Photo de la semaine du 20 au 26 janvier 2020

Exceptionnelle orite

L’orite à longue queue est plus communément appelée « mésange à longue queue ». C’est un petit passereau tout rond, qui déambule en bande dans mon jardin dès que l’hiver arrive. Ce petit oiseau se nourrit essentiellement d’insectes et de larves, voire de petits invertébrés, mais les graines ne sont pas sa tasse de thé, sauf quand elles sont un peu molles, car cette mésange-là a le bec un peu faiblard.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Et pourtant, il y a peu, j’ai vu une de ces orites dévorer des graines, y prendre même plaisir, effectuant toutes les excentricités possibles pour les attraper. Il n’est pas habituel non plus que cette mésange-là mange sur le plancher des vaches, or là elle était à quelques centimètres du sol, autant dire à portée de chat. Mais chat par chance il n’y avait pas, et la mésange a pu tranquillement finir son repas.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Pour en savoir plus : oiseaux.net

0,1 %

C’est le ministre qui l’a dit. Il ne peut pas se tromper : il est ministre, lui. Et moi, pauvre cloche, je ne suis qu’un grain de poussière. Cela me rappelle une chanson d’Higelin, mais ce n’est pas le sujet. Quoique …
Donc, pour reprendre la leçon à son début, m’sieur Blanquer a dit que 99,9 % des profs kiffaient sa réforme du lycée. Je n’avais que 5 de coeff au bac en maths quand j’étais jeune, forcément c’est trop peu, mais quand même, je crois bien que ça veut dire que 0,1 % seulement sont contre.

Ouh les vilains ! D’ailleurs, m’sieur le ministre n’y est pas allé par quatre chemins : les vilains sont des radicalisés incompétents et antidémocratiques. Même que c’est sur France-Inter qu’il l’a dit. J’aime bien Inter, c’est ma radio depuis le berceau, alors ça me touche, forcément.

Ça me touche d’autant plus que je fais partie de ce 0,1 %. Ces quelques péquenots qui déambulent dans les rues auprès de quelques malheureux manifestants, histoire de prendre l’air par une belle journée d’hiver. Une brêle, un non-événement, que dalle, nada. 0,1 % multiplié par tout plein de gens, ça fait combien au final, sur la place de la Victoire ? victoire, victoire … cela viendra … il faut y croire : 15 et 22 mars, élections municipales en mode « Macron dégage ».

Les photos qui illustrent cette note ont été prises aujourd’hui même à Bordeaux

Une chansonnette


Anne Léonard
Mon p’tit cul
1977

Les enfants, ce soir, attention les yeux, et les oreilles aussi : c’est du lourd. De la tenue de l’interprète, qui ne correspond pas au sujet de la chanson mais qui fleure bon ses seventies à 600 km à la ronde, au texte lui-même, qui voudrait être osé, voire olé-olé, mais qui n’y arrive finalement pas, en passant par la musiquette « entrainante », comme on disait à l’époque : 1977, c’était ça aussi. Une curiosité, un objet sonore à peine identifié, à conserver pour les archives, au cas où. À toutes fins utiles, on retiendra que la chanteuse, Anne Léonard, a interprété au-moins un autre titre dont l’épicentre se situe entre le bas de la ceinture et le haut des chaussettes : Ma p’tite culotte, dont je vous ferai grâce ce soir, ayant un p’tit peu pitié de notre p’tit sommeil à tous.

Collection 522

Recette du pin perdu


Prenez un grand pin bien haut bien droit, un pin maritime
Un pin de bord de plage
Un pin du Bassin d’Arcachon
Laissez-le grandir, prendre de l’assurance
Sans lui dire que le sol mou, fait de sable
Repose sur la couche dure de l’alios
Que jamais ses racines ne perceront
Il restera un pin flottant, un pin sur sol fuyant
Les vents, les marées, le dérèglement climatique
Se chargeront du reste
Les racines mises à l’air
Le pin pourra tranquillement passer de vie à trépas

