Le satyre puant

1« Satyre puant », c’est son nom habituel. Les latinistes disent aussi « phallus impudicus », ce qui décrit assez bien la forme particulièrement suggestive de ce champignon.
On le trouve dans beaucoup de forêts d’Europe du printemps jusqu’à l’automne, aussi bien à proximité des feuillus que des conifères, souvent près des vieilles souches, y compris si elles sont en décomposition.
Ce champignon est totalement immangeable, non seulement parce-qu’il est considéré par certains mycologues comme légèrement toxique, mais surtout parce-que l’odeur qu’il dégage, plus proche du cadavre ou du pet que de l’abricot ou de la rose, écarte toute velléité de le glisser dans la poêlée champêtre du dimanche soir.
L’odeur pestilentielle de ce champignon aide à sa reproduction : elle attire les mouches, qui se délectent d’une sorte de gélatine qui recouvre une partie du phallus impudicus. Par leurs déjections, les mouches transportent les spores et permettent au champignon de faire des petits loin du nid de départ.
Néanmoins, à l’état très jeune, et alors qu’il se présente sous forme d’œuf blanc, il est parait-il mangeable. Il parait qu’en Extrême-Orient, ces fameux œufs sont même consommés crus et sont appréciés pour leur goût, qui rappelle celui du radis.

2Remarque : les photos ci-dessus représentent des champignons de la même famille que le satyre puant, mais le côté puant ne sautant pas au nez, il se peut qu’il s’agisse simplement d’un vague cousin, tout aussi peu encourageant pour la cuisine.

Photos : île d’Oléron, 19 octobre 2014

Une galère ? mais quelle galère ?

À première vue et surtout d’un peu loin, on suppose qu’il s’agit d’un morceau de plastique de plus, chose habituelle sur les plages du golfe de Gascogne, véritable cul-de-sac pour objets divers tombés des bateaux. On s’approche, sans bien détailler la chose : et si c’était un bout de méduse ?

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Un peu galère à identifier, non ? et si, justement, c’en était une, de galère ? plus précisément la galère portugaise, dont le nom moins familier est physalie.
La physalie fait partie de la sympathique famille des cnidaires, ces bestioles molles et gélatineuses dont la particularité est d’être plus ou moins urticantes. Dans cette grande famille se trouvent bien sûr les méduses, mais aussi les anémones de mer et les fameuses physalies, ces dernières étant de proches cousines des vélelles. Les physalies sont généralement roses ou bleues (rien à voir avec le barouf rance et indécent des givrés de la manif pour tous), mais mes recherches sur Google ne m’ont pas permis d’en voir des franchement blanches, façon méduses ordinaires. Et pourtant, c’est bien de la physalie blanche que j’avais sous les yeux, sur l’île d’Oléron au week-end dernier :

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Se méfier tout de même, même si la couleur n’y est pas : les physalies sont réputées bien plus urticantes que les méduses.

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Les signes d’automne arrivent

Certes, samedi encore il faisait 27°C sur la plage, dans le sud de l’île d’Oléron, et je viens de terminer mon déjeuner sur la terrasse, sans pull ni chaussettes. Néanmoins, et même si c’est un peu plus tard que l’an dernier, on sent bien que l’automne rode autour de nos ultimes tenues d’été : la cueillette de champignons du week-end en est la preuve, d’autant plus qu’il y avait aussi les premiers chanterelles, des champignons qui s’adaptent très bien au froid.
Un autre signe majeur : les oiseaux migrateurs. Ils peuvent ne faire que passer, se dirigeant vers le sud plus clément : c’est le cas des grues cendrées, dont le premier vol a été vu en Champagne le 6 octobre. D’autres migrateurs viennent hiverner sur nos côtes océaniques, et là encore l’île d’Oléron est en première ligne. C’est le cas des bécasseaux … :

oiseau Oléron - Château 2.JPG

… et des oies sauvages, de jolies petites bernaches :

oiseau Oléron - Château.JPG

La bernache cravant est arrivée en meutes sur Oléron. On l’entend aboyer bien avant de la voir. C’est parti pour un automne sonore …

Collection # 268

Street art en rive droite
Bordeaux, quartier Darwin, octobre 2014

street art

La chasse à la nonette est ouverte

nonette 1.JPGCueille-t-on ou chasse-t-on le champignon ? si l’on considère comme exactes les dernières découvertes scientifiques en la matière, les champignons ont plus de gènes en commun avec le chat de mon voisin qu’avec une pâquerette. Le champipi sera donc désormais chassé, et la saison commence plutôt bien : dans une jolie forêt de l’île d’Oléron, l’humus était par endroits recouvert d’un tapis de nonettes voilées, appelées aussi bolets jaunes.
La nonette voilée est un bolet d’assez petite taille, fréquent dans les forêt de pins maritimes. Son pied est blanc ou crème, assez trapu, et son chapeau est jaune orangé tirant sur le marron. Sa cuticule, c’est-à-dire la petite peau qui recouvre le chapeau, est très collante, voire gluante. Cette peau rend le champignon indigeste, c’est pour cela qu’il faut l’enlever dès que le champignon est cueilli : c’est d’abord plus facile à réaliser que quand la nonette a un peu séché, ensuite on y gagne considérablement d’un point de vue digestif. L’action est simple et rapide, la cuticule s’enlevant aussi bien que la peau d’une banane, par contre cette opération tâche les doigts façon henné pour deux à trois jours.

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Une fois la peau enlevée, ce joli bolet particulièrement savoureux se prépare comme n’importe quel autre champignon et se digère sans aucun problème. Cette petite peau bien gluante est aussi le signe de fraicheur du champignon, nettement meilleur quand il est cueilli jeune.

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Photos : île d’Oléron, 19 octobre 2014

Quand le bon sens fait défaut, frappons au porte-monnaie

2Il parait, dit un élu du quartier, que des chiens de combat sont amenés là pour s’entraîner. Que ce sont eux, ces chiens, qui détruisent l’écorce des arbres, mettant la vie de ces derniers en péril. Nous sommes en rive droite de Garonne, dans le nouveau Parc aux Angéliques, aménagé dans la foulée de la construction du pont BaBa (que je n’appelle toujours pas Chaban Delmas, même si Google me dit de le faire). Les arbres y sont jeunes, tendres, fragiles.
Le bon sens, la petite fibre écolo qui sommeille dans chaque promeneur, le savoir-vivre tout simplement devraient suffire à faire prendre conscience de l’urgence d’arrêter le massacre. Sauf que ça ne marche point. La mairie de Bordeaux, à défaut d’avoir vraiment le moyen de prendre, sinon le taureau par les cornes, du moins les clébards par leurs oreilles et leurs maîtres par … par ce que tu veux, bref, la mairie alerte sur le coût financier du remplacement des arbres : 2200 euros par arbre, directement facturés au contribuable.
1Je doute de l’efficacité du procédé. Ce ne sont pas les braves toutous du dimanche, qui promènent leurs maîtres au bout d’une laisse à rallonge, qui sont les auteurs du carnage. Les maîtres des chiens concernés doivent gentiment s’en moquer, de cet avertissement financier, si tant est d’ailleurs qu’il s’agisse bien là de l’œuvre de chiens de combat.

Source : Sud-Ouest, 7 octobre 2014

Photos : 12 octobre 2014

Collection # 267

Salicorne
Bassin d’Arcachon, octobre 2014

salicorne