Homo sapiens en été [9]

Bordeaux – 2019

Homo sapiens en été [5]

Presqu’île du Cap Ferret – 2013

Homo sapiens en été [4]

Bordeaux – 2017

Un anti-moustique peu farouche

C’est la deuxième année qu’il n’y a plus d’hirondelle au-dessus du jardin. Il y a bien quelques martinets, et hier soir, j’ai entrevu une chauve-souris. Le compte n’y est pas pour traquer le moustique dans les moindres recoins, surtout le tigre qui pique à tout va en plein jour.
Voir une libellule déambuler sur les tuteurs des tomates apporte sa petite lueur d’espoir, car, comme les oiseaux et le mammifère pré-cité, elle dévore les moustiques en vol. De plus, l’insecte est agréable à regarder, partant d’un point pour s’y reposer quelques secondes plus tard, pas craintive pour deux sous lorsque je lui mets l’objectif sous le nez.

Une libellule dans le jardin – Juillet 2019

Homo sapiens en été [3]

Bassin d’Arcachon – 2016

Un petit chemin qui sent la chevrette

Jolie initiative en cours sur l’agglomération bordelaise : transformer, du moins en partie, la vieille voie ferrée de ceinture en chemin pour les cyclistes et les piétons. Les travaux sont en cours sur le secteur Bruges / Le Bouscat, et une petite portion est déjà utilisable. Quoique, sous le cagnard actuel, la balade manque un peu d’ombre. À un gros arbre près, où, récemment, quelques biquettes peu farouches se restauraient.

Photos réalisées en juillet 2019

Un matin de Garonne laiteuse

La veille au soir, il y a eu orage. Un orage banal. Et, sur le coup de dix heures du mat’, la Garonne a la couleur café crème des jours un peu houleux. La coque rouge du Sicambre se dégage sans mal sur ce paysage finalement banal :

Si le Sicambre est à quai, le Cyrano de Bergerac, lui, vient d’appareiller et s’apprête à passer de l’autre côté du pont Chaban. Direction l’océan, océan qu’il ne verra pourtant jamais, car le destin des navires de rivière n’est pas de prendre la mer :

Les fleurs qui poussent dans la pierre du quai commencent à faner. Ce doit être un genre de millepertuis sauvage :

À contre-jour émerge une des épaves restées là depuis la Deuxième guerre mondiale, au temps où, de rage de perdre, l’armée allemande avait coulé tout ce qu’elle pouvait pour empêcher la libération du port de Bordeaux :

Enfin le Sedov parvint jusqu’à Bordeaux

Chaque année en juin, de jolis voiliers tâtonnent de la Garonne : pour la fête du vin les années paires, pour la fête du fleuve les années impaires, mais sur le fleuve, quelque soit la fête, il y a au-moins trois ou quatre jolis navires à admirer. Jusque là, le navire école russe Le Sedov (plus grand navire école du monde et plus grand voilier russe) n’avait jamais pu aller au-delà de Pauillac en raison d’une ligne à haute-tension un poil trop basse. Après quelques travaux, le Sedov a enfin pu décrocher (le port de) la Lune, et montrer aux badauds enthousiastes ses beaux mâts rouges. Il est arrivé jeudi (jour où fut prises les photos de cette note) et est reparti hier soir. La fête est finie.

Ce quatre-mâts barque de 117 mètres n’a pas toujours été un navire école, ni non plus un navire russe. Sorti d’un chantier allemand en 1921, il a d’abord eu pour mission le transport de nitrate au Chili, puis d’autres pondéreux vers l’Australie. Il passe sous pavillon soviétique en 1950, à titre de dommage de guerre. Il est alors navire-école pour les équipages de chalutiers, puis pour les cadets de la marine russe (source : Wikipedia).

Le regard vitrail du corbeau marin

Corvus marinus : en bon latin, c’est le corbeau marin, en français ordinaire, c’est le cormoran. Un grand oiseau qui engloutit son kilo de poissons par jour. La terreur des mares, plus que la terreur des mers. Car le cormoran batifole avec intérêt sur les étangs variés des parcs et jardins publics, là où la carpe pullule et où le poisson-chat croit et multiplie. Cet oiseau-là n’a pas le regarde vitreux, mais le regard vitrail, d’un turquoise limpide et fascinant. Pour en savoir vraiment beaucoup plus sur cet oiseau, cliquez ici et .

