Un papillon du palmier dans les eleagnus

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Le papillon du palmier surprend par sa grande taille : originaire d’Amérique du Sud, la bête semble immense dans nos contrées d’Europe occidentale. C’est la deuxième année de suite que je vois ce papillon dans mon jardin, là où il n’y a pas de palmier, mais des eleagnus inattaquables. Sachant néanmoins que sa larve, une grosse chenille blanchâtre, peut détruire les palmiers, j’avais en temps utile averti la mairie de ma commune de la présence dudit papillon. Sans écho pour autant. Et aujourd’hui donc, premier lundi d’août par une température normalement estivale, sans plus, revoilà la bête, pas si farouche que cela, qui me tournicote autour alors que je prélève gentiment quelques branchettes de thym-citron pour parfumer le merluchon. Puis le papillon s’en est allé, peut-être vers des jardins faussement exotiques où poussent des palmiers.

Ça grenouille dans le marais

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Petite précision à toutes fins utiles : les îles charentaises sont d’abord d’immenses zones marécageuses, que l’homme a dompté au fil du temps. Le marais, donc, partout, peut se rappeler à nous, voire être utilisé à des fins commerciales : marais salants, claires pour les huîtres. Au beau milieu de ce paysage mi-terre mi-eau qui donne sa si belle lumière à ces îles-là, toute une faune se développe et s’épanouit. Le petit chien du voisin débusque les sangliers, j’ai vu un chevreuil aux abords d’une piste cyclable, tôt ce matin il y avait des lapins dans un pré, et il n’est pas rare de croiser des couleuvres et autres serpents qui font peur aux enfants. Mais ce qui s’épanouit le plus en ce moment, c’est la grenouille :

Quelques jeunes grenouilles à St-Georges d’Oléron – Août 2020

Gueule de carpe

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Ce n’est pas une insulte, juste un constat zoologique : la carpe a une grande gueule, et pourtant l’expression populaire veut que l’on puisse être « muet comme une carpe ». Cette bouche gigantesque permet à l’animal de farfouiller la vase et d’engloutir ses proies. Ce poisson est omnivore, et se régale aussi bien d’algues que de petits invertébrés. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Une carpe dans un bassin du jardin botanique de Bordeaux – Juillet 2020

Quand Bubulcus ibis est là, les vaches sont bien gardées

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« Bubulcus ibis » est le nom savant du héron garde-bœuf, un ardéidé un peu plus petit que l’aigrette garzette, et plutôt moins dépendant de l’eau que les autres oiseaux de cette famille. Son nom vernaculaire est « héron garde-bœufs » car, bien souvent, il déambule au milieu des troupeaux et se tient très près des bovidés, sans aucune crainte ni méfiance.


Bubulcus ibis est originaire d’Afrique. Pendant très longtemps, il n’a mis patte en Europe que du côté de la Camargue, où il vient hiverner dans les années 1970. Puis l’oiseau a commencé à faire son nid, au sens propre du terme, dans d’autres régions : il est aperçu dans la Somme en 1980, puis, à partir de 1992, on le retrouve dans plusieurs départements français. Il privilégie les zones littorales, mais on peut aussi l’observer dans la Brenne, en Ardèche ou dans la vallée de la Garonne.

À l’inverse d’autres spécimens de son espèce, les hérons garde-bœuf installés en France migrent peu voire pas du tout. Ce sont des oiseaux qui vivent en groupe, qui dorment même dans de gigantesques dortoirs (1 400 oiseaux dénombrés dans un même dortoir en Charente-Maritime en 2000, plus de 5 000 dans un dortoir des Bouches-du-Rhône en 1998).

