Les stars du jardin botanique

On peut se dire que le jardin botanique est d’abord et avant tout visité pour ses plantes. Ce n’est point faux, d’autant plus que celui de Bordeaux fait dans le concret : légumes, fruits, plantes médicinales, avec panneaux explicatifs clairs et précis. En plus du plaisir des yeux, on ressort du jardin un peu moins idiot qu’on y est entré, et ce n’est pas rien. Mais ce jardin n’est pas que cela : il a aussi ses stars, vertes et bondissantes, qui, dès le printemps, font leur show dans les mares. Habituées aux humains, les grenouilles de ce jardin-là sont particulièrement peu farouches.

Certes : des oiseaux

La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Week-end d’élections = week-end à la maison

Second tour des municipales. Pas question de faire abstention : il s’agit, dans ma commune, d’empêcher girouette-cacahuète d’accéder au trône de maire. Donc demain, à la première heure, je glisse mon bulletin dans l’urne. Et donc, aujourd’hui, l’homme de la maison et moi-même n’avons point déserté vers des contrées d’outre-Garonne.
Le devoir électoral n’est cependant pas incompatible avec une vraie balade dans la nature. Balade matinale (après, il fait trop chaud) qui a commencé par l’observation des milans au-dessus d’un parking. Suite au prochain numéro.

Des milans noirs quelque part en Gironde – 27 juin 2020

Le sphinx-colibri

Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Orange dehors, orange dedans

Le rougegorge porte mal son nom : déjà, la zone colorée ne se résume pas à la gorge, mais englobe tout le poitrail et une bonne partie de la tête du petit passereau. Et surtout, la couleur n’est pas rouge, mais orange. La preuve, s’il en fallait une, avec ce joli spécimen qui raconte plein de choses passionnantes dans son mimosa :

Le même oiseau, lorsque je force le zoom au-delà du raisonnable (c’est une photo moche, mais c’est pour la science), montre l’intérieur de son bec, voire sa gorge : orange aussi.

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Aurélie de deux couleurs, et une énigme

Aurélie est le joli petit nom d’une méduse presque totalement transparente. Elle est assez courante en Atlantique, surtout l’été. De son nom savant aurelia aurita, elle est actuellement visible sur les plages de Charente-Maritime :

Sur la même plage, et pas bien loin de l’aurélie ci-dessus, se trouvent de nombreuses méduses bleues (c’est leur nom), de la même famille que l’aurélie :

Jusque là, nous sommes dans du connu, du déjà vu. Mais il y a aussi une autre sorte d’animal faisant penser à une méduse bleue, un peu par sa forme et bien sûr par sa couleur, mais, en y regardant de plus près, on a l’impression qu’il y a deux animaux en un, comme deux physalies piégées dans un globe de gélatine :

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

L’hérogne et le cigon

Reportons-nous quelques mois en arrière : sur l’île d’Oléron, une famille de cigognes et une famille de hérons partageaient le même arbre (piqûre de rappel). Le confinement n’aidant pas, je n’ai pas eu de nouvelles de ces deux familles pendant trois mois et demi. Dès que la cloche de la récré a sonné, je me suis précipité vers ces nids de haute promiscuité. Alors ? ont-ils fait ami-ami ? ont-ils eu des petits ? des hérognes ou des cigons ?
La surprise fut de taille : les hérons seuls semblent avoir gagné la partie, ils occupent l’arbre sans concurrence. À moins que, à ce moment précis du début de juin, le gang des cigognes ne se soit planqué dans les fourrés, histoire de tromper le badaud de base.

Deux hérons sur l’île d’Oléron petipatapon – Juin 2020

Un demi-deuil sur la prairie

Le nom de « demi-deuil » est directement lié à la couleur de ce papillon : noir et blanc. C’est un papillon de taille moyenne, très commun en Europe, quoique moins présent au nord de la Seine. Actuellement, les demi-deuil sont nombreux dans les champs et les bords des chemins sur l’île d’Oléron.

