Bâtir, construire, etc.

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Les oiseaux, surtout au printemps, sont des bâtisseurs. Tandis que, de-ci de-là, je lis que les matériaux de construction manquent pour les humains (canal de Suez à peine sorti du grand bazar, pénurie pour cause de chantiers chinois gigantesques, covid qui a toujours bon dos, que sais-je encore), les oiseaux, eux, font feu de tout bois et brique de toute paille, comme ces étourneaux, qui récupèrent des morceaux de bambous là où l’humain les a coupés. Je ne sais pas très bien pourquoi cette petite bambouseraie a été mise à terre, mais les étourneaux s’en réjouissent. L’oiseau arbore fièrement, et surtout comme il peut, la paille horizontale qui, dans son bec, a tout d’une poutre :

Son compère tente de déambuler avec son stock de matières premières :

Le dernier, enfin, trouve bien que la brindille vacille un peu, mais il faut consolider le nid, quoiqu’il en coûte :

Photos réalisées en Gironde au printemps 2021

La cage

Chronique du grand confinement, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je ne décolère pas. La remise en cage, à la niche, derrière les barreaux, dis-le comme tu veux, ce re-confinement me met hors de moi parce-qu’il était évitable. Et puis aussi parce-que nos dirigeants n’ont rien compris au film. En quoi suis-je plus dangereuse en me baladant seule à marée basse sur la plage à 50 km de chez moi, qu’en déambulant au milieu de plein d’autres quidams sur les quais de Bordeaux ? Expliquez-moi, mesdames et messieurs les dirigeants en quoi le square du bas de la rue est moins dangereux que la forêt à 30 bornes ? Ces mesdames et messieurs rétorqueront qu’il était possible de s’isoler (on ne dit plus confiner, ça fait re-sucé de 2020) ailleurs, dans des prés verdoyants, dans la maison de famille du Lot ou la résidence secondaire à La Baule. Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ? et pour ceux qui n’ont pas sous le coude, hop comme ça, la bicoque sympa avec connexion internet ad hoc pour que les drôles puissent faire semblant d’avoir l’école à la maison ? bref, pour les gens ordinaires ? Je suis en colère et je piaffe derrière les barreaux de ma cage, même si je sais que j’ai la chance immense d’avoir une cage avec jardin dans une jolie ville avec Garonne. Une jolie cage, mais sans la plage ni l’océan.

La remise en cage, à la niche, qui me prive de plage et d’océan

Chevreuil flou

Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’est une balade tranquille, côté nature. En bord de chemin, une ombre, une forme vague, quelque chose semble bouger derrière les arbustes. On le devine, on le voit finalement, de loin : c’est un chevreuil. Le vent est dans le bon sens, l’animal ignore le marcheur béat si heureux de voir ce mammifère-là pendant sa promenade vespérale. Puis le chevreuil repart, en deux bonds silencieux, vers la forêt.

Un chevreuil derrière les arbustes – Charente-Maritime – Mars 2021

Premier jour du printemps

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Tu la craches, ta boulette ?

Je suis prof mais je me soigne, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Un jardin en cette fin de semaine. Une corneille avec un truc dans le bec. Un gros truc :

Mais de quoi s’agit-il ? de loin, je pense à une noix, tout en trouvant ladite noix fort balaise et vaguement minérale. Mais je reste sur mon idée de noix, confondant mollement corneille et écureuil. C’est la fin de semaine, les terminales ont été chiants comme la pluie, j’ai des excuses.
Mais en zoomant mieux, en insistant avec attention, en me penchant sur le sujet, je constate que ce que la corneille tient en son bec n’a rien à voir avec le fromage du maître corbeau de La Fontaine. La corneille n’est pas un corbeau, et toute confusion avec ce que l’un ou l’autre tient en son bec est permise. Mais comme les terminales ont été bavards comme des pies, j’ai comme un flou et le mélange mammifère / oiseau ne me choque pas outre mesure.
Après déambulation sur la toile, et oubliant ces sales gosses de terminales, il s’avère que la corneille tient probablement en son bec une boulette de réjection :

Une boulette de quoi ? de ré-jec-tion. Un truc que l’on rejette, comme le souvenir de ces marmots en pré-bac qui pourrissent l’ambiance. Et surtout comme d’autres oiseaux. Les corneilles avalent des choses improbables et indigestes, des carapaces d’insectes par exemple. Et les corneilles, comme d’autres oiseaux, recrachent ces choses immangeables par le bec. Ce qui me surprend, c’est que cette corneille de jardin a gardé sa boulette longtemps dans son bec et s’est même envolée avec, sans s’en débarrasser en chemin.

