Quand la lune gibbe en juin

J’ai vérifié : ni le verbe « gibber » ni le verbe « gibbir » n’existent, et pourtant, en ce jeudi 13 juin 2019, la lune est bien gibbeuse. Et même gibbeuse croissante. Elle est d’aspect dodu et sera pleine dans quatre jours. Les légendes jardinières disent que cette lune-là signale le moment de planter les plantes potagères (en juin, c’est quand même un peu tard) et de récolter les fruits mûrs, car quand la lune croît, ils se conservent mieux (source).

Lune gibbeuse croissante au-dessus de Bordeaux le 13 juin 2019 à 21 h 10

En déambulant sur la toile [3]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai appris que des champs de colza des Yvelines s’étaient transformés en champs de pétrole, pour cause de marée noire. Les Yvelines. Ce n’est quand même pas là que j’imaginais ce genre de problématique, et pourtant … Un pipeline tout pourri, qui fuit, et Total qui indemnise faute de mieux : à lire sur le blog Géographies en mouvement.

En déambulant sur la toile, mais aussi en écoutant la radio et en lisant le journal, il ne m’a pas plus échappé qu’à vous, que nous, homo sapiens, avions un nouveau cousin, largement identifié par ses quenottes atypiques, originaire des Philippines, et dénommé Homo luzonensis. Pour en savoir beaucoup plus sur cette découverte, je conseille Le Journal du CNRS, mais aussi Le Monde, qui établit une sorte de généalogie du genre homo, rappelant que, preuve ADN à l’appui, il y eut bien des échanges clairement charnels entre deux espèces a priori distinctes, comme sapiens et néandertal par exemple.

La déambulation s’est achevée en 1958, dans l’émission 36 chandelles, diffusée sur la seule et unique chaîne de télévision d’alors. L’émission, présentée par Jean Nohain, est tournée sur des scènes parisiennes. Pour sa dernière année, elle pose notamment ses caméras à L’Alhambra, où Raymond Devos nous convie à son formidablement absurde Plaisir des sens.


L’optimisme des abeilles

Si les abeilles avaient conscience d’elles-mêmes, elles broieraient du noir. Leur disparition accélérée, qui met en danger la production alimentaire mondiale, est un fait avéré. On en connait les causes, mais ce n’est pas le sujet du jour. Car aujourd’hui, 20 mars, est non seulement le premier jour du printemps, mais aussi la journée internationale du bonheur, comme le rappelle l’article de Sciences & Avenir d’où est tirée l’info qui suit : les abeilles sont heureuses. Ou du moins optimistes, car le bonheur n’est pas facile à mesurer chez l’insecte.
Suite à une expérience, relatée par l’article, il s’avère que l’abeille, tout comme d’autres animaux (dont l’humain), secrète de la dopamine dès qu’elle est shootée au sucre. La dopamine est un neurotransmetteur qui provoque la sensation de plaisir, et donc rend joyeux et plein d’entrain. Les abeilles ainsi dopées au sucre sont alors plus habiles que les autres pour trouver leur nourriture ou pour lutter contre un ennemi. Sauf quand celui-ci se nomme néonicotinoïde, mais ça, l’article n’en parle pas.

Des abeilles dans le parc Rivière, à Bordeaux, en mars 2019

Une petite phrase en passant [1]

« Si Galilée, Darwin, Spinoza, Pasteur, Einstein et tant d’autres avaient été de grands mondains écumant les afters au petit matin, après avoir dansé toutes les nuits comme des endiablés, nous en ­serions encore à gratter les silex sous la pluie… »

