Tenue de noce pour le gobemouche noir

Un gobemouche noir dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois d’avril 2019

Le gobemouche noir est un passereau migrateur : il hiverne en Afrique de l’Ouest, et revient en Europe pour se reproduire. La saison des amours commence en avril. Le mâle revêt alors un plumage noir et blanc très chic, avec lequel il séduit madame. Ou mesdames.
En effet, si le gobemouche noir est plutôt monogame, il lui arrive parfois, alors que sa légitime couve dans le nid, de bâtir un autre nid un peu plus loin pour attirer une deuxième nénette. D’où éventuelle deuxième couvée, qu’il ignore lamentablement, n’ayant d’yeux et de becquées que pour la première.

Pour en savoir plus : oiseaux-birds.com

En déambulant sur la toile [1]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai eu la confirmation que j’avais vraiment raison de ne pas vouloir mettre les pieds au Puy-du-Fou, et encore moins d’y laisser des sous. L’article, rédigé par Guillaume Mazeau (maître de conférence à la Sorbonne), est suffisamment clair et argumenté : à lire dans The Conversation.
En déambulant sur la toile, j’ai aussi lu un article fort intéressant sur la hausse de l’océan sur les 270 km du littoral aquitain. Il n’y a pas que Soulac, avec son immeuble prémonitoirement nommé « Le Signal », qui soit concerné : toute la côte morfle et ça va vite. C’est à lire sur Reporterre.
Plus léger pour finir : un très bon documentaire d’Arte sur Pigalle, à voir jusqu’au 25 mai 2019.

Un emblème de Pigalle : le Moulin Rouge. Photo réalisée en décembre 2017

Le retour attendu de l’hirondelle

Souvenons-nous de l’année passée : quelques hirondelles seulement, la migration avait été difficile. Chaque année il y a de moins en moins de ces jolis oiseaux, car la raréfaction accélérée et dramatique des insectes empêche les couples d’élever deux nichées annuelles. Il y a donc moins d’hirondelles qui repartent vers le grand sud qu’autrefois, et moins encore qui reviennent dans nos contrées lorsque le printemps s’officialise.
Car l’hirondelle, c’est rituel, se pointe grosso modo au moment de l’équinoxe de printemps. C’est à nouveau ce que j’ai pu constater sur l’île d’Oléron, mais je n’ai pas vu un seul spécimen sur Bordeaux. Espérons seulement que la migration se passe mieux que l’an dernier, que le stock réduit d’insectes suffira néanmoins à faire pitance, que les nids abriteront suffisamment de petits bien costauds, pour que l’hirondelle rustique ne disparaisse pas purement et simplement de nos paysages.

Une hirondelle rustique sur l’île d’Oléron le 24 mars 2019

Quand les enfants expliquent aux adultes

La jeunesse me remplit d’espoir. On la disait indifférente, certains la voit sotte, et elle est là, concernée et mobilisée, ayant mille fois mieux compris que nous les vieux ce que l’avenir nous réserve. Hier donc, grève scolaire mondiale pour le climat. À Bordeaux, les petits ont bravé la pluie. J’ai pu les retrouver en fin de manif, sur la place de la Bourse, et mes poussins perso, élèves de mon bahut, m’ont interpelée, et ça m’a fait plaisir. On a papoté. Je n’ai pas osé leur dire que, en plus du soutien à la cause climatique, j’étais aussi là pour voir si tout allait bien, s’ils étaient en sécurité. Mes poussins, vous dis-je.

Aujourd’hui, même lieu mais sous le soleil, c’était la même manif finalement. La Marche du siècle pour le climat. J’y ai croisé des amapiens, et puis plein de familles, des gamins avec pancarte, le militantisme, faut que ça commence jeune. Bon enfant. Nous les écolos sommes des pacifistes. Il y avait du monde, oui, pour dire que 3 degrés de plus ce serait la fin du monde, enfin de notre monde. Parce-que la terre, en tant que gros caillou, elle, elle s’en sortira. Mais nous, pauvres petits humains, nous allions y laisser notre peau. Ralentir le réchauffement, c’est une question de survie.

