Collection # 21

Rouge

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What’s new ? [mardi 10 novembre 2009, 21 h 15]

  • Il n’y a pas que Total qui lorgne sur l’exploitation des sables bitumineux, qui mettrait inévitablement en péril l’écosystème des régions concernées : le groupe italien ENI a exactement la même idée, dont la mise en application détruirait des centaines de kilomètres carrés de la forêt congolaise pour quelques barils de plus (Effets de terre).
  • Vous vous souvenez de la R8 Gordini, cette petite bagnole sapée en Adidas ? il se pourrait qu’elle refasse surface, modernisée, puisque Renault relance la Gordini avec un modèle pour Twingo (Ouest-France).
  • La pêche à crevette … à cheval, ça existe, en tout cas en Belgique : Le Post l’affirme et montre même des images.

Certes, c’est un domaine [2]

Balade de samedi dernier, pile entre deux très grosses averses, mon keum dit qu’on a de la chance avec le temps. Le temps qu’il fait et celui qui passe. Domaine de Certes, donc. Tout d’abord la vue sur le Bassin, contre-jour et marée basse quand la vasière lance des flashes argentés :

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Puis au loin les oiseaux. Mouettes, cormorans, foulques bien sûr, c’est ce qu’il y a le plus, piaillant et plongeant, oiseaux noirs dodus avec le bec blanc. Et puis les cigognes, trop loin pour que l’on puisse les identifier sans forcer le zoom. La photo n’est pas terrible, mais oui, ce sont bien des cigognes :

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Avant que l’averse suivante ne nous rattrape, nous admirons le ciel et ses couleurs de temps de pluie, souvent les plus belles :

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05Et pourtant il y a une ombre au tableau, toujours la même, j‘en avais parlé dans le blog du temps d’avant : les chasseurs. Ils arrivent en fin d’après-midi pour titiller le colvert qui rentre au bercail. Habillés comme des militaires qui partent en guerre, éventuellement accompagné du fiston de 10-12 ans : y’a pas d’âge pour apprendre à être con. Et surtout, bien qu’un panneau à l’entrée du domaine interdise la circulation du deux-roues, à moteur ou pas, le chasseur se pointe en pétarou. Ça pue et ça fait du bruit, ça éclabousse dans les flaques, ça transporte même l’épagneul dans un panier : faudrait pas que Médor ait les pattes sales pour choper le caneton.

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Certes, c’est un domaine [1]

C’est un de ces endroits où nous aimons nous balader en dehors de l’été, non pas parce-que nous fuyons la foule mais simplement parce-que l’ombre y est rare. C’est aussi un de ces endroits que l’on croit naturel, avec ses oiseaux marins, ses cigognes et l’odeur de la mer, mais qui a en fait été totalement façonné par l’homme, tout comme les autres paysages “naturels” de la Gironde, il suffit d’en regarder l’image satellite pour s’en convaincre :


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Ces rectangles tracés au cordeau correspondent à de très anciens marais salants mis en place au milieu du XVIIIè siècle sous l’impulsion d’un aristocrate du coin : c’est ainsi que naît le Domaine de Certes, sur les communes d’Audenge et Lanton, au fond du Bassin d’Arcachon. L’aventure du sel dure moins de 15 ans : le domaine et son marquis sont ruinés par la mise en place de taxes sur le sel en 1773. Au milieu du XIXè siècle, le Domaine est remis en état et les anciens bassins à sel sont désormais utilisés pour la pisciculture, activité qui n’a pas encore disparu aujourd’hui, et qui n’a rien à voir avec les piscicultures industrielles : le poisson arrive avec la marée montante, et est piégé dans les bassins par un système d’écluses, pas besoin de s’occuper de sa reproduction ou de son alimentation.
Avant de passer au deuxième épisode de cette balade, prenez le temps de regarder les 10 photos de ce petit diaporama (suite ce soir, ou demain, ou plus tard, bref quand je serai venue à bout de mon tas de copies et d’autres joyeusetés professionnelles) :

