L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

Histoire d’A chez les libellules rouges

Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019

Cormoran, signe des temps

Signe du temps qui passe : l’automne qui succède à l’été. Signe du temps qu’il fait : la pluie qui arrive, alors que la semaine dernière encore, il y avait grand ciel bleu et 30°C à l’ombre. Le cormoran est signe de ces deux temps là.
Il y a deux semaines déjà, deux d’entre eux mettaient la pression sur les carpes du jardin public, carpes qui avaient globalement pu passer un été tranquille, puisque les cormorans chassaient ailleurs, peut-être même du côté du grand océan. Aujourd’hui, un troisième cormoran les a rejoints, et il y en aura d’autres, au fur et à mesure que les jours vont raccourcir, que la chaleur estivale va s’enfuir, et que la pluie puis le vent vont se mettre à sévir.
L’automne rend le cormoran citadin, pour ne pas dire casanier. Être une carpe au jardin public n’est pas toujours une sinécure …

Un trio de cormorans dans le jardin public de Bordeaux le 25 septembre 2019

La rainette et la poignée de porte

La rainette verte grimpe aisément sur la plupart des parois, grâce aux petites ventouses qu’elle a au bout des pattes : c’est ce qui la différencie de la grenouille. Et c’est pour cela que j’ai récemment trouvé une rainette sur la poignée d’une porte, alors que les grenouilles déprimaient gravement au fond des mares asséchées par un été sans pluie.
Ce qui permet aussi, bien sûr, à la rainette de s’installer sur un support aussi petit, c’est sa taille minuscule. Taille minuscule qui ne l’empêche pas d’avoir du coffre : n’avez-vous jamais entendu le chant très grave des rainettes le soir au fond des bois ?

Une rainette sur une poignée de porte et sur l’île d’Oléron en septembre 2019 – Photo réalisée sans flash

Peut-être partira-t-il à la fin du mois…

… ou un peu plus tard. Ou pas du tout. Le pouillot véloce fait partie des migrateurs partiels, c’est-à-dire de ces espèces d’oiseaux dont certains individus partent vers le sud ensoleillé dès que les premiers frimas se font sentir, tandis que les autres restent toute l’année au même endroit.
Dans l’immédiat, le petit pouillot papouille les branchettes et les brindilles, y cherchant petits insectes et petites araignées, voire quelques fruits. Il vole vite et tout le temps, pas si simple à saisir bien qu’il soit réputé peu farouche.

Un pouillot véloce à Bordeaux en septembre 2019

And the winner is … Maurice !

Justice a été rendue, cette fois, c’est dit, Maurice peut continuer de chanter, n’en déplaise aux propriétaires de la résidence secondaire voisine, ceux-là même qui avait porté plainte contre la propriétaire du coq. Car, au cas où cela vous aurait échappé, Maurice est un coq. Un brave coq vivant sur l’île d’Oléron. Mais les bruits de la campagne agacent certaines oreilles trop longtemps bercées par un idéal bucolique fantasmé, et le quidam gêné porte plainte. On l’oublie parfois, mais la campagne, c’est sonore. L’âne est terrible, la moissonneuse-batteuse n’est pas mal non plus.
Mais ce qui compte, c’est la décision finale, rendue aujourd’hui même par le tribunal de Rochefort : les plaignants sont déboutés, Maurice peut crier sa joie. Et toute l’île avec lui (à lire dans Sud-Ouest).
Car il a été soutenu, Maurice : vente de t-shirts et vente d’autocollants, articles dans un grand nombre de journaux, y compris nationaux voire jusque dans la lointaine Amérique (le New York Times a fait un article assez fouillé au début du mois de juillet, et il annonce lui aussi le verdict aujourd’hui même).
Dorénavant, les oreilles fragiles qui pestent contre le meuglement des vaches, les nez délicats qui trouvent que le caca de canard ça sent fort, bref, tous les râleurs qui n’ont rien de mieux à faire que d’encombrer les tribunaux avec leurs petits problèmes domestiques, tous ceux-là doivent aujourd’hui comprendre ceci : ils ont perdu.