Un pin maritime du Bassin d’Arcachon, janvier 2020

Bourdon hivernal

Il est 21 h 30, le blue monday tire à sa fin. Et c’est tant mieux, car si on en croit les esprits chagrins et les charlatans en embuscade, le troisième lundi de février serait le jour le plus triste de l’année. Ça se pourrait même que ça soit un peu vrai : l’ambiance était moins joyeuse que d’habitude ce soir à l’AMAP. Cela dit, ce lundi est surtout un lundi tout court, ce qui suffit à démoraliser le travailleur lambda surtout quand son ministre de tutelle a décidé de l’user jusqu’à l’os. Et le blue monday, comme le rappelle notamment La Dépêche, est surtout une « vaste supercherie ».
Par contre, le bourdon hivernal, ce n’est pas du pipeau. Ça tangue, ça tombe des feuilles, ça se rattrape comme ça peut aux brindilles, c’est tout engourdi tout maladroit. Le bourdon en hiver ferait mieux de retourner dormir en attendant des jours meilleurs.

Un bourdon au jardin public de Bordeaux en janvier 2020

Photo de la semaine du 13 au 19 janvier 2020

De retour sur nos plages [3/3]

Il y a les hivers avec et les hivers sans. Nous sommes plutôt dans un hiver « avec ». Je veux ici parler de cet organisme bizarre et bleu, qui ressemble à une méduse mais qui n’a rien à voir avec ladite méduse : il s’agit de la physalie.

Des physalies sur une plage de St-Georges-d’Oléron – Janvier 2020

La physalie n’est pas un animal à proprement parler, mais un ensemble de polypes portés par un flotteur au gré des vagues et des courants. La haute mer échoue régulièrement ces organismes sur les plages, puis les reprend. Ou pas. Méfiance toutefois : les physalies sont terriblement urticantes.

Des physalies sur la Grande Plage de St-Trojan (île d’Oléron) – Janvier 2020

De retour sur nos plages [2/3]

De retour sur nos plages océanes, après la crépidule, qui se mange, voici l’anatife, qui n’a aucun intérêt culinaire. Le mollusque s’accroche à tout ce qu’il trouve (bois flotté, bouchon de bouteille ou autre) et s’échoue sur les plages, puis repart à la marée suivante. Bien qu’il lui ressemble, l’anatife n’est pas le pouce-pied, qui lui se mange et est même très recherché, notamment sur les tables espagnoles.

De retour sur nos plages [1/3]

Chaque hiver, des coquillages et autres animaux marins se retrouvent sur les plages atlantiques, de manière plus ou moins importante selon les années. Certains de ces animaux sont considérés comme d’abominables gêneurs : c’est le cas de la crépidule, originaire d’Amérique du Nord, introduite en Angleterre à la fin du XIXe siècle par des ostréiculteurs ayant importé des huîtres de Virginie, et qui n’a plus eu que le Channel à traverser pour rejoindre la Normandie et la Bretagne.

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Une deuxième arrivée de ce mollusque s’est produite avec l’importation d’huîtres japonaises pour supplanter l’huître portugaise défaillante sur les côtes françaises dans les années 1970. Depuis lors, la crépidule croit et multiplie, étend son aire d’habitat, d’où sa présence dans le bassin de Marennes-Oléron. Elle est à l’aise partout, boulottant dans la même écuelle que les autres coquillages, ceux qui sont élevés ou péchés par les hommes, d’où crispation dès que crepidula fornicata se montre un poil envahissante. Néanmoins, depuis quelques années, la crépidule est considérée comme un mollusque intéressant car comestible : elle est alors vendue et cuisinée sous le nom de « berlingot de mer ».

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Quand les oies font le tour du jardin

Ce midi au Jardin Public de Bordeaux, pour une raison qui m’échappe, les oies ont, en groupe, quitté la mare, puis se sont mise à voler en criant. En général, cette balade de l’oie ne dure que quelques minutes, mais aujourd’hui, les déambulations sonores et rapides ont duré près d’une heure. Les oies ainsi tournaient au-dessus du jardin, comme si quelque chose les empêchait de revenir vers la mare.

Collection 521

Photo de la semaine du 6 au 12 janvier 2020

Une petite phrase en passant

« Oui, dans la France de M. Macron, il faut du courage pour participer à une manifestation déclarée, sur un parcours autorisé, afin de défendre des revendications qui ont simplement trait au respect des travailleurs… »

Danièle LINHART, « Pas un jour de plus au travail », Le Monde Diplomatique, janvier 2020

Une chansonnette

Pierre VASSILIU
Ma cousine
1964

Certes, ce n’est ni du Hugo ni du Baudelaire. C’est de la poésie simple, enjouée, une bonne vieille histoire de dépucelage en famille, chantée par Vassiliu, celui-là même qui chantait « Qui c’est celui-là, complètement toqué ce mec-là ».