Photos réalisées à Bordeaux les 15 et 16 mars 2019

Grive du matin

Depuis quelques jours, ce n’est pas la radio qui me réveille, mais l’oiseau. L’oiseau chante bien avant que la radio ne parle, et l’oiseau chante bien. C’est normal, c’est son job, et ce n’est pas pour rien que cet oiseau-là se nomme « grive musicienne ». La grive chante longtemps, et continue même après le lever du soleil. D’où ce petit bout filmé : le son est médiocre, l’image est pire, soyez indulgents.

53 700 x 2

C’est une histoire triste. Celle de la malbouffe qui gagne. Ça se passe à Dolus d’Oléron. Le maire, Gregory Gendre, un type bien, refuse au temple de la merde en sandwich de s’installer sur sa commune. Ça fait procès. La mairie de Dolus perd, et monsieur Gendre signe contre son gré le permis de construire.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là. L’affaire a pris du temps et à fait perdre des sous à la multinationale du burger industriel en pain tout mou et au steack à la sciure. Il y a procès, jugement, condamnation, pénalités. La mairie de Dolus doit raquer. McDo vient d’obtenir 53 700 €. Soit. La justice a tranché.
Mais ce qui me hérisse ce soir, ce qui me met en colère noire, c’est que la mairie de Dolus doit désormais, par décision de cette même justice, la même somme à l’Etat. P… de b… de m… ! depuis quand l’Etat doit-il se sentir obligé de cirer les pompes à une entreprise américaine qui deale de la mauvaise came dans son pays ? pourquoi l’Etat ? Faut-il alors dire encore et répéter qu’un bon McDo est un McDo démonté, comme le modèle en fut montré à Millau autrefois ?

Source : France Bleu La Rochelle

Le pertuis qui s’agrandit

En Charente-Maritime, les détroits portent le nom de « pertuis ». Au nord de l’île de Ré se trouve le pertuis Breton, entre Ré et l’île d’Oléron se trouve le pertuis d’Antioche. Le plus étroit est aussi le plus méridional : il s’agit du pertuis de Maumusson, entre le sud de l’île d’Oléron et la presqu’île d’Arvert (région de Royan), qui ne dépasse pas un kilomètre de large à marée basse dans sa partie la plus étroite, et qui s’ouvre sur une sorte de petite mer intérieure entre St-Trojan (sur l’île) et La Tremblade (sur le continent) :

Le pertuis de Maumusson tire son nom du vieux français « mauvaise musse », qui signifie « mauvais chemin ». En effet, les courants dans cet étroit goulet sont violents, dangereux, et ont déjà causé de nombreux naufrages : Wikipédia en dresse une liste non exhaustive à la fin de la notice consacrée au pertuis en question. Cette violence des courants est aussi une des causes de la modification du trait de côte de part et d’autre du détroit, celui-ci ayant tendance à s’élargir, comme on peut le deviner sur ces images provenant de GoogleEarth, prises à seulement douze ans d’écart :

Sur l’île d’Oléron, le trait de côte évolue particulièrement vite depuis les années 1970. On peut même affirmer que l’île rétrécit. Au XIXe siècle, des pins maritimes furent plantés sur la commune de St-Trojan, pour éviter les débordements intempestifs du sable sur le village. Jusque dans les années 1970, ces pins ont rempli leur mission, retenant la dune et permettant même à la plage de s’agrandir. Néanmoins, au printemps 1979, les collectivités locales lancent un SOS contre l’érosion marine, qui menace les habitations et les installations ostréicoles. Le pin ne peut plus rien. On accuse les tempêtes, on soupçonne autre chose qu’on ne sait pas encore bien nommer : le réchauffement climatique, et les dérèglements qu’il induit, est en marche.

