Juillet au Douhet

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Sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron, et contigu à celle de La Brée, se trouve un magnifique marais : le marais du Douhet. Lorsque je suis sur l’île, c’est une de mes balades favorites, quelle que soit la saison. En ce mois de juillet, il fut ainsi possible de voir des cormorans … :

… des goélands … :

… des aigrettes, dont un spécimen chasse ici avec concentration dans le chenal … :

… des mouettes rieuses, qui commencent à perdre le plumage noir qui orne leur tête pendant la période nuptiale … :

… et enfin des échasses blanches :

Photos réalisées en juillet 2021

Il n’y a pas que des grenouilles dans la mare aux grenouilles

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Un hot spot bien connu de mon cher et tendre et de moi-même pour l’observation des grenouilles. Une zone humide tranquille, quelque part sur l’île d’Oléron. Mais ce jour-là, la grenouille n’est pas visible, son show commencera plus tard, ou ailleurs. En lieu et place de ladite grenouille, il y a une couleuvre, pas bien grande, pas trop farouche (pour preuve : j’ai eu le temps de la prendre en photo avant qu’elle ne file dans les hautes herbes de la berge).

A-MO, le cétacé et L’Afrique

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Je me souviens avoir évoqué ici-même, il y a longtemps déjà, le naufrage de L’Afrique au large de l’île de Ré, souvent considéré comme le Titanic français. Ce naufrage est commémoré sur le quai des Chartrons, à Bordeaux, par une œuvre du street artist A-MO, peintre génial des animaux de tous poils, toutes plumes et toutes écailles. La fresque a été inaugurée en janvier 2020.

Arrière-pensées félines

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L’expo du Chat de Geluck, actuellement sur les quais de Bordeaux, mérite d’être vue sous tous les angles et pas seulement de face. Prenons l’exemple du chat docteur :

A première vue, une scène mignonnette. Un chat de cartoon devenu médecin pour autres animaux, y compris les oiseaux. Le monde est un conte de fée, et puis on a bien le droit de rêver, quant à l’auteur — monsieur Geluck —, il fait bien ce qu’il veut de son personnage. Tournons néanmoins juste un peu autour du félin de bronze, et là, la vérité éclate, le chat fomente, l’instinct revient :

Le Chat est donc un chat ordinaire, pas plus toubib que moi supérieure de couvent. Un vrai chat, comme j’ai pu en voir un il y a peu dans les herbes folles, le mulot couinant encore dans sa gueule (photo floue, j’ai fait ce que j’ai pu, le chat était rapide) :

Quand le lézard fait le mur

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C’est bien un lézard, un gros gros lézard bien vert, mais ce n’est pas du tout un mur, puisqu’il s’agit d’une simple clôture. L’animal ici présent tente de se faire la belle depuis un jardin ordinaire, quelque part sur l’île d’Oléron. C’était au tout début de la grosse vague de chaleur, et l’animal, généralement discret, montrait enfin son nez.

Un lézard vert sur l’île d’Oléron en mai 2021

Deux petits partout (au moins)

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Depuis déjà quelques années, cigognes et hérons cendrés partagent le même bosquet au cœur de l’île d’Oléron. Une sorte de copro pour oiseaux, HLM diront les plus rétifs à la promiscuité, fut-elle aviaire. Comme chaque année, les couples des deux espèces consolident des nids gigantesques, ce qui rapproche plus cigognes et hérons de la jet set du 16e arrondissement que des cités médiatisées du 9-3. Et, comme chaque année, des œufs sont pondus et couvés, puis des petits montrent le bout de leur bec, deux par famille a priori ; mais c’est un minimum visible : de loin, même avec gros zoom, on ne voit pas tout.
Il y avait donc, en ce week-end de presque mi-juin, deux petits au-moins chez les cigognes :

Et deux petits, déjà grandinets, chez les hérons. Nous pouvons les différencier des adultes grâce au plumage moins abouti, plus gris uniforme :

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2021

Les tadornes, l’aigrette et le chevalier

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Retour sur une balade du mois de mai sur l’île d’Oléron. Un marais ordinaire et rectangulaire, comme il y en a tant, surtout dans le moitié nord de l’île. Un de ces marais bichonnés par l’homme, un marais façonné au fil du temps, et habité par toutes sortes d’oiseaux. Parmi ceux-ci se trouvent les plus grands des canards vivant sous nos contrées, à savoir les tadornes de Belon, en mode sieste et parallèle :

Bien sûr, incontournable et fidèle au poste, l’aigrette garzette, reconnaissable à sa jolie petite couette à l’arrière de la tête. La patte gauche levée n’est pas un effet de mode : l’aigrette agite en fait délicatement la vase pour y faire surgir les petits crustacés dont elle va sous peu se régaler :

Clou de la journée, parce-que peu observé jusque-là : le chevalier gambette, aux pattes orangées. Délicatement, comme les autres limicoles, il farfouille dans la vase et, tôt ou tard, y trouve de quoi se sustenter :

Couver sous la pluie

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« I’m brooding in the rain, just brooding in the rain, and I’m happy again ». L’oie aurait pu chanter cela, mais la pluie tombait fort drue sur l’oie et le nid. Et puis c’est une oie blanche, n’est-elle pas tombée de la dernière pluie ? Pluie du quart d’heure qui précède l’averse en cours, en ce jour d’abat d’eau sur la ville de Bordeaux ?

