Exceptionnelle orite

L’orite à longue queue est plus communément appelée « mésange à longue queue ». C’est un petit passereau tout rond, qui déambule en bande dans mon jardin dès que l’hiver arrive. Ce petit oiseau se nourrit essentiellement d’insectes et de larves, voire de petits invertébrés, mais les graines ne sont pas sa tasse de thé, sauf quand elles sont un peu molles, car cette mésange-là a le bec un peu faiblard.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Et pourtant, il y a peu, j’ai vu une de ces orites dévorer des graines, y prendre même plaisir, effectuant toutes les excentricités possibles pour les attraper. Il n’est pas habituel non plus que cette mésange-là mange sur le plancher des vaches, or là elle était à quelques centimètres du sol, autant dire à portée de chat. Mais chat par chance il n’y avait pas, et la mésange a pu tranquillement finir son repas.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Pour en savoir plus : oiseaux.net

Recette du pin perdu


Prenez un grand pin bien haut bien droit, un pin maritime
Un pin de bord de plage
Un pin du Bassin d’Arcachon
Laissez-le grandir, prendre de l’assurance
Sans lui dire que le sol mou, fait de sable
Repose sur la couche dure de l’alios
Que jamais ses racines ne perceront
Il restera un pin flottant, un pin sur sol fuyant
Les vents, les marées, le dérèglement climatique
Se chargeront du reste
Les racines mises à l’air
Le pin pourra tranquillement passer de vie à trépas

Un pin maritime du Bassin d’Arcachon, janvier 2020

Une armée de tueuses dans un jardin botanique

En 2010, des sarracénies (ou sarracenias) sont installées dans une tourbière du Jardin des Plantes de Nantes. Les sarracénies rassemblent huit types de plantes dites « carnivores », qui se nourrissent en piégeant et en digérant des insectes.

Les sarracénies du Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

À l’automne 2014, on découvre dans ce même jardin, que ces fameuses sarracénies sont de formidables pièges à frelons asiatiques, d’autant plus intéressantes qu’elles délaissent d’autres insectes fort précieux, comme les abeilles. Cette découverte montre, en outre, à quel point les plantes s’adaptent à leur milieu : en effet, les plants de sarracénies sont originaires d’Amérique du Nord et, avant leur installation à Nantes, ils n’avaient jamais été confrontés au frelon asiatique. La plante a donc trouvé un stratagème lui permettant d’attirer une nourriture à laquelle elle n’était pas habituée mais qui lui convient.

Une sarracénie dans le Jardin des Plantes de Nantes – Fin décembre 2019

Pour aller plus loin :

La mésange floue

La mésange bleue ne fréquente mon jardin que lorsque je la nourris. Mangeoires bien garnies furent donc installées aujourd’hui, et, en fin de journée, la mésange bleue est venue picorer quelques graines. Lumière faible, photo prise derrière la vitre pour ne pas déranger, l’image est floue, forcément. Mais la mésange bleue est bien là. Tout comme le rouge-gorge, le couple de fauvettes, les merles, les moineaux, et je crois même avoir aperçu un pouillot.

Une mésange bleue dans mon jardin. Département de la Gironde. Décembre 2019

L'écureuil en mode "cochon pendu"

C’était un jeu du temps marmot, du temps du trapèze sur le portique du jardin : coincer la barre sous les genoux, tête en bas. On appelait ça « le cochon pendu ». C’est précisément à cette figure de style enfantine que j’ai pensé en voyant un écureuil, autrement plus agile que moi en mode minot, qui, pour choper le fruit qu’il convoitait, se contorsionnait en tous sens sur des brindilles frêles, risquant à chaque instant la dégringolade au pied de l’arbre, se rattrapant de justesse et grignotant avec bonheur la noix tant désirée

.

