Le retour de Bordeaux Plage

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il ne faut pas confondre Bordeaux Plage (surnom donné au Miroir d’eau des quais en été) et la Plage de Bordeaux (sable fin et maîtres nageurs sur les bords du lac). Je parle bien ici du miroir d’eau, pataugeoire à marmots dès que les beaux jours reviennent. Après une très longue pause, le miroir a été remis en eau peu après le nettoyage postérieur à la fête de la musique, donc en gros fin juin. À la différence des autres années, il ne fonctionne que sur deux régimes : plein d’eau partout et très peu d’eau, avec, à l’occasion, quelques petits jets minuscules. Mais, covid oblige, il n’y a plus le mode « brumisateur », qui donnait l’impression de déambuler en plein brouillard. Qu’importe au final : minots et adultes sont contents de patauger dans le centimètre d’eau sur les quais, c’est festif, joyeux, bruyant un peu, et accessoirement rafraichissant si le soleil cogne trop.

A-MO, le cétacé et L’Afrique

Nos amies les bêtes, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je me souviens avoir évoqué ici-même, il y a longtemps déjà, le naufrage de L’Afrique au large de l’île de Ré, souvent considéré comme le Titanic français. Ce naufrage est commémoré sur le quai des Chartrons, à Bordeaux, par une œuvre du street artist A-MO, peintre génial des animaux de tous poils, toutes plumes et toutes écailles. La fresque a été inaugurée en janvier 2020.

Bordeaux en noir et blanc [8]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un détail de plus de trois mètres de haut

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

« Un Détail » est une œuvre monumentale réalisée par le Pessacais Benoît Maire pour le parvis de la MECA côté Garonne. Du gigantesque dans du gigantesque.
En haut des marches se trouve donc ainsi, bien plantée mais pas lourde pour autant (je ne parle pas du poids — 800 kg — mais du ressenti), une demi-tête d’Hermès en bronze, conçue par Benoît Maire et réalisée dans une fonderie artisanale de Mérignac. Une œuvre à voir sous tous les angles, sous toutes les lumières aussi (il faudra donc une piqûre de rappel, car les photos d’hier ont été réalisées sous un crachin tenace) :

Arrière-pensées félines

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

L’expo du Chat de Geluck, actuellement sur les quais de Bordeaux, mérite d’être vue sous tous les angles et pas seulement de face. Prenons l’exemple du chat docteur :

A première vue, une scène mignonnette. Un chat de cartoon devenu médecin pour autres animaux, y compris les oiseaux. Le monde est un conte de fée, et puis on a bien le droit de rêver, quant à l’auteur — monsieur Geluck —, il fait bien ce qu’il veut de son personnage. Tournons néanmoins juste un peu autour du félin de bronze, et là, la vérité éclate, le chat fomente, l’instinct revient :

Le Chat est donc un chat ordinaire, pas plus toubib que moi supérieure de couvent. Un vrai chat, comme j’ai pu en voir un il y a peu dans les herbes folles, le mulot couinant encore dans sa gueule (photo floue, j’ai fait ce que j’ai pu, le chat était rapide) :

Bordeaux en noir et blanc [6]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Être à bord, mais pas tout à fait

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Joli après-midi dans le port de la Lune. Les bateaux venus nous rendre visite sont tranquillement repartis vers le grand océan, lentement, et c’était joli. Leurs marins étaient à bord, enfin plus ou moins, comme on peut le constater pour l’équipage d’El Galeon, réplique d’un navire espagnol du XVIe siècle mis à l’eau en 2010.

Vingt chats sur les quais pour fêter le vin

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

On l’appelle « Fête du vin », mais on y voit surtout quelques bateaux et des sculptures sur les quais, qui n’ont rien à voir avec le vin. Bordeaux est une ville pleine de paradoxes. Peu importe … Les sculptures représentent le chat, pardon Le Chat, avec toutes ses majuscules, c’est-à-dire celui de Geluck.
Ces chats sont au nombre de vingt. Ils sont bien alignés sur les quais, et c’est drôle, joli, ludique, poétique, et surtout à voir bien au-delà de la fête du vin (jusque début octobre je crois).