En déambulant sur Wikipédia, je découvre comment ce papillon se reproduit. Habituellement, les mâles papillons attendent gentiment que madame passe. Chez demi-deuil, monsieur surprend madame lorsque celle-ci décolle de quelque herbe où elle s’était rassasiée ou reposée. Madame largue ses œufs en plein vol. Puis ceux-ci, air connu, deviendront chenilles, chenilles deviendront papillons, …

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2020

Futur sphinx

Une grosse chenille d’un vert pomme éclatant avance tête en bas et très lentement. Une vraiment grosse chenille. Vraiment très verte. Qui donnera naissance à un papillon peut-être grand aussi. Ou pas. Après tâtonnement sur le web, j’en conclus que cette chenille est de la famille des sphinx, des papillons presque tous nocturnes (sauf le moro sphinx, appelé aussi sphinx colibri).

Chenille d’un papillon de la famille des sphinx – Département de la Gironde – Juin 2020

Le geai des chênes porte bien son nom

Quand il ne batifole pas dans les branches des chênes (piqûre de rappel), le geai en mange les fruits. Le geai ici présent ne séjournait donc pas sur un chêne, mais toute branche pouvant faire à la fois table, chaise et assiette, le geai en question s’apprêtait à se régaler d’un gland. Les geais sont relativement nombreux dans les parcs bordelais, ils s’y chamaillent même (celui qui figure sur les photos s’est fait chiper son gland par un autre geai, qui lui a volé dans les plumes quelques secondes après la mise en boite des photos). Les geais sont facilement repérables de loin grâce à leur cri, mais aussi à leurs couleurs. Dans les parcs et jardins, habitués aux humains, ils sont assez peu farouches.

De l’inutilité du radio-réveil

Chant de la grive musicienne = debout !
Coassement des grenouilles = dodo

Dans la mare aux nénuphars

Puisque, hier, j’avais franchi la Garonne de quelques coups de pédale, il m’étais facile de faire un petit tour dans le jardin botanique de la Bastide. Un tout petit tour : mon homme et moi-même avions des ambitions garonnesques et clairement urbaines, mais un tour quand même.
La plus grande pièce d’eau du jardin botanique est celle où fleurissent les nénuphars, ainsi que les lotus quand c’est la saison (je pense que nous sommes un peu tôt). C’est aussi un hot spot pour d’autres plantes aquatiques, comme les iris, ainsi que pour les carpes et les grenouilles.

De jeunes étourneaux

L’étourneau sansonnet a pour habitude de nicher dans des cavités fabriquées par d’autres que lui : en forêt, il affectionne les anciennes cachettes des pics épeiche, mais en ville ? comme on peut le voir sur les photos qui illustrent cette note, un abri sous tuiles fait l’affaire, on dirait même que les petits ont des chambres individuelles. Le site oiseaux.net précise qu’il arrive que l’étourneau puisse faire son nid dans un lampadaire, histoire de profiter de la douce chaleur de la lampe.

Le plus souvent, la femelle pond et couve 4 à 6 œufs au début du printemps. Au bout de deux semaines environ, les petits cassent leurs coquilles et commencent à crier famine. Ils quittent généralement le nid trois semaines plus tard, les parents leur enseignent la vie en cours accélérés (en gros, quelques jours pour apprendre à voler et à se nourrir), puis les petits s’émancipent.

