C’était dans le journal … le 4 avril 1918

Hier soir, au dîner, on a fait risotto. C’est bon le risotto, et ce n’est pas nouveau : déjà, pendant la Première Guerre mondiale, et même hors d’Italie, on appréciait cette manière de consommer le riz. J’en ai d’ailleurs trouvé une recette à la dernière page de L’Intransigeant, un rizotto (avec un « z ») à la mode de Parme :

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Certes, le riz est ordinaire, mais le principe est grosso modo celui que j’emploie encore aujourd’hui, du moins au départ, préférant toutefois le bouillon à la simple eau chaude. Mais, en temps de guerre, on faisait avec ce que l’on avait.
C’est le mode de cuisson qui m’a étonnée : il est question d’une caisse norvégienne, dont j’apprends en trainant sur Wikipédia qu’elle s’appelle aussi « marmite » norvégienne, quoique n’ayant pas forcément la forme d’une marmite, et n’étant peut-être même pas d’origine norvégienne. Mais qu’importe. C’est le principe, très ancien, qui est intéressant, car il est fort bien adapté à la pénurie de charbon, banale pendant la guerre, qui incite la ménagère à faire quelques économies d’énergie.
La fameuse caisse, ou marmite, est un récipient isotherme dans lequel on place la casserole bien chaude. Une fois hermétiquement fermée, la caisse permet de poursuivre la cuisson sans dépenser davantage d’énergie. C’est un très vieux système, qui a néanmoins été remis au gout du jour assez récemment, notamment par des ONG soucieuses de limiter la consommation d’énergie. On peut, en outre, la fabriquer soi-même : méthode et mode d’emploi en cliquant ici.

C’était dans le journal … le 30 septembre 1917

Il y a cent ans, les femmes étaient déjà (et le sont plus malheureusement encore aujourd’hui) victimes des stéréotypes masculins concernant leur corps. Une femme, une vraie, ne peut décemment « avoir une poitrine plate » sans se sentir profondément humiliée. Une femme, une vraie, ne doit pas  » avoir un visage de femme sur un corps d’homme ». Bref, une femme, une vraie, doit avoir de bons gros lolos, une poitrine qui jaillit du buste façon obus (et pas seulement parce-que c’est la guerre), elle doit posséder « une gorge ronde et belle ». Mais, comme le rappelle cette publicité publiée en quatrième page du Petit Journal, ce n’est pas donné à tout le monde. Il faut donc ruser, et payer : en échange d’ « un timbre à 15 centimes », les femmes intéressées par un gonflement mammaire recevront « tous les renseignements par retour du courrier ». La messe doit être dite « en trente jours » et la méthode est discrète : « elle peut facilement employer cette méthode dans l’intimité de son intérieur sans que ses amies les plus intimes s’en doutent ». Il ne s’agit pas, en effet, que quelques chipies aillent cafter la tricherie. Quant au contenu de la recette miracle, cela reste un mystère : c’est « la Providence », et elle seule, qui permit à l’auteur de la pub (de l’arnaque ?) de « développer [son] buste de 15 cm en 30 jours ».

14 juillet – 15 août : la France en vacances [8]

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Grimper, tel est son destin

grimpereauLe grimpereau porte bien son nom : il grimpe inlassablement au tronc des arbres, en dessinant une sorte de spirale, puis il redescend rapidement, puis remonte, s’arrêtant de-ci de-là pour farfouiller dans les interstices de l’écorce à la recherche de nourriture : il a le bec ad hoc, suffisamment fin et recourbé pour rapporter la substantifique pitance.
Le grimpereau est relativement courant dans les jardins et les parcs, et pourtant il est difficile à voir du premier coup. Son plumage se confond avec l’écorce des arbres et ses incessants mouvements le rendent insaisissable.
Son aisance en escalade est liée à une particularité qu’il partage avec les oiseaux de la famille des pics, beaucoup plus grands que lui : la queue rigide, sur laquelle il prend appui pour grimper le long des troncs. C’est aussi dans les troncs qu’il fait son nid, dès lors que ledit tronc présente une cavité suffisante, souvent une simple anfractuosité voire une écorce soulevée, en général à trois ou quatre mètres du sol.

