Comment un embouteillage peut-il provoquer une hausse de 5% du cours du pétrole en moins d’une journée ?

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

La pandémie nous a bien mis le nez dans le caca de la mondialisation, mais depuis un an, on a tellement le nez dedans, qu’on en oublie les autres joyeusetés de ladite mondialisation et de ses effets papillon. Le pauvre lépidoptère n’y est pour rien, mais c’est pourtant ainsi qu’il est courant de nommer les effets collatéraux potentiellement lointains d’un fait a priori mineur.
Les médias bruissent aujourd’hui de l’info suivante : un embouteillage en Egypte vient de provoquer une hausse aussi subite qu’épidermique du cours du pétrole. Certes, pour des raisons d’offres et de demandes pas trop en raccord pour cause de covid, le prix du brut ne fait pas dans la dentelle en ce début de printemps, mais la hausse de 5% constatée aujourd’hui a une autre cause, moins rationnelle.
L’embouteillage dont il est question est celui de cargos de tous poils, bloqués sottement au sud du canal de Suez, parce-que l’un des leurs, façon camping-car sur l’A7 un 1er août, s’est vautré lamentablement en diagonal dans le canal. Vu sur Marine Traffic, ça donne ça :

Le bouzin fait 400 mètres de long, c’est un porte conteneur d’une contenance de 20 388 EVP, c’est-à-dire 20 388 équivalent vingt pieds, les vingt pieds étant la longueur de base d’un conteneur classique. Bref, plus de 20 000 boîtes sur le cargo. Classique mais conséquent. L’engin n’est pas vieux, rien à voir avec les bateaux poubelles dont on parle de moins en moins (parce que la flotte marchande actuelle est plutôt récente) : il a été mis à l’eau il y a trois ans.
Propriété d’un armateur japonais partenaire d’un armateur taïwanais, immatriculé au Panama, fabriqué au Japon, transportant des marchandises sorties d’usine en Asie pour des consommateurs européens, … un joli petit condensé de mondialisation ! Comment un bateau récent a-t-il pu ainsi se planter ? les médias, dont Le Marin, spécialiste du genre, évoquent un vent soutenu et même une tempête de sable. Et paf, la proue enfoncée dans une rive et la poupe effleurant l’autre. Barrage, embouteillage, …
Le navire n’est plus en danger, il flotte et il n’y a aucun blessé. Il sera juste un peu à la bourre à Rotterdam, d’autant plus qu’il n’a toujours pas repris sa route. Le canal est partiellement fermé pour deux jours (les navires peuvent à nouveau l’emprunter dans le sens nord-sud, mais pas dans le sens sud-nord). Ce petit épisode nous rappelle que, pandémie ou pas, business is business, et que quand un grain de sable entre dans la machine, ça coince ; alors, une tempête …

Premier jour du printemps

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Hier, c’était le premier jour du printemps. L’équinoxe vaut bien une balade, aussi classique soit-elle : retour sur le Bassin d’Arcachon, que je n’avais pas vu depuis début février, autant dire une éternité. C’est marée basse, le ciel est joliment bleu :

Les aubépines sentent bon, les promeneurs déambulent tranquillement entre le Bassin lui-même, la forêt et les étangs. Tout est calme, reposant. Une aigrette achève sa séance de pêche … :

… les grenouilles osent faire surface … :

… et, plus rare, une avocette élégante se laisse choper par un zoom trop forcé. La photo est moche, mais l’oiseau est là :

Les bernaches ne cessèrent point de brouter

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La semaine dernière marquait la fin des vacances d’hiver pour la zone A. J’ai profité de ce temps de pause autorisée pour descendre sur une plage de la commune de Dolus d’Oléron. Les oies bernaches étaient presque sur le sable, et la présence des humains pourtant à faible distance ne les dérangeait en aucune manière. Elles broutaient les zostères en silence et avec application. Dans peu de temps, elles quitteront nos rivages pour rejoindre le grand nord où elles élèveront leurs petits, puis elles reviendront pour l’hiver suivant …

Les bernaches cravant sur une plage de Dolus d’Oléron, février 2021

Un échinoderme en dessert ?

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Récemment, un beau goéland avait ici même présenté sa manière de manger un encornet. C’est un plat copieux, mais un tel repas doit forcément se clore par un dessert à la hauteur de sa gourmandise. Quoi de mieux alors qu’un échinoderme, en l’occurrence une belle étoile de mer que l’océan vient tout juste de déposer aux pattes du goéland ?

