Sortez les snow-boots ! (en Gironde)

Programme pour demain (j’avais prévu prépa de cours, mais il y a parfois des impératifs qui bouleversent le planning) :
– (re)trouver vêtements et chaussures adaptés à la neige
– apprendre le ski de fond
– maîtriser le montage du bonhomme de neige
– réviser les règles de la bataille de boules de neige (en temps de confinement)
Parce-que demain, en milieu de journée et en climat océanique sous le 45e parallèle, ce qui nous attend, c’est ça :

Site web de Météo France consulté le 29 mars 2020 un peu avant 17 h (capture d’écran)

À quoi rêve le hérisson ?

L’histoire a commencé hier matin. Bien confinée derrière la vitre, à l’heure où, en temps normal, je me bats avec des terminales pour qu’ils entrent en cours l’un après l’autre et non tous en même temps en hurlant (oui, des terminales), bref, en ce temps plus paisible du confinement, je regarde par la fenêtre. Et j’assiste, ébahie et joyeuse, au ballet d’un gros hérisson qui, du plus vite qu’il peut (en tout cas assez vite pour que les photos soient floues), va de sa tanière sous les iris vers le fond du jardin, là où il y a brindilles et feuilles sèches. Le gros pépère chope les végétaux dans sa gueule, file vers sa tanière, les dépose, puis recommence. Ça dure un bon moment.

Un hérisson pressé d’aménager sa tanière en vue d’un gros dodo dans le petit jardin du grand confinement

Plus tard dans la journée, j’ai compris ce que le hérisson faisait sous son douillet tas de feuilles : il dort. Et même il ronfle. Ce midi encore, j’ai eu l’impression qu’il avait le sommeil quelque peu agité, comme vous arriverez peut-être à l’entendre sur ce petit bout sonore capté avec les moyens du bord :

Quand les confinés sont aussi des cons finis

Un article qui m’interpelle dans l’Obs : des personnels soignants, en France et en Belgique, sont considérés comme des pestiférés par leurs voisins, voire sommés d’aller vivre ailleurs, de promener leur chien plus loin, et même, comme je le lisais dans un autre article (du Huffington Post je crois), dont je n’arrive pas à retrouver le lien, sommés, disais-je, d’aller garer leur voiture plus loin. J’imagine la scène entre les deux carioles, seules la nuit sur le parking : « oh oui, oh oui, coronavire-moi, encore encore ! oui ouiiiii le coviiiiiiiiid ! ».
Faut-il rappeler qu’être confiné est un privilège, une chance inouïe de passer entre les mailles de la saloperie virale. Mais il faut bien constater que le virus de la connerie, lui, n’a aucune chance d’être éradiqué.

La glycine entre en piste

Dans le petit jardin du grand confinement, après le pommier décoratif, c’est au tour de la glycine de montrer ce dont elle est capable, de jolies fleurs mauves qui sentent bon.

La glycine du petit jardin pendant le grand confinement

1 kilomètre à pied, ça use, ça use, …

… 1 kilomètre à pied, ça use la géo ! Parce-que c’est bien beau de nous coller un rayon d’un kilomètre autour de notre domicile, confinement oblige, mais encore faut-il savoir pile poil jusqu’où nos gambettes peuvent nous porter sans nous faire sombrer dans l’illégalité. Et pour cela, il y a un petit outil tout mignon, qui permet de faire le calcul et de tracer un joli cercle façon enclos : cliquez ici.
J’ai l’air de me moquer comme ça, mais la chose est sérieuse : si un tiers de l’humanité est confiné, c’est pas pour faire plaisir aux martiens ou valider les pseudo thèses des ces imbéciles de complotistes, c’est vraiment parce-que l’heure est grave et qu’il est souhaitable de sauver notre peau et celle des autres.
D’où l’utilité du petit outil que je viens de citer, qui permet notamment de savoir jusqu’où notre président de la République peut déambuler pour se détendre, ce fameux kilomètre, ici calculé autour de l’Elysée. Il a de la chance, le patron, il peut voir la Seine. Un tout petit peu de Seine, mais quand même. Ce n’est pas rien, la Seine.