Photos réalisées dans le département de la Gironde en mai 2020

Photo de la semaine du 4 au 10 mai 2020

Quelques nouvelles de la famille hérisson

La hérissonne (puisque hérissonne il y a) élève ses petits sous des iris du jardin, et même, depuis hier, dans la quasi-totalité du jardinet. Les petits se déconfinent vitesse grand V. Grande surprise hier en fin d’après-midi : j’ai découvert que les trois hérissons vus quelques jours plus tôt ont un point commun majeur avec les Trois Mousquetaires. Non, il ne s’agit pas de capes, d’épées, ou d’autres gadgets. Comme les Trois Mousquetaires, ils sont quatre. Ils commencent à chercher leur propre nourriture (surtout des insectes, en particulier sur la sauge qui pousse près des tomates), se gavent d’escargots, mais ne sont néanmoins pas encore sevrés, preuve en image (image de qualité médiocre, mais j’étais loin pour ne pas gêner et j’ai forcé le zoom au maximum) :

Ce matin, ils semblent avoir changé de nid : ils ont traversé le jardin pour se planquer sous un tas de feuilles, que nous avions, à l’automne, volontairement mis en place sur une palette pour accueillir l’éventuelle hibernation d’un hérisson. La mère a même récupéré des feuilles supplémentaires pour rendre le lieu douillet. Ce lieu est aussi très proche du jardin des voisins, peut-être est-ce donc le début annoncé d’un grand voyage pour la jeune génération.

Désormais nous l’appellerons « Dominique »

Nous l’avions surnommé « Pépère », pensant qu’il s’agissait d’un mâle célibataire. Or, sur ces deux points, nous avons fait preuve de légèreté. Célibataire ? sûrement pas, nous avons des preuves. Quant à Pépère … le nom est fortement connoté masculin. Et si le hérisson du jardin était une dame ? D’où ce prénom mixte de « Dominique » qui sera désormais le sien (Claude et Camille, ça marche aussi), puisque nous avons vu trois petits, trois jeunots, trois p’tits loulous frôler la bordure intérieure des iris du petit jardin du grand confinement, en tout début de soirée alors que la pluie avait enfin daigné cesser de tomber. Iris où ronflait celui (ou celle) que nous avions un peu rapidement surnommé Pépère.

Trois jeunes hérissons dans le petit jardin du grand confinement – 2 mai 2020

Ce que Pépère nous fait faire

Le confinement a cela de bon qu’il nous permet de nous rapprocher de la nature, puisque nous avons le temps et un jardinet, ce qui n’est pas rien. Dans ce jardin, souvenez-vous, dort profondément un hérisson (surnommé Pépère), qui, pratiquant peut-être le jeûne de Ramadan, ne sort consommer d’augustes nourritures qu’à la nuit tombée.
Nous avons remarqué que certains éléments meublant la terrasse ralentissaient Pépère le Hérisson dans son déplacement vers les contrées de bombance. D’où déplacement de quelques uns desdits éléments pour laisser à Sa Majesté plus d’espace pour ses virées nocturnes. Cela ne marche pas trop mal, mais l’animal encore hésite, avant de trouver le chemin vers le jardin voisin, où, peut-être, il trouve de quoi se sustenter (en plus des escargots du jardin), et peut-être même, qui sait, sa dulcinée.

Les lundis se suivent et se ressemblent

C’est marrant, mais, depuis le début du confinement, le lundi c’est jour de pluie. Au début, cet aspect météorologique m’a rendue grognon. Et puis l’habitude vient, on se dit que cette pluie, c’est bon pour le jardin. D’ailleurs, les escargots n’y voient aucun inconvénient.

Deux escargots dans le petit jardin du grand confinement, le lundi 27 avril 2020

Laurier classé X

On tourne à peine le dos que le laurier du jardin devient une scène de stupre et de fornication, un hot spot du zizipanpan et du crac boum hue, voire du crac-crac tout court. Dans un petit jardin où vit un hérisson célibataire, du genre qui a fait vœu de chasteté pour se consacrer au dodo sous la couette feuillue et à la chasse aux escargots. S’il voit ça, le hérisson que va-t-il penser de la tenue de ce jardin ? de la moralité des tauliers ? je m’attends à une fin de semaine difficile …

Deux insectes en mode peace and love dans le laurier du petit jardin du grand confinement

Un flash d’hirondelles

Derrière chez moi y’a un étang. Un tout petit étang artificiel de rien du tout, mais dans le kilomètre autorisé par la loi, et ça change tout. Sur cet étang volent à toute vitesse quelques rares hirondelles. Allez-y les filles, boulottez du moustique, surtout du tigre, car on aimerait bien ne pas choper la dengue en plus du covid.

