Ils ont faim, mais ils n’auront rien et c’est pour leur bien

Les bébés hirondelles sont choyés par leurs parents pendant trois semaines, puis l’éducation à la dure commence. Du jour au lendemain, les adultes n’apportent plus la nourriture au nid, afin d’obliger les jeunes à prendre leur envol. Les jeunes s’enhardissent, volent comme ils peuvent et se posent, puis réclament la nourriture. À nouveau, les parents les contraignent à se débrouiller seuls : ils s’approchent des petits avec des insectes, mais ne leur les donnent pas, afin de les obliger à sauter le pas et, eux aussi, à savoir attraper la nourriture en vol (source : oiseaux.net).

De jeunes hirondelles et l’adulte qui fait semblant de les nourrir – Juillet 2020

La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 9 juillet

En temps normal, le festival des Francofolies commence en ce moment-même, sur le coup du 9 ou 10 juillet. Cette année est bien différente, mais ce n’est pas une raison pour ne pas penser à La Rochelle. « Ses arceaux, ses arcades / Ses jardins en balade / Et ses rues / Qui promènent en détours / Et ramènent toujours / Vers la mer, la mer ».

Anne Sylvestre
Pourquoi pas La Rochelle

La chansonnette passe l’été en France – Samedi 4 juillet

Pour 600 000 de mes concitoyens (chiffre de 2019), les vacances ne riment pas forcément (ou pas tout le temps) avec farniente sur le sable ou balade en forêt, mais lesdites vacances sont consacrées au bien-être et même aux soins médicaux : je parle ici du thermalisme, qui tente actuellement de se remettre du fracas du confinement. D’ailleurs, certains établissements thermaux proposent d’ores et déjà des soins post-confinement : c’est le cas des thermes de Saujon en Charente-Maritime.
La chanson de cet après-midi s’intéresse néanmoins à une autre région : les Vosges. Son interprète, Anny Flore (1912-1985), adopte un ton moqueur pour évoquer le curiste-type : « Le cœur content / Le matin, il s’en va chez le docteur en courant / Qui, tout de suite / Sans plus d’explications, l’envoie au bain bouillonnant ».

Anny Flore
Le curiste de Vittel

Le sphinx-colibri

Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Un petit tour à la capitale

Saint-Pierre d’Oléron est considérée comme la capitale de l’île : c’est la commune la plus peuplée (un peu plus de 6700 habitants en 2017), et elle a même un aérodrome. C’est aussi, à ma connaissance, la commune oléronaise où vivent le plus de personnes à l’année, avec la commune de Dolus sa voisine. Au week-end dernier, j’ai pris quelques minutes pour y déambuler :

Max de loin

C’est un type accroché à une toile volante, le week-end dernier dans ce joli département de Charente-Maritime. Pas un parapente — même si cela y ressemble— car pente il n’y a point (ou peu, ou pas assez) dans ce département-là. Sur le moment, celui de la photo, j’ai pensé à cette vieille chanson d’Hervé Cristiani, Il est libre Max, parce-que c’est vrai que « y’en a même qui l’ont vu voler ».

Orange dehors, orange dedans

Le rougegorge porte mal son nom : déjà, la zone colorée ne se résume pas à la gorge, mais englobe tout le poitrail et une bonne partie de la tête du petit passereau. Et surtout, la couleur n’est pas rouge, mais orange. La preuve, s’il en fallait une, avec ce joli spécimen qui raconte plein de choses passionnantes dans son mimosa :

Le même oiseau, lorsque je force le zoom au-delà du raisonnable (c’est une photo moche, mais c’est pour la science), montre l’intérieur de son bec, voire sa gorge : orange aussi.

