Bâtir, construire, etc.

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

La cage

Chronique du grand confinement, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je ne décolère pas. La remise en cage, à la niche, derrière les barreaux, dis-le comme tu veux, ce re-confinement me met hors de moi parce-qu’il était évitable. Et puis aussi parce-que nos dirigeants n’ont rien compris au film. En quoi suis-je plus dangereuse en me baladant seule à marée basse sur la plage à 50 km de chez moi, qu’en déambulant au milieu de plein d’autres quidams sur les quais de Bordeaux ? Expliquez-moi, mesdames et messieurs les dirigeants en quoi le square du bas de la rue est moins dangereux que la forêt à 30 bornes ? Ces mesdames et messieurs rétorqueront qu’il était possible de s’isoler (on ne dit plus confiner, ça fait re-sucé de 2020) ailleurs, dans des prés verdoyants, dans la maison de famille du Lot ou la résidence secondaire à La Baule. Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ? et pour ceux qui n’ont pas sous le coude, hop comme ça, la bicoque sympa avec connexion internet ad hoc pour que les drôles puissent faire semblant d’avoir l’école à la maison ? bref, pour les gens ordinaires ? Je suis en colère et je piaffe derrière les barreaux de ma cage, même si je sais que j’ai la chance immense d’avoir une cage avec jardin dans une jolie ville avec Garonne. Une jolie cage, mais sans la plage ni l’océan.

La remise en cage, à la niche, qui me prive de plage et d’océan

Premier jour du printemps

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Tu la craches, ta boulette ?

Je suis prof mais je me soigne, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un jardin en cette fin de semaine. Une corneille avec un truc dans le bec. Un gros truc :

Mais de quoi s’agit-il ? de loin, je pense à une noix, tout en trouvant ladite noix fort balaise et vaguement minérale. Mais je reste sur mon idée de noix, confondant mollement corneille et écureuil. C’est la fin de semaine, les terminales ont été chiants comme la pluie, j’ai des excuses.
Mais en zoomant mieux, en insistant avec attention, en me penchant sur le sujet, je constate que ce que la corneille tient en son bec n’a rien à voir avec le fromage du maître corbeau de La Fontaine. La corneille n’est pas un corbeau, et toute confusion avec ce que l’un ou l’autre tient en son bec est permise. Mais comme les terminales ont été bavards comme des pies, j’ai comme un flou et le mélange mammifère / oiseau ne me choque pas outre mesure.
Après déambulation sur la toile, et oubliant ces sales gosses de terminales, il s’avère que la corneille tient probablement en son bec une boulette de réjection :

Une boulette de quoi ? de ré-jec-tion. Un truc que l’on rejette, comme le souvenir de ces marmots en pré-bac qui pourrissent l’ambiance. Et surtout comme d’autres oiseaux. Les corneilles avalent des choses improbables et indigestes, des carapaces d’insectes par exemple. Et les corneilles, comme d’autres oiseaux, recrachent ces choses immangeables par le bec. Ce qui me surprend, c’est que cette corneille de jardin a gardé sa boulette longtemps dans son bec et s’est même envolée avec, sans s’en débarrasser en chemin.

Photos réalisées en Gironde en mars 2021

Un incendie à Strasbourg bloque un lycée à Bordeaux

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ce matin, comme tous les matins en semaine, je commence par m’informer de la météo (pour choisir entre le ciré ou le petit débardeur estival), puis du réseau de transports en commun (au cas où le tram aurait rencontré un éléphant sur la voie), et enfin je me connecte sur l’espace numérique de travail (ENT), commun à toute la région Nouvelle Aquitaine, joyeusement nommé « Lycée connecté ». Et rien. J’ai bien eu la météo et le tram, mais pour le boulot : nada. Page blanche, erreur 504 « bad gateway ». Dans le même temps, je lis qu’un data center d’OVH avait été en partie détruit par le feu à Strasbourg. Pas bien réveillée, je ne fais pas le rapprochement, et pourtant, j’aurais du : OVH héberge à peu près les deux-tiers des sites français, autant dire que les dommages collatéraux à l’incendie sont considérables. Parmi les sites bloqués, pour seulement quelques heures ou pour un temps beaucoup plus long, se trouvent le centre Pompidou et l’aéroport de Strasbourg. Et donc, l’ENT des lycées de Nouvelle Aquitaine. Ce qui m’a permis d’expliquer à mes pioupious de première le fonctionnement des sites internet, des hébergeurs, du cloud, tout ça tout ça, et pourquoi un incendie à Strasbourg perturbait un cours prévu à Bordeaux, cours qui reposait, coup de pas de chance, sur les manuels en ligne et autres ressources du fameux ENT. En milieu de journée, ledit ENT a d’ailleurs été plus précis dans son message :

