Temps clair, transbordeur en vue

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je ne m’en lasse pas, au risque de radoter, mais qu’importe : dès que je déambule sur le port du Château d’Oléron, je cherche au loin le pont transbordeur de Rochefort. C’est facile, il est juste derrière le clocher de Moëze qui sert d’amer. Un classique, en somme. Et hier, comme souvent, il était bien net.

Un estivant : le vulcain

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L’estivant est cet humain migrateur qui quitte son domicile quand les beaux jours se pointent pour aller se dorer la pilule ailleurs, puis qui, bronzage réussi, rejoint ses pénates. Le papillon vulcain est, à sa manière, une sorte d’estivant : au printemps, il quitte l’Afrique du Nord pour se diriger vers l’Europe. Une fois le détroit de Gibraltar franchi, il met soit le cap au nord (on le retrouve jusqu’en Angleterre) soit vers le nord-est, où il longe alors l’A9 et l’A7 à l’inverse des estivants humains. Le vulcain passe ensuite l’été dans les fraiches (ou pas) forêts européennes, mais aussi dans les jardins. C’est un papillon courant et pourtant méconnu : pourquoi migre-t-il (et, plus généralement, pourquoi d’autres papillons en font autant) ? pourquoi ne se contente-t-il pas de butiner les fleurs et raffole-t-il des fruits bien mûrs et même pourris ? pourquoi pond-il dans les orties ?

Un vulcain sur l’île d’Oléron en pleine saison touristique – Août 2021

L’été sera eau

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Qu’il est loin le temps où Eric Charden chantait L’été sera chaud ! Cet été 2021, il faut le dire, fait dans l’humide, le mouillé, le trempé, le venté même à l’occasion, du moins dans la moitié ouest de la France. Les esprits chagrins, qui ne voient dans l’océan que la plage pour la bronzette, sont forcément déçus et parlent d’été pourri.
Et pourtant, s’ils étaient un peu observateurs, ces esprits chagrins pourraient relever que, près de l’océan du moins, le temps change plusieurs fois au cours de la journée, au gré des changements de marée. Lors de l’inversion de celle-ci, il n’est pas rare qu’un coup de vent pluvieux nous tombe sur le coin du nez, mais quelques minutes plus tard, il peut faire beau à nouveau. Ou pas. Mais résister quelques minutes sous la pluie vaut souvent le coup. C’est d’ailleurs ce que comprennent celles et ceux qui, sur la plage, attendent sagement que celle-ci se vide de ses baigneurs effarouchés par l’ondée pour profiter du sable et de l’océan quelques minutes plus tard.

Une plage de l’île d’Oléron se vidant d’une grande partie de ses baigneurs lors de l’averse de l’inversion de marée – Photo réalisée en juillet 2021

Juillet au Douhet

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Sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron, et contigu à celle de La Brée, se trouve un magnifique marais : le marais du Douhet. Lorsque je suis sur l’île, c’est une de mes balades favorites, quelle que soit la saison. En ce mois de juillet, il fut ainsi possible de voir des cormorans … :

… des goélands … :

… des aigrettes, dont un spécimen chasse ici avec concentration dans le chenal … :

… des mouettes rieuses, qui commencent à perdre le plumage noir qui orne leur tête pendant la période nuptiale … :

… et enfin des échasses blanches :

Photos réalisées en juillet 2021

Miroir d’eau … de mer

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– Miroir, mon beau miroir, dis-moi quel paysage se reflète le mieux dans ton eau limpide ?
– La bourse de Bordeaux, bien sûr, puisque je suis le plus beau des miroirs d’eau
– Erreur, miroir d’eau, tu te trompes et t’égares. Tu n’es qu’un miroir d’eau douce (quoique chlorée), je te parle d’un miroir océan, un miroir d’eau de mer
– ….
– Te voilà muet, l’ami, face au miroir du pertuis
– Père Tui ? de qui s’agit-il ?
– Du pertuis d’Antioche, pauvre citadin, un morceau d’océan entre les îles d’Oléron et Ré
– Et ça fait miroir aussi ?
– Bien sûr que oui. Regarde ce que la marée basse fait sur la plage de La Brée :

Il n’y a pas que des grenouilles dans la mare aux grenouilles

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Un hot spot bien connu de mon cher et tendre et de moi-même pour l’observation des grenouilles. Une zone humide tranquille, quelque part sur l’île d’Oléron. Mais ce jour-là, la grenouille n’est pas visible, son show commencera plus tard, ou ailleurs. En lieu et place de ladite grenouille, il y a une couleuvre, pas bien grande, pas trop farouche (pour preuve : j’ai eu le temps de la prendre en photo avant qu’elle ne file dans les hautes herbes de la berge).