Un cormoran au Jardin Public de Bordeaux en juin 2019

Quand la lune gibbe en juin

J’ai vérifié : ni le verbe « gibber » ni le verbe « gibbir » n’existent, et pourtant, en ce jeudi 13 juin 2019, la lune est bien gibbeuse. Et même gibbeuse croissante. Elle est d’aspect dodu et sera pleine dans quatre jours. Les légendes jardinières disent que cette lune-là signale le moment de planter les plantes potagères (en juin, c’est quand même un peu tard) et de récolter les fruits mûrs, car quand la lune croît, ils se conservent mieux (source).

Lune gibbeuse croissante au-dessus de Bordeaux le 13 juin 2019 à 21 h 10

Le jeune rougegorge

Le rougegorge est un oiseau peu farouche, qui n’hésite pas à s’approcher des humains (les jardiniers et les cueilleurs de champignons le savent bien). Lorsque le printemps s’affirme, les petits sortent du nid, où ils ont passé une petite quinzaine de jours, voire moins. Ils déambulent alors au grand air avec les adultes, puis, à l’âge de cinq semaines environ, ils peuvent se débrouiller et trouver leur nourriture sans aucune aide.
Néanmoins, pendant toute la première année, ils gardent leur plumage de jeune oiseau, sans cette couleur orange bien flashy qui caractérise le rougegorge adulte. On distingue juste du jaune pâle, très délicat, sur le poitrail.
Pour la petite histoire, le jeune rougegorge qui illustre cette note m’a prise pour un arbre, me fonçant dessus de ses petites ailes, se rendant compte à cinq centimètres de l’obstacle qu’arbre je n’étais point, et faisant donc volte-face. Il s’est aussi très nettement approché de mes chaussures ; qu’il prenait pour des racines, des branches, que sais-je ?

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2019

Tenue de noce pour le gobemouche noir

Un gobemouche noir dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois d’avril 2019

Le gobemouche noir est un passereau migrateur : il hiverne en Afrique de l’Ouest, et revient en Europe pour se reproduire. La saison des amours commence en avril. Le mâle revêt alors un plumage noir et blanc très chic, avec lequel il séduit madame. Ou mesdames.
En effet, si le gobemouche noir est plutôt monogame, il lui arrive parfois, alors que sa légitime couve dans le nid, de bâtir un autre nid un peu plus loin pour attirer une deuxième nénette. D’où éventuelle deuxième couvée, qu’il ignore lamentablement, n’ayant d’yeux et de becquées que pour la première.

Pour en savoir plus : oiseaux-birds.com

En déambulant sur la toile [1]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai eu la confirmation que j’avais vraiment raison de ne pas vouloir mettre les pieds au Puy-du-Fou, et encore moins d’y laisser des sous. L’article, rédigé par Guillaume Mazeau (maître de conférence à la Sorbonne), est suffisamment clair et argumenté : à lire dans The Conversation.
En déambulant sur la toile, j’ai aussi lu un article fort intéressant sur la hausse de l’océan sur les 270 km du littoral aquitain. Il n’y a pas que Soulac, avec son immeuble prémonitoirement nommé « Le Signal », qui soit concerné : toute la côte morfle et ça va vite. C’est à lire sur Reporterre.
Plus léger pour finir : un très bon documentaire d’Arte sur Pigalle, à voir jusqu’au 25 mai 2019.

Un emblème de Pigalle : le Moulin Rouge. Photo réalisée en décembre 2017

Un métier vidé de sens

Lorsque j’ai commencé le job de prof, au début des années 1990, je croyais sottement participer au grand œuvre visant à transformer les enfants en citoyens responsables, ouverts au monde mais pas aux fake news (à l’époque, on disait « désinformation »). Puis, de collège en lycée, et de réformes en réformes, cette ambition a été pour le moins écornée. Des programmes de plus en plus lourds à faire passer dans des classes de plus en plus chargées, dans un temps, lui, qui s’est réduit. Gavage des oies obligatoire, pour que le programme soit bouclé le jour J du bac. Pas de temps disponible pour amener les jeunes à penser par eux-mêmes, à se forger une culture, à prendre le temps de réfléchir. Il faut juste qu’ils emmagasinent du pré-mâché qu’ils oublieront dès l’épreuve passée. Cela me fait penser à un dessin de Fabrice Erre, que vous pouvez voir en cliquant ici

Depuis des années, donc, les conditions d’enseignement se dégradent, et les gamins pataugent dans ce bourbier, avec une docilité qui me surprend. La fabrique de l’imbécile docile est en train de réussir sa mission. Et même si, en histoire-géographie du moins, les programmes ont une certaine ambition intellectuelle, je sais bien que, passé le moment plutôt intéressant en classe, les élèves ne retiennent finalement pas grand chose, mélangent tout car rien n’a été mis en place pour qu’ils puissent prendre du recul. On manque de temps, et c’est cruel.

