Un fort pour protéger Rochefort

P1180611Au début du XIXe siècle, suite aux appétits belliqueux de Napoléon, France et Angleterre sont en guerre. Les Anglais visent Rochefort et son arsenal, et cherchent donc à entrer dans l’estuaire de la Charente par tous les moyens. Celui-ci est défendu par 15 navires français. Les Anglais, en 1809, envoient 34 navires en feu contre la pauvre défense française. Certes, les Français parviennent tant bien que mal à protéger l’estuaire de la Charente et Rochefort pour cette fois, mais l’île d’Aix est pillée et Napoléon flippe sérieusement.
Il ordonne alors la construction d’un fort de protection. Le site choisi est l’îlot d’Enet, pile à mi-chemin de l’île d’Aix et de la pointe de la Fumée (commune de Fouras) :

1

Le fort est opérationnel en 1812. Non seulement, il protège l’accès à Rochefort, mais il devient aussi une prison.
Aujourd’hui, ce fort se visite : on y accède à pied par marée basse au départ de la pointe de la Fumée (prévoir des bottes et 30 mn de marche). On l’aperçoit aussi par temps clair depuis la plage de Boyardville :

P1180629

Photos réalisées à Boyardville (île d’Oléron) en février 2018

Publicités

Le tournepierre en hiver

P1180658Au printemps dernier, sur l’île d’Oléron, j’avais découvert un oiseau limicole au plumage chatoyant : le tournepierre à collier (piqûre de rappel). Ce plumage était sa tenue de noce ; en temps normal, donc hivernal, le tournepierre est plus discret et se confond sans mal avec les débris divers laissés sur la plage dans lesquels il trouve pitance.
Toujours sur la même île, le tournepierre déambule donc désormais sur les plages, en nombre tout de même beaucoup plus restreint que les bécasseaux. Le tournepierre à collier est un migrateur, dont 6000 spécimens, en moyenne, hivernent en France, essentiellement en Bretagne. On va sans doute pouvoir les observer jusqu’au milieu du printemps, puis le grand voyage les mène en mai ou juin vers les zones arctiques où ils pondent leurs œufs et élèvent leurs petits.

P1180662

À cliquer : oiseaux.net et oiseaux-birds.com
Photos réalisées sur la commune de Saint-Georges d’Oléron en février 2018

L’huître et le saucisson

Nous sommes en novembre 1940. La France est occupée, ses ressources pillées, et le rationnement devient la règle pour tous les produits alimentaires. Tous ? non. Un seul résiste encore et toujours à l’envahisseur, car celui-ci ne le trouve point à son goût, ce produit, c’est l’huître :

1

Et c’est ce que relate un article du quotidien Ouest-Eclair (édition de Nantes) du 13 novembre 1940, en bas de première page (la suite est sur la page 2). L’auteur de l’article se déclare ainsi fort surpris en observant des ouvriers sur un chantier parisien, où à l’heure de récupérer leur casse-croute dans leurs musettes, les ouvriers ne sortent point les traditionnels saucisson et vin rouge mais, à la place, des huîtres et du vin blanc. C’est que le saucisson est rationné et l’huître, non. D’où abondance et profusion : la consommation d’huîtres explose, elle est même multipliée par 20 entre septembre 1939 et octobre 1940. Le principal département fournisseur est, bien sûr, la Charente-Inférieure comme on disait à l’époque, en clair, le bassin de Marennes.
Là où l’article devient amusant, c’est dans la légende de son illustration :

2

On y lit, même si la reproduction est floue, que l’on se trouve à Rochefort, avec, au fond, le fort du Chapus. Tout ceci est pour le moins approximatif. Rochefort est, grosso modo, à 30 mn de voiture de Bourcefranc-le-Chapus, pile-poil où a été prise la photo. Quant au fort, il s’agit du Fort Louvois, effectivement sur la même commune, mais totalement invisible depuis Rochefort. Ces journaux de province … ils ne peuvent pas s’empêcher de raconter n’importe quoi …

 

