Collection # 128

Le bon air de la montagne
St-Pierre-d’Allevard (Isère), 24 et 25 décembre 2011

Il était une fois … # 16

Interview de Jean FERRAT par Bernard PIVOT, à propos de sa chanson “La porte à droite” (1985)

Et dire que la bouteille ne s’était pas brisée !

Le marin est superstitieux, du moins le dit-on. Et quand, lors du baptême d’un navire, la bouteille de champagne refuse de se briser contre la coque, on dit que c’est de mauvais augure. C’est ce qui est arrivé au Costa Concordia, l’augure funeste semblant être un capitaine approximatif. Effectivement, ce naufrage pue à plein nez l’erreur humaine, les médias en font suffisamment l’écho pour que j’évite d’y mettre mon grain de sel.
Cette catastrophe, indépendamment du drame humain qu’elle représente pour les victimes et leurs proches, pose la question de la course au gigantisme. Un bateau de 290 m de long, haut comme un immeuble. Lorsqu’il a été mis en service, en 2006, c’était le plus grand navire à avoir été construit dans le chantier de Gênes. Seuls trois autres chantiers navals au monde sont capables de pondre de tels monstres, dont celui de St-Nazaire. Actuellement, son carnet de commande n’est pas suffisamment rempli, même si deux paquebots de ce type viennent d’être commandés. Quid de la construction de ce type de navire si le secteur de la croisière entre en crise, même passagère, après cet accident que l’on croyait improbable ?
Des bateaux puissants, stables, un équipage pléthorique, on se dit que ça ne peut pas chavirer. Mais les procédures d’évacuation sont-elles au point ? manifestement non sur le Concordia, où la panique a rajouté à l’impréparation son lot d’horreurs (oui, des gosses ont été bousculés par des adultes qui voulaient sauver leur peau). L’adage “les femmes et les enfants d’abord”, c’est bon pour le cinéma !
Construire toujours plus grand pose aussi des problèmes techniques que les armateurs feignent d’ignorer. Le plus grand paquebot actuellement en service atteint les 365 m de long et transporte 4500 passagers et 2600 membres d’équipage. Quel port peut accueillir un tel engin ? Il faut de la place, du tirant d’eau. Rien qu’à Bordeaux, seuls les bateaux dépassant à peine 200 m peuvent entrer dans le port de la Lune. Les autres accostent au Verdon, et c’est autrement moins sexy que les quais bordelais. Le problème du gigantisme est aussi posé par les assureurs : à combien chiffrer les primes de ces bateaux ? qui va réellement payer la casse ? la compagnie Costa vient de perdre un bateau quasi-neuf, le fleuron de sa flotte. Qui va rembourser la totalité ? et l’indemnisation des victimes ?
Au final, un accident d’une redoutable bêtise, des erreurs à répétition, beaucoup d’improvisation. Quel gâchis !


—> Illustration :
chantier naval de Saint-Nazaire en 2007, avec deux paquebots en construction (si si, regardez bien, il y en a deux l’un derrière l’autre).

—> A cliquer :

Collection # 127

Martigues (localisation)
26 décembre 2011

Pauillac, ce n’est pas que du vin

Je ne t’apprends rien, cher ami, cher lecteur, en te disant que Pauillac se situe dans le Médoc, haut lieu “qui se la pète” en matière de pinard à très cher la bouteille (ou pas). Ou alors, cher ami, cher lecteur, c’est que tu vis dans une grotte.
Soyons francs, à part traverser des kilomètres et des kilomètres de vignes, avant d’arriver à Pauillac, on ne voit rien. Et même une fois à bon port, c’est une bouteille qui accueille le marin et le passant, c’est dire à quel point le vin tient de la monomanie :


Donc que faire en ce lieu quand on n’a pas l’envie pinardière, parce-que vivre à Bordeaux n’est pas synonyme de dégustations quotidiennes ni de pochtronage systématique. On peut juste avoir envie de prendre l’air sur les bords de l’estuaire, ça change de la mer. Et ce jour-là, c’était samedi dernier, nous cherchions le soleil qui, le bougre, s’était réfugié au nord du 45e parallèle. D’où Pauillac, où une mouette posa pour la photo, histoire de nous souhaiter la bienvenue :


Les quais, classiques mais pas bien longs, font ressembler Pauillac à toutes les petites villes de l’estuaire de la Gironde :


Mais en marchant assez longtemps, parfois au bord de la route, nous arrivons à distinguer, derrière les hautes herbes, un bateau qui apporte ici-même les morceaux d’A380 afin de les décharger sur les barges afin qu’ils poursuivent leur route vers Toulouse, lieu du montage final :

Il était une fois … # 15

La mode chez les moins de 15 ans (1963)

En ces temps de soldes, folie furieuse pour trois bouts de chiffons ou une télé écran plat, petit retour en arrière vers la mode des jeunes ados des années 1960, bonnets de laine à pompon et chaussettes noires.

