Encore plus unis qu'au premier jour

Monsieur Philippe a voulu jouer la division entre les jeunes blancs-becs et les vieux cons : jeunes blancs-becs et vieux cons ont fait cause et caisse commune aujourd’hui dans mon lycée, puis ont voté la grève à l’unanimité pour mardi. Nous battrons donc à nouveau le pavé, puisque nous ne disposons pas de camions ou de tracteurs pour bloquer les routes et les dépôts de carburants. Nos élèves et leurs parents seront gentiment prévenus : mardi, c’est lycée mort. Jeunes blancs-becs et vieux cons ne se laisseront pas abattre comme des pigeons.

Le tram de Bordeaux un jour de manif

La ligne rouge est franchie

En séparant les vieux (qui gardent le régime actuel de retraite) des jeunes (qui se prennent les points en pleine face), le gouvernement nous rejoue la bonne vieille scène du « diviser pour mieux régner ». Mais tous ne tomberont pas dans le piège. Même la bénie-oui-oui CFDT se dit qu’il serait bon de se mettre aussi à râler. Tenir, encore et encore, …

Photo prise à la fin de la manifestation contre la réforme des retraites à Bordeaux le 10 décembre 2019

Une base large

Quoiqu’en pensent certains médias défenseurs des pauvres « usagers » pris en « otage » par les vilains privilégiés qui ne pensent qu’à leur petit cul retraite, les manifestations de ces derniers jours rassemblent une base large de citoyens inquiets pour leur avenir, dépités et désarçonnés face à cette société dans laquelle il semble de plus en plus incongru de jouer collectif. Aujourd’hui, à Bordeaux, de nombreuses professions ont défilé, beaucoup de gens ordinaires, des « vraies gens » comme on entend parfois. Parce-que le ras-le-bol touche tout le monde, et pas seulement ceux pour qui c’est moins dangereux que d’autres de faire grève.

L'écureuil en mode "cochon pendu"

C’était un jeu du temps marmot, du temps du trapèze sur le portique du jardin : coincer la barre sous les genoux, tête en bas. On appelait ça « le cochon pendu ». C’est précisément à cette figure de style enfantine que j’ai pensé en voyant un écureuil, autrement plus agile que moi en mode minot, qui, pour choper le fruit qu’il convoitait, se contorsionnait en tous sens sur des brindilles frêles, risquant à chaque instant la dégringolade au pied de l’arbre, se rattrapant de justesse et grignotant avec bonheur la noix tant désirée

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L'eau monte

Le début du mois de décembre est considéré par les naturalistes comme le vrai début de l’hiver, qui intervient donc trois semaines avant l’hiver des calendriers, qui est l’hiver astronomique. De fait, depuis le 1er décembre, il fait bien froid, un de ces froids qui obligent à porter bonnets, gants et chaussures chaudes. Un vrai hiver qui fait de la buée quand on respire, avec un très très beau ciel bleu qui met de bonne humeur. Il a tellement plu les jours d’avant … Souvenons-nous, dans un parc de la banlieue bordelaise, des chênes baignaient franchement, puis l’eau a leurs pieds avait été pompée, et tout était rentré dans l’ordre.
Sauf que, l’eau tombée juste avant l’offensive hivernale du 1er décembre, a tout détraqué et les chênes pataugent à nouveau dans l’eau glacée :

Ailleurs aussi, dans ce même parc, les arbres découvrent qu’il pourrait être de bon augure d’apprendre à nager, là où, en plein été, il n’y a même pas une flaque et encore moins un ruisseau :

Photos : Parc Ausone (Bruges), 5 décembre 2019

Triste record oléronais

On la surnomme « la lumineuse », mais l’île d’Oléron est en train de devenir « la noyée ». C’est sur la pointe de Gatseau, dans le sud de l’île d’Oléron, que l’érosion est la plus forte en Europe (cliquez ici). Il y a là un mélange de phénomènes naturels qui s’entraînent et s’amplifient les uns les autres, en lien notamment avec la situation de la pointe de Gatseau au débouché de l’estuaire de la Seudre. À cela s’ajoutent les effets du dérèglement climatique. Cette petite vidéo de France 3 fait le point :

Il a tellement plu que l'arbre a chu

C’était un bel et grand arbre dont les feuilles bien jaunes signaient l’automne en fin de parcours. Mais c’est aussi un automne mouillé plus que de coutume, tout bon tout bien pour les nappes phréatiques, plus problématique pour la terre en surface, transformée en soupe, en gigantesque patouille qui désolidarise les racines du sol.

