Ouverture en phare majeur

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le nouvel an obéit à certains rituels, qui vont du plateau de fruits de mer du réveillon à la balade au phare du matin du premier jour de la nouvelle année. C’est ainsi, c’est immuable comme les phases de la lune et les heures des marées associées.
Ce matin donc, avant toute autre occupation, nous avons rendu visite et fait le tour du phare de Chassiron, sur la commune de St-Denis-d’Oléron :

Le fort flou derrière la dune

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C’est un jeu habituel, un rituel de ce lieu-là. Dès que je me balade sur la plage de Boyardville (île d’Oléron), je guette le moment où le fort Boyard semblera surgir des sables, limite en mode mirage. Il ne manque que la brume pour que l’illusion soit parfaite. Le fort est flou et alors ?

On avance, on avance, on avance, c’est une évidence

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Plage automnale, fait pas trop froid dehors mais doit pas faire bien chaud dans l’eau. Qu’importe, avec les combis, les gens qui déambulent avec de l’eau entre le nombril et les aisselles, n’ont pas l’air frigorifiés

Mais que font-ils en ce gris après-midi de novembre, à marcher, vite de surcroit, dans l’eau salée d’un littoral charentais ? Ces gens, mesdames-messieurs, pratiquent la marche aquatique, aussi appelée « longe côte », parce-qu’on longe la côte en marchant dans l’eau. Mais bien bien dans l’eau, pas juste les petons et le début des chevilles. C’est donc un sport nécessitant une certaine endurance, même s’il est présenté « tout public » sur le site de la Fédération Française de Randonnée. C’est d’ailleurs sur ce site que j’apprends qu’il s’agit d’un sport assez récent (16 ans), qui est né dans le nord de la France à l’initiative d’un entraineur d’aviron. On peut pratiquer ce sport en mer ou sur les lacs, à condition que le sol soit régulier et sans obstacle. Choisis bien ta plage, camarade !

Le titre de cette note est, vous l’aurez reconnu, tiré d’une chanson de Souchon. Qu’il en soit remercié.

Bleu comme le pertuis en fin d’après-midi

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Passage à l’heure d’hiver et novembre qui rime avec décembre font que les fins d’après-midi ressemblent méchamment à des débuts de soirée, voire à des préambules de nuit. C’est ainsi qu’hier, alors que le tea time était à peine sur le point de sonner, la lumière est devenue très bleue sur le pertuis d’Antioche, comme si la nuit allait tomber sur la plage de Boyardville (commune de St-Georges-d’Oléron).

Pleins feux sur le double phare

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Le phare de l’île d’Aix a ceci d’original qu’il est double. Deux bâtons blancs surmontés de rouge, côte à côte sur le rivage.
Il y a fort longtemps, pour guider les marins dans les parages, il y avait un modeste fanal, qui fut détruit au milieu du XVIIIe siècle. Vint alors, pour le remplacer, un premier phare, mais qui ne tint pas le coup bien longtemps et qui fut reconstruit au milieu du XIXe siècle. Son feu est blanc, c’est joli mais insuffisant car les hauts fonds locaux sont des pièges infernaux que seul un deuxième phare pourrait signaler.
Le deuxième phare, avec lumière rouge, est ainsi bâti à coté du premier à la fin du XIXe siècle. Ce deuxième phare est construit juste à côté du premier et sur le même modèle. L’ensemble, qui a pour but de permettre aux navires d’identifier les dangers précis de la navigation dans cette zone du pertuis d’Antioche et en approche du port de Rochefort, a été automatisé en 1975.

Le double phare de l’île d’Aix vu de Boyardville (île d’Oléron)

Source : Ministère de la Culture

Au menu du goéland : tête de poisson du port, sauce vase

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Le goéland est fatigué d’avoir trop pêché, ou alors il est devenu feignant et ne daigne même plus sortir en mer. Auquel cas, la malbouffe le guette. Ce jour-là, dans le port de La Cotinière (commune de St-Pierre-d’Oléron), le goéland semblait lutter comme un fou, et pourtant la proie était morte depuis longtemps et même en morceaux : il ne restait que la tête, enrobée de son jus de vase pur port. Le goéland en a récupéré quelques morceaux, et a laissé la quasi-totalité de ladite tête pour d’autres amateurs. Le goéland n’avait peut-être pas tant faim que ça.