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Aurélie de deux couleurs, et une énigme

Aurélie est le joli petit nom d’une méduse presque totalement transparente. Elle est assez courante en Atlantique, surtout l’été. De son nom savant aurelia aurita, elle est actuellement visible sur les plages de Charente-Maritime :

Sur la même plage, et pas bien loin de l’aurélie ci-dessus, se trouvent de nombreuses méduses bleues (c’est leur nom), de la même famille que l’aurélie :

Jusque là, nous sommes dans du connu, du déjà vu. Mais il y a aussi une autre sorte d’animal faisant penser à une méduse bleue, un peu par sa forme et bien sûr par sa couleur, mais, en y regardant de plus près, on a l’impression qu’il y a deux animaux en un, comme deux physalies piégées dans un globe de gélatine :

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Fraises des bois, nous voilà

Déjà la semaine dernière, dans la balade digestive qui mène vers la mer, nous avions eu droit à un deuxième dessert, certes modeste en volume mais fort goûteux : des fraises des bois. Rebelote ce week-end. Même chemin, les yeux aux aguets et les mimines promptes à cueillir le petit fruit rouge et sucré. Ces petits instants gourmands m’ont rappelé les vacances en Finlande, dans la vie d’avant le grand confinement. C’était il y a deux ans, nous avions trouvé des fraises des bois sur un chemin qui allait de la maison vers le lac de la baignade, là encore une histoire de gourmandise sur la route de la plage.

L’hérogne et le cigon

Reportons-nous quelques mois en arrière : sur l’île d’Oléron, une famille de cigognes et une famille de hérons partageaient le même arbre (piqûre de rappel). Le confinement n’aidant pas, je n’ai pas eu de nouvelles de ces deux familles pendant trois mois et demi. Dès que la cloche de la récré a sonné, je me suis précipité vers ces nids de haute promiscuité. Alors ? ont-ils fait ami-ami ? ont-ils eu des petits ? des hérognes ou des cigons ?
La surprise fut de taille : les hérons seuls semblent avoir gagné la partie, ils occupent l’arbre sans concurrence. À moins que, à ce moment précis du début de juin, le gang des cigognes ne se soit planqué dans les fourrés, histoire de tromper le badaud de base.

Deux hérons sur l’île d’Oléron petipatapon – Juin 2020

Un demi-deuil sur la prairie

Le nom de « demi-deuil » est directement lié à la couleur de ce papillon : noir et blanc. C’est un papillon de taille moyenne, très commun en Europe, quoique moins présent au nord de la Seine. Actuellement, les demi-deuil sont nombreux dans les champs et les bords des chemins sur l’île d’Oléron.

En déambulant sur Wikipédia, je découvre comment ce papillon se reproduit. Habituellement, les mâles papillons attendent gentiment que madame passe. Chez demi-deuil, monsieur surprend madame lorsque celle-ci décolle de quelque herbe où elle s’était rassasiée ou reposée. Madame largue ses œufs en plein vol. Puis ceux-ci, air connu, deviendront chenilles, chenilles deviendront papillons, …

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2020

Je veux sortiiiiiiiir !

Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

Un autre 23 avril

23 avril 2011 – Grande plage de St-Trojan (île d’Oléron)

Il n’y a pas que les vacances dans la vie : il y a les week-ends aussi. Ce 23 avril-là, il y a neuf ans, était jour d’une balade classique, habituelle même du temps d’avant le grand confinement : la déambulation sur la grande plage de St-Trojan, dans le sud de l’île d’Oléron, de préférence à marée descendante car la plage est plus large. Et comme la mer se retire pour un temps, l’école de chars à voile emmène ses élèves sur le terrain de jeu, à la queue leu leu, tous attachés derrière le petit tracteur. Une image presque enfantine, même si ce sont bien des adultes qui s’essaient le plus souvent à ce sport.

Ça doit gravelotter dans les dunes !

La saison peace and love est bien avancée : les bébés merles piaillent dans la haie du voisin pour réclamer pitance, les milans jouent à « vole après moi que je t’attrape », le moineau honore la moinelle dans l’allée du jardin, et je passe sur les pies, les étourneaux, les pigeons et autres palombes de toutes plumes. Bref, même si le confinement nous rend absents, c’est le printemps.
Et donc, afin d’oublier temporairement les inepties et les errements du patron-président, je pense au printemps sur l’île d’Oléron. Avec l’interdiction totale des plages, les oiseaux ont la belle vie. En particulier les gravelots à collier interrompu, qui nichent en haut des plages, à même le sol. Les femelles pondent trois œufs une ou deux fois par an. Mâles et femelles se partagent la corvée de couvaison. Puis, au bout d’un petit mois, les poussins pointent le bec dehors, et il leur faut encore un autre petit mois pour qu’ils prennent leur envol. Tout ça sur la plage, à la belle saison, avec tous les risques que cela comporte, le badaud pouvant badiner trop près des nids.

