2022, c’est parti !

Le monde tel qu'il va

C’était 2021

Le monde tel qu'il va

Passer en mode « fêtes »

Le monde tel qu'il va

2021 tire à sa fin, le père Noël est en route, les sapins clignotent, les chocolatiers ont été dévalisés, nous pouvons aborder les fêtes de fin d’année. Fêtes que je vous souhaite joyeuses et agréables. Prenez du bon temps … et prenez soin de vous et de ceux qui vous entourent.

Image par Zuckerwattenland de Pixabay

Quand Libé peint LR tel qu’il est

Le monde tel qu'il va, Un peu d'art dans un monde de brutes

Il fut dit que LR était le parti gaulliste. Soit. Mais aujourd’hui ? cette droite bien classique, bien XVIe arrondissement, collier de perle et rictus obligé, tombe carrément dans le lourd, le gras pour ne pas dire graveleux, la droite extrême, intolérante, rance et bête. C’est en tout cas ce que montre le résultat du premier tour des primaires, dont sortent du chapeau Mme Valérie Pécresse et M. Eric Ciotti, deux choupinets avides d’aider leurs prochains, ouverts au monde, tout ça tout ça, enfin presque. Face à ce résultat qui ne me surprend même pas tant l’incurie et la bêtise de pas mal de nos contemporains me laissent sans voix, Libé a eu l’idée de couvrir le sujet par une image de une parodiant le tableau de Grant Wood, American Gothic.

Grant Wood a peint ce tableau en 1930, donc juste après le krach boursier qui a mis les Etats-Unis à genoux. On y voit un homme peu joyeux et sa fille célibataire, et pas plus joyeuse, devant une bicoque austère comme une église. C’est d’ailleurs en passant devant une maison qui lui a fait penser à une église que Grant Wood a peint ce tableau. Les personnages sont graves, sévères, rien ne laisse voir en eux la moindre once de douceur, ils sont sous la vague de la crise, et tentent, malgré tout, de rester droits dans leurs bottes, fourche à la main, parce-qu’on ne sait jamais. Chez ces gens-là, comme chantait Brel, …

Une chansonnette

La chansonnette, Le monde tel qu'il va

Voilà le Sarko à deux doigts d’être derrière les barreaux, même si, appel suspensif aidant, il peut encore déambuler. Sa désinvolture lors de son dernier procès lui coûte cher, ça lui apprendra. Et ça me rappelle la chanson qu’Alexis HK lui avait consacré en 2009, le décrivant dans le rôle d’un coq de combat prêt à tout et même au pire pour avoir sa place au soleil.

Alexis HK
Chicken manager (2009)

Pour lire les paroles, c’est par ici

Une lune façon halloween

Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Halloween est encore loin, mais la couleur orange, les ombres, les premiers curcubitacés d’automne sur les marchés, tout cela incite à la comparaison pour ne pas dire à la confusion. C’est aujourd’hui la pleine lune et elle est orange comme un Casimir. J’ai tenté la photo, forcément. Si le zoom x 60 a des qualités, il génère aussi du flou, forcément. Croyez-moi donc sur parole ou sortez sur votre balcon : ce soir, la lune a une bonne bouille de potiron.

La lune en mode citrouille – 21/09/2021

Jour J

Chronique du déconfinement, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

19 mai 2021. On devrait presque l’ériger en fête nationale, voire en jour férié. Ce n’est pas encore l’heure de l’immense youpi qui s’entendra jusque sur la planète Mars, mais la vie normale reprend peu à peu, avec certes encore quelques limites.
Voilatipa que le Bordelais trouve soudain opportun de dîner dès 19 h, puisque c’est le seul moyen de dîner au resto. En terrasse, bien sûr. Et lesdites terrasses sont au rendez-vous, comme les clients, heureux, joyeux, trinquant du bonheur de renouer avec ce qui, autrefois, était juste normal, ordinaire.