Boyard et Enet

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C’est un jour de grand ciel bleu, de lumière franche et nette dans le pertuis d’Antioche. On voit loin, jusqu’au pont de l’île de Ré, jusqu’à La Rochelle. Et aussi bien sûr, jusqu’au fort Boyard. Un peu plus loin, ce qui émerge de l’eau comme une grosse galette, c’est le fort Enet, sorti du rocher sur ordre de Bonaparte pour protéger le port de Rochefort.

Le fort Boyard (à gauche) et le fort Enet (à droite)
Photo prise depuis Saint-Georges-d’Oléron en novembre 2021

Un train de Toussaint

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Le temps de ce week-end fut, comme il se doit, un temps de Toussaint : mi-vent mi-grand soleil, avec un peu de pluie la nuit pour hydrater le tout. Le temps fut aussi élastique comme des vacances, doux et joyeux, maritime pour tout dire. Une des balades nous guida jusqu’aux abords de la plage de Gatseau, dans l’île d’Oléron. Rien d’original, mais on ne s’en lasse pas. Surprise du jour : le petit train de Saint-Trojan, qui amène les touristes en été jusqu’à la pointe de Maumusson, circulait fièrement sur ses rails étroits. Peut-être en raison des confinements ou de la mémoire qui flanche j’me souviens plus très bien, mais je ne me rappelais pas que ledit petit train circulait encore en temps de Toussaint.

Le petit train de Saint-Trojan (île d’Oléron) – Week-end de Toussaint 2021

Sort et sort et sortilège

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En cette fin d’après-midi d’Halloween, les enfants du coin déambulent vêtus comme pour un casting de La Famille Addams. Ils me croisent, les petiots, et crient en riant « Des bonbons ou un sort ». De bonbon n’ayant point, je choisis le sort, et c’est invariablement la métamorphose en anoure qui me cloue le bec et me jette de vert vêtue dans le vieux lavoir, où je divague désormais avec d’autres grenouilles.

Comme mes amies grenouilles, je déambule dans le vieux lavoir – Ile d’Oléron, 31 octobre 2021

Libellule ? ce sera sans moi

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L’humain moyen un jour ou une nuit peut avoir l’idée de rêver de voler, d’être léger, de flâner dans le vent d’octobre finissant. Il faut alors bien dire à l’humain en question de ne pas se tromper, ni de volatile ni de sexe. Car femelle libellule, ce n’est clairement pas confortable :

Une libellule agrippée à son mâle par la nuque pour l’accouplement

Temps clair, transbordeur en vue

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Je ne m’en lasse pas, au risque de radoter, mais qu’importe : dès que je déambule sur le port du Château d’Oléron, je cherche au loin le pont transbordeur de Rochefort. C’est facile, il est juste derrière le clocher de Moëze qui sert d’amer. Un classique, en somme. Et hier, comme souvent, il était bien net.