Une petite phrase en passant

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« L’vin à bouère é meilleur qu’le vin qu’é but » (proverbe oléronais)

Source : Michel Nadreau, Dictionnaire de patois oléronais, 2017

Quand le lézard fait le mur

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C’est bien un lézard, un gros gros lézard bien vert, mais ce n’est pas du tout un mur, puisqu’il s’agit d’une simple clôture. L’animal ici présent tente de se faire la belle depuis un jardin ordinaire, quelque part sur l’île d’Oléron. C’était au tout début de la grosse vague de chaleur, et l’animal, généralement discret, montrait enfin son nez.

Un lézard vert sur l’île d’Oléron en mai 2021

Deux petits partout (au moins)

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Depuis déjà quelques années, cigognes et hérons cendrés partagent le même bosquet au cœur de l’île d’Oléron. Une sorte de copro pour oiseaux, HLM diront les plus rétifs à la promiscuité, fut-elle aviaire. Comme chaque année, les couples des deux espèces consolident des nids gigantesques, ce qui rapproche plus cigognes et hérons de la jet set du 16e arrondissement que des cités médiatisées du 9-3. Et, comme chaque année, des œufs sont pondus et couvés, puis des petits montrent le bout de leur bec, deux par famille a priori ; mais c’est un minimum visible : de loin, même avec gros zoom, on ne voit pas tout.
Il y avait donc, en ce week-end de presque mi-juin, deux petits au-moins chez les cigognes :

Et deux petits, déjà grandinets, chez les hérons. Nous pouvons les différencier des adultes grâce au plumage moins abouti, plus gris uniforme :

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2021

Les tadornes, l’aigrette et le chevalier

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Retour sur une balade du mois de mai sur l’île d’Oléron. Un marais ordinaire et rectangulaire, comme il y en a tant, surtout dans le moitié nord de l’île. Un de ces marais bichonnés par l’homme, un marais façonné au fil du temps, et habité par toutes sortes d’oiseaux. Parmi ceux-ci se trouvent les plus grands des canards vivant sous nos contrées, à savoir les tadornes de Belon, en mode sieste et parallèle :

Bien sûr, incontournable et fidèle au poste, l’aigrette garzette, reconnaissable à sa jolie petite couette à l’arrière de la tête. La patte gauche levée n’est pas un effet de mode : l’aigrette agite en fait délicatement la vase pour y faire surgir les petits crustacés dont elle va sous peu se régaler :

Clou de la journée, parce-que peu observé jusque-là : le chevalier gambette, aux pattes orangées. Délicatement, comme les autres limicoles, il farfouille dans la vase et, tôt ou tard, y trouve de quoi se sustenter :

Oh hisse et ho pour la moule de bouchot

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La moule de bouchot, la meilleure, celle qui grandit sur des pieux de bois plantées en mer, ne parvient pas à croître décemment dans les fraiches eaux de la Manche. C’est pour cela que des mytiliculteurs bretons, venant en ligne droite du 35 voire du 22, chouchoutent les nourrissons dans le pertuis d’Antioche, c’est-à-dire entre l’île d’Oléron et l’île de Ré, et même plus précisément dans l’anse de la Malconche, sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron. Chaque hiver, ils viennent poser les cordes garnis de naissains, puis, au printemps, ils repartent avec les minusculissimes moules, lovées dans les cordes, pelotonnées dans des paniers, puis hissées vers le grand nord lointain des latitudes extrêmes, du style 48°N voire au-delà. L’affaire n’est pas simple car il faut faire vite : entre le moment où la mer est suffisamment basse et celle où elle remonte, le temps est court. L’affaire est d’autant plus sportive que l’eau est fraiche : cette année, au milieu du mois de mai, il faisait encore parfois franchement froid sur la grève, alors, dans l’eau …

Photos réalisées mi-mai 2021 à Saint-Georges-d’Oléron (17)

Ça zinzinule dans le tronc

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Petite balade classique sur un chemin forestier. Bien que piètre ornithologue, je reconnais bien le petit cri de la mésange charbonnière, typique de ces moments où le danger guette : on dit qu’elle zinzinule. Et puis je repère aussi des pépiements, de tout petits cris réguliers et impératifs, ceux d’oisillons qui réclament pitance. Sauf que je ne vois ni mésange adulte, même en levant le nez bien bien haut jusqu’au risque de torticolis, ni petit zozio. Rien, juste les arbres.

