Une petite phrase en passant

« Le capitalisme devait être éradiqué, ainsi que la plupart des « ismes ». Le socialisme. Le marxisme aussi, si toutefois il existait. Le fascisme et le darwinisme, bien sûr (censés être la même chose). Le cubisme pouvait, en revanche, être conservé, à condition qu’il ne soit soumis à aucune règle. »

Jonas JONASSON, L’analphabète qui savait compter, 2013

Encore plus unis qu'au premier jour

Monsieur Philippe a voulu jouer la division entre les jeunes blancs-becs et les vieux cons : jeunes blancs-becs et vieux cons ont fait cause et caisse commune aujourd’hui dans mon lycée, puis ont voté la grève à l’unanimité pour mardi. Nous battrons donc à nouveau le pavé, puisque nous ne disposons pas de camions ou de tracteurs pour bloquer les routes et les dépôts de carburants. Nos élèves et leurs parents seront gentiment prévenus : mardi, c’est lycée mort. Jeunes blancs-becs et vieux cons ne se laisseront pas abattre comme des pigeons.

Le tram de Bordeaux un jour de manif

La ligne rouge est franchie

En séparant les vieux (qui gardent le régime actuel de retraite) des jeunes (qui se prennent les points en pleine face), le gouvernement nous rejoue la bonne vieille scène du « diviser pour mieux régner ». Mais tous ne tomberont pas dans le piège. Même la bénie-oui-oui CFDT se dit qu’il serait bon de se mettre aussi à râler. Tenir, encore et encore, …

Photo prise à la fin de la manifestation contre la réforme des retraites à Bordeaux le 10 décembre 2019

Collection 517

Une base large

Quoiqu’en pensent certains médias défenseurs des pauvres « usagers » pris en « otage » par les vilains privilégiés qui ne pensent qu’à leur petit cul retraite, les manifestations de ces derniers jours rassemblent une base large de citoyens inquiets pour leur avenir, dépités et désarçonnés face à cette société dans laquelle il semble de plus en plus incongru de jouer collectif. Aujourd’hui, à Bordeaux, de nombreuses professions ont défilé, beaucoup de gens ordinaires, des « vraies gens » comme on entend parfois. Parce-que le ras-le-bol touche tout le monde, et pas seulement ceux pour qui c’est moins dangereux que d’autres de faire grève.

Photo de la semaine du 2 au 8 décembre 2019

L'écureuil en mode "cochon pendu"

C’était un jeu du temps marmot, du temps du trapèze sur le portique du jardin : coincer la barre sous les genoux, tête en bas. On appelait ça « le cochon pendu ». C’est précisément à cette figure de style enfantine que j’ai pensé en voyant un écureuil, autrement plus agile que moi en mode minot, qui, pour choper le fruit qu’il convoitait, se contorsionnait en tous sens sur des brindilles frêles, risquant à chaque instant la dégringolade au pied de l’arbre, se rattrapant de justesse et grignotant avec bonheur la noix tant désirée

.

L'eau monte

Le début du mois de décembre est considéré par les naturalistes comme le vrai début de l’hiver, qui intervient donc trois semaines avant l’hiver des calendriers, qui est l’hiver astronomique. De fait, depuis le 1er décembre, il fait bien froid, un de ces froids qui obligent à porter bonnets, gants et chaussures chaudes. Un vrai hiver qui fait de la buée quand on respire, avec un très très beau ciel bleu qui met de bonne humeur. Il a tellement plu les jours d’avant … Souvenons-nous, dans un parc de la banlieue bordelaise, des chênes baignaient franchement, puis l’eau a leurs pieds avait été pompée, et tout était rentré dans l’ordre.
Sauf que, l’eau tombée juste avant l’offensive hivernale du 1er décembre, a tout détraqué et les chênes pataugent à nouveau dans l’eau glacée :

Ailleurs aussi, dans ce même parc, les arbres découvrent qu’il pourrait être de bon augure d’apprendre à nager, là où, en plein été, il n’y a même pas une flaque et encore moins un ruisseau :

