Collection 551

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Covid, couvre-feu et misogynie

Le monde tel qu'il va

Dans une petite rue de Bordeaux sur le trajet du boulot. Deux hommes discutent des conséquences du couvre-feu. L’un d’eux est clairement embêté :
« Tu vois, le problème, c’est que c’est plus compliqué pour ma femme. Comme on embauche plus tôt, faut qu’elle se lève plus tôt pour me préparer mon petit-déjeuner ».

Illustration : Caroline Ingalls (« La petite maison dans la prairie ») – Autres temps, rautres mœurs … ou pas !

Photo de la semaine du 11 au 17 janvier 2021

Photo de la semaine

La foulque macroule et le grèbe castagneux

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :

Surfer sur l’hiver

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

Collection 550

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Photo de la semaine du 4 au 10 janvier 2021

Photo de la semaine

À quoi bon quitter l’océan ?

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je me mets à la place de la mouette rieuse : maligne, la fifille a filé fissa loin de l’océan dès les premiers frimas. C’est que le littoral, en hiver, ça vente, ça pleut, ça vague en rouleaux, c’est malcommode et périlleux. D’où migration temporaire vers des lieux plus cléments, généralement urbains, là où la nourriture abonde. Certes, celle-ci relève davantage de la malbouffe laissée par les humains que de la bonne dorade bien fraiche ou du petit merlan tout juste sorti de l’eau et encore frétillant. Mais la tranquillité urbaine, la bouffe gratuite sans trop d’effort, le quasi-chauffage intégré, ça vaut bien le voyage annuel.
Alors, quand, au saut du lit, on pense pouvoir nager en père peinard sur la grand’ mare des canards (et des oies aussi), et que, contre toute attente, on glisse et dérape sur la rivière artificielle du parc, c’est la panique. Il y a arnaque, entourloupe, tromperie sur la marchandise. Et les mouettes, folles d’avoir ainsi été dupées, envisagent depuis de saccager l’agence de voyage qui leur a promis monts et merveilles.

Une mouette rieuse au jardin public de Bordeaux – Janvier 2021

Une histoire et au lit !

Un peu d'art dans un monde de brutes

Le rituel de l’histoire avant de dormir est fondamental pour l’équilibre des enfants. Et pour celui des adultes aussi, d’ailleurs. Rien ne vaut un bon vieux conte, avec l’arrivée du prince charmant dans la scène finale :

Collection 549

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Photo de la semaine du 28 décembre 2020 au 3 janvier 2021

Photo de la semaine

Verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Le monde tel qu'il va

Selon ta nature, optimiste ou non, tu vois le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Tu envisages un avenir radieux ou plonge dans les affres de la dépression. Tu vois le ciel bleu derrière les nuages ou les nuages devant le ciel bleu. Bref, face à une même situation, nous ne réagissons pas tous de la même manière et, surtout, nous n’envisageons pas tous la suite de l’aventure avec la même confiance. Ce qui vaut pour l’humain lambda vaut pour la presse, comme l’attestent deux titre de la PQR d’hier :

2021, c’est parti !

Le monde tel qu'il va

Clap de fin sur 2020

Le monde tel qu'il va

Bilan d’une année d’une grande dureté. En espérant que les quelques jours qui nous séparent du nouvel an soient doux et sereins. Comme le titrait Sud-Ouest hier : « Joyeux Noël quand même » …

Une chansonnette

Chronique du déconfinement, La chansonnette, Le monde tel qu'il va, Un peu d'art dans un monde de brutes

Dès à présent, je ne vais faire que des choses pas essentielles. Voir des gens que j’aime (parce-que quand on s’applique, respecter le protocole sanitaire, c’est facile, et ça évite de se confiner à Versailles façon chef d’État pris le nez dans le pot de confiture). Écouter de la musique, même si dans la vraie vie, c’est encore prohibé (mais j’ai commencé aujourd’hui même par Petrucciani à Marciac en 1996, sur le site de l’INA). Lire, bien sûr. Et puis l’océan, la forêt, quelques amis, … Rien d’essentiel, puisque l’essentiel serait de pouvoir déambuler dans IKEA mais pas d’aller au musée. Rien d’essentiel puisque l’essentiel serait de faire la queue devant des dealers de la fast fashion plustôt que d’aller au théâtre. Bref, je mets sous couvert la colère, le bouillonnement, la rage, et vous confie aux bonnes mains et aux bonnes paroles d’une vraie bonne personne : Grand Corps Malade. Portez-vous bien et à l’année prochaine.