Juste les arbres. Et, justement, tout donne l’impression que les petits cris viennent d’un tronc d’arbre, à une altitude plutôt basse. Dès que je m’approche, les petits cris cessent. Je m’éloigne alors, préférant retrouver le son au détriment des images, puisqu’il faut désormais trop zoomer pour espérer voir quelque chose. Il faut surtout attendre. Les pépiements reprennent, mais rien d’autre pendant quelques minutes.

Puis une mésange adulte arrive enfin, porteuse de la nourriture tant attendue.

Elle se rapproche encore, les petits piaillent. Mais la tambouille est prête, et la mésange s’apprête à entrer dans le nid, aménagé, comme c’est souvent le cas, dans un tronc d’arbre.

Une seconde plus tard, la mésange était dans le nid avec les petits, que le ravitaillement commençait à faire taire. L’arbre était redevenu silencieux, mais pour un temps seulement, ce manège incessant pouvant se produire jusqu’à 500 fois par jour.

Pour en savoir plus sur la mésange charbonnière, et éventuellement écouter son cri, cliquez-ici.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en mai 2021

Quand le cormoran déglutit

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Déglutir : faire passer de la bouche à l’estomac, nous dit le Larousse. Chez les oiseaux, on parle plus de bec que de bouche, mais l’idée est la même. Que tu picores une bouchée délicate dans l’assiette en Limoges, ou un mulet dodu dans le port de pêche du coin, il faut que ça passe par le gosier, que ça glisse, que ça nourrisse. Et chez le cormoran, c’est parfois athlétique, surtout quand la proie dépasse un chouia la largeur de la trachée, gonfle celle-ci pour passer néanmoins, obligeant le grand oiseau à des contorsions peu aisées.

Un cormoran en pleine déglutition dans le port de La Cotinière (Saint-Pierre-d’Oléron, Charente-Maritime)

Petite énigme maritime

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La photo ci-dessous a été prise au week-end dernier en Charente-Maritime. Le gros objet flottant était alors ancré quelque part dans le pertuis d’Antioche, mais de quoi s’agit-il ? J’avoue avoir moi-même quémandé la réponse aux bonnes fées du web, alors à vous de jouer …

Ils sont venus, ils étaient tous là

Chronique du déconfinement, La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vus les embouteillages de cet après-midi pour quitter l’île d’Oléron puis pour rentrer sur Bordeaux, j’ai un instant eu l’impression que toute la France habitait la même ville et passait ses week-ends sur le même petit bout de littoral. Mais quoi … n’avions-nous pas enfin eu le droit de déambuler où bon nous semble pour un peu plus quelques heures ? Ce grand week-end de quatre jours, même avec le vent et de jolis nuages, avait des airs de vacances. Une respiration, enfin. Et puis, finalement, une fois sur zone, nous avons déambulé tranquillement, sans nous gêner ni nous covider. Si, sur la photo ci-dessous, la foule semble dense, c’est juste parce-que j’ai abusé du zoom, ce gadget qui écrase les perspectives. Bien sûr il y avait du monde sur les plages, sans empêcher toutefois les distances de sécurité sanitaire, et tous ces gens étaient contents. Moi aussi.

Saint-Trojan-les-Bains (17), mai 2021

Chevreuil flou

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C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Ça va faire du baignassout’

Le monde tel qu'il va, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Camarades blogonaute habitué ou de passage, si tu ignores, en trainant ici, le sens du terme « baignassout' », révise ton charentais maritime ou prend une leçon auprès des Binuchards, parce-que je ne vais pas indéfiniment tout répéter, faut suivre un minimum, sinon c’est l’heure de colle qui te pend au nez.
Donc, pour en revenir à ce qui nous préoccupe et au titre de cette note, on va avoir du baignassout’ sur le littoral néo-aquitain cet été, car figurez-vous que nos contemporains, et peut-être toi cher blogonaute, rêvent de découvrir la dune du Pilat et l’île d’Oléron. C’est écrit dans le Routard, qui publie un sondage tout beau tout neuf (copie d’écran ci-contre).

