Clichés rochelais



Un classique des festivités hivernales et chics : pour Carnaval, Venise se pare de ses plus beaux habits (Midi Libre).—> Illustration : détail d’un tableau de Pietro LONGHI, XVIIIe siècle.
Bruce Krebs est né et travaille à La Rochelle. Il est à la fois architecte, éditeur de BD et cinéaste (il possède son propre studio de cinéma d’animation), bref : un homme d’images. Il est aussi sculpteur, et c’est à ce titre que j’en parle aujourd’hui.
Fidèle à sa ville, il lui a laissé, à ce jour et à ma connaissance, deux œuvres : le « Globe de la Francophonie » et « De génération en génération ».

Le « Globe de la Francophonie » (photo ci-dessus), inauguré en 2000, est bien visible des visiteurs, à deux pas du parking St-Jean-d’Acre qui accueille les principaux concerts des Francofolies. Les zones en relief représentent les régions où l’on parle le français. Si on y regarde de plus près, on distingue des villages avec leurs clochers, il parait même que les tours de La Rochelle y ont été sculptées.
L’autre œuvre, que j’ai découverte il y a une semaine, se planque derrière ce même parking, sur les remparts. Il s’agit d’un bas-relief en bronze baptisé « De génération en génération », et posé là en 1999 (photo ci-dessous). Des visages d’hommes sont empilés, les cranes des uns devenant des livres que ceux du dessus lisent. On pourrait passer des heures à tout détailler, distinguer les personnages qui semblent clonés de ceux qui semblent uniques.

Les petits beurres LU, vous connaissez ? vous savez aussi qu’ils sont nés à Nantes ? c’est bon, vous avez les bases, on peut continuer. La biscuiterie LU s’installe donc à Nantes vers le milieu du XIXe siècle. L’affaire est florissante, et les biscuits avec des oreilles et des dents se vendent comme des petits pains. Tout est fait sur place, et pas seulement la fabrication des gâteaux : boîtes en fer, caisses en bois pour les livraisons, cartonnages, tout. Au tournant du siècle, et inspiré par un bâtiment qu’il a admiré lors de l’expo universelle de Paris en 1900, monsieur Lefèvre-Utile décide de transformer son usine en véritable palais de l’industrie. Face au château des ducs de Bretagne, deux tours purement décoratives s’élèvent alors à partir de 1909 (voir photo datant des années 1940). L’une d’elles est détruite lors des bombardements de 1943. La rationalisation qui prévaut dans l’urbanisme d’après-guerre, véritable ode au « tout bagnole » dont Nantes fait dramatiquement les frais, aboutit à la destruction de la seconde tour dans les années 1970. Le tournant « patrimoine à donf’ » des années 1990 permet à une des deux tours de renaître, copie conforme de son ancêtre anéantie : l’affaire est bouclée en 1998, pile pour la coupe du monde de foot, et deux ans avant l’ouverture du Lieu Unique, centre d’art contemporain qui s’empare des lieux.
La tour est ouverte au public tous les après-midi du mardi au dimanche, pour la modique somme de deux euros. Une petite grimpette (130 marches) agrémentée de diaporamas retraçant l’histoire de la marque et celle de la tour, permet d’atteindre une sorte de coupole vitrée dans laquelle se trouve une plateforme qui tourne (à actionner manuellement, ça amuse les enfants). De là, on voit fort bien la ville, en particulier la gare toute proche. On a aussi une vue intéressante sur le toit du Lieu Unique, qui a gardé son architecture industrielle.

Kraft ne vient pas seulement de boulotter le fleuron du chocolat britannique en effectuant une OPA mal digérée sur Cadbury, mais s’est du même coup offert un vieux classique made in France : Cachou Lajaunie croqué par Kraft Foods (La Dépêche), la célèbre boite jaune étant déjà la propriété de Cadbury depuis 2003, et faisant donc partie du lot.—> Illustration : publicité de 1920 pour le cachou Lajaunie.
Façade arrière du Lieu Unique, à Nantes. Un mur de rectangles de verre plus ou moins translucides, de loin quelque chose d’assez banal pour une architecture actuelle :

Tu te rapproches, tu zoomes, et tu vois des bidons, des formes qui rappellent les bouteilles de gaz pour la plongée sous-marine, mais ce sont encore des bidons, tous bien rangés dans des cases derrière les vitres :

C’est le Grenier du Siècle, rempli d’environ 16 000 objets par les Nantais à la fin du siècle dernier. Le 31 décembre 1999, les contenants se sont définitivement refermés sur leurs contenus pour 100 ans, il y a de tout dedans : il paraît même qu’un des bidon contient la recette originale du Petit Beurre LU. 1999. J’aurais pu y larguer mon premier Mac, un authentique Classic de la grande époque, mais j’ai oublié, j’y ai pensé trop tard. Les objets, conservés sous vide pour éviter toute altération, seront présentés au public le 1er janvier 2100. Il ne reste plus que 89 ans, 11 mois et 1 jour à attendre.

