Le tournepierre, fidèle au poste

carréP1190562.jpgIl y a un an, sur le port de La Cotinière (commune de St-Pierre-d’Oléron) et grâce aux bons soins du web, j’identifiais un joli limicole aux pattes oranges et au plumage bigarré : le tournepierre à collier.
Cet oiseau niche à proximité du cercle glacial arctique, mais il hiverne sous des latitudes plus faciles à vivre. En France, on le trouve essentiellement sur la partie du littoral s’étendant de la presqu’île du Cotentin jusqu’aux îles charentaises, c’est donc normal que j’ai revu un grand nombre de tournepierres récemment sur l’île d’Oléron, notamment au mois de février (piqûre de rappel). Néanmoins, les effectifs les plus nombreux sont relevés en Bretagne (il y a une centaine chaque hiver rien que dans la réserve naturelle de la baie de St-Brieuc).
C’est un grand migrateur, et il peut donc venir de loin : certains spécimens arriveraient chaque année de l’ouest de la Sibérie et du nord-est du Canada, même si le gros des troupes vient plutôt de Scandinavie ou du nord des îles britanniques.

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Pour aller plus loin : migraction.net, oiseaux.net

Photos prises sur le port de La Cotinière en avril 2018

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Tirer un trait sur la côte

Il y le vent, l’océan, les vagues, les grandes marées :

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Et puis aussi le réchauffement climatique qui fait monter la mer sur la terre. La mer grignote le sable, et ça va vite :

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Tellement vite que les arbres, racines à l’air, semblent plantés à l’envers :

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Puis les arbres tombent, les uns après les autres. Il n’y a plus rien pour retenir la dune :

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Ce sont donc les vagues, qui, en se répétant, sapent la dune. Et comme elle est fragilisée, la houle cogne encore plus fort. La dune qui était douce et ronde semble taillée à la hache, en ligne quasiment droite :

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Photos réalisées sur la plage de Vert Bois (Dolus d’Oléron) à la fin du mois de mars 2018

 

La saison des « premières »

J’aime le printemps pour le retour de tout ce qui annonce les beaux jours. C’est d’une platitude sans nom que de dire cela, mais c’est ainsi, ça fait partie des petits plaisirs de la vie. Il y a donc, en ce début de printemps, les premières asperges, les premières fraises, les premières fleurs dans les cerisiers, la promesse d’une belle floraison de la glycine, et aussi, et même surtout, les premières hirondelles, qui arrivent peu à peu :

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Une hirondelle en Charente-Maritime, 1er avril 2018

Le fort inutile

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Le fort Boyard vu de l’île d’Oléron (mars 2018)

Dès sa création, au XVIIe siècle, l’arsenal de Rochefort aiguise les convoitises des Hollandais et des Anglais. L’estuaire de la Charente est donc régulièrement l’objet d’attaques militaires, y compris un siècle et demi après sa construction : c’est ainsi qu’en 1809 les Anglais passent à l’attaque en lançant des navires en feu sur l’escadre rochefortaise, ce qui incitera Napoléon à construire en urgence le fort d’Enet (piqûre de rappel). Il faut dire que l’Anglais en ce temps-là est vénère : Napoléon kiffe la guerre et protège à tout prix ses belles armes. Pour verrouiller une bonne fois pour toute l’accès à l’arsenal de Rochefort, il est en train de construire le fort Boyard, une ellipse de pierre dont il est possible de tirer dans toutes les directions, à condition toutefois que la construction soit achevée.
Et construire une bâtisse pareille en pleine mer, ce n’est pas rien. Si le projet est validé en 1801, il faut attendre 1803 pour que les travaux commencent, sur une base rocheuse recouverte par la mer y compris à marée basse. Tout commence donc par des travaux d’enrochement, entre l’île d’Oléron et l’île d’Aix :

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La chose est techniquement complexe, d’autant plus que les Anglais décident d’en empêcher la construction (d’où leur attaque de 1809). Ils réussissent partiellement leur coup, car, s’ils ne parviennent pas à prendre Rochefort cette fois-là, la construction du fort Boyard est interrompue, puisqu’il n’y a plus assez de navires de guerre pour défendre le chantier.
C’est Napoléon III qui reprend le sujet en 1848. La base du fort peut ainsi être enfin achevée, et la construction du fort proprement dit commence en 1857, selon les plans de Montalembert (mort en 1800), c’est-à-dire pour correspondre aux besoins de la guerre du XVIIIe siècle. Les temps ont changé et le fort n’est plus adapté aux besoins modernes. L’artillerie a fait d’immenses progrès : les tirs sont désormais à beaucoup plus longues portée, et tout navire ennemi croisant dans le secteur peut aussi bien être intercepté depuis l’île d’Oléron que depuis l’île d’Aix. Le fort Boyard, dont la construction a été si longue et si complexe, est dépassé avant d’être achevé, inutile donc, jusqu’à ce qu’une chaîne de télé s’en empare en 1990 et décide d’y produire le jeu que l’on connait.

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Le fort Boyard et l’île d’Aix vus depuis l’île d’Oléron (mars 2018)

Source : L’Histoire par l’image

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Un fort pour protéger Rochefort

P1180611Au début du XIXe siècle, suite aux appétits belliqueux de Napoléon, France et Angleterre sont en guerre. Les Anglais visent Rochefort et son arsenal, et cherchent donc à entrer dans l’estuaire de la Charente par tous les moyens. Celui-ci est défendu par 15 navires français. Les Anglais, en 1809, envoient 34 navires en feu contre la pauvre défense française. Certes, les Français parviennent tant bien que mal à protéger l’estuaire de la Charente et Rochefort pour cette fois, mais l’île d’Aix est pillée et Napoléon flippe sérieusement.
Il ordonne alors la construction d’un fort de protection. Le site choisi est l’îlot d’Enet, pile à mi-chemin de l’île d’Aix et de la pointe de la Fumée (commune de Fouras) :

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Le fort est opérationnel en 1812. Non seulement, il protège l’accès à Rochefort, mais il devient aussi une prison.
Aujourd’hui, ce fort se visite : on y accède à pied par marée basse au départ de la pointe de la Fumée (prévoir des bottes et 30 mn de marche). On l’aperçoit aussi par temps clair depuis la plage de Boyardville :

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Photos réalisées à Boyardville (île d’Oléron) en février 2018

Le tournepierre en hiver

P1180658Au printemps dernier, sur l’île d’Oléron, j’avais découvert un oiseau limicole au plumage chatoyant : le tournepierre à collier (piqûre de rappel). Ce plumage était sa tenue de noce ; en temps normal, donc hivernal, le tournepierre est plus discret et se confond sans mal avec les débris divers laissés sur la plage dans lesquels il trouve pitance.
Toujours sur la même île, le tournepierre déambule donc désormais sur les plages, en nombre tout de même beaucoup plus restreint que les bécasseaux. Le tournepierre à collier est un migrateur, dont 6000 spécimens, en moyenne, hivernent en France, essentiellement en Bretagne. On va sans doute pouvoir les observer jusqu’au milieu du printemps, puis le grand voyage les mène en mai ou juin vers les zones arctiques où ils pondent leurs œufs et élèvent leurs petits.

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À cliquer : oiseaux.net et oiseaux-birds.com
Photos réalisées sur la commune de Saint-Georges d’Oléron en février 2018