Bordeaux, 19 mai 2021

Ils sont venus, ils étaient tous là

Chronique du déconfinement, La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Vus les embouteillages de cet après-midi pour quitter l’île d’Oléron puis pour rentrer sur Bordeaux, j’ai un instant eu l’impression que toute la France habitait la même ville et passait ses week-ends sur le même petit bout de littoral. Mais quoi … n’avions-nous pas enfin eu le droit de déambuler où bon nous semble pour un peu plus quelques heures ? Ce grand week-end de quatre jours, même avec le vent et de jolis nuages, avait des airs de vacances. Une respiration, enfin. Et puis, finalement, une fois sur zone, nous avons déambulé tranquillement, sans nous gêner ni nous covider. Si, sur la photo ci-dessous, la foule semble dense, c’est juste parce-que j’ai abusé du zoom, ce gadget qui écrase les perspectives. Bien sûr il y avait du monde sur les plages, sans empêcher toutefois les distances de sécurité sanitaire, et tous ces gens étaient contents. Moi aussi.

Saint-Trojan-les-Bains (17), mai 2021

Un peu d’eau dans le vin

Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va

L’eau dans le vin, ce n’est jamais bien : l’eau se met à puer et le vin prend un goût de pipi. Mais c’est l’expression consacrée pour dire que l’on renonce à une part de ses exigences, que l’on assouplit la règle, que l’on s’adapte à l’adversaire. L’adversaire, actuellement, est un virus. Mon cher ministre de tutelle a peut-être l’impression, depuis quelques jours, que l’adversaire est un groupe compact et motivé de lycéens prêts à bloquer leurs bahuts pour remettre à plat les épreuves de fin d’année. Mais l’adversaire, c’est bien d’abord et avant tout un virus.
Résumons : en plus de devoir subir une réforme bâclée et violente, nos poussins de terminales ont la scolarité hachée menu par un covid confinant. Préparer le bac dans ces conditions relève du défi, que les poussins tentent de relever parce-qu’ils sont vaillants, mais quand même. Alors ils couinent, ils grincent, ils râlent, ils défilent. Et monsieur Blanquer tente d’adoucir la brutalité du moment, à très très petite touche, pour sauver ce qui peut encore l’être de sa réforme informe.
Il annonce donc, pour l’épreuve de philo, que la note de celle-ci ne sera prise en compte que si elle est supérieure à celle du contrôle continu. Pour faire court, les marmots qui ont d’ores et déjà la moyenne peuvent se la couler douce, leur note est assurée. Les autres sont priés de se sortir les doigts du …
Pour le grand oral, qui porte sur les enseignements de spécialité, les candidats auront la possibilité d’utiliser leurs notes rédigées pendant les 20 mn de préparation de l’épreuve, ce qui était prohibée dans la mouture initiale dudit grand oral.
Bien sûr que cela va soulager nos jeunes, mais est-ce suffisant face à une année en morceaux ? Ils ne pourront pas non plus être interrogés sur les thèmes non vus dans l’année. C’est rassurant, mais est-ce un gage de réussite pour autant ? N’oublions pas que certains établissements, majoritairement privés, n’ont pas joué le jeu de l’enseignement hybride lors du deuxième confinement, et affirment aujourd’hui, dans les dossiers parcoursup, leur fierté à avoir gardé les classes entières, y compris au mépris de l’intérêt général. Quand mon petit cul préside, n’est-ce pas ? …
Alors, comment ces profs (du privé, mais pas que) qui ont boosté leurs élèves comme des chevaux de course, quitte à créer du cluster à tour de bras, jugeront-ils les élèves lambda, qui viennent des bahuts ordinaires ? Ne seront-ils pas tenté de savonner les planches des pauvrets qui n’auront pas étudié tous les thèmes du programmes ? Je ne fantasme pas, des profs du privés qui cartonnent des gosses du public, j’en ai croisés dans plusieurs jurys de bac.
Et même si mes élèves de terminale m’agacent un peu, je n’ai vraiment pas envie qu’ils se prennent une tôle parce-que les profs du jury auront, eux, préféré prendre le risque covid plutôt que d’accepter de ne pas finir les programmes. Parce-que mes poussins à moi ne sont pas des bêtes de concours nourris aux OGM mais des humains en construction, plein d’émotions et nourris bio.
Alors m’sieur Blanquer, avec tout le respect que je vous dois puisque vous êtes mon patron, ménagez nos enfants. Ils ont eu deux années en petits morceaux. Ils n’ont pas besoin qu’on en rajoute. L’aménagement n’est qu’un tout petit pansement sur une plaie géante. Ne pourriez-vous pas, m’sieur Blanquer, ajourner les épreuves pour cette année ?