Photos réalisées en Gironde en mars 2021

Un incendie à Strasbourg bloque un lycée à Bordeaux

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ce matin, comme tous les matins en semaine, je commence par m’informer de la météo (pour choisir entre le ciré ou le petit débardeur estival), puis du réseau de transports en commun (au cas où le tram aurait rencontré un éléphant sur la voie), et enfin je me connecte sur l’espace numérique de travail (ENT), commun à toute la région Nouvelle Aquitaine, joyeusement nommé « Lycée connecté ». Et rien. J’ai bien eu la météo et le tram, mais pour le boulot : nada. Page blanche, erreur 504 « bad gateway ». Dans le même temps, je lis qu’un data center d’OVH avait été en partie détruit par le feu à Strasbourg. Pas bien réveillée, je ne fais pas le rapprochement, et pourtant, j’aurais du : OVH héberge à peu près les deux-tiers des sites français, autant dire que les dommages collatéraux à l’incendie sont considérables. Parmi les sites bloqués, pour seulement quelques heures ou pour un temps beaucoup plus long, se trouvent le centre Pompidou et l’aéroport de Strasbourg. Et donc, l’ENT des lycées de Nouvelle Aquitaine. Ce qui m’a permis d’expliquer à mes pioupious de première le fonctionnement des sites internet, des hébergeurs, du cloud, tout ça tout ça, et pourquoi un incendie à Strasbourg perturbait un cours prévu à Bordeaux, cours qui reposait, coup de pas de chance, sur les manuels en ligne et autres ressources du fameux ENT. En milieu de journée, ledit ENT a d’ailleurs été plus précis dans son message :

Le paridé n’a peur de rien

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La famille des paridés rassemble des passereaux (c’est-à-dire des oiseaux pas trop gros qui savent chanter) parmi lesquels se trouve la mésange charbonnière. Depuis quelques semaines, en gros depuis le début de la saison peace and love qui coïncide à peu près avec la saint-valentin, je croise souvent des mésanges charbonnières. Je les croise même de très près. Elles me frôlent littéralement, façon « salut vieille branche ! ». Que le passereau me prenne pour un arbre ne titille en aucun cas ma susceptibilité, mais cela me surprend. Petite preuve de cette quasi-familiarité involontaire : la photo ci-dessous a été prise sans zoom.

Une mésange charbonnière à Bordeaux en mars 2021

Ça va faire du baignassout’

Le monde tel qu'il va, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Camarades blogonaute habitué ou de passage, si tu ignores, en trainant ici, le sens du terme « baignassout' », révise ton charentais maritime ou prend une leçon auprès des Binuchards, parce-que je ne vais pas indéfiniment tout répéter, faut suivre un minimum, sinon c’est l’heure de colle qui te pend au nez.
Donc, pour en revenir à ce qui nous préoccupe et au titre de cette note, on va avoir du baignassout’ sur le littoral néo-aquitain cet été, car figurez-vous que nos contemporains, et peut-être toi cher blogonaute, rêvent de découvrir la dune du Pilat et l’île d’Oléron. C’est écrit dans le Routard, qui publie un sondage tout beau tout neuf (copie d’écran ci-contre).

Un chouia d’humour à deux balles

Je suis prof mais je me soigne, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

La semaine est finie, enfin, et, une fois encore, quelle semaine ! l’impression d’avoir mené deux vies parallèles, de n’avoir jamais touché terre. Le temps de rien, le stress des parents qui nous insultent et nous roulent dans la boue, parce-qu’ils en ont marre d’avoir leurs gosses à la maison un jour sur deux, que le covid c’est pas si grave, tout le monde sait bien que les profs sont des Jedis. Tellement Jedi que, parfois, je me sens tentée par le côté obscur de la force, mais la séance rigolote de cet après-midi, avec 18 élèves de première qui ont fait la même chose que leurs camarades « en distanciel » (que ce mot est laid …), validant à la seconde près les résultats de chacun sur pronote, … la séance rigolote, disais-je, a un peu remis les pendules à l’heure et les mouflets ont trimé fort bien et sans rechigner. Néanmoins, cette consolation n’a pas eu raison de la fatigue globale, et l’avachissement vespéral dans le canapé s’est accompagné d’un petit tour dans quelques photos d’Oléron relativement récentes, notamment ces deux-ci, prises dans le port du Château, en mode jeu de mot et humour à deux balles, et ça fait du bien :