Ce n’est pas parce-qu’on slame en français qu’on ne slame qu’en France : interview de Grand Corps Malade par La Gazette de Berlin.
Des chercheurs ont enfin réussi à comprendre par quel mécanisme le vin rouge est vraiment bon pour la santé (La Dépêche).—> Illustration : Jean-Emile LABOUREUR, Le bar en Pennsylvanie, début XXe siècle.
Question de pudeur, pour que la maman ne voit pas la zigounette du papa ? que nenni, on n’en est quand même plus là, pas en 2010 !
L’affaire se passe en Corée, où la natalité dégringole vitesse grand V, en lien avec un des indices de fécondité parmi les plus bas au monde (moins de 1,1 enfant par femme). Il se trouve que, dans ce beau pays, les fonctionnaires auraient cependant tendance à procréer nettement plus que la moyenne. Peut-être parce-qu’ils ont moins de soucis que les autres salariés pour payer les études de leurs mômes ou pour les faire garder ? je l’ignore. Toujours est-il que le ministère de la Santé (où l’indice de fécondité plafonne néanmoins en-deçà du chiffre habituellement constaté chez les fonctionnaires sud-coréens) a pris une initiative visant à aider les papas et les mamans potentiels à avoir des petits : le 3e vendredi du mois, les lumières des bureaux du ministère s’éteignent toutes seules à 19 heures, afin de contraindre les travailleurs adeptes des heures sup’ à regagner leur home sweet home.
Nul ne sait si cette mesure aura une incidence sur la natalité à Séoul, mais, comme il est écrit à la fin de l’article de Rue 89 où j’ai puisé l’info, « ce geste aidera au moins la Corée à réduire son empreinte carbone ».
—> Illustration : Jeux d’enfants de Pieter BRUEGEL (XVIe siècle)
Il y a à Cahors toute une série de minuscules jardins, parfois de simples bacs dans lesquels poussent des plantes selon un thème donné, plus souvent quelques parterres le long d’une allée. Le Jardin de la Paix descend en pente très douce le long des berges du Lot, juste à côté du touristissime pont Valentré.
Dans ce jardin poussent des rosiers, qui, l’été, grimpent le long de grands tuteurs métalliques. Sur l’un d’eux est accroché un diable rigolard, dont la queue semble batifoler dans la petite brise matinale. Je ne sais ni qui en a tordu le fer, ni ce qu’il symbolise dans ce contexte précis. Il est juste là, apportant un clin d’œil de fantaisie dans ce jardin en hiver.
—> A cliquer :
• le même diable vu sous un autre angle, que j’ai déposé il y a quelques heures à l’annexe.
• la page de l’office du tourisme de Cahors consacrée aux jardins.
Un essai pas si mal transformé que ça ! J’avais quatre pamplemousses roses, quarante crevettes de belle taille (malheureusement élevées en Equateur, quel gaspillage d’énergie pour venir jusqu’à moi !), et l’envie de mélanger tout ça sans trop bien savoir de quelle manière. Les recettes glanées sur le web me laissaient sur ma faim, proposant invariablement d’assaisonner le tout à la mayo. Pour le côté léger, tu repasseras. Au final, j’ai laissé jouer les hasards du frigo et du placard, et j’ai fait comme ça :
On passe au montage, dans des verres à tapas convertis en verrines pour l’occasion : deux crevettes entières au fond du verre, deux ou trois cuillères du mélange bien assaisonné, une crevette sur le dessus pour la déco, ainsi que des copeaux de radis noir.C’était bon, un peu exotique, et à améliorer peut-être en ajoutant de la pomme râpé (une espèce un peu acide) ou du chou chinois.
L’histoire devait être trop jolie pour être vraie. Ça m’avait plu, pourtant, cet ovni vu « par des témoins dignes de foi » (dixit Sud-Ouest et La Dépêche, citant un rapport de gendarmerie) du côté de La Cotinière, sur la côte ouest de l’île d’Oléron. Même un marin pêcheur avait témoigné, et pourtant ils en voient d’autres, les pros de la mer sur leur bateau.
Retour sur événement : ça se passe le 1er janvier (et non le 1er avril) à l’heure de la grand-messe du journal télévisé ; des gens sains de corps, d’esprit, et à l’alcoolémie raisonnable voire nulle (de toute façon, le pineau, ça saoule pas, c’est que du naturel qui vient du raisin et dont on arrête la fermentation au cognac, rien de violent), des gens sains, disais-je, ont vu de leurs yeux vu quelque chose de bizarre, une sorte de grande aile lumineuse rouge et jaune, qui aurait fui très vite dans la nuit.
Et si c’était un ovni, pense très raisonnablement la maréchaussée locale ? l’affaire est prise très au sérieux, remonte jusque dans quelques hautes sphères administratives voire scientifiques. L’île risque d’acquérir une certaine célébrité, ce qui m’arrange peu : il y a assez de monde comme ça dessus en été, pas la peine d’ajouter des curieux guettant l’arrivée imminente de Martiens en boulottant avidement une de ces magnifiques glaces des Tamarins, le meilleur glacier de La Cotinière et peut-être même de l’île entière.
Patatras, le rêve façon Rencontre du troisième type s’effondre, c’est pas la peine de convoquer Spielberg pour un remake. Un brave Batave, demeurant sur l’île, a simplement en ce jour de l’an effectué un lacher de petite montgolfière équipée d’un lumignon, selon une coutume hollandaise. Il a raconté toute l’histoire aux gendarmes, Sud-Ouest et La Dépêche ont relayé l’affaire. L’incident est clos. Fin de la jolie histoire. Vous reprendrez bien un petit pineau ? c’est l’heure de l’apéro.
Du cul ! du cul ! du cul ! C’est à Nantes que ça s’est passé hier soir, plus précisément au Lieu Unique, où un collectif a exposé des photos de poils pubiens : une expo bien poilante (20 minutes). Passionnant, non ?—> Illustration : Gustave COURBET, L’origine du monde, 1866.
Au cœur du nouveau quartier de l’Ile de Nantes, plus précisément dans le « quartier de la création » (visite virtuelle) bâti de verre et de fer sur les friches industrielles d’une île sur la Loire, a été récemment achevé l’immeuble Manny, conçu par l’architecte Michel BERTREUX, en partie pour le compte de l’entreprise de design GROUPE COUPECHOUX (qui a fait notamment preuve de son talent dans les bâtiments de l’Hôtel de Région des Pays de la Loire).