Un chouia d’humour à deux balles

Je suis prof mais je me soigne, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

La semaine est finie, enfin, et, une fois encore, quelle semaine ! l’impression d’avoir mené deux vies parallèles, de n’avoir jamais touché terre. Le temps de rien, le stress des parents qui nous insultent et nous roulent dans la boue, parce-qu’ils en ont marre d’avoir leurs gosses à la maison un jour sur deux, que le covid c’est pas si grave, tout le monde sait bien que les profs sont des Jedis. Tellement Jedi que, parfois, je me sens tentée par le côté obscur de la force, mais la séance rigolote de cet après-midi, avec 18 élèves de première qui ont fait la même chose que leurs camarades « en distanciel » (que ce mot est laid …), validant à la seconde près les résultats de chacun sur pronote, … la séance rigolote, disais-je, a un peu remis les pendules à l’heure et les mouflets ont trimé fort bien et sans rechigner. Néanmoins, cette consolation n’a pas eu raison de la fatigue globale, et l’avachissement vespéral dans le canapé s’est accompagné d’un petit tour dans quelques photos d’Oléron relativement récentes, notamment ces deux-ci, prises dans le port du Château, en mode jeu de mot et humour à deux balles, et ça fait du bien :

Les bernaches ne cessèrent point de brouter

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La semaine dernière marquait la fin des vacances d’hiver pour la zone A. J’ai profité de ce temps de pause autorisée pour descendre sur une plage de la commune de Dolus d’Oléron. Les oies bernaches étaient presque sur le sable, et la présence des humains pourtant à faible distance ne les dérangeait en aucune manière. Elles broutaient les zostères en silence et avec application. Dans peu de temps, elles quitteront nos rivages pour rejoindre le grand nord où elles élèveront leurs petits, puis elles reviendront pour l’hiver suivant …

Les bernaches cravant sur une plage de Dolus d’Oléron, février 2021

Le mimosa n’était pas à la fête

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ni le mimosa, ni rien, ni personne, car fête il n’y a plus, covid oblige, alors que mimosa il y a. Mimosa il y a, et ce n’est pas si évident que ça, car, bien souvent, quand février s’approche de mars, le mimosa a fané depuis belle lurette. Sur l’île d’Oléron, en effet, le mimosa est souvent au mieux de sa forme sur le coup du nouvel an, et il est donc tout flétri sept semaines plus tard. Cette année, il était en retard, et donc pile poil joliment fleuri pour la fête du mimosa de Saint-Trojan-les Bains, qui se tient traditionnellement le troisième week-end de février. Cette année le mimosa était à l’heure, mais la fête a été annulée. C’est ainsi et c’est un peu triste.

Du mimosa au mieux de sa forme sur l’île d’Oléron le 18 février 2021

Un échinoderme en dessert ?

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Récemment, un beau goéland avait ici même présenté sa manière de manger un encornet. C’est un plat copieux, mais un tel repas doit forcément se clore par un dessert à la hauteur de sa gourmandise. Quoi de mieux alors qu’un échinoderme, en l’occurrence une belle étoile de mer que l’océan vient tout juste de déposer aux pattes du goéland ?

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en février 2021

Céphalopode frais sur son lit de vase (recette de goéland)

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La manière de préparer puis déguster la seiche ou l’encornet est parfaitement maîtrisée par le goéland adulte. Sûr de son geste et sur l’estran, il tire vers lui l’animal dont il compte bien faire son repas, en utilisant pour cela un long tentacule de la bête :

Puis maître goéland commence à goûter sa proie, tâtonne, hésite, la repose. En cuisine, c’est très important, le temps de repos. On voit là que ce goéland connait son métier :

Il y retourne et veille à ce que le petit céphalopode soit bien enrobé de fine vase :

Cette fois, c’est la bonne, en une bouchée la proie est avalée :

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) en février 2021

Surfer sur l’hiver

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J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

Toute fin d’été dans le marais des Bris

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Le marais des Bris se trouve tout au sud de l’île d’Oléron, sur la commune de Saint-Trojan. Le dernier week-end fut le dernier de l’été. Marée haute côté mer, mais peu d’eau dans le marais lui-même : une écluse gère tout cela et limite les flots. Et surtout, il y avait des oiseaux. Des aigrettes, encore des aigrettes, ainsi que des mouettes, et puis des gravelots.