Photos : Parc Ausone (Bruges), 5 décembre 2019

Collection 516

Triste record oléronais

On la surnomme « la lumineuse », mais l’île d’Oléron est en train de devenir « la noyée ». C’est sur la pointe de Gatseau, dans le sud de l’île d’Oléron, que l’érosion est la plus forte en Europe (cliquez ici). Il y a là un mélange de phénomènes naturels qui s’entraînent et s’amplifient les uns les autres, en lien notamment avec la situation de la pointe de Gatseau au débouché de l’estuaire de la Seudre. À cela s’ajoutent les effets du dérèglement climatique. Cette petite vidéo de France 3 fait le point :

Photo de la semaine du 25 novembre au 1er décembre 2019

Il a tellement plu que l'arbre a chu

C’était un bel et grand arbre dont les feuilles bien jaunes signaient l’automne en fin de parcours. Mais c’est aussi un automne mouillé plus que de coutume, tout bon tout bien pour les nappes phréatiques, plus problématique pour la terre en surface, transformée en soupe, en gigantesque patouille qui désolidarise les racines du sol.

Au Jardin Public, comme dans d’autres lieux, suite à cette eau infernale cumulée à quelques vents forts, l’arbre a les racines à l’air et les branches qui trempent dans la rivière ornementale.

Photos réalisées au Jardin Public de Bordeaux à la fin de novembre 2019

Collection 515

Le bon côté de la flaque

Détrempe, piscine, pédiluve, pataugeoire. Il a tellement plu que l’arrêt soudain de la flotte semble improbable, irréel, et pourtant cela a eu lieu. Un temps calme enfin, mais la pluie torrentielle de ces dernières semaines a laissé des miroirs dans lesquels les arbres se refont une beauté. Il fallait bien que tant et tant d’eau serve à quelque chose.

Photo de la semaine du 18 au 24 novembre 2019

Sauvons les chênes de l’eau

Souvenez-vous, l’histoire ne date que de quelques jours : dans un jardin d’une agglomération bordelaise noyée sous des pluies diluviennes, des chênes baignaient bien malgré eux façon palétuviers à marée haute (piqûre de rappel). Voici une image de la scène :

Parc Ausone (Bruges) – 17 novembre 2019

Aujourd’hui même, alors que la flotte mettait encore à l’épreuve bottes et cirés, je pus constater que le sauvetage des chênes était en cours, suite à la mise en place d’une pompe pompant l’eau qui rendait les racines pompettes, ivres d’une flotte potentiellement létale pour ces deux braves chênes d’un parc urbain tout neuf :

Parc Ausone (Bruges) – 21 novembre 2019

Fin de journée en mode « grue »

La grue cendrée est ce magnifique oiseau migrateur qui a choisi le dessus de mon jardin pour autoroute. L’Aquitaine est aux grues ce que l’autoroute A7 est aux aoûtiens friands de Méditerranée : un incontournable, un must, the place to be, un hot spot des embouteillages saisonniers.

En toute fin d’après-midi déjà, elles se bousculaient au portillon, jouant des ailes pour être en pole position au péage. Bien que la nuit soit désormais bien tombée, nous les entendons encore, en vol stationnaire dans le quartier, tournant en rond à la recherche des courants ascendants qui les catapulteront vers le grand sud désiré. Demain, sur la Gironde, on nous annonce de la pluie. À chacun son destin.

Photos réalisées en Gironde le 20 novembre 2019

Collection 514

Photo de la semaine du 11 au 17 novembre 2019

Il a tellement plu

Il a tellement plu que les jardins sont devenus des piscines. Mes branchies poussent et mes pieds se palment, tandis que, dans les parcs, les chênes se demandent s’ils n’eut pas été opportun que la divine providence fasse d’eux des palétuviers. On baigne, on trempe, on patauge, et le chêne nage tandis que les éventuels cèpes à ses pieds se noient dans le jardin devenu éponge.

Parc Ausone (Bruges) – Novembre 2019

Un tour de Clet à Bordeaux ?