Pré-rentrée ? validée

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Posons d’emblée une info importante : le sous-chef de mon bahut, depuis un an, est un ancien prof. Un vrai. Il connait les contraintes, les attentes, bref, il connait le métier. Et, cette année, non seulement il nous a concocté des emplois du temps conformes à nos vœux (en ce qui me concerne : jamais finir tard), mais il nous les a fait parvenir en avance de phase par mail. Ce qui fait que cette pré-rentrée ne fut pas parasitée par l’attente desdits emplois du temps (qui fait que nous n’écoutons rien des discours cheffesques) ni par le stress générée par cette attente (j’ai enfin bien dormi une veille de pré-rentrée, une première en presque trente ans !), ni par la digestion dudit emploi du temps puisqu’elle fut effectuée au week-end dernier (je pêchais alors la quantité de palourdes autorisée par la loi, m’offrant gratuitement une thalasso des doigts de la main gauche dans la vase salvatrice de l’île d’Oléron). Toutes les conditions étaient donc requises pour que la journée se passe fort bien, malgré l’ombre malveillante d’un Blanquer tapi dans l’ombre.
Puis vinrent les réjouissances, le « cocktail déjeunatoire », comme dit cheffe. Et vous savez de quoi nous avons parlé, avec les collègues ? de la Charente-Maritime. Intel a trouvé qu’il avait plu à Ronce-les-Bains, unetelle a déambulé entre Charron et Marans, une-autretelle a bronzé dans la presqu’île d’Arvert, sans parler de celles et ceux qui ont pataugé dans La Rochelle ou à Châtelaillon en même temps que moi. Une bonne journée, en somme, même s’il reste le plus dur à assurer : des cours solides face à de jeunes gens tout beaux tout frais. Bonne rentrée à tous et à bientôt sur nos ondes.

Des élèves avides de connaissances – Source : Image par 14995841 de Pixabay

Un estivant : le vulcain

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L’estivant est cet humain migrateur qui quitte son domicile quand les beaux jours se pointent pour aller se dorer la pilule ailleurs, puis qui, bronzage réussi, rejoint ses pénates. Le papillon vulcain est, à sa manière, une sorte d’estivant : au printemps, il quitte l’Afrique du Nord pour se diriger vers l’Europe. Une fois le détroit de Gibraltar franchi, il met soit le cap au nord (on le retrouve jusqu’en Angleterre) soit vers le nord-est, où il longe alors l’A9 et l’A7 à l’inverse des estivants humains. Le vulcain passe ensuite l’été dans les fraiches (ou pas) forêts européennes, mais aussi dans les jardins. C’est un papillon courant et pourtant méconnu : pourquoi migre-t-il (et, plus généralement, pourquoi d’autres papillons en font autant) ? pourquoi ne se contente-t-il pas de butiner les fleurs et raffole-t-il des fruits bien mûrs et même pourris ? pourquoi pond-il dans les orties ?

Un vulcain sur l’île d’Oléron en pleine saison touristique – Août 2021

Coup d’œil matinal sur Mornac

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C’était un de ces matins de juillet où l’on se disait que l’averse n’allait pas tarder, mais la lumière était si belle que ça valait le coup de flâner en route. La flânerie nous amena sur les presque rives de la Seudre, ce petit fleuve qui borde la presqu’île d’Arvert au nord, en Charente-Maritime. Mornac-sur-Seudre bénéficie du label décerné aux « plus beaux villages de France », et j’y ai surtout retenu ce très joli chemin portuaire qui mène du bourg proprement dit à la Seudre, avec ses carrelets et ses cabanes colorées. Un lieu paisible en ce matin d’avant la pluie, car pluie il y eut un peu plus tard, je le confirme.

L’été sera eau

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Qu’il est loin le temps où Eric Charden chantait L’été sera chaud ! Cet été 2021, il faut le dire, fait dans l’humide, le mouillé, le trempé, le venté même à l’occasion, du moins dans la moitié ouest de la France. Les esprits chagrins, qui ne voient dans l’océan que la plage pour la bronzette, sont forcément déçus et parlent d’été pourri.
Et pourtant, s’ils étaient un peu observateurs, ces esprits chagrins pourraient relever que, près de l’océan du moins, le temps change plusieurs fois au cours de la journée, au gré des changements de marée. Lors de l’inversion de celle-ci, il n’est pas rare qu’un coup de vent pluvieux nous tombe sur le coin du nez, mais quelques minutes plus tard, il peut faire beau à nouveau. Ou pas. Mais résister quelques minutes sous la pluie vaut souvent le coup. C’est d’ailleurs ce que comprennent celles et ceux qui, sur la plage, attendent sagement que celle-ci se vide de ses baigneurs effarouchés par l’ondée pour profiter du sable et de l’océan quelques minutes plus tard.