What’s new ? [vendredi 6 novembre 2009, 21 h 15]

Le jour où le Mont Blanc sera italien …

… ça ne me fera ni chaud ni froid, il y a bien des gens qui prétendent que le Mont Saint Michel est breton ! Cette histoire de Mont Blanc qui passerait du côté italien n’est pas une berlusconnerie de plus, mais le résultat d’un phénomène géologique lent mais réel, constaté lors de la énième mesure du plus haut sommet d’Europe (quoique … tout dépend où l’on place la frontière orientale de l’Europe …). A ce sujet, j’apprends en parcourant un article du Parisien, que le Mont Blanc, dont on nous serinait qu’il faisait 4807 m quand on était môme, et on avait intérêt à le savoir par cœur, au même titre qu’il ne fallait pas oublier la Baïse quand on récitait les affluents de la Garonne, le Mont Blanc, donc, mesure aujourd’hui 4810,45 m, soit 45 cm de moins qu’il y a deux ans. Exercice : Sachant que le Mont Blanc mesurait 4810,40 m en 2001, 4810,90 en 2007 et 4810,45 en 2009, calculez en quelle année l’altitude du Mont Blanc sera à nouveau celle que j’ai apprise en CM1 (pour vous aider : année scolaire 1977-1978).
Et l’Italie dans tout ça ? j’y viens. C’est tout simple. En mesurant la montagne, les scientifiques ont constaté un déplacement latéral du sommet du mont vers l’Italie. Un déplacement de 26 cm. On calcule dans combien de temps le Mont Blanc ne sera plus le point culminant de la France, pour voir ?

What’s new ? [mercredi 4 novembre 2009, 18 h 30]

  • Redim-0La mort de Claude LEVI-STRAUSS fait la une de la plupart des journaux aujourd’hui, celle de Libé, accompagnée d’un très long papier, est superbe d’émotion et de sobriété. Sciences&Avenir rend hommage à sa manière à ce grand bonhomme, en re-publiant un article que la rédaction du magazine lui avait consacré il y a un an : les 100 ans d’un géant.
  • Les films allemands, malgré des productions de qualité et quelques succès publics mérités, restent peu connus hors d’Allemagne : le cinéma allemand entre ivresse et gueule de bois (La Libre Belgique).
  • Que faire contre la plaie des bouchons en ville ? je dirais bien : “prendre le bus”, mais ça ne ferait pas un article bien long. 4 idées publiées par LePost, puisées à Londres, à Séoul, en Suisse et à Paris.

Collection # 20

Rues et places parisiennes

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What’s new ? [mardi 3 novembre 2009, 17 h 00]

  • Puisque les abeilles meurent dans les champs, élevons-les en ville : l’apiculture devient une culture urbaine, avec ici l’exemple de Toulouse (20 minutes).
  • Bonne nouvelle … si elle se concrétise : le Bassin d’Arcachon bientôt classé “parc marin” (La Dépêche ; c’est quand même marrant qu’une fois de plus j’apprenne quelque chose concernant la Gironde dans un canard de Toulouse et pas dans Sud-Ouest ; passons …).
  • Puisqu’on nous bassine avec des histoires d’identité nationale, histoire de savoir ce qu’est être français, et bien je vais vous le dire : c’est refuser qu’un de nos fromages à nous, bien crémeux, puissent être fabriqué ailleurs que dans les alpages qui l’ont vu naître. Na! Il faut sauver le Saint-Marcellin (Le Post).

Des travaux pour sauver la bourse du travail

C’est un bâtiment inauguré en 1938, deux ans après les luttes ouvrières enfin gagnées qui avaient permis à des milliers de salariés de connaître enfin le sens du mot “vacances” lors de ce bel été 1936. Donc style art déco comme on en trouve encore facilement à Bordeaux, béton pur et bas-relief à la gloire du monde du travail. Ça, c’est pour l’extérieur, que l’on doit à Jacques D’WELLES, architecte en chef de la Ville, les bas-reliefs étant d’Alfred JANNIOT.