Un kilomètre autour de l’Elysée – Capture d’écran du site calcmaps.com

Bande-son des petits jardins en temps de grand confinement


Tondeuse
Karcher
Taille-bordure
Tondeuse
Karcher
Taille-bordure
Tondeuse
Karcher
Taille-bordure

Continuité pédagogique et épuisement

D’une naïveté incroyable, j’ai imaginé, pendant un temps fort bref, que cette interruption scolaire apporterait un certain répit dans le rythme de travail, que bosser 45 à 50 heures par semaine, avec les nouveaux programmes de lycée, permettrait au moins de finir le job, et pas d’en laisser une partie sur le carreau. Que nenni. Il faut non seulement réécrire ce qui était déjà prêt pour que les enfants y pigent quelque chose, mais aussi trouver des activités adaptées au moment présent, sans perdre de vue la préparation d’un hypothétique bac, auquel notre ministre tient comme le chat tient à sa souris.
Sincèrement, je pensais trouver en ce temps de confinement un certain apaisement, une baisse de rythme salutaire, et tout, au contraire, s’accélère. Les élèves, polis et charmants au demeurant, prenant des nouvelles à chaque message, envoient leurs travaux sous toutes les formes et sur tous les supports possibles et imaginables (le RGPD compatible relève d’un défi quasi-impossible à faire respecter), quand ils ne se sont pas perdus préalablement en chemin, demandant un envoi personnel de la fiche de cours sur leur adresse perso. Ou quand ils demandent des précisions ou de l’aide le dimanche et s’étonnent le lundi matin que l’aide n’ait pas été apportée dans la minute qui a suivi l’envoi. 150 cours individuels à assurer ? mission impossible. Et pourtant, ils sont gentils, ces gosses, aimables, agréables à lire même parfois. Même souvent. Mais le nombre rend la partie injouable. Sans parler de ceux que l’on a perdus, pour des raisons techniques, sociales, que sais-je. Insatisfaction inévitable en période exceptionnelle. Et monsieur Blanquer dit que tout va bien, que l’on gère. Forcément, on gère, puisque rien n’était prêt en amont. Et puis c’est pas bien grave si ça patauge un peu : la télé est sur le coup, ça va être magique.
Alors demain, comme aujourd’hui, je vais essayer, comme tous mes collègues, de me dépêtrer de cette toile d’araignée qu’est l’éducation à distance, avec un planning tendu comme un string, et des mails qui arrivent à la pelle et de partout, auxquels il faut répondre, parce-que les enfants n’ont pas à être les victimes des errances et des incohérences gouvernementales.

Une toile d’araignée à contre-jour dans le petit jardin du grand confinement

Photo de la semaine du 16 au 22 mars 2020

Ce que le confinement peut nous apporter de meilleur

C’est une contrainte énorme, un effort au jour le jour, surtout pour celles et ceux qui, par obligation professionnelle, n’ont pas droit au confinement, c’est-à-dire cette mise à l’abri indispensable et vitale pour la société entière.
Pour les autres, les veinards dont je fais partie, c’est sans doute un moment unique, un moment où le ralentissement s’impose et dont il faut aussi tirer les conséquences positives. Une première de ces conséquences, immédiate et évidente, concerne la baisse très nette de la pollution de l’air (à lire dans Sciences et Avenir).
Nous constatons aussi la baisse de la consommation électrique, qui se traduit, par exemple en Gironde, par l’arrêt de deux des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Blayais.
Une manière, certes un peu brutale, de prendre conscience que l’humanité, en modifiant ses pratiques, a les outils dans ses mains pour remettre la planète d’aplomb. À nous tous d’en tirer les leçons pour le jour où nous pourrons reprendre enfin, une vie dite « normale ». Il est clair qu’il faudra positionner clairement le curseur de cette nouvelle normalité.

Captures d’écran du site web de Sud-Ouest, 21 et 22 mars 2020

Equinoxe

Si la nature s’est déjà mise en mode printemps depuis quelques jours voire quelques semaines, l’hiver est officiellement fini depuis 4 h 49 ce matin (confirmation ici). Le confinement n’interdisant pas de regarder par la fenêtre et de profiter de son jardin, quand on a la chance d’en avoir un, je savoure chaque brin d’herbe, chaque vol d’oiseau, chaque errance d’insecte.
Ainsi, hier, j’ai vu Monsieur Merle et Madame Merlette jouer à zizipanpan sur la murette. Depuis quelques jours déjà, Mme Merlette stockait toutes les brindilles et branchettes qu’elle pouvait pour bâtir le nid. La ponte a-t-elle eu lieu ? ce matin, dans le jardin, je n’ai vu que M. Merle qui, comme chaque jour, est venu chercher sa pomme du petit déjeuner dans le pommier décoratif du jardin. Le pommier, d’ailleurs, est en train de fleurir :

Début de floraison du pommier ornemental, dont les fruits sont exclusivement réservés à la consommation des oiseaux

Et si on se re-concentrait sur les municipales ?