2,90 m

Un chiffre, une limite, la possibilité de continuer à vivre là ou pas, à 2,89 m, tu dégages ! Retour sur les zones noires (hypocritement renommées “zones de solidarité”), ces secteurs touchés par la tempête Xynthia il y a presque deux ans et que l’Etat, déjà fauché mais faisant semblant de l’ignorer, voulait racheter à des fins de démolition. Parce-que “plus jamais ça”, plus jamais la mer qui entre dans les maisons ; comme on ne peut pas arrêter la mer (des digues en bon état ? non ?), enlevons les maisons. Ce plan tient peut-être la route dans certains secteurs qui n’auraient jamais du être urbanisés, comme en Vendée. Mais à d’autres endroits, la décision de l’Etat ressemble à un abus de pouvoir et à une décision pour le moins hâtive. Les riverains du chenal de La Perrotine, sur l’île d’Oléron, l’ont vite et bien compris et se battent depuis pour sauver leurs villages : La Perrotine et Boyardville. Si une trentaine de bâtiments ont d’ores et déjà étaient vendus à l’Etat par leurs propriétaires, il en reste beaucoup pour lesquels les décisions définitives ne sont pas prises.
La semaine dernière, l’Etat a fixé l’altitude minimum à laquelle devait être construit chaque bâtiment pour être préservé de la démolition : 2,90 m. Mais, si ce chiffre ne semble pas faire polémique en lui-même, la colère gronde néanmoins. En effet, cette mesure ne prend pas en compte la présence de mezzanine car il semble difficile d’y accueillir 20 personnes. Tu connais beaucoup de deux-pièces cuisine pour 20 personnes, toi ? De même, la présence de marches surélevant le plancher habitable de la maison n’est pas pris en compte, or deux ou trois marches, ça change tout. Bref, les comptes ne sont toujours pas bons, mais les riverains ne perdent pas espoir, comptant sur la liste des incohérences pour inverser la vapeur. Selon la préfète de Charente-Maritime, il ne resterait plus que 25 bâtiments à détruire (20 maisons, 5 appartements), et les riverains espèrent faire descendre ce chiffre à 15. Affaire à suivre.


—> Sources :
trois articles récemment parus dans Sud-Ouest (“La zone de solidarité mieux définie à Oléron” le 3 janvier, “Xynthia hante toujours Boyardville” le 4 janvier, et “Dernier carré des expropriables” le 5 janvier)

Collection # 126

Les mouettes du Jardin Public
Bordeaux, décembre 2011 – janvier 2012

Première balade de 2012

Ce fut, comme il se doit, le 1er janvier sur une plage de l’île d’Oléron, d’ailleurs c’est écrit sur le sable :

La plage est celle de Vertbois :

 
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Il n’y reste plus qu’un seul blockhaus (son petit frère, rendu dangereux par les assauts des tempêtes, a été démonté il y a quelques mois) :

Comme sur beaucoup de plages actuellement, tant en Gironde qu’en Charente-Maritime, le pouce-pied fait son nid sur tous supports, même pas très chics, genre vieux bout de bois issu de je ne sais quel bateau. Mais, pour la première fois, nous avons vu des exemplaires très jeunes de ces curieuses bestioles :

Peu d’oiseaux, à part quelques mouettes et bécasseaux, mais tout de même un huîtrier-pie, trop farouche pour que l’on s’approche davantage :

Et surtout, nous avons commencé 2012 en regardant l’océan, parce-que c’était quand même bien pour cela que nous étions là :

Il était une fois … # 14

Georges BRASSENS chante “Le Bistrot” (1964)

