Une petite phrase en passant [1]

« Si Galilée, Darwin, Spinoza, Pasteur, Einstein et tant d’autres avaient été de grands mondains écumant les afters au petit matin, après avoir dansé toutes les nuits comme des endiablés, nous en ­serions encore à gratter les silex sous la pluie… »

Dr David Gourion, dans une interview au journal Le Monde le 2 octobre 2018

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Protocole commotion pour le pic épeiche

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg

Photo réalisée au Danemark au printemps 2015

La pleine lune du 1er janvier

P1170901Si vraiment on chipote, la lune ne fut réellement pleine à 100% que le 2 janvier sur le coup de 3 h du matin (voir le calendrier des phases de la lune). Le 1er au soir, elle frôlait le plein : 99,8% au moment où j’ai pris la photo. La lune n’est pas seulement pleine, elle est aussi proche de la terre : 356 365 km (contre 384 400 km en moyenne), autant dire qu’elle déambule en proche voisine, d’où son surnom de « super lune ». La prochaine aura lieu le 31 janvier, mais moins impressionnante qu’en ce 1er janvier : pour atteindre une proximité comparable (« périgée » est le terme exact), il faudra attendre 2034, selon Sciences&Avenir.

La crépidule, c’est du béton !

Crepidula fornicata (photo ci-contre)dec-10 est un mollusque invasif, très (trop ?) présent sur le littoral de la Manche voire de l’Atlantique. Face à cet envahissant coquillage, des gens avisés ont décidé de le servir à table, sous le nom de berlingot de mer : la crépidule a ainsi acquis ses lettres de noblesse.
Mais on peut aussi en faire autre chose de fort utile. Une école d’ingénieurs de Caen vient de mettre au point un béton poreux, qui permettrait de limiter le ruissellement consécutif à l’artificialisation des sols. Fini le parking qui dégouline dans la jolie rivière toute proche ! Quel rapport avec la crépidule ? elle y joue un rôle majeur, au même titre que la coquille saint-jacques et la pétoncle (mais pas la moule, trop fine ; ni l’huître, trop tordue) : ce béton est en effet composé pour partie de débris de coquillages, dont la fameuse crépidule. Cela permet, en outre, de limiter l’apport en sable dans le béton, ce qui, en ces temps de pénurie annoncée, n’est pas négligeable.
A ce rythme-là, la crépidule pourrait bien devenir le coquillage-phare, celui que tout le monde s’arrache, et se vendre, à terme, hors de prix. Après tout, dans des temps pas si anciens, les œufs d’esturgeon étaient bien donnés en pitance aux animaux de la ferme.

Source : Sciences&Avenir, 14 septembre 2016

Photo : île d’Oléron, décembre 2010

T’as (beaucoup) d’beaux yeux, tu sais !

P1010673Nous savons tous que, si le paon fait la roue, c’est pour séduire les paonnes. Mais celles-ci ne sont point caonnes, et savent déceler, dans ce frémissement des 100 à 150 plumes viriles, celles qui désignent à coup sûr le reproducteur de leur rêve.
La chose peut sembler évidente au premier abord, mais des scientifiques canadiens viennent de montrer le mécanisme de séduction du paon grâce à une caméra à haute vitesse qui a permis d’analyser finement le mouvement précis des plumes.
Au final, il s’agit d’une sorte d’illusion d’optique : selon l’angle que l’on adopte pour regarder le paon, les ocelles semblent changer légèrement de couleurs : c’est l’iridescence. Pour mettre en valeur cette iridescence, le paon fait vibrer ses plumes, ainsi les ocelles ressemblent à des yeux immobiles sur un fond mouvant. Et la paonne craque. Ou pas.
En fait, la paonne craque pour le paon qui tient la distance, c’est-à-dire celui qui fait la roue le plus longtemps. Cela nécessite une force musculaire importante et une bonne endurance. Une fois encore, les gros muscles ont gagné. Et la tendresse, b*** ?

P1010674

Source : Sciences et Avenir
Photos : Tarbes (Jardin Massey), avril 2016

Echos locaux (mardi 9 février 2016)

  • La Voix du Nord relate une expérience menée en Angleterre, consistant à mesurer le QI des chiens, notamment afin de savoir si ledit QI a un lien avec la santé du toutou. Les chiens choisis pour l’étude sont des border collies. L’expérience s’est déroulée dans un bâtiment construit pour l’occasion, et il fut notamment demandé aux chiens de trouver une gamelle bien cachée ou de sélectionner d’un seul coup d’œil la gamelle la plus pleine. Il parait que les chiens étaient ravis.
  • Le Patriote Beaujolais laisse tomber le jaja local pour rendre honneur à la mousse : la meilleure bière du monde serait une bière brassée dans l’Ain, plus précisément par la brasserie artisanale Rivière d’Ain.
  • Un sondage dans Le Maine Libre : « êtes-vous influencés par les médailles décernées aux meilleurs fabricants de rillettes ? »
  • imageLe Courrier du Pays de Retz s’intéresse à une expérience menée par un maître d’école de Rouans, dans le sud de la Loire-Atlantique : pour motiver sa classe, ce monsieur transforme ses élèves en Harry Potter. Les gamins apportent même leur baguette magique à l’école. Cerise sur le gâteau : voyage à Londres pour tout le monde.

Source de l’illustration : Flickr

C’était dans le journal … le 10 novembre 1915

imageLe radium, c’est moderne, ça efface les rides et ça brille dans la nuit. Découvert en 1898, ce minerai est paré de toutes les vertus jusqu’à ce qu’on en perçoive les dangers après la guerre. Mais avant cela, tous les espoirs sont permis : ni les cancers ni les rides ne semblent résister à ce minerai magique. J’exagère à peine. Et surtout, le radium rend lumineuses les aiguilles de la montre, et c’est bien pratique pour lire l’heure de son insomnie.
Le Petit Parisien fait ainsi la publicité de ces fameuses montres, qui, en outre, ont un verre incassable et sont vendues à un prix spécial, guerre oblige.

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