Jaune comme le ginkgo en fin d’automne

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le ginkgo biloba est un arbre magique. Quand l’automne s’affirme, il devient plus jaune que le soleil et éclaire joyeusement les sombres journées de novembre, même lorsque le ciel gris est tellement opaque qu’on ne distingue plus la forme des nuages. Un ciel de déprime, mais ginkgo est là, qui veille et qui illumine.
Ginkgo réveille n’importe quel paysage. C’est l’arbre qui fait du bien. Il suffit de l’apercevoir au loin pour se sentir en forme pour la journée. Et pour cela, à Bordeaux nous sommes servis : des ginkgos, il y en a dans plusieurs parcs et jardins.

Un train de Toussaint

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Le temps de ce week-end fut, comme il se doit, un temps de Toussaint : mi-vent mi-grand soleil, avec un peu de pluie la nuit pour hydrater le tout. Le temps fut aussi élastique comme des vacances, doux et joyeux, maritime pour tout dire. Une des balades nous guida jusqu’aux abords de la plage de Gatseau, dans l’île d’Oléron. Rien d’original, mais on ne s’en lasse pas. Surprise du jour : le petit train de Saint-Trojan, qui amène les touristes en été jusqu’à la pointe de Maumusson, circulait fièrement sur ses rails étroits. Peut-être en raison des confinements ou de la mémoire qui flanche j’me souviens plus très bien, mais je ne me rappelais pas que ledit petit train circulait encore en temps de Toussaint.

Le petit train de Saint-Trojan (île d’Oléron) – Week-end de Toussaint 2021

Sort et sort et sortilège

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En cette fin d’après-midi d’Halloween, les enfants du coin déambulent vêtus comme pour un casting de La Famille Addams. Ils me croisent, les petiots, et crient en riant « Des bonbons ou un sort ». De bonbon n’ayant point, je choisis le sort, et c’est invariablement la métamorphose en anoure qui me cloue le bec et me jette de vert vêtue dans le vieux lavoir, où je divague désormais avec d’autres grenouilles.

Comme mes amies grenouilles, je déambule dans le vieux lavoir – Ile d’Oléron, 31 octobre 2021

Libellule ? ce sera sans moi

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L’humain moyen un jour ou une nuit peut avoir l’idée de rêver de voler, d’être léger, de flâner dans le vent d’octobre finissant. Il faut alors bien dire à l’humain en question de ne pas se tromper, ni de volatile ni de sexe. Car femelle libellule, ce n’est clairement pas confortable :

Une libellule agrippée à son mâle par la nuque pour l’accouplement

Avifaune d’octobre en fond de Bassin

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Balade du week-end entre Andernos et Arès, tout au fond du Bassin d’Arcachon. L’air est doux. La promenade est paisible. Et bien sûr, comme il se doit, j’observe les oiseaux. Tout d’abord le grèbe castagneux, qui, ici, ne vient qu’à la saison froide, alors que bien souvent, en Europe de l’ouest, il est sédentaire :

Le cormoran, évidemment :

L’incontournable couple de cygnes :

Et les foulques en pagaille, dont voici un spécimen :

Paris, ça commence par Montsouris

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois

Le week-end dernier fut parisien. Plus de 40 km à pied en deux jours pour arpenter quelques portions de la capitale, un peu perdue de vue suite aux divers confinements. Comme bien souvent, la première balade fut dédiée à un parc. Ça met de bonne humeur dès le matin et ça sent bon. Le parc en ce samedi élu fut celui de Montsouris, dans le XIVe arrondissement. Ce parc borde la Cité internationale universitaire et abrite un observatoire et une société d’astronomie. Outre ces traits qui le distinguent des autres parcs parisiens, c’est d’abord un bel endroit vert et vallonné, dans lequel les habitants du quartier courent, se détendent ou pratiquent divers sports près des grands arbres qui commencent à se donner des airs d’automne :

On peut aussi y voir des oiseaux sur un étang, notamment des cormorans et des cygnes noirs … :

… ainsi que des perruches criardes dans les arbres qui bordent les allées :

Et surtout, histoire de bien nous rappeler que l’automne est là, des champignons se planquent à peine à deux pas des buissons, en particulier de jolies jeunes coulemelles :

Le rendez-vous du colchique

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Chaque fin d’été, je guette cette petite fleur mauve et délicate, celle qui sonne le début de l’automne, d’ailleurs, demain, c’est octobre. Chaque fin d’été me revient la chanson « Colchique dans les prés », tu sais ce que c’est, quand t’as un air dans la tête, il ne te quitte plus.
Mais le colchique, il ne faut pas s’y fier. C’est une fleur poison, aussi nommée « arsenic végétal » ou « tue-chien ». Malgré sa ressemblance avec des plantes comestibles (le crocus notamment), il suffit de peu de colchique pour passer du parterre au centre anti-poison, voire à la morgue. Tout de suite, la fleurette semble moins jolie : 5 grammes de graines ou 50 grammes de feuilles ont tôt fait de faire trépasser le gourmand curieux et imprudent.