J’ai failli louper la saison des crapauds

Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Et pourtant je le sais bien : février, c’est le mois où les crapauds retournent dans la mare où ils sont nés pour rencontrer l’âme sœur et faire des bébés. Bébés crapauds qui, s’ils ne sont pas mangés avant, deviendront grands et, à leur tour, iront dans la bonne vieille mare quérir la crapaude pour copuler en paix.
Je le sais, mais cette année, j’ai zappé. Prise par un boulot dans lequel l’imprévu et le peu gérable tiennent désormais lieu de routine, je suis passée à côté de la saison des crapauds dans la mare. Dernier sursaut en fin d’après-midi, avant le covid-couvre-feu qui transforme les carrosses en citrouilles et les crapauds en princes charmants gendarmes. Réaction sur le fil, in extremis, et dans la mare habituelle il n’y avait qu’un seul crapaud, un crapaud tranquille et immobile, tellement tranquille et immobile que je l’ai d’abord pris, de loin, pour un bout de bois. Le bout de bois à coassé et j’ai zoomé.

Parfait petit nid d’amour

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Officiellement, c’est encore l’hiver. Mais les températures sont plutôt douces, les tulipes commencent à pointer le nez au milieu des violettes, et, surtout, la saison « peace and love » a clairement débuté. Chaque matin, c’est désormais la grive qui me réveille, la merlette a achevé son nid dans le chèvrefeuille du petit jardin et les oies, les bonnes grosses oies bernaches du Jardin Public, ont bâti un nid XXL paille prémium, nid que monsieur finit d’aménager pour que madame puisse couver en paix.

Le nid des bernaches au Jardin Public de Bordeaux, fin février 2021

Les bernaches ne cessèrent point de brouter

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La semaine dernière marquait la fin des vacances d’hiver pour la zone A. J’ai profité de ce temps de pause autorisée pour descendre sur une plage de la commune de Dolus d’Oléron. Les oies bernaches étaient presque sur le sable, et la présence des humains pourtant à faible distance ne les dérangeait en aucune manière. Elles broutaient les zostères en silence et avec application. Dans peu de temps, elles quitteront nos rivages pour rejoindre le grand nord où elles élèveront leurs petits, puis elles reviendront pour l’hiver suivant …

Les bernaches cravant sur une plage de Dolus d’Oléron, février 2021

Le mimosa n’était pas à la fête

Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ni le mimosa, ni rien, ni personne, car fête il n’y a plus, covid oblige, alors que mimosa il y a. Mimosa il y a, et ce n’est pas si évident que ça, car, bien souvent, quand février s’approche de mars, le mimosa a fané depuis belle lurette. Sur l’île d’Oléron, en effet, le mimosa est souvent au mieux de sa forme sur le coup du nouvel an, et il est donc tout flétri sept semaines plus tard. Cette année, il était en retard, et donc pile poil joliment fleuri pour la fête du mimosa de Saint-Trojan-les Bains, qui se tient traditionnellement le troisième week-end de février. Cette année le mimosa était à l’heure, mais la fête a été annulée. C’est ainsi et c’est un peu triste.

Du mimosa au mieux de sa forme sur l’île d’Oléron le 18 février 2021

Un échinoderme en dessert ?

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Récemment, un beau goéland avait ici même présenté sa manière de manger un encornet. C’est un plat copieux, mais un tel repas doit forcément se clore par un dessert à la hauteur de sa gourmandise. Quoi de mieux alors qu’un échinoderme, en l’occurrence une belle étoile de mer que l’océan vient tout juste de déposer aux pattes du goéland ?