Grand Corps Malade
Pas essentiel (2020)

Faire une pause

Je suis prof mais je me soigne

Ils nous regardent avec des grands yeux vides, ils luttent contre le sommeil, mais ils tiennent jusqu’au bout, sauf les deux ou trois qui ont entendu dire que l’école c’était pas obligatoire jeudi et vendredi. Je ne reviendrai pas sur la com’ Blanquer, ça ne serait pas dans l’esprit de Noël, et puis je dirais des gros mots et ce serait fort laid.
La salle des profs, pareillement amorphe quoique sous caféine, compte les heures et les copies qu’il reste à corriger avant le changement d’année.
Ce soir, dans le tram, j’écoute « Dans la salle du bar tabac de la rue des Martyrs », et je trouve que François Hadji-Lazaro sied bien à ma fatigue du moment. Demain il fera jour et ce sera le premier jour des vacances.

Le Sevmorput à la dérive

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Un navire en difficulté dans l’Atlantique, au beau milieu du mois de décembre, ce n’est pas drôle, mais ce n’est pas rare. Mais quand ce bateau est qualifié de « centrale nucléaire flottante », l’avarie dont il est victime attire forcément l’attention (la tension aussi même peut-être).
Tentons de résumer l’affaire : le Sevmorput (de son nom complet « Severny Morskoy Put », soit « Route du Nord » en russe) est un navire civil russe à propulsion nucléaire. C’est le dernier cargo à propulsion nucléaire qui navigue encore. Ce bateau de 260 m de long a donc, à son bord, 150 kg d’uranium enrichi. Promis à la casse en 2007, il a été retapé in-extremis et a repris du service en 2016. Depuis lors, et jusqu’à l’affaire qui nous préoccupe, il ne batifolait que dans les eaux russes, transportant du poisson du côté de la mer de Béring.
En octobre de cette année, il a été décidé que le Sevmorput allait faire un grand voyage, loin vers les mers australes. Plus question de transporter du poisson, on passe aux choses sérieuses : le navire a pour mission de convoyer du matériel pour la prospection gazière en Antarctique. Activité que je croyais interdite, mais j’ai du louper un épisode. Bref, le vieux rafiot met le cap au sud, et c’est là que les ennuis commencent : le cargo devait atteindre son but début novembre. Mais, une panne à bord l’a laissé en plan au large de l’Angola. Aucun pays d’Afrique n’a envie d’accueillir ce type de navire dans un de ses ports. Après une période de ronds dans l’eau et de tentatives de réparation, il a été décidé que le Sevmorput devait rejoindre Saint-Petersbourg. Tant pis pour la mission en Antarctique, mais tant mieux pour l’Antarctique tout court, terre dénucléarisée par traités internationaux. Aujourd’hui, le navire est là, au large du Sahara Occidental et pas bien loin des Canaries, et, quand on regarde la carte de Marine Traffic, on constate qu’il n’est pas seul, ça navigue dur dans le coin :

La suite de la route, on la connait, avec ses écueils, sa météo tempétueuse, son rail d’Ouessant pas rassurant, etc :

Certes, la route, il l’a déjà faite, dans l’autre sens courant octobre, sans que personne ne s’en émeuve : en ce qui concerne la France, notamment, le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord n’a pas bronché. Cette fois, la chose se sait, grâce à l’ONG Robin des Bois, et elle est relayée par Sud-Ouest, 7Seizh et Mer et Marine. Mais le bateau poursuit néanmoins sa route, vaille que vaille.