L'eau monte

Le début du mois de décembre est considéré par les naturalistes comme le vrai début de l’hiver, qui intervient donc trois semaines avant l’hiver des calendriers, qui est l’hiver astronomique. De fait, depuis le 1er décembre, il fait bien froid, un de ces froids qui obligent à porter bonnets, gants et chaussures chaudes. Un vrai hiver qui fait de la buée quand on respire, avec un très très beau ciel bleu qui met de bonne humeur. Il a tellement plu les jours d’avant … Souvenons-nous, dans un parc de la banlieue bordelaise, des chênes baignaient franchement, puis l’eau a leurs pieds avait été pompée, et tout était rentré dans l’ordre.
Sauf que, l’eau tombée juste avant l’offensive hivernale du 1er décembre, a tout détraqué et les chênes pataugent à nouveau dans l’eau glacée :

Ailleurs aussi, dans ce même parc, les arbres découvrent qu’il pourrait être de bon augure d’apprendre à nager, là où, en plein été, il n’y a même pas une flaque et encore moins un ruisseau :

Photos : Parc Ausone (Bruges), 5 décembre 2019

Sauvons les chênes de l’eau

Souvenez-vous, l’histoire ne date que de quelques jours : dans un jardin d’une agglomération bordelaise noyée sous des pluies diluviennes, des chênes baignaient bien malgré eux façon palétuviers à marée haute (piqûre de rappel). Voici une image de la scène :

Parc Ausone (Bruges) – 17 novembre 2019

Aujourd’hui même, alors que la flotte mettait encore à l’épreuve bottes et cirés, je pus constater que le sauvetage des chênes était en cours, suite à la mise en place d’une pompe pompant l’eau qui rendait les racines pompettes, ivres d’une flotte potentiellement létale pour ces deux braves chênes d’un parc urbain tout neuf :

Parc Ausone (Bruges) – 21 novembre 2019

Quand Amélie s’en mêle

Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019

Fruit de saison

Il se pourrait donc bien que ce soit l’automne pour de vrai. Il pleut. Beaucoup. Il a aussi fallu ressortir le pull et les chaussettes, voire allumer le premier feu de cheminée de la saison (mais pas le deuxième, ce n’est pas encore l’hiver). Les champignons s’agitent dans les sous-bois, et, à Agen, des témoins attentifs ont vu passer les grues dans le sens nord-sud. Sans parler du changement d’heure qui va nous tomber sur le poil dans la nuit de samedi à dimanche. Automne, donc. Saison des fruits pour les plantes qui ne s’en préoccupent pas en été, notamment certaines plantes aquatiques. Le fruit ci-dessous est probablement celui d’un nénuphar ou de quelque chose qui lui ressemble :

Le fruit d’un nénuphar ou d’une plante aquatique qui lui ressemble – Département de la Gironde – Octobre 2019

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

Histoire d’A chez les libellules rouges

Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019

La rainette et la poignée de porte

La rainette verte grimpe aisément sur la plupart des parois, grâce aux petites ventouses qu’elle a au bout des pattes : c’est ce qui la différencie de la grenouille. Et c’est pour cela que j’ai récemment trouvé une rainette sur la poignée d’une porte, alors que les grenouilles déprimaient gravement au fond des mares asséchées par un été sans pluie.
Ce qui permet aussi, bien sûr, à la rainette de s’installer sur un support aussi petit, c’est sa taille minuscule. Taille minuscule qui ne l’empêche pas d’avoir du coffre : n’avez-vous jamais entendu le chant très grave des rainettes le soir au fond des bois ?

Une rainette sur une poignée de porte et sur l’île d’Oléron en septembre 2019 – Photo réalisée sans flash

Le jeune héron, un mois plus tard

Veux-tu, s’il te plait, ami blogonaute, te téléporter vers la note du 2 juin : oui, voilà, c’est là. Tu te souviens donc, toi qui lis ce blog avec une assiduité sans faille, tu te souviens, disais-je, de cet arbre abritant à la fois un nid de cigognes et un nid de hérons cendrés, quelque part au beau milieu de l’île d’Oléron. Le double nid est toujours là, avec les cigognes à gauche et les hérons cendrés à droite :

Regardons de plus près un de ces hérons :

Il s’agit d’un jeune, un de ceux qui étaient encore poussins il y a un mois. Son plumage est uniformément gris, il n’a pas encore le trait bien noir lui barrant le visage. Son bec est jaune pâle en dessous, gris assez foncé au-dessus. La jolie petite couette n’a pas encore poussé : à la place, quelques cheveux épars. Ce n’est plus un poussin, il sait sûrement voler, mais c’est encore un jeunot.