Cet immeuble attire plus le regard par son emballage que par sa forme, celle-ci étant banale, un immeuble comme les autres, gentiment parallélépipèdique. L’emballage, si tant est que l’on puisse utiliser de ce terme, est constitué de milliers de lames d’aluminium identiques, façon Meccano de notre enfance, mais toutes disposées de manière différentes. De loin, on dirait une chevelure. Ça, c’est pour la déco.

Autre caractéristique intéressante : le côté écolo du bâtiment. Double vitrage vraiment isolant, pompe à chaleur et plancher basse température devraient permettre au Manny d’être peu gourmand en énergie.
—> A cliquer : l’article que Télérama vient de consacrer à cet immeuble, dans lequel j’apprends que le nom « Manny » lui a été donné en référence au mammouth du film L’âge de glace.
Photos cueillies sous le beau soleil du 1er janvier 2010
Ce matin sur Inter, Bernard Kouchner a prononcé le mot « malédiction » pour évoquer le bilan tristement attendu du séisme à Haïti. Malédiction parce-que dès qu’un espoir renaît (c’était actuellement le cas, timidement cependant, grâce aux travaux de la commission de l’ONU en place sur l’île), une catastrophe arrive qui balaye tout : cyclone (qui peut faire 1000 morts à Haïti et un seul à Cuba), inondation, … L’administration et bon nombre de cadres de l’Etat ont disparu dans la catastrophe, ensevelis sous leurs bâtiments faits avec peut-être plus de sable que de ciment. La ville de Port-au-Prince, équipée pour accueillir environ 200 000 habitants, avait une population de plus de 2 millions d’individus, entassés pour la plupart dans des logements insalubres, peu résistants, surtout des cahutes de bidonvilles. Bilan effrayant, digne d’un sordide record du monde, lié à l’incapacité de l’Etat à faire son boulot, et ce depuis trop longtemps (la dictature, c’est pas bon pour la santé des hommes), et à une situation financière dramatique (la moitié du budget de l’Etat vient de l’aide internationale) : on parle de 100 000 morts (bilan probablement exagéré : Bernard Kouchner a préféré ce matin parlé de 100 000 disparus, des gens ayant pu fuir, qui seront retrouvés plus tard), seul le tremblement de terre de Sumatra, en décembre 2004, suivi d’un tsunami qui est resté dans les mémoires, a affiché un bilan plus effrayant encore pour ces dix dernières années (232 000 morts), mais la zone concernée par la catastrophe était autrement plus vaste.
Mano Solo est mort. Eric Rohmer est mort. Et en plus il fait froid et il pleut.
Ça caille en ce moment, non ? la presse régionale ne titre plus que sur la neige, le verglas et le froid qu’on n’a pas vu comme ça depuis 25 ans (pas faux : il y a 25 ans, la Loire à Nantes a charrié d’énormes glaçons, je n’ai revu cela qu’une seule fois ensuite et c’était joli). Du coup, le réflexe « soupe qui réchauffe » s’impose, de même que les plats mijotés bien hivernaux (ce soir, on fait petit salé aux lentilles, ça vous dit ?). De ce fait, hier soir je me suis jeté dans le panier de carottes et j’ai osé la crème de carottes aux poudres de perlimpimpin :
—> Illustration : un tableau d’ARCIMBOLDO (XVIe siècle)