Dr David Gourion, dans une interview au journal Le Monde le 2 octobre 2018

Protocole commotion pour le pic épeiche

S’il vous arrive de vous préoccuper du tournoi des six nations ou du Top 14, vous connaissez l’expression « protocole commotion » par cœur. Le rugby est devenu tellement violent, tellement bourre-pif, tellement rentre-dedans tête la première, que, dès qu’un joueur a du mal à se relever, il a droit au protocole commotion, une batterie de tests visant à vérifier que son cerveau peut encore servir à autre chose qu’à recevoir des coups. Car ce n’est quand même pas la fonction première de la tête de l’hominidé, comme le signale un article du Monde (accès réservé aux abonnés) à propos des joueurs de football (l’article ne précise pas s’il s’agit du bon vieux foot ou du football américain).
L’article ne se trouve néanmoins pas à la page des sports, pour la bonne raison que son sujet n’est pas le joueur de baballe mais un oiseau tambourineur effréné : le pic épeiche.
Pour cet oiseau, le tambourinage ultra-rapide est un langage. Il permets aux pics de se reconnaître entre eux, mais aussi de draguer. Des chercheurs américains se sont posés la question de l’existence de lésions au niveau du cerveau de ce pic-là, puisque les joueurs de football en ont. Ils ont disséqués dix spécimens de pics épeiche, afin d’y chercher la protéine tau, mise en cause notamment dans la maladie d’Alzheimer : huit des dix pics étaient positifs.
Pourquoi donc cogner jusqu’à s’en détruire le cerveau semble-t-il si vital chez un oiseau ? Une hypothèse serait que le pic épeiche choisirait son partenaire sexuel en fonction des muscles du cou et du dos : les plus musclés seraient aussi les plus à même d’encaisser les chocs. Peut-être aussi que cette fameuse protéine tau n’a pas les mêmes effets délétères chez l’oiseau que l’humain. Aucune conclusion définitive à ce jour n’est proposée, mais on cherche, on cherche.

Copenhague / Klampenborg / Jægersborg
Photo réalisée au Danemark au printemps 2015

La pleine lune du 1er janvier

P1170901Si vraiment on chipote, la lune ne fut réellement pleine à 100% que le 2 janvier sur le coup de 3 h du matin (voir le calendrier des phases de la lune). Le 1er au soir, elle frôlait le plein : 99,8% au moment où j’ai pris la photo. La lune n’est pas seulement pleine, elle est aussi proche de la terre : 356 365 km (contre 384 400 km en moyenne), autant dire qu’elle déambule en proche voisine, d’où son surnom de « super lune ». La prochaine aura lieu le 31 janvier, mais moins impressionnante qu’en ce 1er janvier : pour atteindre une proximité comparable (« périgée » est le terme exact), il faudra attendre 2034, selon Sciences&Avenir.

La crépidule, c’est du béton !

Crepidula fornicata (photo ci-contre)dec-10 est un mollusque invasif, très (trop ?) présent sur le littoral de la Manche voire de l’Atlantique. Face à cet envahissant coquillage, des gens avisés ont décidé de le servir à table, sous le nom de berlingot de mer : la crépidule a ainsi acquis ses lettres de noblesse.
Mais on peut aussi en faire autre chose de fort utile. Une école d’ingénieurs de Caen vient de mettre au point un béton poreux, qui permettrait de limiter le ruissellement consécutif à l’artificialisation des sols. Fini le parking qui dégouline dans la jolie rivière toute proche ! Quel rapport avec la crépidule ? elle y joue un rôle majeur, au même titre que la coquille saint-jacques et la pétoncle (mais pas la moule, trop fine ; ni l’huître, trop tordue) : ce béton est en effet composé pour partie de débris de coquillages, dont la fameuse crépidule. Cela permet, en outre, de limiter l’apport en sable dans le béton, ce qui, en ces temps de pénurie annoncée, n’est pas négligeable.
A ce rythme-là, la crépidule pourrait bien devenir le coquillage-phare, celui que tout le monde s’arrache, et se vendre, à terme, hors de prix. Après tout, dans des temps pas si anciens, les œufs d’esturgeon étaient bien donnés en pitance aux animaux de la ferme.

