Cette fois, c’est bon, les Martiens débarquent

Soyons franc et reconnaissons ses mérites au département : la Gironde met tout en œuvre pour accueillir des Martiens, voire d’autres extraterrestres. Le petit homme vert n’est pas qu’un fantasme, voire un délire de quiconque aurait abusé du divin nectar que les cépages merlot, cabernet et petit verdot peuvent procurer, c’est une réalité. Pendant longtemps, le quidam avait envisagé de se poser sur le Bassin d’Arcachon, plus précisément à Arès, j’avais narré cela il y a fort longtemps.
Finalement et faisant fi des installations ad hoc, les extra-terrestres ont enfin pu poser leur soucoupe en forme de chapeau de reine d’Angleterre sur un des bassins à flot de Bordeaux. L’aventure ne fut point aisée, cela fait même deux ans que l’on en parle. Mais cette fois c’est la bonne, dès demain les petits hommes pourront gambader librement dans les rues de Bordeaux.
Je tiens à préciser que, sur la photo ci-dessous, le personnage qui s’affaire sous la soucoupe est un Terrien, probablement une âme pure venue s’enquérir de la bonne santé des Martiens après un si long voyage.

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La chansonnette [15]

Grand Corps Malade
Patrick (2018)

Patrick, c’est toi le plus grand. Ce n’est pas moi qui le dit mais Fabien, alias Grand Corps Malade, une vrai grand, lui. Donc, Fabien déambule avec un guitariste dans Levallois-Perret, y compris au marché où il interloque le badaud. Et il nous parle d’un certain Patrick, élu de la République et victime des juges méchants. Toute allusion à un homme politique réel n’est ni fortuite ni involontaire. Comme d’habitude chez Fabien, le texte est précis, ciselé, pointu et drôle.

La chansonnette [14]

Ray Ventura
Vive les bananes (1936)

Les bananes, c’est le top : y’a pas d’os dedans. J’avais entendu ce titre il y a fort longtemps, et même plus longtemps encore. Oublié, donc, jusqu’à ce que FIP me le remette dans l’oreille en fin de semaine dernière. Ray Ventura, 1936. J’adore.

La chansonnette [13]

Jacques HIGELIN
Je suis mort, qui qui dit mieux (live 2013)

Il est mort, ben v’là aut’chose. C’est une belle journée de soleil, on se dirige mollement mais surement vers le week-end, et les infos nous plombent l’ambiance : ce Jacques-là ne nous éblouira plus sur scène.

 

La chansonnette [12]

Gilles Servat
Gwerz Marv Pontkallek (Histoire de la mort de Pontcallec)
1972

Hier soir, Arte a diffusé Que la fête commence, ce film de 1975 dans lequel Bertrand Tavernier évoque la Régence, alors que Louis XV était encore un marmouset. Le régent, sous les traits de Philippe Noiret, est confronté à une forme de cabale antifiscale venue de Bretagne, menée par un nobliau local : le marquis de Pontcallec (interprété par Jean-Pierre Marielle), qui rêve de renverser le régent voire qui imagine une république de Bretagne. Cet épisode des débuts du XVIIIe siècle est généralement connu sous le nom de « conspiration de Pontcallec ». Mal ficelée, la conspiration échoue et les meneurs sont décapités à Nantes en 1720. Cette scène intervient à la fin du film, et l’on entend alors la voix, en breton, de Gilles Servat. Servat avait, en effet, raconté la mort de Poncallec trois ans plus tôt, sur l’album très militant intitulé « La Blanche Hermine ».

La chansonnette [11]

Marc Ogeret
La Chanson de Craonne
1973

Dès les premiers mois, une fois qu’il est enfin évident que le conflit sera long, les soldats ne supportent plus la guerre, ou plus exactement les conditions dans lesquelles elle se déroule, les sacrifices qu’ils offrent à la patrie pour des résultats militaires inexistants. C’est le sentiment de se battre pour rien qui est à l’origine de contestations qui trouvent leur apogée dans les mutineries de 1917, mais qui s’expriment aussi dans les chansons, dont cette fameuse Chanson de Craonne, interprétée ici par Marc Ogeret en 1973 (vous pouvez en lire le texte ici et ici). Inutile de préciser que l’état-major appréciait fort peu ce genre de ritournelle. Il parait même qu’une récompense était promise à quiconque en dénoncerait l’auteur.
Il se trouve que je pense à cette chanson aujourd’hui, car d’après un titre de Sud-Ouest (je ne suis pas allée plus loin, n’étant pas abonnée), l’interprétation de cette œuvre lors des commémorations du 11 novembre, à Dolus d’Oléron (Charente-Maritime) a tourné à la polémique. Des anciens combattants (qui, de toute façon, ne sont plus ceux de la guerre de 14) n’ont apparemment pas apprécié ce moment, pourtant probablement fort, de la cérémonie. L’aspect antimilitariste, mais aussi défaitiste, voire désespéré, du texte, choquerait-il encore aujourd’hui ?

Même le guetteur doit partir

Les clones métalliques d’Antony Gormley, statues  d’hommes nus placées de-ci de-là dans Bordeaux, constituaient une animation estivale. Elles étaient visibles à divers endroits de la ville, aussi bien sur le toit du Grand Théâtre que dans la rue Sainte-Catherine ou sur la place du Marché des Chartrons. Mais l’été est fini : l’heure d’hiver démarre demain et cela fait déjà bien deux semaines que nous trouvons des chanterelles dans les bois, ce sont des signes qui ne trompent pas. Et donc, les festivités d’été doivent laisser la place, et les statues de Gormley doivent partir. Toutes. Même celle qui veille sur la Garonne, bien plantée sur le pont Chaban-Delmas :

Photos réalisées à Bordeaux mi-octobre 2017