Depuis le milieu des années 1990, le phénomène d’érosion s’accentue plutôt plus vite qu’ailleurs. Les tempêtes font tomber de véritables falaises de sable et les arbres qui y sont plantés et qui ne retiennent plus rien.

Entre 1996 et 2000, le recul du trait de côte a été de 15 mètres par an en moyenne dans la partie oléronnaise du pertuis de Maumusson. Et ça ne s’est pas arrangé depuis, obligeant notamment la gare du petit train touristique à reculer régulièrement dans les terres, et la rendant difficile d’accès en hiver :

Les changements sont visibles semaine après semaine. La cabane ci-dessous, bâtie par des promeneurs avec du bois flotté, était encore bien plantée sur sa dune en novembre 2018. Trois mois plus tard, elle était en partie effondrée :

Sources :

Les photos qui illustrent cette note ont été réalisées le 24 février 2019


Les demoiselles s’accrochent

Les demoiselles sont des odonates, ce qui signifie qu’elles sont de la même famille que les libellules, mais leurs corps et leurs ailes sont beaucoup plus petits et minces. Malgré cette apparente fragilité, les demoiselles, appelées plus sérieusement « zygoptères », sont de voraces carnivores, même à l’état larvaire. Elles ont aussi, tout comme les libellules, une tendance à s’agripper à leur partenaire sexuel. L’opération crac-crac est d’ailleurs potentiellement violente : les mâles peinant à trouver une femelle peuvent adopter des stratégies agressives vis-à-vis de leurs concurrents. Une fois le couple formé, l’attache des deux corps est bien solide, les mâles de certaines espèces ne lâchant la femelle qu’une fois les œufs pondus. On voit ainsi les couples voletant de-ci de-là, se posant sur une brindille, puis repartant vers la brindille suivante, monsieur tirant madame dans sa déambulation.

Accouplement de deux zygoptères – Département de la Gironde – 26 février 2019

Source : Wikipédia

Tant et tant de tournepierres

J’ai découvert le tournepierre à collier il y a un peu moins de deux ans, sur le port de La Cotinière (piqûre de rappel). C’était alors le printemps, et les oiseaux arboraient leur plumage nuptial, nettement plus coloré que le plumage hivernal. Régulièrement, depuis ce jour, j’ai revu des tournepierres sur ce même port, et même ailleurs sur l’île d’Oléron, mais jamais en aussi grand nombre que vendredi dernier.

Combien étaient-ils, massés bien serrés sur les pontons, les jetées, voire sur les ponts des bateaux ?

Circulant toujours en bande, dont le vol se déclenche sans que l’on sache très bien pourquoi, les tournepierres monopolisaient l’espace portuaire, bien plus que les mouettes et les goélands, pourtant bien plus sonores. Peut-être se préparent-ils déjà pour la grande fête du printemps puis la migration ? Et dire que, il y a une quarantaine d’années, ces oiseaux étaient quasiment inconnus sur l’île d’Oléron…
Ils sont apparemment fort peu étudiés en France, bien que protégés depuis 1981, et il n’y a donc ni comptage suffisamment récent ni suffisamment précis pour connaître la cause de cette arrivée, a priori assez conséquente, de tournepierres sur Oléron.

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) le 22 février 2019

Bain de soleil

Les animaux dits « à sang froid » se sont faits rares ces derniers temps. Mais aujourd’hui, alors que le thermomètre taquine les 15°C à l’ombre, ces charmantes bêtes sortent de leur léthargie et de leurs planques, puis se posent là et attendent paresseusement que le doux soleil réchauffe leur corps tout froid. C’est ainsi le cas du lézard … :

… de la tortue … :

… et, plus surprenant dans le quartier résidentiel où j’ai pris la photo, de la couleuvre :

