C’était dans le journal … le 31 octobre 1914

L’Intransigeant, canard réac’ anti-dreyfusard, ne mâche pas ses mots pour la une du jour. Ce n’est plus la guerre entre deux pays et leurs alliés respectifs, mais un combat entre les civilisés et les autres. Le ton est dur, à la guerre comme à la guerre !

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Les racistes vont devoir changer de discours : les hordes d’étrangers n’existent pas

1Désolée pour ce titre un peu longuet, mais quand on a l’occasion de remettre quelques pendules à l’heure, il ne faut pas se priver.
Le nouveau numéro de TerraEco est largement consacré aux migrants. Au beau milieu d’articles fort intéressants, et disponibles sur le net pour les abonnés, se trouve un petit lexique et une mise au point chiffrée : rien de nouveau sous le soleil, les chiffres sont les chiffres, et ils sont plus têtus que le chat du voisin quand il a décidé de squatter mon canapé.
Rappelons quelques évidences : les immigrés ne constituent que 3% de la population mondiale. Alors pour les hordes d’étrangers qui se ruent aux frontières, on repassera ! Les pays de départ sont d’abord le Mexique et l’Inde, suivis de la Russie, qui est aussi le troisième pays d’accueil. Donc, les accros de la couleur bleu marine en étendard électoral doivent se faire une raison : l’Arabe pas plus que le Rom, leurs boucs-émissaires préférés, ne sont les premiers à quitter leurs pays. De même, ces migrants ne se ruent pas exclusivement vers l’Europe, même si c’est en se dirigeant vers cet eldorado mythique qu’ils risquent le plus leur vie (plus de la moitié des gens qui meurent en migration se rendent vers l’Europe, pas de quoi être fier !) : les Etats-Unis sont le premier pays d’accueil. Certes l’Europe accueille des immigrés, mais ils ne volent pas le pain des Français : ils paient leurs impôts en Allemagne. Quand à la population française, elle est composée d’immigrés à 8,6% : pour les hordes, on est encore très loin.

Illustration : Marcel GROMAIRE, Une gare

Collection # 269

Que d’oies ! que d’oies !
Ile d’Oléron, 25 octobre 2014

bernaches

Quand la bernache aboie, l’hiver est bientôt là (proverbe)

La bernache cravant, oie migratrice pas plus grosse qu’un colvert, quitte les zones polaires quand le froid devient trop perçant pour se réfugier dans des régions plus douces, notamment la Charente-Maritime et le Bassin d’Arcachon. On voit alors arriver sur l’estran des dizaines et des dizaines de ces oies, aboyant toutes en même temps. J’ignore le nom du cri de cette oie-là, si tant est d’ailleurs qu’il y en ait un. Le site oiseaux.net le décrit comme un « rrok rrok keukk keuk rrout« , why not ?

Le satyre puant

1« Satyre puant », c’est son nom habituel. Les latinistes disent aussi « phallus impudicus », ce qui décrit assez bien la forme particulièrement suggestive de ce champignon.
On le trouve dans beaucoup de forêts d’Europe du printemps jusqu’à l’automne, aussi bien à proximité des feuillus que des conifères, souvent près des vieilles souches, y compris si elles sont en décomposition.
Ce champignon est totalement immangeable, non seulement parce-qu’il est considéré par certains mycologues comme légèrement toxique, mais surtout parce-que l’odeur qu’il dégage, plus proche du cadavre ou du pet que de l’abricot ou de la rose, écarte toute velléité de le glisser dans la poêlée champêtre du dimanche soir.
L’odeur pestilentielle de ce champignon aide à sa reproduction : elle attire les mouches, qui se délectent d’une sorte de gélatine qui recouvre une partie du phallus impudicus. Par leurs déjections, les mouches transportent les spores et permettent au champignon de faire des petits loin du nid de départ.
Néanmoins, à l’état très jeune, et alors qu’il se présente sous forme d’œuf blanc, il est parait-il mangeable. Il parait qu’en Extrême-Orient, ces fameux œufs sont même consommés crus et sont appréciés pour leur goût, qui rappelle celui du radis.

2Remarque : les photos ci-dessus représentent des champignons de la même famille que le satyre puant, mais le côté puant ne sautant pas au nez, il se peut qu’il s’agisse simplement d’un vague cousin, tout aussi peu encourageant pour la cuisine.

Photos : île d’Oléron, 19 octobre 2014

Une galère ? mais quelle galère ?

À première vue et surtout d’un peu loin, on suppose qu’il s’agit d’un morceau de plastique de plus, chose habituelle sur les plages du golfe de Gascogne, véritable cul-de-sac pour objets divers tombés des bateaux. On s’approche, sans bien détailler la chose : et si c’était un bout de méduse ?

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Un peu galère à identifier, non ? et si, justement, c’en était une, de galère ? plus précisément la galère portugaise, dont le nom moins familier est physalie.
La physalie fait partie de la sympathique famille des cnidaires, ces bestioles molles et gélatineuses dont la particularité est d’être plus ou moins urticantes. Dans cette grande famille se trouvent bien sûr les méduses, mais aussi les anémones de mer et les fameuses physalies, ces dernières étant de proches cousines des vélelles. Les physalies sont généralement roses ou bleues (rien à voir avec le barouf rance et indécent des givrés de la manif pour tous), mais mes recherches sur Google ne m’ont pas permis d’en voir des franchement blanches, façon méduses ordinaires. Et pourtant, c’est bien de la physalie blanche que j’avais sous les yeux, sur l’île d’Oléron au week-end dernier :

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Se méfier tout de même, même si la couleur n’y est pas : les physalies sont réputées bien plus urticantes que les méduses.

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Les signes d’automne arrivent

Certes, samedi encore il faisait 27°C sur la plage, dans le sud de l’île d’Oléron, et je viens de terminer mon déjeuner sur la terrasse, sans pull ni chaussettes. Néanmoins, et même si c’est un peu plus tard que l’an dernier, on sent bien que l’automne rode autour de nos ultimes tenues d’été : la cueillette de champignons du week-end en est la preuve, d’autant plus qu’il y avait aussi les premiers chanterelles, des champignons qui s’adaptent très bien au froid.
Un autre signe majeur : les oiseaux migrateurs. Ils peuvent ne faire que passer, se dirigeant vers le sud plus clément : c’est le cas des grues cendrées, dont le premier vol a été vu en Champagne le 6 octobre. D’autres migrateurs viennent hiverner sur nos côtes océaniques, et là encore l’île d’Oléron est en première ligne. C’est le cas des bécasseaux … :

oiseau Oléron - Château 2.JPG

… et des oies sauvages, de jolies petites bernaches :

oiseau Oléron - Château.JPG

La bernache cravant est arrivée en meutes sur Oléron. On l’entend aboyer bien avant de la voir. C’est parti pour un automne sonore …