La chansonnette passe l’été en France – Mardi 7 juillet

Une déambulation dans l’hexagone oblige à croiser des fleuves, ceux que l’on a appris à l’école, même que si on en suivait le cours du fleuve à l’envers avec la règle au tableau, on avait sur les doigts. Virtuellement, sur les doigts, mais on finissait quand même un peu honteux d’avoir fait remonter la Garonne vers les Pyrénées ou la Loire vers le Mont-Gerbier-de-Jonc. Mais que voulez-vous, quand on vit sur un estuaire, on est habitué à voir le fleuve aller un coup dans un sens, un coup dans l’autre, c’est la marée et c’est la norme lorsque le fleuve en bout de course fonce vers l’océan.

Claude Nougaro
C’est une Garonne

La Garonne à Auvillar (82) – Septembre 2015
En arrière-plan à gauche : la centrale nucléaire de Golfech

Les stars du jardin botanique

On peut se dire que le jardin botanique est d’abord et avant tout visité pour ses plantes. Ce n’est point faux, d’autant plus que celui de Bordeaux fait dans le concret : légumes, fruits, plantes médicinales, avec panneaux explicatifs clairs et précis. En plus du plaisir des yeux, on ressort du jardin un peu moins idiot qu’on y est entré, et ce n’est pas rien. Mais ce jardin n’est pas que cela : il a aussi ses stars, vertes et bondissantes, qui, dès le printemps, font leur show dans les mares. Habituées aux humains, les grenouilles de ce jardin-là sont particulièrement peu farouches.

Le temps du lotus

Le lotus, comme le nénuphar, plante ses racines dans la vase et pousse dans l’eau. Mais le lotus est plus grand, plus majestueux, plus impressionnant. Les lotus du jardin botanique de Bordeaux sont actuellement en train de fleurir :

Une carte postale de Bordeaux

Un petit matin de juillet en rive droite, juste avant le boulot. La lumière, le lieu, un vrai plan « carte postale ». Je ne résiste pas, je clique.

Bordeaux – Le pont de pierre et la flèche St-Michel

Certes : des oiseaux

La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Certes : des paysages

Week-end électoral. Dans ma commune, girouette-cacahuète est confiné dans l’opposition, et j’en suis ravie. Mais le sujet de ce soir est néanmoins plus bucolique : je reviens sur l’extraordinaire balade d’hier matin, qui avait commencé par l’observation de milans au-dessus d’un parking (piqûre de rappel). Ce parking est celui du domaine de Certes, situé à cheval sur les commune d’Audenge et Lanton, sur le bassin d’Arcachon, dans le parc naturel des Landes de Gascogne. Des paysages sublimes, que ce soit côté domaine proprement dit ou côté bassin :

Week-end d’élections = week-end à la maison

Second tour des municipales. Pas question de faire abstention : il s’agit, dans ma commune, d’empêcher girouette-cacahuète d’accéder au trône de maire. Donc demain, à la première heure, je glisse mon bulletin dans l’urne. Et donc, aujourd’hui, l’homme de la maison et moi-même n’avons point déserté vers des contrées d’outre-Garonne.
Le devoir électoral n’est cependant pas incompatible avec une vraie balade dans la nature. Balade matinale (après, il fait trop chaud) qui a commencé par l’observation des milans au-dessus d’un parking. Suite au prochain numéro.

Des milans noirs quelque part en Gironde – 27 juin 2020

Fleur d’échalote sous la pluie

PlantNet m’indique fleur d’échalote, sans être sûr à 100 %. La fleur d’oignon ressemble aussi un peu à ça. Et puis c’est aussi la même forme, mais pas la même couleur, pour celle de l’ail. Bref, toutes ces plantes dont les bulbes parfument les repas, ont la fleur perchée sur une haute tige. Aujourd’hui, sous la pluie, la fleur semblait même disposer de son propre essuie-glace. La nature est décidément bien faite.

Photo réalisée à Bordeaux le 18 juin 2020

Futur sphinx

Une grosse chenille d’un vert pomme éclatant avance tête en bas et très lentement. Une vraiment grosse chenille. Vraiment très verte. Qui donnera naissance à un papillon peut-être grand aussi. Ou pas. Après tâtonnement sur le web, j’en conclus que cette chenille est de la famille des sphinx, des papillons presque tous nocturnes (sauf le moro sphinx, appelé aussi sphinx colibri).