Pour en savoir beaucoup plus : oiseaux.net et migraction.net

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin et juillet 2020

Ils ont faim, mais ils n’auront rien et c’est pour leur bien

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Les bébés hirondelles sont choyés par leurs parents pendant trois semaines, puis l’éducation à la dure commence. Du jour au lendemain, les adultes n’apportent plus la nourriture au nid, afin d’obliger les jeunes à prendre leur envol. Les jeunes s’enhardissent, volent comme ils peuvent et se posent, puis réclament la nourriture. À nouveau, les parents les contraignent à se débrouiller seuls : ils s’approchent des petits avec des insectes, mais ne leur les donnent pas, afin de les obliger à sauter le pas et, eux aussi, à savoir attraper la nourriture en vol (source : oiseaux.net).

De jeunes hirondelles et l’adulte qui fait semblant de les nourrir – Juillet 2020

Les stars du jardin botanique

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On peut se dire que le jardin botanique est d’abord et avant tout visité pour ses plantes. Ce n’est point faux, d’autant plus que celui de Bordeaux fait dans le concret : légumes, fruits, plantes médicinales, avec panneaux explicatifs clairs et précis. En plus du plaisir des yeux, on ressort du jardin un peu moins idiot qu’on y est entré, et ce n’est pas rien. Mais ce jardin n’est pas que cela : il a aussi ses stars, vertes et bondissantes, qui, dès le printemps, font leur show dans les mares. Habituées aux humains, les grenouilles de ce jardin-là sont particulièrement peu farouches.

Le temps du lotus

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Le lotus, comme le nénuphar, plante ses racines dans la vase et pousse dans l’eau. Mais le lotus est plus grand, plus majestueux, plus impressionnant. Les lotus du jardin botanique de Bordeaux sont actuellement en train de fleurir :

Certes : des oiseaux

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La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Week-end d’élections = week-end à la maison

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Second tour des municipales. Pas question de faire abstention : il s’agit, dans ma commune, d’empêcher girouette-cacahuète d’accéder au trône de maire. Donc demain, à la première heure, je glisse mon bulletin dans l’urne. Et donc, aujourd’hui, l’homme de la maison et moi-même n’avons point déserté vers des contrées d’outre-Garonne.
Le devoir électoral n’est cependant pas incompatible avec une vraie balade dans la nature. Balade matinale (après, il fait trop chaud) qui a commencé par l’observation des milans au-dessus d’un parking. Suite au prochain numéro.

Des milans noirs quelque part en Gironde – 27 juin 2020

Le sphinx-colibri

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Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Liseron, mon ami

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Si on tape « liseron » dans un moteur de recherche, il nous est inévitablement suggéré de multiples manières pour s’en débarrasser, cette plante grimpante étant, à tort ou à raison, considérée comme une « mauvaise herbe ». Si on précise « liseron des dunes », le résultat est tout autre et la plante gagne en sympathie. Non pas parce-que sa fleur passe du blanc au rose en passant du jardin à la plage, mais parce-que le grimpant envahissant devient un rampant fixateur de dune. Deux plantes de la même famille, mais celle qui a de jolies fleurs de couleur rose détient le pouvoir quasi-magique de lutter contre l’érosion marine.

Des liserons des dunes sur une plage océane du Cap Ferret en mai 2020

Le geai des chênes porte bien son nom

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Quand il ne batifole pas dans les branches des chênes (piqûre de rappel), le geai en mange les fruits. Le geai ici présent ne séjournait donc pas sur un chêne, mais toute branche pouvant faire à la fois table, chaise et assiette, le geai en question s’apprêtait à se régaler d’un gland. Les geais sont relativement nombreux dans les parcs bordelais, ils s’y chamaillent même (celui qui figure sur les photos s’est fait chiper son gland par un autre geai, qui lui a volé dans les plumes quelques secondes après la mise en boite des photos). Les geais sont facilement repérables de loin grâce à leur cri, mais aussi à leurs couleurs. Dans les parcs et jardins, habitués aux humains, ils sont assez peu farouches.

