C’était dans le journal … le 4 avril 1918

Hier soir, au dîner, on a fait risotto. C’est bon le risotto, et ce n’est pas nouveau : déjà, pendant la Première Guerre mondiale, et même hors d’Italie, on appréciait cette manière de consommer le riz. J’en ai d’ailleurs trouvé une recette à la dernière page de L’Intransigeant, un rizotto (avec un « z ») à la mode de Parme :

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Certes, le riz est ordinaire, mais le principe est grosso modo celui que j’emploie encore aujourd’hui, du moins au départ, préférant toutefois le bouillon à la simple eau chaude. Mais, en temps de guerre, on faisait avec ce que l’on avait.
C’est le mode de cuisson qui m’a étonnée : il est question d’une caisse norvégienne, dont j’apprends en trainant sur Wikipédia qu’elle s’appelle aussi « marmite » norvégienne, quoique n’ayant pas forcément la forme d’une marmite, et n’étant peut-être même pas d’origine norvégienne. Mais qu’importe. C’est le principe, très ancien, qui est intéressant, car il est fort bien adapté à la pénurie de charbon, banale pendant la guerre, qui incite la ménagère à faire quelques économies d’énergie.
La fameuse caisse, ou marmite, est un récipient isotherme dans lequel on place la casserole bien chaude. Une fois hermétiquement fermée, la caisse permet de poursuivre la cuisson sans dépenser davantage d’énergie. C’est un très vieux système, qui a néanmoins été remis au gout du jour assez récemment, notamment par des ONG soucieuses de limiter la consommation d’énergie. On peut, en outre, la fabriquer soi-même : méthode et mode d’emploi en cliquant ici.

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C’était dans le journal … le 30 septembre 1917

Il y a cent ans, les femmes étaient déjà (et le sont plus malheureusement encore aujourd’hui) victimes des stéréotypes masculins concernant leur corps. Une femme, une vraie, ne peut décemment « avoir une poitrine plate » sans se sentir profondément humiliée. Une femme, une vraie, ne doit pas  » avoir un visage de femme sur un corps d’homme ». Bref, une femme, une vraie, doit avoir de bons gros lolos, une poitrine qui jaillit du buste façon obus (et pas seulement parce-que c’est la guerre), elle doit posséder « une gorge ronde et belle ». Mais, comme le rappelle cette publicité publiée en quatrième page du Petit Journal, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut donc ruser, et payer : en échange d’ « un timbre à 15 centimes », les femmes intéressées par un gonflement mammaire recevront « tous les renseignements par retour du courrier ». La messe doit être dite « en trente jours » et la méthode est discrète : « elle peut facilement employer cette méthode dans l’intimité de son intérieur sans que ses amies les plus intimes s’en doutent ». Il ne s’agit pas, en effet, que quelques chipies aillent cafter la tricherie. Quant au contenu de la recette miracle, cela reste un mystère : c’est « la Providence », et elle seule, qui permit à l’auteur de la pub (de l’arnaque ?) de « développer [son] buste de 15 cm en 30 jours ».

14 juillet – 15 août : la France en vacances [8]

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Grimper, tel est son destin

grimpereauLe grimpereau porte bien son nom : il grimpe inlassablement au tronc des arbres, en dessinant une sorte de spirale, puis il redescend rapidement, puis remonte, s’arrêtant de-ci de-là pour farfouiller dans les interstices de l’écorce à la recherche de nourriture : il a le bec ad hoc, suffisamment fin et recourbé pour rapporter la substantifique pitance.
Le grimpereau est relativement courant dans les jardins et les parcs, et pourtant il est difficile à voir du premier coup. Son plumage se confond avec l’écorce des arbres et ses incessants mouvements le rendent insaisissable.
Son aisance en escalade est liée à une particularité qu’il partage avec les oiseaux de la famille des pics, beaucoup plus grands que lui : la queue rigide, sur laquelle il prend appui pour grimper le long des troncs. C’est aussi dans les troncs qu’il fait son nid, dès lors que ledit tronc présente une cavité suffisante, souvent une simple anfractuosité voire une écorce soulevée, en général à trois ou quatre mètres du sol.

