Payer le passage

Hier soir, les élus de la Communauté de communes de l’île d’Oléron ont voté à une large majorité pour la fin de la gratuité du pont permettant d’accéder à l’île, gratuite instaurée en 1991. Le but est simple : faire entrer du flouze dans les caisses, sachant que plus de 20 000 passages sont effectués chaque jour en moyenne. Cet argent doit largement provenir des poches des touristes, qui participeront ainsi à l’entretien de l’île, ce qui n’est que justice, car beaucoup d’aménagement ont été réalisés pour le tourisme (je pense notamment aux parkings des plages).
A première vue, je suis donc pour le retour du péage, d’autant plus qu’il limitera peut-être les passages à la journée, pas forcément agréables pour les îliens (oui, le badaud mal garé qui salit tout partout existe encore).
Néanmoins, et même si je vais faire partie des heureux gagnants du tarif réduit (très réduit même, par rapport au tarif plein pot des touristes), ce péage ne me satisfait qu’à demi, voire me gêne, et ceci pour plusieurs raisons d’inégale importance :

  • selon l’endroit où sera placée la barrière de péage, la probabilité de tomber dans un embouteillage pourra être plus ou moins forte. Or, de part et d’autre du pont, les accès sont relativement étroits. Et, sauf à déloger des ostréiculteurs, ce qui serait mal venu, je ne vois pas, a priori, de solution satisfaisante sur ce point.
  • je serais profondément attristée si l’île d’Oléron se transformait en île de Ré, c’est-à-dire en sanctuaire pour les riches.
  • plus embêtant est le sort réservé aux continentaux vivant près de l’île (communes de Marennes et de Bourcefranc-le-Chapus) et s’y rendant quotidiennement  : l’article paru ce matin dans Sud-Ouest n’évoque pas la gratuité pour eux, or il me semble qu’il y ont autant droit que les îliens eux-mêmes.

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Collection # 276

Un petit peu de street-art
Bordeaux, décembre 2014

street art

Gluance en sous-bois

Balade du samedi en forêt. D’un entrechat ravissant quoique peu maîtrisé, j’évite ça :

1

Naïvement, et surtout bien conditionnée par l’ambiance « trottoir glissant » des petits matins urbains, je pense étron canin. Et puis ça n’aurait même pas été le pied gauche en plus. Il y a donc, dans cette jolie forêt de pins maritimes, des gens pas bien fins qui autorisent le caca n’importe où à leur chienchien. Oh les vilains. D’autant plus que, si chien il y a, il a un souci de digestion manifeste.
Mais des « ça » marrons et gluants, il y en a plein. Trop pour être l’œuvre d’un seul chien, où alors ils sont plusieurs, et faut songer à une épidémie de gastro canine, prévenir tous les vétos de la région, envisager un traitement, que sais-je encore.
En fait, les mammifères n’y sont pour rien. La réponse, la voici :

2

Du champignon très très en fin de vie, dont la chair a été littéralement liquéfiée, aidée probablement en cela par les pluies des jours précédent. Identifier le champipi relève du défi, mais vu ce qui pousse dans cette forêt-là, je parierais bien pour du cèpe de pin, celui qui, justement, te donne tous les symptômes de la gastro en quelques heures.

Photos : île d’Oléron, décembre 2014

Collection # 275

Le rouge-gorge
Ile d’Oléron, automne 2014

rouge-gorge

Il y a le ciel, le soleil et la mer

Le ciel avait donné dans le bleu tout l’après-midi, les nuages commençaient tout juste à entrer dans le décor. Le soleil, à une heure environ du repos bien mérité, se glissait avec force jusqu’à l’océan. Quant à la mer, comme il se doit à cet endroit (pertuis de Maumusson), elle faisait n’importe quoi.
S’il y a des nostalgiques de la chanson de François Deguelt dans la salle, ils peuvent cliquer ici et chanter en cœur « il y a le ciel, le soleil, et la mer … ».

mer

Photos : île d’Oléron, 6 décembre 2014

Collection # 274

Fin de journée sur la Grande Plage
St-Trojan-les-Bains, 29 novembre 2014

plage

 

40 % des enfants grecs sont pauvres

40,5 % très exactement. C’est la proportion d’enfants grecs vivant dans des familles dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté. Ce chiffre date de 2012, et il a récemment été publié dans un rapport de l’UNICEF consacré aux enfants pauvres des pays riches, le site Mediapart se focalisant aujourd’hui sur le cas de la Grèce. Pourquoi la Grèce ? parce-qu’elle est le symbole de ce que peuvent provoquer des remèdes inappropriés à une crise économique, en clair ce pays nous montre avec une grande cruauté que les politiques de rigueur ne ramènent jamais le bien-être chez les habitants concernés, et que, bien au contraire, celles-ci les fragilisent encore plus.
Sur les 41 pays les plus riches sur lesquels porte le rapport de l’UNICEF, la Grèce arrive au 40e rang lorsque l’on compare l’aggravation de la situation entre 2008 et 2012, juste devant l’Islande, où l’appauvrissement des enfants est encore plus frappant, mais ils partaient d’un niveau de vie autrement plus élevé que celui de la Grèce.
40,5 % d’enfants pauvres, c’est le record pour l’ensemble des pays étudiés. Même d’autres pays en crise semblent moins mal s’en sortir sur ce plan-là : 36% d’enfants pauvres en Espagne (soit deux fois plus qu’en France quand même !), un peu moins de 24% au Portugal. 40,5%, c’est plus qu’au Mexique (34%), qu’en Lettonie, qu’en Bulgarie, …
Concrètement, cela se traduit comment ? par des vacances qui ont disparu des perspectives familiales, par des repas comportant peu ou pas de protéines en quantité satisfaisante (car un enfant pauvre aujourd’hui est encore plus dans la dèche qu’un enfant pauvre quatre ans plus tôt), par des changements contraints de logement, par davantage de tensions et de disputes au sein des familles. L’impression, comme le conclut l’article de Mediapart, d’une génération sacrifiée.