Bordeaux en noir et blanc [5]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Mimil fait semblant de ne pas voir les fautes d’orthographe

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Mimil, c’est le personnage à t-shirt rayé inventé et dessiné par Selor, un des graffeurs phares de Bordeaux. Et, aujourd’hui, il y avait bac : philo le matin, français l’après-midi. Huit heures de surveillance en tout : dire que j’en suis sortie un peu neuneu est un euphémisme, mais l’orage en cours devrait me remettre les idées d’aplomb.
Je pense à Mimil et au bac parce-qu’entre les deux, il y a un lien : l’orthographe. Soyons honnête, je n’ai pas lu les copies, mais, un peu par hasard, j’ai vu que la chose n’était pas totalement maîtrisée par tous les candidats, au même titre que le déchiffrage de l’heure sur une pendule à aiguilles (rare mais authentique ; je parle du déchiffrage par un candidat au bac, pas de la pendule).
Et puis j’ai aussi souvenir d’un resto où j’ai récemment déjeuné, et où les cartes et ardoises comportaient presque autant d’erreurs orthographiques et grammaticales que de mots. Tout cela nous ramène à notre Mimil, et à un dessin le représentant vu très récemment à Bordeaux, dans le quartier des Chartrons :

Mamie est sexy

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Balade en rive droite et en berge de Garonne. De-ci de-là, quelques murs graffés, dont les dessins se perdent éventuellement derrière les plantes qui gagnent du terrain et qui font le mur à leur manière. Mais, quand même, deux panneaux m’interpellent et me font sourire : ils représentent une mamie en été avec tous les détails afférents … :

… voire plus si affinités :

Photos réalisées à Bordeaux en juin 2021

Bordeaux en noir et blanc [4]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bordeaux en noir et blanc [3]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bordeaux en noir et blanc [2]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bordeaux en noir et blanc [1]

Bordeaux en noir et blanc, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Couver sous la pluie

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

« I’m brooding in the rain, just brooding in the rain, and I’m happy again ». L’oie aurait pu chanter cela, mais la pluie tombait fort drue sur l’oie et le nid. Et puis c’est une oie blanche, n’est-elle pas tombée de la dernière pluie ? Pluie du quart d’heure qui précède l’averse en cours, en ce jour d’abat d’eau sur la ville de Bordeaux ?

Une oie en train de couver – Jardin Public de Bordeaux – Début juin 2021

Jour J

Chronique du déconfinement, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

19 mai 2021. On devrait presque l’ériger en fête nationale, voire en jour férié. Ce n’est pas encore l’heure de l’immense youpi qui s’entendra jusque sur la planète Mars, mais la vie normale reprend peu à peu, avec certes encore quelques limites.
Voilatipa que le Bordelais trouve soudain opportun de dîner dès 19 h, puisque c’est le seul moyen de dîner au resto. En terrasse, bien sûr. Et lesdites terrasses sont au rendez-vous, comme les clients, heureux, joyeux, trinquant du bonheur de renouer avec ce qui, autrefois, était juste normal, ordinaire.

Bordeaux, 19 mai 2021

Faire nid de toute corde

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Suivant à la lettre les adages populaires, certains humains font feu de tout bois. Dans le même esprit, en ce milieu de printemps, alors que, peut-être, la deuxième couvée est sur le point d’éclore, la mésange charbonnière fait nid de toute corde. Jugez plutôt :

Voici donc notre passereau fort affairé à tirer de la corde des fibres douces et délicates, de futurs berceaux pour oisons qui n’ont pas encore percé leur coquille, c’est une supposition, je n’ai pas vu le nid.

Je n’ai pas vu le nid car la mésange, une fois le matériau prélevé et le bec plein à craquer, vérifie alentour que nul ennemi ne l’épie, puis, file fissa vers le nid, en toute discrétion.