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La Bourse du Travail de Bordeaux est non seulement une institution vitale (c’est la maison commune des syndicats), mais est aussi un monument à part entière, un gros morceau de patrimoine avec de superbes œuvres dedans, dont de gigantesques fresques signées Jean DUPAS, Camille de BUZON, ou Pierre-Albert BÉGAUD, et présentant notamment une allégorie de la ville de Bordeaux, avec port et pinard.

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Pendant des dizaines d’années, ce bâtiment s’est délabré au grand dam de ceux qui l’occupent. Son classement par les monuments historiques, à la fin des années 1990, ouvre des perspectives de rénovation, mais il ne se passe rien de significatif, si ce n’est une provisoire mise hors-d’eau après l’effondrement d’une partie de la toiture qui avait contraint la plupart des syndicats à l’exil vers d’autres lieux de la ville. Finalement, les travaux sérieux de remise en état sont entamés en 2007 : mise aux normes pour la sécurité, mais aussi remise à neuf dans le style art-déco, sans trahir l’œuvre initiale. Les travaux sont désormais à peu près achevés, et le bâtiment devrait probablement rouvrir au public sous peu.
J’ai eu l’occasion de visiter cette splendide bâtisse lors des journées du patrimoine de septembre 2008, et j’étais partagée entre l’émerveillement (ces fresques dont j’avais vu des repros mais que je voyais en grand pour la première fois), le goût personnel plus que satisfait pour l’histoire du monde ouvrier, et la tristesse de voir tant de salles et couloirs gris, lugubres, au matériel obsolète. Petit diaporama, réalisé à partir des photos prises le 20 septembre 2008 :

—> Sources :

Retour à la maison de Gainsbourg

0PA310093Il y a un an, je m’étais arrêtée un bon moment rue de Verneuil, devant la maison qu’occupait Serge Gainsbourg : rarement vu autant de tags, de graffitis, de mots en vrac, de dessins et de collages sur un si petit espace. J’en avais fait une note, laissée en blog en heure et en temps, et puis plus rien.
L’artiste Arnaud JOURDAIN, dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire son nom ce midi sur le site web de L’Express, en a fait un tableau vivant : il joue vraiment avec l’œuvre d’art  évolutive qu’est devenue la façade de cette maison. Des milliers de photos prises sur plusieurs années, qui défilent en formant un clip, et que l’artiste a surtout détourées, superposées, décollées virtuellement pour leur donner vie, et c’est superbe : à voir en cliquant ici.

What’s new ? [lundi 2 novembre 2009, 13 h 10]

  • La démocratie n’est pas pour tout de suite en Afghanistan : le 2e tour des élections présidentielles vient d’être annulé (France-Info).
  • La génétique est décidément partout. Voilatipa que des chercheurs étatsuniens viennent de dénicher un gêne du chauffard … (Sciences&Avenir).
  • On l’appelle la “loi de l’emmerdement maximal”, celle qui assombrit assez souvent les lundis matins, mais pas seulement. Qui connaît réellement la loi de Murphy (parce-que c’est son nom) et l’origine de celle-ci ? Réponse en images qui bougent avec du son autour, mise en ligne par Ça m’intéresse :

Distrayant mais nuisible

Les passants s’accoudent à la rambarde qui domine la Garonne, ou plutôt la vasière qui se dégage lorsque la marée descend. Qu’est-ce qui peut bien les attirer à cet endroit plutôt tristounet ? Une bande de ragondins, cinq au moins, et ce n’est rien par rapport à ce que j’ai vu il y a plus d’un an en rive droite.
Le ragondin, importé en France il y a plusieurs dizaines d’années pour fabriquer du manteau de fourrure low coast, pullule et met la zone dans les berges, qu’il sape allègrement. Il entre aussi en concurrence territoriale avec d’autres animaux, tout comme le vison d’Amérique détruit les habitats du vison d’Europe (c’est pour cela que le collectif qui a revendiqué la “libération” de visons d’Amérique d’un élevage de Dordogne rassemble des zozos imbéciles nuls en sciences, et non des citoyens responsables).
A ce titre, la préfecture de Gironde a classé le ragondin comme espèce nuisible qu’il est conseillé de détruire (dans un pays de chasseurs, l’info ne passe pas inaperçue, même si la palombe fait plus chic sur la table dominicale), au même titre que la fouine, le rat musqué, ou le sansonnet  (arrêté préfectoral du 19 juin 2009, corrigé par une ordonnance du tribunal administratif de Bordeaux du 15 septembre 2009, qui retire de la liste des animaux pas si nuisibles que ça ou trop rares dans la région pour constituer une réelle menace, comme le renard, la pie bavarde ou la martre).