Une oie en train de couver – Jardin Public de Bordeaux – Début juin 2021

Ça zinzinule dans le tronc

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Petite balade classique sur un chemin forestier. Bien que piètre ornithologue, je reconnais bien le petit cri de la mésange charbonnière, typique de ces moments où le danger guette : on dit qu’elle zinzinule. Et puis je repère aussi des pépiements, de tout petits cris réguliers et impératifs, ceux d’oisillons qui réclament pitance. Sauf que je ne vois ni mésange adulte, même en levant le nez bien bien haut jusqu’au risque de torticolis, ni petit zozio. Rien, juste les arbres.

Juste les arbres. Et, justement, tout donne l’impression que les petits cris viennent d’un tronc d’arbre, à une altitude plutôt basse. Dès que je m’approche, les petits cris cessent. Je m’éloigne alors, préférant retrouver le son au détriment des images, puisqu’il faut désormais trop zoomer pour espérer voir quelque chose. Il faut surtout attendre. Les pépiements reprennent, mais rien d’autre pendant quelques minutes.

Puis une mésange adulte arrive enfin, porteuse de la nourriture tant attendue.

Elle se rapproche encore, les petits piaillent. Mais la tambouille est prête, et la mésange s’apprête à entrer dans le nid, aménagé, comme c’est souvent le cas, dans un tronc d’arbre.

Une seconde plus tard, la mésange était dans le nid avec les petits, que le ravitaillement commençait à faire taire. L’arbre était redevenu silencieux, mais pour un temps seulement, ce manège incessant pouvant se produire jusqu’à 500 fois par jour.

Pour en savoir plus sur la mésange charbonnière, et éventuellement écouter son cri, cliquez-ici.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en mai 2021

Quand le cormoran déglutit

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Déglutir : faire passer de la bouche à l’estomac, nous dit le Larousse. Chez les oiseaux, on parle plus de bec que de bouche, mais l’idée est la même. Que tu picores une bouchée délicate dans l’assiette en Limoges, ou un mulet dodu dans le port de pêche du coin, il faut que ça passe par le gosier, que ça glisse, que ça nourrisse. Et chez le cormoran, c’est parfois athlétique, surtout quand la proie dépasse un chouia la largeur de la trachée, gonfle celle-ci pour passer néanmoins, obligeant le grand oiseau à des contorsions peu aisées.

Un cormoran en pleine déglutition dans le port de La Cotinière (Saint-Pierre-d’Oléron, Charente-Maritime)

Faire nid de toute corde

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Suivant à la lettre les adages populaires, certains humains font feu de tout bois. Dans le même esprit, en ce milieu de printemps, alors que, peut-être, la deuxième couvée est sur le point d’éclore, la mésange charbonnière fait nid de toute corde. Jugez plutôt :

Voici donc notre passereau fort affairé à tirer de la corde des fibres douces et délicates, de futurs berceaux pour oisons qui n’ont pas encore percé leur coquille, c’est une supposition, je n’ai pas vu le nid.

Je n’ai pas vu le nid car la mésange, une fois le matériau prélevé et le bec plein à craquer, vérifie alentour que nul ennemi ne l’épie, puis, file fissa vers le nid, en toute discrétion.

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2021

Un escargot géant au jardin public

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Balade méridienne au Jardin Public de Bordeaux. Surgit de nulle part, à la vitesse d’un demi-centimètre à l’heure, un monstre gastéropode à la coquille blanche. Serait-ce un extraterrestre ? En tous cas, rien à voir avec les cagouilles locales, les qui-se-mangent à la douzaine avec du beurre, de l’ail et du persil. Cet escargot-là serait plutôt du format « plat unique » :

Le voilà proche à la pâquerette, qui rabat son caquet, qui fait moins la fière. Le mastodonte l’impressionne, mais l’ignore :

Vous doutez de la véracité de mon propos ? Vous doutez de la taille de la bête ? J’ai mesuré cet escargot avec ce que j’avais sous la main, à savoir un paquet de mouchoirs en papier. Reconnaissez que, si la bête n’est pas encore au format T-Rex, c’est quand même un joli bébé, bien plus costaud que les petits gris habituels :

Mais de quoi s’agit-il ?