Source : Sciences&Avenir, 14 septembre 2016

Photo : île d’Oléron, décembre 2010

T’as (beaucoup) d’beaux yeux, tu sais !

P1010673Nous savons tous que, si le paon fait la roue, c’est pour séduire les paonnes. Mais celles-ci ne sont point caonnes, et savent déceler, dans ce frémissement des 100 à 150 plumes viriles, celles qui désignent à coup sûr le reproducteur de leur rêve.
La chose peut sembler évidente au premier abord, mais des scientifiques canadiens viennent de montrer le mécanisme de séduction du paon grâce à une caméra à haute vitesse qui a permis d’analyser finement le mouvement précis des plumes.
Au final, il s’agit d’une sorte d’illusion d’optique : selon l’angle que l’on adopte pour regarder le paon, les ocelles semblent changer légèrement de couleurs : c’est l’iridescence. Pour mettre en valeur cette iridescence, le paon fait vibrer ses plumes, ainsi les ocelles ressemblent à des yeux immobiles sur un fond mouvant. Et la paonne craque. Ou pas.
En fait, la paonne craque pour le paon qui tient la distance, c’est-à-dire celui qui fait la roue le plus longtemps. Cela nécessite une force musculaire importante et une bonne endurance. Une fois encore, les gros muscles ont gagné. Et la tendresse, b*** ?

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Source : Sciences et Avenir
Photos : Tarbes (Jardin Massey), avril 2016

Echos locaux (mardi 9 février 2016)

  • La Voix du Nord relate une expérience menée en Angleterre, consistant à mesurer le QI des chiens, notamment afin de savoir si ledit QI a un lien avec la santé du toutou. Les chiens choisis pour l’étude sont des border collies. L’expérience s’est déroulée dans un bâtiment construit pour l’occasion, et il fut notamment demandé aux chiens de trouver une gamelle bien cachée ou de sélectionner d’un seul coup d’œil la gamelle la plus pleine. Il parait que les chiens étaient ravis.
  • Le Patriote Beaujolais laisse tomber le jaja local pour rendre honneur à la mousse : la meilleure bière du monde serait une bière brassée dans l’Ain, plus précisément par la brasserie artisanale Rivière d’Ain.
  • Un sondage dans Le Maine Libre : « êtes-vous influencés par les médailles décernées aux meilleurs fabricants de rillettes ? »
  • imageLe Courrier du Pays de Retz s’intéresse à une expérience menée par un maître d’école de Rouans, dans le sud de la Loire-Atlantique : pour motiver sa classe, ce monsieur transforme ses élèves en Harry Potter. Les gamins apportent même leur baguette magique à l’école. Cerise sur le gâteau : voyage à Londres pour tout le monde.

Source de l’illustration : Flickr

C’était dans le journal … le 10 novembre 1915

imageLe radium, c’est moderne, ça efface les rides et ça brille dans la nuit. Découvert en 1898, ce minerai est paré de toutes les vertus jusqu’à ce qu’on en perçoive les dangers après la guerre. Mais avant cela, tous les espoirs sont permis : ni les cancers ni les rides ne semblent résister à ce minerai magique. J’exagère à peine. Et surtout, le radium rend lumineuses les aiguilles de la montre, et c’est bien pratique pour lire l’heure de son insomnie.
Le Petit Parisien fait ainsi la publicité de ces fameuses montres, qui, en outre, ont un verre incassable et sont vendues à un prix spécial, guerre oblige.