Le paridé n’a peur de rien

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La famille des paridés rassemble des passereaux (c’est-à-dire des oiseaux pas trop gros qui savent chanter) parmi lesquels se trouve la mésange charbonnière. Depuis quelques semaines, en gros depuis le début de la saison peace and love qui coïncide à peu près avec la saint-valentin, je croise souvent des mésanges charbonnières. Je les croise même de très près. Elles me frôlent littéralement, façon « salut vieille branche ! ». Que le passereau me prenne pour un arbre ne titille en aucun cas ma susceptibilité, mais cela me surprend. Petite preuve de cette quasi-familiarité involontaire : la photo ci-dessous a été prise sans zoom.

Une mésange charbonnière à Bordeaux en mars 2021

J’ai failli louper la saison des crapauds

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Et pourtant je le sais bien : février, c’est le mois où les crapauds retournent dans la mare où ils sont nés pour rencontrer l’âme sœur et faire des bébés. Bébés crapauds qui, s’ils ne sont pas mangés avant, deviendront grands et, à leur tour, iront dans la bonne vieille mare quérir la crapaude pour copuler en paix.
Je le sais, mais cette année, j’ai zappé. Prise par un boulot dans lequel l’imprévu et le peu gérable tiennent désormais lieu de routine, je suis passée à côté de la saison des crapauds dans la mare. Dernier sursaut en fin d’après-midi, avant le covid-couvre-feu qui transforme les carrosses en citrouilles et les crapauds en princes charmants gendarmes. Réaction sur le fil, in extremis, et dans la mare habituelle il n’y avait qu’un seul crapaud, un crapaud tranquille et immobile, tellement tranquille et immobile que je l’ai d’abord pris, de loin, pour un bout de bois. Le bout de bois à coassé et j’ai zoomé.

Parfait petit nid d’amour

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Officiellement, c’est encore l’hiver. Mais les températures sont plutôt douces, les tulipes commencent à pointer le nez au milieu des violettes, et, surtout, la saison « peace and love » a clairement débuté. Chaque matin, c’est désormais la grive qui me réveille, la merlette a achevé son nid dans le chèvrefeuille du petit jardin et les oies, les bonnes grosses oies bernaches du Jardin Public, ont bâti un nid XXL paille prémium, nid que monsieur finit d’aménager pour que madame puisse couver en paix.

Le nid des bernaches au Jardin Public de Bordeaux, fin février 2021

Cap au nord

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C’est encore l’hiver, on met le manteau, parfois l’écharpe et même les gants. On apprécie les soupes bien chaudes et les gratins pétillants à la sortie du four. Il arrive même qu’on pousse un peu et qu’on allume un feu dans la cheminée. Et puis, sur l’estran, les oies bernaches cravant sont encore là, tandis que, dans le marais, l’échasse blanche ne semble pas encore arrivée.
Mais c’est aussi déjà un peu le printemps. Les merlettes font consciencieusement leurs nids, tandis que hérons et cigognes commencent à retaper les leurs. Les grives musiciennes sont sur scène avant même le lever du jour. Les narcisses sont en fleur. Et surtout, les grues cendrées passent au-dessus de Bordeaux dans le sens sud-nord. Elles ont passé la saison froide au soleil et filent vers l’Europe du Nord pour nicher.