C’est la rentrée

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne

À quoi reconnait-on une rentrée scolaire lorsque l’enseignement se fait « en distanciel » ? Allez, c’est facile, on n’est plus surpris. La seule nouveauté, c’est le petit message d’explication, qui a changé depuis le début du mois, histoire de pimenter un peu le quotidien :

Des perches dans la jalle

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La balade dans l’enclos de 10 km de rayon m’a menée aujourd’hui sur la jalle de Blanquefort, un petit affluent de la Garonne. C’est joli tout plein et il y avait même de grands arbres pour faire de l’ombre. Regardant l’onde pure de la rivière, attendant peut-être quelque grenouille dont le coassement titillait agréablement mes tympans, je me mis à observer ce qui nageait dans le coin, à savoir des poissons de tailles variées mais a priori de même espèce, apparemment des perches. Si j’en crois le grand web et son valet wikipédia, c’est un carnassier fort vorace qui, quand pitance manque, n’hésite pas à manger ses congénères. J’avais devant moi, dans une rivière tranquille, de dangereux cannibales. Même pas peur, même pas mal.

Des perches dans la jalle de Blanquefort (33) – 24 avril 2021

La marche est haute

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ma balade confinée dans mon espace de libre parcours de 10 km de rayon m’a aujourd’hui amenée du côté du lac de Bordeaux, dans ce pseudo éco-quartier nommé Ginko. Des petits étangs rectangulaires drainent le marécage sur lequel sont construits les immeubles (et ne sont pas seulement là pour faire joli, comme le disait la pub lors de la mise en vente des appartements de ce nouveau quartier). Et sur ces petits étangs, pataugeant tranquillement, des hordes de colverts qui ont bien compris que le vieux crouton de pain était pour eux, que le quidam local avait la miette facile, que la malbouffe c’était rien qu’une légende urbaine. Empiffré, le canard fait du canard à tour de plume dès que le printemps s’annonce, et le caneton suit la meute de mare en mare. Ou pas. Ou plus tard. C’est qu’il y a des seuils, des écueils, des marches à franchir. Et le caneton ahane et insiste, souffre et reprend son souffle, se relance, retente sa chance, puis réussit, enfin, à rejoindre la fratrie.

Le côté désagréable du printemps

Chronique du grand confinement, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

Le printemps est un moment merveilleux : les jours qui rallongent, les zozios qui batifolent, le soleil qui donne des couleurs, les premières fraises, les asperges …
Le printemps est un moment désagréable néanmoins, non pas à cause de cet insupportable covid et de ses conséquences absurdes (quoique …), mais parce-que c’est une saison qui pique. Un moustique vu il y a trois semaines, un moustique tué il y en a deux, un moustique qui a piqué il y a quelques jours. Ma délicate cheville droite s’en gratte encore. Ce qui m’amène à un dessin urbain vu récemment :

Toujours plus haut

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée, Un peu d'art dans un monde de brutes

10 km de rayon autour du nid. Pour des vacances imposées, c’est limité. 10 km de libre parcours, avec parcs et jardins ouverts, c’est toujours mieux que la punition XXL du printemps 2020. Il faut toujours voir le moins mauvais côté des choses.
C’est ainsi qu’aujourd’hui, respectant à la lettre l’ordonnance ministérielle, mes baskets m’ont trainée jusqu’au Bois du Bouscat, un joli espace forestier en bordure d’hippodrome. Et là, au milieu des chênes, les pieds dans le marécage, il y a de très grandes échelles blanches. Des échelles qui incitent à voir le monde d’en haut, à prendre du recul à défaut d’avoir le dessus. L’optimisme tient à peu de choses, finalement.

Rien que des bons souvenirs !

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne

Ah ! les joies du travail « en distanciel » (ce mot est toujours aussi laid) ! et que je te bidouille un cours compréhensible par des marmots, et que je demande aux dits marmots de déposer leur boulot là où il faut (la démo a été re-re-re-refaite en classe dans la vraie vie la semaine dernière), et que je m’apprête à poster cours et consignes, et que, et que, et que … patatras, comme l’an dernier dans la même situation, l’espace numérique de travail envoie un joli message :