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2021

Quand Selor honore Brassens

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Selor est un des meilleurs graffeurs sévissant actuellement sur Bordeaux. Depuis déjà pas mal de temps, il a repris une chanson de Brassens sur un rideau métallique de boutique, du côté des Chartrons. Je n’avais jamais pris le temps de photographier cette allusion à La non-demande en mariage, c’est désormais chose faite :

Un escargot géant au jardin public

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Balade méridienne au Jardin Public de Bordeaux. Surgit de nulle part, à la vitesse d’un demi-centimètre à l’heure, un monstre gastéropode à la coquille blanche. Serait-ce un extraterrestre ? En tous cas, rien à voir avec les cagouilles locales, les qui-se-mangent à la douzaine avec du beurre, de l’ail et du persil. Cet escargot-là serait plutôt du format « plat unique » :

Le voilà proche à la pâquerette, qui rabat son caquet, qui fait moins la fière. Le mastodonte l’impressionne, mais l’ignore :

Vous doutez de la véracité de mon propos ? Vous doutez de la taille de la bête ? J’ai mesuré cet escargot avec ce que j’avais sous la main, à savoir un paquet de mouchoirs en papier. Reconnaissez que, si la bête n’est pas encore au format T-Rex, c’est quand même un joli bébé, bien plus costaud que les petits gris habituels :

Le retour des champignons qui ne sentent pas bon

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Une forêt à l’humus bien dense dégage une odeur dite « de champignon ». Cela ne signifie pas à coup sûr que le cèpe se planque sous la fougère, mais parfois, c’est bel et bien le cas. L’odeur forestière dite « de champignon » rappelle celle des champignons de Paris et n’a rien de désagréable. Plus rigolote est l’odeur d’anis très marquée du rosé des bois, tellement marquée qu’on peut se demander si les écureuils ne se shootent pas au pastis.
Et puis il y a aussi les champignons qui puent, c’est d’ailleurs pour eux une stratégie de reproduction : ce que la narine humaine perçoit comme désagréable, la mouche s’en délecte, et se rue sur ces fameux champignons, favorisant indirectement leur dissémination. D’ailleurs, une fois le ménage bien fait par les mouches, le champignon ne dégage plus d’odeur désagréable.
Très récemment, j’ai pu observer deux de ces champignons. Tout d’abord le clathre rouge, ici avachi et n’ayant plus la forme de lanterne qui lui est propre :

Puis le satyre puant, qui ne puait plus tant que ça puisque les mouches avait quasiment achevé le travail de dégagement de la glèbe, une sorte de capuchon gluant à l’odeur pestilentielle et renfermant les spores indispensables à la reproduction, mais quelques mouches tentaient encore de chiper les dernières miettes :

Photos réalisées en Gironde en avril 2021

Mais de quoi s’agit-il ?

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La réponse (27 avril) : il s’agit avant tout, et personne n’a osé le dire dans les commentaires, d’une photo ratée ! La scène s’est produite par temps moche et luminosité terne. Des milans se volent après en tous sens et vite, trop vite pour mes petits réflexes. J’arrive quand même à choper cette image, celle de deux milans qui se suivent de si près qu’on pourrait presque imaginer un oiseau ayant deux paires d’ailes.

Des perches dans la jalle

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La balade dans l’enclos de 10 km de rayon m’a menée aujourd’hui sur la jalle de Blanquefort, un petit affluent de la Garonne. C’est joli tout plein et il y avait même de grands arbres pour faire de l’ombre. Regardant l’onde pure de la rivière, attendant peut-être quelque grenouille dont le coassement titillait agréablement mes tympans, je me mis à observer ce qui nageait dans le coin, à savoir des poissons de tailles variées mais a priori de même espèce, apparemment des perches. Si j’en crois le grand web et son valet wikipédia, c’est un carnassier fort vorace qui, quand pitance manque, n’hésite pas à manger ses congénères. J’avais devant moi, dans une rivière tranquille, de dangereux cannibales. Même pas peur, même pas mal.

