Le bonheur est dans l’aillet

Patouille d’œufs express à l’aillet (pour deux gourmands en fin de semaine)

Le bac blanc est achevé, et moi aussi. Vidée, rincée, sur les genoux. Genoux mouillés, et le reste aussi, par le crachin insistant qui m’a saisie en sortant du tram, copies dans le sac à dos et énergie dans les chaussettes. Et en plus, ça caille.
Comment remettre d’aplomb la blogueuse de base ?
1Dans le frigo, et grâce aux bons soins de l’AMAP, il y a de magnifiques œufs dont le jaune est tellement jaune qu’il est orange. Il y a aussi de l’aillet. Pour les non Bordelais (il en reste encore, même si je sais que la France entière kiffe Bordeaux, que c’est une ville elle est gavé bien, tout ça), l’aillet, c’est le bébé ail. Un ail tout doux tout mignon, que notre producteur nous livre avec amour, en général vers le mois de mars. Cette année, l’aillet est de bonne heure, et ça fait mon bonheur (camarade, je te pries de noter la rime riche, riche de plaisir comme le plat qui suit).
Que faire alors, sinon une patouille d’œufs express à l’aillet ?
Allez hop, c’est parti ! Recette pour deux travailleurs :

6 œufs bio
4 aillets (ou 5 , ou 6, … tout dépend de ton stock, mais l’idée, c’est quand même de faire des œufs à l’aillet et non l’inverse)
un peu de poivre (du moulin, c’est plus facile)
un peu de sel (fleur ou pas)
un peu de crème semi-épaisse (ou carrément liquide)
un peu de beurre

Tu coupes l’aillet en fines rondelles. Tu bats les œufs. Tu ajoutes la crème, le sel, le poivre, et l’aillet. Tu bats encore car ta semaine de taf t’a mis en rogne et tu te venges sur la fourchette et le saladier. Tu fais fondre à feu vif le beurre dans la poêle. Tu verses d’un coup le mélange dans la poêle. Tu patouilles non-stop pendant une petite minute. Tu sers, éventuellement avec une salade verte. Tu te fais plaisir, tu es heureux, et tu n’es même plus désespéré de l’absence de programme intéressant à la télé.

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Echos locaux (mardi 22 août 2017)

  • Je sors de table (13 h et quelques) et donc je parle tambouille. Normal. Le jambon d’Auvergne (avec sa pointe d’ail) a obtenu son IGP en 2015, ce qui le porte au même rang que le Bayonne (IGP depuis 1992). Il fait sa pub dans La Montagne. Dans le même temps, suite à un printemps glacial puis un début d’été odieusement chaud, les vendanges commencent ou sont sur le point de commencer un peu partout. Bordeaux n’est pas en reste, mais mon regard se porte aujourd’hui sur le sud des côtes du Rhône : hier, les blancs ont commencé à être cueillis en Gigondas, Tavel, Châteauneuf-du-Pape, etc. (Le Progrès de Lyon).
  • Puisque c’est l’été et donc, pour bon nombre de mes contemporains, c’est un temps de vacances, certains d’entre eux tentent le couple plage-baignade, y compris sous des latitudes un chouia septentrionales : nous sommes dans la région Hauts-de-France (je ne me ferai jamais à ce nom), et les plus téméraires bronzent et font trempette tout nus. Pas facile, mais pas pour des raisons climatiques (26°C à Berck, c’est jouable) : deux plages seulement l’autorisent, une à Berk (Pas-de-Calais) et une dans la Somme. Et encore ça chouine dans les parages. C’est que ça doit pas être très moral, tout ça (La Voix du Nord).
  • Avez-vous l’esprit joueur ? si c’est le cas, rendez vous en Charente-Maritime, plus précisément à Corme-Royal. Non seulement la région est magnifique (les clochers romans de Saintonge, la vallée de la Seudre, les îles, …) mais on peut s’y baigner (à poil ou pas) dans plusieurs endroits. Une fois tous ces loisirs épuisés, en fin de semaine, vous pourrez participer à un loto-bouse : pour tout savoir sur cette tradition, plus habituelle dans les régions du nord parait-il, lisez Sud-Ouest.

Ma chère huître

IMG_2080Une huître à 3 € pièce ! le prix, chez moi à Bordeaux, de la demie douzaine ! 28 couronnes suédoises, c’est bien ça : 3 euros, et pour de la vulgaire normande encore (il faut compter au moins O,50 € de plus pour la meilleure de la bande, la Marennes-Oléron).
Mazette, fichtre et diantre, ce n’est point donné. Il faut dire que, pour être dégustée en terre suédoise, l’huître a voyagé : 90 % des huîtres européennes étant produites en France, celles qui sont gloutonnées ailleurs sont presque à coup sûr des produits d’importation. Et puis, serait-ce raisonnable de tenter l’ostréiculture dans cette pauvre Baltique, peu salée, peu profonde, et surtout odieusement polluée ?

