Homo sapiens en été [38]

Stockholm – 2017

Homo sapiens en été [7]

Stockholm – 2017

Se rafraichir

La canicule alerte en orange sur la quasi-totalité du territoire français métropolitain. Toute l’Europe sue et dégouline, y compris, et peut-être même surtout, l’Europe du Nord. Le glacier du plus haut sommet suédois fond comme une glace à la vanille sur son cornet (à lire ici). En Norvège, où les 30°C sont dépassés au-delà du cercle polaire, les rennes cherchent la fraicheur dans les tunnels routiers (à lire là). Et en Finlande ? il y a des lacs, on se baigne, l’eau est bonne voire tiède. Les mouflets, tout à la joie de batifoler dans l’onde pure, notamment parce-que de petits poissons y batifolent aussi, les mouflets, disais-je, foncent vers la flotte sans même enfiler le maillot, ni même ôter le casque cycliste :

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Région de Savonie du Sud (Finlande), juillet 2018

Et pourtant, c’est facile d’être pudique au bord des lacs : des cabines sont disposées de-ci de-là pour que le baigneur puisse aisément se changer. Souvent spartiates (mais éventuellement spacieuses), ces cabines peuvent parfois aussi être ravissantes :

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Rantasalmi (Finlande), juillet 2018

Collection # 417

Des bateaux partout
Stockholm, juillet 2017

Collection # 415

BRUNNSVIKEN
Lac proche de l’université de Stockholm, juillet 2017

Stadshuset

Le suédois, c’est facile : « stad » c’est la ville, « huset » la maison (comme le « house » britannique), donc Stadshuset, c’est l’hôtel de ville. Je le dis tout net, ce n’est pas le bâtiment que j’ai préféré à Stockholm : un peu lourd, un peu trop « c’est moi le plus grand, nananère », bref limite pompeux (huit millions de briques rouges ont été nécessaires à son édification). Néanmoins, la bâtisse plantée sur les berges du lac Mälaren mérite quand même le détour, ne serait-ce que pour des raisons symboliques : c’est là que, chaque année, a lieu le banquet faisant suite à la remise des prix Nobel (sauf celui de la paix, décentralisé en Norvège). C’est un bâtiment relativement récent eu égard à la longue histoire de la ville : il a été achevé en 1923.

Photos réalisées en juillet 2017

Ma chère huître

IMG_2080Une huître à 3 € pièce ! le prix, chez moi à Bordeaux, de la demie douzaine ! 28 couronnes suédoises, c’est bien ça : 3 euros, et pour de la vulgaire normande encore (il faut compter au moins O,50 € de plus pour la meilleure de la bande, la Marennes-Oléron).
Mazette, fichtre et diantre, ce n’est point donné. Il faut dire que, pour être dégustée en terre suédoise, l’huître a voyagé : 90 % des huîtres européennes étant produites en France, celles qui sont gloutonnées ailleurs sont presque à coup sûr des produits d’importation. Et puis, serait-ce raisonnable de tenter l’ostréiculture dans cette pauvre Baltique, peu salée, peu profonde, et surtout odieusement polluée ?

Photo prise dans un resto de Stockholm en juillet 2017 où, toute proportion gardée, le homard était nettement moins cher

Collection # 411

Ile de Sandhamn
Archipel de Stockholm, juillet 2017

Une autre grive

P1140915À la maison, c’est-à-dire à Bordeaux, nous avons la grive musicienne et, dans une moindre mesure, la grive draine. J’avoue, je confonds un peu les deux.
Dès le premier jour à Stockholm, un oiseau de format « grive » a attiré mon attention, mais ce n’était pas comme à la maison : une manière un peu différente de se tenir, une tête chapeautée de gris. C’était diffus et confus, mais c’était quoi ? une grive assurément, mais laquelle ?
Il s’agit de la grive litorne, qui niche (et donc se reproduit) en Scandinavie puis hiverne un peu plus au sud, notamment en France. Cette grive-là apprécie les zones humides : à Stockholm, où un tiers de la ville est composée d’eau, elle est servie !

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Photos prises à Stockholm en juillet 2017
Source : oiseaux.net

Il ne fait pas la tête, …

P1140201… c’est son bec qui donne au fuligule morillon l’impression qu’il tire la tronche, voire qu’il fait la g… . Mais ce canard-là n’est pas plus asocial que les autres anatidés (« anatidé » désignant la très grande famille des canards, oies, cygnes, …), voire moins : son nid peut être proche de celui des mouettes ou des sternes.
On le voit facilement en Scandinavie en été, y compris dans les parcs et jardins urbains dès lors qu’il y a de l’eau (d’où sa forte présence à Stockholm) : c’est là qu’il compte fleurette à madame (une madame différente chaque année), et qu’ensemble ils font des petits (jusqu’à 11 œufs, pondus en général à la fin du mois de mai). Lorsque les frimas se précisent, les fuligules mettent cap au sud : beaucoup d’entre eux hivernent en France, mais les plus téméraires tentent l’aventure jusqu’en Afrique.