Photo de la semaine du 7 au 13 décembre 2020

Photo de la semaine

L’amer retour vers la mer

Chronique du grand confinement, La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

M’sieur Castex a parlé. M’sieur Castex a dit banco pour la bamboche à naouel à 6 max, au-delà c’est péché. Soit. M’sieur Castex a dit « pu b’soin d’attestation pour dire que j’ai un truc à faire dehors » à partir du 15 décembre. Sauf après 20 heures. Couvre-feu alors que nous ne sommes pas en temps de guerre, soit, mais ça fait bizarre. M’sieur Castex a dit « sages comme des images » au nouvel-an et quand on voit ses parents et ses grands parents. T’inquiète, m’sieur Castex, nul ici ne veut zigouiller l’ascendance ni perdre ses amis. Nous avons tous surtout besoin de liens humains.
M’sieur Castex a dit aussi que nous pourrions déambuler librement, dans les horaires consentis et en respectant les gestes barrière (don’t worry, patron, c’est acquis) dès le milieu de la semaine prochaine. Et cela veut dire, chers amis, que nous allons exploser la barrière des 20 km et revoir l’océan. Peut-être même se planter devant et observer le doux balancement de la marée. Ou déambuler entre mer et forêt et cueillir quelques champipis au passage, histoire de préparer le repas de naouel pour 6 personnes max. Mais retourner au ciné, au théâtre, voir du spectacle vivant, que nenni. Et la rage gronde, comme une marée montante de fort coefficient.

Se planter devant l’océan et observer le doux balancement de la marée …


Violette d’hiver

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La violette est une jolie petite fleur de la famille des pensées, quoique plus sauvage, plus forestière. S’il est de coutume de voir les violettes au printemps, il se peut aussi, et ce n’est pas un coup vicieux du dérèglement climatique, que la violette fleurisse en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci.
Le nom anglais de la violette est « heartsease », ce qui laisse supposer que la fleurette est bonne pour le cœur. Le cœur dans tous les sens du terme : le blog « Le jardin médiéval de Padiès » évoque l’usage aphrodisiaque de cette jolie fleur, ainsi que sa capacité à réparer les cœurs brisés.
Petite précision utile en cette période précédant les peut-être fêtes de fin d’année : les Romains de l’Antiquité pensaient que la violette pouvait calmer les ardeurs de la gueule de bois, c’est écrit dans wikipedia. Ils allaient même plus loin, nos Romains, et buvaient un vin de violettes qui leur procurait la sensation d’ivresse sans les désagréments liés à celle-ci.

Quand la violette fleurit en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci… Département de la Gironde, début décembre 2020

Photo de la semaine du 30 novembre au 6 décembre 2020

Photo de la semaine

Cap sur Le Cap

La mer et ses poissons

Retour sur le Vendée Globe. Les quarantièmes rugissants ne pardonnent décidément pas. Après Kevin Escoffier, qui a vu son bateau se couper littéralement en deux et qui a pu, en un temps record, sauver sa peau sur le radeau de survie, alors que le voilier sombrait, ce fut au tour de trois autres marins de rencontrer des difficultés sérieuses, qui, pour deux d’entre eux, portent l’acronyme d’OFNI. Objet Flottant Non Identifié. Le genre d’objets qui te troue la coque et qui menace sérieusement d’envoyer esquif et marin par le fond. Le troisième, Alex Thomson, a subi une avarie plus classique, de la bonne grosse casse qui l’a obligé à rallier Le Cap avec un seul safran. De toute façon, il n’aurait pas pu aller plus loin.
Une des deux victimes d’OFNI est Sébastien Simon, qui, comme, Alex Thomson, abandonne. Il fait route vers Le Cap, où Thomson est déjà arrivé. L’autre victime d’OFNI est Samantha Davies, dont on peut voir la trajectoire en rouge sur la carte ci-dessous. Elle envisage de pouvoir réparer dans une petite baie près du Cap, sans aucune aide, afin éviter la disqualification. Elle devrait rejoindre son but demain en milieu de journée.

En rouge : le bateau de Samantha Davies qui se dirige vers Le Cap (18 h le 4/12, heure de Paris)

Traités de Westphalie, youpi !