Parlons peu, parlons bien, parlons politique locale. OK, le 2e tour des municipales est reporté aux calendes grecques, mais la campagne rebattra tôt ou tard son plein, à la ville comme à la campagne, justement. Et c’est mon petit sujet du moment : querelles de clochers et élections municipales en milieu rural, vues par l’équipe de Groland il y a trois semaines, autant dire il y a une éternité.

Faire la queue pour aller bosser

Entendons-nous bien, je ne me suis pas téléportée vers un espace hors-confinement et je ne me retrouve pas sottement coincée dans un embouteillage, respirant à plein poumon des gaz d’échappement, et devant supporter l’impatience de mes contemporains, qui se manifeste invariablement par des coups de klaxon rageurs, voire des « avance, mais avance ! » véhéments.
Que nenni. Je souhaite juste envoyer à mes petits lapins de première leur cours pour cet après-midi, avec des jolis documents sélectionnés avec amour et des consignes écrites en bleu. Et ce n’est pas possible. Il faut faire la queue sur l’ENT comme sur le périph’ parisien un vendredi à 18 heures. Et si on instaurait un système de ticket comme à la sécu ? « le numéro 67 est autorisé à déposer ses documents ». Je regarde mon ticket : j’ai le numéro 419. Je vais jouer aux Lego en regardant régulièrement le message qui apparait sur l’écran :

Continuité pédagogique et limites informatiques

Mon ministre de tutelle l’a affirmé : il y aura continuité pédagogique, tout est prêt. Oui mais. Sauf que. Faut voir. Ça dépend.
Ayant ramé toute la journée (et puis celle d’hier aussi) pour envoyer des fichiers pas bien lourds à mes petits lapins qui attendaient leurs cours et consignes avec impatience (mais si, mais si, avec impatience, vous savez bien que l’espoir fait vivre, même le prof naïf derrière son vieux Mac), je tente une offensive vespérale et même quasiment nocturne pour leur filer les cours de demain, tout en voulant, sur le même support, répondre à des messages de collègues. Voici la réponse :

Si demain, au saut du lit, l’ENT (espace numérique de travail) continue de patachoner, je vais jouer aux Lego ou écouter Barbara. Ou les deux. Pour Barbara, c’est sur Arte que ça se passe et c’est un pur bonheur (à visionner jusqu’au 28 mars).

Chaque année en fin d'été, le cygne réticulé est confiné

Dans mon errance webesque à la recherche d’infos non coronavirusiennes, je tombe sur un article d’Ornithomédia concernant les cygnes et les kayakistes. J’apprends, au milieu de l’article, que le cygne, comme les autres anatidés (on révise ses anatidés : ce sont les … les … ? allez j’attends la réponse ; les oies et les canards, oui, c’est cela). Donc j’apprends, disais-je avant de vouloir jouer à la prof qui animerait un jeu télévisé, j’apprends donc (on va y arriver) que, après la nidification, le cygne et les autres anatidés muent. Ils perdent d’un coup toutes leurs rémiges, c’est-à-dire les plumes qui leur servent à voler, ce qui les confine sur la mare. Bien entendu, les rémiges repoussent, mais cela prend un peu de temps, temps pendant lequel ils sont vulnérables. Leçon du jour : au milieu de la mare ou au milieu du salon, que tu sois cygne ou que tu sois humain, prends ton mal en patience. Quant aux kayakistes … lisez l’article en entier pour les placer là où il faut dans le scénario.

Un cygne réticulé qui a encore toutes ses rémiges et qui sait qu’il peut voler

Effets du coronovirage radical sur un blog ordinaire

Il est clair que Covid-19 ne provoque aucun enthousiasme. Que la perspective de rentrer à la niche pour un temps long ne réjouit personne. Que bosser sur internet, surtout quand les réseaux rament, n’apporte aucun plaisir. Que le jour ou ledit-Covid aura déserté les lieux, tous les diables sortiront de leur boîte dans un grand youpi qui s’entendra jusqu’à la planète Mars. Et que la taulière, ici présente, ne peut plus dans l’immédiat, alimenter son petit blog de ses petites photos habituelles.
Il est donc décidé que le blog en question va se recentrer, pendant le temps nécessaire à la disparition du Covid, à des activités différentes des images rituelles, à savoir des activités de type bavardages en tout genre, et surtout, surtout, en évoquant le moins possible le connard de virus coronavirus qui nous plombe le moral (d’autant plus qu’aujourd’hui il a fait tout gris avec même un peu de pluie). À bientôt sur nos lignes. Portez-vous bien.