La cage

Chronique du grand confinement, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je ne décolère pas. La remise en cage, à la niche, derrière les barreaux, dis-le comme tu veux, ce re-confinement me met hors de moi parce-qu’il était évitable. Et puis aussi parce-que nos dirigeants n’ont rien compris au film. En quoi suis-je plus dangereuse en me baladant seule à marée basse sur la plage à 50 km de chez moi, qu’en déambulant au milieu de plein d’autres quidams sur les quais de Bordeaux ? Expliquez-moi, mesdames et messieurs les dirigeants en quoi le square du bas de la rue est moins dangereux que la forêt à 30 bornes ? Ces mesdames et messieurs rétorqueront qu’il était possible de s’isoler (on ne dit plus confiner, ça fait re-sucé de 2020) ailleurs, dans des prés verdoyants, dans la maison de famille du Lot ou la résidence secondaire à La Baule. Et pour ceux qui ne peuvent pas télétravailler ? et pour ceux qui n’ont pas sous le coude, hop comme ça, la bicoque sympa avec connexion internet ad hoc pour que les drôles puissent faire semblant d’avoir l’école à la maison ? bref, pour les gens ordinaires ? Je suis en colère et je piaffe derrière les barreaux de ma cage, même si je sais que j’ai la chance immense d’avoir une cage avec jardin dans une jolie ville avec Garonne. Une jolie cage, mais sans la plage ni l’océan.

La remise en cage, à la niche, qui me prive de plage et d’océan

En avril, ne te déconfine pas d’un fil

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va

L’impression, une fois encore, d’être plongée sans mon plein gré dans le film Un jour sans fin. Avril 2020 : à la niche. Avril 2021 : à la niche aussi, la sidération en moins. L’impression de revivre du déjà vécu, avec pas mal de fatigue et d’amertume.
Je reste convaincue que si tout le monde avait bien joué le jeu de la distanciation physique et du masque, nous n’en serions pas là. C’est peut-être réac’, peut-être une réaction de vieille conne, et pourtant … il y a peu, j’entendais sur Inter le monsieur qui a mis au point la solution hydro-alcoolique, dont la formule est dans le domaine public parce-qu’il en a voulu ainsi.

Ce monsieur, de nationalité suisse je crois, mais peu importe, ce monsieur, disais-je, expliquait fort bien à quel point les gestes dits « barrières » étaient indispensables et suffisants pour limiter la propagation des virus. Il a bien dit « suffisants ». Voilà voilà. Et dans le tram les masques sont sous le nez. Au lycée, c’est carrément, depuis deux jours, le bal des mal masqués. Nous sommes vivants parce-que nous avons survécu.
Quatre semaines hors de la trempette, c’est toujours ça de gagné, mais ce sont quatre semaines perdues pour la vraie vie, pour la famille, les amis, la forêt, l’océan. L’impression d’un immense gâchis parce-que trop de mes contemporains jouent perso, parce-que le civisme, le respect, oserais-je dire le bon sens, sont parfois perçus comme des signes de faiblesse. Désolée si ce discours semble ringard, mais j’en ai marre, vraiment marre, de me fader des hordes de « moi je » à longueur de journée.

C’est reparti pour un tour

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va

Le patron a dit « à la niche tu seras », mais pour Pâques faut voir (le patron est catho, ne l’oublions pas).
Le patron a dit « ta niche a 10 km de rayon », c’est bon, c’est dix fois plus qu’en 2020, les maths, c’est stimulant. Et puis j’aime pas les niches, alors savoir que ladite niche peut quand même me mener aux piscines à grenouilles du jardin botanique, ça soulage un peu.
Le patron a dit, « l’école en distanciel la semaine prochaine, et après, deux semaines de vacances pour tous les marmots ». J’avoue que j’apprécie, car la marmaille mi-masquée voire pas masquée du tout d’aujourd’hui a mis une certaine pression sur le corps enseignant que je suis. Sans parler des attitudes désagréables de ces fichus élèves de terminales qui ne font plus rien d’autre que bavasser pendant les cours depuis que parcoursup c’est fini. Ne plus voir les loulous pendant un temps un peu long fera du bien, et surtout évitera la covid-party entre deux récrés. Mais, « en même temps » (pour citer le patron-président), faut planifier en un clin d’œil le cours « en distanciel ». C’est que les parents, plus encore que leurs choupinets, attendent « la continuité pédagogique » de leur fils ou de leur fille, faut pas rigoler avec ça. Mais si, rigolons un peu, quand même. Lors de la mise en demi-jauge, en novembre, les gamins se sont retrouvés à la maison un jour sur deux avec du travail à faire. Les parents, du moins les moins éveillés d’entre eux (la minorité usante), n’avaient pas saisi que si leur loupiot était à la maison, cela ne voulait pas dire que son prof l’était aussi, celui-ci étant en cours avec l’autre moitié de la classe dudit loupiot. Et je me souviens qu’une maman a demandé où trouver la « continuité pédagogique » de sa fille, parce-que sur son Pronote à elle, ce n’était pas clair.
Le patron n’a pas dit comment répondre aux questions des gamins demain.
Le patron n’a pas dit (où alors j’ai lu le compte-rendu du Monde trop vite) si les profs seraient tous vaccinés avant la reprise effective des cours, avec des vrais élèves devant leurs vrais profs dans de vraies salles de classe vraiment trop petites.