Autocollant en soutien au coq Maurice

En déambulant sur la toile [10]

En déambulant sur la toile en cette extrême fin du mois d’août, je constate avec effroi que les piafs sont en mauvaise posture : la pie-grièche a disparu du sol de France (La Relève et la Peste) et les corbeaux ont trop de cholestérol, par la faute des humains qui laissent leurs restes de malbouffe partout (DailyGeekShow).
En déambulant sur la toile, je déambule aussi dans Paris en 3D, grâce à une carte de l’université de Rennes qui propose une vision de la ville en fonction de la hauteur de ses bâtiments : cette très belle carte est visible ici. Je vous conseille de cliquer sur « carto en 3D » pour bien en profiter.
Poursuivons notre balade par un voyage sonore dans tous les patois de France, grâce à un travail mené notamment par le CNRS, et qui permet d’entendre une fable d’Esope dans toutes ces langues. Dans la foulée, je me permets de vous proposer une pause dans une des ces langues, à savoir le gallo, parlé dans l’Est de la Bretagne, du moins dans les campagnes. Les grandes villes, à savoir Nantes et Rennes, ont depuis fort longtemps adopté le français et n’ont jamais parlé ni gallo ni encore moins breton, n’en déplaise aux bretonnants militants des deux villes. Mais cela reste entre nous, cher blogonaute : de tai a mai, comme on dit par là-bas (Becedia).

Au cœur de la Bretagne gallèse : la ville de Redon (Ille-et-Vilaine) vue de Rieux (Morbihan)

En déambulant sur la toile [9]

En déambulant sur la toile ces derniers temps, je m’installe mollement sur le site du Monde : d’une part pour visualiser la dislocation de l’URSS, d’autre part pour apprendre que la raie manta est un animal social.
Préparant un cours sur la forêt amazonienne qui part en fumée (histoire de bien titiller le potentiel anxieux de la jeune génération dès la rentrée), je tombe sur une interview de la philosophe Joëlle Zask, qui s’intéresse aux mégafeux et fait part de ses réflexions à Usbek&Rica.
Restons dans le sérieux, en nous égarant sur le terrain de la géopolitique (désormais enseignée aux élèves de 1ère qui le veulent bien, comme quoi bloguer et bosser, ça fait une rime riche) : puisque Mister Trump veut acheter le Groenland (et il n’est ni le seul ni le premier), Eric Le Boucher, pour Slate, demande à ce que la France récupère les îles anglo-normandes. L’article, sous des abords facétieux, ne manque pas d’intérêt et livre de vraies bonnes infos sur ces petits îlots tout proche du Cotentin.

Voir des hirondelles, enfin

En terre bordelaise, l’hirondelle se fait rare. Au-dessus de mon jardin, il n’y en a quasiment pas eu cette année. C’est à désespérer. Migration ratée de l’an dernier, raréfaction des pitances par disparition des insectes sous le coup de doses massives d’insecticides, nidification problématique en lien avec une urbanisation galopante, tout est lié. Tout est ligué contre cet oiseau boulotteur de moustiques. Moustiques qui me piquent à qui mieux mieux. Et ça gratte.
Sur l’île d’Oléron, pendant la petite quinzaine de vacances, j’ai revu des hirondelles. Enfin. Une lueur d’espoir dans un monde qui se désagrège. Un vrai moment de bonheur dans cet été 2019. Ce soir, à Bordeaux, j’ai cru apercevoir quelques martinets et j’ai vu une chauve-souris. Les moustiques n’ont pas trop de soucis à se faire.
Les photos ci-dessous ont été prises en juillet 2019 sur l’île d’Oléron.

Une jeune cigogne

Reprenons le double nid héron/cigogne déjà évoqué ici, ou, plus exactement, l’arbre pas bien grand hébergeant un nid de chacune des espèces : il y avait donc, au printemps, dans un arbre du marais oléronais, une famille cigogne et une famille héron qui cohabitaient (première piqûre de rappel). Un mois plus tard, nous avions pu observer un jeune héron (deuxième piqûre de rappel). Plus récemment, c’est une jeune cigogne qui campait sur son nid, reconnaissable à quelques restes de duvet en lieu et place des plumes, et surtout à la couleur encore très pâle de son bec, celui-ci étant encore bien en-deçà de la taille adulte.

Une cigogne juvénile – Ile d’Oléron – Juillet 2019

Un anti-moustique peu farouche

C’est la deuxième année qu’il n’y a plus d’hirondelle au-dessus du jardin. Il y a bien quelques martinets, et hier soir, j’ai entrevu une chauve-souris. Le compte n’y est pas pour traquer le moustique dans les moindres recoins, surtout le tigre qui pique à tout va en plein jour.
Voir une libellule déambuler sur les tuteurs des tomates apporte sa petite lueur d’espoir, car, comme les oiseaux et le mammifère pré-cité, elle dévore les moustiques en vol. De plus, l’insecte est agréable à regarder, partant d’un point pour s’y reposer quelques secondes plus tard, pas craintive pour deux sous lorsque je lui mets l’objectif sous le nez.