Source : oiseaux.net
Photos : Jardin Public de Bordeaux, mai 2016

Et si on causait spam et autres truanderies …

Les mails sournois qui veulent te piquer ton blé font leur retour. Pour preuve, celui-ci, que je viens de recevoir et qui provient soi-disant d’Orange :

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Exceptionnellement, je ne repère pas d’emblée les indices classiques de l’arnaque, et pourtant il y en a (une faute d’accord, le verbe « refrer » qui sort d’on ne sait d’où, …), mais sans la police « comic sans » des habituelles arnaques, ça a l’air propre. Ça sent un peu fort quand même.
Creusons donc un peu l’affaire et cliquons sur le lien :

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Là encore, ça semble clair, propre, le code couleur est respecté. Mais on me demande quand même, sinon ce ne serait pas rigolo, d’indiquer les références d’une carte bancaire en cours de validité, alors que le prélèvement se fait à partir d’un bon vieux RIB, à l’ancienne.
Et bien sûr, c’est la barre d’adresse qui garantit une fois de plus la belle escroquerie :

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J’ignorais, en effet, qu’Orange émettait ses mails depuis l’Allemagne … Quand au terme « mantrailing », au début de l’adresse, il n’a rien à voir avec les télécommunications : il s’agit d’entrainer un chien à suivre une piste grâce à son flair.
Voilà voilà. Comme on disait autrefois : à bon entendeur, salut ! Portez vous bien et tentez de ne pas vous faire arnaquer.

Des nouvelles du jardin [2]

Hier, j’avais promis une note sur les herbes qui se mangent et les tomates : chaque chose en son temps, ces plantes seront évoquées en début d’été. En attendant, je reviens sur les aventures de l’abricotier.
Souvenez-vous : le très jeune arbre, tout petit nouveau de la classe, avait vu ses premiers fruits menacés par une merlette ayant bon goût. J’avais donc protégé l’arbre, en l’emballant à la va-vite avec du voile d’hivernage. Le doute me taraudait : et si le voile en question bloquait trop la lumière ? et si les abricots ne s’en remettaient pas ?
Toujours est-il que la merlette resta fort interloquée face à la toile blanche immaculée qui recouvrait le fruit promis, façon robe de mariée qui … oups … pardon…
Ce soir, le voile fut ôté. Les abricots nous tombèrent presque tous dans les mains sans rechigner, sauf trois qui feront le délice de notre merlette : elle l’a bien mérité, elle qui, hier, a tourné en tout sens pour comprendre où étaient passés les abricots.
Au final, nous ne sommes point mécontents de notre toute première récolte. Certes, c’est encore modeste, mais il faut un début à tout.

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Des nouvelles du jardin [1]

jardinPassons sur le chèvrefeuille et la glycine qui poussent très très vite sans aucun soin de notre part (à part quelques parcimonieuses gouttes d’eau au pied du chèvrefeuille quand il fait chaud). Passons aussi sur les roses trémières et les belles du nuit, qui pullulent, et sur la menthe et la sarriette carrément envahissantes.
En cette toute fin de printemps, je préfère m’arrêter sur le petit nouveau : l’abricotier, planté à l’automne, voit ses premiers fruits commencer à mûrir (photo du haut). On distingue bien les fesses rouges naissantes de l’abricot « Roussillon » en formation. La merlette les as bien vues aussi, à tenter de s’en saisir et à provoquer mon ire : de ce juste courroux naquit une protection immédiate dudit abricotier, avec moyens du bord.
Juste en dessous, vous pouvez distinguer deux iris clandestins, qui tentent leur chance dans les belles de nuit. La chose ne sera ni simple ni pour cette année. Dans la famille des plantes clandestines, il y a aussi des jeunes pieds de tomates un peu partout.
Au milieu de la colonne de photos, c’est du céleri branche. De minuscules pousses offertes par un ami. Ça pousse doucement mais sûrement.
Juste en dessous : le laurier rose. En pleine forme malgré son jeune âge, son exposition plein nord et son attaque méthodique de pucerons (élevés par des fourmis, souvenez-vous). Nous avons shooté le tout au bicarbonate de soude, l’élevage semble moins prolifique.
Au final : l’habituel hortensia, qui parfois, par le manque d’eau, a la mine basse. Un seau de flotte et ça repart, les fleurs d’un rose bien pétant redressent le nez.
Dans un prochain épisode, nous évoquerons plus amplement les herbes aromatiques et, bien sûr, mes idoles, mes chouchoutes : les tomates.