Migration des grues cendrées au dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Le dernier A380

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Septembre 2020 : le tout dernier A380 est assemblé à Toulouse. Clap de fin pour ce très gros porteur. Le coronavirus lui a donné le coup de grâce : les commandes en cours sont honorées, mais on n’ira pas plus loin.
Dans ces dernières commandes, il y a celles passées par le meilleur client d’Airbus pour ce modèle, la compagnie Emirates, qui en a déjà acheté 115 et qui en attend encore huit de plus, dont le dernier doit être livré au printemps 2021. Actuellement, cet avion est en essai, il fait des ronds dans le ciel avant livraison, livraison qu’Emirates a d’ailleurs tenté de retarder, crise du covid oblige (tout cela est expliqué dans un article du Figaro du 24 septembre 2020).
Il se peut donc que ce midi, en déjeunant sur la terrasse, ce soit ce dernier A380 en essai que j’ai vu au dessus de Bordeaux. Flightradar était formel : il s’agissait bien d’un A380 faisant des ronds dans le ciel au départ de Toulouse.

Un A380 en essai au-dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Il pleut, il mouille, et je ne suis pas une grenouille

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ni grenouille, ni poisson. Je n’ai ni palme ni branchies, quoique, vu tout ce qu’on s’est pris comme flotte ces derniers temps, je me demande si la mue n’est pas en cours. Toujours est-il que la pluie ayant enfin daigné faire une pause, mon homme et moi-même nous sommes lancés dans une grande aventure forestière quelque part du côté du bassin d’Arcachon. Après avoir tiré des bords pour éviter les flaques, nous avons rebroussé chemin, fait des zigs et des zags, pas franchement failli nous perdre parce-que cette forêt, nous la connaissons bien, mais nous avons quand même effectué quelques tours et détours pour contourner les nouveaux cours d’eau de cet hiver décidément fort mouillé.

Une haute Garonne

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Justine est passée par là, mais cela se voit à peine aujourd’hui sur les quais de Bordeaux. C’était une toute autre chanson hier, en berge de Garonne et pas seulement, comme le montre Sud Ouest. Justine est une tempête assez ordinaire pour ce qui est du vent, par contre question pluie, elle a fait le job au-delà des attendus : un mois de précipitations en un jour ou deux. Et forcément, rivières et Garonne ont haussé le niveau, ont grimpé sur les plate-bandes, ont montré leurs muscles, surtout à marée haute pour Bordeaux. Aujourd’hui, les coefficients de marée sont plus faibles que ceux d’hier, et la Garonne, quoique bien haute, n’a pas quitté son lit.

La Garonne à Bordeaux en milieu de journée le 2 février 2021

Un hiver ordinaire sur une plage du golfe de Gascogne

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bout de piste pour les courants marins, vagues en hordes qui rapportent sur les plages des objets hétéroclites dignes d’un inventaire à la Prévert, tel est le golfe de Gascogne, ce bout d’Atlantique qui me berce depuis ma plus tendre enfance. Et dans certains recoins, en particulier sur les plages de Gironde et des Landes, s’y amassent chaque hiver tous les tombés du bateau, tous les dérivés de n’importe où. Et encore, là, ce n’est rien. Il n’y pas eu de chute de conteneurs par paquets de 100 ou plus depuis un moment (sauf dans le Pacifique, où un navire de la compagnie Maersk en a égaré 750 jeudi dernier, mais c’est loin de chez nous). Tout petit extrait de ce qui traine sur le sable, vu aujourd’hui sur la plage nord de Lacanau :

La foulque macroule et le grèbe castagneux

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Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

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La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :

À quoi bon quitter l’océan ?

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je me mets à la place de la mouette rieuse : maligne, la fifille a filé fissa loin de l’océan dès les premiers frimas. C’est que le littoral, en hiver, ça vente, ça pleut, ça vague en rouleaux, c’est malcommode et périlleux. D’où migration temporaire vers des lieux plus cléments, généralement urbains, là où la nourriture abonde. Certes, celle-ci relève davantage de la malbouffe laissée par les humains que de la bonne dorade bien fraiche ou du petit merlan tout juste sorti de l’eau et encore frétillant. Mais la tranquillité urbaine, la bouffe gratuite sans trop d’effort, le quasi-chauffage intégré, ça vaut bien le voyage annuel.
Alors, quand, au saut du lit, on pense pouvoir nager en père peinard sur la grand’ mare des canards (et des oies aussi), et que, contre toute attente, on glisse et dérape sur la rivière artificielle du parc, c’est la panique. Il y a arnaque, entourloupe, tromperie sur la marchandise. Et les mouettes, folles d’avoir ainsi été dupées, envisagent depuis de saccager l’agence de voyage qui leur a promis monts et merveilles.