Une libellule dans le jardin – Juillet 2019

Le jeune héron, un mois plus tard

Veux-tu, s’il te plait, ami blogonaute, te téléporter vers la note du 2 juin : oui, voilà, c’est là. Tu te souviens donc, toi qui lis ce blog avec une assiduité sans faille, tu te souviens, disais-je, de cet arbre abritant à la fois un nid de cigognes et un nid de hérons cendrés, quelque part au beau milieu de l’île d’Oléron. Le double nid est toujours là, avec les cigognes à gauche et les hérons cendrés à droite :

Regardons de plus près un de ces hérons :

Il s’agit d’un jeune, un de ceux qui étaient encore poussins il y a un mois. Son plumage est uniformément gris, il n’a pas encore le trait bien noir lui barrant le visage. Son bec est jaune pâle en dessous, gris assez foncé au-dessus. La jolie petite couette n’a pas encore poussé : à la place, quelques cheveux épars. Ce n’est plus un poussin, il sait sûrement voler, mais c’est encore un jeunot.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron le 30 juin 2019

Le regard vitrail du corbeau marin

Corvus marinus : en bon latin, c’est le corbeau marin, en français ordinaire, c’est le cormoran. Un grand oiseau qui engloutit son kilo de poissons par jour. La terreur des mares, plus que la terreur des mers. Car le cormoran batifole avec intérêt sur les étangs variés des parcs et jardins publics, là où la carpe pullule et où le poisson-chat croit et multiplie. Cet oiseau-là n’a pas le regarde vitreux, mais le regard vitrail, d’un turquoise limpide et fascinant. Pour en savoir vraiment beaucoup plus sur cet oiseau, cliquez ici et .

Un cormoran au Jardin Public de Bordeaux en juin 2019

Quel est donc ce palmipède noir ?

Palmipède noir près de la mer, mais qui n’est pas un cormoran. Il gambade seul sur le chantier du nouveau port de La Cotinière (St-Pierre-d’Oléron), et fait fortement penser à un guillemot. Une bien grande famille, que celle des guillemots ! Qui elle même fait partie de la bande des alcidés, comme les pingouins et les macareux. Vu de dos et de loin en ce début du mois de juin, l’oiseau laisse peu d’indices pour son identification.

Faire arbre commun

J’ai vaguement cru comprendre que les cigognes et les hérons étaient vaguement cousins, mais je ne pensais pas que cette lointaine parenté leur permettait de faire arbre commun. J’avais notamment ouï dire que les hérons nichaient en bande dans des héronnières, voire que les cigognes supportaient mal les voisins. Tout ceci ne semble être que rumeur urbaine et bobard rural, la famille « cigogne » et la famille « héron » pouvant fort bien partager le même arbre :

La famille « cigogne » (en haut) et la famille « héron » (en bas à droite ; les petits sont en haut à gauche de l’adulte) – Île d’Oléron, fin mai mai 2019

Le jeune rougegorge

Le rougegorge est un oiseau peu farouche, qui n’hésite pas à s’approcher des humains (les jardiniers et les cueilleurs de champignons le savent bien). Lorsque le printemps s’affirme, les petits sortent du nid, où ils ont passé une petite quinzaine de jours, voire moins. Ils déambulent alors au grand air avec les adultes, puis, à l’âge de cinq semaines environ, ils peuvent se débrouiller et trouver leur nourriture sans aucune aide.
Néanmoins, pendant toute la première année, ils gardent leur plumage de jeune oiseau, sans cette couleur orange bien flashy qui caractérise le rougegorge adulte. On distingue juste du jaune pâle, très délicat, sur le poitrail.
Pour la petite histoire, le jeune rougegorge qui illustre cette note m’a prise pour un arbre, me fonçant dessus de ses petites ailes, se rendant compte à cinq centimètres de l’obstacle qu’arbre je n’étais point, et faisant donc volte-face. Il s’est aussi très nettement approché de mes chaussures ; qu’il prenait pour des racines, des branches, que sais-je ?