Photos réalisées sur l’île d’Oléron le 30 juin 2019

Le regard vitrail du corbeau marin

Corvus marinus : en bon latin, c’est le corbeau marin, en français ordinaire, c’est le cormoran. Un grand oiseau qui engloutit son kilo de poissons par jour. La terreur des mares, plus que la terreur des mers. Car le cormoran batifole avec intérêt sur les étangs variés des parcs et jardins publics, là où la carpe pullule et où le poisson-chat croit et multiplie. Cet oiseau-là n’a pas le regarde vitreux, mais le regard vitrail, d’un turquoise limpide et fascinant. Pour en savoir vraiment beaucoup plus sur cet oiseau, cliquez ici et .

Un cormoran au Jardin Public de Bordeaux en juin 2019

Le jeune rougegorge

Le rougegorge est un oiseau peu farouche, qui n’hésite pas à s’approcher des humains (les jardiniers et les cueilleurs de champignons le savent bien). Lorsque le printemps s’affirme, les petits sortent du nid, où ils ont passé une petite quinzaine de jours, voire moins. Ils déambulent alors au grand air avec les adultes, puis, à l’âge de cinq semaines environ, ils peuvent se débrouiller et trouver leur nourriture sans aucune aide.
Néanmoins, pendant toute la première année, ils gardent leur plumage de jeune oiseau, sans cette couleur orange bien flashy qui caractérise le rougegorge adulte. On distingue juste du jaune pâle, très délicat, sur le poitrail.
Pour la petite histoire, le jeune rougegorge qui illustre cette note m’a prise pour un arbre, me fonçant dessus de ses petites ailes, se rendant compte à cinq centimètres de l’obstacle qu’arbre je n’étais point, et faisant donc volte-face. Il s’est aussi très nettement approché de mes chaussures ; qu’il prenait pour des racines, des branches, que sais-je ?

Photos réalisées à Bordeaux en mai 2019

Le vieux lavoir, la grenouille et la grenouillette

Sauzelle est un des plus vieux villages de l’île d’Oléron. Comme souvent dans les vieux villages, on y trouve un lavoir presque tout aussi vieux, aujourd’hui réduit à l’état de mare accueillante pour la flore et la faune aquatique locale :

Le lavoir de Sauzelle (Saint-Georges-d’Oléron) – Avril 2019

Dans ce vieux lavoir du vieux village, des petites grenouilles sautent en tout sens ou prennent le soleil … :

Une grenouille dans le lavoir – Avril 2019

… au milieu des grenouillettes. Le mot « grenouillette » est ici le surnom de la renoncule d’eau, une petite fleur blanche qui tire son nom de « rana, qui a lui même donné le mot « rainette » (qui, elle, n’est pas une grenouille, même si elle lui ressemble, mais on ne va pas chipoter) :

Une renoncule d’eau (appelée aussi « grenouillette ») dans le lavoir – Avril 2019

Les demoiselles s’accrochent

Les demoiselles sont des odonates, ce qui signifie qu’elles sont de la même famille que les libellules, mais leurs corps et leurs ailes sont beaucoup plus petits et minces. Malgré cette apparente fragilité, les demoiselles, appelées plus sérieusement « zygoptères », sont de voraces carnivores, même à l’état larvaire. Elles ont aussi, tout comme les libellules, une tendance à s’agripper à leur partenaire sexuel. L’opération crac-crac est d’ailleurs potentiellement violente : les mâles peinant à trouver une femelle peuvent adopter des stratégies agressives vis-à-vis de leurs concurrents. Une fois le couple formé, l’attache des deux corps est bien solide, les mâles de certaines espèces ne lâchant la femelle qu’une fois les œufs pondus. On voit ainsi les couples voletant de-ci de-là, se posant sur une brindille, puis repartant vers la brindille suivante, monsieur tirant madame dans sa déambulation.

