Echos locaux (vendredi 14 octobre 2016)

  • Habituellement, les méduses sont plutôt des animaux marins. Un journal de Fougères (La Chronique Républicaine) rapporte que quelques unes d’entre elles, a priori presque totalement transparentes et de très petite taille, ont été trouvées dans un étang d’Ille-et-Vilaine.
  • Le parc nucléaire civil français est vieillissant et suscite, à juste titre, des inquiétudes. Ce n’est pas en lisant cet article de La Nouvelle République du Centre-Ouest, concernant la centrale de Civaux, que l’on risque d’être rassuré : il y est fait état d’un exercice incendie organisé fin août qui a laissé pour le moins perplexes les cinq inspecteurs chargés de l’observer. On apprend que le personnel chargé de lutter contre le faux incendie (mais si c’était un vrai ?) n’était pas équipé de vêtements de protection adéquats. De plus, seule une des deux équipes d’intervention est arrivée à temps, et encore apparemment pas au complet. À lire en entier (pour une fois qu’un article intéressant de la PQR est en accès libre), c’est édifiant.
  • C’est la fête à Toulouse : Airbus livre aujourd’hui son 10 000e avion, un A350 destiné à Singapore Airlines (La Dépêche du Midi ; article payant).
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R2D2, passe-moi le sel !

screenshot_01Les androïdes de Star Wars, dont le rigolard R2D2 aux couinements si expressifs, ne sont plus du tout du domaine de la science fiction. Dimanche dernier, L’Huma signalait ainsi le remplacement d’ouvriers par des robots chez Foxconn, en Chine. Le robot revient moins cher, ne réclame pas de pause pipi, et ne se met pas davantage en grève.
Restons en Chine, où des robots, nous apprend aujourd’hui Le Monde, remplacent désormais le personnel d’un restaurant. Ce sont des androïdes qui font la cuisine, des maousses costauds à qui tu n’as pas intérêt à dire que la tambouille n’est pas bonne : les ampoules rouges qui clignotent à la place des yeux, ça fait peur. Les androïdes qui accueillent les clients et qui servent en salle sont, sinon plus sexy, du moins bien élevés. Il y a quand même quelques humains dans le lot, chargés de la préparation des plats sophistiqués. Allez savoir pourquoi, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce vieux film, L’Aile ou la cuisse, avec De Funès et Coluche …

As-tu un orage au-dessus de ta tête ?

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L’orage commence à s’éloigner et je peux rebrancher la box. Pour voir si l’orage arrive chez vous : cliquez ici

C’était dans le journal … le 12 novembre 1913

Sans titreÀ ses débuts, l’aviation fut affaire de sportifs, de techniciens, de doux dingues tentant la folle expérience de faire comme les oiseaux. Mais, alors que les aéroplanes sont encore pour le moins approximatifs, l’armée s’intéresse au formidable potentiel que pourrait offrir de tels engins. La loi créant l’aviation militaire française est votée en mars 1912.
Ce qui émeut Le Figaro du mercredi 12 novembre 1913 est un projet visant à octroyer à l’armée le monopole de l’aéronautique en France. Non seulement l’armée disposerait du nombre d’avions dont elle a besoin et formerait les pilotes, mais elle fabriquerait aussi les appareils de A jusqu’à Z, y compris moteurs et hélices.
Le Figaro voit dans cette mainmise plusieurs dangers : le quotidien s’inquiète, constatant « quel déplorable industriel est l’Etat » ! On peut ainsi en déduire que l’Etat ne saura pas construire convenablement les avions, alors que les puissances étrangères, Allemagne en tête, prendront de l’avance. L’auteur de l’article s’inquiète aussi pour les industries aéronautiques existantes, privées et ne faisant pas vraiment fortune, qui disparaîtront si le projet est mis en œuvre, car l’armée est justement leur principal client : « si les constructeurs perdent la clientèle militaire […], c’est la ruine, non pas à bref délai mais immédiate ». L’auteur en appelle au civisme des lecteurs qui, dûment alertés par ses soins, sont invités à se mobiliser contre ce projet présenté « comme un véritable attentat contre l’aéronautique française ».

