Le retour des champignons qui ne sentent pas bon

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Une forêt à l’humus bien dense dégage une odeur dite « de champignon ». Cela ne signifie pas à coup sûr que le cèpe se planque sous la fougère, mais parfois, c’est bel et bien le cas. L’odeur forestière dite « de champignon » rappelle celle des champignons de Paris et n’a rien de désagréable. Plus rigolote est l’odeur d’anis très marquée du rosé des bois, tellement marquée qu’on peut se demander si les écureuils ne se shootent pas au pastis.
Et puis il y a aussi les champignons qui puent, c’est d’ailleurs pour eux une stratégie de reproduction : ce que la narine humaine perçoit comme désagréable, la mouche s’en délecte, et se rue sur ces fameux champignons, favorisant indirectement leur dissémination. D’ailleurs, une fois le ménage bien fait par les mouches, le champignon ne dégage plus d’odeur désagréable.
Très récemment, j’ai pu observer deux de ces champignons. Tout d’abord le clathre rouge, ici avachi et n’ayant plus la forme de lanterne qui lui est propre :

Puis le satyre puant, qui ne puait plus tant que ça puisque les mouches avait quasiment achevé le travail de dégagement de la glèbe, une sorte de capuchon gluant à l’odeur pestilentielle et renfermant les spores indispensables à la reproduction, mais quelques mouches tentaient encore de chiper les dernières miettes :

Photos réalisées en Gironde en avril 2021

Des perches dans la jalle

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La balade dans l’enclos de 10 km de rayon m’a menée aujourd’hui sur la jalle de Blanquefort, un petit affluent de la Garonne. C’est joli tout plein et il y avait même de grands arbres pour faire de l’ombre. Regardant l’onde pure de la rivière, attendant peut-être quelque grenouille dont le coassement titillait agréablement mes tympans, je me mis à observer ce qui nageait dans le coin, à savoir des poissons de tailles variées mais a priori de même espèce, apparemment des perches. Si j’en crois le grand web et son valet wikipédia, c’est un carnassier fort vorace qui, quand pitance manque, n’hésite pas à manger ses congénères. J’avais devant moi, dans une rivière tranquille, de dangereux cannibales. Même pas peur, même pas mal.

Des perches dans la jalle de Blanquefort (33) – 24 avril 2021

Les milans au-dessus du jardin

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Le printemps est la saison des torticolis : j’ai toujours le nez en l’air (et un sixième sens pour signaler les obstacles sur le chemin, y compris les étrons canins). J’ai toujours le nez en l’air parce-que le ciel, les arbres et ce qui y circule sont merveilleusement agréables à observer. C’est joli, c’est joyeux, c’est reposant.
Depuis fin février, les milans noirs sont de retour en Gironde. Ce sont de magnifiques rapaces avec la queue en « U », ou, dit autrement, la « queue à l’envers », c’est à ça qu’on les reconnait. Parmi les migrateurs, ce sont les premiers arrivés, mais aussi les premiers repartis. Mais, pour l’instant, ils sont là, et, chaque jour, je les regarde déambuler librement dans le ciel immense.

La marche est haute

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Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

Toujours plus haut

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

10 km de rayon autour du nid. Pour des vacances imposées, c’est limité. 10 km de libre parcours, avec parcs et jardins ouverts, c’est toujours mieux que la punition XXL du printemps 2020. Il faut toujours voir le moins mauvais côté des choses.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, respectant à la lettre l’ordonnance ministérielle, mes baskets m’ont trainée jusqu’au Bois du Bouscat, un joli espace forestier en bordure d’hippodrome. Et là, au milieu des chênes, les pieds dans le marécage, il y a de très grandes échelles blanches. Des échelles qui incitent à voir le monde d’en haut, à prendre du recul à défaut d’avoir le dessus. L’optimisme tient à peu de choses, finalement.

Bâtir, construire, etc.

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Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

Chevreuil flou

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C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Premier jour du printemps

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Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Tu la craches, ta boulette ?