Deux hirondelles dans l’agglomération bordelaise en avril 2020

Papillon d’un jour

Il était déjà là le matin, au moment de l’ouverture des volets, collé sur l’extérieur d’une vitre du côté nord. Il était là en milieu de matinée, puis sur l’heure du déjeuner. En fin d’après-midi, il n’avait toujours pas bougé une patte, pas cillé, pas vibré. Extérieur de la fenêtre, côté nord un jour de pluie. Ce n’est qu’une fois la nuit tombée qu’il s’est envolé.

Un minuscule papillon passe une journée entière sur la même vitre – 20 avril 2020

Photo de la semaine du 13 au 19 avril 2020

Ça doit gravelotter dans les dunes !

La saison peace and love est bien avancée : les bébés merles piaillent dans la haie du voisin pour réclamer pitance, les milans jouent à « vole après moi que je t’attrape », le moineau honore la moinelle dans l’allée du jardin, et je passe sur les pies, les étourneaux, les pigeons et autres palombes de toutes plumes. Bref, même si le confinement nous rend absents, c’est le printemps.
Et donc, afin d’oublier temporairement les inepties et les errements du patron-président, je pense au printemps sur l’île d’Oléron. Avec l’interdiction totale des plages, les oiseaux ont la belle vie. En particulier les gravelots à collier interrompu, qui nichent en haut des plages, à même le sol. Les femelles pondent trois œufs une ou deux fois par an. Mâles et femelles se partagent la corvée de couvaison. Puis, au bout d’un petit mois, les poussins pointent le bec dehors, et il leur faut encore un autre petit mois pour qu’ils prennent leur envol. Tout ça sur la plage, à la belle saison, avec tous les risques que cela comporte, le badaud pouvant badiner trop près des nids.

Photo : un gravelot à collier interrompu sur l’île d’Oléron en juillet 2019

Qu’est-ce qui a 8 pattes et qui marche la tête en bas ?

Pas de mauvais esprit les enfants : il ne s’agit pas du patron-président de la France et de sa rhétorique guerrière, pour la bonne raison que, nonobstant sa tendance à prendre parfois les problèmes à l’envers, notre bien aimé patron-président n’a pas 8 pattes. D’ailleurs, les patrons-présidents sont des humains comme les autres, ils n’ont pas des pattes mais des bras et des jambes. C’est donc forcément un tout autre animal qui déambule ainsi entre les fils qu’il a lui même tendus afin de saisir ses proies.
Morale du jour : quand le patron-président te met les nerfs en pelote, prend le temps d’observer les animaux autour de toi, cela évitera que ses fesses tu lui bottes.

Une araignée dans le petit jardin du grand confinement

Translation des butineurs

Au début du confinement, les butineurs avaient assailli de leur vibrante gourmandise le petit pommier décoratif du jardin, alors totalement fleuri. Le pommier a perdu ses fleurs, les feuilles jaillissent de partout, les premières pommes sont déjà formées. C’est au tour de la glycine d’entrer en scène, maintenant intégralement mauve et odorante. C’est elle qui attire désormais les butineurs, juste au-dessus des iris où ronfle le hérisson. Le secteur est sonore, j’adore.

Un butineur dans la glycine – Avril 2020

« Jurassic Park » sur le mur du garage

Tout comme le charmant rougegorge qui volette au-dessus du jardin en hiver, le lézard gris des murailles descend des dinosaures. Dinosaures, qui, bien qu’ayant disparu bien avant qu’homos sapiens mette la pagaille sur la planète, ont donné descendance aux oiseaux et aux lézards, quelque soit la taille desdits lézards. Le lézard gris des murailles n’est pas du genre à terrifier les foules, il faut l’admettre. Pour un rôle majeur dans une production hollywoodienne, il devra attendre encore un peu.
Mais, en temps de confinement, le petit animal prend un tout autre intérêt. Il devient sujet d’observation voire de portrait. Le site aujardin.info indique qu’il aime particulièrement les rocailles et les pierres sèches. En milieu urbain, il ne dédaigne pas non plus le mur du garage, orienté plein sud, ça aide pour réchauffer ses vieilles articulations après l’hiver.