Petit à petit, Baba grandit

Petit rappel : Baba est le surnom donné au nouveau pont de Bordeaux, actuellement en construction, reliant le quartier de la Bastide (rive droite de la Garonne) à celui de Bacalan (rive gauche). Les piles gigantesques, devant porter le tablier levant du pont, sont quasiment achevées en rive droite et ont leur aspect définitif. La première partie du tablier, entre ces piles et le quai en rive droite, a été posée au mois d’août. La même partie de tablier, pour la rive gauche cette fois, devrait arriver à Bassens dimanche prochain. J’ignore sa date d’installation sur le chantier. Les piles côté rive gauche émergent enfin :

La dune en hiver

C’est typique de la vue imprenable. Tu as sous les yeux des reflets verts et mordorés, à la fois une extraordinaire douceur de la lumière et les couleurs vives d’une végétation rase mais présente. C’est la dune grise sur l’île d’Oléron, celle qui, presque nue en été (quoique …), se recouvre de lichens et de minuscules plantes, façon tapis, dès que l’humidité est suffisante. Et ça, la photo ne sait pas bien le rendre.

C’est donc la mye

Retour sur une récente balade au Cap Ferret : un mollusque baillant sur le sable, non identifié. J’apprends, auprès d’amis chasseurs-cueilleurs, qu’il s’agit d’un animal comestible appelé “mye”. Ça se prononce “mi” comme la note. En patois de l’île d’Oléron, on nomme ce coquillage “bedjar”. On le pêche à la bêche, sur les mêmes estrans que les couteaux, lorsque la mer est suffisamment basse (coeff de 80 minimum). Sa chair est réputée ferme, voire dure : il est conseillé d’en faire un hachis … ou de s’en servir comme appât pour les poissons. Il paraît que le bar adore ça. Et moi j’adore le bar.

Collection # 125

Pouce-pieds
Ile d’Oléron, décembre 2011 et janvier 2012

Un décret gravé

Un mur de l’hôtel de ville de Marseille. Une inscription attire notre attention :


Elle fait partie d’un ensemble législatif promulgué sous la Révolution, plus précisément le 2 octobre 1795. Il s’agit d’un “décret sur la police intérieure des communes de la République”. Par certains côtés, on y sent son Guéant. D’ailleurs, le même jour, une loi rattachait l’instruction publique au ministère de l’Intérieur. Tout un programme …
Ce décret vise à limiter le vagabondage, la misère étant sans doute plus difficile à voir qu’à vivre. Est ainsi institué un passeport intérieur, obligatoire pour tous les citoyens, et leur permettant, si ledit passeport est correctement visé par les autorités compétentes, de quitter leur canton. J’ai bien dit “le canton”. C’est petit, un canton. Pour ce faire, les communes doivent recenser les habitants de plus de douze ans, ce recensement ayant, on l’a bien compris, une finalité purement policière. Le quidam qui circulerait sans le fameux passeport et qui, c’est fâcheux, serait pris sur le fait, serait arrêté et, s’il ne régularisait pas sa situation, serait jugé voire condamné.
Cet article est complété par d’autres éléments qui vont dans le même sens, et qui explicitent partiellement l’inscription que j’ai lu à Marseille : ainsi, les communes sont responsables des délits commis sur leur territoire “par des attroupements ou des rassemblements”. L’article 6 du titre IV précise même, et c’est bien le sens de l’inscription,Lorsque, par suite de rassemblements ou attroupements, un individu, domicilié ou non sur une commune, y aura été pillé, maltraité ou homicidé, tous les habitants seront tenus de lui payer, ou, en cas de mort, à sa veuve et enfants, des dommages-intérêts.

Il était une fois … # 13

2012, c’est parti depuis hier : très belle année à tous !

Le bug de l’an 2000 (JT de février 1999)

2012 démarre sur radio-couloir et ce calendrier maya à la mords-moi le neuneu qui voit la fin de la terre à la fin de l’année. En 1999, on avait peur d’autre chose, un big-bang informatique : le bug de l’an 2000, pris très au sérieux par nos gouvernants (Jospin était alors premier ministre) et les chefs d’entreprises.

2011, c’est fini !

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Collection # 124

Du côté du Vieux Port
Marseille, 23 décembre 2011

Voilà pourquoi je ne mange jamais d’huîtres hors de la zone de production

Un peu long, ce titre. Du coup, plus rien à écrire derrière. Si ce n’est que, outre pour la fraîcheur du produit et le goût, j’ai trouvé à Marseille une raison essentielle me poussant à me passer d’huîtres lorsque je suis loin de leur zone de production : le prix. Certes, il s’agit apparemment de “spéciales”, plus chères que les fines de claires (or je préfère ces dernières, plus iodées et moins grasses), mais quand même … Un prix quasiment multiplié par deux, ça laisse pantois :

Il est frais, mon poisson, il est frais !

