Chevreuil flou

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C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Ça va faire du baignassout’

Le monde tel qu'il va, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Camarades blogonaute habitué ou de passage, si tu ignores, en trainant ici, le sens du terme « baignassout' », révise ton charentais maritime ou prend une leçon auprès des Binuchards, parce-que je ne vais pas indéfiniment tout répéter, faut suivre un minimum, sinon c’est l’heure de colle qui te pend au nez.
Donc, pour en revenir à ce qui nous préoccupe et au titre de cette note, on va avoir du baignassout’ sur le littoral néo-aquitain cet été, car figurez-vous que nos contemporains, et peut-être toi cher blogonaute, rêvent de découvrir la dune du Pilat et l’île d’Oléron. C’est écrit dans le Routard, qui publie un sondage tout beau tout neuf (copie d’écran ci-contre).

Un chouia d’humour à deux balles

Je suis prof mais je me soigne, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

La semaine est finie, enfin, et, une fois encore, quelle semaine ! l’impression d’avoir mené deux vies parallèles, de n’avoir jamais touché terre. Le temps de rien, le stress des parents qui nous insultent et nous roulent dans la boue, parce-qu’ils en ont marre d’avoir leurs gosses à la maison un jour sur deux, que le covid c’est pas si grave, tout le monde sait bien que les profs sont des Jedis. Tellement Jedi que, parfois, je me sens tentée par le côté obscur de la force, mais la séance rigolote de cet après-midi, avec 18 élèves de première qui ont fait la même chose que leurs camarades « en distanciel » (que ce mot est laid …), validant à la seconde près les résultats de chacun sur pronote, … la séance rigolote, disais-je, a un peu remis les pendules à l’heure et les mouflets ont trimé fort bien et sans rechigner. Néanmoins, cette consolation n’a pas eu raison de la fatigue globale, et l’avachissement vespéral dans le canapé s’est accompagné d’un petit tour dans quelques photos d’Oléron relativement récentes, notamment ces deux-ci, prises dans le port du Château, en mode jeu de mot et humour à deux balles, et ça fait du bien :

Les bernaches ne cessèrent point de brouter

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La semaine dernière marquait la fin des vacances d’hiver pour la zone A. J’ai profité de ce temps de pause autorisée pour descendre sur une plage de la commune de Dolus d’Oléron. Les oies bernaches étaient presque sur le sable, et la présence des humains pourtant à faible distance ne les dérangeait en aucune manière. Elles broutaient les zostères en silence et avec application. Dans peu de temps, elles quitteront nos rivages pour rejoindre le grand nord où elles élèveront leurs petits, puis elles reviendront pour l’hiver suivant …

Les bernaches cravant sur une plage de Dolus d’Oléron, février 2021

Le mimosa n’était pas à la fête

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ni le mimosa, ni rien, ni personne, car fête il n’y a plus, covid oblige, alors que mimosa il y a. Mimosa il y a, et ce n’est pas si évident que ça, car, bien souvent, quand février s’approche de mars, le mimosa a fané depuis belle lurette. Sur l’île d’Oléron, en effet, le mimosa est souvent au mieux de sa forme sur le coup du nouvel an, et il est donc tout flétri sept semaines plus tard. Cette année, il était en retard, et donc pile poil joliment fleuri pour la fête du mimosa de Saint-Trojan-les Bains, qui se tient traditionnellement le troisième week-end de février. Cette année le mimosa était à l’heure, mais la fête a été annulée. C’est ainsi et c’est un peu triste.

Du mimosa au mieux de sa forme sur l’île d’Oléron le 18 février 2021

Un échinoderme en dessert ?

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Récemment, un beau goéland avait ici même présenté sa manière de manger un encornet. C’est un plat copieux, mais un tel repas doit forcément se clore par un dessert à la hauteur de sa gourmandise. Quoi de mieux alors qu’un échinoderme, en l’occurrence une belle étoile de mer que l’océan vient tout juste de déposer aux pattes du goéland ?

