Les couleurs de la salicorne

La salicorne est une plante comestible qui pousse dans la vase salée. On la voit sans mal à marée basse sur le littoral atlantique. Lentement, quand l’automne arrive, elle passe du vert au jaune puis au rouge, donnant à l’estran les couleurs de l’été indien.

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

La chansonnette [28]

JULIETTE
C’est ça, l’rugby !
Concert à Toulouse, février 2018

Ce week-end, mon ovalie va mal : Bordeaux a perdu, La Rochelle s’est planté, Pau a morflé. Mais, par les hasards de FIP et de sa programmation définitivement adéquat, je tombe sur Juliette, qui chante le rugby entre Montauban et Perpignan. C’était en concert à Toulouse. La dame jouait à domicile, je te dis pas l’ambiance …

Un bel oiseau au ponton d’honneur

Ce midi, je prends enfin le temps de descendre sur les quais et j’aperçois les mâts d’un voilier. M’approchant fissa (et non à pas de loup parce-que le temps m’eût manqué), je vis que ce voilier venait d’Angleterre, il est même immatriculé à Londres, c’est écrit dessus : Pelican of London. Honnête jusqu’au bout : non seulement il est immatriculé à Londres, mais, en plus, sa figure de proue est un pélican.
Ce joli bateau est sorti d’un chantier naval du Havre en 1948. C’était alors un bateau de pêche destiné à la navigation en Arctique pour une société norvégienne. Après moultes aventures, il est racheté et transformé en voilier par un Anglais en 2007. Depuis 2012, il participe à des courses au large pour le compte de l’association Adventure Under Sail.

Histoire d’A chez les libellules rouges

Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019

Cormoran, signe des temps

Signe du temps qui passe : l’automne qui succède à l’été. Signe du temps qu’il fait : la pluie qui arrive, alors que la semaine dernière encore, il y avait grand ciel bleu et 30°C à l’ombre. Le cormoran est signe de ces deux temps là.
Il y a deux semaines déjà, deux d’entre eux mettaient la pression sur les carpes du jardin public, carpes qui avaient globalement pu passer un été tranquille, puisque les cormorans chassaient ailleurs, peut-être même du côté du grand océan. Aujourd’hui, un troisième cormoran les a rejoints, et il y en aura d’autres, au fur et à mesure que les jours vont raccourcir, que la chaleur estivale va s’enfuir, et que la pluie puis le vent vont se mettre à sévir.
L’automne rend le cormoran citadin, pour ne pas dire casanier. Être une carpe au jardin public n’est pas toujours une sinécure …

Un trio de cormorans dans le jardin public de Bordeaux le 25 septembre 2019

La rainette et la poignée de porte

La rainette verte grimpe aisément sur la plupart des parois, grâce aux petites ventouses qu’elle a au bout des pattes : c’est ce qui la différencie de la grenouille. Et c’est pour cela que j’ai récemment trouvé une rainette sur la poignée d’une porte, alors que les grenouilles déprimaient gravement au fond des mares asséchées par un été sans pluie.
Ce qui permet aussi, bien sûr, à la rainette de s’installer sur un support aussi petit, c’est sa taille minuscule. Taille minuscule qui ne l’empêche pas d’avoir du coffre : n’avez-vous jamais entendu le chant très grave des rainettes le soir au fond des bois ?

Une rainette sur une poignée de porte et sur l’île d’Oléron en septembre 2019 – Photo réalisée sans flash

Peut-être partira-t-il à la fin du mois…

… ou un peu plus tard. Ou pas du tout. Le pouillot véloce fait partie des migrateurs partiels, c’est-à-dire de ces espèces d’oiseaux dont certains individus partent vers le sud ensoleillé dès que les premiers frimas se font sentir, tandis que les autres restent toute l’année au même endroit.
Dans l’immédiat, le petit pouillot papouille les branchettes et les brindilles, y cherchant petits insectes et petites araignées, voire quelques fruits. Il vole vite et tout le temps, pas si simple à saisir bien qu’il soit réputé peu farouche.