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2019

Le vieux lavoir, la grenouille et la grenouillette

Sauzelle est un des plus vieux villages de l’île d’Oléron. Comme souvent dans les vieux villages, on y trouve un lavoir presque tout aussi vieux, aujourd’hui réduit à l’état de mare accueillante pour la flore et la faune aquatique locale :

Le lavoir de Sauzelle (Saint-Georges-d’Oléron) – Avril 2019

Dans ce vieux lavoir du vieux village, des petites grenouilles sautent en tout sens ou prennent le soleil … :

Une grenouille dans le lavoir – Avril 2019

… au milieu des grenouillettes. Le mot « grenouillette » est ici le surnom de la renoncule d’eau, une petite fleur blanche qui tire son nom de « rana, qui a lui même donné le mot « rainette » (qui, elle, n’est pas une grenouille, même si elle lui ressemble, mais on ne va pas chipoter) :

Une renoncule d’eau (appelée aussi « grenouillette ») dans le lavoir – Avril 2019

Conséquence inattendue de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris

S’il s’agissait d’une guerre, on parlerait peut-être de dommage collatéral : cette conséquence pas prévue au départ, pas souhaitée, et pourtant bien là. L’incendie de Notre-Dame n’est pas une guerre, mais un accident. Qui touche un patrimoine inestimable. Qui a fait la une de tous les quotidiens hier en France et dans pas mal d’autres pays.

Un faucon crécerelle à la chasse dans le ciel bordelais en septembre 2016

Outre une partie du bâtiment lui-même, des œuvres d’art, le grand orgue, etc, l’incendie a aussi détruit autre chose, qui n’était pas classée par les Monuments Historiques, c’est le fameux dommage collatéral que j’évoquais plus haut : l’incendie a mis à mal les abris des faucons crécerelles, dont un couple s’apprêtait justement à emménager dans un des recoins de la bâtisse.
Selon Ornithomédia, il y a actuellement 50 couples de faucons crécerelles à Paris, certes pas tous à Notre-Dame. Les premiers de ces oiseaux ont été repérés sur la cathédrale en 1840. Les oiseaux y trouvent en effet à la fois un abri et un poste d’observation. Il peut ainsi y avoir jusqu’à quatre nichées de faucons crécerelles par an dans les tours et les gargouilles de Notre-Dame.

Tenue de noce pour le gobemouche noir

Un gobemouche noir dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois d’avril 2019

Le gobemouche noir est un passereau migrateur : il hiverne en Afrique de l’Ouest, et revient en Europe pour se reproduire. La saison des amours commence en avril. Le mâle revêt alors un plumage noir et blanc très chic, avec lequel il séduit madame. Ou mesdames.
En effet, si le gobemouche noir est plutôt monogame, il lui arrive parfois, alors que sa légitime couve dans le nid, de bâtir un autre nid un peu plus loin pour attirer une deuxième nénette. D’où éventuelle deuxième couvée, qu’il ignore lamentablement, n’ayant d’yeux et de becquées que pour la première.

Pour en savoir plus : oiseaux-birds.com

Le retour attendu de l’hirondelle

Souvenons-nous de l’année passée : quelques hirondelles seulement, la migration avait été difficile. Chaque année il y a de moins en moins de ces jolis oiseaux, car la raréfaction accélérée et dramatique des insectes empêche les couples d’élever deux nichées annuelles. Il y a donc moins d’hirondelles qui repartent vers le grand sud qu’autrefois, et moins encore qui reviennent dans nos contrées lorsque le printemps s’officialise.
Car l’hirondelle, c’est rituel, se pointe grosso modo au moment de l’équinoxe de printemps. C’est à nouveau ce que j’ai pu constater sur l’île d’Oléron, mais je n’ai pas vu un seul spécimen sur Bordeaux. Espérons seulement que la migration se passe mieux que l’an dernier, que le stock réduit d’insectes suffira néanmoins à faire pitance, que les nids abriteront suffisamment de petits bien costauds, pour que l’hirondelle rustique ne disparaisse pas purement et simplement de nos paysages.

Une hirondelle rustique sur l’île d’Oléron le 24 mars 2019

L’optimisme des abeilles

Si les abeilles avaient conscience d’elles-mêmes, elles broieraient du noir. Leur disparition accélérée, qui met en danger la production alimentaire mondiale, est un fait avéré. On en connait les causes, mais ce n’est pas le sujet du jour. Car aujourd’hui, 20 mars, est non seulement le premier jour du printemps, mais aussi la journée internationale du bonheur, comme le rappelle l’article de Sciences & Avenir d’où est tirée l’info qui suit : les abeilles sont heureuses. Ou du moins optimistes, car le bonheur n’est pas facile à mesurer chez l’insecte.
Suite à une expérience, relatée par l’article, il s’avère que l’abeille, tout comme d’autres animaux (dont l’humain), secrète de la dopamine dès qu’elle est shootée au sucre. La dopamine est un neurotransmetteur qui provoque la sensation de plaisir, et donc rend joyeux et plein d’entrain. Les abeilles ainsi dopées au sucre sont alors plus habiles que les autres pour trouver leur nourriture ou pour lutter contre un ennemi. Sauf quand celui-ci se nomme néonicotinoïde, mais ça, l’article n’en parle pas.

