En déambulant sur la toile [9]

En déambulant sur la toile ces derniers temps, je m’installe mollement sur le site du Monde : d’une part pour visualiser la dislocation de l’URSS, d’autre part pour apprendre que la raie manta est un animal social.
Préparant un cours sur la forêt amazonienne qui part en fumée (histoire de bien titiller le potentiel anxieux de la jeune génération dès la rentrée), je tombe sur une interview de la philosophe Joëlle Zask, qui s’intéresse aux mégafeux et fait part de ses réflexions à Usbek&Rica.
Restons dans le sérieux, en nous égarant sur le terrain de la géopolitique (désormais enseignée aux élèves de 1ère qui le veulent bien, comme quoi bloguer et bosser, ça fait une rime riche) : puisque Mister Trump veut acheter le Groenland (et il n’est ni le seul ni le premier), Eric Le Boucher, pour Slate, demande à ce que la France récupère les îles anglo-normandes. L’article, sous des abords facétieux, ne manque pas d’intérêt et livre de vraies bonnes infos sur ces petits îlots tout proche du Cotentin.

Enfin le Sedov parvint jusqu’à Bordeaux

Chaque année en juin, de jolis voiliers tâtonnent de la Garonne : pour la fête du vin les années paires, pour la fête du fleuve les années impaires, mais sur le fleuve, quelque soit la fête, il y a au-moins trois ou quatre jolis navires à admirer. Jusque là, le navire école russe Le Sedov (plus grand navire école du monde et plus grand voilier russe) n’avait jamais pu aller au-delà de Pauillac en raison d’une ligne à haute-tension un poil trop basse. Après quelques travaux, le Sedov a enfin pu décrocher (le port de) la Lune, et montrer aux badauds enthousiastes ses beaux mâts rouges. Il est arrivé jeudi (jour où fut prises les photos de cette note) et est reparti hier soir. La fête est finie.

Ce quatre-mâts barque de 117 mètres n’a pas toujours été un navire école, ni non plus un navire russe. Sorti d’un chantier allemand en 1921, il a d’abord eu pour mission le transport de nitrate au Chili, puis d’autres pondéreux vers l’Australie. Il passe sous pavillon soviétique en 1950, à titre de dommage de guerre. Il est alors navire-école pour les équipages de chalutiers, puis pour les cadets de la marine russe (source : Wikipedia).

C’était dans le journal … le 9 novembre 1917

Collection # 423

MIR
Le Mir est un navire-école russe construit en Pologne en 1987. C’est un long trois-mâts (deux fois le Bélem environ), qui vient de passer une semaine à Bordeaux et qui reviendra en juin.

Shtandart

Au tout début du XVIIIe siècle, le tsar Pierre Ier, dit « Le Grand », décide de faire construire dix navires afin de protéger le port de St-Petersbourg. Il s’attelle lui-même aux plans. Le premier et le plus grand de ces navires, armé de 28 canons, est le Shtandart. Depuis, il a disparu, mais en 1999, sa réplique a pris la mer à son tour. Une réplique à l’identique pour l’extérieur du navire, mais différente à l’intérieur : les moteurs diésel, dans la cale, ont remplacé les boulets de canon.
Cette très belle frégate est accostée au Ponton d’Honneur, à Bordeaux, jusque dans la nuit de lundi à mardi.

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Photo prise aujourd’hui même, quelques heures après l’arrivée du bateau

What’s new ? [jeudi 20 janvier 2011, 16 h 50]

  • Des œuvres d’art comme on ne les a jamais vues, triturées par photoshop selon une technique qui me dépasse encore largement : Van Gogh dans ses moindre détails (Libé). L’image qui illustre cette note n’a bien sûr pas été bidouillée, mais c’est bien un peu du Van Gogh quand même.
  • Nan mais ça va pas ! jeter son bébé en l’air, le rattraper au vol soi-disant pour le rendre plus fort ! C’est en Russie que se répand ce dangereux yoga où les bébés sont secoués (Slate). Même YouTube a viré la vidéo tant elle était violente. Pas la peine de s’étonner en constatant que le taux de mortalité infantile en Russie ne parvient à passer sous la barre des 10‰ (pour info, il est à peine supérieur à 3‰ en France).
  • Gaz de schiste : front du refus (La Dépêche). Les projets d’exploitation de ce gaz naturel stocké dans les interstices de la roche, et donc difficile à récupérer, sauf à utiliser énormément d’eau et des produits toxiques, éventuellement issus des hydrocarbures, ces projets, donc, touchent tout le sud du pays, bien au-delà du Larzac d’où est partie la fronde.

What’s new ? [lundi 28 juin 2010, 10 h 50]

—> Illustration : SAÏD, Tangage, 19e siècle.

L’oncle qui venait du froid

La nouvelle a déboulé hier sous forme de dépêche AFP : et si nous avions un autre ancêtre du genre Homo, un autre cousin que Néanderthal ?
Tout commence lorsque des chercheurs allemands se mettent en tête de faire parler un os d’une phalange d’un auriculaire trouvé en 2008 dans les Monts Altaï, en Sibérie, par des Russes qui n’eurent pas l’air plus émus que cela : il faut dire qu’un fragment de phalange d’auriculaire, ça ne saute pas forcément aux yeux. Le verdict tombe : c’est de l’homme, ça, madame. Du vrai, du costaud, du genre Homo. Dans tous les cas un individu qui aurait été contemporain de Sapiens et de Néanderthal. C’est l’ADN qui a permis de trancher, et de permettre de supposer qu’outre Sapiens et Neanderthal déjà cités, il y aurait eu une troisième espèce humaine, chose que la découverte d’un trublion en Indonésie en 2003 (l’homme de Flores) avait déjà permis d’envisager.
Que sait-on de plus sur cet hominidé découvert en Sibérie ? qu’il a vécu il y a environ 40 000 ans, que ses voisins les plus proches habitaient quand même à 100 km de sa grotte (de sympathiques Néanderthal, mais à cette distance faut s’y prendre à l’avance pour lancer un apéro sur la terrasse), que ses ancêtres ont quitté le berceau africain bien après les autres hominidés, et qu’il a peut-être un ancêtre commun avec nos ancêtres à nous. Cette découverte oblige surtout à repenser complètement la carte des migrations des premiers humains une fois sortis d’Afrique, or cette carte est loin d’être tracée à ce jour. Belle aventure en perspective …

—> Sources : AFP, Nouvel Obs, Radio Canada.

What’s new ? [jeudi 19 novembre 2009, 16 h 00]

  • Un coup de gueule de plus contre Monsanto et ses alliés politiques, parce-que c’est vraiment dramatique qu’une telle entreprise puisse déverser en toute impunité autant de produits toxiques sur ma terre à moi : le Roundup désherbe tout, même la loi (Effets de terre).
  • Le réchauffement climatique ouvre des perspectives pour le transport maritime, permettant la circulation de navires de commerce dans l’océan glacial Arctique, ce qui constitue un gain de temps, de carburant et donc d’argent substantiel : au rencart, nos brise-glace (Courrier International).
  • Et c’est reparti pour le marronnier de novembre ! Beaujolais nouveau. Alors goût de banane ou de fruit rouge ? ou goût d’arnaque ? (Ouest-France).