Au Jardin Public, comme dans d’autres lieux, suite à cette eau infernale cumulée à quelques vents forts, l’arbre a les racines à l’air et les branches qui trempent dans la rivière ornementale.

Photos réalisées au Jardin Public de Bordeaux à la fin de novembre 2019

Le bon côté de la flaque

Détrempe, piscine, pédiluve, pataugeoire. Il a tellement plu que l’arrêt soudain de la flotte semble improbable, irréel, et pourtant cela a eu lieu. Un temps calme enfin, mais la pluie torrentielle de ces dernières semaines a laissé des miroirs dans lesquels les arbres se refont une beauté. Il fallait bien que tant et tant d’eau serve à quelque chose.

Sauvons les chênes de l’eau

Souvenez-vous, l’histoire ne date que de quelques jours : dans un jardin d’une agglomération bordelaise noyée sous des pluies diluviennes, des chênes baignaient bien malgré eux façon palétuviers à marée haute (piqûre de rappel). Voici une image de la scène :

Parc Ausone (Bruges) – 17 novembre 2019

Aujourd’hui même, alors que la flotte mettait encore à l’épreuve bottes et cirés, je pus constater que le sauvetage des chênes était en cours, suite à la mise en place d’une pompe pompant l’eau qui rendait les racines pompettes, ivres d’une flotte potentiellement létale pour ces deux braves chênes d’un parc urbain tout neuf :

Parc Ausone (Bruges) – 21 novembre 2019

Fin de journée en mode « grue »

La grue cendrée est ce magnifique oiseau migrateur qui a choisi le dessus de mon jardin pour autoroute. L’Aquitaine est aux grues ce que l’autoroute A7 est aux aoûtiens friands de Méditerranée : un incontournable, un must, the place to be, un hot spot des embouteillages saisonniers.

En toute fin d’après-midi déjà, elles se bousculaient au portillon, jouant des ailes pour être en pole position au péage. Bien que la nuit soit désormais bien tombée, nous les entendons encore, en vol stationnaire dans le quartier, tournant en rond à la recherche des courants ascendants qui les catapulteront vers le grand sud désiré. Demain, sur la Gironde, on nous annonce de la pluie. À chacun son destin.

Photos réalisées en Gironde le 20 novembre 2019

Il a tellement plu

Il a tellement plu que les jardins sont devenus des piscines. Mes branchies poussent et mes pieds se palment, tandis que, dans les parcs, les chênes se demandent s’ils n’eut pas été opportun que la divine providence fasse d’eux des palétuviers. On baigne, on trempe, on patauge, et le chêne nage tandis que les éventuels cèpes à ses pieds se noient dans le jardin devenu éponge.

Parc Ausone (Bruges) – Novembre 2019

Un tour de Clet à Bordeaux ?

Clet Abraham est un street artist qui apporte de la bonne humeur en détournant les panneaux de signalisation avec des stickers. Une petite touche d’humour dans la rudesse de la ville. Au printemps 2018, il a ainsi détourné cinquante panneaux à Bordeaux (article dans Sud-Ouest), mais 2018, c’est déjà loin, et ce panneau-ci me parait tout frais :