Tailler une bavette au milieu du pont

Un matin un peu frais mais ensoleillé. Contre-jour sur le Pont de Pierre où les gens circulent vite, à pied comme à vélo. Sauf deux humains, immobiles et face à face, qui probablement bavardent. Il ne fait jamais chaud sur le Pont de Pierre en hiver. Et pourtant, ils papotent dans le frisquet vent matinal, au-dessus d’une Garonne qui file du plus vite qu’elle peut vers l’océan.

Bordeaux – Janvier 2020

Un même objectif (fin)

Au début de l’histoire, il y avait donc des gens qui photographiaient des chevaux en attendant le soleil couchant (se reporter au post d’hier pour y voir plus clair). Le clap de fin arrive, et, je l’avoue, ce ne sont pas les meilleures photos de la série. Néanmoins, le moment fut très agréable à vivre, même si les images ne sont pas à la hauteur de ce que nous avons vraiment vécu : un ami a même vu le si rare et fugitif rayon vert, que l’objectif de l’appareil-photo et moi-même attendons depuis longtemps. Je n’avais pas le regard tourné du bon côté pendant ces quelques minuscules secondes-là. Ainsi va la vie.

Un même objectif (suite)

Hier soir, nous avions ensemble contemplé des promeneurs qui, eux-mêmes, contemplaient et photographiaient quelque chose qui n’était pas le coucher de soleil, puisque l’heure H n’avait point sonné : cliquez ici pour vous souvenir de ce moment.
Mais alors, que regardaient ces gens ? La réponse est ici :

Des cavaliers sur une plage de l’île d’Oléron – Janvier 2020

Collection 520

Un même objectif

Des promeneurs sur une plage de Charente-Maritime. Ils avancent vers le nord, jetant régulièrement le regard vers l’ouest : nous attendons tous le coucher du soleil, mais il y a encore de la marge, la balade peut se poursuivre sans crainte imminente de louper le spectacle. D’un coup, les badauds se tournent vers l’océan et braquent leurs smartphones vers un seul et même objectif, qu’eux seuls ont vu tandis que je les regardais eux, eux qui d’un même geste ont fait la même chose au même moment.

Promeneurs et smartphones sur l’île d’Oléron – Janvier 2020

Photo de la semaine du 30 décembre 2019 au 5 janvier 2020

Une armée de tueuses dans un jardin botanique

En 2010, des sarracénies (ou sarracenias) sont installées dans une tourbière du Jardin des Plantes de Nantes. Les sarracénies rassemblent huit types de plantes dites « carnivores », qui se nourrissent en piégeant et en digérant des insectes.

Les sarracénies du Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

À l’automne 2014, on découvre dans ce même jardin, que ces fameuses sarracénies sont de formidables pièges à frelons asiatiques, d’autant plus intéressantes qu’elles délaissent d’autres insectes fort précieux, comme les abeilles. Cette découverte montre, en outre, à quel point les plantes s’adaptent à leur milieu : en effet, les plants de sarracénies sont originaires d’Amérique du Nord et, avant leur installation à Nantes, ils n’avaient jamais été confrontés au frelon asiatique. La plante a donc trouvé un stratagème lui permettant d’attirer une nourriture à laquelle elle n’était pas habituée mais qui lui convient.

Une sarracénie dans le Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

Pour aller plus loin :

2020, c'est parti !

Que la nouvelle année vous soit belle et douce

C'était 2019

Photo de la semaine du 23 au 29 décembre 2019

Collection 519

Noël

Photo de la semaine du 16 au 22 décembre 2019

Pas de sapin pour Noël

C’était un très grand sapin municipal, décoré entre la cathédrale et la mairie, un de ces sapins qui font s’arrêter le badaud. La tempête Fabien, qui a pulsé son air humide à plus de 140 km/h sur la ville, a eu raison de lui : au petit matin, les agents municipaux constataient la chute de l’arbre et entreprenaient son découpage en petits morceaux. Noël sera sans sapin à Bordeaux.