Comment un embouteillage peut-il provoquer une hausse de 5% du cours du pétrole en moins d’une journée ?

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

La pandémie nous a bien mis le nez dans le caca de la mondialisation, mais depuis un an, on a tellement le nez dedans, qu’on en oublie les autres joyeusetés de ladite mondialisation et de ses effets papillon. Le pauvre lépidoptère n’y est pour rien, mais c’est pourtant ainsi qu’il est courant de nommer les effets collatéraux potentiellement lointains d’un fait a priori mineur.
Les médias bruissent aujourd’hui de l’info suivante : un embouteillage en Egypte vient de provoquer une hausse aussi subite qu’épidermique du cours du pétrole. Certes, pour des raisons d’offres et de demandes pas trop en raccord pour cause de covid, le prix du brut ne fait pas dans la dentelle en ce début de printemps, mais la hausse de 5% constatée aujourd’hui a une autre cause, moins rationnelle.
L’embouteillage dont il est question est celui de cargos de tous poils, bloqués sottement au sud du canal de Suez, parce-que l’un des leurs, façon camping-car sur l’A7 un 1er août, s’est vautré lamentablement en diagonal dans le canal. Vu sur Marine Traffic, ça donne ça :

Le bouzin fait 400 mètres de long, c’est un porte conteneur d’une contenance de 20 388 EVP, c’est-à-dire 20 388 équivalent vingt pieds, les vingt pieds étant la longueur de base d’un conteneur classique. Bref, plus de 20 000 boîtes sur le cargo. Classique mais conséquent. L’engin n’est pas vieux, rien à voir avec les bateaux poubelles dont on parle de moins en moins (parce que la flotte marchande actuelle est plutôt récente) : il a été mis à l’eau il y a trois ans.
Propriété d’un armateur japonais partenaire d’un armateur taïwanais, immatriculé au Panama, fabriqué au Japon, transportant des marchandises sorties d’usine en Asie pour des consommateurs européens, … un joli petit condensé de mondialisation ! Comment un bateau récent a-t-il pu ainsi se planter ? les médias, dont Le Marin, spécialiste du genre, évoquent un vent soutenu et même une tempête de sable. Et paf, la proue enfoncée dans une rive et la poupe effleurant l’autre. Barrage, embouteillage, …
Le navire n’est plus en danger, il flotte et il n’y a aucun blessé. Il sera juste un peu à la bourre à Rotterdam, d’autant plus qu’il n’a toujours pas repris sa route. Le canal est partiellement fermé pour deux jours (les navires peuvent à nouveau l’emprunter dans le sens nord-sud, mais pas dans le sens sud-nord). Ce petit épisode nous rappelle que, pandémie ou pas, business is business, et que quand un grain de sable entre dans la machine, ça coince ; alors, une tempête …

C’était il y a un an

Chronique du grand confinement, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va