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Source : oiseaux.net
Photos prises à Stockholm en juillet 2017

Collection # 410

Une tradition scandinave : le sauna
Archipel de Stockholm, juillet 2017

Des oies sur le départ

Entre mon séjour à Stockholm, qui s’est achevé le 19 juillet, et aujourd’hui, les choses ont du bien changer : les oiseaux migrateurs, qui nichent (et donc se reproduisent) en Scandinavie sont désormais sur le départ pour des contrées plus méridionales, dont la France (pensons aux bernaches cravant qui s’installent en Charente-Maritime et en Gironde dès le début de l’automne). Les oies en font partie, les petits sont à peu près autonomes, d’ici deux à trois semaines, le grand voyage pourra commencer.
Et des oies, à Stockholm, il y en a. J’ai aperçu, lors d’une balade en bateau dans l’archipel, quelques oies cendrées :

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Il y a aussi, comme un peu partout, des bernaches du Canada, la plus grande des oies bernaches mais pas forcément la plus aimable :

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Et surtout, en particulier sur l’île de Djürgarden, il y a de véritables troupeaux de bernaches nonnettes :

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Les humains ne les inquiètent pas le moins de monde. La photo ci-dessous a été réalisée sans zoom :

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Regarder la lune, ça rapporte !

P1140780C’est une toute petite sculpture découverte lors d’une déambulation matinale dans le vieux Stockholm. Dans la cour intérieure d’un immeuble transformée en square public, Pojke som tittar på månen (en bon français : « le garçon qui regarde la lune ») attire les regards et accessoirement les dons en nature (ce jour-là, un Tic-Tac, mais le web regorge de photos le montrant affublé d’une écharpe, d’un bonnet, …) et en espèces sonnantes et trébuchantes, y compris des euros, tout comme le petit bassin tout proche.
Je ne comprends pas cette manie qu’ont certains de mes contemporains, qui consiste à se vider les poches sur ou à côté de monuments publics. D’ailleurs, la toute première fois que j’ai aperçu (car voir était impossible) cette statuette, celle-ci était entourée d’une masse compacte et bruyante de touristes armés de perches à selfies (amenez-moi son inventeur, que je le maraboute jusqu’à la 13e génération !), chacun y allant de son obole, peut importe si la monnaie déposée n’est pas couleur locale (de toute façon, en Suède, on paye par carte).
Y aurait-il de la superstition dans l’air, qui inciterait le quidam à faire une offrande à la plus petite sculpture publique de la ville ? Rien a priori ne l’indique. L’auteur de l’œuvre, Liss ERIKSSON (1919-2000) a sculpté ce petit bonhomme dans les années 1960, en se souvenant de son enfance, lorsque, de sa fenêtre du quartier de Södermalm, il rêvassait en regardant la lune. Rien qui, donc, ne devrait attirer le pognon aux pieds mêmes du lardon de métal. Cela dit, les pépettes ne sont pas perdues pour tout le monde : j’ai cru comprendre qu’une église était officiellement chargée de les récupérer pour ses bonnes œuvres.

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Margaretha attend près du théâtre

P1140312Le premier soir, alors que nous venions d’entrer dans la ville de Stockholm pour quelques jours de vacances et que nous cherchions un lieu sympathique pour dîner, nous sommes passés près du théâtre royal et nous avons croisé la statue de Margaretha, sans alors connaître son nom. Une œuvre tellement réaliste que nous nous sommes même demandé, mon cher et tendre et moi-même, s’il ne s’agissait pas d’un artiste de rue tenant la pose pendant des heures.
Mais non, nous sommes bien face à une vraie sculpture, réalisée par l’artiste suédoise Marie-Louise EKMAN, qui est aussi peintre et auteur dramatique, et qui a commencé à faire parler d’elle dans les années 1960. Des éléments de son œuvre sont actuellement (et jusqu’au 17 septembre) exposés au musée d’art moderne de Stockholm.
Quant à la personne représentée par la statue proche du théâtre, il s’agit d’une comédienne née à Stockholm : Margaretha KROOK (1925-2001), qui a notamment joué dans des films de Bergman, dont Persona (1966), qui évoque les relations entre une actrice devenue muette et son infirmière, à l’inverse fort bavarde. La statue, elle, ne manque en tout cas de faire parler autour d’elle : les passants s’arrêtent, touchent même parfois, intrigués par tant de réalisme.