Chenille d’un papillon de la famille des sphinx – Département de la Gironde – Juin 2020

Liseron, mon ami

Si on tape « liseron » dans un moteur de recherche, il nous est inévitablement suggéré de multiples manières pour s’en débarrasser, cette plante grimpante étant, à tort ou à raison, considérée comme une « mauvaise herbe ». Si on précise « liseron des dunes », le résultat est tout autre et la plante gagne en sympathie. Non pas parce-que sa fleur passe du blanc au rose en passant du jardin à la plage, mais parce-que le grimpant envahissant devient un rampant fixateur de dune. Deux plantes de la même famille, mais celle qui a de jolies fleurs de couleur rose détient le pouvoir quasi-magique de lutter contre l’érosion marine.

Des liserons des dunes sur une plage océane du Cap Ferret en mai 2020

Un océan confiné ?

L’océan Atlantique, dans le golfe de Gascogne, bien souvent s’abat et cogne sur le sable, façon avion qui aurait oublié de sortir le train d’atterrissage avant d’effleurer le tarmac. L’océan, en Gironde, dans les Landes et ailleurs, fabrique de la vague et du rouleau à la chaîne, le fordisme au service du surf. Car le plaisir que procurent toutes ces vagues, aussi dangereuses soient-elles, ce sont d’abord les surfeurs qui en profitent. Surtout au printemps (le baigneur attend surtout que la température de l’eau se réchauffe).
Mais là, en cette toute fin de mai sur la presqu’île du Cap Ferret, il faut se rendre à l’évidence : l’océan reste timide, comme encore confiné, sage comme une image. Et le surfeur déconfit attend la vaguelette pour, quand même, tenter de se faire un petit peu plaisir, lui qui a tant milité pour la réouverture des plages dans ce fameux mode dynamique qui s’impose actuellement.

Des surfeurs attendent la vague sur une plage de Lège-Cap-Ferret, fin mai 2020

Le geai des chênes porte bien son nom

Quand il ne batifole pas dans les branches des chênes (piqûre de rappel), le geai en mange les fruits. Le geai ici présent ne séjournait donc pas sur un chêne, mais toute branche pouvant faire à la fois table, chaise et assiette, le geai en question s’apprêtait à se régaler d’un gland. Les geais sont relativement nombreux dans les parcs bordelais, ils s’y chamaillent même (celui qui figure sur les photos s’est fait chiper son gland par un autre geai, qui lui a volé dans les plumes quelques secondes après la mise en boite des photos). Les geais sont facilement repérables de loin grâce à leur cri, mais aussi à leurs couleurs. Dans les parcs et jardins, habitués aux humains, ils sont assez peu farouches.

Le temps d’avant sur le port de La Barbotière

Un temps d’avant de bien avant encore, un temps d’avant que covid n’avait même pas imaginé, un temps tellement lointain qu’il remonte au vingtième siècle, avant même les années 80. Autant dire une forme de préhistoire, d’une énigme temporelle lointaine. Du temps où, sur ce port de La Barbotière, à Gujan-Mestras, département de la Gironde, on pouvait acheter des huîtres en gros et au détail en appelant le 22 à Asnières 81 18.

Port de La Barbotière – Gujan-Mestras – Mai 2020

Balade de printemps sur les ports de Gujan

Les ports ostréicoles de Gujan se trouvent sur la commune de Gujan-Mestras, dans la partie sud du Bassin d’Arcachon :

Il s’agit d’une succession de cabanes ostréicoles de part et d’autre de chenaux perpendiculaires au Bassin, et donc totalement dépendants des marées :

Ce sont bien, d’abord et avant tout, des espaces de travail. On peut ainsi voir, devant certaines cabanes, les tuiles chaulées prêtes à recevoir les naissains d’huîtres :

Il se pourrait bien aussi que ce soit un lieu où l’on puisse prendre du bon temps :

Balade réalisée un matin de mai 2020

Le Yersin dans le port de la Lune

Un navire portant le nom du découvreur du bacille de la peste, accosté en pleine période d’épidémie, cela a quelque chose d’un peu troublant. Néanmoins Yersin il y a, au ponton Ariane du quai des Chartrons, à Bordeaux. Ce yacht d’exploration, pouvant même naviguer en zone polaire, est arrivé hier soir pour une petite toilette.