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en février 2021

Céphalopode frais sur son lit de vase (recette de goéland)

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La manière de préparer puis déguster la seiche ou l’encornet est parfaitement maîtrisée par le goéland adulte. Sûr de son geste et sur l’estran, il tire vers lui l’animal dont il compte bien faire son repas, en utilisant pour cela un long tentacule de la bête :

Puis maître goéland commence à goûter sa proie, tâtonne, hésite, la repose. En cuisine, c’est très important, le temps de repos. On voit là que ce goéland connait son métier :

Il y retourne et veille à ce que le petit céphalopode soit bien enrobé de fine vase :

Cette fois, c’est la bonne, en une bouchée la proie est avalée :

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) en février 2021

Surfer sur l’hiver

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J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

Toute fin d’été dans le marais des Bris

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Le marais des Bris se trouve tout au sud de l’île d’Oléron, sur la commune de Saint-Trojan. Le dernier week-end fut le dernier de l’été. Marée haute côté mer, mais peu d’eau dans le marais lui-même : une écluse gère tout cela et limite les flots. Et surtout, il y avait des oiseaux. Des aigrettes, encore des aigrettes, ainsi que des mouettes, et puis des gravelots.

Hautes eaux au Château

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Le week-end dernier, la mer a fait sa maline. La maline, c’est la marée de fort coefficient, en particulier celle qui s’observe lors des équinoxes. Pile poil la configuration des 18, 19 et 20 septembre. C’était un week-end paisible, rien évidemment ne laissait prévoir la tornade qui est passée sur Le Château d’Oléron (entre autres) hier après-midi. Un week-end paisible, donc, avec une lumière magnifique, en particulier en début de soirée, lorsque la mer fut la plus haute, emplissant les chenaux et les ports. Des miroirs d’eau éphémères.

Crac ! Boum ! Mouche !

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La vie de la mouche est courte : 17 jours pour monsieur, 21 pour madame. En si peu de temps, perpétuer l’espèce est une urgence encore plus importante que se nourrir ou batifoler dans les herbes pour s’amuser. Pour pondre ses 400 à 600 œufs règlementaires, madame mouche ne doit pas perdre le fil de sa brève histoire terrestre. Crac-crac obligatoire, mais en s’appliquant, en se posant sur une feuille bien verte. Et ça prend du temps. Comparativement à la brève vie de la mouche, les longues minutes d’accouplement semblent interminables : je n’ai certes point chronométré, mais, avant de fixer sur carte SD ce grand moment, en bon entomologiste-(a)mateur j’ai quand même eu le temps de finir ce que j’avais dans mon assiette, d’aller chercher l’appareil photo, de l’allumer, de cadrer, de zoomer (trop, d’où le flou).

Source : futura-sciences

Chenal du Moulin

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En particulier sur sa moitié nord, mais pas exclusivement, l’île d’Oléron est parcourue par des chenaux aménagés par l’homme. C’est le marais, une zone humide autrefois sauvage puis domestiquée au fil des siècles. Sur la commune de St-Georges-d’Oléron, entre les villages de Sauzelle et de Boyardville, se trouve un joli chemin (très facile d’accès par la piste cyclable forestière) qui longe le chenal du Moulin. Chenal qui, lui-même, se jette dans celui de la Saurine, dont l’étymologie (sau = sel) rappelle l’existence fort ancienne de la saliculture sur l’île.

Petite balade à Fort Royer

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Le site ostréicole de Fort Royer se situe sur la commune de St-Pierre-d’Oléron. Pendant longtemps, le site a décliné : les cabanes semblaient même à l’abandon. Puis les producteurs se sont serrés les coudes, ont retapé les cabanes, et ont proposé au public de venir découvrir le vaste monde de l’huître : visites guidées, dégustation, mais aussi initiation à l’ouverture des huîtres sont au programme (pour en savoir plus, cliquez ici). Aujourd’hui, la balade est sympa, vivante et colorée.