Des abeilles dans le parc Rivière, à Bordeaux, en mars 2019

Grive du matin

Depuis quelques jours, ce n’est pas la radio qui me réveille, mais l’oiseau. L’oiseau chante bien avant que la radio ne parle, et l’oiseau chante bien. C’est normal, c’est son job, et ce n’est pas pour rien que cet oiseau-là se nomme « grive musicienne ». La grive chante longtemps, et continue même après le lever du soleil. D’où ce petit bout filmé : le son est médiocre, l’image est pire, soyez indulgents.

Les demoiselles s’accrochent

Les demoiselles sont des odonates, ce qui signifie qu’elles sont de la même famille que les libellules, mais leurs corps et leurs ailes sont beaucoup plus petits et minces. Malgré cette apparente fragilité, les demoiselles, appelées plus sérieusement « zygoptères », sont de voraces carnivores, même à l’état larvaire. Elles ont aussi, tout comme les libellules, une tendance à s’agripper à leur partenaire sexuel. L’opération crac-crac est d’ailleurs potentiellement violente : les mâles peinant à trouver une femelle peuvent adopter des stratégies agressives vis-à-vis de leurs concurrents. Une fois le couple formé, l’attache des deux corps est bien solide, les mâles de certaines espèces ne lâchant la femelle qu’une fois les œufs pondus. On voit ainsi les couples voletant de-ci de-là, se posant sur une brindille, puis repartant vers la brindille suivante, monsieur tirant madame dans sa déambulation.

Accouplement de deux zygoptères – Département de la Gironde – 26 février 2019

Source : Wikipédia

Tant et tant de tournepierres

J’ai découvert le tournepierre à collier il y a un peu moins de deux ans, sur le port de La Cotinière (piqûre de rappel). C’était alors le printemps, et les oiseaux arboraient leur plumage nuptial, nettement plus coloré que le plumage hivernal. Régulièrement, depuis ce jour, j’ai revu des tournepierres sur ce même port, et même ailleurs sur l’île d’Oléron, mais jamais en aussi grand nombre que vendredi dernier.

Combien étaient-ils, massés bien serrés sur les pontons, les jetées, voire sur les ponts des bateaux ?

Circulant toujours en bande, dont le vol se déclenche sans que l’on sache très bien pourquoi, les tournepierres monopolisaient l’espace portuaire, bien plus que les mouettes et les goélands, pourtant bien plus sonores. Peut-être se préparent-ils déjà pour la grande fête du printemps puis la migration ? Et dire que, il y a une quarantaine d’années, ces oiseaux étaient quasiment inconnus sur l’île d’Oléron…
Ils sont apparemment fort peu étudiés en France, bien que protégés depuis 1981, et il n’y a donc ni comptage suffisamment récent ni suffisamment précis pour connaître la cause de cette arrivée, a priori assez conséquente, de tournepierres sur Oléron.

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) le 22 février 2019

Bain de soleil

Les animaux dits « à sang froid » se sont faits rares ces derniers temps. Mais aujourd’hui, alors que le thermomètre taquine les 15°C à l’ombre, ces charmantes bêtes sortent de leur léthargie et de leurs planques, puis se posent là et attendent paresseusement que le doux soleil réchauffe leur corps tout froid. C’est ainsi le cas du lézard … :

… de la tortue … :

… et, plus surprenant dans le quartier résidentiel où j’ai pris la photo, de la couleuvre :

Photos réalisées le 18 février 2019 dans l’agglomération bordelaise

Le seau de l’amour

Février est le mois des amours chez le crapaud. Le batracien ne pense qu’à rejoindre la mare la plus proche pour jouer à zizipanpan et assurer la perpétuation de son espèce. Mais, tout entier noyé dans ses hormones insistantes, le pauvre animal ne songe plus à l’élémentaire prudence sur le chemin de l’étang, traversant bien des fois des rues et des routes qui lui sont fatales. Le crapaud finit alors plus plat qu’une crêpe sur le triste bitume. Fin sordide d’une histoire d’amour à peine commencée.
C’est alors que la main de l’homme intervient, aidant l’animal par la mise en place de crapauducs. C’est ainsi que du côté d’Hourtin, dans le Médoc, l’ONF a mis en place pour trois semaines un système devant permettre à un maximum de crapauds de remplir leur devoir conjugal. Sud-Ouest explique ainsi qu’un rideau, disposé mi-janvier, oblige les animaux à tomber dans des seaux. Chaque matin, ces seaux sont transportés par des bénévoles jusqu’à l’eau, où les crapauds peuvent enfin conter fleurette et plus encore.