Accouplement de deux zygoptères – Département de la Gironde – 26 février 2019

Source : Wikipédia

Le seau de l’amour

Février est le mois des amours chez le crapaud. Le batracien ne pense qu’à rejoindre la mare la plus proche pour jouer à zizipanpan et assurer la perpétuation de son espèce. Mais, tout entier noyé dans ses hormones insistantes, le pauvre animal ne songe plus à l’élémentaire prudence sur le chemin de l’étang, traversant bien des fois des rues et des routes qui lui sont fatales. Le crapaud finit alors plus plat qu’une crêpe sur le triste bitume. Fin sordide d’une histoire d’amour à peine commencée.
C’est alors que la main de l’homme intervient, aidant l’animal par la mise en place de crapauducs. C’est ainsi que du côté d’Hourtin, dans le Médoc, l’ONF a mis en place pour trois semaines un système devant permettre à un maximum de crapauds de remplir leur devoir conjugal. Sud-Ouest explique ainsi qu’un rideau, disposé mi-janvier, oblige les animaux à tomber dans des seaux. Chaque matin, ces seaux sont transportés par des bénévoles jusqu’à l’eau, où les crapauds peuvent enfin conter fleurette et plus encore.

Un crapaud dans un étang de l’agglomération bordelaise le 12 février 2019

L’impatiente attente du printemps

Je sais que ce n’est ni scientifique ni réaliste, mais dès que les jours rallongent, donc dès que l’hiver s’officialise, je veux absolument voir des signes de printemps partout. Les mimosas d’abord, puis les crocus, les narcisses. D’ailleurs, pour ces derniers, c’est bon, ils pointent leur petit nez jaune dans mon jardin aussi, après un temps d’hésitation. Nous sommes au tout début de février, et je vois du printemps partout. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, à Bordeaux, il faisait 15°C. Et pourtant il faisait aussi bien gris. Un gris qui n’empêche pas la pie de faire son nid, très très haut dans l’arbre, parce-que dans un mois, peut-être moins, il y aura des petits dans ce nid-là, qui bouge pire qu’un manège de fête foraine quand le vent forcit :

Dans le même temps, le papillon, à peine sorti de son cocon, semble tout chose, tout bizarre, ne sachant trop quoi faire de ses ailes colorées sur la terre ferme. Celui-là mit quelques minutes avant de prendre son envol :

Mais surtout, et c’est chaque année la même histoire, c’est la migration des grues dans le sens sud-nord qui marque le début des beaux jours. La LPO a daté le début de la migration au 1er février. J’ai vu les premières grues hier, presque au-dessus de mon home sweet home :

Le jaune est la couleur de janvier

Jonquille dans un parc de Bordeaux en janvier 2019

Loin de moins toute ambition polémique : je ne parle point ici de gilet de contestation, mais de jolies fleurs, les premières, celles d’avant le printemps. Il y a bien sûr le mimosa, qui pète de joie depuis Noël dans les contrées les plus clémentes (à tout hasard : la Charente-Maritime), mais aussi, depuis peu, la jonquille. Si les narcisses de mon jardin patachonnent, n’allant pas plus loin qu’une brave tige verte sans encore de fleur, c’est parce-qu’ils sont plantés plein nord, mais ailleurs, dans la grande ville, la jonquille s’épanouit. Elle n’a pas peur du froid, mais si on la sniffe de trop près, elle peut faire mal à la tête. D’ailleurs, faut-il le rappeler, de la racine aux pétales, la jonquille est un poison intégral (source).

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Tous les indices concordent

Tous les indices concordent : l’hiver est à nos portes, il arrive, il est là. D’ailleurs, ce matin, j’ai du trouver écharpe et manteau bien chaud en urgence : le thermomètre annonçait 2°C. Au week-end, déjà, sur le Bassin d’Arcachon et malgré la douceur de l’air, je me doutais bien de quelque chose. Les bécasseaux se rassemblaient en nombre sur la plage. Ils peuvent certes être là en toute saison, mais c’est en hiver qu’ils sont les plus nombreux et, a priori, les plus grégaires :

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Idem pour les grèbes castagneux. Les premiers de ces petits migrateurs se sont pointés fin septembre, des précoces qui voulaient la meilleure place au camping. Ils sont désormais de plus en plus nombreux :

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Idem itou pour les cygnes réticulés, qui arrivent petit à petit pour hiverner :

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Mais l’indice le plus sûr d’un hiver imminent, c’est bien sûr les très nombreux passages de grues cendrées qui ont lieu depuis quelques jours. Ce soir encore, alors que je revenais joyeuse mais frigorifiée avec mes jolis légumes de l’AMAP, j’entendais un énorme vol de ces formidables oiseaux, mais sans les voir pour cause de nuit noire. Par contre, hier sur le Bassin, le défilé était ininterrompu :