Bernard

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C’était une très belle fin de journée sur l’estran sableux de l’île d’Oléron. Il avait fait fort chaud et la baignade, même sans vague, était salutaire. Et puisque, justement, vagues il n’y avait pas, il était facile d’observer les coquillages et les animaux qui les habitent. En cette fin de juillet, il y avait ainsi beaucoup de bernard-l’hermite, ces crustacés inachevés car sans carapace protectrice, bestioles à corps mou et fragile condamnées à squatter des coquillages abandonnés et à en changer au fur et à mesure que l’animal grandit.

Un bernard-l’hermite sur une plage de l’île d’Oléron en juillet 2020

Ça grenouille dans le marais

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Petite précision à toutes fins utiles : les îles charentaises sont d’abord d’immenses zones marécageuses, que l’homme a dompté au fil du temps. Le marais, donc, partout, peut se rappeler à nous, voire être utilisé à des fins commerciales : marais salants, claires pour les huîtres. Au beau milieu de ce paysage mi-terre mi-eau qui donne sa si belle lumière à ces îles-là, toute une faune se développe et s’épanouit. Le petit chien du voisin débusque les sangliers, j’ai vu un chevreuil aux abords d’une piste cyclable, tôt ce matin il y avait des lapins dans un pré, et il n’est pas rare de croiser des couleuvres et autres serpents qui font peur aux enfants. Mais ce qui s’épanouit le plus en ce moment, c’est la grenouille :

Quelques jeunes grenouilles à St-Georges d’Oléron – Août 2020

Quand Bubulcus ibis est là, les vaches sont bien gardées

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« Bubulcus ibis » est le nom savant du héron garde-bœuf, un ardéidé un peu plus petit que l’aigrette garzette, et plutôt moins dépendant de l’eau que les autres oiseaux de cette famille. Son nom vernaculaire est « héron garde-bœufs » car, bien souvent, il déambule au milieu des troupeaux et se tient très près des bovidés, sans aucune crainte ni méfiance.


Bubulcus ibis est originaire d’Afrique. Pendant très longtemps, il n’a mis patte en Europe que du côté de la Camargue, où il vient hiverner dans les années 1970. Puis l’oiseau a commencé à faire son nid, au sens propre du terme, dans d’autres régions : il est aperçu dans la Somme en 1980, puis, à partir de 1992, on le retrouve dans plusieurs départements français. Il privilégie les zones littorales, mais on peut aussi l’observer dans la Brenne, en Ardèche ou dans la vallée de la Garonne.

À l’inverse d’autres spécimens de son espèce, les hérons garde-bœuf installés en France migrent peu voire pas du tout. Ce sont des oiseaux qui vivent en groupe, qui dorment même dans de gigantesques dortoirs (1 400 oiseaux dénombrés dans un même dortoir en Charente-Maritime en 2000, plus de 5 000 dans un dortoir des Bouches-du-Rhône en 1998).

Pour en savoir beaucoup plus : oiseaux.net et migraction.net

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin et juillet 2020

Ils ont faim, mais ils n’auront rien et c’est pour leur bien

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Les bébés hirondelles sont choyés par leurs parents pendant trois semaines, puis l’éducation à la dure commence. Du jour au lendemain, les adultes n’apportent plus la nourriture au nid, afin d’obliger les jeunes à prendre leur envol. Les jeunes s’enhardissent, volent comme ils peuvent et se posent, puis réclament la nourriture. À nouveau, les parents les contraignent à se débrouiller seuls : ils s’approchent des petits avec des insectes, mais ne leur les donnent pas, afin de les obliger à sauter le pas et, eux aussi, à savoir attraper la nourriture en vol (source : oiseaux.net).