Un jour le jour reviendra …

Les gens tirent la tronche, plissent le museau et font la tête. Tête baissée vers le trottoir détrempé, le quidam arpente vite la ville trop grise et trop mouillée. Des jours et des semaines que ça dure, que le soleil est en RTT voire en longue maladie. On voit la vie en noir et blanc, et ça finit par peser, même Sud-Ouest en a parlé. Ce qui vaut pour la ville vaut aussi pour le littoral. Prenons l’exemple de la Charente-Maritime dimanche dernier, plus précisément la commune du Château d’Oléron. Fin de matinée, la mer baisse et le changement de marée n’apportera que de la pluie (le précédent avait fait « crachin » et « presque une éclaircie mais pas vraiment »). Les ostréiculteurs partent vers leurs parcs, la plate fend la brume et, au loin, on distingue vaguement Fort Louvois, ou du moins ce qui ressemble à son ombre :

ol-P1180201.jpg

À défaut de porter le regard au loin (Fort Louvois est sur le continent, enfin presque), intéressons-nous à des éléments plus proches, moins noyés dans ce gris mouillé qui rend les formes molles. Dans le chenal qui relie le nouveau port à la mer, il y avait un grèbe. Je n’en avais jamais vu à cet endroit, mais l’observer longtemps fut ardu : les objectifs d’appareil photo aiment peu le crachin, et, en plus, la mise au point s’avérait aléatoire. C’est que gris sur gris, c’est pas simple. Et pourtant, dans la vraie vie, donc par beau temps, ce grèbe-là a quelques couleurs :

ol-P1180150.jpg

Puisque le grèbe est terne, visons les oies. La bernache cravant est naturellement blanche et noire, ça colle avec le paysage, au moins, on  n’est pas déçu. Et puis, derrière, bien séparés des bernaches, des huîtriers-pies se sont posés. On distingue leur pattes et leurs becs rouges. Si si, regardez bien :

ol-P1180147.jpg

Photos prises en couleurs et sans trucage sur l’île d’Oléron le 21 janvier 2018

 

Le retour de la galère

P1170795Les plages en hiver sont pleines de surprises. En déambulant sur l’île d’Oléron, je vis quelque chose qui ressemblait, selon l’imagination de chacun, à un préservatif ou à une tétine pour dauphin (cette dernière hypothèse fut émise par une amie que je tiens à remercier ici pour son sens de la poésie). Il s’agit en fait d’un genre d’animal particulièrement urticant, repéré aussi en masse en Vendée (Ouest-France). La Vendée et la Charente-Maritime, ça se touche, et les physalies, aussi nommées « galères portugaises », ça dérive. D’où leur présence pas si étrange que cela.

Photo réalisée sur l’île d’Oléron fin décembre 2017

Un futur requin

Se balader sur la plage en hiver reste un vrai plaisir : peu de monde, juste le bruit (parfois fracassant) des vagues, le sable qui, enfin, ne brûle pas les pieds et ne sent pas la crème solaire, et surtout l’occasion d’observer des créatures difficiles à voir en été.
C’est ainsi le cas de ce petit réceptacle jaune accroché par des sortes des filaments à une algue :

P1170801

Il s’agit de l’œuf d’un petit requin très courant le long des côtes françaises métropolitaines, la roussette. Même si le mot « requin » fait encore stupidement peur, la roussette est totalement inoffensive, et on peut même la déguster avec une sauce un peu relevée : elle est commercialisée sous le nom de « saumonette », l’allusion au « saumon » (avec qui  elle n’a rien à voir) étant plus vendeuse que l’affiche « requin ». Les préjugés ont la vie dure. Dans un même ordre d’idée, le requin-taupe est ainsi vendu sous le nom de « veau de mer ».
Mais revenons à notre œuf. Si la roussette est un petit requin, son œuf est plutôt grand. La roussette pond ses œufs dans des algues, auxquels ils s’accrochent et avec lesquelles ils dérivent, parfois jusque sur le sable. L’embryon se transforme lentement (200 jours environ) en poisson. Au bout d’un peu plus de trois mois, l’œuf proprement dit se fissure et laisse entrer l’eau de mer : le futur requin développe alors ses branchies. Encore un peu plus de trois mois plus tard, le bébé requin devenu trop grand sort de son œuf. Il mesure alors 8 à 10 cm et s’apprête à mener la vie rude des animaux marins, risquant de finir dans une assiette l’âge adulte à peine atteint.

Sources : espace-sciences.org et aquarium de St-Malo

Photo prise sur l’île d’Oléron fin décembre 2017

La pleine lune du 1er janvier

P1170901Si vraiment on chipote, la lune ne fut réellement pleine à 100% que le 2 janvier sur le coup de 3 h du matin (voir le calendrier des phases de la lune). Le 1er au soir, elle frôlait le plein : 99,8% au moment où j’ai pris la photo. La lune n’est pas seulement pleine, elle est aussi proche de la terre : 356 365 km (contre 384 400 km en moyenne), autant dire qu’elle déambule en proche voisine, d’où son surnom de « super lune ». La prochaine aura lieu le 31 janvier, mais moins impressionnante qu’en ce 1er janvier : pour atteindre une proximité comparable (« périgée » est le terme exact), il faudra attendre 2034, selon Sciences&Avenir.