Un panneau peut-être détourné par Clet – Bordeaux, novembre 2019

En déambulant sur la toile

En déambulant sur la toile tandis que 70 copies à la graphie incertaine piaffent sur mon bureau, je me dis qu’avoir des super-pouvoirs serait quand même une super solution pour ne pas dépasser les 50 heures de travail hebdo : mais à la question « serait-il possible de devenir Batman ? », Slate répond « non ». La messe est dite, je sors le stylo et j’y retourne. Cela dit, Batman pour corriger des copies … je doute …
Je tente alors l’humour en mode bloc de l’Est du temps de la guerre froide, pensant que quelques blagues favoriseront mes compétences en paléographie lycéenne du début du XXIe siècle (à lire sur le site de Libé). Mais si cela me distrait, cela ne corrige pas les copies pour autant. Tentons alors le loisir, la musique, les jolis mots, bref la poésie, avec cette retransmission du concert de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute en 1963, disponible sur Arte jusqu’au 21 novembre.
Mais pendant que j’attends Madeleine et le tram 33, les copies ne se corrigent pas. Il ne reste plus qu’une solution, boire une bonne bière, à la moule, soyons fou, et de Charente-Maritime bien sûr (France-Bleu). Les copies ne seront pas plus corrigées, mais ma bonne humeur sera assurée.

Quand la mer monte sur l’écluse à poissons

Sur l’île d’Oléron, dans des temps anciens, les hommes ont fomenté des pièges et des ruses pour pêcher le poisson sans prendre ni la mer ni la canne à pêche : ce sont les écluses à poissons, de gigantesques constructions de pierres, qui piègent le poisson à marée montante. Une de ces écluses se trouve dans le village de Chaucre, une des plus vieux villages de l’île d’Oléron. En fin de tempête Amélie, un quidam déambulait sur une de ces constructions, au mépris de la loi (il est interdit de monter sur les écluses à poissons) et du danger : marée montante, pas mal de vent, des vagues parfois hautes et brutales.

Plage de Chaucre (St-Georges-d’Oléron), 3 novembre 2019

Pouvoir enfin remettre le nez dehors

Mais qu’est-ce qu’on s’est pris depuis Amélie ! Il a plu pendant cette tempête, mais après aussi. En six jours, on a reçu l’équivalent d’un mois de novembre entier. Nous sommes en novembre, certes : le mois le plus pluvieux en Gironde. Mais quand même : six jours = un mois. Va falloir un break sinon des branchies vont nous pousser et bientôt nous aurons les pieds palmés. Mais aujourd’hui il y eut pause, et même un poil de soleil sur le coup de midi. Les touristes étaient fidèles au miroir d’eau. Moi aussi.

Lumière d’Amélie

Je reviens sur la tempête de la semaine dernière, nommée Amélie. C’est joli, Amélie, mais ça a quand même cassé des branches, fait tomber quelques arbres, embêté des gens en coupant le courant. Une vraie tempête, donc. En fin de parcours, elle soufflait encore, mais c’était tenable pour le badaud à l’équilibre honnête sur les modestes falaises du nord de l’île d’Oléron. Et surtout il y avait cette lumière sublime des ciels de traine, celle que j’ai découvert il y a plus de vingt ans lorsque, pour un temps court, j’ai habité ce magnifique département de Charente-Maritime. La lumière incroyable des marais, de l’océan, tout le temps.

La lumière de la tempête près de la pointe de Chassiron (île d’Oléron), 3 novembre 2019

Quand Amélie s’en mêle

Amélie fut notre première tempête de la saison. On lui doit, à ce titre, les honneurs. Sur Oléron, elle a fait le job, nous empêchant de dormir en fin de premier sommeil, en gros vers une heure du mat’. L’œil, donc, était petit au saut du lit, mais il fallait voir néanmoins cette Amélie de près, lui présenter nos hommages, et toutes ces sortes de choses qui se font en climat océanique. Cela fut fait au nord de l’île d’Oléron, là où les arbres s’imprègnent chaque année un peu plus de la marque du vent.

Saint-Denis d’Oléron, 3 novembre 2019

Invariablement la grue en automne descend

On dit « monter » vers le nord et « descendre » vers le sud. Ce sont des conventions, des habitudes. Comme la perception linéaire du temps : demain vient après aujourd’hui. Dans certaines civilisations, notamment la civilisation indienne, le temps est cyclique, c’est une roue qui tourne. Et c’est à cette perception du temps que je pense à chaque automne quand je vois les grues cendrées filer vers le sud.