Une plage de l’île d’Oléron se vidant d’une grande partie de ses baigneurs lors de l’averse de l’inversion de marée – Photo réalisée en juillet 2021

Juillet au Douhet

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Sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron, et contigu à celle de La Brée, se trouve un magnifique marais : le marais du Douhet. Lorsque je suis sur l’île, c’est une de mes balades favorites, quelle que soit la saison. En ce mois de juillet, il fut ainsi possible de voir des cormorans … :

… des goélands … :

… des aigrettes, dont un spécimen chasse ici avec concentration dans le chenal … :

… des mouettes rieuses, qui commencent à perdre le plumage noir qui orne leur tête pendant la période nuptiale … :

… et enfin des échasses blanches :

Photos réalisées en juillet 2021

Miroir d’eau … de mer

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– Miroir, mon beau miroir, dis-moi quel paysage se reflète le mieux dans ton eau limpide ?
– La bourse de Bordeaux, bien sûr, puisque je suis le plus beau des miroirs d’eau
– Erreur, miroir d’eau, tu te trompes et t’égares. Tu n’es qu’un miroir d’eau douce (quoique chlorée), je te parle d’un miroir océan, un miroir d’eau de mer
– ….
– Te voilà muet, l’ami, face au miroir du pertuis
– Père Tui ? de qui s’agit-il ?
– Du pertuis d’Antioche, pauvre citadin, un morceau d’océan entre les îles d’Oléron et Ré
– Et ça fait miroir aussi ?
– Bien sûr que oui. Regarde ce que la marée basse fait sur la plage de La Brée :

Il n’y a pas que des grenouilles dans la mare aux grenouilles

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Un hot spot bien connu de mon cher et tendre et de moi-même pour l’observation des grenouilles. Une zone humide tranquille, quelque part sur l’île d’Oléron. Mais ce jour-là, la grenouille n’est pas visible, son show commencera plus tard, ou ailleurs. En lieu et place de ladite grenouille, il y a une couleuvre, pas bien grande, pas trop farouche (pour preuve : j’ai eu le temps de la prendre en photo avant qu’elle ne file dans les hautes herbes de la berge).

Dans une semaine, le Bélem quittera La Rochelle

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Le Bélem, ce vieux trois-mâts qui a failli sombrer un grand nombre de fois depuis sa mise à l’eau en 1896, est toujours d’attaque. Le vieux bateau en fer est actuellement amarré dans le Bassin des Chalutiers, à La Rochelle, tout près de l’Aquarium et à deux pas du Musée Maritime (un des plus intéressants musées de la région, ceci dit en passant). La présence d’un cas de covid au sein de l’équipage fait que le joli navire n’est malheureusement plus visitable. Mais on peut néanmoins encore l’admirer à quai avant son départ pour Bordeaux, le 28 juillet, où il restera peu de temps avant de filer à Lorient, puis Brest, Saint-Malo, Douarnenez, …

Le Bélem à La Rochelle, 15 juillet 2021

Tous les quotidiens dans le même immeuble

On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Petite balade à La Rochelle. À l’angle de la rue Chef de Ville et de celle de La Grosse Horloge, donc tout près du Vieux port, on peut voir, en levant bien le nez, les noms de journaux du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ces titres, en lettres blanches sur fond bleu, correspondent à des quotidiens nationaux, qui, en gros, ont connu leur essor à partir de la loi sur la liberté de la presse de 1881, et sont morts avec l’Occupation. Ce sont ces titres qui ont donc, entre autres, couvert la Première Guerre mondiale. On déchiffre encore assez nettement, sur la façade du bâtiment, les noms suivants : Le Matin, Le Petit Journal et Le Journal ; Le Petit Parisien est un peu plus difficile à repérer, mais il est bien là.

