Photo de la semaine du 11 au 17 novembre 2019

Il a tellement plu

Il a tellement plu que les jardins sont devenus des piscines. Mes branchies poussent et mes pieds se palment, tandis que, dans les parcs, les chênes se demandent s’ils n’eut pas été opportun que la divine providence fasse d’eux des palétuviers. On baigne, on trempe, on patauge, et le chêne nage tandis que les éventuels cèpes à ses pieds se noient dans le jardin devenu éponge.

Parc Ausone (Bruges) – Novembre 2019

Un tour de Clet à Bordeaux ?

Clet Abraham est un street artist qui apporte de la bonne humeur en détournant les panneaux de signalisation avec des stickers. Une petite touche d’humour dans la rudesse de la ville. Au printemps 2018, il a ainsi détourné cinquante panneaux à Bordeaux (article dans Sud-Ouest), mais 2018, c’est déjà loin, et ce panneau-ci me parait tout frais :

Un panneau peut-être détourné par Clet – Bordeaux, novembre 2019

En déambulant sur la toile [13]

En déambulant sur la toile tandis que 70 copies à la graphie incertaine piaffent sur mon bureau, je me dis qu’avoir des super-pouvoirs serait quand même une super solution pour ne pas dépasser les 50 heures de travail hebdo : mais à la question « serait-il possible de devenir Batman ? », Slate répond « non ». La messe est dite, je sors le stylo et j’y retourne. Cela dit, Batman pour corriger des copies … je doute …
Je tente alors l’humour en mode bloc de l’Est du temps de la guerre froide, pensant que quelques blagues favoriseront mes compétences en paléographie lycéenne du début du XXIe siècle (à lire sur le site de Libé). Mais si cela me distrait, cela ne corrige pas les copies pour autant. Tentons alors le loisir, la musique, les jolis mots, bref la poésie, avec cette retransmission du concert de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute en 1963, disponible sur Arte jusqu’au 21 novembre.
Mais pendant que j’attends Madeleine et le tram 33, les copies ne se corrigent pas. Il ne reste plus qu’une solution, boire une bonne bière, à la moule, soyons fou, et de Charente-Maritime bien sûr (France-Bleu). Les copies ne seront pas plus corrigées, mais ma bonne humeur sera assurée.

Collection 513

Photo de la semaine du 4 au 10 novembre 2019

Quand la mer monte sur l’écluse à poissons

Sur l’île d’Oléron, dans des temps anciens, les hommes ont fomenté des pièges et des ruses pour pêcher le poisson sans prendre ni la mer ni la canne à pêche : ce sont les écluses à poissons, de gigantesques constructions de pierres, qui piègent le poisson à marée montante. Une de ces écluses se trouve dans le village de Chaucre, une des plus vieux villages de l’île d’Oléron. En fin de tempête Amélie, un quidam déambulait sur une de ces constructions, au mépris de la loi (il est interdit de monter sur les écluses à poissons) et du danger : marée montante, pas mal de vent, des vagues parfois hautes et brutales.

Plage de Chaucre (St-Georges-d’Oléron), 3 novembre 2019

Pouvoir enfin remettre le nez dehors

Mais qu’est-ce qu’on s’est pris depuis Amélie ! Il a plu pendant cette tempête, mais après aussi. En six jours, on a reçu l’équivalent d’un mois de novembre entier. Nous sommes en novembre, certes : le mois le plus pluvieux en Gironde. Mais quand même : six jours = un mois. Va falloir un break sinon des branchies vont nous pousser et bientôt nous aurons les pieds palmés. Mais aujourd’hui il y eut pause, et même un poil de soleil sur le coup de midi. Les touristes étaient fidèles au miroir d’eau. Moi aussi.

Lumière d’Amélie

Je reviens sur la tempête de la semaine dernière, nommée Amélie. C’est joli, Amélie, mais ça a quand même cassé des branches, fait tomber quelques arbres, embêté des gens en coupant le courant. Une vraie tempête, donc. En fin de parcours, elle soufflait encore, mais c’était tenable pour le badaud à l’équilibre honnête sur les modestes falaises du nord de l’île d’Oléron. Et surtout il y avait cette lumière sublime des ciels de traine, celle que j’ai découvert il y a plus de vingt ans lorsque, pour un temps court, j’ai habité ce magnifique département de Charente-Maritime. La lumière incroyable des marais, de l’océan, tout le temps.

La lumière de la tempête près de la pointe de Chassiron (île d’Oléron), 3 novembre 2019

Collection 512

Quand Amélie s’en mêle

Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019

Photo de la semaine du 28 octobre au 3 novembre 2019

En déambulant sur la toile [12]

En déambulant sur la toile au cœur de l’automne, j’apprends que les bières belges ont un secret (Sciences&Avenir) et que les élèves japonais sont soumis à des règles aussi strictes qu’ancestrales, de plus en plus remises en cause aujourd’hui : La Voix du Nord titre ainsi « Des élèves gagnent le droit de pouvoir choisir la couleur de leurs culottes », mais l’article cite d’autres exemples que celui concernant la couleur des sous-vêtements. On peut ainsi apprendre que trois éternuements consécutifs peuvent, dans certaines préfectures (l’équivalent des départements en France), valoir une expédition immédiate à l’infirmerie, ou qu’il est interdit d’avoir les cheveux bouclés.
Je lis aussi un article de Korii sur les méfaits de l’usage intensif du smartphone, article qui m’intéresse d’autant plus qu’il fait allusion à quelque chose que j’ai vécu pas plus tard que vendredi dernier, lors du concert de NTM à Bordeaux : de très nombreux fans ont vu la quasi-totalité du spectacle à travers le filtre de leurs écrans de smartphones, ne profitant pas du moment présent mais pouvant dire sur tous les réseaux sociaux possibles « j’y étais ».
Pour finir, le doux rythme du temps qui passe et qui se répète : Courrier International a mis en ligne une infographie permettant de visualiser le nombre de personnes dans Manhattan selon les heures de la journée. La pulsation urbaine au sens propre du terme, et c’est très beau. Pensez à bien lire tout l’article pour croiser en chemin l’infographie animée.