Photo réalisée en Gironde le 26 octobre 2019

Une minute trente de marée montante

Les bernaches sont arrivées sur le Bassin d’Arcachon, c’est le son qui domine aujourd’hui, berçant doucement tous ceux qui profitent d’un dernier zeste d’été pour somnoler sur la plage. Et pendant ce temps, la mer monte …

Fruit de saison

Il se pourrait donc bien que ce soit l’automne pour de vrai. Il pleut. Beaucoup. Il a aussi fallu ressortir le pull et les chaussettes, voire allumer le premier feu de cheminée de la saison (mais pas le deuxième, ce n’est pas encore l’hiver). Les champignons s’agitent dans les sous-bois, et, à Agen, des témoins attentifs ont vu passer les grues dans le sens nord-sud. Sans parler du changement d’heure qui va nous tomber sur le poil dans la nuit de samedi à dimanche. Automne, donc. Saison des fruits pour les plantes qui ne s’en préoccupent pas en été, notamment certaines plantes aquatiques. Le fruit ci-dessous est probablement celui d’un nénuphar ou de quelque chose qui lui ressemble :

Le fruit d’un nénuphar ou d’une plante aquatique qui lui ressemble – Département de la Gironde – Octobre 2019

De moins en moins de dune

L’île d’Oléron est mangée vitesse grand V par l’érosion, surtout dans sa partie sud. Cinq à trente mètres de littoral finissent chaque année dans l’océan.
Depuis les années 1960, un petit train touristique sillonne la forêt de Saint-Trojan jusqu’à la pointe de Maumusson. Les rails sur lequel circule ce petit train sont un bon indicateur de l’avancée de l’érosion, puisque chaque année les installations doivent être raccourcies : en 2014, les rails se sont même retrouvés au-dessus du vide.
Cet automne (photo ci-contre), on voit des vestiges de rails émerger de la dune, attestant une fois encore du rétrécissement de l’île.

Source : France Info, 21 juillet 2018

Les couleurs de la salicorne

La salicorne est une plante comestible qui pousse dans la vase salée. On la voit sans mal à marée basse sur le littoral atlantique. Lentement, quand l’automne arrive, elle passe du vert au jaune puis au rouge, donnant à l’estran les couleurs de l’été indien.

L’oiseau, farouche, file fissa sur le toit …

… et armée d’un surzoom en mode paparazzi, je tente quand même de valider que l’oiseau jaune est bien ce que je crois : une bergeronnette des ruisseaux. Tout concorde a priori : le vol ondulant, la présence de l’oiseau près d’une mare fréquentée par des libellules en mode peace and love, et dont les larves peuvent faire office de délicieux repas pour le petit oiseau. Et pourtant, j’ai comme un doute. La photo n’est pas très nette (le mode paparazzi a ses limites), le jaune semble prendre beaucoup trop de place sur le corps de l’oiseau. Et si ce n’était pas une bergeronnettes des ruisseaux ? Enquête en cours …

Une bergeronnette des ruisseaux ou un joli oiseau jaune qui lui ressemble – Département de la Gironde, octobre 2019

La chansonnette [28]

JULIETTE
C’est ça, l’rugby !
Concert à Toulouse, février 2018

Ce week-end, mon ovalie va mal : Bordeaux a perdu, La Rochelle s’est planté, Pau a morflé. Mais, par les hasards de FIP et de sa programmation définitivement adéquat, je tombe sur Juliette, qui chante le rugby entre Montauban et Perpignan. C’était en concert à Toulouse. La dame jouait à domicile, je te dis pas l’ambiance …

Un bel oiseau au ponton d’honneur

Ce midi, je prends enfin le temps de descendre sur les quais et j’aperçois les mâts d’un voilier. M’approchant fissa (et non à pas de loup parce-que le temps m’eût manqué), je vis que ce voilier venait d’Angleterre, il est même immatriculé à Londres, c’est écrit dessus : Pelican of London. Honnête jusqu’au bout : non seulement il est immatriculé à Londres, mais, en plus, sa figure de proue est un pélican.
Ce joli bateau est sorti d’un chantier naval du Havre en 1948. C’était alors un bateau de pêche destiné à la navigation en Arctique pour une société norvégienne. Après moultes aventures, il est racheté et transformé en voilier par un Anglais en 2007. Depuis 2012, il participe à des courses au large pour le compte de l’association Adventure Under Sail.