C’était dans le journal … le 9 juin 1915

Parce-qu’il faut bien nourrir les hommes partis au front, parce-qu’une partie du cheptel a disparu suite à la guerre, parce-que les campagnes sont parfois délaissées (femmes aux champs, mais aussi à l’usine, qui va traire les vaches ?), parce-que des petits malins spéculent sur les prix des denrées alimentaires, parce-que c’est donc la guerre, le prix de la viande a fortement augmenté en France en 1915. À tel point que les élus s’en émeuvent : le 4 juin, le conseil municipal de Reims analyse la situation, et conclut que c’est bien la livraison de viande aux armées qui crée la rareté (et donc le coût élevé) sur les marchés. Trois semaines plus tôt, le ministre de l’Agriculture a même fait adopter par la Chambre des députés un projet de loi visant à autoriser l’importation de viandes surgelées venant du continent américain (d’après Jean-Yves Le Naour).
Capture d’écran 2015-06-09 à 16.54.56Il n’est donc pas étonnant que la presse et les lecteurs de celle-ci s’émeuvent de cette hausse des prix. Dans son numéro du mercredi 9 juin 1915, Le Petit Journal publie la lettre d’un « boucher, retiré des affaires », qui a sa propre analyse du problème. Selon ce monsieur, la faute en revient aux ménagères, du moins à celles « qui ne connaissent qu’une chose, faire vite et ne pas faire la cuisine ». Air connu … Ces dames, plutôt que de mitonner de bons petits plats avec les moyens du bord seraient donc tentées d’acheter des morceaux nobles (donc hors de prix), qui ne nécessitent qu’un peu de cuisson pour être savoureux. Notre boucher vante alors les « morceaux de basse qualité » car « il y en a de bons ». Il conseille aux ménagères de se lancer dans la cuisine du pot-au-feu, qui permet d’avoir une bonne soupe en plus de la viande et des légumes. S’en suit toute une série de prix, montrant de manière plus ou moins habile que si madame se ruine en faisant les courses, c’est de sa faute : « si les ménagères savaient s’arranger, elles y trouveraient de l’économie et vivraient même mieux ». Bref, bobonne est sotte ! … mais pas le boucher du coin : « s’il ne vend pas sa basse boucherie, il est obligé de vendre plus cher les premiers morceaux ».

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Photo de pot-au-feu : wikipédia

Tenue de camouflage pour composteur

La boite à compost, c’est tip-top. D’abord, ça te permet de réduire de manière importante le volume de tes déchets, puisque tout ce qui est végétal (ainsi que coquilles d’œufs et marc de café) finit in the box et non plus dans la poubelle. Ensuite parce-que, les petits vers faisant bien leur boulot, tu récupères une terre bien riche bien bonne pour tes plantes. Les tomates vont bien, merci. Les poivrons, piments et herbes aromatiques aussi.
Mais parfois, on peut se dire que la boite, cette brave caisse en bois, n’est pas bien jolie. Et c’est là que le hasard fait bien les choses : parmi les déchets du jardinage délicatement versés dans la boite, il y avait des graines de belles de nuit, qui ont germé, poussé puis fleuri entre les lattes de bois :

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La chenille fait le printemps … au mois d’août

chenilles P1380043Je débute en jardinage. Je tâtonne, j’hésite, j’expérimente, j’observe. Et, parfois, je me laisse un peu dépasser par les événements, trop confiante dans le cycle immuable des saisons et dans dame nature. Exposons la chose en détail : nous sommes dans la seconde quinzaine d’août, et le pommier décoratif nous offre une deuxième floraison. Dans le même temps, la glycine nous offre sa troisième, la deuxième ayant eu lieu il y a à peine plus d’un mois. Est-ce bien normal tout ça ?
Pour la glycine, j’ai lu sur je ne sais plus quel site web qu’une deuxième floraison n’était pas rare. Soit. Mais pour les autres manifestations jardinières, qu’en est-il ? et si c’était la faute des chenilles ? En quelques semaines, au début de l’été, le jardin a été envahi (le mot n’est pas trop fort) de chenilles velues et voraces (photo ci-contre à droite). Nous pommier bouffé P1380980avons tardivement réagi, laissant à ces bêtes tout loisir pour boulotter vitesse grand V les feuilles de la glycine et celle du pommier (photo ci-contre à gauche), transformant le tout en dentelle, tout en épargnant (et vous m’en voyez ravie) la clématite, le lilas, les tomates et le basilic.
Fin juillet, à la veille de partir en vacances, nous avons procédé à une extermination manuelle des chenilles, c’était beurk, mais la survie de deux arbres du jardin en dépendait. L’opération beurk s’est poursuivie jusqu’à il y a une dizaine de jours, mais dans de moindres proportions. J’ignore si cette fin d’attaque des chenilles y est réellement pour quelque chose, mais toujours est-il que le pommier refait des feuilles, des belles bien vertes (on peut en apercevoir sur la photo ci-contre à gauche, près des feuilles grignotées). Plus fort encore, il refait aussi des fleurs, alors que les pommes sont déjà en train de mûrir et feront bientôt le délice des oiseaux :

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Idem pour la glycine, qui a aujourd’hui près d’une dizaine de grappes fleuries et qui, elle aussi, fait pousser plein de jolies feuilles tendres, comme au printemps :

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Il y a une asperge dans le poireau