Arrive Monsieur Blanquer et son école dite « de la confiance ». Faites-moi penser à chercher la définition du mot « confiance » dans un dico, j’ai comme un doute sur le sens réel de ce terme. Cette réforme touche notamment le lycée, avec son nouveau bac et ses 21 épreuves étalées sur deux ans. Pour amener nos enfants à faire autre chose que bachoter, c’est loupé ! Quant aux programmes … là encore, je reste sur ce que je connais : l’histoire-géo. Encore plus lourds avec encore moins de temps : air connu. Mais surtout des programmes sans ambition intellectuelle, qui ne permettront en aucun cas aux adolescents de devenir des adultes responsables dans une société qui se veut démocratique. Par contre nous aurons de bons petits exécutants, avec un petit vernis culturel qui fera sa petite illusion. Contre ce projet de société, les enseignants luttent avec les moyens du bord : 20/20 de moyenne à tous les élèves, démission des profs principaux, à l’occasion la manif, à l’ancienne, pour se faire entendre encore un peu.

Photos réalisées à Bordeaux le 19 mars 2019, lors de la manifestation interprofessionnelle lancée par la CGT et FO, et rejointe par des syndicats d’enseignants.

Quand les enfants expliquent aux adultes

La jeunesse me remplit d’espoir. On la disait indifférente, certains la voit sotte, et elle est là, concernée et mobilisée, ayant mille fois mieux compris que nous les vieux ce que l’avenir nous réserve. Hier donc, grève scolaire mondiale pour le climat. À Bordeaux, les petits ont bravé la pluie. J’ai pu les retrouver en fin de manif, sur la place de la Bourse, et mes poussins perso, élèves de mon bahut, m’ont interpelée, et ça m’a fait plaisir. On a papoté. Je n’ai pas osé leur dire que, en plus du soutien à la cause climatique, j’étais aussi là pour voir si tout allait bien, s’ils étaient en sécurité. Mes poussins, vous dis-je.

Aujourd’hui, même lieu mais sous le soleil, c’était la même manif finalement. La Marche du siècle pour le climat. J’y ai croisé des amapiens, et puis plein de familles, des gamins avec pancarte, le militantisme, faut que ça commence jeune. Bon enfant. Nous les écolos sommes des pacifistes. Il y avait du monde, oui, pour dire que 3 degrés de plus ce serait la fin du monde, enfin de notre monde. Parce-que la terre, en tant que gros caillou, elle, elle s’en sortira. Mais nous, pauvres petits humains, nous allions y laisser notre peau. Ralentir le réchauffement, c’est une question de survie.

Photos réalisées à Bordeaux les 15 et 16 mars 2019

Grive du matin

Depuis quelques jours, ce n’est pas la radio qui me réveille, mais l’oiseau. L’oiseau chante bien avant que la radio ne parle, et l’oiseau chante bien. C’est normal, c’est son job, et ce n’est pas pour rien que cet oiseau-là se nomme « grive musicienne ». La grive chante longtemps, et continue même après le lever du soleil. D’où ce petit bout filmé : le son est médiocre, l’image est pire, soyez indulgents.

Les demoiselles s’accrochent

Les demoiselles sont des odonates, ce qui signifie qu’elles sont de la même famille que les libellules, mais leurs corps et leurs ailes sont beaucoup plus petits et minces. Malgré cette apparente fragilité, les demoiselles, appelées plus sérieusement « zygoptères », sont de voraces carnivores, même à l’état larvaire. Elles ont aussi, tout comme les libellules, une tendance à s’agripper à leur partenaire sexuel. L’opération crac-crac est d’ailleurs potentiellement violente : les mâles peinant à trouver une femelle peuvent adopter des stratégies agressives vis-à-vis de leurs concurrents. Une fois le couple formé, l’attache des deux corps est bien solide, les mâles de certaines espèces ne lâchant la femelle qu’une fois les œufs pondus. On voit ainsi les couples voletant de-ci de-là, se posant sur une brindille, puis repartant vers la brindille suivante, monsieur tirant madame dans sa déambulation.