Une mouette rieuse au jardin public de Bordeaux – Janvier 2021

L’amer retour vers la mer

Chronique du grand confinement, La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

M’sieur Castex a parlé. M’sieur Castex a dit banco pour la bamboche à naouel à 6 max, au-delà c’est péché. Soit. M’sieur Castex a dit « pu b’soin d’attestation pour dire que j’ai un truc à faire dehors » à partir du 15 décembre. Sauf après 20 heures. Couvre-feu alors que nous ne sommes pas en temps de guerre, soit, mais ça fait bizarre. M’sieur Castex a dit « sages comme des images » au nouvel-an et quand on voit ses parents et ses grands parents. T’inquiète, m’sieur Castex, nul ici ne veut zigouiller l’ascendance ni perdre ses amis. Nous avons tous surtout besoin de liens humains.
M’sieur Castex a dit aussi que nous pourrions déambuler librement, dans les horaires consentis et en respectant les gestes barrière (don’t worry, patron, c’est acquis) dès le milieu de la semaine prochaine. Et cela veut dire, chers amis, que nous allons exploser la barrière des 20 km et revoir l’océan. Peut-être même se planter devant et observer le doux balancement de la marée. Ou déambuler entre mer et forêt et cueillir quelques champipis au passage, histoire de préparer le repas de naouel pour 6 personnes max. Mais retourner au ciné, au théâtre, voir du spectacle vivant, que nenni. Et la rage gronde, comme une marée montante de fort coefficient.

Se planter devant l’océan et observer le doux balancement de la marée …


Violette d’hiver

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La violette est une jolie petite fleur de la famille des pensées, quoique plus sauvage, plus forestière. S’il est de coutume de voir les violettes au printemps, il se peut aussi, et ce n’est pas un coup vicieux du dérèglement climatique, que la violette fleurisse en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci.
Le nom anglais de la violette est « heartsease », ce qui laisse supposer que la fleurette est bonne pour le cœur. Le cœur dans tous les sens du terme : le blog « Le jardin médiéval de Padiès » évoque l’usage aphrodisiaque de cette jolie fleur, ainsi que sa capacité à réparer les cœurs brisés.
Petite précision utile en cette période précédant les peut-être fêtes de fin d’année : les Romains de l’Antiquité pensaient que la violette pouvait calmer les ardeurs de la gueule de bois, c’est écrit dans wikipedia. Ils allaient même plus loin, nos Romains, et buvaient un vin de violettes qui leur procurait la sensation d’ivresse sans les désagréments liés à celle-ci.

Quand la violette fleurit en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci… Département de la Gironde, début décembre 2020

L’écureuil ne fait pas de réserve

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’avais cru comprendre, suite à des légendes enfantines ou à des publicités pour un groupe bancaire, que les écureuils faisaient des réserves de noix et noisettes. J’avais aussi cru comprendre que, dans sa grande étourderie, l’écureuil, souvent, ne se souvenait plus de la localisation de ses cachettes, se remettait à chercher noix et noisettes pour les stocker dans un lieu nouveau qu’il oubliait aussitôt. Je me demande si on ne m’a pas fait prendre les écureuils pour des idiots. Parce-que tous ceux que je croise ne planquent rien du tout mais mangent directement ce qu’ils trouvent, sans passer par la case cachette. Et le scrontch de l’écureuil sur la noix s’entend de loin. La petite bête est tellement affairée qu’elle ne voit même pas le paparazzi qui la photographie.

L’écureuil, mangeant sa noix, ne voit même pas le paparrazi qui le photographie

Pétoncle cru, qui l’eût cru ?