Le bateau est récent : il est sorti des chantiers Piriou de Concarneau en mai 2015 après trois ans de travaux, et a été livré à son propriétaire monégasque, François Fiat. En juillet 2017, il est parti pour un tour du monde de trois ans, sur les traces du prince Albert Ier de Monaco, considéré comme un des fondateurs de l’océanographie moderne.

Pour en savoir vraiment beaucoup plus :
– Vincent GROIZELEAU, « Le Yersin, navire de voyage et de recherche de François Fiat », Mer et Marine, 29 septembre 2014
– Sylvie ROUAT, « Le Yersin, le navire océanographique de la principauté de Monaco, a pris la mer », Sciences et Avenir, 7 avril 2017
– Gaëlle RICHARD, « Bordeaux : première escale technique pour le yacht d’exploration Yersin », Sud-Ouest, 18 mai 2020

Photos réalisées le 19 mai 2020 à Bordeaux

Le nécessaire retour à la mer

La trop longue interdiction d’accès aux littoraux et aux forêts avait quelque chose de punitif et de contre-productif : je ne vois pas en quoi il était moins dangereux d’autoriser la foule à s’entasser dans les rues commerçantes plutôt qu’à s’éparpiller sur les côtes et dans les espaces naturels. La décision unanime des préfets, visant à autoriser l’accès à la mer, va donc dans le bon sens. Et ce bon sens, j’en ai profité hier matin, sur le Bassin d’Arcachon. Première image du retour à une certaine normalité :

Les cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon vues d’Andernos – 16 mai 2020

La ville est toujours là

Le confinement m’avait fait perdre Bordeaux de vue, comme si la ville avait soudainement disparu dans ce rétrécissement majeur de l’espace autour de mon territoire de libre parcours, quelque part en banlieue nord. Le passage en rive droite fut un très grand moment de bonheur, un sentiment très net de la liberté retrouvée, d’autant plus que rien, ou presque, ne rappelait l’existence du covid. Il y a bien eu l’obligation du masque pour franchir la Garonne sur le Batcub, avec gel hydroalcoolique à bord, mais rien d’oppressant, rien d’anxiogène.
Une fois sur les quais de la rive gauche, en centre-ville, il y a bien ce nouveau balisage au sol, qui sépare les équipes, mais cela n’est pas effrayant, pas si contraignant que cela finalement :

La sensation nette que nous avions changé de monde fut ressentie dans un haut lieu du tourisme bordelais, à savoir la Place du Parlement, où nous nous régalâmes d’une glace, parce-que la vie urbaine est aussi faite de petits plaisirs. C’était la première fois que je voyais cette place dans toute son étendue, sans les terrasses des restos qui, habituellement, mangent une grand partie de l’espace. Et là j’ai ressenti que la ville avait basculé, parce-que Bordeaux sans bistrot ni resto, ce n’est pas vraiment Bordeaux.

Photos réalisées le 14 mai 2020

Sur la Garonne

Deux mois sans voir d’autre eau que la pluie (souvent) et celle de minuscules étangs artificiels. De l’eau posée là, mieux que rien, mais quand même, rien qui circule vraiment, rien qui tôt ou tard file vers l’océan. D’où une irrésistible envie de Garonne, ce fleuve qui, à Bordeaux, va dans le sens de la marée, un coup vers l’aval, un coup vers l’amont. Et c’est ainsi que, pour bien sentir le fleuve, et aussi, très accessoirement pour passer sur l’autre rive, nous avons emprunté le bus fluvial, ici appelé Bat3 (prononcez « batcub »). Autant dire une épopée, un voyage au long cours. Quelques minutes mais quel bonheur !

Dans la mare aux nénuphars

Puisque, hier, j’avais franchi la Garonne de quelques coups de pédale, il m’étais facile de faire un petit tour dans le jardin botanique de la Bastide. Un tout petit tour : mon homme et moi-même avions des ambitions garonnesques et clairement urbaines, mais un tour quand même.
La plus grande pièce d’eau du jardin botanique est celle où fleurissent les nénuphars, ainsi que les lotus quand c’est la saison (je pense que nous sommes un peu tôt). C’est aussi un hot spot pour d’autres plantes aquatiques, comme les iris, ainsi que pour les carpes et les grenouilles.