Les déambulations du hérisson

Revenons, si vous le voulez bien, quelques temps en arrière : un hérisson avait été pris en flagrant délit de grosse ronflette sous les iris du jardin.
Depuis, chaque jour, presque toujours au même endroit, j’entends la respiration sonore de l’animal. Hier soir, après un dîner sur la terrasse permis par une météo clémente, mon homme et moi-même vîmes le hérisson sortir de sa cachette, arpenter le gazon pas anglais pour un sou du jardinet, puis filer dans le bûcher. Clap de fin pour la soirée.
Ce matin, alors que je petit-déjeunais derrière la vitre donnant sur la terrasse, je vis pépère faire son petit tour, puis filer à nouveau sous le bûcher. Sur le coup de midi, il ronflinait à nouveau sous ses iris, que nous nous gardons bien d’approcher de trop près et surtout d’arroser, car une douche en plein sommeil, c’est désagréable, même quand on a un manteau d’épines.

Le hérisson du petit jardin en temps de grand confinement – 9 avril 2020

Le retour du grand capricorne

Le grand capricorne du chêne est un très grand coléoptère noir, aux antennes immenses, qui, si j’en crois insectes.net, se pointe en général fin mai début juin. Le spécimen vu hier dans mon jardin arrive donc un peu tôt dans l’année, d’autant plus tôt que je l’avais déjà croisé (lui ou son frère) il y a une semaine. Un bon mois d’avance, en somme.
L’animal est impressionnant par sa taille (autour de 6 cm de long, voire plus) et surtout par le gigantisme de ses antennes. Sa principale activité lors de sa courte vie (un ou deux mois) consiste à se reproduire. La femelle pond ses œufs dans des troncs d’arbres (prioritairement des chênes), où les larves se nourrissent en creusant des galeries potentiellement gênantes pour le développement de l’arbre ainsi squatté. Le département de biologie de l’ENS de Lyon signale que c’est cet aspect-là du grand capricorne du chêne qui pose problème : l’animal est protégé par la loi (ce qui n’est pas si fréquent pour un coléoptère) alors que ses larves font des dégâts. Oui, mais la présence desdites larves serait aussi un facteur favorisant la biodiversité. Le débat est ouvert …

Un grand capricorne du chêne vu en Gironde le 5 avril 2020

Photo de la semaine du 23 au 29 mars 2020

À quoi rêve le hérisson ?

L’histoire a commencé hier matin. Bien confinée derrière la vitre, à l’heure où, en temps normal, je me bats avec des terminales pour qu’ils entrent en cours l’un après l’autre et non tous en même temps en hurlant (oui, des terminales), bref, en ce temps plus paisible du confinement, je regarde par la fenêtre. Et j’assiste, ébahie et joyeuse, au ballet d’un gros hérisson qui, du plus vite qu’il peut (en tout cas assez vite pour que les photos soient floues), va de sa tanière sous les iris vers le fond du jardin, là où il y a brindilles et feuilles sèches. Le gros pépère chope les végétaux dans sa gueule, file vers sa tanière, les dépose, puis recommence. Ça dure un bon moment.

Un hérisson pressé d’aménager sa tanière en vue d’un gros dodo dans le petit jardin du grand confinement

Plus tard dans la journée, j’ai compris ce que le hérisson faisait sous son douillet tas de feuilles : il dort. Et même il ronfle. Ce midi encore, j’ai eu l’impression qu’il avait le sommeil quelque peu agité, comme vous arriverez peut-être à l’entendre sur ce petit bout sonore capté avec les moyens du bord :