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en février 2021

Céphalopode frais sur son lit de vase (recette de goéland)

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La manière de préparer puis déguster la seiche ou l’encornet est parfaitement maîtrisée par le goéland adulte. Sûr de son geste et sur l’estran, il tire vers lui l’animal dont il compte bien faire son repas, en utilisant pour cela un long tentacule de la bête :

Puis maître goéland commence à goûter sa proie, tâtonne, hésite, la repose. En cuisine, c’est très important, le temps de repos. On voit là que ce goéland connait son métier :

Il y retourne et veille à ce que le petit céphalopode soit bien enrobé de fine vase :

Cette fois, c’est la bonne, en une bouchée la proie est avalée :

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) en février 2021

Cap au nord

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C’est encore l’hiver, on met le manteau, parfois l’écharpe et même les gants. On apprécie les soupes bien chaudes et les gratins pétillants à la sortie du four. Il arrive même qu’on pousse un peu et qu’on allume un feu dans la cheminée. Et puis, sur l’estran, les oies bernaches cravant sont encore là, tandis que, dans le marais, l’échasse blanche ne semble pas encore arrivée.
Mais c’est aussi déjà un peu le printemps. Les merlettes font consciencieusement leurs nids, tandis que hérons et cigognes commencent à retaper les leurs. Les grives musiciennes sont sur scène avant même le lever du jour. Les narcisses sont en fleur. Et surtout, les grues cendrées passent au-dessus de Bordeaux dans le sens sud-nord. Elles ont passé la saison froide au soleil et filent vers l’Europe du Nord pour nicher.

Migration des grues cendrées au dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Le dernier A380

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Septembre 2020 : le tout dernier A380 est assemblé à Toulouse. Clap de fin pour ce très gros porteur. Le coronavirus lui a donné le coup de grâce : les commandes en cours sont honorées, mais on n’ira pas plus loin.
Dans ces dernières commandes, il y a celles passées par le meilleur client d’Airbus pour ce modèle, la compagnie Emirates, qui en a déjà acheté 115 et qui en attend encore huit de plus, dont le dernier doit être livré au printemps 2021. Actuellement, cet avion est en essai, il fait des ronds dans le ciel avant livraison, livraison qu’Emirates a d’ailleurs tenté de retarder, crise du covid oblige (tout cela est expliqué dans un article du Figaro du 24 septembre 2020).
Il se peut donc que ce midi, en déjeunant sur la terrasse, ce soit ce dernier A380 en essai que j’ai vu au dessus de Bordeaux. Flightradar était formel : il s’agissait bien d’un A380 faisant des ronds dans le ciel au départ de Toulouse.

Un A380 en essai au-dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Il pleut, il mouille, et je ne suis pas une grenouille

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ni grenouille, ni poisson. Je n’ai ni palme ni branchies, quoique, vu tout ce qu’on s’est pris comme flotte ces derniers temps, je me demande si la mue n’est pas en cours. Toujours est-il que la pluie ayant enfin daigné faire une pause, mon homme et moi-même nous sommes lancés dans une grande aventure forestière quelque part du côté du bassin d’Arcachon. Après avoir tiré des bords pour éviter les flaques, nous avons rebroussé chemin, fait des zigs et des zags, pas franchement failli nous perdre parce-que cette forêt, nous la connaissons bien, mais nous avons quand même effectué quelques tours et détours pour contourner les nouveaux cours d’eau de cet hiver décidément fort mouillé.

Une chansonnette

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Fleuves et rivières croulent sous le poids de l’eau, ça déborde de partout, ça inonde, ça catastrophe naturelle, ça évacue le monde en barque, ça pose des planches pour marcher dessus parce-que la flotte a pris la rue.
On a beaucoup parlé de la Garonne, qui a pris tant de liberté que le département 47 s’est retrouvé en alerte rouge, mais il y eut aussi des facéties de la Saône à Lyon, de la Loire à Nantes, et, à Paris, le zouave du pont de l’Alma fait soudain moins le fier. Il y a enfin la Charente, une habituée des crues hivernales, comme le chantaient Les Binuchards, des p’tits gars de Gémozac (17), qui ont poussé la chansonnette jusqu’en 2017.

