La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 9 juillet

En temps normal, le festival des Francofolies commence en ce moment-même, sur le coup du 9 ou 10 juillet. Cette année est bien différente, mais ce n’est pas une raison pour ne pas penser à La Rochelle. « Ses arceaux, ses arcades / Ses jardins en balade / Et ses rues / Qui promènent en détours / Et ramènent toujours / Vers la mer, la mer ».

Anne Sylvestre
Pourquoi pas La Rochelle

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 5 juillet

Il n’y a pas que les vacances dans la vie, il y a aussi les week-ends, et même simplement une journée de break dans la semaine peut faire l’affaire. Du côté de Marseille, on peut se raprocher des calanques, voire passer la journée aux Goudes. Je me souviens bien de cet endroit, pour l’avoir croisé il y a huit ans. « C’est un plaisir que personne ne boude / Le rêve marseillais, un soir d’été au cabanon. » Un plaisir d’autant plus important que Marseille vient, enfin, de basculer du bon côté de la force grâce à l’élection, hier, de Michèle Rubirola comme maire de la ville. Il y a des jours, comme ça, où l’on prend confiance dans l’humanité.

Massilia Sound System
Dimanche aux Goudes

Les Goudes (Marseille) – Juillet 2012

La chansonnette passe l’été en France – Mercredi 1er juillet

C’est devenu un rituel estival : chaque année sur le coup de juillet, ce blog passe en mode vacances. Arrêt temporaire des publications photographiques rituelles du mercredi et du lundi, au profit d’une série quotidienne qui devrait tenir jusqu’à fin août. 62 épisodes, donc.
Le coronavirus a rebattu les cartes du tourisme, et le gouvernement nous a fortement encouragé à passer les vacances pas trop loin de la maison. C’est pour cela que la série estivale passe elle aussi l’été en France, et en chanson. Celle qui ouvre le bal est déjà ancienne (1975), c’est un grand classique, à la fois de la chanson française et des destinations estivales de bon nombre de nos contemporains, les vacances reposantes et pas bling-bling d’une famille modeste, « Nous il fallait faire attention / Quand on avait payé le prix d’une location » :

Michel Jonasz
Les vacances au bord de la mer

Palavas-les-Flots – Août 2015

Certes : des oiseaux

La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court

Certes : des paysages

Week-end électoral. Dans ma commune, girouette-cacahuète est confiné dans l’opposition, et j’en suis ravie. Mais le sujet de ce soir est néanmoins plus bucolique : je reviens sur l’extraordinaire balade d’hier matin, qui avait commencé par l’observation de milans au-dessus d’un parking (piqûre de rappel). Ce parking est celui du domaine de Certes, situé à cheval sur les commune d’Audenge et Lanton, sur le bassin d’Arcachon, dans le parc naturel des Landes de Gascogne. Des paysages sublimes, que ce soit côté domaine proprement dit ou côté bassin :

Aurélie de deux couleurs, et une énigme

Aurélie est le joli petit nom d’une méduse presque totalement transparente. Elle est assez courante en Atlantique, surtout l’été. De son nom savant aurelia aurita, elle est actuellement visible sur les plages de Charente-Maritime :

Sur la même plage, et pas bien loin de l’aurélie ci-dessus, se trouvent de nombreuses méduses bleues (c’est leur nom), de la même famille que l’aurélie :

Jusque là, nous sommes dans du connu, du déjà vu. Mais il y a aussi une autre sorte d’animal faisant penser à une méduse bleue, un peu par sa forme et bien sûr par sa couleur, mais, en y regardant de plus près, on a l’impression qu’il y a deux animaux en un, comme deux physalies piégées dans un globe de gélatine :

Photos réalisées en Charente-Maritime en juin 2020

Liseron, mon ami

Si on tape « liseron » dans un moteur de recherche, il nous est inévitablement suggéré de multiples manières pour s’en débarrasser, cette plante grimpante étant, à tort ou à raison, considérée comme une « mauvaise herbe ». Si on précise « liseron des dunes », le résultat est tout autre et la plante gagne en sympathie. Non pas parce-que sa fleur passe du blanc au rose en passant du jardin à la plage, mais parce-que le grimpant envahissant devient un rampant fixateur de dune. Deux plantes de la même famille, mais celle qui a de jolies fleurs de couleur rose détient le pouvoir quasi-magique de lutter contre l’érosion marine.

