La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 9 juillet

En temps normal, le festival des Francofolies commence en ce moment-même, sur le coup du 9 ou 10 juillet. Cette année est bien différente, mais ce n’est pas une raison pour ne pas penser à La Rochelle. « Ses arceaux, ses arcades / Ses jardins en balade / Et ses rues / Qui promènent en détours / Et ramènent toujours / Vers la mer, la mer ».

Anne Sylvestre
Pourquoi pas La Rochelle

La chansonnette passe l’été en France – Mardi 7 juillet

Une déambulation dans l’hexagone oblige à croiser des fleuves, ceux que l’on a appris à l’école, même que si on en suivait le cours du fleuve à l’envers avec la règle au tableau, on avait sur les doigts. Virtuellement, sur les doigts, mais on finissait quand même un peu honteux d’avoir fait remonter la Garonne vers les Pyrénées ou la Loire vers le Mont-Gerbier-de-Jonc. Mais que voulez-vous, quand on vit sur un estuaire, on est habitué à voir le fleuve aller un coup dans un sens, un coup dans l’autre, c’est la marée et c’est la norme lorsque le fleuve en bout de course fonce vers l’océan.

Claude Nougaro
C’est une Garonne

La Garonne à Auvillar (82) – Septembre 2015
En arrière-plan à gauche : la centrale nucléaire de Golfech

Les stars du jardin botanique

On peut se dire que le jardin botanique est d’abord et avant tout visité pour ses plantes. Ce n’est point faux, d’autant plus que celui de Bordeaux fait dans le concret : légumes, fruits, plantes médicinales, avec panneaux explicatifs clairs et précis. En plus du plaisir des yeux, on ressort du jardin un peu moins idiot qu’on y est entré, et ce n’est pas rien. Mais ce jardin n’est pas que cela : il a aussi ses stars, vertes et bondissantes, qui, dès le printemps, font leur show dans les mares. Habituées aux humains, les grenouilles de ce jardin-là sont particulièrement peu farouches.

Le temps du lotus

Le lotus, comme le nénuphar, plante ses racines dans la vase et pousse dans l’eau. Mais le lotus est plus grand, plus majestueux, plus impressionnant. Les lotus du jardin botanique de Bordeaux sont actuellement en train de fleurir :

La chansonnette passe l’été en France – Samedi 4 juillet

Pour 600 000 de mes concitoyens (chiffre de 2019), les vacances ne riment pas forcément (ou pas tout le temps) avec farniente sur le sable ou balade en forêt, mais lesdites vacances sont consacrées au bien-être et même aux soins médicaux : je parle ici du thermalisme, qui tente actuellement de se remettre du fracas du confinement. D’ailleurs, certains établissements thermaux proposent d’ores et déjà des soins post-confinement : c’est le cas des thermes de Saujon en Charente-Maritime.
La chanson de cet après-midi s’intéresse néanmoins à une autre région : les Vosges. Son interprète, Anny Flore (1912-1985), adopte un ton moqueur pour évoquer le curiste-type : « Le cœur content / Le matin, il s’en va chez le docteur en courant / Qui, tout de suite / Sans plus d’explications, l’envoie au bain bouillonnant ».

Anny Flore
Le curiste de Vittel

Une carte postale de Bordeaux

Un petit matin de juillet en rive droite, juste avant le boulot. La lumière, le lieu, un vrai plan « carte postale ». Je ne résiste pas, je clique.

Bordeaux – Le pont de pierre et la flèche St-Michel

Certes : des oiseaux

La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Certes : des paysages

Week-end électoral. Dans ma commune, girouette-cacahuète est confiné dans l’opposition, et j’en suis ravie. Mais le sujet de ce soir est néanmoins plus bucolique : je reviens sur l’extraordinaire balade d’hier matin, qui avait commencé par l’observation de milans au-dessus d’un parking (piqûre de rappel). Ce parking est celui du domaine de Certes, situé à cheval sur les commune d’Audenge et Lanton, sur le bassin d’Arcachon, dans le parc naturel des Landes de Gascogne. Des paysages sublimes, que ce soit côté domaine proprement dit ou côté bassin :