Photos réalisées sur l’île d’Oléron en février 2021

Céphalopode frais sur son lit de vase (recette de goéland)

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La manière de préparer puis déguster la seiche ou l’encornet est parfaitement maîtrisée par le goéland adulte. Sûr de son geste et sur l’estran, il tire vers lui l’animal dont il compte bien faire son repas, en utilisant pour cela un long tentacule de la bête :

Puis maître goéland commence à goûter sa proie, tâtonne, hésite, la repose. En cuisine, c’est très important, le temps de repos. On voit là que ce goéland connait son métier :

Il y retourne et veille à ce que le petit céphalopode soit bien enrobé de fine vase :

Cette fois, c’est la bonne, en une bouchée la proie est avalée :

Photos réalisées sur le port de La Cotinière (île d’Oléron) en février 2021

Rogue’n rolle

La mer et ses poissons, Tambouille

Puis-je me permettre de vous présenter mon repas de ce soir ? le voili le voilà :

De quoi de quoi ? vous ne trouvez point la chose appétissante, gourmande, gouleyante, que sais-je encore ? vous finez de la bouche et tordez du museau ?
Pauvres de vous ! Ce que vous venez de voir sur cette photo, mal prise et détourée à l’arrache, c’est une rogue de merlan. Certes, traditionnellement, la rogue désigne plutôt des œufs de poisson salés, et là ce n’est pas le cas puisque poisson et œufs sortaient tout juste de l’océan, sans aucun traitement. Mais la recette qui m’a permis de cuisiner cette chose parlait de « rogue », et je m’y suis fiée, comme à toute la recette, d’ailleurs fort simple.
Il s’agit d’œufs récupérés dans un gigantesque merlan livré à l’AMAP cette semaine. Merlan tellement gigantesque que nous l’avons rôti au four, avec de l’huile d’olive, du citron et le bidou chargé d’ail hâché et de fenouil, c’était une première et c’était bon.
Et puis donc, nous avions les œufs. J’ai suivi à la lettre la recette de Carmencita, sans toutefois accompagner lesdites rogues d’asperges vertes car ce n’est pas la saison. J’ai donc lavé et essuyé les œufs, je les ai roulés dans le sel, le poivre et la farine et les ai fait revenir à l’huile pendant à peu près 10 mn à feu moyen. Quelques gouttes de jus de citron, et hop, avalés ! Ce fut un plaisir, chic et pas cher, à renouveler.

80 jours 6 heures 15 minutes et 47 secondes

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La mer et ses poissons

Dans un mouchoir de poche, façon régate de quelques heures. Ces marins du Vendée Globe m’épatent une fois encore. Ils se tapent un tour du monde à la voile en solitaire, un long voyage semé d’embûches, d’OFNI et d’avaries, et les cinq premiers arrivent quasiment en même temps, comme s’ils venaient de faire trois ronds dans l’eau dans la baie de La Baule. Pour le classement définitif, il faut attendre encore un peu, les navigateurs ayant participé au sauvetage de Kevin Escoffier bénéficiant de compensations. Toujours est-il que la ligne a été franchie à 20 h 39 par Charlie Dalin et qu’il vient de mettre pied à terre aux Sables d’Olonne, 80 jours 6 heures 15 minutes et 47 secondes après le départ de cette course décidément pas comme les autres.
Il y a une dizaine de minutes (21 h 40, donc), Boris Herrmann a heurté un bateau de pêche, ce qui est rageant si près du but. Les arrivées de Louis Burton, Thomas Ruyant, Yannick Bestaven, et, malgré tout, de Boris Hermann, sont attendues dans la nuit. Et je ne ferai pas mienne la phrase de Michel Malinovsky (1979), « Seule la victoire est jolie » : quel que soit leur classement, et même s’ils n’ont pas pu terminer l’aventure, la course effectuée par ces marins est définitivement magnifique.