Des liserons des dunes sur une plage océane du Cap Ferret en mai 2020

Un océan confiné ?

L’océan Atlantique, dans le golfe de Gascogne, bien souvent s’abat et cogne sur le sable, façon avion qui aurait oublié de sortir le train d’atterrissage avant d’effleurer le tarmac. L’océan, en Gironde, dans les Landes et ailleurs, fabrique de la vague et du rouleau à la chaîne, le fordisme au service du surf. Car le plaisir que procurent toutes ces vagues, aussi dangereuses soient-elles, ce sont d’abord les surfeurs qui en profitent. Surtout au printemps (le baigneur attend surtout que la température de l’eau se réchauffe).
Mais là, en cette toute fin de mai sur la presqu’île du Cap Ferret, il faut se rendre à l’évidence : l’océan reste timide, comme encore confiné, sage comme une image. Et le surfeur déconfit attend la vaguelette pour, quand même, tenter de se faire un petit peu plaisir, lui qui a tant milité pour la réouverture des plages dans ce fameux mode dynamique qui s’impose actuellement.

Des surfeurs attendent la vague sur une plage de Lège-Cap-Ferret, fin mai 2020

Le temps d’avant sur le port de La Barbotière

Un temps d’avant de bien avant encore, un temps d’avant que covid n’avait même pas imaginé, un temps tellement lointain qu’il remonte au vingtième siècle, avant même les années 80. Autant dire une forme de préhistoire, d’une énigme temporelle lointaine. Du temps où, sur ce port de La Barbotière, à Gujan-Mestras, département de la Gironde, on pouvait acheter des huîtres en gros et au détail en appelant le 22 à Asnières 81 18.

Port de La Barbotière – Gujan-Mestras – Mai 2020

Balade de printemps sur les ports de Gujan

Les ports ostréicoles de Gujan se trouvent sur la commune de Gujan-Mestras, dans la partie sud du Bassin d’Arcachon :

Il s’agit d’une succession de cabanes ostréicoles de part et d’autre de chenaux perpendiculaires au Bassin, et donc totalement dépendants des marées :

Ce sont bien, d’abord et avant tout, des espaces de travail. On peut ainsi voir, devant certaines cabanes, les tuiles chaulées prêtes à recevoir les naissains d’huîtres :

Il se pourrait bien aussi que ce soit un lieu où l’on puisse prendre du bon temps :

Balade réalisée un matin de mai 2020

Punition collective à Damgan

La ré-ouverture des plages est une nécessité, une évidence. Le respect des mesures barrières, la distanciation physique, l’humilité face à la nature (des oiseaux, comme les gravelots, nichent à même le sable), la plage dite « dynamique », ce n’est pas seulement faisable, c’est souhaitable, ça va de soi, et ce n’est pas bien compliqué à respecter pour que tous profitent de la plage et de l’océan.
Aujourd’hui, des plages qui venaient de rouvrir dans le Morbihan, referment au-moins jusqu’à lundi. Parmi ces plages se trouve celle de Damgan, que je connais assez bien. Un long ruban de sable, l’océan, les rochers découverts à marée basse, les palourdes et les crevettes. La vraie belle vie littorale.

Localisation de la plage de Damgan – Copie d’écran GoogleMaps

Sauf que, depuis la ré-ouverture des plages, des gens, très peu (5 % ?) font n’importe quoi et mettent en péril la sécurité sanitaire et la biodiversité. Les élus des différentes communes concernées (Damgan, Erdeven, Billiers, et peut-être d’autres) signalent des incivilités : ceux d’entre eux qui ont du rappeler les règles ont été insultés. Des barrières et des affichages ont été arrachés. Des chiens gambadent où bon semble à leurs maîtres. La plage dynamique devient statique, les 5% de crétins pourrissent la vie de tous les autres parce-qu’ils ne veulent surtout pas déroger à leurs petites habitudes, habitudes aujourd’hui potentiellement dangereuses. Je suis en colère, et surtout très triste pour tous ceux qui rêvaient de cette grande plage de Damgan pour marcher ou courir ce week-end, et qui auraient pu avoir le bonheur d’y aller parce-qu’ils habitent à moins de 100 km.