à cliquer :

Solide comme une dent de bernique

sep 12La bernique (ou patelle) a une dent. J’appris cela hier en papillonnant sur les sites de Courrier International et du Journal de la Science, tous deux relatant les conclusions d’expériences menées par des scientifiques de l’université de Porsthmouth.
Cette dent est bien planquée dans le mollusque, lui-même quasi-invicible sous sa coquille conique. Une bête de course, cette bernique ! la quenotte lui sert à râper le rocher façon parmesan, afin d’y brouter la végétation ultra-rase qui y pousse. Et pour râper du caillou, faut une dent bigrement solide.
C’est cette hyper-solidité que les chercheurs britanniques ont mis en évidence, concluant que la dent en question constituait le matériau le plus solide au monde. Cela est lié à la présence d’un minéral appelé « goethite », dont le nom vient de Goethe, le poète allemand ayant été féru de minéralogie. Cette découverte pourra peut-être, à terme, permettre la mise au point de nouveaux matériaux très résistants, notamment dans l’aéronautique ou la construction automobile.
Dent solide, chapeau pointu turltutu, mais la bernique n’est pas invincible pour autant. Elle peut rencontrer plus fort qu’elle : il s’agit du bigorneau perceur. J’ignore ce qu’il fait de la dent.

mars 13

Photos : île d’Oléron, septembre 2012 (photo carrée en haut à droite) et mars 2013 (le bigorneau perceur)

Leçon de dégustation : le têtard

P1370189Rappelons aux citadins que le nom « têtard » désigne le bébé des anoures, les anoures étant, en vrac, les grenouilles, les crapauds et les rainettes.
Manger le têtard est chose rare, ses cuisses n’ayant point encore suffisamment (voire du tout) poussé pour que l’on puisse, comme chez sa mère grenouille, les savourer avec un beurre persillé.
Petite subtilité de la méthode décrite ci-après : le têtard, tout comme l’huître et la palourde, se déguste vivant, mais, à l’inverse de mes mollusques favoris, il ne faut surtout pas l’avaler. Et, pour tout dire, il vaut mieux avoir l’âme scientifique et aventureuse pour se lancer dans le projet. Procédons, procédons :

  1. Pêchez un têtard dans la mare de votre choix
  2. Conservez-le dans de l’eau douce pendant quelques heures
  3. Rincez le têtard avant de procéder à la dégustation
  4. Mettez-le dans votre bouche et laissez-le gigotez pendant dix à vingt secondes
  5. Croquez la queue et machonnez-la
  6. Puis mordez fermement dans le corps de l’animal
  7. Recrachez et dites-vous que c’est pour la science

Source : Pierre BARTHELEMY, « Miam, un tétard ! », Le Monde (accès réservé aux abonnés), 9 février 2015 (article relatant une vraie expérience visant à savoir si les têtards échappant facilement à leurs prédateurs pouvaient éventuellement avoir un goût désagréable pour lesdits prédateurs)

Photo : Jardin Botanique de Bordeaux, juin 2013

Vent violet

Ça souffle, ce soir. Un vrai bonheur d’eau et d’air, ce climat océanique ! Il pleut il mouille, j’ai des potes chez les grenouilles, et en plus, sur la côte Aquitaine, le vent est violet, donc fort, c’est dessiné là :

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Joli, non ? cette image est une capture d’écran d’un site superbe, qui anime en belles couleurs les phénomènes météo en temps réel. Baladez-vous sur Windyty, laissez-vous hypnotiser par les pressions, les vents, la pluie, …

