Grimper, tel est son destin

grimpereauLe grimpereau porte bien son nom : il grimpe inlassablement au tronc des arbres, en dessinant une sorte de spirale, puis il redescend rapidement, puis remonte, s’arrêtant de-ci de-là pour farfouiller dans les interstices de l’écorce à la recherche de nourriture : il a le bec ad hoc, suffisamment fin et recourbé pour rapporter la substantifique pitance.
Le grimpereau est relativement courant dans les jardins et les parcs, et pourtant il est difficile à voir du premier coup. Son plumage se confond avec l’écorce des arbres et ses incessants mouvements le rendent insaisissable.
Son aisance en escalade est liée à une particularité qu’il partage avec les oiseaux de la famille des pics, beaucoup plus grands que lui : la queue rigide, sur laquelle il prend appui pour grimper le long des troncs. C’est aussi dans les troncs qu’il fait son nid, dès lors que ledit tronc présente une cavité suffisante, souvent une simple anfractuosité voire une écorce soulevée, en général à trois ou quatre mètres du sol.

Source : oiseaux.net
Photos : Jardin Public de Bordeaux, mai 2016

Et si on causait spam et autres truanderies …

Les mails sournois qui veulent te piquer ton blé font leur retour. Pour preuve, celui-ci, que je viens de recevoir et qui provient soi-disant d’Orange :

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Exceptionnellement, je ne repère pas d’emblée les indices classiques de l’arnaque, et pourtant il y en a (une faute d’accord, le verbe « refrer » qui sort d’on ne sait d’où, …), mais sans la police « comic sans » des habituelles arnaques, ça a l’air propre. Ça sent un peu fort quand même.
Creusons donc un peu l’affaire et cliquons sur le lien :

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Là encore, ça semble clair, propre, le code couleur est respecté. Mais on me demande quand même, sinon ce ne serait pas rigolo, d’indiquer les références d’une carte bancaire en cours de validité, alors que le prélèvement se fait à partir d’un bon vieux RIB, à l’ancienne.
Et bien sûr, c’est la barre d’adresse qui garantit une fois de plus la belle escroquerie :

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J’ignorais, en effet, qu’Orange émettait ses mails depuis l’Allemagne … Quand au terme « mantrailing », au début de l’adresse, il n’a rien à voir avec les télécommunications : il s’agit d’entrainer un chien à suivre une piste grâce à son flair.
Voilà voilà. Comme on disait autrefois : à bon entendeur, salut ! Portez vous bien et tentez de ne pas vous faire arnaquer.

Des nouvelles du jardin [2]

Hier, j’avais promis une note sur les herbes qui se mangent et les tomates : chaque chose en son temps, ces plantes seront évoquées en début d’été. En attendant, je reviens sur les aventures de l’abricotier.
Souvenez-vous : le très jeune arbre, tout petit nouveau de la classe, avait vu ses premiers fruits menacés par une merlette ayant bon goût. J’avais donc protégé l’arbre, en l’emballant à la va-vite avec du voile d’hivernage. Le doute me taraudait : et si le voile en question bloquait trop la lumière ? et si les abricots ne s’en remettaient pas ?
Toujours est-il que la merlette resta fort interloquée face à la toile blanche immaculée qui recouvrait le fruit promis, façon robe de mariée qui … oups … pardon…
Ce soir, le voile fut ôté. Les abricots nous tombèrent presque tous dans les mains sans rechigner, sauf trois qui feront le délice de notre merlette : elle l’a bien mérité, elle qui, hier, a tourné en tout sens pour comprendre où étaient passés les abricots.
Au final, nous ne sommes point mécontents de notre toute première récolte. Certes, c’est encore modeste, mais il faut un début à tout.

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Des nouvelles du jardin [1]