La plage de Damgan le 21 juillet 2016

Sources : Huffington Post, 20 Minutes et France Bleu Morbihan

Le Yersin dans le port de la Lune

Un navire portant le nom du découvreur du bacille de la peste, accosté en pleine période d’épidémie, cela a quelque chose d’un peu troublant. Néanmoins Yersin il y a, au ponton Ariane du quai des Chartrons, à Bordeaux. Ce yacht d’exploration, pouvant même naviguer en zone polaire, est arrivé hier soir pour une petite toilette.

Le bateau est récent : il est sorti des chantiers Piriou de Concarneau en mai 2015 après trois ans de travaux, et a été livré à son propriétaire monégasque, François Fiat. En juillet 2017, il est parti pour un tour du monde de trois ans, sur les traces du prince Albert Ier de Monaco, considéré comme un des fondateurs de l’océanographie moderne.

Pour en savoir vraiment beaucoup plus :
– Vincent GROIZELEAU, « Le Yersin, navire de voyage et de recherche de François Fiat », Mer et Marine, 29 septembre 2014
– Sylvie ROUAT, « Le Yersin, le navire océanographique de la principauté de Monaco, a pris la mer », Sciences et Avenir, 7 avril 2017
– Gaëlle RICHARD, « Bordeaux : première escale technique pour le yacht d’exploration Yersin », Sud-Ouest, 18 mai 2020

Photos réalisées le 19 mai 2020 à Bordeaux

Le nécessaire retour à la mer

La trop longue interdiction d’accès aux littoraux et aux forêts avait quelque chose de punitif et de contre-productif : je ne vois pas en quoi il était moins dangereux d’autoriser la foule à s’entasser dans les rues commerçantes plutôt qu’à s’éparpiller sur les côtes et dans les espaces naturels. La décision unanime des préfets, visant à autoriser l’accès à la mer, va donc dans le bon sens. Et ce bon sens, j’en ai profité hier matin, sur le Bassin d’Arcachon. Première image du retour à une certaine normalité :

Les cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon vues d’Andernos – 16 mai 2020

Je veux sortiiiiiiiir !

Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

Un autre 26 avril

26 avril 2008 – Pointe du Cap Ferret

Comme hier, la photo qui illustre la note d’aujourd’hui est celle d’une époque révolue, mais pour une raison bien différente. Si le covid et le confinement empêchent tout accès aux plages actuellement, ce n’est que temporaire. Par contre, la plage de la pointe du Cap Ferret est totalement interdite d’accès définitivement et depuis plus d’un an, pour cause d’érosion. Et contre cela, le déconfinement ne pourra rien.
En revanche, la dune du Pilat, que l’on distingue en arrière-plan, sera à nouveau accessible un jour. Et j’ai hâte que ce jour arrive car c’est de là-haut que la vue sur le Bassin d’Arcachon est la plus belle, surtout quand, comme aujourd’hui, le temps devient orageux.

Un autre 23 avril

23 avril 2011 – Grande plage de St-Trojan (île d’Oléron)

Il n’y a pas que les vacances dans la vie : il y a les week-ends aussi. Ce 23 avril-là, il y a neuf ans, était jour d’une balade classique, habituelle même du temps d’avant le grand confinement : la déambulation sur la grande plage de St-Trojan, dans le sud de l’île d’Oléron, de préférence à marée descendante car la plage est plus large. Et comme la mer se retire pour un temps, l’école de chars à voile emmène ses élèves sur le terrain de jeu, à la queue leu leu, tous attachés derrière le petit tracteur. Une image presque enfantine, même si ce sont bien des adultes qui s’essaient le plus souvent à ce sport.

La chansonnette ose le déconfinement : le Cap Horn

Les Marins d’Iroise
Chanson des Cap Horniers

Ça mord, ça ronge, ça grignote …

… et le littoral recule, les îles du ponant rétrécissent. Sur Oléron, chaque balade sur les plages océanes est un choc, un coup au cœur, un coup de blues. Il faut se rendre à l’évidence, entrer en résilience, cette île-là aussi se fait chaque mois un petit peu plus petite. L’océan monte parce-que la hausse des températures provoque à la fois une fonte des glaces et une dilatation des eaux.