De jeunes hirondelles et l’adulte qui fait semblant de les nourrir – Juillet 2020

Le sphinx-colibri

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Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Un petit tour à la capitale

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Saint-Pierre d’Oléron est considérée comme la capitale de l’île : c’est la commune la plus peuplée (un peu plus de 6700 habitants en 2017), et elle a même un aérodrome. C’est aussi, à ma connaissance, la commune oléronaise où vivent le plus de personnes à l’année, avec la commune de Dolus sa voisine. Au week-end dernier, j’ai pris quelques minutes pour y déambuler :

Max de loin

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C’est un type accroché à une toile volante, le week-end dernier dans ce joli département de Charente-Maritime. Pas un parapente — même si cela y ressemble— car pente il n’y a point (ou peu, ou pas assez) dans ce département-là. Sur le moment, celui de la photo, j’ai pensé à cette vieille chanson d’Hervé Cristiani, Il est libre Max, parce-que c’est vrai que « y’en a même qui l’ont vu voler ».

Orange dehors, orange dedans

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Le rougegorge porte mal son nom : déjà, la zone colorée ne se résume pas à la gorge, mais englobe tout le poitrail et une bonne partie de la tête du petit passereau. Et surtout, la couleur n’est pas rouge, mais orange. La preuve, s’il en fallait une, avec ce joli spécimen qui raconte plein de choses passionnantes dans son mimosa :

Le même oiseau, lorsque je force le zoom au-delà du raisonnable (c’est une photo moche, mais c’est pour la science), montre l’intérieur de son bec, voire sa gorge : orange aussi.

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Aurélie de deux couleurs, et une énigme

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Aurélie est le joli petit nom d’une méduse presque totalement transparente. Elle est assez courante en Atlantique, surtout l’été. De son nom savant aurelia aurita, elle est actuellement visible sur les plages de Charente-Maritime :

Sur la même plage, et pas bien loin de l’aurélie ci-dessus, se trouvent de nombreuses méduses bleues (c’est leur nom), de la même famille que l’aurélie :

Jusque là, nous sommes dans du connu, du déjà vu. Mais il y a aussi une autre sorte d’animal faisant penser à une méduse bleue, un peu par sa forme et bien sûr par sa couleur, mais, en y regardant de plus près, on a l’impression qu’il y a deux animaux en un, comme deux physalies piégées dans un globe de gélatine :

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Fraises des bois, nous voilà

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Déjà la semaine dernière, dans la balade digestive qui mène vers la mer, nous avions eu droit à un deuxième dessert, certes modeste en volume mais fort goûteux : des fraises des bois. Rebelote ce week-end. Même chemin, les yeux aux aguets et les mimines promptes à cueillir le petit fruit rouge et sucré. Ces petits instants gourmands m’ont rappelé les vacances en Finlande, dans la vie d’avant le grand confinement. C’était il y a deux ans, nous avions trouvé des fraises des bois sur un chemin qui allait de la maison vers le lac de la baignade, là encore une histoire de gourmandise sur la route de la plage.

L’hérogne et le cigon

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Reportons-nous quelques mois en arrière : sur l’île d’Oléron, une famille de cigognes et une famille de hérons partageaient le même arbre (piqûre de rappel). Le confinement n’aidant pas, je n’ai pas eu de nouvelles de ces deux familles pendant trois mois et demi. Dès que la cloche de la récré a sonné, je me suis précipité vers ces nids de haute promiscuité. Alors ? ont-ils fait ami-ami ? ont-ils eu des petits ? des hérognes ou des cigons ?
La surprise fut de taille : les hérons seuls semblent avoir gagné la partie, ils occupent l’arbre sans concurrence. À moins que, à ce moment précis du début de juin, le gang des cigognes ne se soit planqué dans les fourrés, histoire de tromper le badaud de base.

Deux hérons sur l’île d’Oléron petipatapon – Juin 2020

Un demi-deuil sur la prairie

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Le nom de « demi-deuil » est directement lié à la couleur de ce papillon : noir et blanc. C’est un papillon de taille moyenne, très commun en Europe, quoique moins présent au nord de la Seine. Actuellement, les demi-deuil sont nombreux dans les champs et les bords des chemins sur l’île d’Oléron.