Disons-le d’emblée : en pur produit du bitume, je n’aurais jamais pensé qu’il puisse y avoir une asperge dans un poireau. Ce sont donc les conseils avisés du maraîcher de l’amap qui m’ont permis de faire cette découverte. Qu’il en soit remercié.
Lorsque le poireau arrive en fin de saison, il monte. Il veut fleurir, le bougre : le printemps, c’est la saison des amours pour les légumes aussi. Une tige très dure et a priori immangeable se forme à l’intérieur dudit poireau. On peut facilement retirer cette tige, cuisiner le reste du poireau comme d’habitude, et en rester là, en ayant sottement jeté la fameuse tige.
Cette tige, m’apprit mon maraîcher, est surnommée « asperge du pauvre ». On peut en effet, et c’est fort goûteux, la peler et la cuire exactement comme une asperge (ma préférence va vers la cuisson à la vapeur). Le résultat est extraordinaire, même si le goût n’est ni celui de la vraie asperge (on s’en serait douté), ni non plus celui du poireau. Nous l’avons dégustée avec bonheur et une vinaigrette, et on en redemande dans les paniers qui viennent.

Voilà pourquoi je ne mange jamais d’huîtres hors de la zone de production

Un peu long, ce titre. Du coup, plus rien à écrire derrière. Si ce n’est que, outre pour la fraîcheur du produit et le goût, j’ai trouvé à Marseille une raison essentielle me poussant à me passer d’huîtres lorsque je suis loin de leur zone de production : le prix. Certes, il s’agit apparemment de « spéciales », plus chères que les fines de claires (or je préfère ces dernières, plus iodées et moins grasses), mais quand même … Un prix quasiment multiplié par deux, ça laisse pantois :

Je sucre les carottes

Certains sucrent les fraises, au sens propre ou au sens figuré, moi, ma marotte, c’est de sucrer les carottes. Manière la plus simple, chopée à madame maman, qui touche sa bille question cuisine, la carotte au sucre classique :

  1. tu débites tes carottes en rondelles plus ou moins épaisses selon ton humeur et le temps que tu as devant toi avant de passer à table,
  2. tu fais revenir tes rondelles de carottes dans un bon morceau de beurre, tu poivres, tu saupoudres généreusement de sucre en poudre, tu ajoutes éventuellement deux ou trois clous de girofle,
  3. tu recouvres d’eau, juste à niveau,
  4. tu cuis à couvert … ou pas ! mais dans ce dernier cas, ta surveillance doit être sans relâche.

Deuxième possibilité, très paresseuse, testée ce midi avec un magret grillé, les carottes al dente hyper-sucrées :

  1. comme précédemment, tu fais revenir tes carottes dans un gros morceau de beurre,
  2. tu remplaces le sucre par deux ou trois cuillères à soupe de confit d’oignon (acheté tout fait),
  3. tu poivres,
  4. tu couvres,
  5. comme il n’y a pas d’eau, les carottes ne cuisent pas totalement, donc restent légèrement al dente, et c’est assez agréable.

What’s new ? [mercredi 6 avril 2011, 18 h 55]

  • L’éolien off-shore n’est ni un gadget ni une nuisance, pas davantage une lubie de baba-cool complaisamment mise à mal par les quelques pro-nucléaires qui restent, mais une solution d’avenir qui mérite d’atteindre l’âge adulte : la filière industrielle s’ancre à Brest (Le Télégramme), terre à la fois ventée et sans (trop) de nucléaire (mais un peu quand même : la centrale de Brennilis n’est toujours pas démantelée).
  • Baisse du pouvoir d’achat (air connu) : le café, le petit plaisir qui va devenir un grand luxe (Rue 89).
  • Il y a quand même deux ou trois petites choses qui s’améliorent dans ce Japon tsunamisé, notamment du côte de l’industrie des loisirs. Ça n’empêchera jamais la centrale de Fukushima de faire pipi dans la mer, mais ça rapportera des sous et ça amusera les enfants : la réouverture de Disneyland Tokyo très fortement attendue (Aujourd’hui le Japon), même s’il va encore falloir attendre un peu, probablement quelques semaines.

—> Illustration de la première info : des éoliennes bien terrestres, photographiées l’été dernier dans la vallée du Rhône, depuis l’autoroute A7, pas bien loin de la centrale nucléaire du Tricastin.

Ne vous inquiétez pas, c’est pas commercial

Coup de fil hier après-midi, alors que je cartographie à ma sauce et à la tablette graphique « l’organisation de la façade atlantique de l’Amérique du Nord » pour des terminales qui seront forcément ébahis par tant de dextérité. Coup de bigo, donc :

— Bonjour, je suis bien chez madame Zappeuse ?
— Oui, bonjour
— Je suis Marie-Odette, de la société Toupourmapomme. Vous aimez recevoir des cadeaux madame Zappeuse ? vous aimez les cadeaux je le sais et monsieur Zappeuse aussi je vous annonce donc madame Zappeuse que votre mari et vous venez de gagner un magnifique cadeau et la possibilité de participer à un tirage au sort qui vous permettra de remporter une magnifique télé écran plat qui fait aussi le café le dimanche matin vous avez bien entre 24 et 78 ans ?
— Euh … oui
— Vous savez madame Zappeuse c’est complètement gratuit vous habitez bien Bordeaux ?
— Euh … presque
—  Je recherche l’adresse la plus proche de votre domicile où vous pourrez venir chercher votre cadeau. Vous savez madame Zappeuse, ce n’est pas commercial, c’est juste publicitaire.