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Dernière balade dans le marais avant l’hiver

Il s’agit d’une de mes balades préférées sur l’île d’Oléron : le marais des Bris, sur la commune de Saint-Trojan :

Il est encore temps d’y trainer ses baskets, mais dans peu de temps, il faudra les bottes, voire la barque. C’est un marais, après tout, et, à contre-jour, il brille et c’est joli :

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On n’y voit pas forcément tant d’animaux que ça à cette saison, du moins en plein après-midi. Il y a néanmoins des traces de sangliers, probables cousins de ceux que nous avons aperçus de nuit du côté de Saint-Pierre, qui déambulaient sur le bas-côté de la route (et pas en plein milieu, notre carrosse leur en sait gré). On ne voit plus de grenouilles, même si certains soir le marais croasse encore, mais le frais arrive et le batracien se tait désormais. Les échasses blanches sont parties vers des contrées plus ensoleillées il y a longtemps déjà. Bref, c’est novembre, et il faut faire avec. Avec les oiseaux de garde, comme le merle, qui se régale de tous les fruits de tous les arbres et arbustes du marais … :

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… et comme l’aigrette garzette, en pleine séance de pêche :

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Photos réalisées en novembre 2018

C’est vrai que ça pue

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Clathre rouge observé à Bordeaux en octobre 2018

Je vois très souvent des clathres rouges, dont la forme permet de les identifier à coup sûr : une sorte de cage rouge, qui a valut à ce champignon le surnom de « cœur de sorcière ». J’ai pu régulièrement constater que le clathre rouge attirait les mouches par son odeur désagréable, qui, selon certains sites et blogs (Nature LN par exemple), évoque la viande en putréfaction.
J’ai récemment testé l’odeur dudit clathre, en m’approchant pour le prendre en photo. Je décrirais plutôt l’exhalaison comme celle de WC jamais lavés, doublée d’une forte odeur d’égout. Ce qui ne donne pas envie de tester le soi-disant goût de radis de ce champignon à l’état jeune, alors qu’il ressemble alors à un œuf.

 

Collection 460

Des sternes en Finlande

Photos prises à Helsinki et à Lahti en juillet 2018

L’émeraude et le roncier

La micrommate émeraude (micrommata virescens) est une jolie araignée verte, qui se confond avec les feuillages dans lesquelles elle déambule. Cette parfaite adaptation à la végétation fait qu’elle se fond parfaitement bien dans le paysage : j’ai failli passer à côté d’elle sans la voir, alors qu’elle était posée sur une feuille de roncier. De ce fait, elle n’a pas besoin de tisser de toile pour capturer ses proies : elle compte sur l’effet de surprise. Selon l’INPN, elle chasse à l’affut : elle attend qu’une proie se présente, l’attrape vivement, et file la manger dans la végétation.

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Micrommate émeraude observée dans l’agglomération bordelaise en mai 2018

Collection 448

Un éléphant, ça trompe, ça trompe …

Que voyez-vous là, amis blogonautes de passage ou habitués ? Ne serait-ce point encore une de ces chenilles voraces qui gloutonnent le buis ou autre plante, comme moi ma douzaine d’huîtres chaque dimanche ?

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Que nenni. Il s’agit en fait d’une fougère, Dryopteris cycadina en bon latin, surnommée « fougère trompe d’éléphant ». Pour en savoir plus sur cette plante asiatique, cliquez ici et . Quant aux photos qui illustrent cette petite note, elles ont été prises au jardin public de Bordeaux aujourd’hui même.

La saison des « premières »

J’aime le printemps pour le retour de tout ce qui annonce les beaux jours. C’est d’une platitude sans nom que de dire cela, mais c’est ainsi, ça fait partie des petits plaisirs de la vie. Il y a donc, en ce début de printemps, les premières asperges, les premières fraises, les premières fleurs dans les cerisiers, la promesse d’une belle floraison de la glycine, et aussi, et même surtout, les premières hirondelles, qui arrivent peu à peu :

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Une hirondelle en Charente-Maritime, 1er avril 2018

Protocole commotion pour le pic épeiche

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg
Photo réalisée au Danemark au printemps 2015