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Tambouille

Le pétoncle est un mollusque bivalve, dont la forme fait penser à une coquille St-Jacques en miniature. À tel point, d’ailleurs, que nombre de mes contemporains, fort peu habitués à la chose océanique, confondent les deux et peuvent te proposer une grosse poêlée de St-Jacques, alors qu’il ne s’agit que de pétoncles. Et donc la chose est trop cuite et n’a goût de rien. D’où mon rejet, stupide j’en conviens, pour ce brave pétoncle.
Jusqu’à ce matin, où, mon ostréiculteur, qui vend aussi d’autres produits de la mer, me suggéra le pétoncle cru, là, comme ça, nature.
Il suffit juste de les ouvrir …

Il suffit juste de les ouvrir, donc, mais comment ? si je maîtrise à peu près bien la grosse St-Jacques, je tournicote sur la minuscule coquille du pétoncle. Sa majesté Internet suggère l’emploi d’un couteau à bout rond, et cela marche !
La coquille est donc ouverte, il faut désormais débarrasser, comme sur la St-Jacques, le pied du mollusque (qui se mange) du bestiau lui-même (sableux et peu mangeable tel quel), bref, c’est le même schéma que pour la St-Jacques. L’odeur est néanmoins nettement plus iodée.

Une fois le nettoyage réalisée sous l’eau claire, les pétoncles délicatement épongés, on peut déguster. Et c’est vraiment très bon, même si le goût est moins prononcé que ce que le nez avait annoncé. C’est fin, d’une texture moelleuse, et la chose mérite clairement d’être reproduite voire sophistiquée (petite marinade ?) pour les fêtes de fin d’année.

Peut-être 10 000

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Monde et Sud-Ouest annoncent entre 6 000 et 10 000 manifestants à Bordeaux lors de la Marche des Libertés. Pas mal de monde au final, même si, à l’heure H, la place de la Bourse n’était pas bondée : c’est notoire qu’à Bordeaux les manifs démarrent toujours en retard. Des citoyens ordinaires qui sont venus, souvent en famille, pour affirmer leur attachement à la démocratie et à ses valeurs et pour, surtout, indiquer leur refus de la dérive autoritaire qui se met en place.

Un arbre pour tenir face à la brutalité du monde

Chronique du grand confinement, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’allègement du confinement nous permet, à partir de demain, de batifoler dans un rayon de 20 km autour de notre domicile. Ça n’a l’air de rien, mais je peux presque aller gambader jusqu’à Libourne. Je n’ai rien à y faire, et en plus demain j’ai manif (Marche pour les Libertés, 14 h, place de la Bourse, Bordeaux). Mais quand même, cela ouvre des perspectives, notamment, pour tous mes contemporains qui n’ont pas pu quitter le béton. En effet, dans un rayon de 20 km, on doit bien trouver un arbre. Au moins un. C’est quand même plus jouissif qu’une queue de 4 km (protocole sanitaire oblige) devant une enseigne de la grande distribution.
Un possible retour vers la nature ou ce qui y ressemble. L’arbre comme ressource, ancrage profond dans la vie. Celui qui illustre cette note est un chêne, que j’ai le privilège de n’avoir jamais quitté des yeux trop longtemps, car, confinement ou pas, je l’ai croisé de multiples fois, ce bel arbre se situant sur le chemin qui me mène à mon lieu de travail. Aujourd’hui, j’y ai même entendu un geai.

Un chêne dans l’agglomération bordelaise – 27/11/2020

Et les gens pointèrent le nez en l’air …

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Parce-que c’était l’heure de retour de boulot pour celles et ceux qui ne télétravaillent pas. Pour les scolaires aussi. Parce-que c’était l’heure de la balade autorisée par les contraintes du deuxième confinement. Parce-que c’était une petite heure avant l’arrivée de la nuit et qu’il fallait profiter un peu du jour. Il faisait si beau, hier (et aujourd’hui aussi, d’ailleurs).
Et parce-que, à ce moment précis, il y avait quelques humains dehors lorsque le cri des grues en migration fut perceptible, tout le monde leva le nez et pointa le regard vers le ciel et les si beaux volatiles. Tout le monde sauf ceux qui étaient au téléphone. Sauf ceux qui, quoiqu’il arrive ne décollent jamais les yeux de leur écran de smartphone. Tant pis pour eux. Tous les autres ont bénéficié du spectacle de ces oiseaux volant vers le sud, magnifiquement éclairés par la lumière rasante et chaude de la toute fin d’après-midi.

