Un hiver ordinaire sur une plage du golfe de Gascogne

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Bout de piste pour les courants marins, vagues en hordes qui rapportent sur les plages des objets hétéroclites dignes d’un inventaire à la Prévert, tel est le golfe de Gascogne, ce bout d’Atlantique qui me berce depuis ma plus tendre enfance. Et dans certains recoins, en particulier sur les plages de Gironde et des Landes, s’y amassent chaque hiver tous les tombés du bateau, tous les dérivés de n’importe où. Et encore, là, ce n’est rien. Il n’y pas eu de chute de conteneurs par paquets de 100 ou plus depuis un moment (sauf dans le Pacifique, où un navire de la compagnie Maersk en a égaré 750 jeudi dernier, mais c’est loin de chez nous). Tout petit extrait de ce qui traine sur le sable, vu aujourd’hui sur la plage nord de Lacanau :

La foulque macroule et le grèbe castagneux

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Promenons-nous dans les bois, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le Bassin d’Arcachon ne se réduit pas à ce bout d’océan qui s’insère à mi-temps jusqu’au rivage. C’est aussi toute une zone boisée, faite de marais et de mares diverses où batifolent des oiseaux. La foulque macroule, facile à reconnaître avec son bec blanc sur son plumage noir, abonde en ces lieux et en toutes saisons. Souvent bavarde, voire bruyante, il lui arrive aussi de pêcher calmement dans son étang, sans bruit. Sur ce même étang, en hiver et en concurrence pour la tambouille, nous pouvons voir le grèbe castagneux, petit bouchon flottant, toujours en mouvement, qui plonge, remonte, replonge, décolle on ne sait pourquoi et pour moins de dix mètres, puis replonge, gigote, jusqu’à ce que les frimas cessent et que, taraudé par le printemps, il s’en aille vivre ailleurs, laissant les foulques enfin tranquilles.

Une foulque macroule (à gauche) et un grèbe castagneux (à droite) sur un étang du Bassin d’Arcachon – Janvier 2021

Balade hivernale en fond de Bassin

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

La question n’est pas de savoir si le temps vire au beau ou à la pluie. Si on est en flux d’ouest (vent dans le nez) ou en flux de sud (ça pue Facture, un jour je t’expliquerai). La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse : on sort avant la saison 3 du confinement, avant la colère et la tristesse du grand enfermement qui nous attend au tournant.
Alors on prend le volant de la vieille Renault, qui franchit aujourd’hui même ses 156 000 km et un double ralentisseur sans broncher, et on se pose au fond du Bassin d’Arcachon, ciel gris, marée basse, sable doux aux pieds, air frais qui sent bon. La vue est dégagée, on distingue sans mal les cabanes tchanquées de l’île aux oiseaux :

Les bernaches sont discrètes, mais il y en a quand même, qui broutent les zostères en silence (ce qui n’est pas si courant, la bernache étant habituellement bavarde) :

Au loin, sur la vase, les tadornes se mêlent aux mouettes :

Un estran calme et serein, où nul humain ne met les pieds, et pas seulement parce-que l’eau est froide :

Surfer sur l’hiver

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

J’aurais pu sottement écrire en titre « Surfer sur le covid », mais, soyons clair, il y a encore du chemin à parcourir. Alors restons sobre, quoique fatigués, usés par ces restrictions qui, peut-être justifiées, pèsent de plus en plus et plombent l’ambiance et le moral. Mais enfin, si tout le monde jouait le jeu du masque, on n’en serait peut-être pas là ? allez savoir.
Alors dans ce temps immensément long où la seule chose autorisée est le travail, je repense aux dernières vacances, celles de Noël-en-petit-comité-sinon-c’est-péché. J’ai tout bien fait mon père, nous n’étions que trois au nouvel an, c’est bon, j’ai l’absolution ?
Je repense donc à ce temps des vacances, notamment à ce temps maritime où, à deux brasses du port de La Cotinière, des p’tits gars pas frileux bravaient les frimas dans leur combi de néoprène pour surfer l’hivernale vague timide, vague qui clapotait mollement sur la grève à marée montante. C’était le 2 janvier et nous attendions le coucher de soleil.

Le Sevmorput à la dérive

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Un navire en difficulté dans l’Atlantique, au beau milieu du mois de décembre, ce n’est pas drôle, mais ce n’est pas rare. Mais quand ce bateau est qualifié de « centrale nucléaire flottante », l’avarie dont il est victime attire forcément l’attention (la tension aussi même peut-être).
Tentons de résumer l’affaire : le Sevmorput (de son nom complet « Severny Morskoy Put », soit « Route du Nord » en russe) est un navire civil russe à propulsion nucléaire. C’est le dernier cargo à propulsion nucléaire qui navigue encore. Ce bateau de 260 m de long a donc, à son bord, 150 kg d’uranium enrichi. Promis à la casse en 2007, il a été retapé in-extremis et a repris du service en 2016. Depuis lors, et jusqu’à l’affaire qui nous préoccupe, il ne batifolait que dans les eaux russes, transportant du poisson du côté de la mer de Béring.
En octobre de cette année, il a été décidé que le Sevmorput allait faire un grand voyage, loin vers les mers australes. Plus question de transporter du poisson, on passe aux choses sérieuses : le navire a pour mission de convoyer du matériel pour la prospection gazière en Antarctique. Activité que je croyais interdite, mais j’ai du louper un épisode. Bref, le vieux rafiot met le cap au sud, et c’est là que les ennuis commencent : le cargo devait atteindre son but début novembre. Mais, une panne à bord l’a laissé en plan au large de l’Angola. Aucun pays d’Afrique n’a envie d’accueillir ce type de navire dans un de ses ports. Après une période de ronds dans l’eau et de tentatives de réparation, il a été décidé que le Sevmorput devait rejoindre Saint-Petersbourg. Tant pis pour la mission en Antarctique, mais tant mieux pour l’Antarctique tout court, terre dénucléarisée par traités internationaux. Aujourd’hui, le navire est là, au large du Sahara Occidental et pas bien loin des Canaries, et, quand on regarde la carte de Marine Traffic, on constate qu’il n’est pas seul, ça navigue dur dans le coin :