LES BINUCHARDS
Quand la Charente a débordé (2009)

Une haute Garonne

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Justine est passée par là, mais cela se voit à peine aujourd’hui sur les quais de Bordeaux. C’était une toute autre chanson hier, en berge de Garonne et pas seulement, comme le montre Sud Ouest. Justine est une tempête assez ordinaire pour ce qui est du vent, par contre question pluie, elle a fait le job au-delà des attendus : un mois de précipitations en un jour ou deux. Et forcément, rivières et Garonne ont haussé le niveau, ont grimpé sur les plate-bandes, ont montré leurs muscles, surtout à marée haute pour Bordeaux. Aujourd’hui, les coefficients de marée sont plus faibles que ceux d’hier, et la Garonne, quoique bien haute, n’a pas quitté son lit.

La Garonne à Bordeaux en milieu de journée le 2 février 2021

Un hiver ordinaire sur une plage du golfe de Gascogne

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bout de piste pour les courants marins, vagues en hordes qui rapportent sur les plages des objets hétéroclites dignes d’un inventaire à la Prévert, tel est le golfe de Gascogne, ce bout d’Atlantique qui me berce depuis ma plus tendre enfance. Et dans certains recoins, en particulier sur les plages de Gironde et des Landes, s’y amassent chaque hiver tous les tombés du bateau, tous les dérivés de n’importe où. Et encore, là, ce n’est rien. Il n’y pas eu de chute de conteneurs par paquets de 100 ou plus depuis un moment (sauf dans le Pacifique, où un navire de la compagnie Maersk en a égaré 750 jeudi dernier, mais c’est loin de chez nous). Tout petit extrait de ce qui traine sur le sable, vu aujourd’hui sur la plage nord de Lacanau :

La foulque macroule et le grèbe castagneux

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Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

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La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :

Surfer sur l’hiver

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J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

À quoi bon quitter l’océan ?

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je me mets à la place de la mouette rieuse : maligne, la fifille a filé fissa loin de l’océan dès les premiers frimas. C’est que le littoral, en hiver, ça vente, ça pleut, ça vague en rouleaux, c’est malcommode et périlleux. D’où migration temporaire vers des lieux plus cléments, généralement urbains, là où la nourriture abonde. Certes, celle-ci relève davantage de la malbouffe laissée par les humains que de la bonne dorade bien fraiche ou du petit merlan tout juste sorti de l’eau et encore frétillant. Mais la tranquillité urbaine, la bouffe gratuite sans trop d’effort, le quasi-chauffage intégré, ça vaut bien le voyage annuel.
Alors, quand, au saut du lit, on pense pouvoir nager en père peinard sur la grand’ mare des canards (et des oies aussi), et que, contre toute attente, on glisse et dérape sur la rivière artificielle du parc, c’est la panique. Il y a arnaque, entourloupe, tromperie sur la marchandise. Et les mouettes, folles d’avoir ainsi été dupées, envisagent depuis de saccager l’agence de voyage qui leur a promis monts et merveilles.

Une mouette rieuse au jardin public de Bordeaux – Janvier 2021

L’amer retour vers la mer

Chronique du grand confinement, La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

M’sieur Castex a parlé. M’sieur Castex a dit banco pour la bamboche à naouel à 6 max, au-delà c’est péché. Soit. M’sieur Castex a dit « pu b’soin d’attestation pour dire que j’ai un truc à faire dehors » à partir du 15 décembre. Sauf après 20 heures. Couvre-feu alors que nous ne sommes pas en temps de guerre, soit, mais ça fait bizarre. M’sieur Castex a dit « sages comme des images » au nouvel-an et quand on voit ses parents et ses grands parents. T’inquiète, m’sieur Castex, nul ici ne veut zigouiller l’ascendance ni perdre ses amis. Nous avons tous surtout besoin de liens humains.
M’sieur Castex a dit aussi que nous pourrions déambuler librement, dans les horaires consentis et en respectant les gestes barrière (don’t worry, patron, c’est acquis) dès le milieu de la semaine prochaine. Et cela veut dire, chers amis, que nous allons exploser la barrière des 20 km et revoir l’océan. Peut-être même se planter devant et observer le doux balancement de la marée. Ou déambuler entre mer et forêt et cueillir quelques champipis au passage, histoire de préparer le repas de naouel pour 6 personnes max. Mais retourner au ciné, au théâtre, voir du spectacle vivant, que nenni. Et la rage gronde, comme une marée montante de fort coefficient.