Il y a un inévitable côté folklorique dans cette vente de poissons au cul des bateaux, sur le Vieux Port de Marseille. Bien sûr. Un peu comme dans Asterix, sauf que, là, le poisson est vraiment frais, avec les ouïes rouges et les yeux qui brillent. Tu aurais vu ces rougets, et puis ces bonites, et puis les poulpes qui nageaient encore, les soles … Tout cela vient de tout petits bateaux, d’où l’on décroche patiemment les dernières sardines :


La sardine qui a bouché le port de Marseille ? s’il s’agit bien, comme le dit l’histoire, du nom d’un bateau qui se serait renversé à l’entrée du port, il est clair qu’il devait être beaucoup plus gros que ces joujoux flottants :


Dans tous les cas, ce qui compte, c’est l’extraordinaire fraicheur du poisson, rien à voir avec ce qu’on trouve dans les supermarchés (voire les marchés tout court) éloignés des lieux de pêche. Elle est belle, ma daurade, elle est belle !

Il était une fois … # 12

Les Halles de Paris en 1947

Zola les appelait “le ventre de Paris”. Bien avant Rungis, bien avant un centre commercial triste à pleurer, il y avait un gigantesque marché au cœur de la capitale. Images muettes de ce marché, de ce qu’on y vendait, et du quartier proche :


Le fils du gardien de phare est tombé dans le panneau

Clet Abraham, 45 ans, fils de gardien de phare, artiste ayant étudié aux Beaux-Arts de Rennes et exposé à Nantes, Paris et dans plusieurs villes d’Italie, est finalement plus connu du grand public pour ses œuvres urbaines et drôles. Ce Breton vit à Florence depuis 2005, et c’est dans les grandes villes italiennes qu’il semble avoir le plus sévit à ce jour : la photo qui illustre cette note a été prise à Rome en février 2011.
Le principe est simple a priori, encore fallait-il y avoir pensé : il s’agit de détourner des panneaux de signalisation, à coup de stickers home-made et collés de nuit par l’artiste lui-même. Parfois, l’œuvre choque les bien-pensant, pour qui tout semblant d’attaque à leur croyance religieuse est considéré comme une haute trahison. Je préfère en rire. Une image a ainsi provoqué la colère, non pas divine, mais bien terrestre, de citoyens de Rome outrés par la transformation de panneaux indiquant une voie sans issue : cliquez ici pour voir de quoi il s’agit, rien de bien choquant, vous en conviendrez.
Ce matin, l’artiste a droit à un article dans Ouest-France. Article qui nous informe sur l’ampleur de l’œuvre (environ 5000 panneaux détournés à ce jour), la manière dont Clet Abraham gagne sa croûte (vente d’œuvres dans des galeries mais aussi d’objets dérivés dans sa propre boutique), les signes de son succès (non pas en euros mais en fans sur Facebook).

Méfions-nous de l’escolier

L’escolier noir (ou escolar dans le monde anglo-saxon) porte souvent le nom erroné de butterfish (et même de “bar” pendant un temps au Royaume-Uni, sacrée arnaque !). A première vue, c’est un poisson banal, on raconte même que son goût se rapproche de celui du flétan. Il est pêché dans les eaux tropicales et tempérées. C’est une belle bête qui peut atteindre 45 kg, et il n’est même pas en voie de disparition. Pendant longtemps, les Japonais en ont fait des sushis. Mais aujourd’hui, au Japon et en Italie (et peut-être dans d’autres pays), ce poisson est interdit à la vente.
Et pourtant …  On le trouve apparemment facilement sous sa forme surgelée, je n’ai pas l’impression qu’il soit interdit en France, des recettes existent même sur le web, sans aucune mention d’un quelconque problème.
Outre le fait que l’escolier noir soit un excellent capteur de mercure, et à ce titre il est déjà déconseillé de le consommer fréquemment, c’est surtout un poisson qui, comme certains champignons, peut avoir des effets notoires et désagréables sur le système digestif. Sans être hautement toxique (on n’en meurt pas, il ne détruit pas le foie), il provoque des diarrhées parfois spectaculaires. Celles-ci sont provoquées par une huile contenue dans le poisson, que l’organisme humain est totalement incapable de digérer. De plus, s’il est mal conservé, l’escolier peut provoquer des réactions allergiques. Bref, pour le repas de ce soir, nous ferons soles. Ça, au moins, c’est sûr et c’est bon.