Week-end d’élections = week-end à la maison

Second tour des municipales. Pas question de faire abstention : il s’agit, dans ma commune, d’empêcher girouette-cacahuète d’accéder au trône de maire. Donc demain, à la première heure, je glisse mon bulletin dans l’urne. Et donc, aujourd’hui, l’homme de la maison et moi-même n’avons point déserté vers des contrées d’outre-Garonne.
Le devoir électoral n’est cependant pas incompatible avec une vraie balade dans la nature. Balade matinale (après, il fait trop chaud) qui a commencé par l’observation des milans au-dessus d’un parking. Suite au prochain numéro.

Des milans noirs quelque part en Gironde – 27 juin 2020

Le sphinx-colibri

Le sphinx-colibri, appelé aussi moro-sphinx, est un papillon original par plusieurs aspects. Il doit son surnom de « colibri » à sa manière de faire du sur-place en battant des ailes à toute vitesse, comme l’oiseau « colibri » donc.

Pourquoi bouge-t-il ses ailes si vite ? parce-qu’elles sont trop petites par rapport à son corps trapu. En bougeant ainsi ses ailes, tellement vite qu’on les distingue à peine voire pas du tout, il peut rester en équilibre devant la fleur dont il aspire le nectar grâce à une longue trompe très fine.

Dernière originalité : à ma connaissance, c’est le seul papillon diurne de la famille des sphinx.

Pour en savoir plus, cliquez ici et . Les photos ci-dessus ont été prises en Charente-Maritime en juin 2020.

Un petit tour à la capitale

Saint-Pierre d’Oléron est considérée comme la capitale de l’île : c’est la commune la plus peuplée (un peu plus de 6700 habitants en 2017), et elle a même un aérodrome. C’est aussi, à ma connaissance, la commune oléronaise où vivent le plus de personnes à l’année, avec la commune de Dolus sa voisine. Au week-end dernier, j’ai pris quelques minutes pour y déambuler :

Max de loin

C’est un type accroché à une toile volante, le week-end dernier dans ce joli département de Charente-Maritime. Pas un parapente — même si cela y ressemble— car pente il n’y a point (ou peu, ou pas assez) dans ce département-là. Sur le moment, celui de la photo, j’ai pensé à cette vieille chanson d’Hervé Cristiani, Il est libre Max, parce-que c’est vrai que « y’en a même qui l’ont vu voler ».

Fleur d’échalote sous la pluie

PlantNet m’indique fleur d’échalote, sans être sûr à 100 %. La fleur d’oignon ressemble aussi un peu à ça. Et puis c’est aussi la même forme, mais pas la même couleur, pour celle de l’ail. Bref, toutes ces plantes dont les bulbes parfument les repas, ont la fleur perchée sur une haute tige. Aujourd’hui, sous la pluie, la fleur semblait même disposer de son propre essuie-glace. La nature est décidément bien faite.

Photo réalisée à Bordeaux le 18 juin 2020

Orange dehors, orange dedans

Le rougegorge porte mal son nom : déjà, la zone colorée ne se résume pas à la gorge, mais englobe tout le poitrail et une bonne partie de la tête du petit passereau. Et surtout, la couleur n’est pas rouge, mais orange. La preuve, s’il en fallait une, avec ce joli spécimen qui raconte plein de choses passionnantes dans son mimosa :

Le même oiseau, lorsque je force le zoom au-delà du raisonnable (c’est une photo moche, mais c’est pour la science), montre l’intérieur de son bec, voire sa gorge : orange aussi.