Un crapaud dans un étang de l’agglomération bordelaise le 12 février 2019

L’impatiente attente du printemps

Je sais que ce n’est ni scientifique ni réaliste, mais dès que les jours rallongent, donc dès que l’hiver s’officialise, je veux absolument voir des signes de printemps partout. Les mimosas d’abord, puis les crocus, les narcisses. D’ailleurs, pour ces derniers, c’est bon, ils pointent leur petit nez jaune dans mon jardin aussi, après un temps d’hésitation. Nous sommes au tout début de février, et je vois du printemps partout. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, à Bordeaux, il faisait 15°C. Et pourtant il faisait aussi bien gris. Un gris qui n’empêche pas la pie de faire son nid, très très haut dans l’arbre, parce-que dans un mois, peut-être moins, il y aura des petits dans ce nid-là, qui bouge pire qu’un manège de fête foraine quand le vent forcit :

Dans le même temps, le papillon, à peine sorti de son cocon, semble tout chose, tout bizarre, ne sachant trop quoi faire de ses ailes colorées sur la terre ferme. Celui-là mit quelques minutes avant de prendre son envol :

Mais surtout, et c’est chaque année la même histoire, c’est la migration des grues dans le sens sud-nord qui marque le début des beaux jours. La LPO a daté le début de la migration au 1er février. J’ai vu les premières grues hier, presque au-dessus de mon home sweet home :

Un guillemot en hiver ?

C’est un dimanche venteux qui fait voler le sable et l’écume. Marcher sur l’estran sableux ressemble à une gambade dans de la crème fouettée, le marcheur moyen étant en outre fortement poussé par le vent. On parle de rafales à 70 km/h. Mais c’est en continu que ça souffle ainsi sur ce bout de littoral entre la pointe de Grave et le Bassin d’Arcachon.
Et, sur cette écume faussement moelleuse, il y a un oiseau, seul de son espèce dans cet espace-là, indifférent aux goélands locaux qui volent comme ils peuvent. Je surfe sur le net et pense qu’il s’agit probablement d’un guillemot de Troïl en tenue d’hiver (sa tenue d’été ressemble davantage à un smoking, très classe).
Le guillemot, nous disent les sites habituels (oiseaux.net, oiseaux-birds.com et même wikipedia), passe quasiment toute sa vie en mer. C’est un oiseau pélagique, qui pêche profond et, qui, au final, a grosso modo le même régime alimentaire que moi : merlan, maquereau, hareng, etc. Le voir ainsi, comme échoué, sur ce bout de plage, a quelque chose d’inquiétant. L’oiseau repartira-t-il quand le vent sera calmé ?

Photos réalisées sur la presqu’île du Cap Ferret le 27 janvier 2019

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Titis parisiens

Souvenons-nous de Titi, ce canari plus jaune qu’un gilet en décembre, qui jouait à la star dans les dessins animés de notre enfance. Un brave piaf en somme, qui narguait ce pauvre Gros Minet un peu benêt. Un simple zozio. Et du zozio, de nos jours embués par le phytosanitaire définitivement létal dans les campagnes autrefois propices, le zozio, disais-je, trouve désormais refuge, pitance et sécurité dans les villes, où le quidam de base le nourrit et/ou le photographie. Dans les villes, donc, y compris à Paris, où je déambulais il y a peu pour cause plaisante de Noël familial et ensoleillé.

Il y avait bien sûr des mouettes sur la Seine … :

… ainsi qu’une bergeronnette des ruisseaux entre le pont de Bercy et l’embouchure du canal Saint-Martin :

Mais c’est bien sûr dans les parcs et jardins que les oiseaux sont les plus visibles, comme ce cormoran dans le parc des Buttes Chaumont … :

… et, toujours dans le même parc, des perruches bien vertes, oiseaux immigrés arrivés par hasard et bien adaptés, preuves que l’avenir réside bien dans la diversité des couleurs :