Pour en savoir beaucoup plus, rendez-vous sur la page du Conservatoire Botanique national du Massif Central consacrée au colchique

Les bisous du biset

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Le pigeon biset, c’est le pigeon des villes, le plus courant et roucoulant, celui que certains maudissent, celui qui n’a peur de rien, pas même des humains, celui à qui la mamie du cinquième donne des graines alors qu’on lui a dit et répété qu’il ne fallait pas.
Le biset est aussi un oiseau tendre et délicat, qui bisouille affectueusement sa promise après (ou avant ?) lui avoir fait la cour en bombant le torse et en dressant ses plumes caudales façon paon.

Les bisous du biset – Bordeaux – Septembre 2021

Un estivant : le vulcain

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L’estivant est cet humain migrateur qui quitte son domicile quand les beaux jours se pointent pour aller se dorer la pilule ailleurs, puis qui, bronzage réussi, rejoint ses pénates. Le papillon vulcain est, à sa manière, une sorte d’estivant : au printemps, il quitte l’Afrique du Nord pour se diriger vers l’Europe. Une fois le détroit de Gibraltar franchi, il met soit le cap au nord (on le retrouve jusqu’en Angleterre) soit vers le nord-est, où il longe alors l’A9 et l’A7 à l’inverse des estivants humains. Le vulcain passe ensuite l’été dans les fraiches (ou pas) forêts européennes, mais aussi dans les jardins. C’est un papillon courant et pourtant méconnu : pourquoi migre-t-il (et, plus généralement, pourquoi d’autres papillons en font autant) ? pourquoi ne se contente-t-il pas de butiner les fleurs et raffole-t-il des fruits bien mûrs et même pourris ? pourquoi pond-il dans les orties ?

Un vulcain sur l’île d’Oléron en pleine saison touristique – Août 2021

Quand une acidalie rencontre une autre acidalie

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Quand une acidalie rencontre une autre acidalie, pour peu qu’elles soient de sexe opposé, elles positionnent leurs postérieurs de façon adéquate, et en avant guingamp ! Du moins est-ce l’interprétation plausible de ce que j’ai pu observer aujourd’hui même dans mon jardin sur les feuilles de belles de nuit :

L’acidalie campagnarde, puisque tel est son nom, est un minusculissime papillon, pas farouche pour deux sous (l’objectif le touchait presque). Les deux spécimens étaient-ils en phase peace and love ? Pas facile à définir. De plus, ce papillon semble être une espèce nocturne. En plein jour, les papillons de nuit attendent que le temps passe …

Juillet au Douhet

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Sur la commune de Saint-Georges-d’Oléron, et contigu à celle de La Brée, se trouve un magnifique marais : le marais du Douhet. Lorsque je suis sur l’île, c’est une de mes balades favorites, quelle que soit la saison. En ce mois de juillet, il fut ainsi possible de voir des cormorans … :

… des goélands … :

… des aigrettes, dont un spécimen chasse ici avec concentration dans le chenal … :

… des mouettes rieuses, qui commencent à perdre le plumage noir qui orne leur tête pendant la période nuptiale … :

… et enfin des échasses blanches :

Photos réalisées en juillet 2021

Il n’y a pas que des grenouilles dans la mare aux grenouilles

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Un hot spot bien connu de mon cher et tendre et de moi-même pour l’observation des grenouilles. Une zone humide tranquille, quelque part sur l’île d’Oléron. Mais ce jour-là, la grenouille n’est pas visible, son show commencera plus tard, ou ailleurs. En lieu et place de ladite grenouille, il y a une couleuvre, pas bien grande, pas trop farouche (pour preuve : j’ai eu le temps de la prendre en photo avant qu’elle ne file dans les hautes herbes de la berge).

