Echos locaux (vendredi 14 octobre 2016)

  • Habituellement, les méduses sont plutôt des animaux marins. Un journal de Fougères (La Chronique Républicaine) rapporte que quelques unes d’entre elles, a priori presque totalement transparentes et de très petite taille, ont été trouvées dans un étang d’Ille-et-Vilaine.
  • Le parc nucléaire civil français est vieillissant et suscite, à juste titre, des inquiétudes. Ce n’est pas en lisant cet article de La Nouvelle République du Centre-Ouest, concernant la centrale de Civaux, que l’on risque d’être rassuré : il y est fait état d’un exercice incendie organisé fin août qui a laissé pour le moins perplexes les cinq inspecteurs chargés de l’observer. On apprend que le personnel chargé de lutter contre le faux incendie (mais si c’était un vrai ?) n’était pas équipé de vêtements de protection adéquats. De plus, seule une des deux équipes d’intervention est arrivée à temps, et encore apparemment pas au complet. À lire en entier (pour une fois qu’un article intéressant de la PQR est en accès libre), c’est édifiant.
  • C’est la fête à Toulouse : Airbus livre aujourd’hui son 10 000e avion, un A350 destiné à Singapore Airlines (La Dépêche du Midi ; article payant).

Echos locaux (mercredi 9 mars 2016)

  • Un titre dans le Maine Libre : « Ils veulent composer un train de financiers de 200 mètres ». Avec mon esprit peu éveillé, j’ai pensé à la finance, quelque chose de pas bien rigolo (quoique …), du style banquiers à la queue leu leu. Idiot, j’en conviens. Il s’agit en fait de la pâtisserie aux amandes, le financier, qui est si bon quand il est bien fait. Et donc, des pâtissiers et des cuisiniers se sont lancés le défi de réaliser 200 mètres de financiers qui se mangent (et non de financiers qui comptent), pour un festival ayant lieu dans la Sarthe les 2 et 3 avril.
  • La mer déchainée, les fortes marées … Ça doit être beau du côté de St-Malo. A lire et surtout à voir dans Le Pays Malouin.
  • BordeauxDes loups en cavale : dans la nuit de lundi à mardi, les portes du parc des loups du Gévaudan, en Lozère, ont été fracturées. Des loups en ont profité pour s’échapper, mais on ignore exactement combien (c’est un parc de 20 hectares, pas la cage d’un zoo), sans doute pas plus de six. Le Midi Libre rapporte que deux d’entre eux ont été retrouvés.

Photo : Bordeaux, mars 2013

C’était dans le journal … le 6 août 1914

La guerre est là et bien là, depuis moins d’une semaine, et bien sûr les journaux ne parlent que de cela. L’Ouest-Eclair fait sa une sur l’entrée en guerre de l’Angleterre :

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2Dès la page 2 de ce même quotidien, les préoccupations quotidiennes apparaissent : comment se procurer du pain maintenant que les boulangers sont partis au front ? Comme il se doit en temps de guerre, les populations doivent être vite rassurées : pas de problème dans les campagne, où vivent la plupart des Français. Là, les fours privés, communautaires ou pas, existent ; tout le monde sait faire du pain. Le problème se pose en ville, et encore … Certains boulangers mobilisés ont obtenu, du moins à Rennes, un sursis pouvant aller jusqu’à 60 jours. Deux mois. Ça nous mène début octobre, autant dire que la guerre sera terminée !
3Au passage, suivant cette bonne vieille technique qui veut qu’en temps de guerre on maintienne le moral des troupes et de l’arrière en montrant l’ennemi affaibli, sur la même page on peut lire que l’Allemagne et l’Autriche souffrent déjà de disette en raison de la hausse brutale et importante des prix alimentaires.

La Bretagne, pays de pochtrons au XIXe siècle ?