Érosion sur une plage de St-Georges d’Oléron constatée en février 2020

Recette du pin perdu


Prenez un grand pin bien haut bien droit, un pin maritime
Un pin de bord de plage
Un pin du Bassin d’Arcachon
Laissez-le grandir, prendre de l’assurance
Sans lui dire que le sol mou, fait de sable
Repose sur la couche dure de l’alios
Que jamais ses racines ne perceront
Il restera un pin flottant, un pin sur sol fuyant
Les vents, les marées, le dérèglement climatique
Se chargeront du reste
Les racines mises à l’air
Le pin pourra tranquillement passer de vie à trépas

Un pin maritime du Bassin d’Arcachon, janvier 2020

De retour sur nos plages [3/3]

Il y a les hivers avec et les hivers sans. Nous sommes plutôt dans un hiver « avec ». Je veux ici parler de cet organisme bizarre et bleu, qui ressemble à une méduse mais qui n’a rien à voir avec ladite méduse : il s’agit de la physalie.

Des physalies sur une plage de St-Georges-d’Oléron – Janvier 2020

La physalie n’est pas un animal à proprement parler, mais un ensemble de polypes portés par un flotteur au gré des vagues et des courants. La haute mer échoue régulièrement ces organismes sur les plages, puis les reprend. Ou pas. Méfiance toutefois : les physalies sont terriblement urticantes.

Des physalies sur la Grande Plage de St-Trojan (île d’Oléron) – Janvier 2020

De retour sur nos plages [2/3]

De retour sur nos plages océanes, après la crépidule, qui se mange, voici l’anatife, qui n’a aucun intérêt culinaire. Le mollusque s’accroche à tout ce qu’il trouve (bois flotté, bouchon de bouteille ou autre) et s’échoue sur les plages, puis repart à la marée suivante. Bien qu’il lui ressemble, l’anatife n’est pas le pouce-pied, qui lui se mange et est même très recherché, notamment sur les tables espagnoles.

De retour sur nos plages [1/3]

Chaque hiver, des coquillages et autres animaux marins se retrouvent sur les plages atlantiques, de manière plus ou moins importante selon les années. Certains de ces animaux sont considérés comme d’abominables gêneurs : c’est le cas de la crépidule, originaire d’Amérique du Nord, introduite en Angleterre à la fin du XIXe siècle par des ostréiculteurs ayant importé des huîtres de Virginie, et qui n’a plus eu que le Channel à traverser pour rejoindre la Normandie et la Bretagne.

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Une deuxième arrivée de ce mollusque s’est produite avec l’importation d’huîtres japonaises pour supplanter l’huître portugaise défaillante sur les côtes françaises dans les années 1970. Depuis lors, la crépidule croit et multiplie, étend son aire d’habitat, d’où sa présence dans le bassin de Marennes-Oléron. Elle est à l’aise partout, boulottant dans la même écuelle que les autres coquillages, ceux qui sont élevés ou péchés par les hommes, d’où crispation dès que crepidula fornicata se montre un poil envahissante. Néanmoins, depuis quelques années, la crépidule est considérée comme un mollusque intéressant car comestible : elle est alors vendue et cuisinée sous le nom de « berlingot de mer ».

Des crépidules sur une plage de Saint-Georges d’Oléron (Charente-Maritime) – Janvier 2020

Un même objectif (fin)

Au début de l’histoire, il y avait donc des gens qui photographiaient des chevaux en attendant le soleil couchant (se reporter au post d’hier pour y voir plus clair). Le clap de fin arrive, et, je l’avoue, ce ne sont pas les meilleures photos de la série. Néanmoins, le moment fut très agréable à vivre, même si les images ne sont pas à la hauteur de ce que nous avons vraiment vécu : un ami a même vu le si rare et fugitif rayon vert, que l’objectif de l’appareil-photo et moi-même attendons depuis longtemps. Je n’avais pas le regard tourné du bon côté pendant ces quelques minuscules secondes-là. Ainsi va la vie.

Un même objectif (suite)

Hier soir, nous avions ensemble contemplé des promeneurs qui, eux-mêmes, contemplaient et photographiaient quelque chose qui n’était pas le coucher de soleil, puisque l’heure H n’avait point sonné : cliquez ici pour vous souvenir de ce moment.
Mais alors, que regardaient ces gens ? La réponse est ici :

Des cavaliers sur une plage de l’île d’Oléron – Janvier 2020

Un même objectif

Des promeneurs sur une plage de Charente-Maritime. Ils avancent vers le nord, jetant régulièrement le regard vers l’ouest : nous attendons tous le coucher du soleil, mais il y a encore de la marge, la balade peut se poursuivre sans crainte imminente de louper le spectacle. D’un coup, les badauds se tournent vers l’océan et braquent leurs smartphones vers un seul et même objectif, qu’eux seuls ont vu tandis que je les regardais eux, eux qui d’un même geste ont fait la même chose au même moment.