De la Terre à la Lune

lune P1300492Slate relate des découvertes scientifiques récentes, qui pourraient ouvrir la porte à de superbes scénarios de science-fiction avec décor ad hoc : imaginons par exemple un océan souterrain, à 500 km dans les profondeurs de la Terre. Cet océan est bel et bien là, les preuves de son existence ont été rendues publiques il y a une huitaine de jours.
Cet océan serait un indice sérieux attestant de l’existence d’une Terre à l’intérieur de la Terre, façon poupées russes. Pour comprendre le pourquoi du comment, il faut se téléporter 4 milliards d’années en arrière, je vous parle d’un temps que même les bactéries n’ont pas pu connaître.
En ce temps-là, la Terre est une planète hostile à toute forme de vie, notamment parce-qu’il y fait une chaleur épouvantable. Et un beau jour, ou peut-être une nuit, arrive Théia. Théia est une grosse comète de la taille de Mars, dont le rayon est presque deux fois plus petit que celui de la Terre actuelle, qu’on ne peut plus appeler « notre bonne vieille Terre », puisque la vieille est à l’intérieur de l’actuelle. Vous suivez, c’est bon, où on reprend du début ?
Donc arrive Théia, qui fonce à toute vibrure sur la Terre, façon formule 1 sur un mur, sans airbag. Le choc est tellement violent qu’il bouleverse l’orbite terrestre, lui donnant l’orbite actuelle. Dans le choc, Théia a fondu, ainsi que le pare-choc de la Terre, plus connu sous le nom d’ « enveloppe terrestre ». Et surtout, le choc aurait libéré des matériaux (là, je simplifie méchamment) qui ont donné naissance à la Lune. Voilà pourquoi les échantillons rapportés de la Lune par les missions Apollo ressemblent à s’y méprendre à des éléments bien connus sur la Terre. Cela est aussi attesté par la présence d’un gaz rare dans les profondeurs de la Terre, gaz que l’on retrouve en quantité nettement plus importante sur la Lune.

Des macchabées sous le tas de sable

Le tas de sable, le voilà :

août 12 P1310191

Il s’agit de la dune du Pilat, qui n’a réellement pris sa forme de dune, quoique bien moins haute qu’aujourd’hui, qu’à la toute fin du moyen-âge. Avant cela, le sol variait entre très plat et légèrement dodu, rien qui ne gêne les installations humaines. Des restes d’objets datant de la fin de l’âge du bronze (en gros avant -800) ont déjà été retrouvés par des archéologues, attestant de la présence probable d’un village protohistorique.
Très récemment, à la faveur de l’érosion massive provoquée par les tempêtes hivernales, des touristes ont trouvé une urne funéraire en céramique datant de l’âge du fer (donc un peu plus récente que les précédents objets), qui tend à prouver qu’un cimetière est probablement encore enfoui sous la dune (non, on ne va pas déplacer le sable à la pelle, comme le suggérait un lecteur de Sud-Ouest en mode « lol »). Cette urne renferme des restes calcinés, attestant de la pratique de la crémation. Pour les archéologues, pressés par le temps (le sable n’attend qu’un coup de vent pour recouvrir les vestiges), il pourrait s’agir d’une découverte majeure.

Sources :

A quoi sert aussi la toile d’araignée ?

toileP1400106La toile que tisse l’araignée lui permet de capturer des proies, donc de manger. C’est l’usage principal, et souvent considéré comme unique, de la toile d’araignée classique, du modèle de celle présente sur la photo ci-contre. Certaines toiles, formant des sortes de tubes, servent aussi d’abri à la bête.
Récemment, des chercheurs ont pointé deux autres particularités de la toile d’araignée, en étudiant plus précisément l’épeire diadème, qui construit des toiles géométriques très régulières et pouvant atteindre 40 cm de diamètre. Les résultats de cette étude sont brièvement exposés aujourd’hui dans un article de Sciences&Avenir, dans lequel on apprend :

  1. que la toile d’araignée génère de l’électricité statique par le biais de la colle présente sur la soie. Cette électricité statique capture les particules présentes dans l’air. Ces particules ne sont peut-être pas utiles à l’araignée, mais cette particularité électrique de la toile d’araignée ouvre des perspectives dans les sciences de l’environnement, car les fils de soie ainsi chargés électriquement se comportent en filtres à particules particulièrement efficaces. De plus, la forme même de la toile pourrait indiquer la présence de certains polluants ;
  2. que la toile de l’épeire provoque de minuscules distorsions du champ magnétique terrestre, ce qui, peut-être, pourrait expliquer que certains insectes se fassent prendre dans la toile car ils auraient été en quelque sorte déroutés de leur trajet par celle-ci, mais rien n’est encore pleinement avéré sur ce point.