Des perches dans la jalle de Blanquefort (33) – 24 avril 2021

La clématite, quoiqu’il arrive

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il y a près de treize ans de cela, nous avons, mon homme et moi, fait le choix de planter une clématite mauve dans le jardin alors tout nu, près du mur de clôture fort triste.
Une clématite mauve près d’une glycine violette, pour rester dans le ton. Nous ignorions alors à quel point ladite glycine allait devenir gigantesque en peu de temps, et donc faire de l’ombre à la pauvre clématite.
Et pourtant, vaille que vaille, la clématite parvient à fleurir néanmoins. Nous la félicitons pour son courage et sa première fleur de l’année.

Les milans au-dessus du jardin

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Le printemps est la saison des torticolis : j’ai toujours le nez en l’air (et un sixième sens pour signaler les obstacles sur le chemin, y compris les étrons canins). J’ai toujours le nez en l’air parce-que le ciel, les arbres et ce qui y circule sont merveilleusement agréables à observer. C’est joli, c’est joyeux, c’est reposant.
Depuis fin février, les milans noirs sont de retour en Gironde. Ce sont de magnifiques rapaces avec la queue en « U », ou, dit autrement, la « queue à l’envers », c’est à ça qu’on les reconnait. Parmi les migrateurs, ce sont les premiers arrivés, mais aussi les premiers repartis. Mais, pour l’instant, ils sont là, et, chaque jour, je les regarde déambuler librement dans le ciel immense.

La marche est haute

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Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

Le côté désagréable du printemps

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Le printemps est un moment merveilleux : les jours qui rallongent, les zozios qui batifolent, le soleil qui donne des couleurs, les premières fraises, les asperges …
Le printemps est un moment désagréable néanmoins, non pas à cause de cet insupportable covid et de ses conséquences absurdes (quoique …), mais parce-que c’est une saison qui pique. Un moustique vu il y a trois semaines, un moustique tué il y en a deux, un moustique qui a piqué il y a quelques jours. Ma délicate cheville droite s’en gratte encore. Ce qui m’amène à un dessin urbain vu récemment :

Toujours plus haut

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10 km de rayon autour du nid. Pour des vacances imposées, c’est limité. 10 km de libre parcours, avec parcs et jardins ouverts, c’est toujours mieux que la punition XXL du printemps 2020. Il faut toujours voir le moins mauvais côté des choses.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, respectant à la lettre l’ordonnance ministérielle, mes baskets m’ont trainée jusqu’au Bois du Bouscat, un joli espace forestier en bordure d’hippodrome. Et là, au milieu des chênes, les pieds dans le marécage, il y a de très grandes échelles blanches. Des échelles qui incitent à voir le monde d’en haut, à prendre du recul à défaut d’avoir le dessus. L’optimisme tient à peu de choses, finalement.

Bâtir, construire, etc.

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Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

La cage

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Je ne décolère pas. La remise en cage, à la niche, derrière les barreaux, dis-le comme tu veux, ce re-confinement me met hors de moi parce-qu’il était évitable. Et puis aussi parce-que nos dirigeants n’ont rien compris au film. En quoi suis-je plus dangereuse en me baladant seule à marée basse sur la plage à 50 km de chez moi, qu’en déambulant au milieu de plein d’autres quidams sur les quais de Bordeaux ? Expliquez-moi, mesdames et messieurs les dirigeants en quoi le square du bas de la rue est moins dangereux que la forêt à 30 bornes ? Ces mesdames et messieurs rétorqueront qu’il était possible de s’isoler (on ne dit plus confiner, ça fait re-sucé de 2020) ailleurs, dans des prés verdoyants, dans la maison de famille du Lot ou la résidence secondaire à La Baule. Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ? et pour ceux qui n’ont pas sous le coude, hop comme ça, la bicoque sympa avec connexion internet ad hoc pour que les drôles puissent faire semblant d’avoir l’école à la maison ? bref, pour les gens ordinaires ? Je suis en colère et je piaffe derrière les barreaux de ma cage, même si je sais que j’ai la chance immense d’avoir une cage avec jardin dans une jolie ville avec Garonne. Une jolie cage, mais sans la plage ni l’océan.

La remise en cage, à la niche, qui me prive de plage et d’océan