Collection 496

En déambulant sur la toile [5]

En déambulant sur la toile, je continue de m’insurger contre les réformes que mon ministre de tutelle impose à la société tout entière, celles qui feront de tous les jeunes des imbéciles dociles. Enfin non, pas tous, les gosses de riches seront sauvés, triés sur le volet dès la maternelle : à lire dans Le Café Pédagogique. Dans le même temps, les gosses ordinaires, le tout-venant, la plèbe, auront de braves étudiants en guise de profs, mais pour fabriquer de l’imbécile docile, ce n’est pas bien grave (Bastamag). On peut dans la foulée continuer à s’étrangler de rage avec les effets pervers de la réforme du lycée, dont les lycéens eux-mêmes seront (et sont déjà) les premières victimes (Alternatives Economiques).
Après tout, si les gosses ne reçoivent plus d’éducation, ils pourront toujours jouer dans le bac à sable. Sauf que, BTP à donf’ oblige (et autres joyeusetés), le sable est aussi en voie de disparition (Usbek & Rica). Nos mouflets sont bien mal partis. Sauf si de mouflets il n’y a point. Un maire du Loiret, craignant que l’école de sa petite commune soit condamnée à fermer, envisage sérieusement de distribuer du Viagra à ses concitoyens, pour que la libido revenue, ils fassent plein de petits loupiots qui peupleront bientôt la communale. L’article de La Dépêche qui rapporte l’affaire rappelle, au passage, que, dans ce même département, un autre maire avait interdit à ses administrés de tomber malade, ceci afin de dénoncer les déserts médicaux.

Alfred de Richemont, Les Crêpes, 19e siècle, Palais des Beaux-Arts de Lille

Finissons sur une note un peu plus légère : 1,5 tonnes. C’est le poids d’un robot qui, autrefois œuvrait dans la construction automobile, et qui, aujourd’hui, fait de jolies crêpes bien fines pas bien loin de Rennes. À lire dans Le Monde. Kenavo.

À deux heures de Bordeaux (ou à trois heures d’ailleurs)

Oalley.fr est un de ces petits sites web a priori anecdotiques, mais qui peuvent s’avérer utiles, voire sympathiques. Il permet d’évaluer l’ensemble des lieux où l’on peut se rendre en un temps donné, depuis n’importe quel point de la carte. L’interface ressemble à ceci, et est très simple à utiliser :

Mettons que je parte de Bordeaux (air connu) en voiture (ça arrive) et que j’ai deux heures devant moi : je frôle Biarritz, j’atteins Villeneuve-sur-Lot, j’amorce le viaduc de l’île d’Oléron, je suis presque à Niort. :

Deux limites à cette appli en ligne : pour tracer plus de deux trajets, il faut s’inscrire (c’est gratuit et pas bien compliqué), et surtout, plus gênant, les trajets en train ne sont pas prévus, et c’est franchement dommage.

Lien : https://www.oalley.fr/map/

Photo de la semaine du 12 au 18 mai 2019

Le jeune rougegorge

Le rougegorge est un oiseau peu farouche, qui n’hésite pas à s’approcher des humains (les jardiniers et les cueilleurs de champignons le savent bien). Lorsque le printemps s’affirme, les petits sortent du nid, où ils ont passé une petite quinzaine de jours, voire moins. Ils déambulent alors au grand air avec les adultes, puis, à l’âge de cinq semaines environ, ils peuvent se débrouiller et trouver leur nourriture sans aucune aide.
Néanmoins, pendant toute la première année, ils gardent leur plumage de jeune oiseau, sans cette couleur orange bien flashy qui caractérise le rougegorge adulte. On distingue juste du jaune pâle, très délicat, sur le poitrail.
Pour la petite histoire, le jeune rougegorge qui illustre cette note m’a prise pour un arbre, me fonçant dessus de ses petites ailes, se rendant compte à cinq centimètres de l’obstacle qu’arbre je n’étais point, et faisant donc volte-face. Il s’est aussi très nettement approché de mes chaussures ; qu’il prenait pour des racines, des branches, que sais-je ?