—> A écouter : une émission de Radio-Canada évoquant les risques de la consommation de ce poisson (6’18″)

Collection # 123

Il y a le ciel, le soleil et la mer
Pointe du Cap Ferret, 18 décembre 2011

La chaussette du coquillage et autres animaux de plage

Pointe du Cap Ferret, temps calme après la tempête, dimanche 18 décembre. Une grande quantité de ces drôles de bestioles molles et rayées que j’avais eu du mal à identifier l’an dernier : les anémones de mer, qui s’enfilent sur les coquilles façon chaussettes. Quelques badauds d’ailleurs restaient perplexes devant la chose, et moi, toute fiérote, j’étalais ma science aussi neuve que lacunaire comme un rapiat son millimètre de confiture sur une immense tartine. C’est de l’anémone, ça, madame :


Il arrive que, dans le voisinage du même coquillage se trouve un autre animal, plus facile à reconnaître mais beaucoup plus rare sur cette plage : l’oursin. Trop petit pour être pêché (la maille est fixée à 4 cm de diamètre sans les épines) mais bien joli pour être regardé :


Drossés probablement par le vent violent, des dizaines de mollusques encore vivants mais à la coquille souvent abîmée, baillaient sur le sable. La mouette n’est jamais loin, l’espérance de vie de ce coquillage-là, dont j’ignore le nom, est courte :


Enfin, la fort classique méduse. Petite taille, légèrement colorée, serait-ce une pélagie, cette méduse très urticante qui a mis le bazar dans les baignades de l’ouest cet été ?

Il était une fois … # 11

Tempête en Mer du Nord (février 1953)

Alors que la France se remet globalement sans trop de mal de la tempête Joachim (exception faite des riverains de la ria d’Etel, qui subissent la marée noire provoquée par ce cargo échoué qui n’aurait jamais du quitter Lorient), je reviens sur un événement autrement plus violent, qui a eu lieu en Mer du Nord au début de l’année 1953. Le reportage, musique emphatique à souhait, évoque le cas de l’Angleterre (villages dévastés, la Tamise qui sort de son lit à Londres), de la Belgique (rails de chemin de fer en vrac, de la boue dans les rues, des morts) et enfin des Pays-Bas, qui payent le plus lourd tribut, la mer ayant fait valser les digues (là aussi des morts, un million de sans-abri).

Allons voir si la mer est grise

Hier. On se dit qu’après Joachim, il doit bien rester quelques grosses vagues du côté du Ferret. Tu parles ! Rien que de la vague ordinaire, les courants classiques, les mouettes, deux mômes pieds dans l’eau, des bécasseaux, et une dune du Pyla bien dégagée côté sud. Jolie balade tout de même. La vidéo qui suit dure 50 secondes. J’ai coupé le son pour éviter le double crachouillis des vagues et du vent, pourtant fort modeste.

Le pouce-pied et l’ordinateur

Le pouce-pied est un mollusque fort apprécié sur les tables ibériques, un peu plus laissé de côté sur nos côtes :


Il faut dire que la bestiole s’agrippe durement à son support, quel qu’il soit, et que la pêche du pouce-pied n’est pas toujours aisée. Sauf quand l’animal a trouvé refuge sur un objet peu naturel, un “tombé du bateau”, qui, à la suite d’une tempête répondant au doux nom de Joachim, se retrouve tout penaud sur la plage du Cap Ferret :

Son nom est Hergen. Et puis il y a aussi Joachim.