Photos réalisées le 18 février 2019 dans l’agglomération bordelaise

Le seau de l’amour

Février est le mois des amours chez le crapaud. Le batracien ne pense qu’à rejoindre la mare la plus proche pour jouer à zizipanpan et assurer la perpétuation de son espèce. Mais, tout entier noyé dans ses hormones insistantes, le pauvre animal ne songe plus à l’élémentaire prudence sur le chemin de l’étang, traversant bien des fois des rues et des routes qui lui sont fatales. Le crapaud finit alors plus plat qu’une crêpe sur le triste bitume. Fin sordide d’une histoire d’amour à peine commencée.
C’est alors que la main de l’homme intervient, aidant l’animal par la mise en place de crapauducs. C’est ainsi que du côté d’Hourtin, dans le Médoc, l’ONF a mis en place pour trois semaines un système devant permettre à un maximum de crapauds de remplir leur devoir conjugal. Sud-Ouest explique ainsi qu’un rideau, disposé mi-janvier, oblige les animaux à tomber dans des seaux. Chaque matin, ces seaux sont transportés par des bénévoles jusqu’à l’eau, où les crapauds peuvent enfin conter fleurette et plus encore.

Un crapaud dans un étang de l’agglomération bordelaise le 12 février 2019

L’impatiente attente du printemps

Je sais que ce n’est ni scientifique ni réaliste, mais dès que les jours rallongent, donc dès que l’hiver s’officialise, je veux absolument voir des signes de printemps partout. Les mimosas d’abord, puis les crocus, les narcisses. D’ailleurs, pour ces derniers, c’est bon, ils pointent leur petit nez jaune dans mon jardin aussi, après un temps d’hésitation. Nous sommes au tout début de février, et je vois du printemps partout. D’ailleurs, pas plus tard qu’hier, à Bordeaux, il faisait 15°C. Et pourtant il faisait aussi bien gris. Un gris qui n’empêche pas la pie de faire son nid, très très haut dans l’arbre, parce-que dans un mois, peut-être moins, il y aura des petits dans ce nid-là, qui bouge pire qu’un manège de fête foraine quand le vent forcit :

Dans le même temps, le papillon, à peine sorti de son cocon, semble tout chose, tout bizarre, ne sachant trop quoi faire de ses ailes colorées sur la terre ferme. Celui-là mit quelques minutes avant de prendre son envol :

Mais surtout, et c’est chaque année la même histoire, c’est la migration des grues dans le sens sud-nord qui marque le début des beaux jours. La LPO a daté le début de la migration au 1er février. J’ai vu les premières grues hier, presque au-dessus de mon home sweet home :

Un guillemot en hiver ?

C’est un dimanche venteux qui fait voler le sable et l’écume. Marcher sur l’estran sableux ressemble à une gambade dans de la crème fouettée, le marcheur moyen étant en outre fortement poussé par le vent. On parle de rafales à 70 km/h. Mais c’est en continu que ça souffle ainsi sur ce bout de littoral entre la pointe de Grave et le Bassin d’Arcachon.
Et, sur cette écume faussement moelleuse, il y a un oiseau, seul de son espèce dans cet espace-là, indifférent aux goélands locaux qui volent comme ils peuvent. Je surfe sur le net et pense qu’il s’agit probablement d’un guillemot de Troïl en tenue d’hiver (sa tenue d’été ressemble davantage à un smoking, très classe).
Le guillemot, nous disent les sites habituels (oiseaux.net, oiseaux-birds.com et même wikipedia), passe quasiment toute sa vie en mer. C’est un oiseau pélagique, qui pêche profond et, qui, au final, a grosso modo le même régime alimentaire que moi : merlan, maquereau, hareng, etc. Le voir ainsi, comme échoué, sur ce bout de plage, a quelque chose d’inquiétant. L’oiseau repartira-t-il quand le vent sera calmé ?

