Les couleurs printanières de Darwin

Darwin, à Bordeaux, c’est un lieu magnifique, alternatif presque comme le Berlin de la grande époque, c’est dire à quel point j’aime ce lieu. Mais, pour des raisons de temps et un peu de distance (donc de mauvaises raisons), j’y vais très peu, et c’est dommage. Je me suis rendue compte aujourd’hui, en déambulant entre les murs laissés aux mains des grands maîtres du street art, que je n’avais pas du y venir depuis près d’un an. Une éternité. Du coup, j’ai mis le catalogue des fresque à jour. Ça donne ça :

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La chansonnette [4]

MURIELLE BERGER
Les fesses blanches
1972

Qu’est-ce qu’il fait chaud mes enfants ! le cagnassou nous est tombé dessus d’un coup, ça donne des envies de plage, forcément. Mais il faut savoir raison garder, un minimum de pudeur s’impose, et donc pas question d’oser le bronzage intégral : en 1966, Lucette Raillat explique dans une chansonnette sans prétention sa technique de bronzage, qui lui permet de garder les fesses blanches. Six ans plus tard, une version canadienne de la même bluette est interprétée par Murielle Berger :

La chansonnette [3]

MADELEINE PEYROUX
J’ai deux amours
2004

En 1930, Joséphine Baker, qui amène à Paris tout l’exotisme dont l’Européen moyen semble avoir besoin (et qu’il assouvira un an plus tard en déambulant dans les allées de l’exposition coloniale de la Porte Dorée et du Lac Daumesnil), Mme Baker, disais-je, avoue son amour pour son pays (les Etats-Unis) et Paris, sur une musique de Vincent Scotto, très porté lui aussi sur la mystique coloniale (on lui doit notamment La Petite Tonkinoise, qui fait aussi partie du répertoire de Joséphine Baker).
En 2004, la sublime chanteuse de jazz Madeleine Peyroux s’offre cette sucrerie patriotique. Sa version, que je préfère à celle d’origine, est passée hier matin sur FIP. J’ai eu envie de la vous faire partager :

La chansonnette [1]

JEAN-LOUIS FOULQUIER
Et dans l’air flottait ton parfum
1977

Les visites dans la mine d’or qu’est le site de l’INA apportent toujours leur lot de surprises, lot qui fait qu’on y retourne le lendemain, c’est addictif. Et donc, pas plus tard qu’il y a cinq minutes, je suis tombée sur une émission de 1977, diffusée en plein après-midi pour les femmes au foyer, c’était encore un peu la mode à l’époque. L’émission s’appelait « Aujourd’hui madame ». Sur le plateau : que des nénettes, à deux hommes près. Ces dames ont le look réel ou supposé de leurs téléspectatrices : c’est normal, certaines sont des téléspectarices. La première qui s’exprime porte queue de cheval et cardigan violet, elle déboule en direct du XVe arrondissement de Paris. Cette dame, sous des abords gentillets, tacle l’artiste invité au niveau du genou. Il est vrai que sa chansonnette ne casse pas trois pattes à un canard, mais après tout, son auteur et interprète est avant tout homme de radio. Le quidam ainsi visé est Jean-Louis Foulquier, pas si à l’aise au milieu de cette rangée de femmes bien alignées sur leurs chaises. Et, en direct, il chante sa bluette.  Le player du site de l’INA faisant des siennes (c’est habituel), vous pouvez retrouvez la chanson en question sur YouTube et retrouver l’extrait de l’émission en cliquant ici :

Fipette, mon amie …

Fipette, mon amie,

Tu as changé bien sûr, depuis le temps que je te connais. J’ai découvert ta voix à Nantes à ta naissance, ce qui ne nous rajeunit ni l’une ni l’autre. J’étais gamine et tu annonçais déjà les spectacles locaux, en douce, entre deux morceaux d’une musique intelligente, drôle, séduisante, et surtout bougrement jazzy.
Puis je t’ai connue, chère Fipette, à Paris, puis à Bordeaux. Tu n’avais pas tout à fait les mêmes intonations et, à l’heure des infos routières, le rond-point de La Gardette avait remplacé le triangle de Roquencourt. Et, coincés dans les embouteillages, tes auditeurs vibraient sur du jazz manouche ou fredonnaient « Le coq et la pendule ».
Aujourd’hui j’apprends que, par souci de garder du brouzouf, par crainte de dépenses prohibitives (mais tu ne coûtes rien, Fipette, tu es si douce et si discrète, on ne peut pas faire d’économie sur ton dos), par crainte de dépenses, disais-je, la reine-mère Radio France veut te sucrer le micro : les trois dernières antennes régionales de FIP (Nantes, Strasbourg, Bordeaux) sont vouées à la disparition pure et simple au profit de FIP Paris, déjà diffusée un peu partout.
1Et cela me déplait profondément. Depuis le temps que l’on déambule ensemble, moi dans la voiture et toi de l’autre côté du poste, on se connait, forcément, ça crée des liens. Il est donc totalement inenvisageable, chère Fipette, que tu me lâches les oreilles. Et c’est pour cela que j’invite les blogonautes habitués et de passage à signer la pétition ad hoc.

Une sphère en hiver

p1090030Petit retour en arrière : dans le cadre d’une manifestation artistique estivale oléronaise, une sphère en bois flotté réalisée par Philippe ARDY avait trouvé sa place aux abords de la plage de Gatseau (à lire ici). Ce lieu est certes splendide, mais exposé aux vents hivernaux voire aux taquineries mesquines des dégradeurs de tout poil. Il avait donc, très tôt, été envisagé de déplacer l’œuvre vers un lieu plus calme.
C’est chose faite. La sphère est désormais perchée sur la citadelle du Chäteau d’Oléron, et on peut même la voir d’assez loin.

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Photos : Le Chäteau d’Oléron, 31/12/16 et 01/01/17