C’était dans le journal … le 5 décembre 1913

Dans les premières années du XXe siècle, le zoologiste Louis ROULE devient professeur au Museum d’Histoire naturelle. Il s’intéresse en particulier à la faune sous-marine, et baptise du nom de Grimaldichtys Profondissimus un poisson des grandes profondeurs issu des collections du prince de Monaco (d’où le nom de baptême …).
La découverte de ce poisson, vivant à plus de 6000 mètres de profondeur, au large du Cap-Vert, est relatée en page 4 du Temps le vendredi 5 décembre 1913. Ce poisson fait partie de la famille des brotulidés et « est en bon état de conservation ». C’est un poisson long d’une vingtaine de centimètres, au « corps épais, massif en avant, effilé en arrière », doté d’une grosse tête molle. Ses yeux sont « très petits [et] protégés par la peau ». « Les dents sont nombreuses et petites ». Comme tous les autres poissons abyssaux, il est très pale : « les téguments, dans leur ensemble, sont décolorés et à peu près privés de pigments ». La bouche de l’animal est néanmoins de couleur violette. Conclusion de l’article : « des pressions de 600 ou 700 atmosphères ne gênent point le développement de la vie ». Et, à l’époque, Intermarché et sa flotte de pirates n’étaient pas là pour ratisser les fonds des océans …

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C’est un fameux deux-mâts …

Pendant une semaine et jusqu’à aujourd’hui le port de Bordeaux a accueilli un drôle de bateau, un voilier de 36 mètres de long, conçu pour affronter la banquise : le Tara.

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Le Tara n’est plus tout jeune. Imaginé par Jean-Louis ETIENNE à la fin des années 1980 et mis à l’eau en 1989, il a exploré les régions polaires jusqu’en 1996 sous le nom d’Antarctica. Je me souviens avoir vu ce navire, alors à la fin de sa première carrière, dans le port de Camaret (Finistère) en juillet 1996 :

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Ce voilier, tout en alu, a aujourd’hui sur sa coque les traces de ses aventures :

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Lors de son premier voyage, il a croisé la Terre de Feu, la Patagonie et les rivages de l’Antarctique, tout ça à la force de ses voiles, hissées sur deux mâts rigoureusement identiques hauts de 27 mètres. Il a hiverné au Spitzberg, équipage à bord, de septembre 1995 à 1996. Cela fut techniquement rendu possible par la forme de sa coque (que les glaces ne peuvent ni briser ni broyer ni chavirer) et par la grande qualité de l’isolation qui permet à l’habitacle de garder une température de 18°C quand il fait -40°C dehors. Grâce à sa quille rétractable, il a pu se faufiler dans des eaux peu profondes, toujours à des fins scientifiques.

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Après 1996, c’est le navigateur Peter BLAKE qui racheta le bateau, là encore à des fins d’explorations scientifiques, et le renomma Seamaster. Cette histoire s’acheva tragiquement par l’assassinat de BLAKE sur l’Amazone en 2001. En 2003, le bateau fut racheté et changea à nouveau de nom pour devenir le Tara actuel, mais sa fonction reste la même : l’exploration scientifique.

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De septembre 2006 à janvier 2008, Tara a ainsi dérivé dans les régions arctiques, entre 72° et 80° de latitude nord. L’équipage a pris des mesures de l’atmosphère, de la banquise et de l’océan jusqu’à de très grandes profondeurs, notamment afin d’étudier le réchauffement climatique. Il a mesuré, in situ, l’ampleur de la fonte des glaces arctiques, qui ont connu un recul exceptionnel dans l’été 2007. De 2009 à 2012, Tara a parcouru tous les océans pour mesurer le piégeage du CO2 par le plancton à l’aide d’un matériel très sophistiqué. Tout cela fait de ce bateau un outil précieux pour mieux appréhender les profonds changements climatiques qui résultent des activités humaines, loin des fariboles oiseuses des climato-sceptiques en mal de reconnaissance médiatique.