Migration des grues cendrées au-dessus de Bordeaux, 17 novembre 2020

Drôle d’ambiance dans une banlieue tranquille

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Nous sommes au nord-ouest de Bordeaux, dans une de ces communes limitrophes qui ne font jamais parler d’elles. Un coin tranquille, accessoirement un peu bourge tendance banlieue chic. La commune se nomme « Le Bouscat », elle a un peu de moins de 24 000 habitants et un hippodrome (avec un joli parc autour, mais je m’égare).
La semaine dernière, un établissement scolaire privé y a été la cible de tags et de graffiti suffisamment préoccupants pour que la police soit saisie. Quelqu’un aurait demandé des renseignements sur cette école, insistant peut-être un peu trop sur son caractère catholique (des religieuses y vivent) pour que cela inquiète. Les parents ne sont pas rassurés et, ceux qui, il y a encore peu de temps, laissaient leurs enfants rejoindre leur école en bus ou en vélo, aujourd’hui se disent qu’il est peut-être plus sage de les accompagner.
J’apprends aujourd’hui qu’un collège public de la même commune est à son tour la cible de tags déroutants, mentionnant, outre des menaces (« vous êtes tous morts »), le nom de Samuel Paty.
Il y a ainsi une ambiance lourde. Peut-être de simples marioles qui jouent, comme on disait autrefois, « à faire l’intéressant ». Peut-être. Sans doute. J’espère que ce n’est que cela. Mais en ces temps poisseux le doute s’instille vite, c’est peut-être aussi cela le terrorisme, même si, par bonheur, il n’y a eu, dans cette bourgade girondine, aucune victime.

Sources : Sud-Ouest et Rue89 Bordeaux

Moins de gens = tram moins bondé ; moins de tram = ?

Chronique du grand confinement, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le nouveau confinement, allégé par rapport au premier, a pour conséquence qu’un nombre significatif de mes contemporains (dont moi-même) se rendent sur leur lieu de travail chaque jour. Il nous est donc nécessaire de bénéficier des transports en commun avec la même fréquence et donc aux mêmes horaires qu’en temps normal, puisque les heures d’embauche, elles, ne bougent pas.
Comme d’autres de mes contemporains, ainsi désormais qu’une partie des lycéens, ne prennent plus lesdits transports en commun tous les jours puisqu’ils télétravaillent, trams et bus deviennent nettement plus covid-compatibles : on y a un peu plus de place, c’est tout bon pour la distenciation sociale. Rien que de bonheur.
Sauf que, je lis aujourd’hui dans Sud-Ouest, que TBM, le réseau de transport en commun de Bordeaux, confié depuis longtemps à l’entreprise privée Kéolis, va réduire son offre dès jeudi. Offre réduite en soirée, mais aussi, pour les trams, en journée, même si c’est dans une moindre mesure. C’est donc le retour annoncé des trams bondés aux heures de pointe. Je regrette déjà l’heureux temps où les trams se suivaient à la queue leu leu …

Trams à la queue leu-leu à la station Quinconces (Bordeaux), octobre 2020

Rectificatif (12 novembre) : L’article de Sud-Ouest laissait penser que même en journée la fréquence de passage des trams serait revue, du-moins sur certaines portions de lignes. Dans les faits, il n’en est rien. Le réseau circule normalement en journée ; le carrosse ne s’est donc pas transformé en citrouille.