Un pouillot véloce à Bordeaux en septembre 2019

Cages à poule pour tourisme de masse

Ça ne sentait pas bon ce midi sur les quais de Bordeaux. Le badaud humait malgré lui le fuel lourd. Il y avait deux paquebots de croisière à quai, le ciel était d’un bleu profond, mais olfactivement, on se serait cru dans la salle des machines. Et ce qui pue, en l’occurrence aussi pollue. En juillet, le site web de Science & Avenir avait titré « Cette pollution colossale émise par les bateaux de croisière ». D’autres médias ont aussi évoqué cette pollution plus importante que celle émise par les voitures, même les pires des dièsel, y compris à Marseille (et même surtout à Marseille en ce qui concerne la France, où pourtant la voiture est reine). L’odeur dégagée ne m’a pas donné envie de faire de jolies images de ces rafiots. La photo de ce soir est volontairement laide dans sa banalité, dans ce qu’elle montre aussi d’une forme de tourisme de troupeau, où quand vient l’heure de dormir, les bestiaux sont répartis dans de jolies cages identiques avec micro-balcons. Ça ne donne vraiment pas envie.

Quelques cabines d’un bateau de croisière dans le port de Bordeaux, qui ressemble à des centaines d’autres bateaux de croisière – 13 septembre 2019

And the winner is … Maurice !

Justice a été rendue, cette fois, c’est dit, Maurice peut continuer de chanter, n’en déplaise aux propriétaires de la résidence secondaire voisine, ceux-là même qui avait porté plainte contre la propriétaire du coq. Car, au cas où cela vous aurait échappé, Maurice est un coq. Un brave coq vivant sur l’île d’Oléron. Mais les bruits de la campagne agacent certaines oreilles trop longtemps bercées par un idéal bucolique fantasmé, et le quidam gêné porte plainte. On l’oublie parfois, mais la campagne, c’est sonore. L’âne est terrible, la moissonneuse-batteuse n’est pas mal non plus.
Mais ce qui compte, c’est la décision finale, rendue aujourd’hui même par le tribunal de Rochefort : les plaignants sont déboutés, Maurice peut crier sa joie. Et toute l’île avec lui (à lire dans Sud-Ouest).
Car il a été soutenu, Maurice : vente de t-shirts et vente d’autocollants, articles dans un grand nombre de journaux, y compris nationaux voire jusque dans la lointaine Amérique (le New York Times a fait un article assez fouillé au début du mois de juillet, et il annonce lui aussi le verdict aujourd’hui même).
Dorénavant, les oreilles fragiles qui pestent contre le meuglement des vaches, les nez délicats qui trouvent que le caca de canard ça sent fort, bref, tous les râleurs qui n’ont rien de mieux à faire que d’encombrer les tribunaux avec leurs petits problèmes domestiques, tous ceux-là doivent aujourd’hui comprendre ceci : ils ont perdu.

Autocollant en soutien au coq Maurice

Encore ???

Vu sur le site de Sud-Ouest aujourd’hui même (21 h 07) :

Même info que l’an dernier. Comique de répétition. Mais qu’est-ce qu’ils ont tous, ces gens de Paris, à vouloir crever de chaud en été ? à vouloir piaffer dans les embouteillages ? à râler sur le blocage de la ligne C du tram ? à envisager une moquerie XXL parce-qu’ils ont demandé un pain au chocolat au lieu d’une chocolatine ? à patauger au moins trois mois avant de comprendre le sens du mot « gavé » ? à ne pas comprendre pourquoi la seine locale (ici appelée « garonne ») ne coule pas toujours dans le même sens ? à vouloir entendre les cigales en ville au mois d’août ? C’est peut-être ça : les cigales en ville au mois d’août. Allez savoir ce qui motive les gens …

Homo sapiens en été [50]

Saint-Denis-d’Oléron – 2009
  • Fin de la série « Homo sapiens en été »

Homo sapiens en été [48]

Bordeaux – 2019

Ice cream et burger pour les baigneurs

Le baigneur, appelé péjorativement « baignassoute » sur l’île d’Oléron, c’est ce vacancier d’été qui vient faire trempette dans le bel océan. On s’en moque un peu parfois, peut-être même jusque dans les magasins de plage. Car, quand même, quel baignassoute, même un peu niais, irait s’afficher sur le sable et les vagues avec des engins gonflables flottants représentant des burgers, des tranches d’orange ou des cornets de glace ? Franchement ?