Promeneurs et smartphones sur l’île d’Oléron – Janvier 2020

En déambulant sur la toile

En déambulant sur la toile en ces temps tendus, je croise la question suivante : « Au nom de sa richesse patrimoniale et son rôle pour le climat, est-il envisageable d’internationaliser l’Amazonie ? » (Equal Times). Considérant la personnalité de Monsieur Bolsonaro, je serai encline à répondre « oui ».
En déambulant toujours, je découvre que la société des bernard-l’hermite n’est pas si égalitaire que cela dès lors qu’il s’agit de trouver un toit (en l’occurrence la coquille d’un autre crustacé), mais tout de même plus que certaines sociétés humaines : avec un coefficient de Gini de 0,32, le bernard-l’hermite fait moins bien que l’humain de Slovaquie mais bien mieux que celui d’Afrique du Sud. Pour mémoire, je rappelle qu’un coeff de Gini supérieur à 0,4 est considéré comme potentiellement facteur de révolte voire de révolution (à lire dans Korii).
En déambulant encore, j’apprends que le cri de la carotte, ce n’est pas du pipeau, puisque « les plantes émettent un son lorsqu’elles sont stressées » (La Relève et la Peste).
En finissant ma balade, je me pose sur l’île de Patiras, dans l’estuaire de la Gironde (localisation ci-dessous), qui accueillait les pestiférés au temps où Bordeaux et sa région étaient confrontées à cette épidémie (à lire dans Sud Ouest).


Triste record oléronais

On la surnomme « la lumineuse », mais l’île d’Oléron est en train de devenir « la noyée ». C’est sur la pointe de Gatseau, dans le sud de l’île d’Oléron, que l’érosion est la plus forte en Europe (cliquez ici). Il y a là un mélange de phénomènes naturels qui s’entraînent et s’amplifient les uns les autres, en lien notamment avec la situation de la pointe de Gatseau au débouché de l’estuaire de la Seudre. À cela s’ajoutent les effets du dérèglement climatique. Cette petite vidéo de France 3 fait le point :

Quand la mer monte sur l’écluse à poissons

Sur l’île d’Oléron, dans des temps anciens, les hommes ont fomenté des pièges et des ruses pour pêcher le poisson sans prendre ni la mer ni la canne à pêche : ce sont les écluses à poissons, de gigantesques constructions de pierres, qui piègent le poisson à marée montante. Une de ces écluses se trouve dans le village de Chaucre, une des plus vieux villages de l’île d’Oléron. En fin de tempête Amélie, un quidam déambulait sur une de ces constructions, au mépris de la loi (il est interdit de monter sur les écluses à poissons) et du danger : marée montante, pas mal de vent, des vagues parfois hautes et brutales.

Plage de Chaucre (St-Georges-d’Oléron), 3 novembre 2019

Lumière d’Amélie

Je reviens sur la tempête de la semaine dernière, nommée Amélie. C’est joli, Amélie, mais ça a quand même cassé des branches, fait tomber quelques arbres, embêté des gens en coupant le courant. Une vraie tempête, donc. En fin de parcours, elle soufflait encore, mais c’était tenable pour le badaud à l’équilibre honnête sur les modestes falaises du nord de l’île d’Oléron. Et surtout il y avait cette lumière sublime des ciels de traine, celle que j’ai découvert il y a plus de vingt ans lorsque, pour un temps court, j’ai habité ce magnifique département de Charente-Maritime. La lumière incroyable des marais, de l’océan, tout le temps.

La lumière de la tempête près de la pointe de Chassiron (île d’Oléron), 3 novembre 2019

Une minute trente de marée montante

Les bernaches sont arrivées sur le Bassin d’Arcachon, c’est le son qui domine aujourd’hui, berçant doucement tous ceux qui profitent d’un dernier zeste d’été pour somnoler sur la plage. Et pendant ce temps, la mer monte …