Revoir la ville, enfin

S’octroyer quelques heures de liberté en pleine semaine. Se dire que le boulot attendra bien un peu. Que c’est juste récompense après toutes ces semaines 7/7 et ces deux mois de mise sous cloche, qui ne furent vraiment pas des vacances. Se dire qu’on peut bien se le permettre, pour une fois, et sortir le vélo pour franchir la Garonne. Constater que ladite Garonne est toujours bien là, la reconnaître, la sentir même, et voir la ville en face. Se dire que le monde existe encore, qu’il y a une vie en dehors du covid.

Bordeaux – 14 mai 2020

De jeunes étourneaux

L’étourneau sansonnet a pour habitude de nicher dans des cavités fabriquées par d’autres que lui : en forêt, il affectionne les anciennes cachettes des pics épeiche, mais en ville ? comme on peut le voir sur les photos qui illustrent cette note, un abri sous tuiles fait l’affaire, on dirait même que les petits ont des chambres individuelles. Le site oiseaux.net précise qu’il arrive que l’étourneau puisse faire son nid dans un lampadaire, histoire de profiter de la douce chaleur de la lampe.

Le plus souvent, la femelle pond et couve 4 à 6 œufs au début du printemps. Au bout de deux semaines environ, les petits cassent leurs coquilles et commencent à crier famine. Ils quittent généralement le nid trois semaines plus tard, les parents leur enseignent la vie en cours accélérés (en gros, quelques jours pour apprendre à voler et à se nourrir), puis les petits s’émancipent.

Photos réalisées dans le département de la Gironde en mai 2020

Déconfinement à la st-glagla

Tout jardinier le sait : depuis hier et jusqu’à demain, ce sont les saints de glace. Cette croyance populaire n’a plus aucun rapport avec une éventuelle pratique religieuse du jardinier moyen, mais l’idée est là : les 11, 12 et 13 mai, ça peut cailler, faire froid, abimer les plantations, mettre à mal les pieds de tomates un peu jeunots.
J’avais déjà évoqué la chose l’an dernier (piqûre de rappel), alors que le temps très doux faisait mentir l’adage. Cette année, alors que le déconfinement s’amorce après deux mois de mise en cage, il fait un temps de chien. Pluie diluvienne hier (alerte rouge dans les Landes et en Gironde, c’est rare), temps maussade aujourd’hui. Et même si nous sommes très loin du gel, ça pèle et ça grelotte (10°C de moins que la semaine dernière).
Vous noterez donc au passage que ce blog se déconfine à son tour : on n’y parle plus que de la pluie et du beau temps.

Extrait de la une de Sud-Ouest, 12 mai 2020

La chansonnette prépare son déconfinement : retour à Bordeaux

Isabelle Mayereau
Bordeaux

Pré-déconfinement pluvieux, pré-déconfinement heureux

Pour la dernière fois (en croisant les doigts pour que confinement ne revienne pas), ce matin, j’ai rempli cette fichue attestation de sortie m’autorisant à prendre le vélo pour faire les courses au marché. Je ne sais pas si ça se fête, mais au-moins ça s’arrose : depuis mon retour au home sweet home à des fins de préparations de risotto à l’encre de seiche (pour accompagner lesdites seiches préparées avec amour, un couteau, une poêle et de l’huile d’olive par mon homme), depuis mon retour, disais-je, il pleut il mouille en mode fête à la grenouille. Déjà, hier soir, le ciel nous annonçait un changement de temps peu propice à la bronzette sur la plage (ça tombe bien, la bronzette publique est prohibée tant que le virus n’est pas éradiqué). D’où ces quelques images :

Changement d’échelle annoncé

Lundi 11 mai. Un lundi attendu comme jamais je n’ai attendu un lundi. Début progressif du déconfinement qui, sans être total, loin de là, offre tout de même la possibilité de nouveaux horizons. Il s’agit de passer d’un espace de libre parcours de 30 m2 (le jardin) et de sa zone de balade d’un kilomètre de rayon pour une durée d’une heure, à un territoire un peu plus grand que l’île de Chypre, accessible à peu près dans son ensemble (certains lieux restent bien sûr fermés pour raisons sanitaires, sans parler de la grosse incertitude sur les plages). Bref, un changement d’échelle, un autre monde, quasiment une autre vie. Sortir enfin, même pas très loin, sans l’obligation de montrer patte blanche via ces fichues autorisations dérogatoires auxquelles je ne me suis pas du tout habituée. Sortir enfin, même pas tous les jours, mais savoir que la sortie du petit jardin du grand confinement est possible.