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Couleurs d’automne dans le vignoble

Géographiquement, on est dans l’Entre-Deux-Mers, une mer étant la Garonne l’autre la Dordogne. Au niveau pinard, on est dans l’appellation Premières Côtes de Bordeaux, mais c’est finalement sans grande importance aujourd’hui.

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Redim-2La balade a eu lieu à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, en rive droite de la Garonne que l’on a dominé du haut du coteau, elle formait un trait gris brillant au loin, c’était joli. Cet endroit du département de la Gironde est vallonné, à l’inverse de la rive gauche de Garonne, plate comme l’île de Sein. Cette jolie promenade bucolique a démarré près de la vieille forteresse médiévale de Haut-Langoiran (commune de Langoiran), et nous nous sommes baladé entre les vignes, observant les différentes couleurs des feuilles après les vendanges : du rouge le plus vif au jaune pale en passant par le vert estival, tout dépend du cépage, peut-être de l’âge des pieds de vigne, que sais-je.
La lumière automnale est décidément la plus belle, rasante, qui illumine tel un spot de théâtre des parties du paysages : regardez un peu ce calvaire qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais avec cette lumière-là il devient superbe. C’est aussi une balade au calme, sans chasseur pour nous briser les oreilles voire les reins, avec juste quelques piafs qui badinaient dans les branches.

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—> A cliquer :

What’s new ? [vendredi 30 octobre 2009, 14 h 10]

  • On jurerait un début de polar façon Fred Vargas, et pourtant c’est juste un fait divers bizarre de plus : un nouveau pied retrouvé sur une plage canadienne, le 8e en à peine plus de deux ans, un vrai pied humain avec sa chaussure autour (Libé).
  • C’est fou ce que ça peut être parano et susceptible, un dictateur ! La Chine irritée par un site sur le Mur de Berlin en bloque l’accès aux internautes (L’Express).
  • Redim-00Qu’un mur soit tombé en novembre 1989 n’empêche pas des dizaines d’autres murs d’être bâtis, sur des frontières, puis surélevés, consolidés, renforcés, barbelés, miradorés, chiendegardés, etc : allons-nous tous finir emmurés ? (Télérama)

—> Illustration : un morceau du Mur de Berlin, photographié en décembre 2008.

Les soucis du Real Madrid

08 copyTout s’explique, surtout quand on ne sait pas qu’il y a un problème : j’apprends ainsi, en parcourant Rue89, que le Real Madrid marque moins de buts depuis quelques temps, et surtout qu’un des joueurs fétiches de l’équipe, Ronaldo, a bobo à la papatte. Outre le fait que le foot m’intéresse assez peu (si ce n’est pour faire des commentaires idiots sur les chaussettes des joueurs ou pour se moquer de leurs mines souffreteuses dès qu’ils font boum par terre, alors que dans la même situation un môme de 10 ans se relèverait en criant “même pas mal”), outre accessoirement que j’ignorais que monsieur Ronaldo tapait du ballon en Espagne, j’ignorais aussi que l’homme fut blessé. Plus drôle est la cause de la blessure : le jeune footeux est victime du mauvais sort, au sens propre du terme. Un sorcier s’est occupé de lui pour la somme rondelette de 30 000 €, à la demande d’une jeune femme éconduite par la star. Un sorcier, qui répond au nom de Pépé el Brujo et au journaliste de Rue89, s’est chargé de la cheville de Ronaldo, mais aussi de la quasi-totalité des joueurs du Real. Bien que la maman du joueur ait tenté une contre-attaque tout aussi magique, avec expert à la clé, Pépé affirme que le charmant garçon n’est pas près de retaper dans un ballon, ou alors pour pas longtemps.
Et l’équipe de France, dans tout ça ? paraît qu’elle va se qualifier pour la coupe du monde (dommage, je rêvais d’un été sans foot), que Domenech est ensorcelé lui aussi (sans rire ?), et que tout va s’arranger. Si c’est un sorcier qui le dit …

