Opération « île morte »

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’alerte rouge est levée, il y a même eu un peu d’orage et de pluie la nuit dernière, mais le grand sud-ouest a morflé. Canicule précoce. Autour de 40°C à l’ombre. Certes, ce chiffre n’a pas été tout à fait atteint sur l’île d’Oléron, mais il fit quand même beaucoup trop chaud hier et vendredi pour envisager autre chose que la planque à la maison, dans le noir des volets consciencieusement clos, avec pas mal de litres de d’eau à portée de gosier. Hier quand même, en début de soirée, une brève sortie fut tentée sur le port du Château d’Oléron. Quelques minutes pour constater que les cabanes d’artistes qui, normalement, le samedi à cette heure, grouillent de badauds, étaient désespérément vides, voire fermées. Pas un chat non plus sur la terrasse du bistrot « L’Annex », où il est bien difficile de trouver une place habituellement. Un port vide, une ville vide, une mer lisse comme un miroir, un ciel chauffé à blanc, aucun relief, une lumière moche. Je préfère l’hiver. Quant à ceux qui doutent encore du réchauffement climatique, vous savez ce que je leur dis ? Je vous préviens, c’est pas poli.

Le port du Château d’Oléron et la terrasse de « L’Annex » en pleine canicule, sur le coup de 18 h 30 le samedi 18 juin 2022

Les cabines de plage de Saint-Denis-d’Oléron

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La plage de la Boirie, dans le centre de Saint-Denis-d’Oléron (la commune la plus septentrionale de l’île), est connue pour ses cabines de bain, d’âges et de styles variés. Rien à voir avec les alignements millimétrés et maçonnés de Deauville, ou avec les pseudo-cabines d’aujourd’hui à rayures pour faire old style, avec peinture fraiche et style uniforme à chaque été. À Saint-Denis, tout est possible, tout est réalisable, et tout est donc à découvrir.

Début juin dans le marais du Douhet

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ile d’Oléron, encore et toujours. J’ai déjà, je crois, évoqué le marais du Douhet ici-même. C’est un marais taillé au cordeau, des rectangles bien rangés, bref, un marais né de la main de l’homme, situé sur les communes de St-Georges-d’Oléron et La Brée-les-Bains. Régulièrement, j’aime y passer pour y observer les oiseaux du moment. Hier, en fin de matinée, il était ainsi possible de voir le cormoran séchant ses plumes …:

… et un héron tentant de l’imiter :

Il y avait aussi le tournepierre à collier, cherchant quelle pierre il pourrait bien retourner, … :

… un étourneau qui tenait tête à un tadorne de Belon, … :

… une délicate échasse blanche …:

… et une avocette élégante :

Parlez-vous le patois oléronais ?

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le patois oléronais est un dérivé du picto-charentais, langue à laquelle il est possible d’être initié par le grand maître Yannick Jaulin. Pour être plus précis sur la langue de l’île proprement dite, il peut être utile de consulter le Dictionnaire de patois oléronais de Michel Nadreau.
Spécialistes ou non des diverses langues régionales, saurez-vous traduire la pancarte ci-dessous, vu du côté du chenal de la Baudissière, sur la commune de Dolus d’Oléron ?

La becquée pour héron aîné

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La becquée pour héron aîné ou la becquée quand héron est né, allez savoir ! Normalement, madame héron pond entre trois et cinq œufs, ce qui doit donner trois à cinq poussins vingt-six jours plus tard. Mais là, dans l’héronnière, je ne distingue qu’un seul petit. D’ailleurs déjà grandinet. Il faut préciser que les jeunes hérons passent environ deux mois au nid, ce qui laisse du temps pour grossir et faire de la plume. Au bout de 55 jours, les jeunes commencent à voler, mais c’est encore un peu pataud tout ça, faut continuer à apprendre. Et en attendant le jour J, il faut continuer à manger. N’empêche que je ne vois, en sur-zoomant pourtant, qu’un seul petit dans le nid, pas les trois à cinq annoncés par oiseaux.net. Que sont devenus les autres poussins ? Y’avait-il, d’aillleurs, d’autres poussins ?

Un héron et son petit sur l’île d’Oléron en mai 2022

Il n’y avait pas que des palourdes

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le 8 mai, lorsqu’ici même j’ai décrit l’ouverture de la saison de la pêche aux palourdes, je n’ai pas tout dit. J’ai pêché par omission (mais j’ai quand même tout mangé, tellement c’était bon). Il n’y avait pas que des palourdes. Il y avait aussi des coques, ce qui est habituel. Et aussi des lavagnons : des genres de tellines à la coquille moins allongé. Des petits bivalves bien planqués, plus profonds encore que les palourdes, qu’il faut sortir avec délicatesse tant la coquille est fragile. À la pêche aux lavagnons nous retournerons.