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Un jardin en cette fin de semaine. Une corneille avec un truc dans le bec. Un gros truc :

Mais de quoi s’agit-il ? de loin, je pense à une noix, tout en trouvant ladite noix fort balaise et vaguement minérale. Mais je reste sur mon idée de noix, confondant mollement corneille et écureuil. C’est la fin de semaine, les terminales ont été chiants comme la pluie, j’ai des excuses.
Mais en zoomant mieux, en insistant avec attention, en me penchant sur le sujet, je constate que ce que la corneille tient en son bec n’a rien à voir avec le fromage du maître corbeau de La Fontaine. La corneille n’est pas un corbeau, et toute confusion avec ce que l’un ou l’autre tient en son bec est permise. Mais comme les terminales ont été bavards comme des pies, j’ai comme un flou et le mélange mammifère / oiseau ne me choque pas outre mesure.
Après déambulation sur la toile, et oubliant ces sales gosses de terminales, il s’avère que la corneille tient probablement en son bec une boulette de réjection :

Une boulette de quoi ? de ré-jec-tion. Un truc que l’on rejette, comme le souvenir de ces marmots en pré-bac qui pourrissent l’ambiance. Et surtout comme d’autres oiseaux. Les corneilles avalent des choses improbables et indigestes, des carapaces d’insectes par exemple. Et les corneilles, comme d’autres oiseaux, recrachent ces choses immangeables par le bec. Ce qui me surprend, c’est que cette corneille de jardin a gardé sa boulette longtemps dans son bec et s’est même envolée avec, sans s’en débarrasser en chemin.

Photos réalisées en Gironde en mars 2021

J’ai failli louper la saison des crapauds

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Et pourtant je le sais bien : février, c’est le mois où les crapauds retournent dans la mare où ils sont nés pour rencontrer l’âme sœur et faire des bébés. Bébés crapauds qui, s’ils ne sont pas mangés avant, deviendront grands et, à leur tour, iront dans la bonne vieille mare quérir la crapaude pour copuler en paix.
Je le sais, mais cette année, j’ai zappé. Prise par un boulot dans lequel l’imprévu et le peu gérable tiennent désormais lieu de routine, je suis passée à côté de la saison des crapauds dans la mare. Dernier sursaut en fin d’après-midi, avant le covid-couvre-feu qui transforme les carrosses en citrouilles et les crapauds en princes charmants gendarmes. Réaction sur le fil, in extremis, et dans la mare habituelle il n’y avait qu’un seul crapaud, un crapaud tranquille et immobile, tellement tranquille et immobile que je l’ai d’abord pris, de loin, pour un bout de bois. Le bout de bois à coassé et j’ai zoomé.

Cap au nord

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C’est encore l’hiver, on met le manteau, parfois l’écharpe et même les gants. On apprécie les soupes bien chaudes et les gratins pétillants à la sortie du four. Il arrive même qu’on pousse un peu et qu’on allume un feu dans la cheminée. Et puis, sur l’estran, les oies bernaches cravant sont encore là, tandis que, dans le marais, l’échasse blanche ne semble pas encore arrivée.
Mais c’est aussi déjà un peu le printemps. Les merlettes font consciencieusement leurs nids, tandis que hérons et cigognes commencent à retaper les leurs. Les grives musiciennes sont sur scène avant même le lever du jour. Les narcisses sont en fleur. Et surtout, les grues cendrées passent au-dessus de Bordeaux dans le sens sud-nord. Elles ont passé la saison froide au soleil et filent vers l’Europe du Nord pour nicher.

Migration des grues cendrées au dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Il pleut, il mouille, et je ne suis pas une grenouille

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Ni grenouille, ni poisson. Je n’ai ni palme ni branchies, quoique, vu tout ce qu’on s’est pris comme flotte ces derniers temps, je me demande si la mue n’est pas en cours. Toujours est-il que la pluie ayant enfin daigné faire une pause, mon homme et moi-même nous sommes lancés dans une grande aventure forestière quelque part du côté du bassin d’Arcachon. Après avoir tiré des bords pour éviter les flaques, nous avons rebroussé chemin, fait des zigs et des zags, pas franchement failli nous perdre parce-que cette forêt, nous la connaissons bien, mais nous avons quand même effectué quelques tours et détours pour contourner les nouveaux cours d’eau de cet hiver décidément fort mouillé.