—> Source :

—> Illustration : le Douanier ROUSSEAU, Les joueurs de football, début XXe siècle.

What’s new ? [jeudi 29 octobre 2009, 13 h 10]

  • La Chine reste un régime totalitaire, économie libérale ou pas. L’emprisonnement pour délit d’opinion ou pour raisons religieuses reste d’actualité. Le discours officiel parle de “rééducation par le travail”, mais on meurt encore dans les camps chinois et il n’est pas rare que les corps soient incinérés afin que les familles ne puissent jamais connaître la raison exacte du décès (vidéo mise en ligne par France 24) :

  • Découverte d’un pays européen qui surfe sur ses contrastes : le Portugal à deux vitesses, entre dynamisme et traditionalisme (CaféBabel).
  • On l’a surnommé “le cimetière des fous” parce-que, jusqu’en 2000, on y a inhumé des patients décédés de l’hôpital psychiatrique voisin. Près de 900 sépultures sans fioriture ni marbre, juste des croix de guingois sur une butte de terre. Ça se passe à Cadillac, sur les bords de la Garonne à moins d’une demie-heure du périph’ bordelais, et ce bout de terre attire des convoitises à connotation immobilière : querelles d’outre-tombe au cimetière des oubliés (Sud-Ouest).

 

Kevin joue avec la nourriture

0De Kevin VAN AELST, je ne connaissais que la pomme grignotée qui faisait apparaître le dessin des continents. De toutes ses photos, c’est certainement la plus célèbre, et d’ailleurs j’avais un peu vite rangé l’artiste au rayon “food-art”. Il est vrai que sa manière de transformer de la moutarde en empreinte digitale ou de dessiner des pendules avec des crackers confirme cette tendance.
Mais ce jeune photographe étatsunien, diplômé de psychologie depuis 2002, joue aussi avec beaucoup d’autres objets : des petits carnets deviennent poste de radio, des t-shirts rouges et bleus mettent en évidence le schéma du cœur. Petite découverte du talent de ce garçon en 12 images :

Collection # 19

Les vestiges de la mare

Au Jardin Public de Bordeaux a débuté un vaste chantier de nettoyage du plan d’eau. Au fond de la mare, émergeant d’une vase sombre et malodorante, on retrouve des objets divers et variés, arrivés là il y a plus ou moins longtemps, et progressivement posés sur la berge.

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What’s new ? [mardi 27 octobre 2009, 17 h 45]

  • La pauvreté gagne. Pour se sortir tant bien que mal des galères de RMI (touché ou pas), des chambres d’hôtel qu’il faut partager, certains hommes tentent de vendre le peu qu’ils ont dégoté à aussi miséreux qu’eux, malgré l’interdiction légale que la police applique à coup d’amendes impayables et à coups de talons : les marchés de la misère se créent malgré tout, à partir de babioles ringardes et dépareillées posées sur une vieille couverture parce-qu’il faut bien bouffer (Les Inrocks).
  • Ça s’appelle un pliosaure. C’est un bestiau façon dinosaure, dont les restes fossilisés viennent d’être trouvés : un monstre marin sur la côte anglaise, dont le crâne à lui seul mesure plus de 2 mètres de long, ramène ainsi ce pauvre Nessie au rang de jouet pour enfant (Nouvel Obs).
  • T25 images pour un hommage à tous ces gens qui attendent le train, qui prennent le train, qui s’entassent dans le métro, qui jaillissent des tunnels du métro : en voiture s’il vous plait ! (photos de l’agence Magnum publiées par Slate).