Ouverture de la saison

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est une histoire de vase et d’estran, une histoire de mi-printemps. Nous sommes sur l’île d’Oléron en plein après-midi, il fait presque chaud comme en été. Nous avons enfilé le short qui en a vu d’autres et le polo informe, bref, la tenue de pêche, ainsi que les bonnes grosses bottes en caoutchouc. Marée basse. On y va. Ce soir, il y aura palourdes à l’apéro, avec un petit pineau. On avance vers le large, on marche sous la mer, on repère les trous laissés par les bivalves, indices de la gourmandise à venir. On plonge le doigts dans la vase, on repère la bête, on sort le coquillage, on vérifie qu’il fait la maille. Tout va bien : les doigts n’ont pas perdu la main.

Une île couleur « vieux rose »

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’île d’Oléron vire au vieux rose. Je ne parle pas de sa couleur politique, nettement plus angoissante et vert-de-gris. Je parle tout simplement de la floraison des tamaris, tous en même temps et dans une formidable douceur, que ce soit sous le ciel bleu ou sous le ciel gris.

Un tamaris en fleurs sur la commune de St-Georges-d’Oléron, avril 2022

Un hanneton de la Saint-Jean le jour de Pâques

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le hanneton de la Saint-Jean est un petit coléoptère aimant les zones herbeuses, présent plutôt en été, d’où son nom (la Saint-Jean est la récupération chrétienne de la fête païenne du solstice d’été, fin juin). Or, hier, un hanneton de la Saint-Jean déambulait mollement sur le sable fin d’une plage du Golfe de Gascogne. Décalage spatial et temporel.

Un hanneton de la Saint-Jean sur une plage du littoral Atlantique, 17 avril 2022

Les oiseaux du marais au cœur de l’hiver

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Petit retour sur le week-end dernier, passé sur l’île d’Oléron. Balade dans le marais du Douhet, à cheval sur les communes de St-Georges-d’Oléron et La Brée-les Bains. L’oiseau le plus facile à observer est l’aigrette garzette, qui gigote sa patte dans la vase pour attirer ses proies :

Nous pouvons aussi observer un grand nombre de tadornes de Belon, plutôt en mode sieste en ce milieu d’après-midi :

Plus difficiles à distinguer sur la vase du chenal, le bécasseau … :

… et le gravelot :

Il fut franchement compliqué de bien repérer le grèbe castagneux :

Alors que les cygnes passaient à table, farfouillant sous l’eau à la recherche de leur repas :

Photos réalisées sur l’île d’Oléron le 22 janvier 2022

Ouverture en phare majeur

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le nouvel an obéit à certains rituels, qui vont du plateau de fruits de mer du réveillon à la balade au phare du matin du premier jour de la nouvelle année. C’est ainsi, c’est immuable comme les phases de la lune et les heures des marées associées.
Ce matin donc, avant toute autre occupation, nous avons rendu visite et fait le tour du phare de Chassiron, sur la commune de St-Denis-d’Oléron :

Le fort flou derrière la dune

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est un jeu habituel, un rituel de ce lieu-là. Dès que je me balade sur la plage de Boyardville (île d’Oléron), je guette le moment où le fort Boyard semblera surgir des sables, limite en mode mirage. Il ne manque que la brume pour que l’illusion soit parfaite. Le fort est flou et alors ?

On avance, on avance, on avance, c’est une évidence

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Plage automnale, fait pas trop froid dehors mais doit pas faire bien chaud dans l’eau. Qu’importe, avec les combis, les gens qui déambulent avec de l’eau entre le nombril et les aisselles, n’ont pas l’air frigorifiés

Mais que font-ils en ce gris après-midi de novembre, à marcher, vite de surcroit, dans l’eau salée d’un littoral charentais ? Ces gens, mesdames-messieurs, pratiquent la marche aquatique, aussi appelée « longe côte », parce-qu’on longe la côte en marchant dans l’eau. Mais bien bien dans l’eau, pas juste les petons et le début des chevilles. C’est donc un sport nécessitant une certaine endurance, même s’il est présenté « tout public » sur le site de la Fédération Française de Randonnée. C’est d’ailleurs sur ce site que j’apprends qu’il s’agit d’un sport assez récent (16 ans), qui est né dans le nord de la France à l’initiative d’un entraineur d’aviron. On peut pratiquer ce sport en mer ou sur les lacs, à condition que le sol soit régulier et sans obstacle. Choisis bien ta plage, camarade !

