170 personnes à qui je n’ai pas envie de dire bonjour

Le vote FN, c’est impossible. Je ne peux pas. Je ne comprends pas. Je ne parviens même pas à prendre le bulletin sur la table lors des élections. Je n’admets pas le choix du repli sur soi, du rejet, le choix des explications simplistes à des phénomènes complexes, le choix de la destruction et de la bêtise. Je lis, comme vous, ces articles qui analysent, qui expliquent : l’isolement des zones rurales, le sentiment d’abandon. J’ai lu tout ça, et le nouveau président a intérêt à prendre le problème à bras le corps. Mais que, dans des zones urbaines, privilégiées, des gens voient en Madame Le Pen un choix raisonnable, bon pour la France et pour eux-mêmes, ça me dépasse. Il y a ainsi, autour de moi, 170 électeurs qui, dimanche, ont choisi le bulletin Front National :

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Je connais ce chiffre grâce au site du Monde qui permet de connaître les résultats exacts de chaque bureau de vote. Certes, le score du FN est bien plus faible que celui de Monsieur Macron. La haine n’a pas gagné comme elle a pu le faire ailleurs, mais elle fait son chemin. Elle le fait dans ma rue, dans celle d’à côté. Ce sont mes voisins. Mais qu’attendent-ils de cette pauvre femme qui ne connait que l’invective et la hargne ? cette pauvre femme qui répond aux vrais problèmes d’emploi par des selfies dans une cour d’usine. Qu’espèrent-ils pour eux, pour leur famille, pour leurs amis ?

Et maintenant, que vais-je faire ?

Nous pourrions tous entonner la chanson de Bécaud, mais en fait j’ai la réponse : il faut virer la pétasse, empêcher, quoiqu’il nous en coûte, la tueuse de république et de démocratie d’accéder au pouvoir suprême, bloquer dans sa course la challenger du preum’s de pouvoir utiliser l‘article 16 de la constitution. Donc, dans deux semaines, nous nous serrons les coudes et nous jouons collectif. Tous ensemble ! Tous ensemble ! Quant à Monsieur Mélenchon, que je peux respecter par ailleurs quoique n’ayant pas voté pour lui, je pense que son actuel refus de donner une consigne de vote est une erreur : il faut sauver la démocratie, point barre. Dans ma commune, les résultats provisoires donnent ceci, je crois que je vais continuer d’y vivre, on n’y est pas si mal : Capture d_écran 2017-04-23 à 22.42.58a

Afficher sa passion pour le rugby

p1090940Les supporters de telle ou telle équipe de baballe (ronde ou ovale, peu importe) collent parfois un autocollant aux couleurs de l’équipe adorée à l’arrière de leur voiture. Si le véhicule n’est pas une automobile mais une plate à huîtres ? On s’adapte, on voit grand, on investit dans la peinture, en l’occurrence jaune si l’équipe aimée est le Stade Rochelais. La fierté du Charentais-Maritime s’exprime ainsi dans les grande largeur, avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir. Et il a bien raison, parce-que de toutes les baballes, c’est l’ovale que je préfère. Et cette année, la baballe de La Rochelle fait preuve de beaucoup de talent.

  • Photo prise sur l’île d’Oléron le 19/02/17, au lendemain de la victoire de La Rochelle contre le Stade Français (37 à 18).
  • Pour en savoir plus sur les exploits du Stade Rochelais en baballe ovale, consultez L’Equipe.

Fipette, mon amie …

Fipette, mon amie,

Tu as changé bien sûr, depuis le temps que je te connais. J’ai découvert ta voix à Nantes à ta naissance, ce qui ne nous rajeunit ni l’une ni l’autre. J’étais gamine et tu annonçais déjà les spectacles locaux, en douce, entre deux morceaux d’une musique intelligente, drôle, séduisante, et surtout bougrement jazzy.
Puis je t’ai connue, chère Fipette, à Paris, puis à Bordeaux. Tu n’avais pas tout à fait les mêmes intonations et, à l’heure des infos routières, le rond-point de La Gardette avait remplacé le triangle de Roquencourt. Et, coincés dans les embouteillages, tes auditeurs vibraient sur du jazz manouche ou fredonnaient « Le coq et la pendule ».
Aujourd’hui j’apprends que, par souci de garder du brouzouf, par crainte de dépenses prohibitives (mais tu ne coûtes rien, Fipette, tu es si douce et si discrète, on ne peut pas faire d’économie sur ton dos), par crainte de dépenses, disais-je, la reine-mère Radio France veut te sucrer le micro : les trois dernières antennes régionales de FIP (Nantes, Strasbourg, Bordeaux) sont vouées à la disparition pure et simple au profit de FIP Paris, déjà diffusée un peu partout.
1Et cela me déplait profondément. Depuis le temps que l’on déambule ensemble, moi dans la voiture et toi de l’autre côté du poste, on se connait, forcément, ça crée des liens. Il est donc totalement inenvisageable, chère Fipette, que tu me lâches les oreilles. Et c’est pour cela que j’invite les blogonautes habitués et de passage à signer la pétition ad hoc.

C’était dans le journal … le 8 novembre 1916

Il y a un siècle, la situation politique étatsunienne était identique à celle d’aujourd’hui : les citoyens étaient appelés aux urnes pour désigner leur président, par un mode complexe que rappelle Le Petit Journal.
En 1916, les élections ont donc eu lieu le mardi 7 novembre. La partie s’avère serrée entre le républicain Hughes, que L’Echo de Paris donne gagnant (tout en employant le conditionnel) et le démocrate Wilson, qui, au final, sortira vainqueur, mais d’assez peu. Le Petit Parisien, lui, se contente juste de rappeler que les Américains ont voté :

 

Ce que les Américains font aussi là, maintenant, aujourd’hui, 8 novembre 2016. Et ce serait de bon ton qu’ils ne fassent pas n’importe quoi. Car si Madame Clinton n’est peut-être pas ce qui peut arriver de mieux à ce pays, il est certain que Monsieur Trump est ce qui lui arriverait de pire.