire à la morgue. Tout de suite, la fleurette semble moins jolie : 5 grammes de graines ou 50 grammes de feuilles ont tôt fait de faire trépasser le gourmand curieux et imprudent.

Pour en savoir beaucoup plus, rendez-vous sur la page du Conservatoire Botanique national du Massif Central consacrée au colchique

Si ça plait aux touristes …

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il me fut permis, il y a quelques années, de visiter la Cité du Vin, ce bâtiment en forme de rien qui brille en biais quand la nuit vient. Au niveau muséographique, c’est zéro. Si, par contre, on veut briller dans la nuit, faire semblant de péter dans la soie et se pelotonner dans le kitsh, un peu comme dans les gros paquebots qui accostent dans le port de la Lune, on a tout bon. La Cité du Vin, c’est ça. Une gisgantesque arnaque, du vide, mais ça fait joli sur insta pour dire aux copains « j’y étais ». Du creux, du superflu, un parc d’attraction, rien de plus. Si encore le dernier étage pouvait être un vrai bar, on y prendrait peut-être plaisir, mais non. La bâtisse qui brille clinque pour rien dans la nuit bordelaise, et le Bordelais se moque bien du touriste qui s’est fait prendre au jeu.

Bordeaux – La Cité du Vin : un gigantesque piège à touristes

Le petit tunnel aux animaux d’A-MO

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Au début du mois de juillet, je me souviens avoir évoqué le street artist A-MO ici-même (souviens toi aussi camarade en cliquant ici). Puis j’ai vu ensuite d’autres animaux du même artiste sur le rideau de fer d’une armurerie, à Nantes. Le commerce en question a comme qui dirait jeté un froid entre A-MO et moi, vu mon inexistant penchant pour tout ce qui ressemble à un truc qui tue. Puis le petit peu de temps qui nous sépare du début de l’été a passé, et j’ai refait amie-amis avec les animaux d’A-MO, en l’occurrence au niveau d’un micro-tunnel pour vélos, qui passe sous une voie ferrée dans le nord de l’agglomération de Bordeaux, plus précisément sur la commune de Bruges. Le fond bleu est un peu kitsch, mais peu importe, les animaux sont agréables à regarder.