Photos réalisées sur la presqu’île du Cap Ferret le 27 janvier 2019

Le jaune est la couleur de janvier

Jonquille dans un parc de Bordeaux en janvier 2019

Loin de moins toute ambition polémique : je ne parle point ici de gilet de contestation, mais de jolies fleurs, les premières, celles d’avant le printemps. Il y a bien sûr le mimosa, qui pète de joie depuis Noël dans les contrées les plus clémentes (à tout hasard : la Charente-Maritime), mais aussi, depuis peu, la jonquille. Si les narcisses de mon jardin patachonnent, n’allant pas plus loin qu’une brave tige verte sans encore de fleur, c’est parce-qu’ils sont plantés plein nord, mais ailleurs, dans la grande ville, la jonquille s’épanouit. Elle n’a pas peur du froid, mais si on la sniffe de trop près, elle peut faire mal à la tête. D’ailleurs, faut-il le rappeler, de la racine aux pétales, la jonquille est un poison intégral (source).

L’ancêtre du code-barre

Bassin d’Arcachon – Janvier 2019

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Signe d’hiver

Il a fallu passer la barre symbolique du 1er janvier pour que l’hiver arrive pour de vrai. Les températures, en Gironde du moins, sont légèrement négatives au petit matin, et, surtout, les étangs du côté du Bassin d’Arcachon sont pris par la glace. Pas de quoi patiner dessus (même les foulques n’osent pas !), mais quand même, la glace, en Gironde, c’est un peu rare.

Arès (Gironde), 5 janvier 2018


Que reste-t-il quand le paysage a disparu ?

C’était deux jours avant Noël dans le sud de l’île d’Oléron. Le brouillard est tombé d’un coup alors que nous arrivions sur la plage. Et puis plus rien. Ni rivage, ni estran, ni sable, ni océan. Rien. On distingue à peine les rares humains qui, séduits par la douceur de l’air d’alors tapaient le ballon sur la plage :

Néanmoins, la balade se fait. On sait que la mer, à cet endroit, porte le nom de « pertuis de Maumusson », qu’en face il y a la presqu’île d’Arvert, et peut-être même que loin vers l’ouest, il y a l’Amérique. On sait tout ça.
Finalement, nous parvenons quand même à voir des oiseaux, une horde phénoménale de bécasseaux :

Peut-être un millier, voire plus, de ces oiseaux, rassemblés au ras de l’eau :

Grèbe urbain

En ce moment, au Jardin Public, le cormoran est le roi. Les carpes n’ont qu’à bien se tenir ! Et donc, il y a peu de temps, j’observai un de ces cormorans, qui plongeait invariablement pour ne rien rapporter : les carpes se tenaient bien.
Le cormoran plonge, ressort un peu plus loin, replonge, et ce qui ressort est … un petit bouchon flottant, qui replonge aussitôt. Beaucoup beaucoup, mais vraiment beaucoup plus petit qu’un cormoran, le grèbe, car grèbe il y a, farfouille lui aussi dans la mare pour chercher tambouille. Outre le fait que, croyant voir surgir un cormoran balaise, je me trouve face à un petit grèbe dodu, la surprise est liée à la présence même de ce grèbe en pleine ville. Il s’agit du grèbe castagneux, que j’ai surtout l’habitude de voir sur le bassin d’Arcachon dès que l’automne arrive. Un plongeon de plus, et je ne vis plus le petit grèbe.

Un grèbe castagneux dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois de décembre 2018

Tous les indices concordent

Tous les indices concordent : l’hiver est à nos portes, il arrive, il est là. D’ailleurs, ce matin, j’ai du trouver écharpe et manteau bien chaud en urgence : le thermomètre annonçait 2°C. Au week-end, déjà, sur le Bassin d’Arcachon et malgré la douceur de l’air, je me doutais bien de quelque chose. Les bécasseaux se rassemblaient en nombre sur la plage. Ils peuvent certes être là en toute saison, mais c’est en hiver qu’ils sont les plus nombreux et, a priori, les plus grégaires :

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Idem pour les grèbes castagneux. Les premiers de ces petits migrateurs se sont pointés fin septembre, des précoces qui voulaient la meilleure place au camping. Ils sont désormais de plus en plus nombreux :

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Idem itou pour les cygnes réticulés, qui arrivent petit à petit pour hiverner :