Collection # 409

SÖDERMALM
Quartier du sud de Stockholm, juillet 2017

Des oiseaux dans la ville : juillet 2017

Le mois de juillet permet de voir de nombreux juvéniles. À Bordeaux, au début du mois, les hirondelles trouvaient encore le nid familial bien agréable :

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Certains sont plus téméraires, ou malchanceux, comme ce que je suppose être un jeune pigeon, à Toulouse il y a quelques jours :

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Mais c’est surtout à Stockholm que j’ai vu le plus de jeunes oiseaux. C’est même un festival. Petit catalogue :

des bernaches nonnettes (en gris clair de part et d’autre des adultes sur la photo) :

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des choucas des tours :

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des goélands :

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une très jeune mouette, trop jeune même pour divaguer seule en centre-ville :

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et des foulques, si rigolos avec leur tête orange :

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D’ici quelques jours, j’évoquerai peut-être aussi, toujours pour Stockholm, les grèbes huppés, les cygnes, des grives que j’ai eu du mal à identifier, …

Collection # 408

GAMLA STAN
Cœur historique de Stockholm
Juillet 2017

Un 14 juillet en Suède

Que le 14 juillet puisse se manifester de manière sonore en France, c’est normal et attendu puisque c’est le jour de la fête nationale. Mais à Stockholm ? quelle Bastille nos amis suédois ont-ils bien pu prendre ? quelle fête de la Fédération peuvent-ils bien honorer pile ce jour-là ? nos amis suédois seraient-ils des copieurs ? Que nenni. Des explications s’imposent.
14 juillet, donc. Mon homme et moi-même nous trouvons sur l’île donnant pile poil sur le palais royal, et il y a foule, smartphones en pognes, attention au maximum, il va forcément se passer quelque chose :

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C’est alors que, sur le coup de midi et sur le pont permettant de rejoindre notre but, à savoir le musée d’art moderne, des coups de canons nous font sursauter, puis se répètent. On sursaute moins, l’habitude vient vite :

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Côté palais royal, il y a parade :

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Puis les canonniers se retirent en bon ordre :

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Mais pour qui pour quoi ? a priori, ce jour-là était un jour d’anniversaire. La princesse héritière Victoria de Suède fêtait ses 40 ans, entourée de sa petite famille. Les bougies en forme de canon, je trouve ça un peu grossier. Le manque d’habitude, sans doute. Le site Noblesse & Royautés (et oui, je suis allée jusque là ce soir, ça relève du sacrifice, convenez-en), le site Noblesse & Royautés, disais-je, présente même la fillette de ladite princesse, une certaine Estelle, comme une enfant pétillante. N’est-ce pas meugnon tout plein ?

La troisième « Venise du Nord »

Dès que des bâtiments à l’architecture un peu soignée forment une ville baignée par les eaux, que celles-ci soient ou non salées, les guides touristiques, ton voisin de palier et mes collègues de boulot parlent de « Venise du Nord ». En tapant « Venise du Nord » dans le moteur de recherche Lilo, c’est la belge Bruges qui arrive en premier, suivie d’Amsterdam et, en 3e position seulement, de Stockholm.
Si je n’ai que de vagues souvenirs de ce Bruges-là (l’autre, le vrai, étant en Gironde), je ne connais d’Amsterdam que son aéroport, autant dire rien. Par contre, je viens de passer quelques jours à Stockholm, sous un magnifique ciel bleu. Un magnifique archipel, à cheval sur le lac Mälaren (pour l’eau douce) et la mer Baltique (pour l’eau un peu salée). Voici une des toutes premières photos des vacances :

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Photo de la semaine (du 16 au 22/07/2017)

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Retour de vacances

Tout a une fin, même les vacances à proximité de lieux au nom charmant :

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D’ailleurs, rien de vraiment dépaysant à première vue, ni du côté boisson … :

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… ni pour les huîtres :

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Mais c’est quand même un endroit où certains commerçants ont une drôle de conception de la gastronomie française :

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Et donc, question du jour : c’était où ? vous avez tout le week-end pour réfléchir, le temps pour moi de mettre un peu d’ordre dans les photos.
Bonne suite d’été à tous.

What’s new ? [mercredi 5 janvier 2011, 15 h 25]

What’s new ? [jeudi 13 mai 2010, 15 h 00]

—> Illustration : MC ESCHER, Relativité, milieu du XXe siècle

What’s new ? [jeudi 22 octobre 2009, 20 h 45]

  • Une jolie histoire pour commencer cette note : symphonie fantastique au cœur des Andes (La Croix), ou comment une ville ouvrière bolivienne de 900 000 habitants s’est mise à la musique classique.
  • Ça peut s’apparenter à un cauchemar de la société de consommation, un piège à rats dont on ne s’échappe qu’après passage par les caisses : bienvenue à Ikea City (photos dans Télérama), la ville suédoise d’Almhult où se situe le siège social de la marque bleue et jaune.
  • Les travaux de construction du nouveau pont de Bordeaux (un pont levant qui a jusqu’à présent surtout soulevé la polémique) viennent de démarrer : un chantier gigantesque, mais qui saura se faire discret (20 minutes Bordeaux).