Photo : un gravelot à collier interrompu sur l’île d’Oléron en juillet 2019

Mais que fait donc la cigogne ?

Nous pourrions croire qu’en cette toute fin de février 2020, comme tout un chacun je me pose la question d’un éventuel coronovirage. Ou coronovirement, allez savoir, bref que je cède à la panique ambiante face à un virus venu de loin là-bas dans le grand Orient lointain. On pourrait tout aussi bien supputer que la correction des copies (un bon gros kilo au bas mot) et que la préparation des cours pour mes petits lapins occupent totalement mon esprit et me font suer sang et eau, stylo en pogne et ordi en piste. Que nenni. Je reste mentalement figée sur ce que j’ai vu sur l’île d’Oléron la semaine dernière et m’interroge : mais que fait donc la cigogne ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Une chose est sûre, elle est de retour. De migration ou du village d’à côté (car certaines cigognes ne migrent pas). Elle a réinvesti son nid de l’année passée, jusque là rien de bizarre. Mais a-t-elle commencé à couver ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Cela je l’ignore. Normalement, la chose ne commence qu’en mars. Mais tout est en avance cette année. Nous avons même dégusté nos premières asperges ce soir. Notre producteur était sur le marché, car lesdites asperges avaient trois semaines d’avance. Alors pourquoi pas les cigognes ?

Ça mord, ça ronge, ça grignote …

… et le littoral recule, les îles du ponant rétrécissent. Sur Oléron, chaque balade sur les plages océanes est un choc, un coup au cœur, un coup de blues. Il faut se rendre à l’évidence, entrer en résilience, cette île-là aussi se fait chaque mois un petit peu plus petite. L’océan monte parce-que la hausse des températures provoque à la fois une fonte des glaces et une dilatation des eaux.

Érosion sur une plage de St-Georges d’Oléron constatée en février 2020

Coloc’ reconductible

À la fin du printemps dernier, sur l’île d’Oléron, famille Héron et famille Cigogne avaient fait arbre commun. Bien que réputés lointains cousins, les deux gros oiseaux ne me semblaient pas, avant cela, si proches au point d’habiter la même cage d’escalier. Il faut que je revois mes bases : hérons et cigognes font coloc’ commune cette année à nouveau, c’est du moins ce que je viens de constater, exactement dans le même arbre qu’en 2019. Je me demande même si la cigogne n’a pas déjà commencé à couver.

Une cigogne et un héron cendré sur l’île d’Oléron – Février 2020

Flash back dans les seventies

Du temps d’avant, du temps lointain où j’étais enfant, les voiture n’avaient pas de ceinture de sécurité à l’arrière et j’allais à la piscine en R16. C’était la maman de la voisine qui conduisait. Mon grand-père roulait en Ami 8 (aussi appelée « 3 chevaux »), je crois même qu’elle était rouge. Ou bordeaux. J’étais drôlesse et j’ai un peu oublié. C’étaient les années 70. Monsieur De Gaulle était mort mais sa DS roulait encore. Il y a peu, des voitures de cette époque étaient stationnées sur le parking du port de La Cotinière, à Oléron. Des voitures « collector », et c’était joli, dans le vent fou furieux d’un hiver trop doux pour être honnête.

Des voitures anciennes à La Cotinière – Hiver 2020

En temps normal

En temps normal, les forces de police ne se mobilisent pas devant un lycée lors d’un examen. Et pourtant …. (exemple à Nantes).
En temps normal, les chefs d’établissement ne contrôlent pas les réseaux sociaux que fréquentent leurs élèves. Et pourtant … (exemple à La Rochelle).
En temps normal, des lycéens ne se retrouvent pas enfermés dans leur lycée pour passer un examen pour lequel ils n’ont pas reçu de convocation, accessoirement au mépris de toutes les règles de sécurité. Et pourtant… (exemple à Bordeaux).
En temps normal, un gouvernement responsable sortirait du déni et mettrait fin à la crise qui parasite le nouveau bac autrement que par des menaces et des violences. En temps normal, le ministre de l’éducation sortirait de sa tanière pour s’exprimer, revenir en arrière, voire, démissionner.
Mais le temps normal n’est pas le temps présent.