La foulque macroule et le grèbe castagneux

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Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Violette d’hiver

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La violette est une jolie petite fleur de la famille des pensées, quoique plus sauvage, plus forestière. S’il est de coutume de voir les violettes au printemps, il se peut aussi, et ce n’est pas un coup vicieux du dérèglement climatique, que la violette fleurisse en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci.
Le nom anglais de la violette est « heartsease », ce qui laisse supposer que la fleurette est bonne pour le cœur. Le cœur dans tous les sens du terme : le blog « Le jardin médiéval de Padiès » évoque l’usage aphrodisiaque de cette jolie fleur, ainsi que sa capacité à réparer les cœurs brisés.
Petite précision utile en cette période précédant les peut-être fêtes de fin d’année : les Romains de l’Antiquité pensaient que la violette pouvait calmer les ardeurs de la gueule de bois, c’est écrit dans wikipedia. Ils allaient même plus loin, nos Romains, et buvaient un vin de violettes qui leur procurait la sensation d’ivresse sans les désagréments liés à celle-ci.

Quand la violette fleurit en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci… Département de la Gironde, début décembre 2020

Un arbre pour tenir face à la brutalité du monde

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L’allègement du confinement nous permet, à partir de demain, de batifoler dans un rayon de 20 km autour de notre domicile. Ça n’a l’air de rien, mais je peux presque aller gambader jusqu’à Libourne. Je n’ai rien à y faire, et en plus demain j’ai manif (Marche pour les Libertés, 14 h, place de la Bourse, Bordeaux). Mais quand même, cela ouvre des perspectives, notamment, pour tous mes contemporains qui n’ont pas pu quitter le béton. En effet, dans un rayon de 20 km, on doit bien trouver un arbre. Au moins un. C’est quand même plus jouissif qu’une queue de 4 km (protocole sanitaire oblige) devant une enseigne de la grande distribution.
Un possible retour vers la nature ou ce qui y ressemble. L’arbre comme ressource, ancrage profond dans la vie. Celui qui illustre cette note est un chêne, que j’ai le privilège de n’avoir jamais quitté des yeux trop longtemps, car, confinement ou pas, je l’ai croisé de multiples fois, ce bel arbre se situant sur le chemin qui me mène à mon lieu de travail. Aujourd’hui, j’y ai même entendu un geai.

Un chêne dans l’agglomération bordelaise – 27/11/2020

Le masque, c’est bon pour les piafs

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Que le masque soit désagréable à porter ou non n’est pas le problème : il faut faire avec pour avoir un minimum de liberté et continuer de vivre à peu près normalement. Alors nous pouvons tous chouiner, râler et protester, la messe est dite, même si ça fait de la buée sur les lunettes.
N’empêche que ledit masque, aussi casse-bonbon et indispensable soit-il, pourrait bien avoir des effets ornithologiques insoupçonnés. En effet, des biologistes ont montré que certains moineaux prenaient peur moins vite face aux humains lorsque ceux-ci étaient masqués. Ces observations ont été faites en zone urbaine, notamment en Chine, là où les oiseaux sont déjà naturellement moins farouches. Ville ou pas, le masque sur l’humain semble rassurer le zozio des jardins.

Un moineau au Jardin Public de Bordeaux en septembre 2020 – Je n’étais pas masquée et … le zoom a fonctionné !

Source : Ornithomédia

Crac ! Boum ! Mouche !

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La vie de la mouche est courte : 17 jours pour monsieur, 21 pour madame. En si peu de temps, perpétuer l’espèce est une urgence encore plus importante que se nourrir ou batifoler dans les herbes pour s’amuser. Pour pondre ses 400 à 600 œufs règlementaires, madame mouche ne doit pas perdre le fil de sa brève histoire terrestre. Crac-crac obligatoire, mais en s’appliquant, en se posant sur une feuille bien verte. Et ça prend du temps. Comparativement à la brève vie de la mouche, les longues minutes d’accouplement semblent interminables : je n’ai certes point chronométré, mais, avant de fixer sur carte SD ce grand moment, en bon entomologiste-(a)mateur j’ai quand même eu le temps de finir ce que j’avais dans mon assiette, d’aller chercher l’appareil photo, de l’allumer, de cadrer, de zoomer (trop, d’où le flou).