Je suis prof mais je me soigne

Disons-le tout net, la journée avait moyennement bien commencé. Déjà il pleuvait, format grosse averse, et même avec le ciré (le jaune, oui, le vrai, faut pas tricher avec la pluie), j’avais la guibole humide et le pas accéléré pour aller taffer. Sur le trajet se trouve un collège, un brave collège avec des collégiens, bien tassés sur les trottoirs dans l’attente de l’ouverture du lieu scolaire. Des mouflets et des minots qui courent, qui braillent, qui font des moulinets avec leurs trottinettes, même que, ce matin, j’ai bien failli en recevoir une sur le museau. Et puis il y a celles et ceux qui viennent en vélo. Au moins, il faut les créditer de cela, ces marmots ne sont pas tous amenés en SUV à la porte de leur collège, ils fournissent quelques efforts physiques et ne chouinent pas sous la pluie. Ça flotte pourtant dru, et la visibilité s’en ressent, mais à pied ce n’est pas bien gênant. Sauf lorsque une gamine fonce littéralement sur moi avec son vélo, hurlant de rire en apercevant ses copines. Je l’esquive, certes, mais râle un « faites un peu attention » qui plonge la marmaille dans un grand rire, une marmaillotte gloussant, avec un aplomb dont les élèves de 5e et 4e ont le secret (je le sais, j’ai testé en début de carrière) : « Si vous n’aimez pas les enfants, faut pas venir ici ».
Alors je le dis tout net, avoir du expliquer ensuite, à des lycéens encore un peu ensommeillés, les subtilités des traités de Westphalie (1648), m’a procuré un immense sentiment de bien être. Enfin je retrouvais ma zone de confort, face à mes choupinets à moi, qui prenaient des notes et trouvaient la guerre de Trente Ans tour à fait digne d’intérêt. Et pourtant, au premier abord, les bastons du XVIIe siècle ne semblaient pas faciles à vendre.

L’écureuil ne fait pas de réserve

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’avais cru comprendre, suite à des légendes enfantines ou à des publicités pour un groupe bancaire, que les écureuils faisaient des réserves de noix et noisettes. J’avais aussi cru comprendre que, dans sa grande étourderie, l’écureuil, souvent, ne se souvenait plus de la localisation de ses cachettes, se remettait à chercher noix et noisettes pour les stocker dans un lieu nouveau qu’il oubliait aussitôt. Je me demande si on ne m’a pas fait prendre les écureuils pour des idiots. Parce-que tous ceux que je croise ne planquent rien du tout mais mangent directement ce qu’ils trouvent, sans passer par la case cachette. Et le scrontch de l’écureuil sur la noix s’entend de loin. La petite bête est tellement affairée qu’elle ne voit même pas le paparazzi qui la photographie.

L’écureuil, mangeant sa noix, ne voit même pas le paparrazi qui le photographie

Un pour tous, tous pour un

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Les courses océaniques ont un petit côté « Trois mousquetaires » : une solidarité vitale. Aujourd’hui, Kevin Escoffier, 3e au classement, a déclenché sa balise de détresse pour voie d’eau et s’est réfugié dans son radeau de survie. Parce-que la direction de la course l’a ordonné, parce-que c’est la norme en mer, parce-qu’on ne laisse pas tomber un concurrent qui risque la mort, un puis deux puis trois puis quatre marins sont partis au secours de Kevin Escoffier. Le premier, ce fut Jean Le Cam, le plus proche d’Escoffier. Il a alors mis le moteur (autorisé et même obligatoire en pareille circonstance) et s’est approché. Il a confirmé : la marin est bien dans son radeau de survie. Mais ce n’est pas si simple d’approcher le frêle esquif, la mer est formée, le vent est costaud. Yannick Bestaven et Boris Herrmann sont alors appelés à se détourner à leur tour. À 20 h 30 (heure française), Sébastien Simon a lui aussi été prié d’aller aider Kevin Escoffier. Le but de ces marins, dans l’immédiat, n’est plus de gagner la course, mais de mettre un des leurs en sécurité.

Mise à jour : à 2 h 18 ce matin (heure de Paris), Kevin Escoffier est monté à bord du bateau de Jean Le Cam. Sauvetage réussi au beau milieu des bien nommés Quarantièmes Rugissants.

Pétoncle cru, qui l’eût cru ?

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Tambouille

Le pétoncle est un mollusque bivalve, dont la forme fait penser à une coquille St-Jacques en miniature. À tel point, d’ailleurs, que nombre de mes contemporains, fort peu habitués à la chose océanique, confondent les deux et peuvent te proposer une grosse poêlée de St-Jacques, alors qu’il ne s’agit que de pétoncles. Et donc la chose est trop cuite et n’a goût de rien. D’où mon rejet, stupide j’en conviens, pour ce brave pétoncle.
Jusqu’à ce matin, où, mon ostréiculteur, qui vend aussi d’autres produits de la mer, me suggéra le pétoncle cru, là, comme ça, nature.
Il suffit juste de les ouvrir …

Il suffit juste de les ouvrir, donc, mais comment ? si je maîtrise à peu près bien la grosse St-Jacques, je tournicote sur la minuscule coquille du pétoncle. Sa majesté Internet suggère l’emploi d’un couteau à bout rond, et cela marche !
La coquille est donc ouverte, il faut désormais débarrasser, comme sur la St-Jacques, le pied du mollusque (qui se mange) du bestiau lui-même (sableux et peu mangeable tel quel), bref, c’est le même schéma que pour la St-Jacques. L’odeur est néanmoins nettement plus iodée.