Deux petits partout (au moins)

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Depuis déjà quelques années, cigognes et hérons cendrés partagent le même bosquet au cœur de l’île d’Oléron. Une sorte de copro pour oiseaux, HLM diront les plus rétifs à la promiscuité, fut-elle aviaire. Comme chaque année, les couples des deux espèces consolident des nids gigantesques, ce qui rapproche plus cigognes et hérons de la jet set du 16e arrondissement que des cités médiatisées du 9-3. Et, comme chaque année, des œufs sont pondus et couvés, puis des petits montrent le bout de leur bec, deux par famille a priori ; mais c’est un minimum visible : de loin, même avec gros zoom, on ne voit pas tout.
Il y avait donc, en ce week-end de presque mi-juin, deux petits au-moins chez les cigognes :

Et deux petits, déjà grandinets, chez les hérons. Nous pouvons les différencier des adultes grâce au plumage moins abouti, plus gris uniforme :

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2021

Les tadornes, l’aigrette et le chevalier

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Retour sur une balade du mois de mai sur l’île d’Oléron. Un marais ordinaire et rectangulaire, comme il y en a tant, surtout dans le moitié nord de l’île. Un de ces marais bichonnés par l’homme, un marais façonné au fil du temps, et habité par toutes sortes d’oiseaux. Parmi ceux-ci se trouvent les plus grands des canards vivant sous nos contrées, à savoir les tadornes de Belon, en mode sieste et parallèle :

Bien sûr, incontournable et fidèle au poste, l’aigrette garzette, reconnaissable à sa jolie petite couette à l’arrière de la tête. La patte gauche levée n’est pas un effet de mode : l’aigrette agite en fait délicatement la vase pour y faire surgir les petits crustacés dont elle va sous peu se régaler :

Clou de la journée, parce-que peu observé jusque-là : le chevalier gambette, aux pattes orangées. Délicatement, comme les autres limicoles, il farfouille dans la vase et, tôt ou tard, y trouve de quoi se sustenter :

Couver sous la pluie

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« I’m brooding in the rain, just brooding in the rain, and I’m happy again ». L’oie aurait pu chanter cela, mais la pluie tombait fort drue sur l’oie et le nid. Et puis c’est une oie blanche, n’est-elle pas tombée de la dernière pluie ? Pluie du quart d’heure qui précède l’averse en cours, en ce jour d’abat d’eau sur la ville de Bordeaux ?

Une oie en train de couver – Jardin Public de Bordeaux – Début juin 2021

Ça zinzinule dans le tronc

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Petite balade classique sur un chemin forestier. Bien que piètre ornithologue, je reconnais bien le petit cri de la mésange charbonnière, typique de ces moments où le danger guette : on dit qu’elle zinzinule. Et puis je repère aussi des pépiements, de tout petits cris réguliers et impératifs, ceux d’oisillons qui réclament pitance. Sauf que je ne vois ni mésange adulte, même en levant le nez bien bien haut jusqu’au risque de torticolis, ni petit zozio. Rien, juste les arbres.

Juste les arbres. Et, justement, tout donne l’impression que les petits cris viennent d’un tronc d’arbre, à une altitude plutôt basse. Dès que je m’approche, les petits cris cessent. Je m’éloigne alors, préférant retrouver le son au détriment des images, puisqu’il faut désormais trop zoomer pour espérer voir quelque chose. Il faut surtout attendre. Les pépiements reprennent, mais rien d’autre pendant quelques minutes.

Puis une mésange adulte arrive enfin, porteuse de la nourriture tant attendue.

Elle se rapproche encore, les petits piaillent. Mais la tambouille est prête, et la mésange s’apprête à entrer dans le nid, aménagé, comme c’est souvent le cas, dans un tronc d’arbre.

Une seconde plus tard, la mésange était dans le nid avec les petits, que le ravitaillement commençait à faire taire. L’arbre était redevenu silencieux, mais pour un temps seulement, ce manège incessant pouvant se produire jusqu’à 500 fois par jour.

Pour en savoir plus sur la mésange charbonnière, et éventuellement écouter son cri, cliquez-ici.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en mai 2021

Faire nid de toute corde

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Suivant à la lettre les adages populaires, certains humains font feu de tout bois. Dans le même esprit, en ce milieu de printemps, alors que, peut-être, la deuxième couvée est sur le point d’éclore, la mésange charbonnière fait nid de toute corde. Jugez plutôt :

Voici donc notre passereau fort affairé à tirer de la corde des fibres douces et délicates, de futurs berceaux pour oisons qui n’ont pas encore percé leur coquille, c’est une supposition, je n’ai pas vu le nid.

Je n’ai pas vu le nid car la mésange, une fois le matériau prélevé et le bec plein à craquer, vérifie alentour que nul ennemi ne l’épie, puis, file fissa vers le nid, en toute discrétion.