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2019

Collection 495

Photo de la semaine du 5 au 11 mai 2019

Mamert, Pancrace et Servais

Bien que remplacés en 1960, dans le calendrier des fêtes à souhaiter, par Estelle, Achille et Rolande, le trio Mamert-Pancrace-Servais reste bien connu des jardiniers pour leur réputation de « saints de glace ». On les fête les 11, 12 et 13 mai, bien loin de l’hiver, mais une légende tenace veut qu’il puisse faire frisquet ces jours-là. Ou pas : 33°7 à St-Etienne le 13 mai 2015 (source), et aujourd’hui, dans mon jardin, il fait 20°C. Nous sommes bien loin des saints-glagla, mais les légendes sont tenaces. D’un strict point de vue jardinier, ces trois jours sont réputés pour être les trois derniers possibles pour un retour sournois du froid avant l’été. En clair, passé lundi, on pourra planter tout ce qu’on veut, ça ne risquera plus de geler.
Quand à notre trio de saints du départ, il correspond à des personnages réels ou supposés du haut moyen-âge, pas jardiniers a priori.
Saint-Mamert était un archevêque du Dauphiné au Ve siècle. Apparemment, il était en froid avec l’archevêque d’Arles et on lui doit d’avoir remplacé une fête romaine visant à protéger les céréales par la procession des Rogations.
Saint-Pancrace serait originaire d’Asie Mineure et serait mort à Rome en martyr et en l’an 304 à l’âge de 14 ans.
Quant au petit dernier, Saint-Servais, il était évêque d’une province belge au IVe siècle. On le dit très accro au dogme de la Trinité, et la légende fait de lui un cousin de Jésus lui-même. Ses reliques se trouvent aujourd’hui à Maastricht.

En déambulant sur la toile [4]

En reprenant mes déambulations sur la toile, je suis tombée sur cet article du site Orient XXI qui explique ce qu’est le ramadan . Après tout, c’est de saison !
En déambulant sur la toile et sur le site du quotidien Sud-Ouest, j’ai aussi appris que des communards, prisonniers sur l’île Madame (commune de Port-des-Barques, en Charente-Maritime), y avaient construit un puits mais qu’il ne fallait pas trop que ça sache.
Puis je me mis en colère en découvrant que Vinci déversait du béton dans la Seine, en toute impunité et même pas par accident. Cette pollution est bien volontaire : à lire dans mer-ocean.com.
Toujours dans la catégorie des colères, je me promets de ne plus jamais acheter un seul fromage de la marque Etoile du Vercors, et donc pas d’avantage de Lactalis, celui-ci ayant racheté celle-là et n’ayant rien fait pour stopper le flot de déchets qu’Etoile du Vercors déverse dans l’Isère depuis sa création, qui remonte quand même à 1942 : à lire dans Reporterre.

Des élèves et leurs parents manifestent pour sauver l’école de Crêts-en-Belledonne (Isère)
Site web du Dauphiné Libéré, 8 mai 2019


Pour finir, je suis restée dans le département de l’Isère. Il y a quelques années, les communes de St-Pierre-d’Allevard et Morêtel-de-Mailles ont fusionné pour sauver l’école primaire locale, prenant le nom de Crêts-en-Belledonne. Finalement et en haut lieu, il est décidé que ladite école doit fermer car le nombre d’élèves n’est pas suffisant. Puisque la quantité passe avant la qualité, les parents d’élèves ont réagi avec humour, en faisant inscrire, tout à fait officiellement, des moutons à l’école : à lire dans Le Monde.

Collection 494

Le vieux lavoir, la grenouille et la grenouillette

Sauzelle est un des plus vieux villages de l’île d’Oléron. Comme souvent dans les vieux villages, on y trouve un lavoir presque tout aussi vieux, aujourd’hui réduit à l’état de mare accueillante pour la flore et la faune aquatique locale :

Le lavoir de Sauzelle (Saint-Georges-d’Oléron) – Avril 2019

Dans ce vieux lavoir du vieux village, des petites grenouilles sautent en tout sens ou prennent le soleil … :

Une grenouille dans le lavoir – Avril 2019

… au milieu des grenouillettes. Le mot « grenouillette » est ici le surnom de la renoncule d’eau, une petite fleur blanche qui tire son nom de « rana, qui a lui même donné le mot « rainette » (qui, elle, n’est pas une grenouille, même si elle lui ressemble, mais on ne va pas chipoter) :

Une renoncule d’eau (appelée aussi « grenouillette ») dans le lavoir – Avril 2019

Photo de la semaine du 28 avril au 4 mai 2019

Une petite phrase en passant [9]

Il y a la voiture “droite coupable”. Toujours de marque française, de coupe classique et de couleur sombre. Surtout pas m’as-tu-vu, tu vois ? Et il y a la voiture “droite décomplexée”, comme les 4 × 4 bling-bling et autres SUV qui permettent de dominer les voitures normales. Compris ?