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Aurélie de deux couleurs, et une énigme

Aurélie est le joli petit nom d’une méduse presque totalement transparente. Elle est assez courante en Atlantique, surtout l’été. De son nom savant aurelia aurita, elle est actuellement visible sur les plages de Charente-Maritime :

Sur la même plage, et pas bien loin de l’aurélie ci-dessus, se trouvent de nombreuses méduses bleues (c’est leur nom), de la même famille que l’aurélie :

Jusque là, nous sommes dans du connu, du déjà vu. Mais il y a aussi une autre sorte d’animal faisant penser à une méduse bleue, un peu par sa forme et bien sûr par sa couleur, mais, en y regardant de plus près, on a l’impression qu’il y a deux animaux en un, comme deux physalies piégées dans un globe de gélatine :

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Fraises des bois, nous voilà

Déjà la semaine dernière, dans la balade digestive qui mène vers la mer, nous avions eu droit à un deuxième dessert, certes modeste en volume mais fort goûteux : des fraises des bois. Rebelote ce week-end. Même chemin, les yeux aux aguets et les mimines promptes à cueillir le petit fruit rouge et sucré. Ces petits instants gourmands m’ont rappelé les vacances en Finlande, dans la vie d’avant le grand confinement. C’était il y a deux ans, nous avions trouvé des fraises des bois sur un chemin qui allait de la maison vers le lac de la baignade, là encore une histoire de gourmandise sur la route de la plage.

L’hérogne et le cigon

Reportons-nous quelques mois en arrière : sur l’île d’Oléron, une famille de cigognes et une famille de hérons partageaient le même arbre (piqûre de rappel). Le confinement n’aidant pas, je n’ai pas eu de nouvelles de ces deux familles pendant trois mois et demi. Dès que la cloche de la récré a sonné, je me suis précipité vers ces nids de haute promiscuité. Alors ? ont-ils fait ami-ami ? ont-ils eu des petits ? des hérognes ou des cigons ?
La surprise fut de taille : les hérons seuls semblent avoir gagné la partie, ils occupent l’arbre sans concurrence. À moins que, à ce moment précis du début de juin, le gang des cigognes ne se soit planqué dans les fourrés, histoire de tromper le badaud de base.

Deux hérons sur l’île d’Oléron petipatapon – Juin 2020

Un demi-deuil sur la prairie

Le nom de « demi-deuil » est directement lié à la couleur de ce papillon : noir et blanc. C’est un papillon de taille moyenne, très commun en Europe, quoique moins présent au nord de la Seine. Actuellement, les demi-deuil sont nombreux dans les champs et les bords des chemins sur l’île d’Oléron.

En déambulant sur Wikipédia, je découvre comment ce papillon se reproduit. Habituellement, les mâles papillons attendent gentiment que madame passe. Chez demi-deuil, monsieur surprend madame lorsque celle-ci décolle de quelque herbe où elle s’était rassasiée ou reposée. Madame largue ses œufs en plein vol. Puis ceux-ci, air connu, deviendront chenilles, chenilles deviendront papillons, …

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en juin 2020

Futur sphinx

Une grosse chenille d’un vert pomme éclatant avance tête en bas et très lentement. Une vraiment grosse chenille. Vraiment très verte. Qui donnera naissance à un papillon peut-être grand aussi. Ou pas. Après tâtonnement sur le web, j’en conclus que cette chenille est de la famille des sphinx, des papillons presque tous nocturnes (sauf le moro sphinx, appelé aussi sphinx colibri).

Chenille d’un papillon de la famille des sphinx – Département de la Gironde – Juin 2020

Liseron, mon ami

Si on tape « liseron » dans un moteur de recherche, il nous est inévitablement suggéré de multiples manières pour s’en débarrasser, cette plante grimpante étant, à tort ou à raison, considérée comme une « mauvaise herbe ». Si on précise « liseron des dunes », le résultat est tout autre et la plante gagne en sympathie. Non pas parce-que sa fleur passe du blanc au rose en passant du jardin à la plage, mais parce-que le grimpant envahissant devient un rampant fixateur de dune. Deux plantes de la même famille, mais celle qui a de jolies fleurs de couleur rose détient le pouvoir quasi-magique de lutter contre l’érosion marine.

Des liserons des dunes sur une plage océane du Cap Ferret en mai 2020

Un océan confiné ?

