La chansonnette ose le déconfinement : Chicago

The Blues Brothers
Sweet Home Chicago

Back to school at home

Ce lundi est un lundi exceptionnel en cette période de confinement : il ne pleut pas. Du moins pas encore. Il fait même grand soleil et chaud.
Ce lundi est un lundi ordinaire néanmoins : comme mes collègues et comme pas mal d’enfants, je tente un retour vers la classe à la maison, les cours en ligne et tout ce grand fatras de la « continuité pédagogique », et comme tous les lundis, ça commence et ça continue avec ce message sur l’espace numérique de travail :

Tout va bien, donc. Le quartier entier ou presque est en télétravail et, grâce à cette belle journée estivale, je profite, via fenêtre ouverte, de toutes les conversations téléphoniques du voisinage. Cela constitue une aide à la concentration que chacun appréciera. Je soupçonne aussi quelques mouflets de n’avoir pas fait encore leur rentrée : les petites filles qui jouent au trampoline en hurlant depuis le milieu de la matinée montrent, si cela était encore nécessaire, que l’école à distance relève de la mission impossible. Mais comme retourner à l’école, la vraie, peut se refermer aisément en mode piège mortel, le problème est à ce jour insoluble.

Photo de la semaine du 27 avril au 3 mai 2020

La chansonnette ose le déconfinement : le Dakota

Robert Francis
Dakota

La harpe et la brosse à dent

Une harpiste taquine son instrument en se brossant les dents : c’est ainsi que l’aventure commence. Car il s’agit bien d’une aventure, pour tous les orchestres qui, aujourd’hui, jouent malgré le confinement, chaque musicien dans son chez soi, pour produire malgré tout une œuvre collective. Comme d’autres orchestres, l’orchestre national de Metz s’est plié à l’exercice, sans doute plus difficile qu’il n’y parait, avec La valse des fleurs de Tchaïkovsky :

Désormais nous l’appellerons « Dominique »

Nous l’avions surnommé « Pépère », pensant qu’il s’agissait d’un mâle célibataire. Or, sur ces deux points, nous avons fait preuve de légèreté. Célibataire ? sûrement pas, nous avons des preuves. Quant à Pépère … le nom est fortement connoté masculin. Et si le hérisson du jardin était une dame ? D’où ce prénom mixte de « Dominique » qui sera désormais le sien (Claude et Camille, ça marche aussi), puisque nous avons vu trois petits, trois jeunots, trois p’tits loulous frôler la bordure intérieure des iris du petit jardin du grand confinement, en tout début de soirée alors que la pluie avait enfin daigné cesser de tomber. Iris où ronflait celui (ou celle) que nous avions un peu rapidement surnommé Pépère.

Trois jeunes hérissons dans le petit jardin du grand confinement – 2 mai 2020

La chansonnette ose le déconfinement : Vancouver

Véronique Sanson
Vancouver

Je veux sortiiiiiiiir !

Je sais que le pré-déconfinement s’approche, qu’à ce jour je suis dans un département vert, que dans une dizaine de jours je pourrais peut-être batifoler jusqu’à 1OO km, mais je craque, j’explose et je disperse façon puzzle, je veux sortir.
Je veux revoir le bois de Vincennes, le phare de Chassiron et la Tour Eiffel
Je veux revoir le Château des ducs de Bretagne, le port de Pénerf et les remparts de St Malo
Je veux revoir le port ostréicole d’Andernos, la dune du Pilat et la plage d’Hendaye
Je veux revoir Berlin, New York et Copenhague
Je veux revoir Stockholm, Helsinki et Athènes
Je veux revoir l’Acropole, le Panthéon et la porte de Brandebourg
Je veux revoir l’Aveyron, la Corrèze et l’Isère
Je veux revoir le Capitole, le canal du Midi et la ville de Sète
Je veux revoir la Normandie, le Pays Basque et l’Occitanie
Je veux revoir les Landes, la Lozère et la Corse
Je veux revoir la Loire, la Charente et l’Adour
Je veux revoir la Vilaine, la Seudre et la Seine
Je veux revoir le vieux port de Marseille, les flamants roses en Camargue et Palavas-les-Flots
Je veux revoir les échasses blanches dans le marais des Bris et les cigognes sur la route de Rochefort
Je veux revoir l’Atlantique, la Méditerranée et la Baltique
Je veux revoir l’estran à marée basse, la plage du Grand Crohot et les Pyrénées
Je veux revoir des arbres, plein d’arbres, très hauts, très grands, avec des écureuils dedans
Je veux revoir ouvertes les grilles de tous les parcs et jardins urbains
Je veux revoir le Péloponnèse, les lacs de Finlande et les grenouilles du jardin botanique
Je veux revoir la gare Montparnasse, le quartier du Marais et le port de l’Arsenal
Je veux revoir Potsdamerplatz, Tiergarten et Unterdenlinden
Je veux revoir le double phare de l’île d’Aix, les berges de Garonne et le canal du Midi
Je veux revoir Nantes, Lyon et Bayonne
Je veux revoir le péage de Virsac, la Brière et la presqu’île de Rhuys
Je veux revoir les étangs du Médoc, le Larzac et les vautours des gorges de la Jonte
Je veux revoir les cargos s’approchant du port de La Pallice et les vagues qui claquent sur la plage des Saumonards
Je veux revoir le fort Boyard, les huîtres de Marennes et mon vendeur de pineau sur le marché
Je veux revoir la rue Rambuteau, la passerelle des Arts et le Pont Neuf
Je veux revoir le RER, le métro et le parvis de Beaubourg
Je veux revoir le miroir d’eau des quais, le pont de pierre et le quai de la Fosse
Je veux revoir la tour romane de Redon, le clocher octogonal de Cozes et le musée Guggenheim de Bilbao
Je veux revoir le Cirès, la forêt du Coulin et Arès