Site web de Ouest-France, 27 janvier 2021, 21 h 53

Un hiver ordinaire sur une plage du golfe de Gascogne

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bout de piste pour les courants marins, vagues en hordes qui rapportent sur les plages des objets hétéroclites dignes d’un inventaire à la Prévert, tel est le golfe de Gascogne, ce bout d’Atlantique qui me berce depuis ma plus tendre enfance. Et dans certains recoins, en particulier sur les plages de Gironde et des Landes, s’y amassent chaque hiver tous les tombés du bateau, tous les dérivés de n’importe où. Et encore, là, ce n’est rien. Il n’y pas eu de chute de conteneurs par paquets de 100 ou plus depuis un moment (sauf dans le Pacifique, où un navire de la compagnie Maersk en a égaré 750 jeudi dernier, mais c’est loin de chez nous). Tout petit extrait de ce qui traine sur le sable, vu aujourd’hui sur la plage nord de Lacanau :

La foulque macroule et le grèbe castagneux

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

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La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :

Surfer sur l’hiver

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

Le Sevmorput à la dérive

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Un navire en difficulté dans l’Atlantique, au beau milieu du mois de décembre, ce n’est pas drôle, mais ce n’est pas rare. Mais quand ce bateau est qualifié de « centrale nucléaire flottante », l’avarie dont il est victime attire forcément l’attention (la tension aussi même peut-être).
Tentons de résumer l’affaire : le Sevmorput (de son nom complet « Severny Morskoy Put », soit « Route du Nord » en russe) est un navire civil russe à propulsion nucléaire. C’est le dernier cargo à propulsion nucléaire qui navigue encore. Ce bateau de 260 m de long a donc, à son bord, 150 kg d’uranium enrichi. Promis à la casse en 2007, il a été retapé in-extremis et a repris du service en 2016. Depuis lors, et jusqu’à l’affaire qui nous préoccupe, il ne batifolait que dans les eaux russes, transportant du poisson du côté de la mer de Béring.
En octobre de cette année, il a été décidé que le Sevmorput allait faire un grand voyage, loin vers les mers australes. Plus question de transporter du poisson, on passe aux choses sérieuses : le navire a pour mission de convoyer du matériel pour la prospection gazière en Antarctique. Activité que je croyais interdite, mais j’ai du louper un épisode. Bref, le vieux rafiot met le cap au sud, et c’est là que les ennuis commencent : le cargo devait atteindre son but début novembre. Mais, une panne à bord l’a laissé en plan au large de l’Angola. Aucun pays d’Afrique n’a envie d’accueillir ce type de navire dans un de ses ports. Après une période de ronds dans l’eau et de tentatives de réparation, il a été décidé que le Sevmorput devait rejoindre Saint-Petersbourg. Tant pis pour la mission en Antarctique, mais tant mieux pour l’Antarctique tout court, terre dénucléarisée par traités internationaux. Aujourd’hui, le navire est là, au large du Sahara Occidental et pas bien loin des Canaries, et, quand on regarde la carte de Marine Traffic, on constate qu’il n’est pas seul, ça navigue dur dans le coin :

La suite de la route, on la connait, avec ses écueils, sa météo tempétueuse, son rail d’Ouessant pas rassurant, etc :

Certes, la route, il l’a déjà faite, dans l’autre sens courant octobre, sans que personne ne s’en émeuve : en ce qui concerne la France, notamment, le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord n’a pas bronché. Cette fois, la chose se sait, grâce à l’ONG Robin des Bois, et elle est relayée par Sud-Ouest, 7Seizh et Mer et Marine. Mais le bateau poursuit néanmoins sa route, vaille que vaille.

L’amer retour vers la mer

Chronique du grand confinement, La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

M’sieur Castex a parlé. M’sieur Castex a dit banco pour la bamboche à naouel à 6 max, au-delà c’est péché. Soit. M’sieur Castex a dit « pu b’soin d’attestation pour dire que j’ai un truc à faire dehors » à partir du 15 décembre. Sauf après 20 heures. Couvre-feu alors que nous ne sommes pas en temps de guerre, soit, mais ça fait bizarre. M’sieur Castex a dit « sages comme des images » au nouvel-an et quand on voit ses parents et ses grands parents. T’inquiète, m’sieur Castex, nul ici ne veut zigouiller l’ascendance ni perdre ses amis. Nous avons tous surtout besoin de liens humains.
M’sieur Castex a dit aussi que nous pourrions déambuler librement, dans les horaires consentis et en respectant les gestes barrière (don’t worry, patron, c’est acquis) dès le milieu de la semaine prochaine. Et cela veut dire, chers amis, que nous allons exploser la barrière des 20 km et revoir l’océan. Peut-être même se planter devant et observer le doux balancement de la marée. Ou déambuler entre mer et forêt et cueillir quelques champipis au passage, histoire de préparer le repas de naouel pour 6 personnes max. Mais retourner au ciné, au théâtre, voir du spectacle vivant, que nenni. Et la rage gronde, comme une marée montante de fort coefficient.