L’océan Atlantique, dans le golfe de Gascogne, bien souvent s’abat et cogne sur le sable, façon avion qui aurait oublié de sortir le train d’atterrissage avant d’effleurer le tarmac. L’océan, en Gironde, dans les Landes et ailleurs, fabrique de la vague et du rouleau à la chaîne, le fordisme au service du surf. Car le plaisir que procurent toutes ces vagues, aussi dangereuses soient-elles, ce sont d’abord les surfeurs qui en profitent. Surtout au printemps (le baigneur attend surtout que la température de l’eau se réchauffe).
Mais là, en cette toute fin de mai sur la presqu’île du Cap Ferret, il faut se rendre à l’évidence : l’océan reste timide, comme encore confiné, sage comme une image. Et le surfeur déconfit attend la vaguelette pour, quand même, tenter de se faire un petit peu plaisir, lui qui a tant milité pour la réouverture des plages dans ce fameux mode dynamique qui s’impose actuellement.

Des surfeurs attendent la vague sur une plage de Lège-Cap-Ferret, fin mai 2020

Le geai des chênes porte bien son nom

Quand il ne batifole pas dans les branches des chênes (piqûre de rappel), le geai en mange les fruits. Le geai ici présent ne séjournait donc pas sur un chêne, mais toute branche pouvant faire à la fois table, chaise et assiette, le geai en question s’apprêtait à se régaler d’un gland. Les geais sont relativement nombreux dans les parcs bordelais, ils s’y chamaillent même (celui qui figure sur les photos s’est fait chiper son gland par un autre geai, qui lui a volé dans les plumes quelques secondes après la mise en boite des photos). Les geais sont facilement repérables de loin grâce à leur cri, mais aussi à leurs couleurs. Dans les parcs et jardins, habitués aux humains, ils sont assez peu farouches.

Le temps d’avant sur le port de La Barbotière

Un temps d’avant de bien avant encore, un temps d’avant que covid n’avait même pas imaginé, un temps tellement lointain qu’il remonte au vingtième siècle, avant même les années 80. Autant dire une forme de préhistoire, d’une énigme temporelle lointaine. Du temps où, sur ce port de La Barbotière, à Gujan-Mestras, département de la Gironde, on pouvait acheter des huîtres en gros et au détail en appelant le 22 à Asnières 81 18.

Port de La Barbotière – Gujan-Mestras – Mai 2020

Balade de printemps sur les ports de Gujan

Les ports ostréicoles de Gujan se trouvent sur la commune de Gujan-Mestras, dans la partie sud du Bassin d’Arcachon :

Il s’agit d’une succession de cabanes ostréicoles de part et d’autre de chenaux perpendiculaires au Bassin, et donc totalement dépendants des marées :

Ce sont bien, d’abord et avant tout, des espaces de travail. On peut ainsi voir, devant certaines cabanes, les tuiles chaulées prêtes à recevoir les naissains d’huîtres :

Il se pourrait bien aussi que ce soit un lieu où l’on puisse prendre du bon temps :

Balade réalisée un matin de mai 2020

Le Yersin dans le port de la Lune

Un navire portant le nom du découvreur du bacille de la peste, accosté en pleine période d’épidémie, cela a quelque chose d’un peu troublant. Néanmoins Yersin il y a, au ponton Ariane du quai des Chartrons, à Bordeaux. Ce yacht d’exploration, pouvant même naviguer en zone polaire, est arrivé hier soir pour une petite toilette.

Le bateau est récent : il est sorti des chantiers Piriou de Concarneau en mai 2015 après trois ans de travaux, et a été livré à son propriétaire monégasque, François Fiat. En juillet 2017, il est parti pour un tour du monde de trois ans, sur les traces du prince Albert Ier de Monaco, considéré comme un des fondateurs de l’océanographie moderne.