C’était il y a un an et c’était un vendredi 13. C’est bien la peine de se battre contre les superstitions … C’était un vendredi 13 et, la veille au matin, mon bien aimé ministre de tutelle avait affirmé que les écoles ne fermeraient pas. Mais à l’époque les profs n’étaient pas encore des Jedis, et ce fameux jeudi 12 mars, en soirée, le patron président a décrété la fermeture des écoles, collèges, lycées et universités pour le lundi suivant et jusqu’à nouvel ordre. Alors le vendredi 13 a eu une drôle d’allure. J’ai vu toutes mes classes sauf une, ce sont les hasards de l’emploi du temps. Le soir, je suis rentrée tard car les conseils de classe parfois s’éternisent, surtout face à l’incertitude.
Le confinement nous pendait au nez. Le lendemain j’ai vu la mer pour une dernière fois avant très longtemps et, ce samedi 14, j’aurais du assister à un concert d’Alain Souchon. Concert annulé, reporté, puis reporté encore pour le mois de mai de cette année.
Quelques temps plus tard, j’ai aussi loupé le spectacle de Brigitte Fontaine, reporté lui aussi. Ces deux-là, Alain et Brigitte, je les écoute souvent. Spectacles vivants, cinémas, restos, expos nous manquent terriblement.
C’était il y a un an et je pensais naïvement que le confinement ne durerait pas si longtemps, que c’était un mauvais moment à passer mais que ça passerait vite, que c’était une expérience comme une autre. Que l’été venu tout serait plié, oublié. Je pensais, je supputais, j’espérais, j’avais tout faux. C’est bête d’être foncièrement optimiste, parfois.
Aujourd’hui, un an après, nous nous apprêtons sans enthousiasme et avec crainte à accueillir à nouveau tous les élèves du lycée en même temps, la vaccination patachonne et en plus il pleut. Mais je viens de voir sur Arte un joli documentaire sur Sting, et ce retour aux années 80 a quelque chose de fort apaisant.
Et puis les premières asperges arrivent sur les marchés, les huîtres du bassin d’Arcachon sont à nouveau autorisées à la consommation (après un mois de pause pour cause d’eau pas propre), les oiseaux déambulent, c’est la grive qui me réveille le matin, et les arbres font de jolis fleurs dans les jardins. Tout va bien, nous sommes vivants.

Un incendie à Strasbourg bloque un lycée à Bordeaux

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Je suis prof mais je me soigne, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ce matin, comme tous les matins en semaine, je commence par m’informer de la météo (pour choisir entre le ciré ou le petit débardeur estival), puis du réseau de transports en commun (au cas où le tram aurait rencontré un éléphant sur la voie), et enfin je me connecte sur l’espace numérique de travail (ENT), commun à toute la région Nouvelle Aquitaine, joyeusement nommé « Lycée connecté ». Et rien. J’ai bien eu la météo et le tram, mais pour le boulot : nada. Page blanche, erreur 504 « bad gateway ». Dans le même temps, je lis qu’un data center d’OVH avait été en partie détruit par le feu à Strasbourg. Pas bien réveillée, je ne fais pas le rapprochement, et pourtant, j’aurais du : OVH héberge à peu près les deux-tiers des sites français, autant dire que les dommages collatéraux à l’incendie sont considérables. Parmi les sites bloqués, pour seulement quelques heures ou pour un temps beaucoup plus long, se trouvent le centre Pompidou et l’aéroport de Strasbourg. Et donc, l’ENT des lycées de Nouvelle Aquitaine. Ce qui m’a permis d’expliquer à mes pioupious de première le fonctionnement des sites internet, des hébergeurs, du cloud, tout ça tout ça, et pourquoi un incendie à Strasbourg perturbait un cours prévu à Bordeaux, cours qui reposait, coup de pas de chance, sur les manuels en ligne et autres ressources du fameux ENT. En milieu de journée, ledit ENT a d’ailleurs été plus précis dans son message :

Ça va faire du baignassout’

Le monde tel qu'il va, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Camarades blogonaute habitué ou de passage, si tu ignores, en trainant ici, le sens du terme « baignassout' », révise ton charentais maritime ou prend une leçon auprès des Binuchards, parce-que je ne vais pas indéfiniment tout répéter, faut suivre un minimum, sinon c’est l’heure de colle qui te pend au nez.
Donc, pour en revenir à ce qui nous préoccupe et au titre de cette note, on va avoir du baignassout’ sur le littoral néo-aquitain cet été, car figurez-vous que nos contemporains, et peut-être toi cher blogonaute, rêvent de découvrir la dune du Pilat et l’île d’Oléron. C’est écrit dans le Routard, qui publie un sondage tout beau tout neuf (copie d’écran ci-contre).