Une petite phrase en passant

« Les enseignants font partie des très rares professions à qui l’employeur ne fournit pas les outils de travail indispensables à l’exercice de leur métier. Chacune et chacun doit, s’il veut effectuer correctement les tâches qui lui sont imposées, se procurer personnellement un ordinateur, une imprimante et un scanner…
C’est un peu comme si les employés d’un chantier devaient acheter leurs pelles et leurs pioches! Au moment où l’on évoque la nécessaire revalorisation du corps enseignant, voilà un point qui n’est pas nécessairement de détail. »


Philippe Meirieu, « Écoles fermées aux élèves : les leçons du virus (et quelques pistes pour les parents) », site web The Conversation, 15 mars 2020


Photo de la semaine du 9 au 15 mars 2020

Milan, enfin

Milan. Milan noir plus exactement. C’est le nom de l’oiseau migrateur longue distance qui arrive en premier au-dessus de mon jardin, bien avant les hirondelles (si hirondelles il y a). Normalement, il est là en février, il tourne et déambule tranquillement, convole en justes noces, croit et multiplie, puis repart repus vers des contrées appropriées dans le courant du mois d’août.
Il y a quelques jours, j’appris de source sûre et conjugale que le milan errait dans les parages. Des jours où j’avais école sans doute, ou pas suffisamment le nez dans les nuages. Hier enfin, je vis le milan noir surfer dans l’air tiède au-dessus du jardin.

Un milan noir en Gironde. 13 mars 2020

La journée "je ne sais pas"

— Madame, vous pensez que ça va durer longtemps la fermeture du lycée ?
— Je ne sais pas.
— Madame, vous croyez que le bac va être annulé ?
— Je ne sais pas.
— Madame, vous croyez qu’il y a des gens qui l’ont, le coronavirus, dans le lycée ?
— Pas à ma connaissance.
Et oui, il fallait bien varier le registre de vocabulaire. Sortir du « je ne sais pas » pour dire la même chose avec d’autres mots. Jamais je n’ai autant été dans l’incertitude face à mes élèves, or nous savons tous à quel point celle-ci est génératrice d’angoisse, chez les jeunes comme chez les adultes.
Bien sûr beaucoup de ces jeunes sautaient de joie, voyant dans ce temps à venir des vacances infinies. Mais pas tous. La continuité pédagogique voulue par le ministère aura ses limites, forcément, mais nous ferons de notre mieux (quoique dans l’improvisation la plus totale) pour que les enfants et les ados ne décrochent pas totalement de la chose scolaire.
Un temps incertain s’ouvre devant nous, une sorte d’aventure finalement, un moment dont les enfants d’aujourd’hui parleront à leurs propres enfants demain : « tu ne peux pas te rendre compte, Théodore-Marcel, mais en 2020, les écoles ont toutes été fermées d’un coup, du jour au lendemain ! ». Une jeune fille d’à peine seize ans me demandait ce matin si le coronavirus et la fermeture des écoles seraient, plus tard, dans les livres d’histoire. Je lui ai répondu « je ne sais pas ».

La chansonnette

SHEILA
L’école est finie
1963

Si un jour on m’avait dit que je collerais du Sheila dans ce blog, quoique ayant fait bien pire parfois, je ne l’aurais pas cru. Mais ce jour est arrivé, preuve qu’il ne faut jurer de rien.
Aujourd’hui, après une demi-semaine de labeur agréable (ce sont des choses qui arrivent), je lis par hasard (et par atavisme bretonnant majeur) que dix nouvelles personnes étaient coronavirées du côté de Rennes, autant dire dans mon biotope (car, cher blogonaute, si tu as bien suivi les épisodes précédents, tu sais que la taulière est un chouia bretonne). Et que ces dix personnes sont aussi des enseignants. Damned. Le coronavirage est proche : les petits nous transmettent le bouzin sans autre forme de procès. Ça craint. Voire ça daille, comme on dit en bon bordelais.
Le patron prend des mesures radicales, en lien ou non avec cette info des dix profs confinés que je viens de citer : les écoles sont fermées à partir de lundi. L’école est provisoirement finie. Elle se fera à distance. Ou pas. D’où Sheila.