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La réponse (27 avril) : il s’agit avant tout, et personne n’a osé le dire dans les commentaires, d’une photo ratée ! La scène s’est produite par temps moche et luminosité terne. Des milans se volent après en tous sens et vite, trop vite pour mes petits réflexes. J’arrive quand même à choper cette image, celle de deux milans qui se suivent de si près qu’on pourrait presque imaginer un oiseau ayant deux paires d’ailes.

Des perches dans la jalle

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La balade dans l’enclos de 10 km de rayon m’a menée aujourd’hui sur la jalle de Blanquefort, un petit affluent de la Garonne. C’est joli tout plein et il y avait même de grands arbres pour faire de l’ombre. Regardant l’onde pure de la rivière, attendant peut-être quelque grenouille dont le coassement titillait agréablement mes tympans, je me mis à observer ce qui nageait dans le coin, à savoir des poissons de tailles variées mais a priori de même espèce, apparemment des perches. Si j’en crois le grand web et son valet wikipédia, c’est un carnassier fort vorace qui, quand pitance manque, n’hésite pas à manger ses congénères. J’avais devant moi, dans une rivière tranquille, de dangereux cannibales. Même pas peur, même pas mal.

Des perches dans la jalle de Blanquefort (33) – 24 avril 2021

Les milans au-dessus du jardin

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Le printemps est la saison des torticolis : j’ai toujours le nez en l’air (et un sixième sens pour signaler les obstacles sur le chemin, y compris les étrons canins). J’ai toujours le nez en l’air parce-que le ciel, les arbres et ce qui y circule sont merveilleusement agréables à observer. C’est joli, c’est joyeux, c’est reposant.
Depuis fin février, les milans noirs sont de retour en Gironde. Ce sont de magnifiques rapaces avec la queue en « U », ou, dit autrement, la « queue à l’envers », c’est à ça qu’on les reconnait. Parmi les migrateurs, ce sont les premiers arrivés, mais aussi les premiers repartis. Mais, pour l’instant, ils sont là, et, chaque jour, je les regarde déambuler librement dans le ciel immense.

La marche est haute

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Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

Le côté désagréable du printemps

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Le printemps est un moment merveilleux : les jours qui rallongent, les zozios qui batifolent, le soleil qui donne des couleurs, les premières fraises, les asperges …
Le printemps est un moment désagréable néanmoins, non pas à cause de cet insupportable covid et de ses conséquences absurdes (quoique …), mais parce-que c’est une saison qui pique. Un moustique vu il y a trois semaines, un moustique tué il y en a deux, un moustique qui a piqué il y a quelques jours. Ma délicate cheville droite s’en gratte encore. Ce qui m’amène à un dessin urbain vu récemment :

Bâtir, construire, etc.

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Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

Chevreuil flou

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C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Premier jour du printemps

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Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Tu la craches, ta boulette ?

Je suis prof mais je me soigne, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un jardin en cette fin de semaine. Une corneille avec un truc dans le bec. Un gros truc :

Mais de quoi s’agit-il ? de loin, je pense à une noix, tout en trouvant ladite noix fort balaise et vaguement minérale. Mais je reste sur mon idée de noix, confondant mollement corneille et écureuil. C’est la fin de semaine, les terminales ont été chiants comme la pluie, j’ai des excuses.
Mais en zoomant mieux, en insistant avec attention, en me penchant sur le sujet, je constate que ce que la corneille tient en son bec n’a rien à voir avec le fromage du maître corbeau de La Fontaine. La corneille n’est pas un corbeau, et toute confusion avec ce que l’un ou l’autre tient en son bec est permise. Mais comme les terminales ont été bavards comme des pies, j’ai comme un flou et le mélange mammifère / oiseau ne me choque pas outre mesure.
Après déambulation sur la toile, et oubliant ces sales gosses de terminales, il s’avère que la corneille tient probablement en son bec une boulette de réjection :

Une boulette de quoi ? de ré-jec-tion. Un truc que l’on rejette, comme le souvenir de ces marmots en pré-bac qui pourrissent l’ambiance. Et surtout comme d’autres oiseaux. Les corneilles avalent des choses improbables et indigestes, des carapaces d’insectes par exemple. Et les corneilles, comme d’autres oiseaux, recrachent ces choses immangeables par le bec. Ce qui me surprend, c’est que cette corneille de jardin a gardé sa boulette longtemps dans son bec et s’est même envolée avec, sans s’en débarrasser en chemin.

Photos réalisées en Gironde en mars 2021

Le paridé n’a peur de rien

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La famille des paridés rassemble des passereaux (c’est-à-dire des oiseaux pas trop gros qui savent chanter) parmi lesquels se trouve la mésange charbonnière. Depuis quelques semaines, en gros depuis le début de la saison peace and love qui coïncide à peu près avec la saint-valentin, je croise souvent des mésanges charbonnières. Je les croise même de très près. Elles me frôlent littéralement, façon « salut vieille branche ! ». Que le passereau me prenne pour un arbre ne titille en aucun cas ma susceptibilité, mais cela me surprend. Petite preuve de cette quasi-familiarité involontaire : la photo ci-dessous a été prise sans zoom.