Clet Abraham est un street artist qui apporte de la bonne humeur en détournant les panneaux de signalisation avec des stickers. Une petite touche d’humour dans la rudesse de la ville. Au printemps 2018, il a ainsi détourné cinquante panneaux à Bordeaux (article dans Sud-Ouest), mais 2018, c’est déjà loin, et ce panneau-ci me parait tout frais :

Un panneau peut-être détourné par Clet – Bordeaux, novembre 2019

En déambulant sur la toile [13]

En déambulant sur la toile tandis que 70 copies à la graphie incertaine piaffent sur mon bureau, je me dis qu’avoir des super-pouvoirs serait quand même une super solution pour ne pas dépasser les 50 heures de travail hebdo : mais à la question « serait-il possible de devenir Batman ? », Slate répond « non ». La messe est dite, je sors le stylo et j’y retourne. Cela dit, Batman pour corriger des copies … je doute …
Je tente alors l’humour en mode bloc de l’Est du temps de la guerre froide, pensant que quelques blagues favoriseront mes compétences en paléographie lycéenne du début du XXIe siècle (à lire sur le site de Libé). Mais si cela me distrait, cela ne corrige pas les copies pour autant. Tentons alors le loisir, la musique, les jolis mots, bref la poésie, avec cette retransmission du concert de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute en 1963, disponible sur Arte jusqu’au 21 novembre.
Mais pendant que j’attends Madeleine et le tram 33, les copies ne se corrigent pas. Il ne reste plus qu’une solution, boire une bonne bière, à la moule, soyons fou, et de Charente-Maritime bien sûr (France-Bleu). Les copies ne seront pas plus corrigées, mais ma bonne humeur sera assurée.

Collection 513

Photo de la semaine du 4 au 10 novembre 2019

Quand la mer monte sur l’écluse à poissons

Sur l’île d’Oléron, dans des temps anciens, les hommes ont fomenté des pièges et des ruses pour pêcher le poisson sans prendre ni la mer ni la canne à pêche : ce sont les écluses à poissons, de gigantesques constructions de pierres, qui piègent le poisson à marée montante. Une de ces écluses se trouve dans le village de Chaucre, une des plus vieux villages de l’île d’Oléron. En fin de tempête Amélie, un quidam déambulait sur une de ces constructions, au mépris de la loi (il est interdit de monter sur les écluses à poissons) et du danger : marée montante, pas mal de vent, des vagues parfois hautes et brutales.

Plage de Chaucre (St-Georges-d’Oléron), 3 novembre 2019

Pouvoir enfin remettre le nez dehors

Mais qu’est-ce qu’on s’est pris depuis Amélie ! Il a plu pendant cette tempête, mais après aussi. En six jours, on a reçu l’équivalent d’un mois de novembre entier. Nous sommes en novembre, certes : le mois le plus pluvieux en Gironde. Mais quand même : six jours = un mois. Va falloir un break sinon des branchies vont nous pousser et bientôt nous aurons les pieds palmés. Mais aujourd’hui il y eut pause, et même un poil de soleil sur le coup de midi. Les touristes étaient fidèles au miroir d’eau. Moi aussi.

Lumière d’Amélie

Je reviens sur la tempête de la semaine dernière, nommée Amélie. C’est joli, Amélie, mais ça a quand même cassé des branches, fait tomber quelques arbres, embêté des gens en coupant le courant. Une vraie tempête, donc. En fin de parcours, elle soufflait encore, mais c’était tenable pour le badaud à l’équilibre honnête sur les modestes falaises du nord de l’île d’Oléron. Et surtout il y avait cette lumière sublime des ciels de traine, celle que j’ai découvert il y a plus de vingt ans lorsque, pour un temps court, j’ai habité ce magnifique département de Charente-Maritime. La lumière incroyable des marais, de l’océan, tout le temps.

La lumière de la tempête près de la pointe de Chassiron (île d’Oléron), 3 novembre 2019

Collection 512

Quand Amélie s’en mêle

Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019

Photo de la semaine du 28 octobre au 3 novembre 2019