Source : futura-sciences

Un papillon du palmier dans les eleagnus

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Le papillon du palmier surprend par sa grande taille : originaire d’Amérique du Sud, la bête semble immense dans nos contrées d’Europe occidentale. C’est la deuxième année de suite que je vois ce papillon dans mon jardin, là où il n’y a pas de palmier, mais des eleagnus inattaquables. Sachant néanmoins que sa larve, une grosse chenille blanchâtre, peut détruire les palmiers, j’avais en temps utile averti la mairie de ma commune de la présence dudit papillon. Sans écho pour autant. Et aujourd’hui donc, premier lundi d’août par une température normalement estivale, sans plus, revoilà la bête, pas si farouche que cela, qui me tournicote autour alors que je prélève gentiment quelques branchettes de thym-citron pour parfumer le merluchon. Puis le papillon s’en est allé, peut-être vers des jardins faussement exotiques où poussent des palmiers.

Ça grenouille dans le marais

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Petite précision à toutes fins utiles : les îles charentaises sont d’abord d’immenses zones marécageuses, que l’homme a dompté au fil du temps. Le marais, donc, partout, peut se rappeler à nous, voire être utilisé à des fins commerciales : marais salants, claires pour les huîtres. Au beau milieu de ce paysage mi-terre mi-eau qui donne sa si belle lumière à ces îles-là, toute une faune se développe et s’épanouit. Le petit chien du voisin débusque les sangliers, j’ai vu un chevreuil aux abords d’une piste cyclable, tôt ce matin il y avait des lapins dans un pré, et il n’est pas rare de croiser des couleuvres et autres serpents qui font peur aux enfants. Mais ce qui s’épanouit le plus en ce moment, c’est la grenouille :

Quelques jeunes grenouilles à St-Georges d’Oléron – Août 2020

Gueule de carpe

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Ce n’est pas une insulte, juste un constat zoologique : la carpe a une grande gueule, et pourtant l’expression populaire veut que l’on puisse être « muet comme une carpe ». Cette bouche gigantesque permet à l’animal de farfouiller la vase et d’engloutir ses proies. Ce poisson est omnivore, et se régale aussi bien d’algues que de petits invertébrés. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Une carpe dans un bassin du jardin botanique de Bordeaux – Juillet 2020

Quand Bubulcus ibis est là, les vaches sont bien gardées

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« Bubulcus ibis » est le nom savant du héron garde-bœuf, un ardéidé un peu plus petit que l’aigrette garzette, et plutôt moins dépendant de l’eau que les autres oiseaux de cette famille. Son nom vernaculaire est « héron garde-bœufs » car, bien souvent, il déambule au milieu des troupeaux et se tient très près des bovidés, sans aucune crainte ni méfiance.


Bubulcus ibis est originaire d’Afrique. Pendant très longtemps, il n’a mis patte en Europe que du côté de la Camargue, où il vient hiverner dans les années 1970. Puis l’oiseau a commencé à faire son nid, au sens propre du terme, dans d’autres régions : il est aperçu dans la Somme en 1980, puis, à partir de 1992, on le retrouve dans plusieurs départements français. Il privilégie les zones littorales, mais on peut aussi l’observer dans la Brenne, en Ardèche ou dans la vallée de la Garonne.

À l’inverse d’autres spécimens de son espèce, les hérons garde-bœuf installés en France migrent peu voire pas du tout. Ce sont des oiseaux qui vivent en groupe, qui dorment même dans de gigantesques dortoirs (1 400 oiseaux dénombrés dans un même dortoir en Charente-Maritime en 2000, plus de 5 000 dans un dortoir des Bouches-du-Rhône en 1998).

Pour en savoir beaucoup plus : oiseaux.net et migraction.net

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin et juillet 2020

Ils ont faim, mais ils n’auront rien et c’est pour leur bien

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Les bébés hirondelles sont choyés par leurs parents pendant trois semaines, puis l’éducation à la dure commence. Du jour au lendemain, les adultes n’apportent plus la nourriture au nid, afin d’obliger les jeunes à prendre leur envol. Les jeunes s’enhardissent, volent comme ils peuvent et se posent, puis réclament la nourriture. À nouveau, les parents les contraignent à se débrouiller seuls : ils s’approchent des petits avec des insectes, mais ne leur les donnent pas, afin de les obliger à sauter le pas et, eux aussi, à savoir attraper la nourriture en vol (source : oiseaux.net).