—> Illustration : Max ERNST, Le train engourdi, 1929

Les 76 cocus

Il y a le cocu en herbe, le cocu fataliste, le cocu de santé, le cocu sympathique qui fait ami-ami avec les amants de sa femme, le cocu tolérant, le cocu grandiose, et 70 autres cocus, rapidement mais clairement décrits par quelqu’un de fort sérieux par ailleurs : Charles FOURIER, philosophe autodidacte, penseur utopiste inventeur du Phalanstère, ce lieu de vie en harmonie dont GODIN, au XIXè siècle, s’inspire pour créer le Familistère, juste à côté de son usine de poêles à charbon de Guise, dans l’Aisne : les ouvriers et ouvrières y jouissaient d’un confort paternaliste leur permettant de faire garder les mômes pendant le turbin, mais agencé de telle sorte que chacun pouvait épier ses voisins et vérifier ainsi que le petit monsieur d’en face ne se pochtronnait pas en rentrant de l’atelier. Bonheur, bonheur, …

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FOURIER s’est aussi beaucoup intéressé aux passions, qu’il classe en trois catégories principales. Sa recherche d’harmonie ne vise pas que le monde du travail mais aussi la sphère privée, d’où la rédaction du Nouveau monde amoureux, publié un siècle et demi après sa mort. D’où aussi cette typologie du cocuage sur laquelle je suis tombée par hasard, publiée elle aussi bien après sa mort (décédé en 1837, sa Hiérarchie du cocuage ne semble avoir été publier pour la première fois qu’en 1924). Le texte ne manque ni de sel ni d’un vocabulaire suffisamment fourni pour aboutir à ces 76 sortes de cocus, et c’est finalement plutôt drôle.

1—> Sources :

  • Charles FOURIER, Tableau analytique du cocuage (texte intégral mis en ligne par abu.cnam.fr), édité aussi en poche (Mille et Une Nuits) ;
  • la notice Wikipédia consacrée à Charles FOURIER

—> Illustration : Nicolas POUSSIN, Le Christ et la femme adultère, milieu du XVIIe siècle.

Rose des sables

12“Rose des sables”, c’est pour faire joli. Ce serait plutôt “rose de vase”, cet amalgame sombre et collant qui apparaît à marée basse.
Que fait-elle là, la rose, au milieu des salicornes et des plantes marines diverses ?
Qui l’a semée, par quel hasard ou quelle bonne volonté ?
Je l’ai trouvée jolie, cette rose de la mer, ce samedi d’octobre sur la petite plage qui va du port ostréicole d’Andernos à la conche de St-Brice, tout au fond d’un Bassin d’Arcachon totalement vidé de son eau.

What’s new ? [lundi 26 octobre 2009, 15 h 00]

  • L’imagination des concepteurs de jeux vidéo ne connaît pas de limite, surtout quand la technique permet de mettre celle-ci en application : la mauvaise haleine tueuse de monstres (Aujourd’hui le Japon), ou comment s’obliger à bouffer des tas de choses qui font puer du bec avant de jouer.
  • Jolie balade en Bretagne (quelques mots et surtout des photos qui donnent envie de partir en vacances) : l’île de Batz, on y va ! (Le Post).
  • 0-APrès d’un Chinois sur quatre est en surpoids voire obèse, exactement pour les mêmes raisons que dans les pays occidentaux : la malbouffe sévit aussi en Chine (TerraEco).