No comment.

What’s new ? [mardi 11 janvier 2011, 19 h 00]

—> Illustration de la première info de cette note : tortues récupérées par le Parc de la Tête d’Or, à Lyon, après que leurs proprios, déçus du bestiau, ont décidé de tâter du cochon d’inde.

What’s new ? [mardi 21 décembre 2010, 20 h 00]

—> Illustration : Berlin, Potsdammer Platz, décembre 2008.

Y’aura-t-il des huîtres à Noël ?

Un titre sur le site web Obiwi attire hier soir mon attention : « Les huîtres Marennes-Oléron absentes de nos menus de fin d’année ». Damned ! La crise est à ce point ? Mais alors comment ce fait-il que les marchands d’huîtres ambulants soient toujours présents à Bordeaux les week-end, et pas seulement ceux du Bassin d’Arcachon ?
La crise de l’huître atteint actuellement un niveau élevé : la mortalité des naissains ayant été particulièrement forte en 2007-2008 (j’en avais parlé ici-même au printemps : clic-clic !), les huîtres aujourd’hui en âge d’être vendues en taille 3 (la plus demandée) se font rares. Dans le bassin de Marennes-Oléron, cette crise a été aggravée par la tempête Xynthia de l’hiver dernier, qui a détruit des cabanes d’ostréiculteurs et surtout envoyé au large des centaines de tables en mer où grandissaient les mollusques. Cette raréfaction du produit, alors que la demande ne tarit pas, a deux conséquences : d’abord son prix augmente, ensuite la bestiole attire des convoitises. Les vols massifs dans les parcs se multiplient, à tel point que sur Oléron, des indications en rouge sur panneaux jaunes vifs bloquent l’accès à certains chemins qui traversent les zones ostréicoles, ou simplement déconseillent d’y circuler la nuit. La surveillance est à la hauteur du manque à gagner pour les ostréiculteurs qui se font tout piller en une nuit. Elle est notamment assurée par des « gardes-jurés », c’est-à-dire des ostréiculteurs qui connaissent le terrain par cœur, collaborent étroitement avec la gendarmerie, et qui sont assermentés. Des vedettes de la gendarmerie peuvent aussi sillonner le plan d’eau et contrôler les cargaisons des embarcations proches des parcs ou qui en reviennent. Les quantités volées à chaque fois sont impressionnantes (l’unité de compte peut être la centaine de kilos), et on retrouve parfois des huîtres de provenance peu évidente, vendues par des gens pas clairement identifiés, sur des marchés éloignés des zones de production : les forces de l’ordre suivent actuellement une piste du côté d’Albi, dans le Tarn.
Donc pas d’huîtres à Noël ? on n’en est pas là, mais effectivement, dans un certain nombre de villes, il va falloir débourser plus cher. Mon ostréicultrice habituelle (que nous surnommons affectueusement Mémé), un personnage haut en couleurs (béret rouge, polaire jaune, et tchatche d’enfer) venant tous les dimanches depuis le Bassin d’Arcachon, mon ostréicultrice, disais-je, garantit une quantité habituelle au prix habituel (4€ la douzaine de n°3). Mais ailleurs ? Sur le bassin de Thau, violemment touché par la bactérie tueuse de naissains, on envisage de passer à 5 ou 6€ la douzaine, toujours pour la même taille. Idem sur Marennes-Oléron, où les Spéciales peuvent monter à 7€.
La période des fêtes de fin d’année est donc tendue chez les producteurs, ceux de Marennes-Oléron effectuant 60% de leurs ventes annuelles pendant cette dernière semaine de décembre. Certains réservent désormais leur production aux restaurants. Si les bactéries qui tuent les naissains continuent de proliférer, il se peut qu’un jour, ce cri poussé dans une pub de 1989, soit un réel cri de désespoir :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

—> Sources :

Le gros bateau qui fabrique les petits bâtons

Samedi dernier, Saint-Malo, bateaux du Rhum et bain de foule sous un ciel bleu à rendre jaloux la Méditerranée. Au bout d’un quai, un énorme chalutier :