Photo prise dans un resto de Stockholm en juillet 2017 où, toute proportion gardée, le homard était nettement moins cher

C’était dans le journal … le 15 mars 1917

La guerre a pour effet bien connu le ralentissement du commerce. Les importations de canne à sucre étant fortement ralenties, des raffineries doivent fermer. Il faut donc se serrer la ceinture sur le sucre : une carte de rationnement spécialement dédiée à ce produit est mise en place à la fin du mois de février 1917 (modèle ici).
Rebondissant sur cette instauration de la « carte de sucre », Le Siècle rapporte une anecdote dont les fondements me semblent fantaisistes : il s’agit du sucre « à la mode de Bretagne ». Il est ainsi mentionné une coutume peu ragoutante (et probablement fausse, mais les journaux parisiens aiment se gausser des mœurs des terres exotiques) : lorsque le sucre manque dans les maisons bretonnes, on en pend un morceau au bout d’un fil, au-dessus de la table. Lorsque l’on veut sucrer un met quelconque, on lèche le sucre puis on le passe à son voisin. Bon appétit !

 

Soit le champignon se trompe de saison, soit je me trompe de champignon

p1070802Ce message est un SOS, un cri d’alarme, un message que si je n’ai pas la réponse je ne vais pas faire le bon dodo réparateur qui rend la prof efficace le vendredi à 7 h 55. Vous voyez l’importance de l’enjeu, alors aidez-moi. S’il vous plait (imaginez la blogueuse à genoux, suppliant les internautes de sa petite voix fébrile).
Je suis passée aujourd’hui devant un jardin tout ce qu’il y a de plus privé (d’où ma non-cueillette) et j’ai vu et mal photographié (car à la sauvette, lieu privé, tout ça) le champignon ci-contre. Un grand mou blanc qui frise de la tête et qui ressemble à une morille. Morille : 3 fourchettes dans ma bible des champipis. C’est la note maxi. Mais la morille, au mieux, se pointe fin février. C’est une printanière. Alors morille ou alien ? J’attends vos réponse, via le canal des commentaires ou sur Twitter ou sur Facebook. Merci beaucoup.

J’ai (presque) mangé une tranche de lion

Une amie bonne cuisinière a récemment retrouvé un grimoire de la 2e moitié du XXe siècle (ou de la 1ère, il faudrait vérifier) présentant, entre autres recettes classiques des déjeuners dominicaux, quelques recettes exotiques. Je la remercie d’avoir photographié et de m’avoir envoyé une partie de la page « Afrique Noire » (on disait ainsi en ce temps-là) sur laquelle figure la recette que j’ai illico essayé au week-end dernier : le Civet de Lion de Nairobi. Puis-je vous faire partager la lecture et l’élaboration de la recette ?
« Prenez un jeune lionceau d’environ six mois ». Premier écueil, première difficulté : le lion ne figure pas dans mes contrats AMAP. Il y a bien porc, veau, bœuf, poulet, mais pas lion. Ledit lion doit en outre être jeune. Quel quadrupède sorti de l’AMAP s’en rapproche le plus ? Mais l’agneau bien sûr. Poursuivons.
« Dépouillez-le et nettoyez-le en conservant un demi-litre de sang ». Ça se corse. Un lion entier, pour quatre personnes, c’est démesuré, même si on le remplace par un agneau. L’aspect « dépouillage-nettoyage » a été assuré par l’abattoir. Quant à récupérer du sang de la bête … Même pas la peine d’y songer, donc inutile de vouloir, comme le préconise la recette, y ajouter « la même contenance de vinaigre » pour y faire tremper la viande coupée en morceaux. Il suffit donc de s’adapter et de coucher ce qui sert de lion sur un lit de romarin, d’y ajouter ail et oignon, un peu de poivre , et donc pas de vin rouge, même si la recette permettait d’y ajouter « les épices que vous préférez » :

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Et là on passe à la cuisson. Si l’on considère que l’option cuisson dans le bouillon « jusqu’à ce que la graisse remonte » a été abandonnée, le jeune faux lion passera une bonne heure au four, à 180°C, avec retournement et humidification à mi-cuisson :

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C’est marrant, on dirait presque la recette de l’épaule d’agneau ! Au final, le félin où ce qu’il en reste est découpé en tranches et servi avec des flageolets. Le lion, devenu doux comme un agneau, fut fort apprécié. Et en prime, on a respecté la biodiversité africaine, je n’en suis pas peu fière.

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Il n’y aurait donc pas assez de méduses

Les méduses prolifèrent dans tous les océans, c’est même une vraie plaie. Je me souviens avoir déjà évoqué ce fait ici-même il y a deux ans (piqûre de rappel), concluant par une solution à cette prolifération : manger les fameuses méduses.
La consommation de méduses semble effectivement relativement banale dans certains pays asiatiques, dont la Chine (exemple de recette). On peut raisonnablement penser que le plat est bon marché puisque la matière première abonde. Que celle-ci n’est pas menacée. Que les salades et brochettes de méduses dignes de ce nom ont de beaux jours devant elles.
Et pourtant, le site Geopolis signale aujourd’hui un scandale alimentaire qui, bizarrement, touche ce produit hyper-abondant qu’est la méduse. Dix tonnes de fausses méduses bourrées d’aluminium et de divers produits chimiques ont été saisies sur un marché de l’est du pays. J’avoue que quelque chose m’échappe : à quoi bon se casser la tête à fabriquer quelque chose qui pullule naturellement ?

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Photo : une méduse échouée sur une plage de Charente-Maritime en septembre 2014.