—> Illustration : Claes OLDENBURG, Two Cheesburgers, début des années 1960

Sale temps pour les carpes

Redim-0Après le grand nettoyage des bassins du Parc Bordelais, qui a pris entre 6 et 7 mois avant l’été, c’est au tour du Jardin Public d’avoir droit à sa grande toilette, et ce n’est pas du luxe.
Depuis lundi dernier, le bassin est ainsi en cours de vidange. La vase qui reste au fond ne donne vraiment pas envie de s’y balader. L’odeur qui s’en dégage est un mélange brutal entre égouts ordinaires en plein été et résultat de la vidange d’une fosse sceptique en surcharge. La mare ainsi vide, ou presque au moment où j’ai pris les photos, laisse voir l’état de dégradation du bassin : il est prévu que l’étanchéité soit refaite, on comprend pourquoi. On voit aussi tout ce qui a pu tomber au fond de l’eau opaque (ce sera l’objet de la collection de photos de mercredi prochain), ainsi que les restes de l’installation “Reflets” de Laurent Valera, démontée à la fin du mois d’août après que les carpes ont bien joué avec les bouteilles.

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Les carpes, justement, que deviennent-elles ? Si la volaille, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Redim-1s’adapte, la carpe manque d’eau. Le taux de mortalité atteint des sommets, et le ridicule bassin de fortune chargé d’accueillir les poissons survivants semble plus là pour rassurer le public que pour réellement effectuer une opération de sauvetage. Combien y avait-il de carpes dans ce bassin ? des centaines ? des milliers peut-être ? l’impression qu’elles occupaient tout l’espace, tant elles sont nombreuses ces jours derniers à chercher leur oxygène, tapissant le fond de la mare de béton. Ce n’est pas demain la veille qu’elles recommenceront à titiller les pattes des poules d’eau et à bouffer le pain des canards …

Balade automnale au Cap Ferret [2]

Balade à la pointe du Cap Ferret, suite et fin. Entre parenthèses, heureusement que nous y sommes allés samedi dernier, par un beau soleil, parce-que la flotte d’aujourd’hui aurait un peu rompu le charme (mais ça fait pousser les champignons, on ne peut pas tout avoir). Ce qui attire aussi les badauds, sur cette pointe de sable, ce sont les blockhaus, et ce pour deux raisons : on cherche à les compter d’une part, d’autre part on regarde ce que les tagueurs plus ou moins doués en font.

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Le nombre ? de moins en moins, mais il en reste. Inexorablement les cubes de béton armé jusqu’aux dents dégringolent sur le bas de la plage puis dans l’eau, où ils servent d’abri aux animaux marins, récifs artificiels finalement bien utiles. Il en reste sur le sable, et même encore au moins un en haut de la dune, à croire que patiemment le sable en fabrique dans ses entrailles et les recrache petit à petit. Je me demande ainsi combien il y en avait au départ, dans ces sordides années de guerre ? Ça devait être énorme. Aujourd’hui, ces blocs ne font plus peur à personne, ils glissent lentement, plus un seul n’est droit. Et surtout ils prennent des couleurs, à regarder de plus près dans le diaporama ci-dessous (j’ai un faible pour le loup rose et pour le slogan “Vous avez oublié vos bombes”) :

What’s new ? [vendredi 23 octobre 2009, 17 h 40]

  • Un fait divers pas banal : occupés à discuter, des pilotes oublient d’atterrir (Nouvel Obs) et se rendent compte de leur bévue après avoir fait faire 240 km en trop à leur A320 reliant San Diego à Minneapolis. Heureusement qu’il restait assez de kérosène !
  • Le cinéma coréen semble renaître de cendres dont je n’avais pas connaissance, mais on ne peut pas être au courant de tout : renaissance ou décadence du cinéma coréen ? (Courrier International), ou le retour du vieux débat “quantité contre qualité”.
  • C’était bien avant le mp3. Même bien avant les CD, c’est dire si c’est vieux. Slate a collecté les photos Magnum : 33 tours et puis s’en vont.