Laurent TELO, « À l’approche des Européennes, voyage en terre de droite », Le Monde, 3 mai 2019

Collection 493

En forçant le zoom

Grande plage de St-Trojan, dans le sud de l’île d’Oléron. Pas tant de monde que ça, et pourtant ce sont les congés scolaires. Des silhouettes se distinguent dans l’habituelle brume présente sur le sable à marée basse. Je pousse le zoom jusqu’à x 60. Les photos n’ont pas été retravaillées par un quelconque logiciel, elles ont juste donné ça, des images qui ressemblent un peu à des dessins (vous pouvez cliquer sur chaque image pour la voir en un peu plus grand) :

Photo de la semaine du 21 au 27 avril 2019

Collection 492

Photo de la semaine du 14 au 20 avril 2019

Conséquence inattendue de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris

S’il s’agissait d’une guerre, on parlerait peut-être de dommage collatéral : cette conséquence pas prévue au départ, pas souhaitée, et pourtant bien là. L’incendie de Notre-Dame n’est pas une guerre, mais un accident. Qui touche un patrimoine inestimable. Qui a fait la une de tous les quotidiens hier en France et dans pas mal d’autres pays.

Un faucon crécerelle à la chasse dans le ciel bordelais en septembre 2016

Outre une partie du bâtiment lui-même, des œuvres d’art, le grand orgue, etc, l’incendie a aussi détruit autre chose, qui n’était pas classée par les Monuments Historiques, c’est le fameux dommage collatéral que j’évoquais plus haut : l’incendie a mis à mal les abris des faucons crécerelles, dont un couple s’apprêtait justement à emménager dans un des recoins de la bâtisse.
Selon Ornithomédia, il y a actuellement 50 couples de faucons crécerelles à Paris, certes pas tous à Notre-Dame. Les premiers de ces oiseaux ont été repérés sur la cathédrale en 1840. Les oiseaux y trouvent en effet à la fois un abri et un poste d’observation. Il peut ainsi y avoir jusqu’à quatre nichées de faucons crécerelles par an dans les tours et les gargouilles de Notre-Dame.

Collection 491

Photo de la semaine du 7 au 13 avril 2019

En déambulant sur la toile [3]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai appris que des champs de colza des Yvelines s’étaient transformés en champs de pétrole, pour cause de marée noire. Les Yvelines. Ce n’est quand même pas là que j’imaginais ce genre de problématique, et pourtant … Un pipeline tout pourri, qui fuit, et Total qui indemnise faute de mieux : à lire sur le blog Géographies en mouvement.

En déambulant sur la toile, mais aussi en écoutant la radio et en lisant le journal, il ne m’a pas plus échappé qu’à vous, que nous, homo sapiens, avions un nouveau cousin, largement identifié par ses quenottes atypiques, originaire des Philippines, et dénommé Homo luzonensis. Pour en savoir beaucoup plus sur cette découverte, je conseille Le Journal du CNRS, mais aussi Le Monde, qui établit une sorte de généalogie du genre homo, rappelant que, preuve ADN à l’appui, il y eut bien des échanges clairement charnels entre deux espèces a priori distinctes, comme sapiens et néandertal par exemple.

La déambulation s’est achevée en 1958, dans l’émission 36 chandelles, diffusée sur la seule et unique chaîne de télévision d’alors. L’émission, présentée par Jean Nohain, est tournée sur des scènes parisiennes. Pour sa dernière année, elle pose notamment ses caméras à L’Alhambra, où Raymond Devos nous convie à son formidablement absurde Plaisir des sens.


