Protocole commotion pour le pic épeiche

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg

Photo réalisée au Danemark au printemps 2015

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C’était dans le journal … le 10 août 1917

La guerre fait faire des bonds gigantesques à l’industrie aéronautique. De nouveaux usages apparaissent (l’avion n’est donc plus seulement un largueur de bombes), qui trouveront rapidement un usage civil. Et donc, rapporte Excelsior, des Californiens sont, en cet été 1917, en train de tester l’ancêtre assez lointain du Canadair, c’est-à-dire l’avion-pompier. Néanmoins, il ne s’agit pas ici d’un bombardier d’eau mais d’un avion transportant les pompiers et leur matériel. Cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte :

 

Un joli costume pour le mariage

tournepierreP1110457.jpgDe loin, j’ai cru voir des bécasseaux. Le vol est quasiment le même, la taille est à peine supérieure, et puis, il est tellement habituel de voir des bécasseaux sur l’île d’Oléron qu’on s’y attend forcément.
La balade avait lieu sur le port de La Cotinière. Les fameux oiseaux crapahutaient, pour les uns, au ras de l’eau, pour les autres sur les chalutiers, cherchant alors pitance sur les filets.

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C’est en y regardant de plus près qu’il parut évident que de bécasseau il n’y avait point. Le plumage tout d’abord, chamarré et aux couleurs chaudes comme un pelage : l’oiseau a un petit côté peluche assez sympathique. En gambadant sur le site oiseaux-birds.com, j’appris que c’était un plumage saisonnier et réservé aux mâles puisqu’il s’agit d’un plumage nuptial.

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Mais au fait, si bécasseau ce n’est point, qu’est-ce donc ? il s’agit du tournepierre à collier, un opportuniste niveau tambouille, qui cherche donc un peu partout de quoi satisfaire son appétit, y compris en soulevant pierres et algues, d’où son nom. Et ça, le bécasseau, pourtant aussi limicole que le tournepierre, ne sait pas faire. De même, le bécasseau garde la tête rentrée dans les épaules alors que le tournepierre peut fort bien la dresser pour voir au loin.

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Photos prise à La Cotinière (île d’Oléron) en avril 2017

C’était dans le journal … le 25 avril 1917

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

Le pire est donc arrivé

C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.

Les cow-boys et les Indiens

L’histoire se passe dans le nord des Etats-Unis, plus précisément dans l’Etat du Dakota du Nord, où une tribu sioux se bat pour ce que, en France, nous appelons une ZAD : Zone à Défendre. Ce nord lointain est le point de départ d’un oléoduc devant acheminer du pétrole jusque dans l’Illinois, à 1900 km de là.
L’oléoduc est peut-être plus sûr que le train pour transporter le pétrole, mais le tuyau peut percer, c’est même assez inévitable sur une telle longueur, et tant pis pour la nappe phréatique, le riz sauvage qui pousse dans le coin et les aigles locaux.
La tribu sioux est furax contre ce gros tuyau de 76 cm de diamètre répondant au doux nom de « Dakota Access », d’autant plus que ledit tuyau doit passer sur une terre qui a été volé aux Sioux en 1958. A cela s’ajoute le fait que le tuyau passe sur des terres sacrées indiennes, notamment des lieux de sépulture. Dire qu’ils ont l’affaire en travers de la gorge est un euphémisme.
Outre les Sioux, 18 millions de personnes sont concernées par le passage de l’oléoduc, puisque celui-ci doit franchir une rivière qui serait fortement et durablement impactée en cas de fuite.
Dans l’espoir de faire cesser les travaux et de voir le projet abandonné, une pétition a été lancée : elle a, à ce jour, recueilli plus de 300 000 signatures. Des stars apportent aussi leur soutien, notamment Leonardo di Caprio : un joli nom et une jolie gueule, ça aide à médiatiser l’affaire. Les zadistes ont même reçu des soutiens venus d’Europe, d’Asie et d’Australie, mais cela n’a pas empêché les pelleteuses d’entrer en action sur les terres sacrées samedi dernier. Tout ça pour du pétrole. Les vigiles chargés de garder le chantier ont lâché les chiens contre les opposants au projet.
L’affaire a rebondi hier : les travaux sont suspendus à la demande des politiques. Les tribus sioux devraient être consultées. Dans l’immédiat, la vigilance reste néanmoins de mise.

Source : Reporterre