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Mais l’indice le plus sûr d’un hiver imminent, c’est bien sûr les très nombreux passages de grues cendrées qui ont lieu depuis quelques jours. Ce soir encore, alors que je revenais joyeuse mais frigorifiée avec mes jolis légumes de l’AMAP, j’entendais un énorme vol de ces formidables oiseaux, mais sans les voir pour cause de nuit noire. Par contre, hier sur le Bassin, le défilé était ininterrompu :

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Déjà la fin de l’automne

Hier soir, j’entendais les grues dans le ciel bien noir, qui descendaient en hordes sonores vers un sud plus clément. Pourtant, actuellement, il fait plutôt doux, mais la grue qui passe, c’est un peu le signe de l’automne qui trépasse. D’autant plus que Météo France annonce un gros coup de froid pour la semaine prochaine. D’où ce coup d’œil sur les lumineuses couleurs de l’automne :

Photos prises mi-novembre 2018 au jardin public de Bordeaux

Dernière balade dans le marais avant l’hiver

Il s’agit d’une de mes balades préférées sur l’île d’Oléron : le marais des Bris, sur la commune de Saint-Trojan :

Il est encore temps d’y trainer ses baskets, mais dans peu de temps, il faudra les bottes, voire la barque. C’est un marais, après tout, et, à contre-jour, il brille et c’est joli :

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On n’y voit pas forcément tant d’animaux que ça à cette saison, du moins en plein après-midi. Il y a néanmoins des traces de sangliers, probables cousins de ceux que nous avons aperçus de nuit du côté de Saint-Pierre, qui déambulaient sur le bas-côté de la route (et pas en plein milieu, notre carrosse leur en sait gré). On ne voit plus de grenouilles, même si certains soir le marais croasse encore, mais le frais arrive et le batracien se tait désormais. Les échasses blanches sont parties vers des contrées plus ensoleillées il y a longtemps déjà. Bref, c’est novembre, et il faut faire avec. Avec les oiseaux de garde, comme le merle, qui se régale de tous les fruits de tous les arbres et arbustes du marais … :

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… et comme l’aigrette garzette, en pleine séance de pêche :

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Photos réalisées en novembre 2018

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Le bassin d’Arcachon à marée basse au début de l’automne 2018

Quand la tourterelle prend l’antenne

P1220539Surprise au week-end dernier lorsque je vis, ébahie, une tourterelle posée sur une ébauche de nid, lui même perché sur une antenne de télé. Ebahissement car, dans ma petite tête de mammifère moyen, la taille du nid est proportionnelle à celle de l’oiseau qui le construit, et surtout, septembre n’est pas la saison peace and love.
Double erreur, que le site oiseaux.net me permets de corriger ce soir : la tourterelle turque (qui n’a de turque que le nom) fabrique de l’oisillon à tour de pattes de mars à octobre. Deux semaines après la ponte, les petits sortent de leurs œufs. Ce qui peut faire pas mal de jeunes chaque année. D’autre part, le nid de ladite tourterelle est on ne peut plus sommaire : quelques brindilles font l’affaire. Le mâle et la femelle se relaient pour couver sur ces quelques branchettes instables vite agencées.

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Photos prises sur l’île d’Oléron le 22 septembre 2018

Un morutier par hasard

Un petit bonheur de la vie l’après-midi, entre la fin des cours et des réunions qui n’en finissent pas, ça ne se refuse pas.
Suite à une course fort rapide dans la grande distribution du centre-ville, je décide de tester ma capacité de résistance à la chaleur en descendant sur les quais. Pas un poil d’ombre, mais un quatre-mâts goélette ravissant amarré au ponton d’honneur : le Santa Maria Manuela. Construit en 1937 et en un temps record (62 jours), ce navire taquina fort longtemps la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Trop ringard pour poursuivre l’aventure, il cessa cette activité en 1993, puis fut restauré afin de se lancer dans le tourisme culturel. Aujourd’hui, à Bordeaux, il était possible de le visiter. J’en ai profité.