Une petite phrase en passant

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« L’vin à bouère é meilleur qu’le vin qu’é but » (proverbe oléronais)

Source : Michel Nadreau, Dictionnaire de patois oléronais, 2017

A-MO, le cétacé et L’Afrique

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Je me souviens avoir évoqué ici-même, il y a longtemps déjà, le naufrage de L’Afrique au large de l’île de Ré, souvent considéré comme le Titanic français. Ce naufrage est commémoré sur le quai des Chartrons, à Bordeaux, par une œuvre du street artist A-MO, peintre génial des animaux de tous poils, toutes plumes et toutes écailles. La fresque a été inaugurée en janvier 2020.

Quand le lézard fait le mur

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C’est bien un lézard, un gros gros lézard bien vert, mais ce n’est pas du tout un mur, puisqu’il s’agit d’une simple clôture. L’animal ici présent tente de se faire la belle depuis un jardin ordinaire, quelque part sur l’île d’Oléron. C’était au tout début de la grosse vague de chaleur, et l’animal, généralement discret, montrait enfin son nez.

Un lézard vert sur l’île d’Oléron en mai 2021

Deux petits partout (au moins)

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Depuis déjà quelques années, cigognes et hérons cendrés partagent le même bosquet au cœur de l’île d’Oléron. Une sorte de copro pour oiseaux, HLM diront les plus rétifs à la promiscuité, fut-elle aviaire. Comme chaque année, les couples des deux espèces consolident des nids gigantesques, ce qui rapproche plus cigognes et hérons de la jet set du 16e arrondissement que des cités médiatisées du 9-3. Et, comme chaque année, des œufs sont pondus et couvés, puis des petits montrent le bout de leur bec, deux par famille a priori ; mais c’est un minimum visible : de loin, même avec gros zoom, on ne voit pas tout.
Il y avait donc, en ce week-end de presque mi-juin, deux petits au-moins chez les cigognes :

Et deux petits, déjà grandinets, chez les hérons. Nous pouvons les différencier des adultes grâce au plumage moins abouti, plus gris uniforme :

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2021

Les tadornes, l’aigrette et le chevalier

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Retour sur une balade du mois de mai sur l’île d’Oléron. Un marais ordinaire et rectangulaire, comme il y en a tant, surtout dans le moitié nord de l’île. Un de ces marais bichonnés par l’homme, un marais façonné au fil du temps, et habité par toutes sortes d’oiseaux. Parmi ceux-ci se trouvent les plus grands des canards vivant sous nos contrées, à savoir les tadornes de Belon, en mode sieste et parallèle :

Bien sûr, incontournable et fidèle au poste, l’aigrette garzette, reconnaissable à sa jolie petite couette à l’arrière de la tête. La patte gauche levée n’est pas un effet de mode : l’aigrette agite en fait délicatement la vase pour y faire surgir les petits crustacés dont elle va sous peu se régaler :

Clou de la journée, parce-que peu observé jusque-là : le chevalier gambette, aux pattes orangées. Délicatement, comme les autres limicoles, il farfouille dans la vase et, tôt ou tard, y trouve de quoi se sustenter :

Oh hisse et ho pour la moule de bouchot

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La moule de bouchot, la meilleure, celle qui grandit sur des pieux de bois plantées en mer, ne parvient pas à croître décemment dans les fraiches eaux de la Manche. C’est pour cela que des mytiliculteurs bretons, venant en ligne droite du 35 voire du 22, chouchoutent les nourrissons dans le pertuis d’Antioche, c’est-à-dire entre l’île d’Oléron et l’île de Ré, et même plus précisément dans l’anse de la Malconche, sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron. Chaque hiver, ils viennent poser les cordes garnis de naissains, puis, au printemps, ils repartent avec les minusculissimes moules, lovées dans les cordes, pelotonnées dans des paniers, puis hissées vers le grand nord lointain des latitudes extrêmes, du style 48°N voire au-delà. L’affaire n’est pas simple car il faut faire vite : entre le moment où la mer est suffisamment basse et celle où elle remonte, le temps est court. L’affaire est d’autant plus sportive que l’eau est fraiche : cette année, au milieu du mois de mai, il faisait encore parfois franchement froid sur la grève, alors, dans l’eau …