What’s new ? [lundi 18 octobre 2010, 17 h 55]

  • Patrimoine archéologique en danger en Arabie Saoudite (Courrier International).
  • Bref résumé d’un pan de l’histoire de l’aéronautique : les défis de Latécoère, créateur de l’Aéropostale (Le Monde).
  • Les rois de l’évasion fiscale vont devoir remettre leurs cartes à jour et changer la destination des pépettes qui, normalement, devraient aller dans ma poche, et aussi la tienne et celle du voisin de ta grand-mère (ça s’appelle la resdistribution, ou la répartition, enfin tu vois l’idée), bref, ces champions des sous placés hors de France vont devoir se rabattre sur d’autres destinations (le pire, c’est qu’il en reste. Trop) : mort d’un paradis fiscal, en l’occurrence celui de San Marin (Presseurop).

What’s new ? [mercredi 29 septembre 2010, 15 h 00]

  • La terre a tremblé. Sur Oléron-petitpatapon, et puis aussi un peu sur l’île de Ré, secousse ressentie jusque dans le Maine-et-Loire. Rien de grave, même pas peur, même pas mal. Juste un moyen de rappeler que géologiquement les îles charentaises se trouvent à l’extrême sud du Massif Armoricain, et que donc l’activité sismique, sans faire la une des journaux, n’y est pas nulle : séisme modéré près de l’île d’Oléron, pas de dégâts (Le Parisien).
  • Tableau de la France moyenne : ils vivent avec 1 580€ par mois (Rue89).
  • C’est un phénomène de balancement des courants marins bien connu, qui amène tantôt la sécheresse tantôt trop de pluie. Quand El Niño cesse d’agir, La Niña noie le nord de l’Amérique latine (La Croix), d’où glissement de terrain meurtrier au Mexique et en Colombie.

What’s new ? [mercredi 25 août 2010, 10 h 00]

What’s new ? [jeudi 12 août 2010, 13 h 05]

—> Illustration : G. DOU, Femme épluchant des carottes, XVIIe siècle.

What’s new ? [mercredi 4 août 2010, 9 h 20]

—> Illustration : Emile BERNARD, Les Bretonnes aux ombrelles, fin XIXe siècle.

What’s new ? [mercredi 7 juillet 2010, 22 h 10]

What’s new ? [mardi 1er juin 2010, 18 h 00]

What’s new ? [vendredi 21 mai 2010, 21 h 45]

  • Justement parce-que à l’instant même où je vous blogue, il en passe un au-dessus du jardin : ciel, c’est un avion (photos Magnum publiées par Slate).
  • 14,5 °C : c’est la température moyenne enregistrée en avril 2010 sur terre, ce qui en fait le mois d’avril le plus chaud de l’histoire, du moins depuis que l’humain mesure ce genre de chose. Et moi qui trouvais que, excepté depuis avant-hier, ce printemps nous la jouait glaçon … (Terra-Eco).
  • Ça reste du domaine de l’hypothèse, mais ça fait quand même froid dans le dos : la fin de la vaccination contre la variole a pu contribuer à la flambée de VIH (Sciences & Avenir).

What’s new ? [jeudi 13 mai 2010, 15 h 00]