Hergen, c’est une brave tempête hivernale. Quand une tempête passe à la télé ou dans le journal, on lui donne un nom. Hergen, c’est une sorte de petite Xynthia, vous vous souvenez, cette terreur qui avait fait déborder la mer en Charente-Maritime et en Vendée, fin février 2010.
De Xynthia on a tiré les leçons : mise en place d’une alerte specifique “vagues-submersion” par Météo-France. Ce phénomène est lié à de fortes ravales de vents accompagnées de grosses vagues qui peuvent déferler à l’intérieur des côtes au moment de la marée haute. Ce sera le cas demain vers 8 h, mais les coefficients (69 demain matin) sont nettement plus faibles que lors de Xynthia. Le danger est donc moindre. Le vent est aussi moins fort : Xynthia avait eu droit a une alerte rouge, Hergen se contente du orange, mais concerne, pour le seul vent, la moitié des départements métropolitains (voir carte Météo France ci-contre).
Les pouvoirs publics prennent leurs précautions et incitent les populations à la prudence. Banal, direz-vous, mais pour Xynthia, la gravité de la situation a été mesurée trop tard, alors on se méfie, on anticipe. Des vols sont d’ores et déjà annulés à l’aéroport de Rennes, les autres aéroports du grand ouest seront probablement touchés aussi. Parmi ces mesures, celles concernant la circulation sont des plus basiques, telle cette alerte que le site du journal Ouest-France vient d’envoyer à tous ses abonnés :


Les marins-pêcheurs ne sortiront pas en mer ce soir ni demain, beaucoup ne sont pas sortis aujourd’hui. En cette période de préparation des fêtes de fin d’année, cela a une incidence directe sur le prix du poisson, mais peu importe. En Charente-Maritime, le ramassage scolaire n’aura pas lieu partout demain matin : des drôles en vacances plus tôt ; ça va faire des heureux. Vigilance orange, ça veut dire qu’il faut éviter les balades sur le littoral, ne pas se balader en forêt, s’attendre éventuellement à des coupures de courant ou de téléphone ; l’hiver normal, finalement. Un seul regret : ne pas pouvoir (par prudence mais aussi because boulot) assister à ce sublime spectacle de la mer déchainée.


—> A cliquer :

Clap de fin pour le poisson carré avec les yeux dans les coins ?

C’était dans un sketch de Coluche à propos des poissons panés surgelés, l’image était restée : le poisson carré avec des yeux dans les coins. Si j’en crois un article mis en ligne hier par Le Figaro, ce poisson vit ses dernières heures. L’article s’intitule “Le cri d’alarme de Findus sur la raréfaction du poisson”. Je me dis “c’est bon’, le surgélateur de malbouffe est empapaouté dans la surpêche, on est sauvé, on va enfin être obligé de bien manger.
Faut pas rêver. Findus, dealer de la chose, est face à une crise sérieuse, mais n’envisage pas le moins du monde d’en arrêter la fabrication, pas plus que d’autres marques n’arrêteront le surimi, qui souffre du même problème. Ce sont juste les recettes qui vont changer, la malbouffe tient bon mais avec un goût différent.
Résumons l’affaire : certains poissons, surpêchés et/ou ayant de plus en plus en mal à se reproduire, se raréfient. De plus, les pays émergents que sont la Chine et l’Inde en consomment de plus en plus. L’adage bien connu s’applique : ce qui est rare est cher. La matière première des poissons panés surgelés (carrés, en batonnets, en losange ou en ce que tu veux, peu importe) atteint un prix incompatible avec celui attendu pour le produit final, un produit bas de gamme sans grand autre intérêt que son prix relativement modeste (par rapport à de vrais poissons frais, bien sûr) et sa facilité de préparation (mais bon, un vrai bar au four avec juste un filet d’huile d’olive, du vin blanc et du fenouil, c’est quand même meilleur). Le cabillaud de l’Atlantique devrait ainsi voir son prix augmenter de 15% d’ici un an. L’affaire ne devient plus rentable, à tel point que Findus a pendant un temps envisagé de fermer son usine de Boulogne, mettant sur le carreau ses 200 salariés, avant de faire machine arrière ces jours-ci (la boîte vient quand même d’annoncer une croissance de 7% pour cette année, on va pas se mettre à pleurer non plus). Idem pour les usines à surimi : le merlan bleu, qui en constitue la base, voit son prix s’envoler, et il semble bien difficile de faire passer les fameux bâtonnets pour de la nourriture de luxe avec prix en rapport.
Quelles solutions ? chez Findus, on envisage sereinement à “habituer le consommateur à payer plus cher le poisson” (selon le directeur général de la marque en France). Tant qu’à faire d’y mettre le prix, autant acheter du poisson frais, non ? Sa préparation n’est pas si ardue pour qui veut bien manger. Autre solution envisagée par Findus : cesser de pêcher les poissons dont les stocks fondent le plus vite, au profit d’espèces moins connues, moins nobles, et surtout moins recherchées, mais lesquelles ?

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