Des élèves manifestent contre la réforme du lycée à Nantes – Source : France 3 (capture d’écran YouTube)

De retour sur nos plages [3/3]

Il y a les hivers avec et les hivers sans. Nous sommes plutôt dans un hiver « avec ». Je veux ici parler de cet organisme bizarre et bleu, qui ressemble à une méduse mais qui n’a rien à voir avec ladite méduse : il s’agit de la physalie.

Des physalies sur une plage de St-Georges-d’Oléron – Janvier 2020

La physalie n’est pas un animal à proprement parler, mais un ensemble de polypes portés par un flotteur au gré des vagues et des courants. La haute mer échoue régulièrement ces organismes sur les plages, puis les reprend. Ou pas. Méfiance toutefois : les physalies sont terriblement urticantes.

Des physalies sur la Grande Plage de St-Trojan (île d’Oléron) – Janvier 2020

De retour sur nos plages [2/3]

De retour sur nos plages océanes, après la crépidule, qui se mange, voici l’anatife, qui n’a aucun intérêt culinaire. Le mollusque s’accroche à tout ce qu’il trouve (bois flotté, bouchon de bouteille ou autre) et s’échoue sur les plages, puis repart à la marée suivante. Bien qu’il lui ressemble, l’anatife n’est pas le pouce-pied, qui lui se mange et est même très recherché, notamment sur les tables espagnoles.

De retour sur nos plages [1/3]

Chaque hiver, des coquillages et autres animaux marins se retrouvent sur les plages atlantiques, de manière plus ou moins importante selon les années. Certains de ces animaux sont considérés comme d’abominables gêneurs : c’est le cas de la crépidule, originaire d’Amérique du Nord, introduite en Angleterre à la fin du XIXe siècle par des ostréiculteurs ayant importé des huîtres de Virginie, et qui n’a plus eu que le Channel à traverser pour rejoindre la Normandie et la Bretagne.

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Une deuxième arrivée de ce mollusque s’est produite avec l’importation d’huîtres japonaises pour supplanter l’huître portugaise défaillante sur les côtes françaises dans les années 1970. Depuis lors, la crépidule croit et multiplie, étend son aire d’habitat, d’où sa présence dans le bassin de Marennes-Oléron. Elle est à l’aise partout, boulottant dans la même écuelle que les autres coquillages, ceux qui sont élevés ou péchés par les hommes, d’où crispation dès que crepidula fornicata se montre un poil envahissante. Néanmoins, depuis quelques années, la crépidule est considérée comme un mollusque intéressant car comestible : elle est alors vendue et cuisinée sous le nom de « berlingot de mer ».

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Un même objectif (fin)

Au début de l’histoire, il y avait donc des gens qui photographiaient des chevaux en attendant le soleil couchant (se reporter au post d’hier pour y voir plus clair). Le clap de fin arrive, et, je l’avoue, ce ne sont pas les meilleures photos de la série. Néanmoins, le moment fut très agréable à vivre, même si les images ne sont pas à la hauteur de ce que nous avons vraiment vécu : un ami a même vu le si rare et fugitif rayon vert, que l’objectif de l’appareil-photo et moi-même attendons depuis longtemps. Je n’avais pas le regard tourné du bon côté pendant ces quelques minuscules secondes-là. Ainsi va la vie.