Articles de plage en vente sur l’île d’Oléron – Août 2019

Homo sapiens en été [46]

Bordeaux – 2019

Homo sapiens en été [45]

Ile d’Oléron – 2016

Faire passer le message

Parfois, il est difficile de faire accepter des mesures simples, de bon sens. Par exemple, ramasser les crottes de son chien ou ne pas jeter ses détritus par terre. Le gros des troupes joue généralement le jeu, mais il reste quelques irréductibles, qui ne voient pas en quoi l’étron du clébard familial peut être désagréable, ou pourquoi il est tout bonnement dégueu de laisser ses mégots de clopes dans le sable fin. C’est à ce dernier comportement que s’adresse le message ci-dessous, visible cet été sur l’île d’Oléron :

Homo sapiens en été [43]

Presqu’île du Cap Ferret – 2015

Homo sapiens en été [42]

Bordeaux – 2016

Homo sapiens en été [41]

Bordeaux – 2019

Homo sapiens en été [36]

Ile d’Oléron – 2019

Le Rainbow Warrior III

Le Rainbow Warrior III est le principal navire de la flotte de Greenpeace. Il était la semaine dernière à La Rochelle, il a passé le week-end à Bordeaux, il navigue ce soir au large de la Bretagne et devrait accoster à Cherbourg après-demain matin. C’est un navire militant, conçu en 2011 pour lutter contre tous ceux qui, en mer, portent atteinte à l’environnement. Il peut aller vite, son nid-de-pie bien haut perché permet de voir jusqu’à 24 km au loin, sa salle de radio est même équipée d’une porte anti-abordage pour que, quoiqu’il arrive, l’équipage puisse continuer à informer les citoyens. Pour en savoir plus, rendez-vous sur la page consacrée à ce navire sur le site de Greenpeace.

Le Rainbow Warrior III dans le port de Bordeaux le 11 août 2019

Homo sapiens en été [35]

Arcachon – 2016

Le temple qui cache la forêt

Revenons très très longtemps en arrière, au XIXe siècle. La grande lande gasconne commence à être plantée de pins maritimes serrés et alignés. Dans le même temps, un temple protestant sort de terre dans le quartier des Chartrons à Bordeaux.

Rien à voir, pensons-nous, mais le street-artist espagnol Gonzalo Borondo y voit une sorte de coïncidence, et d’un sublime coup de patte, il unit l’arbre et le temple pour le temps d’un été. Il faut se dépêcher : l’expo ferme ses portes au week-end prochain.

L’entrée dans le temple, fermé au public depuis une trentaine d’années, demande un temps d’adaptation. Adaptation au son et à la lumière. Un son sourd et continu, qui sort de derrière l’orgue. Une litanie lancinante qui incite à la lenteur. La lumière ensuite. La pénombre plutôt. Le regard prend son temps, les pupilles s’adaptent, petit à petit, on distingue les formes, la peinture, les reliefs, les perspectives. Une expérience apaisante.

Pour en savoir plus :

Homo sapiens en été [33]

Saint-Emilion – 2018

Homo sapiens en été [32]

Presqu’île du Cap Ferret – 2013

Homo sapiens en été [31]

Ile d’Oléron – 2019

En déambulant sur la toile [7]

En déambulant sur la toile en ce début de mois d’août, je ne perds pas de vue la superficialité qui sied si bien à l’été, et je me souviens qu’il existe, depuis 2007 dans le Médoc, un championnat du monde de lancer de tongs (Sud-Ouest).
Je reste en Gironde mais retrouve un minimum de sérieux en lisant, sur le site du Point, une tribune de Xavier Planty, copropriétaire d’un premier cru classé de Sauternes et défenseur du vin bio. Il montre, et c’est d’ailleurs le titre de l’article, que « l’agroécologie sauvera les vins de Bordeaux », en rappelant au passage « le bon sens paysan », qui doit permettre aux viticulteurs de se « désintoxiquer des pesticides ».
Je reviens à des préoccupations plus légères et plus estivales en me posant sur le site de l’INA, où j’apprends que la mode du short pour homme n’a que 50 ans. Le micro-trottoir tourné dans les rues de Strasbourg est fort distrayant.

Je passe enfin beaucoup de temps à m’intéresser à l’histoire des médias (préparation des cours pour la rentrée oblige), et je visite une expo virtuelle de la BNF (La Presse à la une) puis découvre un site web consacré aux « Radios au temps de la TSF ». J’avoue prendre un réel plaisir à découvrir les multiples pépites que recèlent ces deux sites, oubliant presque qu’il s’agit quand même un peu de boulot.

  • Illustration : Norman Rockwell, « Le nouveau récepteur de télévision », 1949

Homo sapiens en été [30]

Bordeaux – 2017

Homo sapiens en été [27]

Ile d’Oléron – 2019