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2021

Un escargot géant au jardin public

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Balade méridienne au Jardin Public de Bordeaux. Surgit de nulle part, à la vitesse d’un demi-centimètre à l’heure, un monstre gastéropode à la coquille blanche. Serait-ce un extraterrestre ? En tous cas, rien à voir avec les cagouilles locales, les qui-se-mangent à la douzaine avec du beurre, de l’ail et du persil. Cet escargot-là serait plutôt du format « plat unique » :

Le voilà proche à la pâquerette, qui rabat son caquet, qui fait moins la fière. Le mastodonte l’impressionne, mais l’ignore :

Vous doutez de la véracité de mon propos ? Vous doutez de la taille de la bête ? J’ai mesuré cet escargot avec ce que j’avais sous la main, à savoir un paquet de mouchoirs en papier. Reconnaissez que, si la bête n’est pas encore au format T-Rex, c’est quand même un joli bébé, bien plus costaud que les petits gris habituels :

Le retour des champignons qui ne sentent pas bon

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Une forêt à l’humus bien dense dégage une odeur dite « de champignon ». Cela ne signifie pas à coup sûr que le cèpe se planque sous la fougère, mais parfois, c’est bel et bien le cas. L’odeur forestière dite « de champignon » rappelle celle des champignons de Paris et n’a rien de désagréable. Plus rigolote est l’odeur d’anis très marquée du rosé des bois, tellement marquée qu’on peut se demander si les écureuils ne se shootent pas au pastis.
Et puis il y a aussi les champignons qui puent, c’est d’ailleurs pour eux une stratégie de reproduction : ce que la narine humaine perçoit comme désagréable, la mouche s’en délecte, et se rue sur ces fameux champignons, favorisant indirectement leur dissémination. D’ailleurs, une fois le ménage bien fait par les mouches, le champignon ne dégage plus d’odeur désagréable.
Très récemment, j’ai pu observer deux de ces champignons. Tout d’abord le clathre rouge, ici avachi et n’ayant plus la forme de lanterne qui lui est propre :

Puis le satyre puant, qui ne puait plus tant que ça puisque les mouches avait quasiment achevé le travail de dégagement de la glèbe, une sorte de capuchon gluant à l’odeur pestilentielle et renfermant les spores indispensables à la reproduction, mais quelques mouches tentaient encore de chiper les dernières miettes :

Photos réalisées en Gironde en avril 2021

Des perches dans la jalle

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La balade dans l’enclos de 10 km de rayon m’a menée aujourd’hui sur la jalle de Blanquefort, un petit affluent de la Garonne. C’est joli tout plein et il y avait même de grands arbres pour faire de l’ombre. Regardant l’onde pure de la rivière, attendant peut-être quelque grenouille dont le coassement titillait agréablement mes tympans, je me mis à observer ce qui nageait dans le coin, à savoir des poissons de tailles variées mais a priori de même espèce, apparemment des perches. Si j’en crois le grand web et son valet wikipédia, c’est un carnassier fort vorace qui, quand pitance manque, n’hésite pas à manger ses congénères. J’avais devant moi, dans une rivière tranquille, de dangereux cannibales. Même pas peur, même pas mal.

Des perches dans la jalle de Blanquefort (33) – 24 avril 2021

Les milans au-dessus du jardin

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Le printemps est la saison des torticolis : j’ai toujours le nez en l’air (et un sixième sens pour signaler les obstacles sur le chemin, y compris les étrons canins). J’ai toujours le nez en l’air parce-que le ciel, les arbres et ce qui y circule sont merveilleusement agréables à observer. C’est joli, c’est joyeux, c’est reposant.
Depuis fin février, les milans noirs sont de retour en Gironde. Ce sont de magnifiques rapaces avec la queue en « U », ou, dit autrement, la « queue à l’envers », c’est à ça qu’on les reconnait. Parmi les migrateurs, ce sont les premiers arrivés, mais aussi les premiers repartis. Mais, pour l’instant, ils sont là, et, chaque jour, je les regarde déambuler librement dans le ciel immense.

La marche est haute

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

Toujours plus haut

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

10 km de rayon autour du nid. Pour des vacances imposées, c’est limité. 10 km de libre parcours, avec parcs et jardins ouverts, c’est toujours mieux que la punition XXL du printemps 2020. Il faut toujours voir le moins mauvais côté des choses.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, respectant à la lettre l’ordonnance ministérielle, mes baskets m’ont trainée jusqu’au Bois du Bouscat, un joli espace forestier en bordure d’hippodrome. Et là, au milieu des chênes, les pieds dans le marécage, il y a de très grandes échelles blanches. Des échelles qui incitent à voir le monde d’en haut, à prendre du recul à défaut d’avoir le dessus. L’optimisme tient à peu de choses, finalement.