Grues de bon augure

American graffitis, Le monde tel qu'il va, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’expression populaire « oiseau de mauvais augure » est aujourd’hui inadéquate, puisque, après trois jours de suspense, enfin, les États-Unis ont non seulement un président, mais surtout celui-ci n’est plus Trump. Suis-je soulagée ? oui, forcément. Suis-je tranquille et reposée ? certainement pas, le fourbe Trump et ses troupes semblant capables de tout. L’annonce de la victoire de Biden a été précédée de plusieurs vols de grues cendrées, pile au-dessus de mon home sweet home, car la saison des élections outre-Atlantique coïncide toujours avec le déplacement des grues vers les douces chaleurs méridionales.

Migration de grues cendrées au-dessus de l’agglomération bordelaise, 7 novembre 2020

Le Shtandart à nouveau dans la Lune

La mer et ses poissons, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je parle bien sûr du port de la Lune, surnom affectueux (et tout aussi officiel) du port de Bordeaux. Quant au Shtandart, c’est la copie d’un bateau russe du temps des tsars, dont j’avais déjà parlé lors de sa première escale en Gironde, il y a quatre ans. Il est accosté au ponton d’honneur jusqu’à demain.

Puis il y aura les champignons dans les bois, les bernaches sur l’estran et… peut-être même la neige

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bon, pour la neige, je m’avance un peu, et en plus je n’y tiens pas trop. Mais ce titre annonce néanmoins, sinon l’hiver brutal, du moins un automne bien franc. Ce matin, il faisait 7°C, et j’ai bien regardé la météo pour valider mon déplacement en vélo vers le boulot. Imagine, camarade blogonaute, que les frimas eurent fabriqué du verglas ! j’eusse pu glisser sur le bitume miroitant, cela fut fort embêtant.
Oui mais, givre ou pas, cet octobre en place est aussi celui des érables qui rougissent, des gingkos bilobas qui jaunissent, et des grues cendrées qui se disent que le Sud est quand même plus approprié à leurs ébats que le Nord tout froid. D’où cette photo, qui fut prise aujourd’hui à Bordeaux par quelqu’un qui m’est cher. J’avoue, en ce lundi ensoleillé mais automnal, ne pas être l’auteure de l’image ci-dessous. Mais le proprio m’a dit banco …

Des grues au-dessus de Bordeaux – 12 octobre 2020

Mesdames et messieurs, la course atteint un suspense inimaginable : l’écureuil est en passe de franchir l’éléphant et …

Je suis prof mais je me soigne, Nos amies les bêtes

… et voici une de mes plus gigantesques photos ratées. Bien bien ratée, même. Mais j’ai une excuse : je n’avais qu’un brave téléphone et pas l’appareil photo et son zoom spécial paparazzi. Et même une deuxième excuse : l’écureuil court saute et bondit vraiment trop vite. Mais quand même, le petit rongeur est sur l’image. Une chouette mini-récré entre deux phases de taff.
Cela dit, pour ceux qui ont suivi l’aventure, j’ai retrouvé le fil du temps, mais ce sont mes collègues qui partent en patachon XXL : l’un d’eux, ce matin, est arrivé deux heures trop tôt, se croyant déjà à vendredi (car, pour expliquer à ceusses qui ne le savent point, les profs ne rejoignent pas tous les jours le bahut à la même heure). Il a du patienter, le pauvret, en compagnie d’un photocopieur ronflant gentiment, sur une petite chaise un peu raide. C’est long, deux heures, quand tu ignores qu’à deux pas des écureuils jouent à saute-éléphant.

Et l’écureuil passe de la coccinelle au poteau puis du poteau à l’éléphant, et c’est le buuuuuuut ! Ici Bordeaux, à vous les studios.

T’as le bonjour d’Alber

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Les portraits d’Alber jaillissent sur les murs de Bordeaux depuis au moins cinq ou six ans, régulièrement et dans des quartiers différents. Alber, né en 1986, a d’abord fait ses armes dans le Loir-et-Cher, puis s’est mis à sillonner Paris et les murs de province, laissant au passage la trace de son talent. Dernièrement, j’ai vu une des ses œuvres dans le quartier des Chartrons, à Bordeaux, en l’occurrence un portrait féminin :

Pour en savoir plus : une interview d’Alber, datant d’octobre 2019