Il s’agit du Joseph Roty II, armé par la Compagnie des Pêches de Saint-Malo. Un bateau-usine de 90 mètres de long, sur lequel travaillent 59 marins. Les campagnes de pêche durent cinq semaines, ont lieu d’octobre à juin, et se déroulent à l’ouest du Royaume-Uni et du côté des îles Féroës.  Le matériel ultra-sophistiqué embarqué à bord permet à ce monstre de ne pêcher qu’une seule espèce de poisson dont on ne fabrique qu’un seul produit : le merlan bleu dont on fait le surimi. C’est le seul bateau européen qui réalise la mise en filets de ce poisson puis sa réduction en pâte à surimi directement à bord, après l’avoir sorti de l’eau via d’immenses chaluts, hissés à bord par cette énorme béance à l’arrière du navire :

Plus de 10 000 tonnes de merlan bleu sont pêchées chaque année par ce bateau, à des profondeurs oscillant entre 300 et 600 mètres. Tous les poissons sont un peu plus grand que la taille minimum autorisée, la Compagnie des Pêches de Saint-Malo proposant au final un produit dont 73% des ingrédients sont bio (j’ignorais que cela existait pour le surimi, on en apprend tous les jours : il est peut-être meilleur que l’ordinaire, mais il est aussi 50% plus cher). Ce poisson est bien sûr soumis à des quotas de pêche. Pour l’année 2008, la France était ainsi autorisée à en pêcher un peu plus de 19 000 tonnes (on voit tout de suite que le Joseph Roty II se place ici en tête de la flotte !), soit deux fois moins que le Royaume-Uni ou le Danemark. Il faut néanmoins être vigilant sur le stock : la surpêche n’est pas exclue.
Le surimi est donc, contrairement à ce que l’on entend parfois, un vrai poisson transformé (le merlan bleu, dont les filets sont trop petits pour être commercialisés tels quels), selon une très vieille recette nippone : pas de déchets ou de poissons bas de gamme là-dedans. Cela ne change rien au goût, que je trouve fade et sans intérêt, mais ce n’est pas le sujet.

—> A cliquer :

Diaporam’art # 26

Travaux ménagers

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What’s new ? [mardi 21 septembre 2010, 14 h 45]

  • Il paraît que les jupes rallongent quand les temps sont durs : c’est la théorie de l’ourlet (Café Mode).
  • Les bondieuseries n’ont pas fini de soumettre les populations : en Algérie, deux ouvriers sont ainsi actuellement jugés pour n’avoir pas jeûné pendant le ramadan (Nouvel Obs).
  • L’avenir est en marche sur l’ancien site toulousain d’AZF, pulvérisé en septembre 2001 : un centre de recherches sur le cancer y est actuellement en construction, et devrait entrer en service en 2013 (La Dépêche).

—> Illustration : Yves ALIX, Les vitrines, 1927

What’s new ? [jeudi 12 août 2010, 13 h 05]

—> Illustration : G. DOU, Femme épluchant des carottes, XVIIe siècle.

Diaporam’art # 14

La liste des courses

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What’s new ? [lundi 28 juin 2010, 10 h 50]

—> Illustration : SAÏD, Tangage, 19e siècle.

Une petite entrée légère avec des crevettes dedans

Un essai pas si mal transformé que ça ! J’avais quatre pamplemousses roses, quarante crevettes de belle taille (malheureusement élevées en Equateur, quel gaspillage d’énergie pour venir jusqu’à moi !), et l’envie de mélanger tout ça sans trop bien savoir de quelle manière. Les recettes glanées sur le web me laissaient sur ma faim, proposant invariablement d’assaisonner le tout à la mayo. Pour le côté léger, tu repasseras. Au final, j’ai laissé jouer les hasards du frigo et du placard, et j’ai fait comme ça :

  1. J’ai d’abord dépioté les pamplemousses, en enlevant bien les petites peaux amères entre les quartiers et en prenant soin de garder le jus (ne serait-ce que pour en boire un grand verre en fin de partie, mais j’en ai gardé un peu pour l’assaisonnement).
  2. J’ai demandé à mon keum d’ôter les carapaces des crevettes. On en a conservé 24 et on a débité en morceaux les 16 autres bébêtes.
  3. J’ai découpé, le plus finement que mon couteau et mes gros doigts boudinés le permettent, deux petites branches de céleri et un demi bulbe de fenouil, dont j’avais préalablement enlevé la grosse coque dure.
  4. J’ai râpé grossièrement (à la râpe manuelle, pas au robot) un radis noir préalablement épluché. J’en ai gardé à peu près le quart, et j’ai mélangé le reste à tous les éléments précédents, sauf les crevettes entières.
  5. Vint l’étape de l’assaisonnement, dont les proportions furent, comme d’hab’, pifométriques (mais mon keum et moi avons goûté à chaque étape) : jus de pamplemousse, vinaigre de xérès, huile d’olive, sauce soja, piment d’Espelette, paprika, curry.
  6. On passe au montage, dans des verres à tapas convertis en verrines pour l’occasion : deux crevettes entières au fond du verre, deux ou trois cuillères du mélange bien assaisonné, une crevette sur le dessus pour la déco, ainsi que des copeaux de radis noir.