Bâtir, construire, etc.

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Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

Chevreuil flou

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C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Premier jour du printemps

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Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Tu la craches, ta boulette ?

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Un jardin en cette fin de semaine. Une corneille avec un truc dans le bec. Un gros truc :

Mais de quoi s’agit-il ? de loin, je pense à une noix, tout en trouvant ladite noix fort balaise et vaguement minérale. Mais je reste sur mon idée de noix, confondant mollement corneille et écureuil. C’est la fin de semaine, les terminales ont été chiants comme la pluie, j’ai des excuses.
Mais en zoomant mieux, en insistant avec attention, en me penchant sur le sujet, je constate que ce que la corneille tient en son bec n’a rien à voir avec le fromage du maître corbeau de La Fontaine. La corneille n’est pas un corbeau, et toute confusion avec ce que l’un ou l’autre tient en son bec est permise. Mais comme les terminales ont été bavards comme des pies, j’ai comme un flou et le mélange mammifère / oiseau ne me choque pas outre mesure.
Après déambulation sur la toile, et oubliant ces sales gosses de terminales, il s’avère que la corneille tient probablement en son bec une boulette de réjection :

Une boulette de quoi ? de ré-jec-tion. Un truc que l’on rejette, comme le souvenir de ces marmots en pré-bac qui pourrissent l’ambiance. Et surtout comme d’autres oiseaux. Les corneilles avalent des choses improbables et indigestes, des carapaces d’insectes par exemple. Et les corneilles, comme d’autres oiseaux, recrachent ces choses immangeables par le bec. Ce qui me surprend, c’est que cette corneille de jardin a gardé sa boulette longtemps dans son bec et s’est même envolée avec, sans s’en débarrasser en chemin.

Photos réalisées en Gironde en mars 2021

J’ai failli louper la saison des crapauds

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Et pourtant je le sais bien : février, c’est le mois où les crapauds retournent dans la mare où ils sont nés pour rencontrer l’âme sœur et faire des bébés. Bébés crapauds qui, s’ils ne sont pas mangés avant, deviendront grands et, à leur tour, iront dans la bonne vieille mare quérir la crapaude pour copuler en paix.
Je le sais, mais cette année, j’ai zappé. Prise par un boulot dans lequel l’imprévu et le peu gérable tiennent désormais lieu de routine, je suis passée à côté de la saison des crapauds dans la mare. Dernier sursaut en fin d’après-midi, avant le covid-couvre-feu qui transforme les carrosses en citrouilles et les crapauds en princes charmants gendarmes. Réaction sur le fil, in extremis, et dans la mare habituelle il n’y avait qu’un seul crapaud, un crapaud tranquille et immobile, tellement tranquille et immobile que je l’ai d’abord pris, de loin, pour un bout de bois. Le bout de bois à coassé et j’ai zoomé.

Cap au nord

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C’est encore l’hiver, on met le manteau, parfois l’écharpe et même les gants. On apprécie les soupes bien chaudes et les gratins pétillants à la sortie du four. Il arrive même qu’on pousse un peu et qu’on allume un feu dans la cheminée. Et puis, sur l’estran, les oies bernaches cravant sont encore là, tandis que, dans le marais, l’échasse blanche ne semble pas encore arrivée.
Mais c’est aussi déjà un peu le printemps. Les merlettes font consciencieusement leurs nids, tandis que hérons et cigognes commencent à retaper les leurs. Les grives musiciennes sont sur scène avant même le lever du jour. Les narcisses sont en fleur. Et surtout, les grues cendrées passent au-dessus de Bordeaux dans le sens sud-nord. Elles ont passé la saison froide au soleil et filent vers l’Europe du Nord pour nicher.

Migration des grues cendrées au dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Il pleut, il mouille, et je ne suis pas une grenouille

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Ni grenouille, ni poisson. Je n’ai ni palme ni branchies, quoique, vu tout ce qu’on s’est pris comme flotte ces derniers temps, je me demande si la mue n’est pas en cours. Toujours est-il que la pluie ayant enfin daigné faire une pause, mon homme et moi-même nous sommes lancés dans une grande aventure forestière quelque part du côté du bassin d’Arcachon. Après avoir tiré des bords pour éviter les flaques, nous avons rebroussé chemin, fait des zigs et des zags, pas franchement failli nous perdre parce-que cette forêt, nous la connaissons bien, mais nous avons quand même effectué quelques tours et détours pour contourner les nouveaux cours d’eau de cet hiver décidément fort mouillé.