Un autre 24 avril

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24 avril 2009 – Lyon, parc de la Tête d’Or

Une matinée à Lyon au printemps. Rien que le parc de la Tête d’Or, mais pas tout le parc tant il est grand. L’acmé du parc et jardin urbain pour tous les amateurs de parcs et jardins urbains. Une eau transparente (du moins en avril 2009), des oiseaux, quelques mammifères (je me souviens avoir vu des daims du côté des serres tropicales), beaucoup d’arbres, des gens qui profitent de ce lieu si paisible au cœur de la grande ville.

Un flash d’hirondelles

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Derrière chez moi y’a un étang. Un tout petit étang artificiel de rien du tout, mais dans le kilomètre autorisé par la loi, et ça change tout. Sur cet étang volent à toute vitesse quelques rares hirondelles. Allez-y les filles, boulottez du moustique, surtout du tigre, car on aimerait bien ne pas choper la dengue en plus du covid.

Deux hirondelles dans l’agglomération bordelaise en avril 2020

Translation des butineurs

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Au début du confinement, les butineurs avaient assailli de leur vibrante gourmandise le petit pommier décoratif du jardin, alors totalement fleuri. Le pommier a perdu ses fleurs, les feuilles jaillissent de partout, les premières pommes sont déjà formées. C’est au tour de la glycine d’entrer en scène, maintenant intégralement mauve et odorante. C’est elle qui attire désormais les butineurs, juste au-dessus des iris où ronfle le hérisson. Le secteur est sonore, j’adore.

Un butineur dans la glycine – Avril 2020

On dirait qu’on ferait une balade en forêt

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Sortir dans le jardinet, entendre le sommeil du hérisson, et se précipiter sous le petit pommier en imaginant qu’il est immense, qu’il est au cœur d’une forêt, qu’il faut choper le torticolis pour en voir la cime. On dirait que.

Faire deux pas vers la gauche en imaginant deux kilomètres, dans la jungle touffue d’un gazon pas anglais, mais un gazon tout de même. Se placer sous la glycine et y voir les lianes gigantesques et fleuries d’une forêt tropicale. On dirait que.

Bilan de la balade : avoir un appareil photo un peu sympa, ça aide. Peut-être même que ça aide à voir des animaux terribles qui font peur (non, pas le hérisson).

Balade réalisée dans le petit jardin du grand confinement au printemps 2020

Le retour du grand capricorne

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Le grand capricorne du chêne est un très grand coléoptère noir, aux antennes immenses, qui, si j’en crois insectes.net, se pointe en général fin mai début juin. Le spécimen vu hier dans mon jardin arrive donc un peu tôt dans l’année, d’autant plus tôt que je l’avais déjà croisé (lui ou son frère) il y a une semaine. Un bon mois d’avance, en somme.
L’animal est impressionnant par sa taille (autour de 6 cm de long, voire plus) et surtout par le gigantisme de ses antennes. Sa principale activité lors de sa courte vie (un ou deux mois) consiste à se reproduire. La femelle pond ses œufs dans des troncs d’arbres (prioritairement des chênes), où les larves se nourrissent en creusant des galeries potentiellement gênantes pour le développement de l’arbre ainsi squatté. Le département de biologie de l’ENS de Lyon signale que c’est cet aspect-là du grand capricorne du chêne qui pose problème : l’animal est protégé par la loi (ce qui n’est pas si fréquent pour un coléoptère) alors que ses larves font des dégâts. Oui, mais la présence desdites larves serait aussi un facteur favorisant la biodiversité. Le débat est ouvert …

Un grand capricorne du chêne vu en Gironde le 5 avril 2020

Mais que fait donc la cigogne ?

Je suis prof mais je me soigne, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Nous pourrions croire qu’en cette toute fin de février 2020, comme tout un chacun je me pose la question d’un éventuel coronovirage. Ou coronovirement, allez savoir, bref que je cède à la panique ambiante face à un virus venu de loin là-bas dans le grand Orient lointain. On pourrait tout aussi bien supputer que la correction des copies (un bon gros kilo au bas mot) et que la préparation des cours pour mes petits lapins occupent totalement mon esprit et me font suer sang et eau, stylo en pogne et ordi en piste. Que nenni. Je reste mentalement figée sur ce que j’ai vu sur l’île d’Oléron la semaine dernière et m’interroge : mais que fait donc la cigogne ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Une chose est sûre, elle est de retour. De migration ou du village d’à côté (car certaines cigognes ne migrent pas). Elle a réinvesti son nid de l’année passée, jusque là rien de bizarre. Mais a-t-elle commencé à couver ?