La chansonnette ose le déconfinement : l’Alaska

Maggie Rogers
Alaska

1er mai

La chansonnette ose le déconfinement : Tokyo

Benjamin Biolay
Une chaise à Tokyo

Et dire que l’UBB était en tête !

Le Top 14 était plutôt sympathique en fin d’hiver : le Stade Rochelais, que nous avions pu croire perdu pendant un temps, avait meilleure mine, et, surtout, l’UBB (Union Bordeaux Bègles) était en tête du classement, laissant augurer des phases finales de bonne tenue. Je me souviens ainsi du match disputé le 15 février au stade Chaban-Delmas contre Lyon, que l’UBB avait largement remporté alors qu’à l’issue de la première mi-temps, ce n’était vraiment pas gagné. Un joli suspense, un joli jeu, et des cordes vocales nettement moins performantes les jours suivants pour les supporters de base.
Puis vint Covid. Arrêt net de toute compétition. Pendant un temps, il est envisagé de reprendre à l’été, en ne jouant que les matches de la phase finale, ce qui laissait envisager un UBB / Toulon potentiellement bourrepifesque. Mais hier, le couperet est tombé. Même si la décision définitive ne doit être entérinée qu’aujourd’hui, la saison de rugby 2019-2020 est finie. Pas d’autre match, pas de clap de fin, mais covid et eau de boudin.

Match UBB – LOU, stade Chaban-Delmas (Bordeaux), 15 février 2020

La chansonnette ose le déconfinement : Shanghaï

Arthur H
The Lady of Shangai

Une petite phrase en passant

« Je suis en colère, mais pas contre la pandémie elle-même. Je perçois et vis ce virus comme complètement naturel. Je suis en colère contre la façon dont notre gouvernement gère cette crise d’une façon pathétiquement verticale, centralisée et ultrasécuritaire, en faisant assumer à la population son incompétence crasse. »

Alain Damasio, «Pour le déconfinement, je rêve d’un carnaval des fous, qui renverse nos rois de pacotille», propos recueillis par Hervé Kempf pour reporterre.net, 28 avril 2020

Collection 530

La chansonnette ose le déconfinement : Sumatra et Java

Gérard Manset
Les îles de la Sonde

Ce que Pépère nous fait faire

Le confinement a cela de bon qu’il nous permet de nous rapprocher de la nature, puisque nous avons le temps et un jardinet, ce qui n’est pas rien. Dans ce jardin, souvenez-vous, dort profondément un hérisson (surnommé Pépère), qui, pratiquant peut-être le jeûne de Ramadan, ne sort consommer d’augustes nourritures qu’à la nuit tombée.
Nous avons remarqué que certains éléments meublant la terrasse ralentissaient Pépère le Hérisson dans son déplacement vers les contrées de bombance. D’où déplacement de quelques uns desdits éléments pour laisser à Sa Majesté plus d’espace pour ses virées nocturnes. Cela ne marche pas trop mal, mais l’animal encore hésite, avant de trouver le chemin vers le jardin voisin, où, peut-être, il trouve de quoi se sustenter (en plus des escargots du jardin), et peut-être même, qui sait, sa dulcinée.