Se planter devant l’océan et observer le doux balancement de la marée …


Violette d’hiver

Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La violette est une jolie petite fleur de la famille des pensées, quoique plus sauvage, plus forestière. S’il est de coutume de voir les violettes au printemps, il se peut aussi, et ce n’est pas un coup vicieux du dérèglement climatique, que la violette fleurisse en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci.
Le nom anglais de la violette est « heartsease », ce qui laisse supposer que la fleurette est bonne pour le cœur. Le cœur dans tous les sens du terme : le blog « Le jardin médiéval de Padiès » évoque l’usage aphrodisiaque de cette jolie fleur, ainsi que sa capacité à réparer les cœurs brisés.
Petite précision utile en cette période précédant les peut-être fêtes de fin d’année : les Romains de l’Antiquité pensaient que la violette pouvait calmer les ardeurs de la gueule de bois, c’est écrit dans wikipedia. Ils allaient même plus loin, nos Romains, et buvaient un vin de violettes qui leur procurait la sensation d’ivresse sans les désagréments liés à celle-ci.

Quand la violette fleurit en hiver ou aux abords fort proches de celui-ci… Département de la Gironde, début décembre 2020

L’écureuil ne fait pas de réserve

Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’avais cru comprendre, suite à des légendes enfantines ou à des publicités pour un groupe bancaire, que les écureuils faisaient des réserves de noix et noisettes. J’avais aussi cru comprendre que, dans sa grande étourderie, l’écureuil, souvent, ne se souvenait plus de la localisation de ses cachettes, se remettait à chercher noix et noisettes pour les stocker dans un lieu nouveau qu’il oubliait aussitôt. Je me demande si on ne m’a pas fait prendre les écureuils pour des idiots. Parce-que tous ceux que je croise ne planquent rien du tout mais mangent directement ce qu’ils trouvent, sans passer par la case cachette. Et le scrontch de l’écureuil sur la noix s’entend de loin. La petite bête est tellement affairée qu’elle ne voit même pas le paparazzi qui la photographie.

L’écureuil, mangeant sa noix, ne voit même pas le paparrazi qui le photographie

Pétoncle cru, qui l’eût cru ?

Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Tambouille

Le pétoncle est un mollusque bivalve, dont la forme fait penser à une coquille St-Jacques en miniature. À tel point, d’ailleurs, que nombre de mes contemporains, fort peu habitués à la chose océanique, confondent les deux et peuvent te proposer une grosse poêlée de St-Jacques, alors qu’il ne s’agit que de pétoncles. Et donc la chose est trop cuite et n’a goût de rien. D’où mon rejet, stupide j’en conviens, pour ce brave pétoncle.
Jusqu’à ce matin, où, mon ostréiculteur, qui vend aussi d’autres produits de la mer, me suggéra le pétoncle cru, là, comme ça, nature.
Il suffit juste de les ouvrir …

Il suffit juste de les ouvrir, donc, mais comment ? si je maîtrise à peu près bien la grosse St-Jacques, je tournicote sur la minuscule coquille du pétoncle. Sa majesté Internet suggère l’emploi d’un couteau à bout rond, et cela marche !
La coquille est donc ouverte, il faut désormais débarrasser, comme sur la St-Jacques, le pied du mollusque (qui se mange) du bestiau lui-même (sableux et peu mangeable tel quel), bref, c’est le même schéma que pour la St-Jacques. L’odeur est néanmoins nettement plus iodée.

Une fois le nettoyage réalisée sous l’eau claire, les pétoncles délicatement épongés, on peut déguster. Et c’est vraiment très bon, même si le goût est moins prononcé que ce que le nez avait annoncé. C’est fin, d’une texture moelleuse, et la chose mérite clairement d’être reproduite voire sophistiquée (petite marinade ?) pour les fêtes de fin d’année.

Peut-être 10 000

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Monde et Sud-Ouest annoncent entre 6 000 et 10 000 manifestants à Bordeaux lors de la Marche des Libertés. Pas mal de monde au final, même si, à l’heure H, la place de la Bourse n’était pas bondée : c’est notoire qu’à Bordeaux les manifs démarrent toujours en retard. Des citoyens ordinaires qui sont venus, souvent en famille, pour affirmer leur attachement à la démocratie et à ses valeurs et pour, surtout, indiquer leur refus de la dérive autoritaire qui se met en place.