jardinPassons sur le chèvrefeuille et la glycine qui poussent très très vite sans aucun soin de notre part (à part quelques parcimonieuses gouttes d’eau au pied du chèvrefeuille quand il fait chaud). Passons aussi sur les roses trémières et les belles du nuit, qui pullulent, et sur la menthe et la sarriette carrément envahissantes.
En cette toute fin de printemps, je préfère m’arrêter sur le petit nouveau : l’abricotier, planté à l’automne, voit ses premiers fruits commencer à mûrir (photo du haut). On distingue bien les fesses rouges naissantes de l’abricot « Roussillon » en formation. La merlette les as bien vues aussi, à tenter de s’en saisir et à provoquer mon ire : de ce juste courroux naquit une protection immédiate dudit abricotier, avec moyens du bord.
Juste en dessous, vous pouvez distinguer deux iris clandestins, qui tentent leur chance dans les belles de nuit. La chose ne sera ni simple ni pour cette année. Dans la famille des plantes clandestines, il y a aussi des jeunes pieds de tomates un peu partout.
Au milieu de la colonne de photos, c’est du céleri branche. De minuscules pousses offertes par un ami. Ça pousse doucement mais sûrement.
Juste en dessous : le laurier rose. En pleine forme malgré son jeune âge, son exposition plein nord et son attaque méthodique de pucerons (élevés par des fourmis, souvenez-vous). Nous avons shooté le tout au bicarbonate de soude, l’élevage semble moins prolifique.
Au final : l’habituel hortensia, qui parfois, par le manque d’eau, a la mine basse. Un seau de flotte et ça repart, les fleurs d’un rose bien pétant redressent le nez.
Dans un prochain épisode, nous évoquerons plus amplement les herbes aromatiques et, bien sûr, mes idoles, mes chouchoutes : les tomates.

C’était dans le journal … le 9 juin 1915

Parce-qu’il faut bien nourrir les hommes partis au front, parce-qu’une partie du cheptel a disparu suite à la guerre, parce-que les campagnes sont parfois délaissées (femmes aux champs, mais aussi à l’usine, qui va traire les vaches ?), parce-que des petits malins spéculent sur les prix des denrées alimentaires, parce-que c’est donc la guerre, le prix de la viande a fortement augmenté en France en 1915. À tel point que les élus s’en émeuvent : le 4 juin, le conseil municipal de Reims analyse la situation, et conclut que c’est bien la livraison de viande aux armées qui crée la rareté (et donc le coût élevé) sur les marchés. Trois semaines plus tôt, le ministre de l’Agriculture a même fait adopter par la Chambre des députés un projet de loi visant à autoriser l’importation de viandes surgelées venant du continent américain (d’après Jean-Yves Le Naour).
Capture d’écran 2015-06-09 à 16.54.56Il n’est donc pas étonnant que la presse et les lecteurs de celle-ci s’émeuvent de cette hausse des prix. Dans son numéro du mercredi 9 juin 1915, Le Petit Journal publie la lettre d’un « boucher, retiré des affaires », qui a sa propre analyse du problème. Selon ce monsieur, la faute en revient aux ménagères, du moins à celles « qui ne connaissent qu’une chose, faire vite et ne pas faire la cuisine ». Air connu … Ces dames, plutôt que de mitonner de bons petits plats avec les moyens du bord seraient donc tentées d’acheter des morceaux nobles (donc hors de prix), qui ne nécessitent qu’un peu de cuisson pour être savoureux. Notre boucher vante alors les « morceaux de basse qualité » car « il y en a de bons ». Il conseille aux ménagères de se lancer dans la cuisine du pot-au-feu, qui permet d’avoir une bonne soupe en plus de la viande et des légumes. S’en suit toute une série de prix, montrant de manière plus ou moins habile que si madame se ruine en faisant les courses, c’est de sa faute : « si les ménagères savaient s’arranger, elles y trouveraient de l’économie et vivraient même mieux ». Bref, bobonne est sotte ! … mais pas le boucher du coin : « s’il ne vend pas sa basse boucherie, il est obligé de vendre plus cher les premiers morceaux ».

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Photo de pot-au-feu : wikipédia

Tenue de camouflage pour composteur

La boite à compost, c’est tip-top. D’abord, ça te permet de réduire de manière importante le volume de tes déchets, puisque tout ce qui est végétal (ainsi que coquilles d’œufs et marc de café) finit in the box et non plus dans la poubelle. Ensuite parce-que, les petits vers faisant bien leur boulot, tu récupères une terre bien riche bien bonne pour tes plantes. Les tomates vont bien, merci. Les poivrons, piments et herbes aromatiques aussi.
Mais parfois, on peut se dire que la boite, cette brave caisse en bois, n’est pas bien jolie. Et c’est là que le hasard fait bien les choses : parmi les déchets du jardinage délicatement versés dans la boite, il y avait des graines de belles de nuit, qui ont germé, poussé puis fleuri entre les lattes de bois :

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