53 700 x 2

C’est une histoire triste. Celle de la malbouffe qui gagne. Ça se passe à Dolus d’Oléron. Le maire, Gregory Gendre, un type bien, refuse au temple de la merde en sandwich de s’installer sur sa commune. Ça fait procès. La mairie de Dolus perd, et monsieur Gendre signe contre son gré le permis de construire.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’affaire a pris du temps et à fait perdre des sous à la multinationale du burger industriel en pain tout mou et au steack à la sciure. Il y a procès, jugement, condamnation, pénalités. La mairie de Dolus doit raquer. McDo vient d’obtenir 53 700 €. Soit. La justice a tranché.
Mais ce qui me hérisse ce soir, ce qui me met en colère noire, c’est que la mairie de Dolus doit désormais, par décision de cette même justice, la même somme à l’Etat. P… de b… de m… ! depuis quand l’Etat doit-il se sentir obligé de cirer les pompes à une entreprise américaine qui deale de la mauvaise came dans son pays ? pourquoi l’Etat ? Faut-il alors dire encore et répéter qu’un bon McDo est un McDo démonté, comme le modèle en fut montré à Millau autrefois ?

Source : France Bleu La Rochelle

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Le pertuis qui s’agrandit

En Charente-Maritime, les détroits portent le nom de « pertuis ». Au nord de l’île de Ré se trouve le pertuis Breton, entre Ré et l’île d’Oléron se trouve le pertuis d’Antioche. Le plus étroit est aussi le plus méridional : il s’agit du pertuis de Maumusson, entre le sud de l’île d’Oléron et la presqu’île d’Arvert (région de Royan), qui ne dépasse pas un kilomètre de large à marée basse dans sa partie la plus étroite, et qui s’ouvre sur une sorte de petite mer intérieure entre St-Trojan (sur l’île) et La Tremblade (sur le continent) :

Le pertuis de Maumusson tire son nom du vieux français « mauvaise musse », qui signifie « mauvais chemin ». En effet, les courants dans cet étroit goulet sont violents, dangereux, et ont déjà causé de nombreux naufrages : Wikipédia en dresse une liste non exhaustive à la fin de la notice consacrée au pertuis en question. Cette violence des courants est aussi une des causes de la modification du trait de côte de part et d’autre du détroit, celui-ci ayant tendance à s’élargir, comme on peut le deviner sur ces images provenant de GoogleEarth, prises à seulement douze ans d’écart :

Sur l’île d’Oléron, le trait de côte évolue particulièrement vite depuis les années 1970. On peut même affirmer que l’île rétrécit. Au XIXe siècle, des pins maritimes furent plantés sur la commune de St-Trojan, pour éviter les débordements intempestifs du sable sur le village. Jusque dans les années 1970, ces pins ont rempli leur mission, retenant la dune et permettant même à la plage de s’agrandir. Néanmoins, au printemps 1979, les collectivités locales lancent un SOS contre l’érosion marine, qui menace les habitations et les installations ostréicoles. Le pin ne peut plus rien. On accuse les tempêtes, on soupçonne autre chose qu’on ne sait pas encore bien nommer : le réchauffement climatique, et les dérèglements qu’il induit, est en marche.

Depuis le milieu des années 1990, le phénomène d’érosion s’accentue plutôt plus vite qu’ailleurs. Les tempêtes font tomber de véritables falaises de sable et les arbres qui y sont plantés et qui ne retiennent plus rien.

Entre 1996 et 2000, le recul du trait de côte a été de 15 mètres par an en moyenne dans la partie oléronnaise du pertuis de Maumusson. Et ça ne s’est pas arrangé depuis, obligeant notamment la gare du petit train touristique à reculer régulièrement dans les terres, et la rendant difficile d’accès en hiver :

Les changements sont visibles semaine après semaine. La cabane ci-dessous, bâtie par des promeneurs avec du bois flotté, était encore bien plantée sur sa dune en novembre 2018. Trois mois plus tard, elle était en partie effondrée :

Sources :

Les photos qui illustrent cette note ont été réalisées le 24 février 2019


Tant et tant de tournepierres

J’ai découvert le tournepierre à collier il y a un peu moins de deux ans, sur le port de La Cotinière (piqûre de rappel). C’était alors le printemps, et les oiseaux arboraient leur plumage nuptial, nettement plus coloré que le plumage hivernal. Régulièrement, depuis ce jour, j’ai revu des tournepierres sur ce même port, et même ailleurs sur l’île d’Oléron, mais jamais en aussi grand nombre que vendredi dernier.