Une mésange charbonnière à Bordeaux en mars 2021

J’ai failli louper la saison des crapauds

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Et pourtant je le sais bien : février, c’est le mois où les crapauds retournent dans la mare où ils sont nés pour rencontrer l’âme sœur et faire des bébés. Bébés crapauds qui, s’ils ne sont pas mangés avant, deviendront grands et, à leur tour, iront dans la bonne vieille mare quérir la crapaude pour copuler en paix.
Je le sais, mais cette année, j’ai zappé. Prise par un boulot dans lequel l’imprévu et le peu gérable tiennent désormais lieu de routine, je suis passée à côté de la saison des crapauds dans la mare. Dernier sursaut en fin d’après-midi, avant le covid-couvre-feu qui transforme les carrosses en citrouilles et les crapauds en princes charmants gendarmes. Réaction sur le fil, in extremis, et dans la mare habituelle il n’y avait qu’un seul crapaud, un crapaud tranquille et immobile, tellement tranquille et immobile que je l’ai d’abord pris, de loin, pour un bout de bois. Le bout de bois à coassé et j’ai zoomé.

Parfait petit nid d’amour

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Officiellement, c’est encore l’hiver. Mais les températures sont plutôt douces, les tulipes commencent à pointer le nez au milieu des violettes, et, surtout, la saison « peace and love » a clairement débuté. Chaque matin, c’est désormais la grive qui me réveille, la merlette a achevé son nid dans le chèvrefeuille du petit jardin et les oies, les bonnes grosses oies bernaches du Jardin Public, ont bâti un nid XXL paille prémium, nid que monsieur finit d’aménager pour que madame puisse couver en paix.

Le nid des bernaches au Jardin Public de Bordeaux, fin février 2021

Les bernaches ne cessèrent point de brouter

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La semaine dernière marquait la fin des vacances d’hiver pour la zone A. J’ai profité de ce temps de pause autorisée pour descendre sur une plage de la commune de Dolus d’Oléron. Les oies bernaches étaient presque sur le sable, et la présence des humains pourtant à faible distance ne les dérangeait en aucune manière. Elles broutaient les zostères en silence et avec application. Dans peu de temps, elles quitteront nos rivages pour rejoindre le grand nord où elles élèveront leurs petits, puis elles reviendront pour l’hiver suivant …

Les bernaches cravant sur une plage de Dolus d’Oléron, février 2021

Un échinoderme en dessert ?

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Récemment, un beau goéland avait ici même présenté sa manière de manger un encornet. C’est un plat copieux, mais un tel repas doit forcément se clore par un dessert à la hauteur de sa gourmandise. Quoi de mieux alors qu’un échinoderme, en l’occurrence une belle étoile de mer que l’océan vient tout juste de déposer aux pattes du goéland ?

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en février 2021

Céphalopode frais sur son lit de vase (recette de goéland)

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La manière de préparer puis déguster la seiche ou l’encornet est parfaitement maîtrisée par le goéland adulte. Sûr de son geste et sur l’estran, il tire vers lui l’animal dont il compte bien faire son repas, en utilisant pour cela un long tentacule de la bête :

Puis maître goéland commence à goûter sa proie, tâtonne, hésite, la repose. En cuisine, c’est très important, le temps de repos. On voit là que ce goéland connait son métier :

Il y retourne et veille à ce que le petit céphalopode soit bien enrobé de fine vase :

Cette fois, c’est la bonne, en une bouchée la proie est avalée :

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) en février 2021

Cap au nord

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C’est encore l’hiver, on met le manteau, parfois l’écharpe et même les gants. On apprécie les soupes bien chaudes et les gratins pétillants à la sortie du four. Il arrive même qu’on pousse un peu et qu’on allume un feu dans la cheminée. Et puis, sur l’estran, les oies bernaches cravant sont encore là, tandis que, dans le marais, l’échasse blanche ne semble pas encore arrivée.
Mais c’est aussi déjà un peu le printemps. Les merlettes font consciencieusement leurs nids, tandis que hérons et cigognes commencent à retaper les leurs. Les grives musiciennes sont sur scène avant même le lever du jour. Les narcisses sont en fleur. Et surtout, les grues cendrées passent au-dessus de Bordeaux dans le sens sud-nord. Elles ont passé la saison froide au soleil et filent vers l’Europe du Nord pour nicher.

Migration des grues cendrées au dessus de Bordeaux – 15 février 2021

La foulque macroule et le grèbe castagneux

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Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

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La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :