Mais pourquoi y-a-t’il si peu de touristes en Finlande ?

La Finlande est un pays magnifique et reposant, dont les habitants sont absolument adorables et serviables quoiqu’il arrive, un vrai pays de Bisounours où tout stress semble avoir disparu. Or, si on prend les statistiques de 2014 (je n’ai pas trouvé de chiffres plus récents), la Finlande ne se classe qu’au 48e rang mondial en nombre de nuitées. Cela serait-il lié à une crainte infondée, qui éloignerait le touriste moyen des zones forestières riveraines de la Baltique ? une sorte de légende urbaine popularisée par certains t-shirts en vente libre dans les rues de Porvoo (et peut-être ailleurs) ?

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Aux lapins, aux ours, et à ceux qui les boivent

À part de l’eau (fort potable), que boit-on en Finlande ? si on est Finlandais, pas mal de soda… et finalement peu d’eau ! La Finlande, ça m’attriste de le dire, est un hot spot de la malbouffe. Je parlerais tambouille plus tard, ce soir, j’ai soif.
Et donc, que boit le Finlandais ? il boit de la bière, comme tout le monde. L’alcool étant hors de prix et monopole d’Etat (les deux sont liés), les bières un peu fortes et goûteuses sont introuvables au supermarché (mais je me souviens d’un bar de Helsinki qui servait une bière laponne excellente, comparable à La Bière des Naufrageurs de St-Georges-d’Oléron, c’est dire à quel point c’était une tuerie).
Au supermarché, on trouve le tout-venant, à peine plus de 5°, et un goût pas trop prononcé mais pas désagréable du tout, surtout le soir dans le jardin face au lac. La plus courante de ces bières est la Lapin Kulta. Nous avons aussi apprécié la Kahru, avec une belle tête d’ours sur la canette. Le vin ne fut bu, et cher payé, que dans les bars et restos d’Helsinki.

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La boîte à boîtes

Sur les chemins desservant les hameaux, il y a de minuscules et simplissimes cabanes, qui abritent les boîtes aux lettres. En Finlande, on sait que le courrier est précieux, et la neige hivernale aussi certaine que le panneau « Attention élan » sur la nationale. Quoique, avec le réchauffement climatique … D’ailleurs, des boîtes un peu rebelles sortent du nid douillet, et montrent leur rouge flamboyant au grand jour :

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Province de Savonie du Sud (Finlande), juillet 2018

Un mot en finnois

À la différence des autres langues d’Europe du Nord, le finnois n’est pas une langue germanique, pas même, si j’ai bien suivi, une langue indo-européenne. Bref, à l’entendre comme à la lire, cette langue toute en rondeur ne laisse aucun indice permettant au francophone moyen de la déchiffrer (sauf si mamie est née en Ostrobotnie, mais ce n’est quand même pas le cas le plus courant). Par chance, le suédois est aussi langue officielle en Finlande, et, oui, parfois cela aide (notamment pour les courses au supermarché, effectuées avec Google en pogne pour savoir où était le beurre, mais c’est une autre histoire). Toujours est-il que cette langue finnoise m’a procuré la même sensation que le chant des cigales ce soir en Gironde : un doux murmure auquel je ne comprends rien. Sauf un mot, prouvant que l’instinct de chasseur-cueilleur ne disparait jamais vraiment : le mot « girolle », qui se dit « kantarelli ». Comme la chanterelle. Pour une fois, c’était simple.

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Marché de Porvoo (Borga en suédois), juillet 2018

Les bernaches sont toujours prioritaires

Sur les rives de la Baltique, la bernache est la reine en été. Par troupeaux entiers, ces oies-là sont à l’aise partout dans la capitale finlandaise, aussi bien sur les plages que dans les parcs. Et pour aller d’un point à un autre, il faut bien souvent traverser la rue. On place les juvéniles en première ligne, et c’est parti :

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Des dizaines d’oies traversent ainsi certaines rues d’Helsinki, d’un pas pépère, limite en flânant. Quant aux voitures, et bien elles s’arrêtent, tout simplement. Aucun énervement, aucun coup de klaxon aussi désagréable qu’inutile :

Photos prises à Helsinki en juillet 2018

Se rafraichir

La canicule alerte en orange sur la quasi-totalité du territoire français métropolitain. Toute l’Europe sue et dégouline, y compris, et peut-être même surtout, l’Europe du Nord. Le glacier du plus haut sommet suédois fond comme une glace à la vanille sur son cornet (à lire ici). En Norvège, où les 30°C sont dépassés au-delà du cercle polaire, les rennes cherchent la fraicheur dans les tunnels routiers (à lire là). Et en Finlande ? il y a des lacs, on se baigne, l’eau est bonne voire tiède. Les mouflets, tout à la joie de batifoler dans l’onde pure, notamment parce-que de petits poissons y batifolent aussi, les mouflets, disais-je, foncent vers la flotte sans même enfiler le maillot, ni même ôter le casque cycliste :

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Région de Savonie du Sud (Finlande), juillet 2018

Et pourtant, c’est facile d’être pudique au bord des lacs : des cabines sont disposées de-ci de-là pour que le baigneur puisse aisément se changer. Souvent spartiates (mais éventuellement spacieuses), ces cabines peuvent parfois aussi être ravissantes :

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Rantasalmi (Finlande), juillet 2018

Une cure de silence

IMG_2377Nous rêvions de vacances fraiches, sans cette moiteur pénible qui nous colle le t-shirt sur le dos, sans cette chaleur lourde qui nous cloue au sol façon lézard. Sur ce terrain-là, nous avons perdu : les vacances furent ensoleillées et surtout chaudes, très chaudes. Certes, bien loin des 51°C relevés dans le Sahara algérien, mais 30°C en Finlande, c’est quand même assez chaud. Toute l’Europe du Nord vient de connaître un bon cagnard, avec même des incendies récalcitrants en Suède, chose peu habituelle sur les rives de la Baltique.
Vacances en Finlande, donc, bien chaudes, mais surtout silencieuses, entre lacs et forêts. Nous logions dans un joli chalet au cœur d’un grand jardin. Aucun bruit gênant, rien de plus que le crissement des ailes des libellules. Silence nécessaire, bienfaisant, et, pour tout dire, assez déroutant pendant les premières heures.