Collection 463

Le port du Château d’Oléron (été 2018)

Orage en cours

Une fois de plus, Météo France nous a alerté en orange : on ne peut pas lui reprocher de ne pas faire son job. L’air fut lourd, très chaud, jusque vers 20 heures. Et puis rien, enfin pas grand chose. Un vague vent mollasson de sud, mais quand même les avions qui décollaient à l’envers (c’est-à-dire vent de dos et pas de face), signe que ça devenait rock’n roll ailleurs. Le vent s’est levé, il y a un peu de pluie, quelques éclairs, il fait moins chaud. La dernière photo prise fut celle-ci :

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Et puis plus rien car vint la nuit un peu avant 21 h 30. Dois-je vous rappeler mon désespoir des jours qui raccourcissent ?

La nuit va venir, elle arrive, elle est là

Vol Amsterdam - BordeauxPasser ses vacances d’été sous le 62e parallèle, que ce soit en Finlande ou ailleurs, a quelques conséquences sur la perception de la nuit. Celle-ci tombe très très lentement et jamais tout à fait ; à quatre heures du matin, il fait grand jour. Les maisons locales n’ont que rarement de rideau occultant et jamais de volet au fenêtre. Le sommeil se fait sans réelle obscurité, et ce n’est pas toujours simple.
Finalement, ce qui fait que l’on apprécie le retour sous notre brave 45e parallèle, outre la tambouille (promis, j’en parle un jour), c’est le retour de ce contraste élémentaire et franc entre le jour et la nuit.
Je me souviens ainsi du retour à Bordeaux, le descente avait commencé et nous n’étions plus très loin de notre cher aéroport de Mérignac : la nuit, vers l’est, était visible et se rapprochait de nous comme la marée haute au Mont-Saint-Michel par fort coefficient (c’est-à-dire, pour reprendre l’adage populaire, « à la vitesse d’un cheval au galop »).

Vol Amsterdam - Bordeaux
Le problème, c’est ce soir : 21 h 30 et déjà nuit noire. Regret et nostalgie pour les très longues soirées finlandaises.

Qu’est-ce qu’elle a donc fait, la p’tite hirondelle ?

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Une jeune hirondelle sur l’île d’Oléron, mi-août 2018

La p’tite hirondelle n’a rien fait puisque la grande n’est pas parvenue jusqu’à nous pour niaquer les moustiques et faire des bébés hirondelles. Un été sans ce superbe petit oiseau, à part un ou deux rescapés de la grande migration qui a mal tourné.
Une lueur d’espoir quand même, sur l’île d’Oléron : une jeune hirondelle, plumage encore en travaux, était perchée sur un fil il y a moins de deux semaines. Pas d’autre jeune dans mon champ visuel, l’hirondelle se fait rare, et le moustique me pique, me pique et me repique.

Le pont des rêves

Quittons la Finlande un instant pour revenir en Charente-Maritime. Un petit pont sur un petit chenal du Château d’Oléron attire l’attention :

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Ce petit pont sur le petit chenal a été renommé « le pont des rêves » (inauguration le 25 juin dernier en grande pompe et en soirée). Détournant l’idée bizarre des cadenas attachés aux ponts divers et variés des villes touristiques, les promoteurs du « Pont des rêves » en ont fait quelque choses de beaucoup plus doux et beaucoup plus drôle, et surtout sans aucun danger, ni pour le pont ni pour le chenal en dessous.

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L’idée est simple : récupérer une coquille d’huître, y écrire son vœu via une encre végétale, et l’accrocher au pont avec une ficelle biodégradable. Le vœu peut être très concret :

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La légende toute fraiche du pont dit que, une fois la ficelle biodégradée et l’huître tombée dans l’eau (ou la vase, tout dépend de l’heure de la marée), le vœu se réalise. Tous les vœux ? tous les vœux, oui, tous.

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Photos réalisées en août 2018