La chansonnette [17]

Rachid Taha
Agatha
2006

Tu parles d’un mauvais coup, d’une mauvaise blague, d’une mauvaise planète comme on disait autrefois en Bretagne celtique : le Rachid est décédé. Taha est mort. 59 ans. Pas juste. Pas drôle. Trop tôt. La dernière chanson de lui que j’ai écoutée, c’est Agatha. En direct de son album Diwan 2 de 2006. Un titre de Francis Bebey, camerounais, lui-même mort en 2001. L’Afrique, le rock et la chanson ont le blues. Et moi aussi.

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La chansonnette [16]

PICON MON AMOUR
La Fabuleuz (2017)

Jojo joue de tout, Marlène chante en s’accompagnant de l’accordéon. À eux deux, ils forment le duo Picon Mon Amour et enchainent les concerts (plus de 300 en quatre ans, si j’en crois leur site web). Ils seront d’ailleurs début juillet dans le Gard puis en Ardèche. Avec La Fabuleuz, ils nous proposent un tour de France :

 

La chansonnette [15]

Grand Corps Malade
Patrick (2018)

Patrick, c’est toi le plus grand. Ce n’est pas moi qui le dit mais Fabien, alias Grand Corps Malade, une vrai grand, lui. Donc, Fabien déambule avec un guitariste dans Levallois-Perret, y compris au marché où il interloque le badaud. Et il nous parle d’un certain Patrick, élu de la République et victime des juges méchants. Toute allusion à un homme politique réel n’est ni fortuite ni involontaire. Comme d’habitude chez Fabien, le texte est précis, ciselé, pointu et drôle.

La chansonnette [14]

Ray Ventura
Vive les bananes (1936)

Les bananes, c’est le top : y’a pas d’os dedans. J’avais entendu ce titre il y a fort longtemps, et même plus longtemps encore. Oublié, donc, jusqu’à ce que FIP me le remette dans l’oreille en fin de semaine dernière. Ray Ventura, 1936. J’adore.

La chansonnette [13]

Jacques HIGELIN
Je suis mort, qui qui dit mieux (live 2013)

Il est mort, ben v’là aut’chose. C’est une belle journée de soleil, on se dirige mollement mais surement vers le week-end, et les infos nous plombent l’ambiance : ce Jacques-là ne nous éblouira plus sur scène.

 

La chansonnette [12]

Gilles Servat
Gwerz Marv Pontkallek (Histoire de la mort de Pontcallec)
1972

Hier soir, Arte a diffusé Que la fête commence, ce film de 1975 dans lequel Bertrand Tavernier évoque la Régence, alors que Louis XV était encore un marmouset. Le régent, sous les traits de Philippe Noiret, est confronté à une forme de cabale antifiscale venue de Bretagne, menée par un nobliau local : le marquis de Pontcallec (interprété par Jean-Pierre Marielle), qui rêve de renverser le régent voire qui imagine une république de Bretagne. Cet épisode des débuts du XVIIIe siècle est généralement connu sous le nom de « conspiration de Pontcallec ». Mal ficelée, la conspiration échoue et les meneurs sont décapités à Nantes en 1720. Cette scène intervient à la fin du film, et l’on entend alors la voix, en breton, de Gilles Servat. Servat avait, en effet, raconté la mort de Poncallec trois ans plus tôt, sur l’album très militant intitulé « La Blanche Hermine ».

La chansonnette [11]

Marc Ogeret
La Chanson de Craonne
1973

Dès les premiers mois, une fois qu’il est enfin évident que le conflit sera long, les soldats ne supportent plus la guerre, ou plus exactement les conditions dans lesquelles elle se déroule, les sacrifices qu’ils offrent à la patrie pour des résultats militaires inexistants. C’est le sentiment de se battre pour rien qui est à l’origine de contestations qui trouvent leur apogée dans les mutineries de 1917, mais qui s’expriment aussi dans les chansons, dont cette fameuse Chanson de Craonne, interprétée ici par Marc Ogeret en 1973 (vous pouvez en lire le texte ici et ici). Inutile de préciser que l’état-major appréciait fort peu ce genre de ritournelle. Il parait même qu’une récompense était promise à quiconque en dénoncerait l’auteur.
Il se trouve que je pense à cette chanson aujourd’hui, car d’après un titre de Sud-Ouest (je ne suis pas allée plus loin, n’étant pas abonnée), l’interprétation de cette œuvre lors des commémorations du 11 novembre, à Dolus d’Oléron (Charente-Maritime) a tourné à la polémique. Des anciens combattants (qui, de toute façon, ne sont plus ceux de la guerre de 14) n’ont apparemment pas apprécié ce moment, pourtant probablement fort, de la cérémonie. L’aspect antimilitariste, mais aussi défaitiste, voire désespéré, du texte, choquerait-il encore aujourd’hui ?