C’était bon, un peu exotique, et à améliorer peut-être en ajoutant de la pomme râpé (une espèce un peu acide) ou du chou chinois.

Les carottes, ça rend aimable et ça donne les cuisses roses

Ça caille en ce moment, non ? la presse régionale ne titre plus que sur la neige, le verglas et le froid qu’on n’a pas vu comme ça depuis 25 ans (pas faux : il y a 25 ans, la Loire à Nantes a charrié d’énormes glaçons, je n’ai revu cela qu’une seule fois ensuite et c’était joli). Du coup, le réflexe « soupe qui réchauffe » s’impose, de même que les plats mijotés bien hivernaux (ce soir, on fait petit salé aux lentilles, ça vous dit ?). De ce fait, hier soir je me suis jeté dans le panier de carottes et j’ai osé la crème de carottes aux poudres de perlimpimpin :

  1. J’ai d’abord mis à fondre un morceau de beurre d’environ 5 mm d’épaisseur dans la cocotte-minute, à découvert évidemment, et tout doux pour avoir le temps d’éplucher les légumes sans que le beurre brûle sottement.
  2. J’ai mis dans cette gamelle 1 gros oignon coupé en quatre, 8 belles carottes épluchées et coupées en morceaux, deux patates ayant subi le même sort, 5 ou 6 champignons de Paris coupés en deux, et une gousse d’ail dégermée.
  3. J’ai salé avec un peu de vrai gros sel, celui qui vient de l’Atlantique.
  4. C’est à ce moment que les poudres de perlimpimpin entrent en piste : j’ai ouvert le tiroir magique et j’ai pioché presque au hasard. J’ai donc mis du piment d’Espelette, de la cannelle (attention ! faut pas trop se lâcher sur la cannelle, elle a tendance à masquer le goût de ses copines), du cumin et du gingembre.
  5. J’ai couvert d’eau (ça faisait à peine plus d’un demi-litre) et j’ai cuit le tout une vingtaine de minutes dès que le biniou à vapeur s’est mis à faire son petit bruit.
  6. Une fois la cuisson achevée et la vapeur échappée, j’ai ajouté un peu plus d’une grosse cuillère de crème fraiche (disons deux cuillères et n’en parlons plus) et j’ai mixé le tout. Résultat  : quelque chose de joli à regarder (couleur orange pâle, très douce), d’onctueux, et de très sympa au goût, et surtout ça réchauffe.

—> Illustration : un tableau d’ARCIMBOLDO (XVIe siècle)

Une araignée dans le frigo

La gourmandise ne cesse point avec l’arrêt des festivités de fin d’année. Le dernier chocolat avalé (avant le suivant), on pense déjà à déguster de bien bonnes choses. C’est ainsi.
Ayant la chance (via un contrat amap bien choisi) d’être pourvue en poissons directement par un pêcheur du Bassin d’Arcachon, je goûte régulièrement au plaisir de voir passer la sole ou la dorade directement de son bateau à mon congélo, à mon frigo, ou même dans la poêle. Du pêcheur au dégustateur, sans intermédiaire ni bains de glace prolongés pour les bébêtes, je vous promets que le goût y gagne (et ma carte bleue aussi).
Première livraison de 2010 : des animaux préhistoriques plein de pattes, mais d’une grande finesse de chair, à savoir des araignées. Pour la préparation, nous avons suivi les conseils du pêcheur. C’est tout simple, à condition bien sûr d’avoir des araignées vivantes chopées ailleurs que sous un lit ou derrière une armoire :