—> Illustration : MC ESCHER, Relativité, milieu du XXe siècle

Les huîtres malades de la peste

« Peste », c’est un grand mot, mais j’ai voulu tenter le titre accrocheur. Par contre, « malades », ça c’est vrai. L’huître souffre. Certes cela ne lui fait point bobo puisqu’elle ne dispose pas d’un système nerveux central lui permettant de s’exprimer comme vous et moi par des « aïe ! » de douleur, mais elle souffre néanmoins. Ou plutôt ses petits : les minuscules bébés huîtres que dans le jargon on appelle « naissains ».
Celui qui crie « aïe ! », c’est l’ostréiculteur. Et ça fait un moment que ça dure. Du coup, 300 ostréiculteurs sont aujourd’hui montés à la capitale pour pousser un coup de gueule, parce-que ça commence à bien faire ces naissains qui meurent, jusqu’à 100% d’un stock parfois. Nos amis ostréiculteurs voudraient donc que les pouvoirs publics se remuent le popotin pour activer la recherche sur le sujet et accessoirement identifier et punir comme il se doit les responsables de ces décès. Sortez le goudron et les plumes ! Parmi les coupables désignés, j’entendais ce midi sur Inter le nom d’un organisme pourtant fort sérieux : l’IFREMER. Les uns l’accusent de ne pas mener les recherches qui s’imposent, d’autres envisagent carrément que l’institut en question ait pu, involontairement, empoisonner les bébêtes. J’entendais aussi, il y a un peu plus longtemps et je ne sais plus bien où, que la cause de cette surmortalité des bébés huîtres, très marquée depuis trois ans maintenant, serait liée à l’implantation déjà ancienne d’une huître OGM (dite « huître des quatre saisons » parce-qu’elle ne fait pas de « lait », même dans les mois qui ne sont pas « en R »), plus fragile que ses consœurs. Honnêtement, mon faible bagage scientifique ne me permet pas de trancher.
Par contre, des infos traînent un peu sur le net : cette surmortalité serait ainsi plus ancienne qu’on le dit, même si elle est particulièrement marquée depuis 2007-2008. Depuis 1991, des stocks entiers ont ainsi été décimés par une bactérie apparemment bien identifiée, mais dont l’origine reste encore floue. En ce qui concerne la vague de surmortalité actuelle, elle se caractérise par la très grande rapidité du phénomène : en deux jours, la bête est morte, et ce quelle que soit la région de la zone d’élevage. Le fait d’élever les huîtres dans des claires (anciennes salines aujourd’hui utilisées comme bassins d’élevage dans la région de Marennes-Oléron) les protègerait peut-être mieux que l’élevage en pleine mer, mais les études menées par l’IFREMER restent vagues, beaucoup d’éléments se contredisant. Le lieu où ont éclos les œufs pourrait avoir une incidence, or une large partie des naissains français sont fabriqués, si je puis m’exprimer ainsi, dans le Bassin d’Arcachon. Ça la fout mal pour l’image de la région, mais c’est une réalité. Les pics de mortalité sont généralement associés à une hausse des températures de l’eau de mer, ce qui explique que l’huître meure davantage l’été. A cela enfin s’ajoute l’apport d’eau douce dans les zones d’élevage, chargées en polluants divers : des claires de Marennes trempent dans l’estuaire de la Seudre, le Bassin d’Arcachon reçoit l’eau de plusieurs minuscules cours d’eau et d’un plus gros (la Leyre), originaire des Landes. Un virus pathogène a été identifié ; il est aujourd’hui présent dans la quasi-totalité des lots testés par l’IFREMER, mais est-ce lui et lui seul qui tue les huîtres ?
Bilan à court terme : les huîtres mettent trois ans pour atteindre la taille la plus facile à commercialiser (la taille 3, qui est aujourd’hui la plus vendue). On se dirige donc vers une pénurie pour l’hiver 2010-2011, et un manque à gagner très net pour toute la filière ostréicole. C’est dommage, car les huîtres de Gujan-Mestras, que nous avons achetées dimanche chez mémé (comment ? je ne vous ai jamais parlé de mémé ? c’est pas pooooossssssiiiible !), étaient succulentes (quoiqu’un peu grasses à mon goût, j’ai mis du citron même si je sais bien que c’est péché).

What’s new ? [mardi 4 mai 2010, 17 h 40]

What’s new ? [mercredi 7 avril 2010, 17 h 40]