Combien étaient-ils, massés bien serrés sur les pontons, les jetées, voire sur les ponts des bateaux ?

Circulant toujours en bande, dont le vol se déclenche sans que l’on sache très bien pourquoi, les tournepierres monopolisaient l’espace portuaire, bien plus que les mouettes et les goélands, pourtant bien plus sonores. Peut-être se préparent-ils déjà pour la grande fête du printemps puis la migration ? Et dire que, il y a une quarantaine d’années, ces oiseaux étaient quasiment inconnus sur l’île d’Oléron…
Ils sont apparemment fort peu étudiés en France, bien que protégés depuis 1981, et il n’y a donc ni comptage suffisamment récent ni suffisamment précis pour connaître la cause de cette arrivée, a priori assez conséquente, de tournepierres sur Oléron.

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) le 22 février 2019

Que reste-t-il quand le paysage a disparu ?

C’était deux jours avant Noël dans le sud de l’île d’Oléron. Le brouillard est tombé d’un coup alors que nous arrivions sur la plage. Et puis plus rien. Ni rivage, ni estran, ni sable, ni océan. Rien. On distingue à peine les rares humains qui, séduits par la douceur de l’air d’alors tapaient le ballon sur la plage :

Néanmoins, la balade se fait. On sait que la mer, à cet endroit, porte le nom de « pertuis de Maumusson », qu’en face il y a la presqu’île d’Arvert, et peut-être même que loin vers l’ouest, il y a l’Amérique. On sait tout ça.
Finalement, nous parvenons quand même à voir des oiseaux, une horde phénoménale de bécasseaux :

Peut-être un millier, voire plus, de ces oiseaux, rassemblés au ras de l’eau :

Dernière balade dans le marais avant l’hiver

Il s’agit d’une de mes balades préférées sur l’île d’Oléron : le marais des Bris, sur la commune de Saint-Trojan :

Il est encore temps d’y trainer ses baskets, mais dans peu de temps, il faudra les bottes, voire la barque. C’est un marais, après tout, et, à contre-jour, il brille et c’est joli :

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On n’y voit pas forcément tant d’animaux que ça à cette saison, du moins en plein après-midi. Il y a néanmoins des traces de sangliers, probables cousins de ceux que nous avons aperçus de nuit du côté de Saint-Pierre, qui déambulaient sur le bas-côté de la route (et pas en plein milieu, notre carrosse leur en sait gré). On ne voit plus de grenouilles, même si certains soir le marais croasse encore, mais le frais arrive et le batracien se tait désormais. Les échasses blanches sont parties vers des contrées plus ensoleillées il y a longtemps déjà. Bref, c’est novembre, et il faut faire avec. Avec les oiseaux de garde, comme le merle, qui se régale de tous les fruits de tous les arbres et arbustes du marais … :

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… et comme l’aigrette garzette, en pleine séance de pêche :

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Photos réalisées en novembre 2018

Quand la tourterelle prend l’antenne

P1220539Surprise au week-end dernier lorsque je vis, ébahie, une tourterelle posée sur une ébauche de nid, lui même perché sur une antenne de télé. Ebahissement car, dans ma petite tête de mammifère moyen, la taille du nid est proportionnelle à celle de l’oiseau qui le construit, et surtout, septembre n’est pas la saison peace and love.
Double erreur, que le site oiseaux.net me permets de corriger ce soir : la tourterelle turque (qui n’a de turque que le nom) fabrique de l’oisillon à tour de pattes de mars à octobre. Deux semaines après la ponte, les petits sortent de leurs œufs. Ce qui peut faire pas mal de jeunes chaque année. D’autre part, le nid de ladite tourterelle est on ne peut plus sommaire : quelques brindilles font l’affaire. Le mâle et la femelle se relaient pour couver sur ces quelques branchettes instables vite agencées.

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Photos prises sur l’île d’Oléron le 22 septembre 2018

Collection 463

Le port du Château d’Oléron (été 2018)