  1. Il faut d’abord trouver une gamelle de bonne taille : grand faitout ou cocotte-minute sans couvercle par exemple.
  2. On plonge les bêtes dans l’eau froide (c’est important, sinon les pattes se détachent).
  3. On ajoute une bonne grosse poignée de gros sel de mer non raffiné (si possible de Guérande, de Ré ou d’Oléron pour faire bosser les copains), ainsi que des grains de poivre et, selon l’humeur, des herbes et des épices. Nous avons ainsi choisi feuilles de laurier, grains de coriandre, un cube de court-bouillon déjà prêt (notre côté un peu flemmasse le soir après le turbin), des herbes de Provence. On aurait aussi pu ajouter un oignon, un clou de girofle ou même de la badiane.
  4. On met le feu. Il ne faut pas se laisser intimider par l’agitation des pattes lorsque la température monte. Si ton âme est trop sensible à la souffrance des crustacés, tu te mets devant la télé pendant la cuisson, ou alors tu manges autre chose.
  5. Lorsque l’eau frémit, tu laisses cuire un petit quart d’heure, sans que l’eau se mette à bouillir.
  6. Au bout d’un quart d’heure, tu embauches la personne la plus musclée de la maison pour vider la gamelle d’eau. Soit les bestioles tombent dans l’évier, soit elles restent coincées, auquel cas tu t’armes de patience et tu les retires avec les moyens du bord (dans le cas qui nous préoccupe : à la main, protégée par un chiffon spécial pour prendre les plats dans le four, tu visualises ?).
  7. On laisse ensuite refroidir les futurs repas, puis on les place pour une bonne nuit au frigo. Faut bien que ça refroidisse sinon la chair est liquide (la soupe de crabe, c’est une autre recette).
  8. Tu dégustes dans un silence religieux (as-tu raisonnablement le temps de faire autrement ? c’est que c’est du boulot de tout décortiquer avec les couteaux fins, les curettes et le casse-noix), avec une bonne mayo faite maison.

De plus en plus de maigres en Angleterre

Le maigre est un merveilleux poisson gras (donc bon pour la santé), qui grogne sous l’eau la nuit (c’est ainsi que les pêcheurs le repèrent), et qui fait nos délices au four avec du vin blanc sur un doux lit d’oignons, ou simplement poché comme le merlu avec un petit beurre citronné. Le maigre est un poisson fréquent dans l’estuaire de la Gironde, ainsi qu’au large des côtes charentaises : le premier maigre que j’ai goûté venait du port de La Cotinière, sur l’île d’Oléron. Mais au rythme auquel le climat se réchauffe, il se pourrait bien qu’il faille aller plus au nord pour pêcher du maigre, notamment au large des côtes anglaises, tandis que des poissons quasi-tropicaux viennent désormais se faire prendre dans les filets des pêcheurs girondins et charentais, qui parfois restent pantois devant une drôle de bébête qu’ils n’ont pas l’habitude de trouver là voire qu’ils ne connaissent pas.

Petit catalogue de ces nouveaux poissons, qui migrent vers le nord au fur à mesure que la température des eaux de surface monte. En dehors des délicieux poulpes, de quelques soles du Sénégal et de l’excellent saint-pierre, ces poissons ne se mangent pas :

  • la baliste, surnommée « poisson cochon » en Espagne car c’est, tout comme le maigre, un poisson grogneur. Ça mord et ça ne se mange même pas.
  • des requins jusque là inexistants sur nos côtes, comme le requin-marteau.
  • la volumineuse sériole (son poids peut atteindre 100 kg), qui intéresse les pêcheurs sportifs car la bestiole sait se défendre, mais qui embête bien le marin sur son chalutier, parce-qu’il a plus urgent à faire que se battre avec un tel monstre.

A l’inverse, des animaux fréquents ici tendent à frayer plus au nord : on voit ainsi migrer le fameux maigre dont je parlais au début, mais aussi les langoustines qui étaient encore si abondantes du côté de Ré et Oléron il y a une dizaine d’années, et même les anchois, qui ont quasiment disparu, ou les bars, qui passent carrément dans la Manche et dans la Mer du Nord. Le réchauffement climatique, dans le cas de ces disparitions de poissons, n’est qu’un élément d’explication parmi d’autres : la surpêche et la pollution ont bien sûr une responsabilité importante dans cette histoire.

—> Source : Jean-Denis RENARD, La boussole des poissons indique le nord, Sud-Ouest, 1er décembre 2009.

—> Illustration : L’eau, d’ARCIMBOLDO (milieu du XVIe siècle).

What’s new ? [lundi 30 novembre 2009, 21 h 10]

—> Illustration : Le lit, de Henri de TOULOUSE-LAUTREC (fin XIXe siècle et sans couette).

What’s new ? [mardi 3 novembre 2009, 17 h 00]

  • Puisque les abeilles meurent dans les champs, élevons-les en ville : l’apiculture devient une culture urbaine, avec ici l’exemple de Toulouse (20 minutes).
  • Bonne nouvelle … si elle se concrétise : le Bassin d’Arcachon bientôt classé « parc marin » (La Dépêche ; c’est quand même marrant qu’une fois de plus j’apprenne quelque chose concernant la Gironde dans un canard de Toulouse et pas dans Sud-Ouest ; passons …).
  • Puisqu’on nous bassine avec des histoires d’identité nationale, histoire de savoir ce qu’est être français, et bien je vais vous le dire : c’est refuser qu’un de nos fromages à nous, bien crémeux, puissent être fabriqué ailleurs que dans les alpages qui l’ont vu naître. Na! Il faut sauver le Saint-Marcellin (Le Post).