La chansonnette ose le déconfinement : Tahiti

Paola
Si t’as été à Tahiti

Les lundis se suivent et se ressemblent

C’est marrant, mais, depuis le début du confinement, le lundi c’est jour de pluie. Au début, cet aspect météorologique m’a rendue grognon. Et puis l’habitude vient, on se dit que cette pluie, c’est bon pour le jardin. D’ailleurs, les escargots n’y voient aucun inconvénient.

Deux escargots dans le petit jardin du grand confinement, le lundi 27 avril 2020

Photo de la semaine du 20 au 26 avril 2020

La chansonnette ose le déconfinement : les îles Marquises

Jacques Brel
Les Marquises

Un autre 26 avril

26 avril 2008 – Pointe du Cap Ferret

Comme hier, la photo qui illustre la note d’aujourd’hui est celle d’une époque révolue, mais pour une raison bien différente. Si le covid et le confinement empêchent tout accès aux plages actuellement, ce n’est que temporaire. Par contre, la plage de la pointe du Cap Ferret est totalement interdite d’accès définitivement et depuis plus d’un an, pour cause d’érosion. Et contre cela, le déconfinement ne pourra rien.
En revanche, la dune du Pilat, que l’on distingue en arrière-plan, sera à nouveau accessible un jour. Et j’ai hâte que ce jour arrive car c’est de là-haut que la vue sur le Bassin d’Arcachon est la plus belle, surtout quand, comme aujourd’hui, le temps devient orageux.

La chansonnette ose le déconfinement : le Nicaragua

Bernard Lavilliers
Nicaragua

Un autre 25 avril

25 avril 2010 – Gordes

Gordes : le cliché provençal par excellence, avec tout ce que cela peut avoir d’usant en plein mois d’août, mais tout à fait fréquentable au printemps. Un site magnifique, des vieilles maisons, des rues en pente … Et puis, sur cette image, des touristes en voyage organisé, reconnaissables à leurs casquettes vertes, qui se ruent sur les boutiques de souvenirs (lavande, huile d’olive et santon) et les cartes postales, ancêtres des posts sur Instagram. Cette photo a dix ans. Elle représente un monde qui a disparu, le covid ayant mis à terre le tourisme de masse, et les réseaux sociaux sur smartphone ayant remplacé les bises de Provence griffonnées à la pointe Bic au dos d’une photo montrant un bout de vacances à la famille et aux amis.

Partir en goguette

Je découvre par les hasards du web un groupe de chansonniers portant le doux nom de Les Goguettes. J’écoute ces messieurs, jonglant notamment sur un titre d’Aznavour, et je me régale :

La chansonnette ose le déconfinement : Haïti

Raphaël
Adieu Haïti

Un autre 24 avril

24 avril 2009 – Lyon, parc de la Tête d’Or

Une matinée à Lyon au printemps. Rien que le parc de la Tête d’Or, mais pas tout le parc tant il est grand. L’acmé du parc et jardin urbain pour tous les amateurs de parcs et jardins urbains. Une eau transparente (du moins en avril 2009), des oiseaux, quelques mammifères (je me souviens avoir vu des daims du côté des serres tropicales), beaucoup d’arbres, des gens qui profitent de ce lieu si paisible au cœur de la grande ville.

Laurier classé X

On tourne à peine le dos que le laurier du jardin devient une scène de stupre et de fornication, un hot spot du zizipanpan et du crac boum hue, voire du crac-crac tout court. Dans un petit jardin où vit un hérisson célibataire, du genre qui a fait vœu de chasteté pour se consacrer au dodo sous la couette feuillue et à la chasse aux escargots. S’il voit ça, le hérisson que va-t-il penser de la tenue de ce jardin ? de la moralité des tauliers ? je m’attends à une fin de semaine difficile …

Deux insectes en mode peace and love dans le laurier du petit jardin du grand confinement

La chansonnette ose le déconfinement : le fleuve Orénoque

Enya
Orinoco Flow

Un autre 23 avril

23 avril 2011 – Grande plage de St-Trojan (île d’Oléron)

Il n’y a pas que les vacances dans la vie : il y a les week-ends aussi. Ce 23 avril-là, il y a neuf ans, était jour d’une balade classique, habituelle même du temps d’avant le grand confinement : la déambulation sur la grande plage de St-Trojan, dans le sud de l’île d’Oléron, de préférence à marée descendante car la plage est plus large. Et comme la mer se retire pour un temps, l’école de chars à voile emmène ses élèves sur le terrain de jeu, à la queue leu leu, tous attachés derrière le petit tracteur. Une image presque enfantine, même si ce sont bien des adultes qui s’essaient le plus souvent à ce sport.