De jeunes hirondelles et l’adulte qui fait semblant de les nourrir – Juillet 2020

Les stars du jardin botanique

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On peut se dire que le jardin botanique est d’abord et avant tout visité pour ses plantes. Ce n’est point faux, d’autant plus que celui de Bordeaux fait dans le concret : légumes, fruits, plantes médicinales, avec panneaux explicatifs clairs et précis. En plus du plaisir des yeux, on ressort du jardin un peu moins idiot qu’on y est entré, et ce n’est pas rien. Mais ce jardin n’est pas que cela : il a aussi ses stars, vertes et bondissantes, qui, dès le printemps, font leur show dans les mares. Habituées aux humains, les grenouilles de ce jardin-là sont particulièrement peu farouches.

Le temps du lotus

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Le lotus, comme le nénuphar, plante ses racines dans la vase et pousse dans l’eau. Mais le lotus est plus grand, plus majestueux, plus impressionnant. Les lotus du jardin botanique de Bordeaux sont actuellement en train de fleurir :

Certes : des oiseaux

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La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Week-end d’élections = week-end à la maison

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Second tour des municipales. Pas question de faire abstention : il s’agit, dans ma commune, d’empêcher girouette-cacahuète d’accéder au trône de maire. Donc demain, à la première heure, je glisse mon bulletin dans l’urne. Et donc, aujourd’hui, l’homme de la maison et moi-même n’avons point déserté vers des contrées d’outre-Garonne.
Le devoir électoral n’est cependant pas incompatible avec une vraie balade dans la nature. Balade matinale (après, il fait trop chaud) qui a commencé par l’observation des milans au-dessus d’un parking. Suite au prochain numéro.

Des milans noirs quelque part en Gironde – 27 juin 2020

Le sphinx-colibri

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Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Liseron, mon ami

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Si on tape « liseron » dans un moteur de recherche, il nous est inévitablement suggéré de multiples manières pour s’en débarrasser, cette plante grimpante étant, à tort ou à raison, considérée comme une « mauvaise herbe ». Si on précise « liseron des dunes », le résultat est tout autre et la plante gagne en sympathie. Non pas parce-que sa fleur passe du blanc au rose en passant du jardin à la plage, mais parce-que le grimpant envahissant devient un rampant fixateur de dune. Deux plantes de la même famille, mais celle qui a de jolies fleurs de couleur rose détient le pouvoir quasi-magique de lutter contre l’érosion marine.

Des liserons des dunes sur une plage océane du Cap Ferret en mai 2020

Le geai des chênes porte bien son nom

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Quand il ne batifole pas dans les branches des chênes (piqûre de rappel), le geai en mange les fruits. Le geai ici présent ne séjournait donc pas sur un chêne, mais toute branche pouvant faire à la fois table, chaise et assiette, le geai en question s’apprêtait à se régaler d’un gland. Les geais sont relativement nombreux dans les parcs bordelais, ils s’y chamaillent même (celui qui figure sur les photos s’est fait chiper son gland par un autre geai, qui lui a volé dans les plumes quelques secondes après la mise en boite des photos). Les geais sont facilement repérables de loin grâce à leur cri, mais aussi à leurs couleurs. Dans les parcs et jardins, habitués aux humains, ils sont assez peu farouches.

Un autre 24 avril

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24 avril 2009 – Lyon, parc de la Tête d’Or

Une matinée à Lyon au printemps. Rien que le parc de la Tête d’Or, mais pas tout le parc tant il est grand. L’acmé du parc et jardin urbain pour tous les amateurs de parcs et jardins urbains. Une eau transparente (du moins en avril 2009), des oiseaux, quelques mammifères (je me souviens avoir vu des daims du côté des serres tropicales), beaucoup d’arbres, des gens qui profitent de ce lieu si paisible au cœur de la grande ville.