Se planter devant l’océan et observer le doux balancement de la marée …


Cap sur Le Cap

La mer et ses poissons

Retour sur le Vendée Globe. Les quarantièmes rugissants ne pardonnent décidément pas. Après Kevin Escoffier, qui a vu son bateau se couper littéralement en deux et qui a pu, en un temps record, sauver sa peau sur le radeau de survie, alors que le voilier sombrait, ce fut au tour de trois autres marins de rencontrer des difficultés sérieuses, qui, pour deux d’entre eux, portent l’acronyme d’OFNI. Objet Flottant Non Identifié. Le genre d’objets qui te troue la coque et qui menace sérieusement d’envoyer esquif et marin par le fond. Le troisième, Alex Thomson, a subi une avarie plus classique, de la bonne grosse casse qui l’a obligé à rallier Le Cap avec un seul safran. De toute façon, il n’aurait pas pu aller plus loin.
Une des deux victimes d’OFNI est Sébastien Simon, qui, comme, Alex Thomson, abandonne. Il fait route vers Le Cap, où Thomson est déjà arrivé. L’autre victime d’OFNI est Samantha Davies, dont on peut voir la trajectoire en rouge sur la carte ci-dessous. Elle envisage de pouvoir réparer dans une petite baie près du Cap, sans aucune aide, afin éviter la disqualification. Elle devrait rejoindre son but demain en milieu de journée.

En rouge : le bateau de Samantha Davies qui se dirige vers Le Cap (18 h le 4/12, heure de Paris)

Un pour tous, tous pour un

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Les courses océaniques ont un petit côté « Trois mousquetaires » : une solidarité vitale. Aujourd’hui, Kevin Escoffier, 3e au classement, a déclenché sa balise de détresse pour voie d’eau et s’est réfugié dans son radeau de survie. Parce-que la direction de la course l’a ordonné, parce-que c’est la norme en mer, parce-qu’on ne laisse pas tomber un concurrent qui risque la mort, un puis deux puis trois puis quatre marins sont partis au secours de Kevin Escoffier. Le premier, ce fut Jean Le Cam, le plus proche d’Escoffier. Il a alors mis le moteur (autorisé et même obligatoire en pareille circonstance) et s’est approché. Il a confirmé : la marin est bien dans son radeau de survie. Mais ce n’est pas si simple d’approcher le frêle esquif, la mer est formée, le vent est costaud. Yannick Bestaven et Boris Herrmann sont alors appelés à se détourner à leur tour. À 20 h 30 (heure française), Sébastien Simon a lui aussi été prié d’aller aider Kevin Escoffier. Le but de ces marins, dans l’immédiat, n’est plus de gagner la course, mais de mettre un des leurs en sécurité.

Mise à jour : à 2 h 18 ce matin (heure de Paris), Kevin Escoffier est monté à bord du bateau de Jean Le Cam. Sauvetage réussi au beau milieu des bien nommés Quarantièmes Rugissants.

Un par un, ils passent l’équateur

La mer et ses poissons

Chaque jour, je jette un œil sur le Vendée Globe, pas tellement pour savoir qui est preum’s, qui est deuz’, mais pour voir où en sont ces marins incroyables qui vont sous peu tâter de l’océan austral alors que nous nous tâterons pour savoir ce qu’il est possible de faire ou non à Noël. Ce soir, je constate qu’un peu plus de la moitié de la flotte a passé l’équateur. Thomas Ruyant est en tête, il fait bon sur le pont (24°C) et dans l’eau (25°C). Stéphane Le Diraison est pile poil sur la ligne mythique, et il fait chaud (eau à 28 °C, air à 27°C). Nos marins filent vers l’été, mais en se rapprochant de l’Antarctique, l’été peut s’avérer sournois et difficile. Cette course en solitaire m’épate à chaque fois.

Position de la flotte du Vendée Globe le 21/11 en fin d’après-midi – Source : https://www.vendeeglobe.org/fr/cartographie

Le Shtandart à nouveau dans la Lune

La mer et ses poissons, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je parle bien sûr du port de la Lune, surnom affectueux (et tout aussi officiel) du port de Bordeaux. Quant au Shtandart, c’est la copie d’un bateau russe du temps des tsars, dont j’avais déjà parlé lors de sa première escale en Gironde, il y a quatre ans. Il est accosté au ponton d’honneur jusqu’à demain.

