C’était dans le journal … le 25 avril 1917

À force de voir leurs bateaux coulés par les sous-marins allemands, les Américains ont fini par craquer. Le vieil isolationnisme (la doctrine Monroë date de 1823) semble avoir vécu, et le président Wilson déclare la guerre à l’Allemagne le 6 avril 1917. Déclarer la guerre est une chose, la faire en est une autre. La préparation prend un peu de temps : les premiers soldats débarqueront en Europe en juillet, sans pour autant partir aussitôt au combat. C’est qu’une guerre, ça se prépare. Il faut trouver des hommes, en faire des soldats, et pour cela les entraîner au maniement des armes. C’est justement ce que présente L’Excelsior en ce mercredi 25 avril 1917 (cliquez sur l’image pour la voir en grand et dans son contexte, et donc comprendre avec quoi les futurs soldats s’initient à l’art de la guerre) :

 

La chansonnette [1]

Jean-Louis Foulquier
« Et dans l’air flottait ton parfum »
1977

Les visites dans la mine d’or qu’est le site de l’INA apportent toujours leur lot de surprises, lot qui fait qu’on y retourne le lendemain, c’est addictif. Et donc, pas plus tard qu’il y a cinq minutes, je suis tombée sur une émission de 1977, diffusée en plein après-midi pour les femmes au foyer, c’était encore un peu la mode à l’époque. L’émission s’appelait « Aujourd’hui madame ». Sur le plateau : que des nénettes, à deux hommes près. Ces dames ont le look réel ou supposé de leurs téléspectatrices : c’est normal, certaines sont des téléspectarices. La première qui s’exprime porte queue de cheval et cardigan violet, elle déboule en direct du XVe arrondissement de Paris. Cette dame, sous des abords gentillets, tacle l’artiste invité au niveau du genou. Il est vrai que sa chansonnette ne casse pas trois pattes à un canard, mais après tout, son auteur et interprète est avant tout homme de radio. Le quidam ainsi visé est Jean-Louis Foulquier, pas si à l’aise au milieu de cette rangée de femmes bien alignées sur leurs chaises. Et, en direct, il chante sa bluette.  Le player du site de l’INA faisant des siennes (c’est habituel), vous pouvez retrouvez la chanson en question sur YouTube et retrouver l’extrait de l’émission en cliquant ici :

C’était dans le journal … le 18 avril 1917

La classe 18 (c’est-à-dire les jeunes gens qui auront vingt ans en 1918) vient d’être appelée : des ados de 19 ans vont partir en guerre. L’objectif, comme le rappelle une caricature parue dans L’Echo de Paris, est toujours le même (cliquez sur l’image pour la voir dans son contexte original, et surtout en plus grand) :

Et puis, mais on n’ose pas le dire dans les journaux, il y a un autre objectif : revenir vivant. Et entier.

Roubaix, cité tauromachique

C’est une affiche dénichée par hasard qui a récemment attiré mon attention : cliquez ici pour voir de quoi il retourne.
Nous sommes à Roubaix à la toute fin du XIXe siècle, donc dans une région fort éloignée des traditions tauromachiques, celles-ci étant davantage l’apanage du sud du pays, en particulier d’une partie du sud-ouest. Mais à la fin du XIXe siècle, la mode est aux espagnolades, celle-ci dépassant le cadre folklorique un peu cucul de la paella dominicale et des castagnettes. Les Roubaisiens se prennent de passion pour le pack « Espagne » complet, donc avec corrida. C’est ainsi que des taureaux et des toréros guerroient dans un torodrome à partir de 1899, ledit torodrome ayant été construit tout exprès pour ce nouveau loisir, six ans après le début des premiers combats. Des toreros et matadors, et parmi les meilleurs, font le déplacement depuis l’Espagne pour assurer le spectacle devant une foule particulièrement nombreuse : le torodrome pouvait accueillir jusqu’à 10 000 spectateurs.
Néanmoins, ce passe-temps sanglant attira de vives critiques de la part d’une frange non négligeable de la population : en 1904, le torodrome est détruit, mais les combats continuent jusqu’à la veille de la Grande Guerre, la dernière lutte ayant lieu le lundi 15 juin 1914 dans le vélodrome de la ville.

Sources : Archives Départementales du Nord et Bibliothèque Numérique de Roubaix

C’était dans le journal … le 15 mars 1917

La guerre a pour effet bien connu le ralentissement du commerce. Les importations de canne à sucre étant fortement ralenties, des raffineries doivent fermer. Il faut donc se serrer la ceinture sur le sucre : une carte de rationnement spécialement dédiée à ce produit est mise en place à la fin du mois de février 1917 (modèle ici).
Rebondissant sur cette instauration de la « carte de sucre », Le Siècle rapporte une anecdote dont les fondements me semblent fantaisistes : il s’agit du sucre « à la mode de Bretagne ». Il est ainsi mentionné une coutume peu ragoutante (et probablement fausse, mais les journaux parisiens aiment se gausser des mœurs des terres exotiques) : lorsque le sucre manque dans les maisons bretonnes, on en pend un morceau au bout d’un fil, au-dessus de la table. Lorsque l’on veut sucrer un met quelconque, on lèche le sucre puis on le passe à son voisin. Bon appétit !

 

Et elle fut nommée « Côte d’Argent » …

p1090500Nous sommes en 1905. Le journaliste bordelais Maurice MARTIN propose que le littoral qui s’étend de Royan jusqu’au Pays Basque porte le nom de « Côte d’Argent ». C’est d’ailleurs pour cela que l’homme est connu, alors que ses étude de commerce et ses débuts dans le négoce du vin le destinaient à une toute autre forme de célébrité, du moins a priori.
Le fait de donner une couleur aux côtes françaises est alors dans l’air du temps : c’est la Côte d’Azur qui a ouvert le feu en 1887, suivie de la sublimissime Côté d’Emeraude en 1894.
Cette appellation couvre aujourd’hui une zone plus petite qu’en 1905 : la région de Royan se nomme Côte de Beauté depuis 1931, quant à la Côte Basque, elle se nomme … Côte Basque !
En déambulant du côté du Bassin d’Arcachon aujourd’hui, alors que la marée avait apporté le presque beau temps pour le reprendre à peine six heures plus tard, j’ai bien compris que cette expression de Côte d’Argent était pertinente. La luminosité était telle que même le nom de Côte de Mercure aurait pu être adéquat, mais c’est sans doute moins glamour.

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Source : Wikipédia
Photos : Bassin d’Arcachon, 28/01/17

C’était dans le journal … le 10 janvier 1917

Bien que la presse soit libre en France depuis 1881, les temps de guerre ont vu cette liberté se restreindre fortement, et les ciseaux d’Anastasie reprendre du service. Dans les journaux, pendant la Première Guerre Mondiale, il était donc fréquent de voir un rectangle blanc là où un article déplaisant aurait du prendre place. Plus rares sont les articles censurés seulement en partie, dont on ne peut donc lire que des bribes aseptisées. C’était néanmoins le cas en dernière page de L’Humanité le mercredi 10 janvier 1917 :