Depuis des temps fort lointains, la Bretagne a la réputation d’être un pays d’alcooliques notoires. Cette réputation, du moins en ce qui concerne le XIXe siècle, doit être nuancée.
Si on compare les différentes régions françaises de l’époque, la consommation annuelle moyenne de boissons alcoolisées est comparable, en Bretagne, à ce qui est constatée dans les régions viticoles (Aquitaine, Bourgogne), dont les populations sont bizarrement considérées comme sobres. En 1900, la consommation annuelle d’alcool par habitant est trois fois plus élevée en région parisienne qu’en Bretagne. D’où vient alors ce mythe d’une population qui se torche le museau avec une telle frénésie ?
Les moyennes, comme toujours, cachent d’importantes disparités. On consomme ainsi plus de boissons alcoolisées, en particulier du vin, dans les villes : à la fin du XIXe siècle, un tiers du vin consommé dans le Finistère est bu dans la seule ville de Brest. C’est aussi dans les villes que l’on consomme le plus d’alcools forts : plus du double par an et par habitant à Rennes que dans tout le département d’Ille-et-Vilaine. A partir du moment où les alcools consommés en ville sont plus forts que le bon vieux cidre des campagnes, il est logique que la consommation d’alcool pur soit plus importante dans les villes.
Si on regarde maintenant les départements bretons, Loire-Atlantique exclue, on constate que c’est l’Ille-et-Vilaine qui détient le record : près de 30 litres par habitant en 1900 (trois fois plus que le Finistère, département le plus sobre), qui sont d’abord constitués de cidre. La consommation de vin y est particulièrement faible par rapport à la moyenne française (117 litres de vin par habitant et par an en France, seulement 15 dans le Finistère).
L’importance de la consommation de cidre, en particulier en Ille-et-Vilaine, est directement liée à l’importance de la production locale, qui fournit à peu près un quart de la production de cidre en France à la charnière des XIXe et XXe siècle. C’est donc, dans ce département, la boisson des classes populaires par excellence, ce qui n’est pas le cas dans les autres départements bretons. On y boit de l’eau (et oui !), des vins bas de gamme, éventuellement de la bière. Le cidre s’y répand tardivement et il y est peu alcoolisé. Bref, la « Bretagne pays de pochtron » relève bien de la légende. Cela est aussi attesté par le nombre de décès dus à des cirrhoses du foie, plus faible dans l’ensemble des départements bretons que dans le reste de la France.

source :

Collection # 227

Zoologie
Redon, décembre 2013

animaux

Les couleurs de l’usine

Suite de la balade à Redon, plus précisément entre le port (un bassin artificiel entre la Vilaine et le canal de Nantes à Brest) et la Vilaine elle-même. A la pointe de ce qui forme une sorte d’île se trouve une friche industrielle, pour partie occupée après importants travaux par un cinéma et par le musée de la batellerie (localisation), mais l’essentiel du site tombe en ruine et est devenu le terrain de jeu de tagueurs et graffeurs de bon niveau :

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Au XIXe siècle, un certain monsieur GARNIER installa à cet endroit l’usine qui porte son nom. Chez Garnier, qui employa jusqu’à 10% de la population redonaise, on fabriquait du matériel agricole : hache-paille, pressoir à pommes,  etc. L’usine sortit sa première moissoneuse-batteuse en 1937. Après la IIe Guerre mondiale, l’usine étend ses activités et s’unit avec une fonderie locale pour établir des filiales jusqu’en Indre-et-Loire. La prospérité semble immuable, et l’usine Garnier exporte ses machines jusqu’en Afrique du Nord et en Amérique Latine. Elle s’agrandit même au début des années 1960, mais sans suffisamment moderniser les procédés de fabrication ni palier la vétusté des machine. Dès la fin des années 1960, les usines Garnier n’innovent plus et semblent se reposer sur leurs lauriers : le dépôt de bilan intervient en 1970. Les tentatives de redressement restent vaines, et l’usine ferme définitivement en 1980.

à cliquer :

De la Louisiane à la Bretagne, il n’y a qu’un fil

Street art à Redon, Ille-et-Vilaine. Le bâtiment, qui abrite aujourd’hui le musée de la batellerie, est une ancienne usine. Sur trois de ses côtés, des artistes, des vrais, ont laissé leur marque. Parmi les œuvres se trouve une carte, un beau planisphère un peu à l’ancienne, du moins de loin :

entier P1410777

vertical  P1410779En s’approchant, on remarque que ce que l’on pouvait prendre pour des mers ou des lacs est en fait un ensemble de colombes de la paix peintes aux couleurs de l’eau (ou du ciel ?).
Une jeune femme peu vêtue étend son linge sur un fil, mais le linge dessine lui aussi les fameuses colombes, et sur le fil, des gens marchent en direction de l’océan, cap à l’ouest.

détail 1 P1410778

détail 2 P1410781

D’autres personnes, plus nombreuses, marchent aussi sur le fil, cette fois au départ de l’Amérique. Deux noms sur la carte : Louisiana et Bretagne.

fil P1410781Les couleurs, très douces, inspirent autant le calme et la paix que les dessins choisis. C’est une fresque apaisante, douce, intelligente, pile ce qu’il faut pour commencer l’année.