Accouplement de deux zygoptères – Département de la Gironde – 26 février 2019

Source : Wikipédia

Bain de soleil

Les animaux dits « à sang froid » se sont faits rares ces derniers temps. Mais aujourd’hui, alors que le thermomètre taquine les 15°C à l’ombre, ces charmantes bêtes sortent de leur léthargie et de leurs planques, puis se posent là et attendent paresseusement que le doux soleil réchauffe leur corps tout froid. C’est ainsi le cas du lézard … :

… de la tortue … :

… et, plus surprenant dans le quartier résidentiel où j’ai pris la photo, de la couleuvre :

Photos réalisées le 18 février 2019 dans l’agglomération bordelaise

Le seau de l’amour

Février est le mois des amours chez le crapaud. Le batracien ne pense qu’à rejoindre la mare la plus proche pour jouer à zizipanpan et assurer la perpétuation de son espèce. Mais, tout entier noyé dans ses hormones insistantes, le pauvre animal ne songe plus à l’élémentaire prudence sur le chemin de l’étang, traversant bien des fois des rues et des routes qui lui sont fatales. Le crapaud finit alors plus plat qu’une crêpe sur le triste bitume. Fin sordide d’une histoire d’amour à peine commencée.
C’est alors que la main de l’homme intervient, aidant l’animal par la mise en place de crapauducs. C’est ainsi que du côté d’Hourtin, dans le Médoc, l’ONF a mis en place pour trois semaines un système devant permettre à un maximum de crapauds de remplir leur devoir conjugal. Sud-Ouest explique ainsi qu’un rideau, disposé mi-janvier, oblige les animaux à tomber dans des seaux. Chaque matin, ces seaux sont transportés par des bénévoles jusqu’à l’eau, où les crapauds peuvent enfin conter fleurette et plus encore.

Un crapaud dans un étang de l’agglomération bordelaise le 12 février 2019

L’impatiente attente du printemps

Je sais que ce n’est ni scientifique ni réaliste, mais dès que les jours rallongent, donc dès que l’hiver s’officialise, je veux absolument voir des signes de printemps partout. Les mimosas d’abord, puis les crocus, les narcisses. D’ailleurs, pour ces derniers, c’est bon, ils pointent leur petit nez jaune dans mon jardin aussi, après un temps d’hésitation. Nous sommes au tout début de février, et je vois du printemps partout. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, à Bordeaux, il faisait 15°C. Et pourtant il faisait aussi bien gris. Un gris qui n’empêche pas la pie de faire son nid, très très haut dans l’arbre, parce-que dans un mois, peut-être moins, il y aura des petits dans ce nid-là, qui bouge pire qu’un manège de fête foraine quand le vent forcit :

Dans le même temps, le papillon, à peine sorti de son cocon, semble tout chose, tout bizarre, ne sachant trop quoi faire de ses ailes colorées sur la terre ferme. Celui-là mit quelques minutes avant de prendre son envol :

Mais surtout, et c’est chaque année la même histoire, c’est la migration des grues dans le sens sud-nord qui marque le début des beaux jours. La LPO a daté le début de la migration au 1er février. J’ai vu les premières grues hier, presque au-dessus de mon home sweet home :

Un guillemot en hiver ?

C’est un dimanche venteux qui fait voler le sable et l’écume. Marcher sur l’estran sableux ressemble à une gambade dans de la crème fouettée, le marcheur moyen étant en outre fortement poussé par le vent. On parle de rafales à 70 km/h. Mais c’est en continu que ça souffle ainsi sur ce bout de littoral entre la pointe de Grave et le Bassin d’Arcachon.
Et, sur cette écume faussement moelleuse, il y a un oiseau, seul de son espèce dans cet espace-là, indifférent aux goélands locaux qui volent comme ils peuvent. Je surfe sur le net et pense qu’il s’agit probablement d’un guillemot de Troïl en tenue d’hiver (sa tenue d’été ressemble davantage à un smoking, très classe).
Le guillemot, nous disent les sites habituels (oiseaux.net, oiseaux-birds.com et même wikipedia), passe quasiment toute sa vie en mer. C’est un oiseau pélagique, qui pêche profond et, qui, au final, a grosso modo le même régime alimentaire que moi : merlan, maquereau, hareng, etc. Le voir ainsi, comme échoué, sur ce bout de plage, a quelque chose d’inquiétant. L’oiseau repartira-t-il quand le vent sera calmé ?

Photos réalisées sur la presqu’île du Cap Ferret le 27 janvier 2019

Le jaune est la couleur de janvier

Jonquille dans un parc de Bordeaux en janvier 2019

Loin de moins toute ambition polémique : je ne parle point ici de gilet de contestation, mais de jolies fleurs, les premières, celles d’avant le printemps. Il y a bien sûr le mimosa, qui pète de joie depuis Noël dans les contrées les plus clémentes (à tout hasard : la Charente-Maritime), mais aussi, depuis peu, la jonquille. Si les narcisses de mon jardin patachonnent, n’allant pas plus loin qu’une brave tige verte sans encore de fleur, c’est parce-qu’ils sont plantés plein nord, mais ailleurs, dans la grande ville, la jonquille s’épanouit. Elle n’a pas peur du froid, mais si on la sniffe de trop près, elle peut faire mal à la tête. D’ailleurs, faut-il le rappeler, de la racine aux pétales, la jonquille est un poison intégral (source).

