L’émeraude et le roncier

La micrommate émeraude (micrommata virescens) est une jolie araignée verte, qui se confond avec les feuillages dans lesquelles elle déambule. Cette parfaite adaptation à la végétation fait qu’elle se fond parfaitement bien dans le paysage : j’ai failli passer à côté d’elle sans la voir, alors qu’elle était posée sur une feuille de roncier. De ce fait, elle n’a pas besoin de tisser de toile pour capturer ses proies : elle compte sur l’effet de surprise. Selon l’INPN, elle chasse à l’affut : elle attend qu’une proie se présente, l’attrape vivement, et file la manger dans la végétation.

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Micrommate émeraude observée dans l’agglomération bordelaise en mai 2018

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Collection 448

Un éléphant, ça trompe, ça trompe …

Que voyez-vous là, amis blogonautes de passage ou habitués ? Ne serait-ce point encore une de ces chenilles voraces qui gloutonnent le buis ou autre plante, comme moi ma douzaine d’huîtres chaque dimanche ?

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Que nenni. Il s’agit en fait d’une fougère, Dryopteris cycadina en bon latin, surnommée « fougère trompe d’éléphant ». Pour en savoir plus sur cette plante asiatique, cliquez ici et . Quant aux photos qui illustrent cette petite note, elles ont été prises au jardin public de Bordeaux aujourd’hui même.

La saison des « premières »

J’aime le printemps pour le retour de tout ce qui annonce les beaux jours. C’est d’une platitude sans nom que de dire cela, mais c’est ainsi, ça fait partie des petits plaisirs de la vie. Il y a donc, en ce début de printemps, les premières asperges, les premières fraises, les premières fleurs dans les cerisiers, la promesse d’une belle floraison de la glycine, et aussi, et même surtout, les premières hirondelles, qui arrivent peu à peu :

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Une hirondelle en Charente-Maritime, 1er avril 2018

Protocole commotion pour le pic épeiche

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg

Photo réalisée au Danemark au printemps 2015

Dormir dans une cabane

Depuis quelques années, le collectif Bruit du Frigo, avec la complicité de Bordeaux Métropole, a installé des cabanes un peu zarbi, nommées « refuges péri-urbains ». Il y en a aujourd’hui dix, réparties sur dix communes différentes (une onzième verra le jour à Mérignac au mois d’août). Il sera possible d’y faire gratuitement un gros dodo réparateur à partir du 1er mars, mais pour cela il faut réserver (c’est possible depuis hier) et, si le temps ne se met pas vraiment au beau d’ici-là, il faudra peut-être prévoir des bottes, du moins pour accéder au refuge de Bruges (photo réalisée il y a moins d’une semaine) :

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Source : Sud-Ouest

Pas de réveillon sans champignon…

P1170619… mais pour aller les cueillir, c’est trop tard. Gnarf gnarf voilà ma ruse : le champignon est là mais tu ne le sauras pas. Car les coins à champignons, ça ne se dit pas, c’est la règle. En plus, c’est la nuit, et la forêt devient terriblement sombre et dangereuse, avec ses chevreuils-garous et autres bestioles facétieuses. Je serais toi, je ne me lancerais pas, d’ailleurs ta Tata qui pique voudrait que tu coupes la bûche.
Et puis, n’oublions pas la tradition, dans notre beau sud-ouest, seuls les cèpes ont droit au titre de champignons, alors la malheureuse chanterelle (quand même 19,95 € sur le marché, et certaines sont des fausses sans intérêt culinaire), la malheureuse chanterelle, disais-je, passe inaperçue. Même quand, sous la végétation, des dizaines de spécimens mesurent plus de 8 cm de diamètre ? Aucune, aucune hésitation, pas de réveillon sans champignon !

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Photos réalisées et champignons prélevés en Nouvelle Aquitaine en décembre 2017 (je n’en dirais pas plus, ça reviendrait à te donner ma carte bleue avec son code, faut rester sérieux)