Le titre de cette note est, vous l’aurez reconnu, tiré d’une chanson de Souchon. Qu’il en soit remercié.

Bleu comme le pertuis en fin d’après-midi

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Passage à l’heure d’hiver et novembre qui rime avec décembre font que les fins d’après-midi ressemblent méchamment à des débuts de soirée, voire à des préambules de nuit. C’est ainsi qu’hier, alors que le tea time était à peine sur le point de sonner, la lumière est devenue très bleue sur le pertuis d’Antioche, comme si la nuit allait tomber sur la plage de Boyardville (commune de St-Georges-d’Oléron).

Pleins feux sur le double phare

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le phare de l’île d’Aix a ceci d’original qu’il est double. Deux bâtons blancs surmontés de rouge, côte à côte sur le rivage.
Il y a fort longtemps, pour guider les marins dans les parages, il y avait un modeste fanal, qui fut détruit au milieu du XVIIIe siècle. Vint alors, pour le remplacer, un premier phare, mais qui ne tint pas le coup bien longtemps et qui fut reconstruit au milieu du XIXe siècle. Son feu est blanc, c’est joli mais insuffisant car les hauts fonds locaux sont des pièges infernaux que seul un deuxième phare pourrait signaler.
Le deuxième phare, avec lumière rouge, est ainsi bâti à coté du premier à la fin du XIXe siècle. Ce deuxième phare est construit juste à côté du premier et sur le même modèle. L’ensemble, qui a pour but de permettre aux navires d’identifier les dangers précis de la navigation dans cette zone du pertuis d’Antioche et en approche du port de Rochefort, a été automatisé en 1975.

Le double phare de l’île d’Aix vu de Boyardville (île d’Oléron)

Source : Ministère de la Culture

Au menu du goéland : tête de poisson du port, sauce vase

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le goéland est fatigué d’avoir trop pêché, ou alors il est devenu feignant et ne daigne même plus sortir en mer. Auquel cas, la malbouffe le guette. Ce jour-là, dans le port de La Cotinière (commune de St-Pierre-d’Oléron), le goéland semblait lutter comme un fou, et pourtant la proie était morte depuis longtemps et même en morceaux : il ne restait que la tête, enrobée de son jus de vase pur port. Le goéland en a récupéré quelques morceaux, et a laissé la quasi-totalité de ladite tête pour d’autres amateurs. Le goéland n’avait peut-être pas tant faim que ça.

Boyard et Enet

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est un jour de grand ciel bleu, de lumière franche et nette dans le pertuis d’Antioche. On voit loin, jusqu’au pont de l’île de Ré, jusqu’à La Rochelle. Et aussi bien sûr, jusqu’au fort Boyard. Un peu plus loin, ce qui émerge de l’eau comme une grosse galette, c’est le fort Enet, sorti du rocher sur ordre de Bonaparte pour protéger le port de Rochefort.

Le fort Boyard (à gauche) et le fort Enet (à droite)
Photo prise depuis Saint-Georges-d’Oléron en novembre 2021

Un train de Toussaint

Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le temps de ce week-end fut, comme il se doit, un temps de Toussaint : mi-vent mi-grand soleil, avec un peu de pluie la nuit pour hydrater le tout. Le temps fut aussi élastique comme des vacances, doux et joyeux, maritime pour tout dire. Une des balades nous guida jusqu’aux abords de la plage de Gatseau, dans l’île d’Oléron. Rien d’original, mais on ne s’en lasse pas. Surprise du jour : le petit train de Saint-Trojan, qui amène les touristes en été jusqu’à la pointe de Maumusson, circulait fièrement sur ses rails étroits. Peut-être en raison des confinements ou de la mémoire qui flanche j’me souviens plus très bien, mais je ne me rappelais pas que ledit petit train circulait encore en temps de Toussaint.

Le petit train de Saint-Trojan (île d’Oléron) – Week-end de Toussaint 2021

Sort et sort et sortilège

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

En cette fin d’après-midi d’Halloween, les enfants du coin déambulent vêtus comme pour un casting de La Famille Addams. Ils me croisent, les petiots, et crient en riant « Des bonbons ou un sort ». De bonbon n’ayant point, je choisis le sort, et c’est invariablement la métamorphose en anoure qui me cloue le bec et me jette de vert vêtue dans le vieux lavoir, où je divague désormais avec d’autres grenouilles.