Source : oiseaux.net
Photos : Jardin Public de Bordeaux, mai 2016

Et si on causait spam et autres truanderies …

Les mails sournois qui veulent te piquer ton blé font leur retour. Pour preuve, celui-ci, que je viens de recevoir et qui provient soi-disant d’Orange :

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Exceptionnellement, je ne repère pas d’emblée les indices classiques de l’arnaque, et pourtant il y en a (une faute d’accord, le verbe « refrer » qui sort d’on ne sait d’où, …), mais sans la police « comic sans » des habituelles arnaques, ça a l’air propre. Ça sent un peu fort quand même.
Creusons donc un peu l’affaire et cliquons sur le lien :

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Là encore, ça semble clair, propre, le code couleur est respecté. Mais on me demande quand même, sinon ce ne serait pas rigolo, d’indiquer les références d’une carte bancaire en cours de validité, alors que le prélèvement se fait à partir d’un bon vieux RIB, à l’ancienne.
Et bien sûr, c’est la barre d’adresse qui garantit une fois de plus la belle escroquerie :

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J’ignorais, en effet, qu’Orange émettait ses mails depuis l’Allemagne … Quand au terme « mantrailing », au début de l’adresse, il n’a rien à voir avec les télécommunications : il s’agit d’entrainer un chien à suivre une piste grâce à son flair.
Voilà voilà. Comme on disait autrefois : à bon entendeur, salut ! Portez vous bien et tentez de ne pas vous faire arnaquer.

Des nouvelles du jardin [2]

Hier, j’avais promis une note sur les herbes qui se mangent et les tomates : chaque chose en son temps, ces plantes seront évoquées en début d’été. En attendant, je reviens sur les aventures de l’abricotier.
Souvenez-vous : le très jeune arbre, tout petit nouveau de la classe, avait vu ses premiers fruits menacés par une merlette ayant bon goût. J’avais donc protégé l’arbre, en l’emballant à la va-vite avec du voile d’hivernage. Le doute me taraudait : et si le voile en question bloquait trop la lumière ? et si les abricots ne s’en remettaient pas ?
Toujours est-il que la merlette resta fort interloquée face à la toile blanche immaculée qui recouvrait le fruit promis, façon robe de mariée qui … oups … pardon…
Ce soir, le voile fut ôté. Les abricots nous tombèrent presque tous dans les mains sans rechigner, sauf trois qui feront le délice de notre merlette : elle l’a bien mérité, elle qui, hier, a tourné en tout sens pour comprendre où étaient passés les abricots.
Au final, nous ne sommes point mécontents de notre toute première récolte. Certes, c’est encore modeste, mais il faut un début à tout.

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Des nouvelles du jardin [1]

jardinPassons sur le chèvrefeuille et la glycine qui poussent très très vite sans aucun soin de notre part (à part quelques parcimonieuses gouttes d’eau au pied du chèvrefeuille quand il fait chaud). Passons aussi sur les roses trémières et les belles du nuit, qui pullulent, et sur la menthe et la sarriette carrément envahissantes.
En cette toute fin de printemps, je préfère m’arrêter sur le petit nouveau : l’abricotier, planté à l’automne, voit ses premiers fruits commencer à mûrir (photo du haut). On distingue bien les fesses rouges naissantes de l’abricot « Roussillon » en formation. La merlette les as bien vues aussi, à tenter de s’en saisir et à provoquer mon ire : de ce juste courroux naquit une protection immédiate dudit abricotier, avec moyens du bord.
Juste en dessous, vous pouvez distinguer deux iris clandestins, qui tentent leur chance dans les belles de nuit. La chose ne sera ni simple ni pour cette année. Dans la famille des plantes clandestines, il y a aussi des jeunes pieds de tomates un peu partout.
Au milieu de la colonne de photos, c’est du céleri branche. De minuscules pousses offertes par un ami. Ça pousse doucement mais sûrement.
Juste en dessous : le laurier rose. En pleine forme malgré son jeune âge, son exposition plein nord et son attaque méthodique de pucerons (élevés par des fourmis, souvenez-vous). Nous avons shooté le tout au bicarbonate de soude, l’élevage semble moins prolifique.
Au final : l’habituel hortensia, qui parfois, par le manque d’eau, a la mine basse. Un seau de flotte et ça repart, les fleurs d’un rose bien pétant redressent le nez.
Dans un prochain épisode, nous évoquerons plus amplement les herbes aromatiques et, bien sûr, mes idoles, mes chouchoutes : les tomates.