Le dernier A380

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Septembre 2020 : le tout dernier A380 est assemblé à Toulouse. Clap de fin pour ce très gros porteur. Le coronavirus lui a donné le coup de grâce : les commandes en cours sont honorées, mais on n’ira pas plus loin.
Dans ces dernières commandes, il y a celles passées par le meilleur client d’Airbus pour ce modèle, la compagnie Emirates, qui en a déjà acheté 115 et qui en attend encore huit de plus, dont le dernier doit être livré au printemps 2021. Actuellement, cet avion est en essai, il fait des ronds dans le ciel avant livraison, livraison qu’Emirates a d’ailleurs tenté de retarder, crise du covid oblige (tout cela est expliqué dans un article du Figaro du 24 septembre 2020).
Il se peut donc que ce midi, en déjeunant sur la terrasse, ce soit ce dernier A380 en essai que j’ai vu au dessus de Bordeaux. Flightradar était formel : il s’agissait bien d’un A380 faisant des ronds dans le ciel au départ de Toulouse.

Un A380 en essai au-dessus de Bordeaux – 15 février 2021

Les villes vides en temps de covid

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, Le monde tel qu'il va, Tous les chemins mènent à Rome

Ce sont deux villes européennes qui, en temps normal et surtout en été, font le plein de touristes. Ce sont deux villes européennes qui, en juillet dernier, étaient vides, preuves à l’appui par GoogleStreetView.
Rome, tout d’abord, aux abords du Colisée, qui en temps normal grouille de monde :

Paris ensuite, rue d’Arcole, donc en plein piège à touristes près de Notre-Dame. Certes, la cathédrale n’est plus visitable depuis l’incendie, mais de là à vider le quartier, il y a un pas :

Source des photos : GoogleEarth, juillet 2020

Une chansonnette

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, Le monde tel qu'il va, Made in BZH, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Fleuves et rivières croulent sous le poids de l’eau, ça déborde de partout, ça inonde, ça catastrophe naturelle, ça évacue le monde en barque, ça pose des planches pour marcher dessus parce-que la flotte a pris la rue.
On a beaucoup parlé de la Garonne, qui a pris tant de liberté que le département 47 s’est retrouvé en alerte rouge, mais il y eut aussi des facéties de la Saône à Lyon, de la Loire à Nantes, et, à Paris, le zouave du pont de l’Alma fait soudain moins le fier. Il y a enfin la Charente, une habituée des crues hivernales, comme le chantaient Les Binuchards, des p’tits gars de Gémozac (17), qui ont poussé la chansonnette jusqu’en 2017.

LES BINUCHARDS
Quand la Charente a débordé (2009)

Une petite phrase en passant

Le monde tel qu'il va, Une petite phrase en passant

« En France, comme ailleurs, face aux incertitudes sanitaires, les gouvernements paraissent à la fois autoritaires et hésitants, incapables de prévoir l’avenir au-delà de deux semaines. Aussi la menace d’un confinement plus strict est-elle perçue comme insupportable. Et cette menace coagule tout un ensemble de résistances et d’oppositions qui peuvent s’agréger selon le principe de l’explosion : les explosifs sont là, reste à savoir où est la mèche, qui l’allumera et d’où ça partira. »

François DUBET, « D’un confinement aux autres : à quand l’explosion ? », Alternatives économiques, 27 janvier 2021

Covid, couvre-feu et misogynie

Le monde tel qu'il va

Dans une petite rue de Bordeaux sur le trajet du boulot. Deux hommes discutent des conséquences du couvre-feu. L’un d’eux est clairement embêté :
« Tu vois, le problème, c’est que c’est plus compliqué pour ma femme. Comme on embauche plus tôt, faut qu’elle se lève plus tôt pour me préparer mon petit-déjeuner ».

Illustration : Caroline Ingalls (« La petite maison dans la prairie ») – Autres temps, autres mœurs … ou pas !

Verre à moitié plein ou à moitié vide ?

Le monde tel qu'il va

Selon ta nature, optimiste ou non, tu vois le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Tu envisages un avenir radieux ou plonge dans les affres de la dépression. Tu vois le ciel bleu derrière les nuages ou les nuages devant le ciel bleu. Bref, face à une même situation, nous ne réagissons pas tous de la même manière et, surtout, nous n’envisageons pas tous la suite de l’aventure avec la même confiance. Ce qui vaut pour l’humain lambda vaut pour la presse, comme l’attestent deux titre de la PQR d’hier :

2021, c’est parti !

Le monde tel qu'il va

Clap de fin sur 2020

Le monde tel qu'il va

Bilan d’une année d’une grande dureté. En espérant que les quelques jours qui nous séparent du nouvel an soient doux et sereins. Comme le titrait Sud-Ouest hier : « Joyeux Noël quand même » …