Collection 529

Photo de la semaine du 2 au 8 mars 2020

Que Tina soit …

… et Tina fut.
En ces temps moroses où la pluie ne marque quasiment pas de pause, où les médias nous corovirent le moral plus vite que des bacs blancs de terminale (et pourtant … Maastricht signé aux States pour valider le plan Marshall voulu par De Gaulle pendant les Trente Glorieuses, fallait le faire !), en ces temps, disais-je, où l’on s’embrume pour un rien juste parce-qu’il pleut dehors et que le boulot se fait lourd, il peut-être opportun de se baigner dans un monde meilleur. Sur Arte.tv, jusqu’au 3 juin (après cette date, le ticket n’est plus valable), il est possible et souhaitable, de se faire enfin plaisir avec un bon vrai concert d’une mamie du rock, j’ai nommé Madame Tina Turner. Cliquez ici et maintenant pour voir une retransmission de son concert de mai 2009 aux Pays-Bas, filmé lors de cette tournée dans laquelle elle surplombe la foule sur une passerelle. Un très très grand moment de bonheur. Surtout, ne vous privez pas de ça. Bon week-end à tous.

Tina Turner en concert aux Pays-Bas en mai 2019 – Copie d’écran à partir du site Arte.tv

Collection 528

Photo de la semaine du 24 février au 1er mars 2020

Mais que fait donc la cigogne ?

Nous pourrions croire qu’en cette toute fin de février 2020, comme tout un chacun je me pose la question d’un éventuel coronovirage. Ou coronovirement, allez savoir, bref que je cède à la panique ambiante face à un virus venu de loin là-bas dans le grand Orient lointain. On pourrait tout aussi bien supputer que la correction des copies (un bon gros kilo au bas mot) et que la préparation des cours pour mes petits lapins occupent totalement mon esprit et me font suer sang et eau, stylo en pogne et ordi en piste. Que nenni. Je reste mentalement figée sur ce que j’ai vu sur l’île d’Oléron la semaine dernière et m’interroge : mais que fait donc la cigogne ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Une chose est sûre, elle est de retour. De migration ou du village d’à côté (car certaines cigognes ne migrent pas). Elle a réinvesti son nid de l’année passée, jusque là rien de bizarre. Mais a-t-elle commencé à couver ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Cela je l’ignore. Normalement, la chose ne commence qu’en mars. Mais tout est en avance cette année. Nous avons même dégusté nos premières asperges ce soir. Notre producteur était sur le marché, car lesdites asperges avaient trois semaines d’avance. Alors pourquoi pas les cigognes ?

Une petite phrase en passant

« Rester chez soi. Lire. Dormir. Écouter de la musique. Cuisiner. Rêver. Jouer avec son chat. Dormir encore un peu. Se reposer. Réfléchir. Prendre le temps d’être soi-même. Ne plus être pressé. Ne plus avoir à courir ou à donner le change. Sentir le temps passer, la vie s’écouler au ralenti comme si plus rien n’avait d’importance. Comme si nous étions seuls au monde, revenus à l’aube de la création. »

Laurent Sagalovitsch, « Se mettre en quarantaine est la meilleure chose qui pourrait nous arriver », Slate.fr, 26 février 2020

Ça mord, ça ronge, ça grignote …

… et le littoral recule, les îles du ponant rétrécissent. Sur Oléron, chaque balade sur les plages océanes est un choc, un coup au cœur, un coup de blues. Il faut se rendre à l’évidence, entrer en résilience, cette île-là aussi se fait chaque mois un petit peu plus petite. L’océan monte parce-que la hausse des températures provoque à la fois une fonte des glaces et une dilatation des eaux.

Érosion sur une plage de St-Georges d’Oléron constatée en février 2020

Collection 527

Première pivoine

Originaire de Chine, la pivoine peut vivre cent ans, à condition qu’on ne la déplace pas. Actuellement, les premières pivoines montrent leurs couleurs en ville. Je ne me souviens jamais, d’une année sur l’autre, si cette floraison est normale alors que l’hiver n’est pas terminé, ou si, douceur de l’air oblige, la pivoine n’a pas un peu d’avance.

Une pivoine en bouton – Bordeaux – Février 2020