Une cigogne sur l’île d’Oléron – Février 2020

Cela je l’ignore. Normalement, la chose ne commence qu’en mars. Mais tout est en avance cette année. Nous avons même dégusté nos premières asperges ce soir. Notre producteur était sur le marché, car lesdites asperges avaient trois semaines d’avance. Alors pourquoi pas les cigognes ?

Première pivoine

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Originaire de Chine, la pivoine peut vivre cent ans, à condition qu’on ne la déplace pas. Actuellement, les premières pivoines montrent leurs couleurs en ville. Je ne me souviens jamais, d’une année sur l’autre, si cette floraison est normale alors que l’hiver n’est pas terminé, ou si, douceur de l’air oblige, la pivoine n’a pas un peu d’avance.

Une pivoine en bouton – Bordeaux – Février 2020

Exceptionnelle orite

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L’orite à longue queue est plus communément appelée « mésange à longue queue ». C’est un petit passereau tout rond, qui déambule en bande dans mon jardin dès que l’hiver arrive. Ce petit oiseau se nourrit essentiellement d’insectes et de larves, voire de petits invertébrés, mais les graines ne sont pas sa tasse de thé, sauf quand elles sont un peu molles, car cette mésange-là a le bec un peu faiblard.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Et pourtant, il y a peu, j’ai vu une de ces orites dévorer des graines, y prendre même plaisir, effectuant toutes les excentricités possibles pour les attraper. Il n’est pas habituel non plus que cette mésange-là mange sur le plancher des vaches, or là elle était à quelques centimètres du sol, autant dire à portée de chat. Mais chat par chance il n’y avait pas, et la mésange a pu tranquillement finir son repas.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Pour en savoir plus : oiseaux.net

Recette du pin perdu

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Prenez un grand pin bien haut bien droit, un pin maritime
Un pin de bord de plage
Un pin du Bassin d’Arcachon
Laissez-le grandir, prendre de l’assurance
Sans lui dire que le sol mou, fait de sable
Repose sur la couche dure de l’alios
Que jamais ses racines ne perceront
Il restera un pin flottant, un pin sur sol fuyant
Les vents, les marées, le dérèglement climatique
Se chargeront du reste
Les racines mises à l’air
Le pin pourra tranquillement passer de vie à trépas

Un pin maritime du Bassin d’Arcachon, janvier 2020

Une armée de tueuses dans un jardin botanique

Made in BZH, Promenons-nous dans les bois

En 2010, des sarracénies (ou sarracenias) sont installées dans une tourbière du Jardin des Plantes de Nantes. Les sarracénies rassemblent huit types de plantes dites « carnivores », qui se nourrissent en piégeant et en digérant des insectes.

Les sarracénies du Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

À l’automne 2014, on découvre dans ce même jardin, que ces fameuses sarracénies sont de formidables pièges à frelons asiatiques, d’autant plus intéressantes qu’elles délaissent d’autres insectes fort précieux, comme les abeilles. Cette découverte montre, en outre, à quel point les plantes s’adaptent à leur milieu : en effet, les plants de sarracénies sont originaires d’Amérique du Nord et, avant leur installation à Nantes, ils n’avaient jamais été confrontés au frelon asiatique. La plante a donc trouvé un stratagème lui permettant d’attirer une nourriture à laquelle elle n’était pas habituée mais qui lui convient.