Quelques nouvelles de la famille hérisson

La hérissonne (puisque hérissonne il y a) élève ses petits sous des iris du jardin, et même, depuis hier, dans la quasi-totalité du jardinet. Les petits se déconfinent vitesse grand V. Grande surprise hier en fin d’après-midi : j’ai découvert que les trois hérissons vus quelques jours plus tôt ont un point commun majeur avec les Trois Mousquetaires. Non, il ne s’agit pas de capes, d’épées, ou d’autres gadgets. Comme les Trois Mousquetaires, ils sont quatre. Ils commencent à chercher leur propre nourriture (surtout des insectes, en particulier sur la sauge qui pousse près des tomates), se gavent d’escargots, mais ne sont néanmoins pas encore sevrés, preuve en image (image de qualité médiocre, mais j’étais loin pour ne pas gêner et j’ai forcé le zoom au maximum) :

Ce matin, ils semblent avoir changé de nid : ils ont traversé le jardin pour se planquer sous un tas de feuilles, que nous avions, à l’automne, volontairement mis en place sur une palette pour accueillir l’éventuelle hibernation d’un hérisson. La mère a même récupéré des feuilles supplémentaires pour rendre le lieu douillet. Ce lieu est aussi très proche du jardin des voisins, peut-être est-ce donc le début annoncé d’un grand voyage pour la jeune génération.

Désormais nous l’appellerons « Dominique »

Nous l’avions surnommé « Pépère », pensant qu’il s’agissait d’un mâle célibataire. Or, sur ces deux points, nous avons fait preuve de légèreté. Célibataire ? sûrement pas, nous avons des preuves. Quant à Pépère … le nom est fortement connoté masculin. Et si le hérisson du jardin était une dame ? D’où ce prénom mixte de « Dominique » qui sera désormais le sien (Claude et Camille, ça marche aussi), puisque nous avons vu trois petits, trois jeunots, trois p’tits loulous frôler la bordure intérieure des iris du petit jardin du grand confinement, en tout début de soirée alors que la pluie avait enfin daigné cesser de tomber. Iris où ronflait celui (ou celle) que nous avions un peu rapidement surnommé Pépère.

Trois jeunes hérissons dans le petit jardin du grand confinement – 2 mai 2020

Je veux sortiiiiiiiir !

Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

Et dire que l’UBB était en tête !

Le Top 14 était plutôt sympathique en fin d’hiver : le Stade Rochelais, que nous avions pu croire perdu pendant un temps, avait meilleure mine, et, surtout, l’UBB (Union Bordeaux Bègles) était en tête du classement, laissant augurer des phases finales de bonne tenue. Je me souviens ainsi du match disputé le 15 février au stade Chaban-Delmas contre Lyon, que l’UBB avait largement remporté alors qu’à l’issue de la première mi-temps, ce n’était vraiment pas gagné. Un joli suspense, un joli jeu, et des cordes vocales nettement moins performantes les jours suivants pour les supporters de base.
Puis vint Covid. Arrêt net de toute compétition. Pendant un temps, il est envisagé de reprendre à l’été, en ne jouant que les matches de la phase finale, ce qui laissait envisager un UBB / Toulon potentiellement bourrepifesque. Mais hier, le couperet est tombé. Même si la décision définitive ne doit être entérinée qu’aujourd’hui, la saison de rugby 2019-2020 est finie. Pas d’autre match, pas de clap de fin, mais covid et eau de boudin.

Match UBB – LOU, stade Chaban-Delmas (Bordeaux), 15 février 2020

Ce que Pépère nous fait faire

Le confinement a cela de bon qu’il nous permet de nous rapprocher de la nature, puisque nous avons le temps et un jardinet, ce qui n’est pas rien. Dans ce jardin, souvenez-vous, dort profondément un hérisson (surnommé Pépère), qui, pratiquant peut-être le jeûne de Ramadan, ne sort consommer d’augustes nourritures qu’à la nuit tombée.
Nous avons remarqué que certains éléments meublant la terrasse ralentissaient Pépère le Hérisson dans son déplacement vers les contrées de bombance. D’où déplacement de quelques uns desdits éléments pour laisser à Sa Majesté plus d’espace pour ses virées nocturnes. Cela ne marche pas trop mal, mais l’animal encore hésite, avant de trouver le chemin vers le jardin voisin, où, peut-être, il trouve de quoi se sustenter (en plus des escargots du jardin), et peut-être même, qui sait, sa dulcinée.