Toute fin d’été dans le marais des Bris

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le marais des Bris se trouve tout au sud de l’île d’Oléron, sur la commune de Saint-Trojan. Le dernier week-end fut le dernier de l’été. Marée haute côté mer, mais peu d’eau dans le marais lui-même : une écluse gère tout cela et limite les flots. Et surtout, il y avait des oiseaux. Des aigrettes, encore des aigrettes, ainsi que des mouettes, et puis des gravelots.

Hautes eaux au Château

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le week-end dernier, la mer a fait sa maline. La maline, c’est la marée de fort coefficient, en particulier celle qui s’observe lors des équinoxes. Pile poil la configuration des 18, 19 et 20 septembre. C’était un week-end paisible, rien évidemment ne laissait prévoir la tornade qui est passée sur Le Château d’Oléron (entre autres) hier après-midi. Un week-end paisible, donc, avec une lumière magnifique, en particulier en début de soirée, lorsque la mer fut la plus haute, emplissant les chenaux et les ports. Des miroirs d’eau éphémères.

Quitter La Rochelle par la mer

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’était un soir tout à la fin du mois de juillet. Un soir après une journée formidable, dans la plus belle ville cyclable qui soit en France : La Rochelle. Tôt le matin, nous avions mis les vélos sur le bateau, et zou, roule ma poule, direction la grande ville. Mais le soir venu, après quelques grignotes dans le quartier du Gabut, il avait bien fallu rentrer à la maison, quelque part sur l’île d’Oléron. La navette maritime La Rochelle / Boyardville appareilla à 20 h 45. Les journées étaient encore suffisamment longues pour que la traversée se fasse de jour. Et, heureux de ce jour-là, nous avons quitté, non sans regret néanmoins, le port de La Rochelle. Nous avons d’abord longé la digue du Nouveau Monde, inaugurée en 2014 :

La Rochelle : la digue du Nouveau Monde et le port des Minimes

Puis le navire a avancé, tranquillement, permettant de voir les célèbres tours qui font que ce port-là est reconnaissable entre mille :

Port de La Rochelle

On croise alors le phare du Bout du Monde, qui fête en ce mois d’août son vingtième anniversaire. Petit rappel : ce phare est une réplique d’une construction plantée au large de la Patagonie depuis la fin du XIXe siècle.

Phare du bout du monde : réplique rochelaise d’un phare de Patagonie

Puis il est temps de mettre les gaz. 18 nœuds en vitesse de croisière. Tout juste le temps de jeter un œil sur le pont de l’île de Ré :

Le port de La Pallice et le pont de l’île de Ré

Petite balade à Fort Royer

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le site ostréicole de Fort Royer se situe sur la commune de St-Pierre-d’Oléron. Pendant longtemps, le site a décliné : les cabanes semblaient même à l’abandon. Puis les producteurs se sont serrés les coudes, ont retapé les cabanes, et ont proposé au public de venir découvrir le vaste monde de l’huître : visites guidées, dégustation, mais aussi initiation à l’ouverture des huîtres sont au programme (pour en savoir plus, cliquez ici). Aujourd’hui, la balade est sympa, vivante et colorée.

La chansonnette passe l’été en France – Vendredi 14 août

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, La mer et ses poissons

Mer du Nord, plage de Bray-Dunes. Alain Souchon « chante un baiser osé », et se souvient que « Naïf et sincère / Le vent de Belgique / Transportait de la musique / Des flonflons à la française / Des fancy-fair à la fraise ». J’apprends au passage que le terme « fancy-fair » est employé en Belgique pour désigner la kermesse scolaire. Rien à voir avec une quelconque friandise à la fraise, comme je le pensais au départ.

Alain Souchon
Le baiser

Qui découvre l’autre ?

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il y a un peu plus de deux semaines, j’ai déambulé dans l’aquarium de La Rochelle. Bel endroit. En regardant les photos faites ce jour-là, j’ai repensé à un vieux dessin de Vidberg, consacré au salon de l’agriculture, et que je vous invite à découvrir en cliquant ici.
Sur la photo ci-dessous, c’est la même idée, même si la composition de ladite photo relève à 100% du hasard : qui découvre qui ? l’humain qui voit l’animal ? ou l’animal qui voit l’humain ?