Comme mes amies grenouilles, je déambule dans le vieux lavoir – Ile d’Oléron, 31 octobre 2021

Libellule ? ce sera sans moi

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’humain moyen un jour ou une nuit peut avoir l’idée de rêver de voler, d’être léger, de flâner dans le vent d’octobre finissant. Il faut alors bien dire à l’humain en question de ne pas se tromper, ni de volatile ni de sexe. Car femelle libellule, ce n’est clairement pas confortable :

Une libellule agrippée à son mâle par la nuque pour l’accouplement

Temps clair, transbordeur en vue

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je ne m’en lasse pas, au risque de radoter, mais qu’importe : dès que je déambule sur le port du Château d’Oléron, je cherche au loin le pont transbordeur de Rochefort. C’est facile, il est juste derrière le clocher de Moëze qui sert d’amer. Un classique, en somme. Et hier, comme souvent, il était bien net.

Pré-rentrée ? validée

Je suis prof mais je me soigne, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Posons d’emblée une info importante : le sous-chef de mon bahut, depuis un an, est un ancien prof. Un vrai. Il connait les contraintes, les attentes, bref, il connait le métier. Et, cette année, non seulement il nous a concocté des emplois du temps conformes à nos vœux (en ce qui me concerne : jamais finir tard), mais il nous les a fait parvenir en avance de phase par mail. Ce qui fait que cette pré-rentrée ne fut pas parasitée par l’attente desdits emplois du temps (qui fait que nous n’écoutons rien des discours cheffesques) ni par le stress générée par cette attente (j’ai enfin bien dormi une veille de pré-rentrée, une première en presque trente ans !), ni par la digestion dudit emploi du temps puisqu’elle fut effectuée au week-end dernier (je pêchais alors la quantité de palourdes autorisée par la loi, m’offrant gratuitement une thalasso des doigts de la main gauche dans la vase salvatrice de l’île d’Oléron). Toutes les conditions étaient donc requises pour que la journée se passe fort bien, malgré l’ombre malveillante d’un Blanquer tapi dans l’ombre.
Puis vinrent les réjouissances, le « cocktail déjeunatoire », comme dit cheffe. Et vous savez de quoi nous avons parlé, avec les collègues ? de la Charente-Maritime. Intel a trouvé qu’il avait plu à Ronce-les-Bains, unetelle a déambulé entre Charron et Marans, une-autretelle a bronzé dans la presqu’île d’Arvert, sans parler de celles et ceux qui ont pataugé dans La Rochelle ou à Châtelaillon en même temps que moi. Une bonne journée, en somme, même s’il reste le plus dur à assurer : des cours solides face à de jeunes gens tout beaux tout frais. Bonne rentrée à tous et à bientôt sur nos ondes.

Des élèves avides de connaissances – Source : Image par 14995841 de Pixabay

Un estivant : le vulcain

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’estivant est cet humain migrateur qui quitte son domicile quand les beaux jours se pointent pour aller se dorer la pilule ailleurs, puis qui, bronzage réussi, rejoint ses pénates. Le papillon vulcain est, à sa manière, une sorte d’estivant : au printemps, il quitte l’Afrique du Nord pour se diriger vers l’Europe. Une fois le détroit de Gibraltar franchi, il met soit le cap au nord (on le retrouve jusqu’en Angleterre) soit vers le nord-est, où il longe alors l’A9 et l’A7 à l’inverse des estivants humains. Le vulcain passe ensuite l’été dans les fraiches (ou pas) forêts européennes, mais aussi dans les jardins. C’est un papillon courant et pourtant méconnu : pourquoi migre-t-il (et, plus généralement, pourquoi d’autres papillons en font autant) ? pourquoi ne se contente-t-il pas de butiner les fleurs et raffole-t-il des fruits bien mûrs et même pourris ? pourquoi pond-il dans les orties ?

Un vulcain sur l’île d’Oléron en pleine saison touristique – Août 2021

Coup d’œil matinal sur Mornac

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’était un de ces matins de juillet où l’on se disait que l’averse n’allait pas tarder, mais la lumière était si belle que ça valait le coup de flâner en route. La flânerie nous amena sur les presque rives de la Seudre, ce petit fleuve qui borde la presqu’île d’Arvert au nord, en Charente-Maritime. Mornac-sur-Seudre bénéficie du label décerné aux « plus beaux villages de France », et j’y ai surtout retenu ce très joli chemin portuaire qui mène du bourg proprement dit à la Seudre, avec ses carrelets et ses cabanes colorées. Un lieu paisible en ce matin d’avant la pluie, car pluie il y eut un peu plus tard, je le confirme.