Une sarracénie dans le Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

Pour aller plus loin :

La mésange floue

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La mésange bleue ne fréquente mon jardin que lorsque je la nourris. Mangeoires bien garnies furent donc installées aujourd’hui, et, en fin de journée, la mésange bleue est venue picorer quelques graines. Lumière faible, photo prise derrière la vitre pour ne pas déranger, l’image est floue, forcément. Mais la mésange bleue est bien là. Tout comme le rouge-gorge, le couple de fauvettes, les merles, les moineaux, et je crois même avoir aperçu un pouillot.

Une mésange bleue dans mon jardin. Département de la Gironde. Décembre 2019

L’écureuil en mode « cochon pendu »

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C’était un jeu du temps marmot, du temps du trapèze sur le portique du jardin : coincer la barre sous les genoux, tête en bas. On appelait ça « le cochon pendu ». C’est précisément à cette figure de style enfantine que j’ai pensé en voyant un écureuil, autrement plus agile que moi en mode minot, qui, pour choper le fruit qu’il convoitait, se contorsionnait en tous sens sur des brindilles frêles, risquant à chaque instant la dégringolade au pied de l’arbre, se rattrapant de justesse et grignotant avec bonheur la noix tant désirée

.

L’eau monte

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Le début du mois de décembre est considéré par les naturalistes comme le vrai début de l’hiver, qui intervient donc trois semaines avant l’hiver des calendriers, qui est l’hiver astronomique. De fait, depuis le 1er décembre, il fait bien froid, un de ces froids qui obligent à porter bonnets, gants et chaussures chaudes. Un vrai hiver qui fait de la buée quand on respire, avec un très très beau ciel bleu qui met de bonne humeur. Il a tellement plu les jours d’avant … Souvenons-nous, dans un parc de la banlieue bordelaise, des chênes baignaient franchement, puis l’eau a leurs pieds avait été pompée, et tout était rentré dans l’ordre.
Sauf que, l’eau tombée juste avant l’offensive hivernale du 1er décembre, a tout détraqué et les chênes pataugent à nouveau dans l’eau glacée :

Ailleurs aussi, dans ce même parc, les arbres découvrent qu’il pourrait être de bon augure d’apprendre à nager, là où, en plein été, il n’y a même pas une flaque et encore moins un ruisseau :

Photos : Parc Ausone (Bruges), 5 décembre 2019

Sauvons les chênes de l’eau

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Souvenez-vous, l’histoire ne date que de quelques jours : dans un jardin d’une agglomération bordelaise noyée sous des pluies diluviennes, des chênes baignaient bien malgré eux façon palétuviers à marée haute (piqûre de rappel). Voici une image de la scène :

Parc Ausone (Bruges) – 17 novembre 2019

Aujourd’hui même, alors que la flotte mettait encore à l’épreuve bottes et cirés, je pus constater que le sauvetage des chênes était en cours, suite à la mise en place d’une pompe pompant l’eau qui rendait les racines pompettes, ivres d’une flotte potentiellement létale pour ces deux braves chênes d’un parc urbain tout neuf :

Parc Ausone (Bruges) – 21 novembre 2019

Quand Amélie s’en mêle

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Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019

Fruit de saison

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Il se pourrait donc bien que ce soit l’automne pour de vrai. Il pleut. Beaucoup. Il a aussi fallu ressortir le pull et les chaussettes, voire allumer le premier feu de cheminée de la saison (mais pas le deuxième, ce n’est pas encore l’hiver). Les champignons s’agitent dans les sous-bois, et, à Agen, des témoins attentifs ont vu passer les grues dans le sens nord-sud. Sans parler du changement d’heure qui va nous tomber sur le poil dans la nuit de samedi à dimanche. Automne, donc. Saison des fruits pour les plantes qui ne s’en préoccupent pas en été, notamment certaines plantes aquatiques. Le fruit ci-dessous est probablement celui d’un nénuphar ou de quelque chose qui lui ressemble :

Le fruit d’un nénuphar ou d’une plante aquatique qui lui ressemble – Département de la Gironde – Octobre 2019

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

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… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

Histoire d’A chez les libellules rouges

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Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019