L’ancêtre du code-barre

Bassin d’Arcachon – Janvier 2019

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Signe d’hiver

Il a fallu passer la barre symbolique du 1er janvier pour que l’hiver arrive pour de vrai. Les températures, en Gironde du moins, sont légèrement négatives au petit matin, et, surtout, les étangs du côté du Bassin d’Arcachon sont pris par la glace. Pas de quoi patiner dessus (même les foulques n’osent pas !), mais quand même, la glace, en Gironde, c’est un peu rare.

Arès (Gironde), 5 janvier 2018


Grèbe urbain

En ce moment, au Jardin Public, le cormoran est le roi. Les carpes n’ont qu’à bien se tenir ! Et donc, il y a peu de temps, j’observai un de ces cormorans, qui plongeait invariablement pour ne rien rapporter : les carpes se tenaient bien.
Le cormoran plonge, ressort un peu plus loin, replonge, et ce qui ressort est … un petit bouchon flottant, qui replonge aussitôt. Beaucoup beaucoup, mais vraiment beaucoup plus petit qu’un cormoran, le grèbe, car grèbe il y a, farfouille lui aussi dans la mare pour chercher tambouille. Outre le fait que, croyant voir surgir un cormoran balaise, je me trouve face à un petit grèbe dodu, la surprise est liée à la présence même de ce grèbe en pleine ville. Il s’agit du grèbe castagneux, que j’ai surtout l’habitude de voir sur le bassin d’Arcachon dès que l’automne arrive. Un plongeon de plus, et je ne vis plus le petit grèbe.

Un grèbe castagneux dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois de décembre 2018

Tous les indices concordent

Tous les indices concordent : l’hiver est à nos portes, il arrive, il est là. D’ailleurs, ce matin, j’ai du trouver écharpe et manteau bien chaud en urgence : le thermomètre annonçait 2°C. Au week-end, déjà, sur le Bassin d’Arcachon et malgré la douceur de l’air, je me doutais bien de quelque chose. Les bécasseaux se rassemblaient en nombre sur la plage. Ils peuvent certes être là en toute saison, mais c’est en hiver qu’ils sont les plus nombreux et, a priori, les plus grégaires :

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Idem pour les grèbes castagneux. Les premiers de ces petits migrateurs se sont pointés fin septembre, des précoces qui voulaient la meilleure place au camping. Ils sont désormais de plus en plus nombreux :

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Idem itou pour les cygnes réticulés, qui arrivent petit à petit pour hiverner :

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Mais l’indice le plus sûr d’un hiver imminent, c’est bien sûr les très nombreux passages de grues cendrées qui ont lieu depuis quelques jours. Ce soir encore, alors que je revenais joyeuse mais frigorifiée avec mes jolis légumes de l’AMAP, j’entendais un énorme vol de ces formidables oiseaux, mais sans les voir pour cause de nuit noire. Par contre, hier sur le Bassin, le défilé était ininterrompu :

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Déjà la fin de l’automne

Hier soir, j’entendais les grues dans le ciel bien noir, qui descendaient en hordes sonores vers un sud plus clément. Pourtant, actuellement, il fait plutôt doux, mais la grue qui passe, c’est un peu le signe de l’automne qui trépasse. D’autant plus que Météo France annonce un gros coup de froid pour la semaine prochaine. D’où ce coup d’œil sur les lumineuses couleurs de l’automne :

Photos prises mi-novembre 2018 au jardin public de Bordeaux

C’est vrai que ça pue

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Clathre rouge observé à Bordeaux en octobre 2018

Je vois très souvent des clathres rouges, dont la forme permet de les identifier à coup sûr : une sorte de cage rouge, qui a valut à ce champignon le surnom de « cœur de sorcière ». J’ai pu régulièrement constater que le clathre rouge attirait les mouches par son odeur désagréable, qui, selon certains sites et blogs (Nature LN par exemple), évoque la viande en putréfaction.
J’ai récemment testé l’odeur dudit clathre, en m’approchant pour le prendre en photo. Je décrirais plutôt l’exhalaison comme celle de WC jamais lavés, doublée d’une forte odeur d’égout. Ce qui ne donne pas envie de tester le soi-disant goût de radis de ce champignon à l’état jeune, alors qu’il ressemble alors à un œuf.

 

Collection 465

Le bassin d’Arcachon à marée basse au début de l’automne 2018