Photos réalisées mi-mai 2021 à Saint-Georges-d’Oléron (17)

Ça zinzinule dans le tronc

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Petite balade classique sur un chemin forestier. Bien que piètre ornithologue, je reconnais bien le petit cri de la mésange charbonnière, typique de ces moments où le danger guette : on dit qu’elle zinzinule. Et puis je repère aussi des pépiements, de tout petits cris réguliers et impératifs, ceux d’oisillons qui réclament pitance. Sauf que je ne vois ni mésange adulte, même en levant le nez bien bien haut jusqu’au risque de torticolis, ni petit zozio. Rien, juste les arbres.

Juste les arbres. Et, justement, tout donne l’impression que les petits cris viennent d’un tronc d’arbre, à une altitude plutôt basse. Dès que je m’approche, les petits cris cessent. Je m’éloigne alors, préférant retrouver le son au détriment des images, puisqu’il faut désormais trop zoomer pour espérer voir quelque chose. Il faut surtout attendre. Les pépiements reprennent, mais rien d’autre pendant quelques minutes.

Puis une mésange adulte arrive enfin, porteuse de la nourriture tant attendue.

Elle se rapproche encore, les petits piaillent. Mais la tambouille est prête, et la mésange s’apprête à entrer dans le nid, aménagé, comme c’est souvent le cas, dans un tronc d’arbre.

Une seconde plus tard, la mésange était dans le nid avec les petits, que le ravitaillement commençait à faire taire. L’arbre était redevenu silencieux, mais pour un temps seulement, ce manège incessant pouvant se produire jusqu’à 500 fois par jour.

Pour en savoir plus sur la mésange charbonnière, et éventuellement écouter son cri, cliquez-ici.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en mai 2021

Quand le cormoran déglutit

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Déglutir : faire passer de la bouche à l’estomac, nous dit le Larousse. Chez les oiseaux, on parle plus de bec que de bouche, mais l’idée est la même. Que tu picores une bouchée délicate dans l’assiette en Limoges, ou un mulet dodu dans le port de pêche du coin, il faut que ça passe par le gosier, que ça glisse, que ça nourrisse. Et chez le cormoran, c’est parfois athlétique, surtout quand la proie dépasse un chouia la largeur de la trachée, gonfle celle-ci pour passer néanmoins, obligeant le grand oiseau à des contorsions peu aisées.

Un cormoran en pleine déglutition dans le port de La Cotinière (Saint-Pierre-d’Oléron, Charente-Maritime)

Petite énigme maritime

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La photo ci-dessous a été prise au week-end dernier en Charente-Maritime. Le gros objet flottant était alors ancré quelque part dans le pertuis d’Antioche, mais de quoi s’agit-il ? J’avoue avoir moi-même quémandé la réponse aux bonnes fées du web, alors à vous de jouer …

Ils sont venus, ils étaient tous là

Chronique du déconfinement, La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vus les embouteillages de cet après-midi pour quitter l’île d’Oléron puis pour rentrer sur Bordeaux, j’ai un instant eu l’impression que toute la France habitait la même ville et passait ses week-ends sur le même petit bout de littoral. Mais quoi … n’avions-nous pas enfin eu le droit de déambuler où bon nous semble pour un peu plus quelques heures ? Ce grand week-end de quatre jours, même avec le vent et de jolis nuages, avait des airs de vacances. Une respiration, enfin. Et puis, finalement, une fois sur zone, nous avons déambulé tranquillement, sans nous gêner ni nous covider. Si, sur la photo ci-dessous, la foule semble dense, c’est juste parce-que j’ai abusé du zoom, ce gadget qui écrase les perspectives. Bien sûr il y avait du monde sur les plages, sans empêcher toutefois les distances de sécurité sanitaire, et tous ces gens étaient contents. Moi aussi.

Saint-Trojan-les-Bains (17), mai 2021