Le sud de l’île de Manhattan vue par la version « 3D » de l’application Plans d’Apple

Collection 511

Invariablement la grue en automne descend

On dit « monter » vers le nord et « descendre » vers le sud. Ce sont des conventions, des habitudes. Comme la perception linéaire du temps : demain vient après aujourd’hui. Dans certaines civilisations, notamment la civilisation indienne, le temps est cyclique, c’est une roue qui tourne. Et c’est à cette perception du temps que je pense à chaque automne quand je vois les grues cendrées filer vers le sud.

Photo réalisée en Gironde le 26 octobre 2019

Photo de la semaine du 21 au 27 octobre 2019

Une minute trente de marée montante

Les bernaches sont arrivées sur le Bassin d’Arcachon, c’est le son qui domine aujourd’hui, berçant doucement tous ceux qui profitent d’un dernier zeste d’été pour somnoler sur la plage. Et pendant ce temps, la mer monte …

Fruit de saison

Il se pourrait donc bien que ce soit l’automne pour de vrai. Il pleut. Beaucoup. Il a aussi fallu ressortir le pull et les chaussettes, voire allumer le premier feu de cheminée de la saison (mais pas le deuxième, ce n’est pas encore l’hiver). Les champignons s’agitent dans les sous-bois, et, à Agen, des témoins attentifs ont vu passer les grues dans le sens nord-sud. Sans parler du changement d’heure qui va nous tomber sur le poil dans la nuit de samedi à dimanche. Automne, donc. Saison des fruits pour les plantes qui ne s’en préoccupent pas en été, notamment certaines plantes aquatiques. Le fruit ci-dessous est probablement celui d’un nénuphar ou de quelque chose qui lui ressemble :

Le fruit d’un nénuphar ou d’une plante aquatique qui lui ressemble – Département de la Gironde – Octobre 2019

De moins en moins de dune

L’île d’Oléron est mangée vitesse grand V par l’érosion, surtout dans sa partie sud. Cinq à trente mètres de littoral finissent chaque année dans l’océan.
Depuis les années 1960, un petit train touristique sillonne la forêt de Saint-Trojan jusqu’à la pointe de Maumusson. Les rails sur lequel circule ce petit train sont un bon indicateur de l’avancée de l’érosion, puisque chaque année les installations doivent être raccourcies : en 2014, les rails se sont même retrouvés au-dessus du vide.
Cet automne (photo ci-contre), on voit des vestiges de rails émerger de la dune, attestant une fois encore du rétrécissement de l’île.

Source : France Info, 21 juillet 2018

Collection 510

Photo de la semaine du 14 au 20 octobre 2019

Enfin une pub qui me parle

J’avoue ne pas bien comprendre la logique d’Orange, opérateur de téléphonie mobile, lorsqu’il suggère au quidam passant devant l’affiche de ranger son téléphone. Néanmoins j’apprécie l’idée, épuisée de voir tous mes contemporains (ou presque) le nez scotché en permanence sur ce fichu rectangle à écran tactile.

Collection 509

Photo de la semaine du 7 au 13 octobre 2019

Les couleurs de la salicorne

La salicorne est une plante comestible qui pousse dans la vase salée. On la voit sans mal à marée basse sur le littoral atlantique. Lentement, quand l’automne arrive, elle passe du vert au jaune puis au rouge, donnant à l’estran les couleurs de l’été indien.

Collection 508

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

Photo de la semaine du 30 septembre au 6 octobre 2019

La chansonnette [28]

JULIETTE
C’est ça, l’rugby !
Concert à Toulouse, février 2018

Ce week-end, mon ovalie va mal : Bordeaux a perdu, La Rochelle s’est planté, Pau a morflé. Mais, par les hasards de FIP et de sa programmation définitivement adéquat, je tombe sur Juliette, qui chante le rugby entre Montauban et Perpignan. C’était en concert à Toulouse. La dame jouait à domicile, je te dis pas l’ambiance …

Un bel oiseau au ponton d’honneur

Ce midi, je prends enfin le temps de descendre sur les quais et j’aperçois les mâts d’un voilier. M’approchant fissa (et non à pas de loup parce-que le temps m’eût manqué), je vis que ce voilier venait d’Angleterre, il est même immatriculé à Londres, c’est écrit dessus : Pelican of London. Honnête jusqu’au bout : non seulement il est immatriculé à Londres, mais, en plus, sa figure de proue est un pélican.
Ce joli bateau est sorti d’un chantier naval du Havre en 1948. C’était alors un bateau de pêche destiné à la navigation en Arctique pour une société norvégienne. Après moultes aventures, il est racheté et transformé en voilier par un Anglais en 2007. Depuis 2012, il participe à des courses au large pour le compte de l’association Adventure Under Sail.