La chansonnette [11]

Marc Ogeret
La Chanson de Craonne
1973

Dès les premiers mois, une fois qu’il est enfin évident que le conflit sera long, les soldats ne supportent plus la guerre, ou plus exactement les conditions dans lesquelles elle se déroule, les sacrifices qu’ils offrent à la patrie pour des résultats militaires inexistants. C’est le sentiment de se battre pour rien qui est à l’origine de contestations qui trouvent leur apogée dans les mutineries de 1917, mais qui s’expriment aussi dans les chansons, dont cette fameuse Chanson de Craonne, interprétée ici par Marc Ogeret en 1973 (vous pouvez en lire le texte ici et ici). Inutile de préciser que l’état-major appréciait fort peu ce genre de ritournelle. Il parait même qu’une récompense était promise à quiconque en dénoncerait l’auteur.
Il se trouve que je pense à cette chanson aujourd’hui, car d’après un titre de Sud-Ouest (je ne suis pas allée plus loin, n’étant pas abonnée), l’interprétation de cette œuvre lors des commémorations du 11 novembre, à Dolus d’Oléron (Charente-Maritime) a tourné à la polémique. Des anciens combattants (qui, de toute façon, ne sont plus ceux de la guerre de 14) n’ont apparemment pas apprécié ce moment, pourtant probablement fort, de la cérémonie. L’aspect antimilitariste, mais aussi défaitiste, voire désespéré, du texte, choquerait-il encore aujourd’hui ?

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Même le guetteur doit partir

Les clones métalliques d’Antony Gormley, statues  d’hommes nus placées de-ci de-là dans Bordeaux, constituaient une animation estivale. Elles étaient visibles à divers endroits de la ville, aussi bien sur le toit du Grand Théâtre que dans la rue Sainte-Catherine ou sur la place du Marché des Chartrons. Mais l’été est fini : l’heure d’hiver démarre demain et cela fait déjà bien deux semaines que nous trouvons des chanterelles dans les bois, ce sont des signes qui ne trompent pas. Et donc, les festivités d’été doivent laisser la place, et les statues de Gormley doivent partir. Toutes. Même celle qui veille sur la Garonne, bien plantée sur le pont Chaban-Delmas :

Photos réalisées à Bordeaux mi-octobre 2017

La chansonnette [10]

Bombes 2 Bal
La voiture

Ça bouge bien, c’est chantant et dansant, ça m’a fait penser aux Femmouzes T, duo féminin toulousain de la décennie passée, mais c’est Bombes 2 Bal (groupe toulousain itou), dans lequel danse une certaine Flore Sicre : serait-elle de la même famille que Claude Sicre, co-fondateur des Fabulous Troubadours ? Bref, tout ça c’est la même veine, vivante, populaire et joyeuse. J’ignorais tout de ce groupe, qui a pourtant dix ans, avant de l’avoir entendu en arrivant au taf hier matin, sur FIP comme il se doit. Le morceau en question n’est peut-être pas à écouter en boucle en voiture, car la phrase « justement les flics sont là » pourrait s’avérer flippante. Mais, en même temps, cette chansonnette est tellement drôle …

Le nouveau refuge

Depuis 2010, de drôles de cabanes voient le jour dans la métropole bordelaise. On peut y passer la nuit gratuitement (à condition de réserver), dans un confort sommaire car le but, c’est la proximité avec la nature (où ce qui y ressemble). Plus de la moitié de ces refuges se trouvent en rive droite, mais ces surprenantes et minimalistes cahutes poussent aussi en rive gauche. C’est d’ailleurs là, plus précisément dans le quartier du lac, qu’a été installé le tout dernier refuge, nommé « Neptunea », et qui peut accueillir 6 personnes. Quant à sa forme, vous êtes libres d’y voir ce que bon vous semble …

à cliquer : la page des refuges urbains sur le site de Bordeaux-Métropole

Collection # 413

Souvenir du Voyage à Nantes 2017
Laurent PERNOT, La Terre où les arbres rêvent
Nantes, Place Royale, juillet 2017

Regarder la lune, ça rapporte !

P1140780C’est une toute petite sculpture découverte lors d’une déambulation matinale dans le vieux Stockholm. Dans la cour intérieure d’un immeuble transformée en square public, Pojke som tittar på månen (en bon français : « le garçon qui regarde la lune ») attire les regards et accessoirement les dons en nature (ce jour-là, un Tic-Tac, mais le web regorge de photos le montrant affublé d’une écharpe, d’un bonnet, …) et en espèces sonnantes et trébuchantes, y compris des euros, tout comme le petit bassin tout proche.
Je ne comprends pas cette manie qu’ont certains de mes contemporains, qui consiste à se vider les poches sur ou à côté de monuments publics. D’ailleurs, la toute première fois que j’ai aperçu (car voir était impossible) cette statuette, celle-ci était entourée d’une masse compacte et bruyante de touristes armés de perches à selfies (amenez-moi son inventeur, que je le maraboute jusqu’à la 13e génération !), chacun y allant de son obole, peut importe si la monnaie déposée n’est pas couleur locale (de toute façon, en Suède, on paye par carte).
Y aurait-il de la superstition dans l’air, qui inciterait le quidam à faire une offrande à la plus petite sculpture publique de la ville ? Rien a priori ne l’indique. L’auteur de l’œuvre, Liss ERIKSSON (1919-2000) a sculpté ce petit bonhomme dans les années 1960, en se souvenant de son enfance, lorsque, de sa fenêtre du quartier de Södermalm, il rêvassait en regardant la lune. Rien qui, donc, ne devrait attirer le pognon aux pieds mêmes du lardon de métal. Cela dit, les pépettes ne sont pas perdues pour tout le monde : j’ai cru comprendre qu’une église était officiellement chargée de les récupérer pour ses bonnes œuvres.

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Margaretha attend près du théâtre

P1140312Le premier soir, alors que nous venions d’entrer dans la ville de Stockholm pour quelques jours de vacances et que nous cherchions un lieu sympathique pour dîner, nous sommes passés près du théâtre royal et nous avons croisé la statue de Margaretha, sans alors connaître son nom. Une œuvre tellement réaliste que nous nous sommes même demandé, mon cher et tendre et moi-même, s’il ne s’agissait pas d’un artiste de rue tenant la pose pendant des heures.
Mais non, nous sommes bien face à une vraie sculpture, réalisée par l’artiste suédoise Marie-Louise EKMAN, qui est aussi peintre et auteur dramatique, et qui a commencé à faire parler d’elle dans les années 1960. Des éléments de son œuvre sont actuellement (et jusqu’au 17 septembre) exposés au musée d’art moderne de Stockholm.
Quant à la personne représentée par la statue proche du théâtre, il s’agit d’une comédienne née à Stockholm : Margaretha KROOK (1925-2001), qui a notamment joué dans des films de Bergman, dont Persona (1966), qui évoque les relations entre une actrice devenue muette et son infirmière, à l’inverse fort bavarde. La statue, elle, ne manque en tout cas de faire parler autour d’elle : les passants s’arrêtent, touchent même parfois, intrigués par tant de réalisme.