Bain de soleil

P1120231Il fait assez chaud en ce moment. Ce n’est pas encore l’été, mais la tentation est forte de chauffer ses vieilles douleurs au soleil printanier. Ce qui est valable pour les humains l’est aussi pour les oiseaux. La semaine dernière, je vis ainsi un brave pigeon  avachi sur le sol, les ailes à l’aise : l’oiseau prenait un bain de soleil (photo ci-contre à droite).
Le site Ornithomedia s’est intéressé au sujet en juillet 2016, et a fourni quelques explications relatives à cette pratique ; pratique qui semble rendre l’oiseau très mou, limite hagard voire benêt, comme ici le merle :

soleil-P1120411.JPG

Selon les différentes recherches scientifiques compilées par Ornithomedia, ces bains de soleil auraient plusieurs fonctions : la première, assez évidente au demeurant, serait de réguler la température. Soit pour récupérer de la chaleur après une nuit un peu fraiche, soit pour l’évacuer quand vraiment ça cogne trop, en étalant ses ailes au maximum. Mais cela pourrait aussi favoriser la lutte contre les parasites, au même titre que la trempête dans une mare ou le bain de poussière. La chaleur gêne certains parasites et permet de les éliminer de certaines parties du corps peu accessibles par les méthodes classiques, comme la bonne vieille flaque d’eau. Autre chose aussi : cette pratique semble innée chez la plupart des oiseaux, comme on peut le voir avec cette jeune grive :

soleil-P1120404.jpg

Photos : Jardin Public de Bordeaux, mai 2017

Iris timide

Il faut que je vous avoue un vice terrible, un vice caché, un que même papamaman n’est pas au courant : à mes heures perdues, je botanise. Si. J’ai souvent sur moi un mini sac en plastique dans lequel j’entasse des graines au fil de mes balades. Et quand je n’ai pas de sac, les graines finissent dans les poches du pantalon ou de la veste. C’est mal. Je sais. Et parmi les graines ainsi volées à dame nature, il y en a une série bien rouge que j’aime beaucoup : l’iris des marais, avec ses fleurs d’un beau jaune vif. C’est ce que j’ai semé à la volée dans mon jardin il y a à peu près deux ans. Et depuis, à défaut de faire de la fleur, ça fait de la feuille. Rien que de la feuille. C’est très beau, une feuille d’iris, avec son vert franc et sa forme bien droite. Mais de fleur il n’y eut point : la pécheresse que je suis était bien punie. Sauf que, ce matin, une jolie petite fleurette a pointé son nez. Un mini iris de rien du tout mais fort charmant :

irisP1120390.jpg

Et oui, il est mauve. Petit et mauve. Rien à voir avec l’iris des marais. Mais qu’ai-je donc semé ce jour-là, qui fit au final autre chose que de la feuille d’iris ? Non seulement la fleur est jolie, mais en plus elle se laisse butiner. Tant de libertinage dans un si petit jardin, est-ce bien raisonnable ?

irisP1120392.jpg

Rougegorge junior

C’est la saison du piaf nouveau tout juste sorti du nid, du mini-piaf qui a encore son duvet de bébé et qui apprend à voler et à manger tout seul comme un grand. Les micro-zozios sont faciles à repérer, non pas par la taille (bien souvent proche voire identique à celle de l’adulte, du moins chez les passereaux), mais par la présence encore abondante de duvet et par de petites marques blanches de part et d’autre du bec. Et donc, récemment, j’ai rencontré ce jeune-là :

ROUGEGORGE-P1120169.jpg

Mais le petit de qui ? format moineau, d’ailleurs il y avait du moineau dans les parages. Mais aussi des mésanges et des rougegorges. Dans ce cas, la patience donne la réponse : il suffit d’attendre l’adulte qui viendra, peut-être très vite (photo floue garantie), s’occuper du jeunot. Il s’agissait donc ici du jeune rougegorge :

ROUGEGORGE-P1120183.jpg

Ornitho-balade sur la bordure extérieure

En ces temps printaniers, il est toujours fort tentant de déambuler dans la nature et d’observer les oiseaux du moment, en mode peace and love ou pas. J’eus la chance d’effectuer une de ces merveilleuses balades il y a pile une semaine, sur le sentier littoral du Teich, dans la partie qui longe le parc ornithologique. En gros, c’est par là :

Sans être dans le parc lui-même, on peut y voir quelques oiseaux intéressants. En général, quand on circule dans le coin au printemps, c’est pour voir des cigognes. Sur ce coup-là, je fus légèrement déçue : la cigogne se faisait rare. Je n’en ai vu qu’une, perchée sur son gigantesque nid, et encore de loin :

le teichP1100857.jpg

Mais pour les autres oiseaux, ce fut un festival. Il y avait de l’échasse blanche … :

le teichP1100872.jpg

… du grèbe huppé … :

le teichP1100913.jpg

… du tadorne de Belon … :

le teichP1100936.jpg

… et, pour finir, une très belle grande aigrette :

le teichP1100963.jpg

Balade dominicale au parc floral

Cela faisait au moins un an que nous n’avions pas déambulé dans le parc floral de Bordeaux, qui, à ma connaissance, est le plus vaste parc de la ville et où, surtout, le côté sauvage est encore bien préservé (nous y avons vu, il y a déjà fort longtemps, des traces de sanglier). En ce dimanche d’avril-ne-te-découvre-pas-d’un-fil mais ôte quand même le pull car il fait plus de 25°C, en ce dimanche disais-je, nous avons d’abord vu de l’araignée :

parc floralP1110005.jpg

Puis des insectes ressemblant à des cousins, qui convolaient en d’injustes noces, parce-que entre cousins, quand même, ce n’est pas bien raisonnable :

parc floralP1110020.jpg

Dans le jardin des villes jumelles, de plus en plus à l’abandon et donc fort délabré, une brave grenouille prenait le frais sur une triste grille métallique :

parc floralP1110031.jpg

Mais le clou de la balade était ailleurs. Nous vîmes une si jeune tortue que sa carapace semblait encore molle :

parc floralP1110019.jpg

Et surtout nous avons vu, mais à contre-jour, un joli rapace, a priori un faucon, mais savoir s’il était crécerelle ou autre fut peu aisé, la lumière jouait contre nous :

parc floralP1110013.jpg

De qui sont ces têtards ?

Revenons quelques mois en arrière : en fin d’hiver, je fus ravie de constater que de nombreux crapauds avaient pu rejoindre leur mare habituelle pour y jouer l’ouverture de la saison « peace and love », ce qui avait été plus difficile l’année précédente car de nombreux crapauds étaient morts en chemin. Le 21 février, je gravais donc dans la mémoire du disque dur la preuve des amours de ces anoures-là :

têtardsP1090987.jpg

Plus récemment et fort logiquement, je vis des têtards cherchant pitance dans les végétaux en surface. Les têtards, ce sont les petits zigouigouis sombres sous la masse végétale :

têtardsP1100850.jpg

J’en conclus que les crapauds avaient clôturé la saison « peace and love » en beauté et avaient pu rejoindre leurs abris bien terrestres avec le sentiment du devoir accompli. Sauf que, pas plus tard qu’avant-hier, je vis ceci sur la même mare, juste à côté des têtards :

têtardsP1100854.jpg

Une belle grosse grenouille bien verte. Et depuis, le doute me taraude. De qui sont ces têtards ? du crapaud ou de la grenouille ? en quoi vont-ils se transformer ? en cranouilles ? en grepauds ? nous le saurons (ou pas) dans un prochain épisode.