Un même objectif (suite)

Hier soir, nous avions ensemble contemplé des promeneurs qui, eux-mêmes, contemplaient et photographiaient quelque chose qui n’était pas le coucher de soleil, puisque l’heure H n’avait point sonné : cliquez ici pour vous souvenir de ce moment.
Mais alors, que regardaient ces gens ? La réponse est ici :

Des cavaliers sur une plage de l’île d’Oléron – Janvier 2020

Un même objectif

Des promeneurs sur une plage de Charente-Maritime. Ils avancent vers le nord, jetant régulièrement le regard vers l’ouest : nous attendons tous le coucher du soleil, mais il y a encore de la marge, la balade peut se poursuivre sans crainte imminente de louper le spectacle. D’un coup, les badauds se tournent vers l’océan et braquent leurs smartphones vers un seul et même objectif, qu’eux seuls ont vu tandis que je les regardais eux, eux qui d’un même geste ont fait la même chose au même moment.

Promeneurs et smartphones sur l’île d’Oléron – Janvier 2020

Triste record oléronais

On la surnomme « la lumineuse », mais l’île d’Oléron est en train de devenir « la noyée ». C’est sur la pointe de Gatseau, dans le sud de l’île d’Oléron, que l’érosion est la plus forte en Europe (cliquez ici). Il y a là un mélange de phénomènes naturels qui s’entraînent et s’amplifient les uns les autres, en lien notamment avec la situation de la pointe de Gatseau au débouché de l’estuaire de la Seudre. À cela s’ajoutent les effets du dérèglement climatique. Cette petite vidéo de France 3 fait le point :

En déambulant sur la toile

En déambulant sur la toile tandis que 70 copies à la graphie incertaine piaffent sur mon bureau, je me dis qu’avoir des super-pouvoirs serait quand même une super solution pour ne pas dépasser les 50 heures de travail hebdo : mais à la question « serait-il possible de devenir Batman ? », Slate répond « non ». La messe est dite, je sors le stylo et j’y retourne. Cela dit, Batman pour corriger des copies … je doute …
Je tente alors l’humour en mode bloc de l’Est du temps de la guerre froide, pensant que quelques blagues favoriseront mes compétences en paléographie lycéenne du début du XXIe siècle (à lire sur le site de Libé). Mais si cela me distrait, cela ne corrige pas les copies pour autant. Tentons alors le loisir, la musique, les jolis mots, bref la poésie, avec cette retransmission du concert de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute en 1963, disponible sur Arte jusqu’au 21 novembre.
Mais pendant que j’attends Madeleine et le tram 33, les copies ne se corrigent pas. Il ne reste plus qu’une solution, boire une bonne bière, à la moule, soyons fou, et de Charente-Maritime bien sûr (France-Bleu). Les copies ne seront pas plus corrigées, mais ma bonne humeur sera assurée.

Quand la mer monte sur l’écluse à poissons

Sur l’île d’Oléron, dans des temps anciens, les hommes ont fomenté des pièges et des ruses pour pêcher le poisson sans prendre ni la mer ni la canne à pêche : ce sont les écluses à poissons, de gigantesques constructions de pierres, qui piègent le poisson à marée montante. Une de ces écluses se trouve dans le village de Chaucre, une des plus vieux villages de l’île d’Oléron. En fin de tempête Amélie, un quidam déambulait sur une de ces constructions, au mépris de la loi (il est interdit de monter sur les écluses à poissons) et du danger : marée montante, pas mal de vent, des vagues parfois hautes et brutales.

Plage de Chaucre (St-Georges-d’Oléron), 3 novembre 2019

Lumière d’Amélie

Je reviens sur la tempête de la semaine dernière, nommée Amélie. C’est joli, Amélie, mais ça a quand même cassé des branches, fait tomber quelques arbres, embêté des gens en coupant le courant. Une vraie tempête, donc. En fin de parcours, elle soufflait encore, mais c’était tenable pour le badaud à l’équilibre honnête sur les modestes falaises du nord de l’île d’Oléron. Et surtout il y avait cette lumière sublime des ciels de traine, celle que j’ai découvert il y a plus de vingt ans lorsque, pour un temps court, j’ai habité ce magnifique département de Charente-Maritime. La lumière incroyable des marais, de l’océan, tout le temps.

La lumière de la tempête près de la pointe de Chassiron (île d’Oléron), 3 novembre 2019

Quand Amélie s’en mêle

Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019