Une fois le nettoyage réalisée sous l’eau claire, les pétoncles délicatement épongés, on peut déguster. Et c’est vraiment très bon, même si le goût est moins prononcé que ce que le nez avait annoncé. C’est fin, d’une texture moelleuse, et la chose mérite clairement d’être reproduite voire sophistiquée (petite marinade ?) pour les fêtes de fin d’année.

Peut-être 10 000

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Monde et Sud-Ouest annoncent entre 6 000 et 10 000 manifestants à Bordeaux lors de la Marche des Libertés. Pas mal de monde au final, même si, à l’heure H, la place de la Bourse n’était pas bondée : c’est notoire qu’à Bordeaux les manifs démarrent toujours en retard. Des citoyens ordinaires qui sont venus, souvent en famille, pour affirmer leur attachement à la démocratie et à ses valeurs et pour, surtout, indiquer leur refus de la dérive autoritaire qui se met en place.

Un arbre pour tenir face à la brutalité du monde

Chronique du grand confinement, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

L’allègement du confinement nous permet, à partir de demain, de batifoler dans un rayon de 20 km autour de notre domicile. Ça n’a l’air de rien, mais je peux presque aller gambader jusqu’à Libourne. Je n’ai rien à y faire, et en plus demain j’ai manif (Marche pour les Libertés, 14 h, place de la Bourse, Bordeaux). Mais quand même, cela ouvre des perspectives, notamment, pour tous mes contemporains qui n’ont pas pu quitter le béton. En effet, dans un rayon de 20 km, on doit bien trouver un arbre. Au moins un. C’est quand même plus jouissif qu’une queue de 4 km (protocole sanitaire oblige) devant une enseigne de la grande distribution.
Un possible retour vers la nature ou ce qui y ressemble. L’arbre comme ressource, ancrage profond dans la vie. Celui qui illustre cette note est un chêne, que j’ai le privilège de n’avoir jamais quitté des yeux trop longtemps, car, confinement ou pas, je l’ai croisé de multiples fois, ce bel arbre se situant sur le chemin qui me mène à mon lieu de travail. Aujourd’hui, j’y ai même entendu un geai.

Un chêne dans l’agglomération bordelaise – 27/11/2020

Police partout, justice nulle part : cette fois on y est !

Le monde tel qu'il va

Des attaques contre les libertés au nom de la sécurité, on en a connu un paquet ces dernières années, mais là on atteint des sommets. La loi « sécurité globale » fait glisser mon pays, soi-disant celui des droits de l’Homme, vers un régime autoritaire qui ne se cache même plus. Cette loi, d’ailleurs, vaut à la France un rappel à l’ordre de l’Union Européenne et de l’ONU.
J’aimerais que l’on m’explique en quoi bloquer la liberté d’informer et laisser le champ libre aux policiers pas tous bien policés, permet de lutter contre un virus d’une part et contre le terrorisme d’autre part. En quoi casser la gueule d’un journaliste fait avancer le schmilblick. En quoi vouloir ressembler à tous prix aux flics étatsuniens qui cassent du black à tour de bras contribue à renforcer la sécurité. En quoi, donc, avoir mis KO un producteur de musique, est un signe de respect de la loi et de la dignité humaine ? S’il n’y avait pas eu de preuves filmées de l’agression de Michel, les flics s’en seraient tirés à bon compte.
Pour revenir à ma petite note d’hier, je crois que je vais vraiment finir, sinon à aimer, du moins à m’intéresser au foot : les footballeurs français montent à leur tour au créneau pour dénoncer l’agression abjecte et gratuite dont a été victime Michel, et interpellent Gérald Darmanin via Twitter (à lire dans L’Obs).
Dans toute la France, demain, des marches pour les libertés sont organisées. Il est plus que temps de se bouger.