En déambulant sur Wikipédia, je découvre comment ce papillon se reproduit. Habituellement, les mâles papillons attendent gentiment que madame passe. Chez demi-deuil, monsieur surprend madame lorsque celle-ci décolle de quelque herbe où elle s’était rassasiée ou reposée. Madame largue ses œufs en plein vol. Puis ceux-ci, air connu, deviendront chenilles, chenilles deviendront papillons, …

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2020

Je veux sortiiiiiiiir !

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Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

Un autre 23 avril

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23 avril 2011 – Grande plage de St-Trojan (île d’Oléron)

Il n’y a pas que les vacances dans la vie : il y a les week-ends aussi. Ce 23 avril-là, il y a neuf ans, était jour d’une balade classique, habituelle même du temps d’avant le grand confinement : la déambulation sur la grande plage de St-Trojan, dans le sud de l’île d’Oléron, de préférence à marée descendante car la plage est plus large. Et comme la mer se retire pour un temps, l’école de chars à voile emmène ses élèves sur le terrain de jeu, à la queue leu leu, tous attachés derrière le petit tracteur. Une image presque enfantine, même si ce sont bien des adultes qui s’essaient le plus souvent à ce sport.

Ça doit gravelotter dans les dunes !

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La saison peace and love est bien avancée : les bébés merles piaillent dans la haie du voisin pour réclamer pitance, les milans jouent à « vole après moi que je t’attrape », le moineau honore la moinelle dans l’allée du jardin, et je passe sur les pies, les étourneaux, les pigeons et autres palombes de toutes plumes. Bref, même si le confinement nous rend absents, c’est le printemps.
Et donc, afin d’oublier temporairement les inepties et les errements du patron-président, je pense au printemps sur l’île d’Oléron. Avec l’interdiction totale des plages, les oiseaux ont la belle vie. En particulier les gravelots à collier interrompu, qui nichent en haut des plages, à même le sol. Les femelles pondent trois œufs une ou deux fois par an. Mâles et femelles se partagent la corvée de couvaison. Puis, au bout d’un petit mois, les poussins pointent le bec dehors, et il leur faut encore un autre petit mois pour qu’ils prennent leur envol. Tout ça sur la plage, à la belle saison, avec tous les risques que cela comporte, le badaud pouvant badiner trop près des nids.

Photo : un gravelot à collier interrompu sur l’île d’Oléron en juillet 2019

Mais que fait donc la cigogne ?

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Nous pourrions croire qu’en cette toute fin de février 2020, comme tout un chacun je me pose la question d’un éventuel coronovirage. Ou coronovirement, allez savoir, bref que je cède à la panique ambiante face à un virus venu de loin là-bas dans le grand Orient lointain. On pourrait tout aussi bien supputer que la correction des copies (un bon gros kilo au bas mot) et que la préparation des cours pour mes petits lapins occupent totalement mon esprit et me font suer sang et eau, stylo en pogne et ordi en piste. Que nenni. Je reste mentalement figée sur ce que j’ai vu sur l’île d’Oléron la semaine dernière et m’interroge : mais que fait donc la cigogne ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Une chose est sûre, elle est de retour. De migration ou du village d’à côté (car certaines cigognes ne migrent pas). Elle a réinvesti son nid de l’année passée, jusque là rien de bizarre. Mais a-t-elle commencé à couver ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Cela je l’ignore. Normalement, la chose ne commence qu’en mars. Mais tout est en avance cette année. Nous avons même dégusté nos premières asperges ce soir. Notre producteur était sur le marché, car lesdites asperges avaient trois semaines d’avance. Alors pourquoi pas les cigognes ?

Ça mord, ça ronge, ça grignote …

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… et le littoral recule, les îles du ponant rétrécissent. Sur Oléron, chaque balade sur les plages océanes est un choc, un coup au cœur, un coup de blues. Il faut se rendre à l’évidence, entrer en résilience, cette île-là aussi se fait chaque mois un petit peu plus petite. L’océan monte parce-que la hausse des températures provoque à la fois une fonte des glaces et une dilatation des eaux.

Érosion sur une plage de St-Georges d’Oléron constatée en février 2020