Tenue de noce pour le gobemouche noir

Un gobemouche noir dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois d’avril 2019

Le gobemouche noir est un passereau migrateur : il hiverne en Afrique de l’Ouest, et revient en Europe pour se reproduire. La saison des amours commence en avril. Le mâle revêt alors un plumage noir et blanc très chic, avec lequel il séduit madame. Ou mesdames.
En effet, si le gobemouche noir est plutôt monogame, il lui arrive parfois, alors que sa légitime couve dans le nid, de bâtir un autre nid un peu plus loin pour attirer une deuxième nénette. D’où éventuelle deuxième couvée, qu’il ignore lamentablement, n’ayant d’yeux et de becquées que pour la première.

Pour en savoir plus : oiseaux-birds.com

Collection 490

Une petite phrase en passant [8]

– Alors ? pourquoi tu veux l’être, institutrice ?
– Pour faire chier les mômes, répondit Zazie. Ceux qu’auront mon âge dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans, dans mille ans, toujours des gosses à emmerder.

Raymond Queneau, Zazie dans le métro , 1959

En déambulant sur la toile [2]

En déambulant sur la toile cette semaine, je bous de rage et de colère en voyant que les rumeurs millénaires poussent encore à la haine nos contemporains. Je veux ici parler des agressions récentes contre les Roms, sous le prétexte imbécile qu’ils enlèveraient des enfants. Il n’est pas inutile de faire l’historique des fantasmes qui entourent les « gens du voyage », comme on dit parfois. L’article du site Actuel moyen-âge s’y emploie fort bien.
Toujours au rayon grogne, j’insiste et je confirme : la réforme du lycée doit être pour le moins reportée, amendée et réellement discutée … avec les principaux intéressés ! Sur le sujet, Alternatives Economiques propose une excellente mise au point.
Déambuler sur la toile peut aussi, et c’est heureux, être plus léger et plus distrayant. On peut ainsi découvrir, via l’excellente émission Karambolage, l’origine du nom « Paname » pour Paris, ou se balader dans un marché d’Helsinki. Ce dernier reportage, visible sur le site d’Arte jusqu’au 17 avril, m’a fait d’autant plus plaisir que ce fut le premier endroit de cette ville que j’ai visité l’été dernier, lors des vacances en Finlande.

Vanha Kauppahalli – Vieille halle du marché d’Helsinki – Juillet 2018

Photo de la semaine du 31 mars au 6 avril 2019

Réforme du lycée, suite …

La réforme du lycée, et même de toute l’éducation en général, m’a mise dans la rue il y a peu de temps (piqûre de rappel). Cette réforme, bâclée, mise en œuvre en dépit du bon sens, fait presque l’unanimité contre elle. Et pourtant, Monsieur Blanquer enfonce le clou, insiste et s’obstine.
Lundi dernier, le CHSCT-MEN (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail du Ministère de l’Education Nationale) a, lui aussi, envoyé son coup de pelleteuse dans l’édifice bancal de cette réforme. Lisez plutôt cette info (transmise par le SNES) :
« Au vu de l’exposé présenté ce jour en séance plénière de l’instance, le CHSCT-MEN constate que les réformes du lycée général et du baccalauréat entrainent déjà une augmentation considérable des risques psychosociaux.
En conséquence, le CHSCT-MEN demande l’abandon de cette réforme. »

Collection 489

En déambulant sur la toile [1]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai eu la confirmation que j’avais vraiment raison de ne pas vouloir mettre les pieds au Puy-du-Fou, et encore moins d’y laisser des sous. L’article, rédigé par Guillaume Mazeau (maître de conférence à la Sorbonne), est suffisamment clair et argumenté : à lire dans The Conversation.
En déambulant sur la toile, j’ai aussi lu un article fort intéressant sur la hausse de l’océan sur les 270 km du littoral aquitain. Il n’y a pas que Soulac, avec son immeuble prémonitoirement nommé « Le Signal », qui soit concerné : toute la côte morfle et ça va vite. C’est à lire sur Reporterre.
Plus léger pour finir : un très bon documentaire d’Arte sur Pigalle, à voir jusqu’au 25 mai 2019.

Un emblème de Pigalle : le Moulin Rouge. Photo réalisée en décembre 2017