Histoire d’A chez les libellules rouges

Déambulation banale près d’une des rares mares pas encore à sec. C’est qu’il pleut peu depuis fort longtemps, et les piscines à insectes se font rares.
Néanmoins, les libellules rouges passent en mode peace and love, monsieur tractant madame par la nuque. Ni glamour ni confortable, mais l’humain est-il compétent pour juger du bonheur chez les odonates (car c’est ainsi, cher blogonaute, que se nomme la famille des libellules) ?

Des libellules rouges en mode peace and love dans l’agglomération bordelaise. Photo réalisée en septembre 2019

Cormoran, signe des temps

Signe du temps qui passe : l’automne qui succède à l’été. Signe du temps qu’il fait : la pluie qui arrive, alors que la semaine dernière encore, il y avait grand ciel bleu et 30°C à l’ombre. Le cormoran est signe de ces deux temps là.
Il y a deux semaines déjà, deux d’entre eux mettaient la pression sur les carpes du jardin public, carpes qui avaient globalement pu passer un été tranquille, puisque les cormorans chassaient ailleurs, peut-être même du côté du grand océan. Aujourd’hui, un troisième cormoran les a rejoints, et il y en aura d’autres, au fur et à mesure que les jours vont raccourcir, que la chaleur estivale va s’enfuir, et que la pluie puis le vent vont se mettre à sévir.
L’automne rend le cormoran citadin, pour ne pas dire casanier. Être une carpe au jardin public n’est pas toujours une sinécure …

Un trio de cormorans dans le jardin public de Bordeaux le 25 septembre 2019

La rainette et la poignée de porte

La rainette verte grimpe aisément sur la plupart des parois, grâce aux petites ventouses qu’elle a au bout des pattes : c’est ce qui la différencie de la grenouille. Et c’est pour cela que j’ai récemment trouvé une rainette sur la poignée d’une porte, alors que les grenouilles déprimaient gravement au fond des mares asséchées par un été sans pluie.
Ce qui permet aussi, bien sûr, à la rainette de s’installer sur un support aussi petit, c’est sa taille minuscule. Taille minuscule qui ne l’empêche pas d’avoir du coffre : n’avez-vous jamais entendu le chant très grave des rainettes le soir au fond des bois ?

Une rainette sur une poignée de porte et sur l’île d’Oléron en septembre 2019 – Photo réalisée sans flash

Peut-être partira-t-il à la fin du mois…

… ou un peu plus tard. Ou pas du tout. Le pouillot véloce fait partie des migrateurs partiels, c’est-à-dire de ces espèces d’oiseaux dont certains individus partent vers le sud ensoleillé dès que les premiers frimas se font sentir, tandis que les autres restent toute l’année au même endroit.
Dans l’immédiat, le petit pouillot papouille les branchettes et les brindilles, y cherchant petits insectes et petites araignées, voire quelques fruits. Il vole vite et tout le temps, pas si simple à saisir bien qu’il soit réputé peu farouche.

Un pouillot véloce à Bordeaux en septembre 2019

Cages à poule pour tourisme de masse

Ça ne sentait pas bon ce midi sur les quais de Bordeaux. Le badaud humait malgré lui le fuel lourd. Il y avait deux paquebots de croisière à quai, le ciel était d’un bleu profond, mais olfactivement, on se serait cru dans la salle des machines. Et ce qui pue, en l’occurrence aussi pollue. En juillet, le site web de Science & Avenir avait titré « Cette pollution colossale émise par les bateaux de croisière ». D’autres médias ont aussi évoqué cette pollution plus importante que celle émise par les voitures, même les pires des dièsel, y compris à Marseille (et même surtout à Marseille en ce qui concerne la France, où pourtant la voiture est reine). L’odeur dégagée ne m’a pas donné envie de faire de jolies images de ces rafiots. La photo de ce soir est volontairement laide dans sa banalité, dans ce qu’elle montre aussi d’une forme de tourisme de troupeau, où quand vient l’heure de dormir, les bestiaux sont répartis dans de jolies cages identiques avec micro-balcons. Ça ne donne vraiment pas envie.

Quelques cabines d’un bateau de croisière dans le port de Bordeaux, qui ressemble à des centaines d’autres bateaux de croisière – 13 septembre 2019