Hautes eaux au Château

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Le week-end dernier, la mer a fait sa maline. La maline, c’est la marée de fort coefficient, en particulier celle qui s’observe lors des équinoxes. Pile poil la configuration des 18, 19 et 20 septembre. C’était un week-end paisible, rien évidemment ne laissait prévoir la tornade qui est passée sur Le Château d’Oléron (entre autres) hier après-midi. Un week-end paisible, donc, avec une lumière magnifique, en particulier en début de soirée, lorsque la mer fut la plus haute, emplissant les chenaux et les ports. Des miroirs d’eau éphémères.

Crac ! Boum ! Mouche !

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La vie de la mouche est courte : 17 jours pour monsieur, 21 pour madame. En si peu de temps, perpétuer l’espèce est une urgence encore plus importante que se nourrir ou batifoler dans les herbes pour s’amuser. Pour pondre ses 400 à 600 œufs règlementaires, madame mouche ne doit pas perdre le fil de sa brève histoire terrestre. Crac-crac obligatoire, mais en s’appliquant, en se posant sur une feuille bien verte. Et ça prend du temps. Comparativement à la brève vie de la mouche, les longues minutes d’accouplement semblent interminables : je n’ai certes point chronométré, mais, avant de fixer sur carte SD ce grand moment, en bon entomologiste-(a)mateur j’ai quand même eu le temps de finir ce que j’avais dans mon assiette, d’aller chercher l’appareil photo, de l’allumer, de cadrer, de zoomer (trop, d’où le flou).

Source : futura-sciences

Chenal du Moulin

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En particulier sur sa moitié nord, mais pas exclusivement, l’île d’Oléron est parcourue par des chenaux aménagés par l’homme. C’est le marais, une zone humide autrefois sauvage puis domestiquée au fil des siècles. Sur la commune de St-Georges-d’Oléron, entre les villages de Sauzelle et de Boyardville, se trouve un joli chemin (très facile d’accès par la piste cyclable forestière) qui longe le chenal du Moulin. Chenal qui, lui-même, se jette dans celui de la Saurine, dont l’étymologie (sau = sel) rappelle l’existence fort ancienne de la saliculture sur l’île.

Petite balade à Fort Royer

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Le site ostréicole de Fort Royer se situe sur la commune de St-Pierre-d’Oléron. Pendant longtemps, le site a décliné : les cabanes semblaient même à l’abandon. Puis les producteurs se sont serrés les coudes, ont retapé les cabanes, et ont proposé au public de venir découvrir le vaste monde de l’huître : visites guidées, dégustation, mais aussi initiation à l’ouverture des huîtres sont au programme (pour en savoir plus, cliquez ici). Aujourd’hui, la balade est sympa, vivante et colorée.

Bernard

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C’était une très belle fin de journée sur l’estran sableux de l’île d’Oléron. Il avait fait fort chaud et la baignade, même sans vague, était salutaire. Et puisque, justement, vagues il n’y avait pas, il était facile d’observer les coquillages et les animaux qui les habitent. En cette fin de juillet, il y avait ainsi beaucoup de bernard-l’hermite, ces crustacés inachevés car sans carapace protectrice, bestioles à corps mou et fragile condamnées à squatter des coquillages abandonnés et à en changer au fur et à mesure que l’animal grandit.

Un bernard-l’hermite sur une plage de l’île d’Oléron en juillet 2020

Ça grenouille dans le marais

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Petite précision à toutes fins utiles : les îles charentaises sont d’abord d’immenses zones marécageuses, que l’homme a dompté au fil du temps. Le marais, donc, partout, peut se rappeler à nous, voire être utilisé à des fins commerciales : marais salants, claires pour les huîtres. Au beau milieu de ce paysage mi-terre mi-eau qui donne sa si belle lumière à ces îles-là, toute une faune se développe et s’épanouit. Le petit chien du voisin débusque les sangliers, j’ai vu un chevreuil aux abords d’une piste cyclable, tôt ce matin il y avait des lapins dans un pré, et il n’est pas rare de croiser des couleuvres et autres serpents qui font peur aux enfants. Mais ce qui s’épanouit le plus en ce moment, c’est la grenouille :

Quelques jeunes grenouilles à St-Georges d’Oléron – Août 2020