L’été sera eau

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Qu’il est loin le temps où Eric Charden chantait L’été sera chaud ! Cet été 2021, il faut le dire, fait dans l’humide, le mouillé, le trempé, le venté même à l’occasion, du moins dans la moitié ouest de la France. Les esprits chagrins, qui ne voient dans l’océan que la plage pour la bronzette, sont forcément déçus et parlent d’été pourri.
Et pourtant, s’ils étaient un peu observateurs, ces esprits chagrins pourraient relever que, près de l’océan du moins, le temps change plusieurs fois au cours de la journée, au gré des changements de marée. Lors de l’inversion de celle-ci, il n’est pas rare qu’un coup de vent pluvieux nous tombe sur le coin du nez, mais quelques minutes plus tard, il peut faire beau à nouveau. Ou pas. Mais résister quelques minutes sous la pluie vaut souvent le coup. C’est d’ailleurs ce que comprennent celles et ceux qui, sur la plage, attendent sagement que celle-ci se vide de ses baigneurs effarouchés par l’ondée pour profiter du sable et de l’océan quelques minutes plus tard.

Une plage de l’île d’Oléron se vidant d’une grande partie de ses baigneurs lors de l’averse de l’inversion de marée – Photo réalisée en juillet 2021

Juillet au Douhet

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron, et contigu à celle de La Brée, se trouve un magnifique marais : le marais du Douhet. Lorsque je suis sur l’île, c’est une de mes balades favorites, quelle que soit la saison. En ce mois de juillet, il fut ainsi possible de voir des cormorans … :

… des goélands … :

… des aigrettes, dont un spécimen chasse ici avec concentration dans le chenal … :

… des mouettes rieuses, qui commencent à perdre le plumage noir qui orne leur tête pendant la période nuptiale … :

… et enfin des échasses blanches :

Photos réalisées en juillet 2021

Miroir d’eau … de mer

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

– Miroir, mon beau miroir, dis-moi quel paysage se reflète le mieux dans ton eau limpide ?
– La bourse de Bordeaux, bien sûr, puisque je suis le plus beau des miroirs d’eau
– Erreur, miroir d’eau, tu te trompes et t’égares. Tu n’es qu’un miroir d’eau douce (quoique chlorée), je te parle d’un miroir océan, un miroir d’eau de mer
– ….
– Te voilà muet, l’ami, face au miroir du pertuis
– Père Tui ? de qui s’agit-il ?
– Du pertuis d’Antioche, pauvre citadin, un morceau d’océan entre les îles d’Oléron et Ré
– Et ça fait miroir aussi ?
– Bien sûr que oui. Regarde ce que la marée basse fait sur la plage de La Brée :

Il n’y a pas que des grenouilles dans la mare aux grenouilles

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un hot spot bien connu de mon cher et tendre et de moi-même pour l’observation des grenouilles. Une zone humide tranquille, quelque part sur l’île d’Oléron. Mais ce jour-là, la grenouille n’est pas visible, son show commencera plus tard, ou ailleurs. En lieu et place de ladite grenouille, il y a une couleuvre, pas bien grande, pas trop farouche (pour preuve : j’ai eu le temps de la prendre en photo avant qu’elle ne file dans les hautes herbes de la berge).

Dans une semaine, le Bélem quittera La Rochelle

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Bélem, ce vieux trois-mâts qui a failli sombrer un grand nombre de fois depuis sa mise à l’eau en 1896, est toujours d’attaque. Le vieux bateau en fer est actuellement amarré dans le Bassin des Chalutiers, à La Rochelle, tout près de l’Aquarium et à deux pas du Musée Maritime (un des plus intéressants musées de la région, ceci dit en passant). La présence d’un cas de covid au sein de l’équipage fait que le joli navire n’est malheureusement plus visitable. Mais on peut néanmoins encore l’admirer à quai avant son départ pour Bordeaux, le 28 juillet, où il restera peu de temps avant de filer à Lorient, puis Brest, Saint-Malo, Douarnenez, …

Le Bélem à La Rochelle, 15 juillet 2021

Tous les quotidiens dans le même immeuble

On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Petite balade à La Rochelle. À l’angle de la rue Chef de Ville et de celle de La Grosse Horloge, donc tout près du Vieux port, on peut voir, en levant bien le nez, les noms de journaux du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Ces titres, en lettres blanches sur fond bleu, correspondent à des quotidiens nationaux, qui, en gros, ont connu leur essor à partir de la loi sur la liberté de la presse de 1881, et sont morts avec l’Occupation. Ce sont ces titres qui ont donc, entre autres, couvert la Première Guerre mondiale. On déchiffre encore assez nettement, sur la façade du bâtiment, les noms suivants : Le Matin, Le Petit Journal et Le Journal ; Le Petit Parisien est un peu plus difficile à repérer, mais il est bien là.