Aquarium de La Rochelle – Fin juillet 2020

Une petite phrase en passant

La mer et ses poissons, Une petite phrase en passant

« Ce n’est pas la mer qu’aiment les Français, mais l’Ambre solaire, le sable chaud, les petits canots échoués à marée basse dans le soleil couchant, et Santiano repris en choeur au dessert. Ce n’est pas la mer qu’ils aiment, ce sont les vacances. »

Hervé HAMON, « Pour une poignée de sable chaud… », L’Histoire, Collection n°8, juillet-août 2000

Le nom des rues du quartier du Gabut

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ce ne fut pas toujours the place to be, un coin à la mode où il fait bon se prélasser (voire habiter) entre le Vieux-Port (pas celui de Marseille, l’autre, le vrai, celui de La Rochelle) et le port de plaisance des Minimes, à deux pas et demi de la gare (la plus belle de l’ouest, cela dit en passant). Autrefois, le quartier du Gabut, à La Rochelle, donc, était tout proche du port de pêche, qui a migré vers le site moderne de Chef-de-Baie. Sont restées des friches, d’où sont sortis l’espace Encan et l’aquarium, ainsi qu’un quartier longtemps délaissé et triste, peut-être même un chouia mal famé, comme souvent dans les ports : le Gabut.

J’ai connu ce quartier au tout début de sa rénovation, dans les années 1980. Tout était en vrac, mais le lieu était approprié pour ajouter quelques concerts aux Francofolies alors débutantes.
Aujourd’hui, ce quartier du Gabut, avec ses constructions en bois et ses bars, est devenu tendance. Et, pour parfaire ce quartier, il a bien fallu nommer toutes ses rues et places ; on y trouve ainsi un passage de la goëlette et une place de la Petite Sirène, ainsi que … :

Bernard

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’était une très belle fin de journée sur l’estran sableux de l’île d’Oléron. Il avait fait fort chaud et la baignade, même sans vague, était salutaire. Et puisque, justement, vagues il n’y avait pas, il était facile d’observer les coquillages et les animaux qui les habitent. En cette fin de juillet, il y avait ainsi beaucoup de bernard-l’hermite, ces crustacés inachevés car sans carapace protectrice, bestioles à corps mou et fragile condamnées à squatter des coquillages abandonnés et à en changer au fur et à mesure que l’animal grandit.

Un bernard-l’hermite sur une plage de l’île d’Oléron en juillet 2020

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 9 août

La chansonnette, La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

De toutes les chansons de Nougaro, Ile de Ré est peut-être celle que je préfère, bien qu’il soit difficile d’établir un classement au sein d’une œuvre aussi gigantesque que la sienne.


« Le phare sirène / Du cap des Baleines / Tournant la rengaine / D’amour d’au delà ».

Claude Nougaro
Ile de Ré

Un petit bout de l’île de Ré vue depuis la navette maritime entre l’île d’Oléron et La Rochelle, fin juillet 2020

La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 30 juillet

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, La mer et ses poissons

C’est l’histoire d’un type qui aurait pu vivre « au Pôle Nord, du côté d’Aix ou d’Avignon », ou, à l’inverse, « au Pôle Sud, habiter Bandol ou Toulon », mais le hasard a voulu qu’il soit de La Ciotat, et c’est de cette ville méditerranéenne que nous parle Moussu T, avec un enthousiasme communicatif : « Ma pitchounette, moi et mon bleu de chine / Près du vieux port, on est comme des rois ».

Moussu T e lei Jovents
À La Ciotat

La chansonnette passe l’été en France – Mercredi 29 juillet

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, La mer et ses poissons

Direction la Côte d’Azur, avec ce vieux tube yéyé finalement pas si nunuche, dans lequel Jenny Rock prononce « St-Tropez » d’une manière délicieuse, un genre de « Saint-Tropet' » inimitable. La chanteuse québécoise a ainsi repris le tube Douliou douliou St-Tropez en 1965. Ce titre a été créé l’année précédente par Geneviève Grad pour Le Gendarme de St-Tropez, dont les paroles signalent déjà que le brave village de pêcheurs est devenu un abominable piège à touristes et surtout à fêtards : « Le monde entier s’entasse à Saint-Tropez / Pour se rôtir la peau à Saint-Tropez / Pour barboter dans l‘eau toute la journée / Et dans l’whisky la nuit à Saint-Tropez ».

Jenny Rock
Douliou Douliou St-Tropez

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 26 juillet

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, La mer et ses poissons

Comme promis hier, nous voici ce soir sur la Méditerranée, avec le maître Henri Salvador aux commandes : « Dehors, la nuit nous jette un sort / On voit l’étoile du Nord« .

Henri Salvador
Jazz Méditerranée