Balade automnale au Cap Ferret [1]

Redim-0C’est une sorte de rituel, de balade obligatoire en octobre ou en novembre : compter les grains de sable à la pointe du Cap Ferret et voir ce qu’il reste des blockhaus (ce dernier point fera l’objet d’une prochaine note).
Surprise énorme samedi dernier : la plage a disparu. Ce n’est pas la marée montante qui crée une illusion d’optique, c’est bien la plage qui a fondu comme des pépètes placées sur un livret A. Il en reste, c’est vrai, les photos le prouvent (pensez à cliquer pour les agrandir, pour une fois c’est possible). Mais par rapport à ce que j’ai connu il y a près de 15 ans, ou même par rapport à ce que j’ai foulé de mes baskets tout terrain il y a seulement quelques mois, le changement est radical. Le jeu de l’érosion a joué à plein : là où une plage en pente assez douce glissait vers laRedim-1 mer il y a une bonne grosse marche de 50 à 70 cm. Pas encore une falaise, mais l’idée est dans l’air. Les pieux censés limiter le travail du vent et surtout des courants ne servent manifestement à rien, si ce n’est de terrain de jeux pour enfants (et adultes !) ayant envie de tester leur équilibre. A certains endroits, ces pieux à l’origine longs de plusieurs mètres ne dépassent plus que de quelques centimètres. Quant aux blockhaus …


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What’s new ? [jeudi 22 octobre 2009, 20 h 45]

  • Une jolie histoire pour commencer cette note : symphonie fantastique au cœur des Andes (La Croix), ou comment une ville ouvrière bolivienne de 900 000 habitants s’est mise à la musique classique.
  • Ça peut s’apparenter à un cauchemar de la société de consommation, un piège à rats dont on ne s’échappe qu’après passage par les caisses : bienvenue à Ikea City (photos dans Télérama), la ville suédoise d’Almhult où se situe le siège social de la marque bleue et jaune.
  • Les travaux de construction du nouveau pont de Bordeaux (un pont levant qui a jusqu’à présent surtout soulevé la polémique) viennent de démarrer : un chantier gigantesque, mais qui saura se faire discret (20 minutes Bordeaux).

Clap de fin

logoEVENTO (1ère biennale d’art contemporain – Bordeaux – 9 au 18 octobre 2009)

Evento c’est fini, depuis quatre jours maintenant. Il n’en reste que la passerelle (pour quelques mois ?) et une expo au CAPC (Insiders), que j’irai voir plus tard.
Il y a tout ce que j’ai raté : 10 jours c’est trop court, surtout quand il faut valser d’un bout à l’autre de la ville pour rencontrer les œuvres nomades, et sans parler du boulot au beau milieu de tout ça.
Il y a ce que j’ai vu mais pas montré ici, notamment cette extraordinaire expo sur Luanda, la capitale de l’Angola, dans les salles du Grand Théâtre. Il aurait fallu des heures pour tout regarder, tout déchiffrer, tout lire : des vidéos, des photos, des films en plan fixe façon webcam, passionnant. Clap de fin sur ce que je n’ai donc pas montré ici, en sept photos :

Le coup de poing

logoEVENTO (1ère biennale d’art contemporain – Bordeaux – 9 au 18 octobre 2009)

Amos GITAÏ, Citations

Le coup de poing. C’est exactement ce que j’ai ressenti en entrant dans la base sous-marine, peut-être le contraste de ce lieu très sombre avec la belle journée ensoleillée du dehors (mais cette expo était encore plus percutante, voire angoissante, la nuit). Plus sûrement le volume sonore, très au-delà de ce que mes oreilles ont l’habitude d’entendre.

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Je connais assez mal le cinéma d’Amos GITAÏ, j’avoue. C’était donc aussi une découverte, qui vaut autant par les films, quelque soit leur niveau de violence (ce docu sur Alessandra Mussolini, avec la foule scandant Mu-sso-li-ni ad libitum, stressant), que par le décor. Des extraits de films qui tournent en boucle, projetés en grande partie sur le béton brut et délabré d’une base sous-marine où quelques objets rouillés sont encore agrippés. La photo ci-dessus ne rend pas grand chose, c’était un peu ambitieux de sortir la boîte à images sur ce coup-là, peut-être comprendrez-vous un peu mieux ce que j’ai ressenti avec le petit bout filmé qui suit :