Pour en savoir vraiment beaucoup plus :
– Vincent GROIZELEAU, « Le Yersin, navire de voyage et de recherche de François Fiat », Mer et Marine, 29 septembre 2014
– Sylvie ROUAT, « Le Yersin, le navire océanographique de la principauté de Monaco, a pris la mer », Sciences et Avenir, 7 avril 2017
– Gaëlle RICHARD, « Bordeaux : première escale technique pour le yacht d’exploration Yersin », Sud-Ouest, 18 mai 2020

Photos réalisées le 19 mai 2020 à Bordeaux

Le nécessaire retour à la mer

La trop longue interdiction d’accès aux littoraux et aux forêts avait quelque chose de punitif et de contre-productif : je ne vois pas en quoi il était moins dangereux d’autoriser la foule à s’entasser dans les rues commerçantes plutôt qu’à s’éparpiller sur les côtes et dans les espaces naturels. La décision unanime des préfets, visant à autoriser l’accès à la mer, va donc dans le bon sens. Et ce bon sens, j’en ai profité hier matin, sur le Bassin d’Arcachon. Première image du retour à une certaine normalité :

Les cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon vues d’Andernos – 16 mai 2020

La ville est toujours là

Le confinement m’avait fait perdre Bordeaux de vue, comme si la ville avait soudainement disparu dans ce rétrécissement majeur de l’espace autour de mon territoire de libre parcours, quelque part en banlieue nord. Le passage en rive droite fut un très grand moment de bonheur, un sentiment très net de la liberté retrouvée, d’autant plus que rien, ou presque, ne rappelait l’existence du covid. Il y a bien eu l’obligation du masque pour franchir la Garonne sur le Batcub, avec gel hydroalcoolique à bord, mais rien d’oppressant, rien d’anxiogène.
Une fois sur les quais de la rive gauche, en centre-ville, il y a bien ce nouveau balisage au sol, qui sépare les équipes, mais cela n’est pas effrayant, pas si contraignant que cela finalement :

La sensation nette que nous avions changé de monde fut ressentie dans un haut lieu du tourisme bordelais, à savoir la Place du Parlement, où nous nous régalâmes d’une glace, parce-que la vie urbaine est aussi faite de petits plaisirs. C’était la première fois que je voyais cette place dans toute son étendue, sans les terrasses des restos qui, habituellement, mangent une grand partie de l’espace. Et là j’ai ressenti que la ville avait basculé, parce-que Bordeaux sans bistrot ni resto, ce n’est pas vraiment Bordeaux.

Photos réalisées le 14 mai 2020

Sur la Garonne

Deux mois sans voir d’autre eau que la pluie (souvent) et celle de minuscules étangs artificiels. De l’eau posée là, mieux que rien, mais quand même, rien qui circule vraiment, rien qui tôt ou tard file vers l’océan. D’où une irrésistible envie de Garonne, ce fleuve qui, à Bordeaux, va dans le sens de la marée, un coup vers l’aval, un coup vers l’amont. Et c’est ainsi que, pour bien sentir le fleuve, et aussi, très accessoirement pour passer sur l’autre rive, nous avons emprunté le bus fluvial, ici appelé Bat3 (prononcez « batcub »). Autant dire une épopée, un voyage au long cours. Quelques minutes mais quel bonheur !

Dans la mare aux nénuphars

Puisque, hier, j’avais franchi la Garonne de quelques coups de pédale, il m’étais facile de faire un petit tour dans le jardin botanique de la Bastide. Un tout petit tour : mon homme et moi-même avions des ambitions garonnesques et clairement urbaines, mais un tour quand même.
La plus grande pièce d’eau du jardin botanique est celle où fleurissent les nénuphars, ainsi que les lotus quand c’est la saison (je pense que nous sommes un peu tôt). C’est aussi un hot spot pour d’autres plantes aquatiques, comme les iris, ainsi que pour les carpes et les grenouilles.

Revoir la ville, enfin

S’octroyer quelques heures de liberté en pleine semaine. Se dire que le boulot attendra bien un peu. Que c’est juste récompense après toutes ces semaines 7/7 et ces deux mois de mise sous cloche, qui ne furent vraiment pas des vacances. Se dire qu’on peut bien se le permettre, pour une fois, et sortir le vélo pour franchir la Garonne. Constater que ladite Garonne est toujours bien là, la reconnaître, la sentir même, et voir la ville en face. Se dire que le monde existe encore, qu’il y a une vie en dehors du covid.

Bordeaux – 14 mai 2020