Le b-a ba de Baba

Cette fois c’est bon, le nouveau pont est opérationnel, il ouvre demain à la circulation. Ce nouveau pont bordelais, longtemps surnommé « Baba » (pour Bacalan-Bastide, du nom des deux quartiers qu’il rejoint), a été officiellement et sans originalité baptisé « Chaban-Delmas ».
Retour en 17 images sur cette aventure, celle de la construction d’un pont-levant, suivie par beaucoup de Bordelais.
Revenons au point de départ, au temps où il n’y avait rien d’autre qu’une eau marronnasse coulant dans un sens ou dans l’autre, au gré des marées. La photo ci-dessous date de décembre 2009, au tout début des tous premiers préparatifs du chantier :

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Les éléments permettant la construction du pont sont mis progressivement en place, comme on peut le constater en avril 2010 :

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En juin de la même année, les blocs de béton supportant le futur pont sont acheminés depuis leur chantier de Bassens et positionnés à leur emplacement définitif :

baba 2010 06 20

Les travaux prennent du temps et ne sont pas toujours visibles à l’œil nu, une grève du port se glisse au milieu de tout ça, et il faut faire un saut dans le temps de près d’un an pour constater une évolution significative. En mai 2011, les grues sont en place, la construction des pylônes peut commencer :

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Voilà ce qu’il en est un mois et demi plus tard, côté rive droite :

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En août 2011, le premier élément du tablier est apporté par une barge belge depuis un chantier italien :

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Elle est mise en place dans la foulée, côté rive droite. Voici donc l’état du chantier au début du mois de septembre :

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Les pylônes côté rive gauche commencent eux aussi à prendre un peu de hauteur, tandis que ceux de la rive droite sont achevés. Nous sommes en janvier 2012 :

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En février, c’est au tour de la deuxième partie du tablier d’accoster à Bordeaux … :

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… puis d’être mis en place, tandis que les deux pylônes côté rive gauche ont atteint la même hauteur :

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Fin mars 2012, les deux côtés du pont sont à peu près au même niveau :

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Dans l’été 2012, les choses s’accélèrent. La cabine commandant la levée de la travée centrale est construite en rive droite :

baba 2012 08 26

Lors des journées du patrimoine, en septembre, on attend la mise en place du tablier central, et il y a donc encore un grand vide :

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Après un voyage en mer compliqué par des conditions météorologiques défavorables, la barge transportant le tablier central peut enfin accoster en rive gauche du port de la Lune, non sans difficulté, en octobre 2012 :

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Le 21 octobre, alors que le brouillard est dense mais que le vent est enfin tombé, la barge entreprend sa traversée de la Garonne afin de permettre le positionnement définitif du tablier central :

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Quelques jours plus tard, le pont a enfin son aspect définitif :

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Travaux de finition et essais divers ont été nécessaires pour aboutir à ce qu’on a vu le 15 mars 2013 : la levée de la travée centrale.

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Et Baba haut se hissa

Certes, il ne faut plus dire « Baba » (pour Bacalan-Bastide) mais « pont Chaban-Delmas ». Soit. Peu importe au fond, ce qui compte c’est que l’engin fonctionne. Inauguré ce matin en présence du chef de l’Etat, le nouveau pont a montré de quoi il était capable hier en fin d’après-midi. Et puis il y eu du jazz sur les quais, un bal gascon, et un feu d’artifices. J’ai lâché l’affaire au début du concert (très très bien, mais il faisait frais dehors). Petit montage vidéo vite fait sur le gaz :

Collection # 173

Impression Baba, soleil couchant
Bordeaux – Pont Bacalan-Bastide – 8 décembre 2012

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