La suite de la route, on la connait, avec ses écueils, sa météo tempétueuse, son rail d’Ouessant pas rassurant, etc :

Certes, la route, il l’a déjà faite, dans l’autre sens courant octobre, sans que personne ne s’en émeuve : en ce qui concerne la France, notamment, le préfet maritime de la Manche et de la Mer du Nord n’a pas bronché. Cette fois, la chose se sait, grâce à l’ONG Robin des Bois, et elle est relayée par Sud-Ouest, 7Seizh et Mer et Marine. Mais le bateau poursuit néanmoins sa route, vaille que vaille.

L’amer retour vers la mer

Chronique du grand confinement, La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

M’sieur Castex a parlé. M’sieur Castex a dit banco pour la bamboche à naouel à 6 max, au-delà c’est péché. Soit. M’sieur Castex a dit « pu b’soin d’attestation pour dire que j’ai un truc à faire dehors » à partir du 15 décembre. Sauf après 20 heures. Couvre-feu alors que nous ne sommes pas en temps de guerre, soit, mais ça fait bizarre. M’sieur Castex a dit « sages comme des images » au nouvel-an et quand on voit ses parents et ses grands parents. T’inquiète, m’sieur Castex, nul ici ne veut zigouiller l’ascendance ni perdre ses amis. Nous avons tous surtout besoin de liens humains.
M’sieur Castex a dit aussi que nous pourrions déambuler librement, dans les horaires consentis et en respectant les gestes barrière (don’t worry, patron, c’est acquis) dès le milieu de la semaine prochaine. Et cela veut dire, chers amis, que nous allons exploser la barrière des 20 km et revoir l’océan. Peut-être même se planter devant et observer le doux balancement de la marée. Ou déambuler entre mer et forêt et cueillir quelques champipis au passage, histoire de préparer le repas de naouel pour 6 personnes max. Mais retourner au ciné, au théâtre, voir du spectacle vivant, que nenni. Et la rage gronde, comme une marée montante de fort coefficient.

Se planter devant l’océan et observer le doux balancement de la marée …


Cap sur Le Cap

La mer et ses poissons

Retour sur le Vendée Globe. Les quarantièmes rugissants ne pardonnent décidément pas. Après Kevin Escoffier, qui a vu son bateau se couper littéralement en deux et qui a pu, en un temps record, sauver sa peau sur le radeau de survie, alors que le voilier sombrait, ce fut au tour de trois autres marins de rencontrer des difficultés sérieuses, qui, pour deux d’entre eux, portent l’acronyme d’OFNI. Objet Flottant Non Identifié. Le genre d’objets qui te troue la coque et qui menace sérieusement d’envoyer esquif et marin par le fond. Le troisième, Alex Thomson, a subi une avarie plus classique, de la bonne grosse casse qui l’a obligé à rallier Le Cap avec un seul safran. De toute façon, il n’aurait pas pu aller plus loin.
Une des deux victimes d’OFNI est Sébastien Simon, qui, comme, Alex Thomson, abandonne. Il fait route vers Le Cap, où Thomson est déjà arrivé. L’autre victime d’OFNI est Samantha Davies, dont on peut voir la trajectoire en rouge sur la carte ci-dessous. Elle envisage de pouvoir réparer dans une petite baie près du Cap, sans aucune aide, afin éviter la disqualification. Elle devrait rejoindre son but demain en milieu de journée.

En rouge : le bateau de Samantha Davies qui se dirige vers Le Cap (18 h le 4/12, heure de Paris)

Un pour tous, tous pour un

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

Les courses océaniques ont un petit côté « Trois mousquetaires » : une solidarité vitale. Aujourd’hui, Kevin Escoffier, 3e au classement, a déclenché sa balise de détresse pour voie d’eau et s’est réfugié dans son radeau de survie. Parce-que la direction de la course l’a ordonné, parce-que c’est la norme en mer, parce-qu’on ne laisse pas tomber un concurrent qui risque la mort, un puis deux puis trois puis quatre marins sont partis au secours de Kevin Escoffier. Le premier, ce fut Jean Le Cam, le plus proche d’Escoffier. Il a alors mis le moteur (autorisé et même obligatoire en pareille circonstance) et s’est approché. Il a confirmé : la marin est bien dans son radeau de survie. Mais ce n’est pas si simple d’approcher le frêle esquif, la mer est formée, le vent est costaud. Yannick Bestaven et Boris Herrmann sont alors appelés à se détourner à leur tour. À 20 h 30 (heure française), Sébastien Simon a lui aussi été prié d’aller aider Kevin Escoffier. Le but de ces marins, dans l’immédiat, n’est plus de gagner la course, mais de mettre un des leurs en sécurité.

Mise à jour : à 2 h 18 ce matin (heure de Paris), Kevin Escoffier est monté à bord du bateau de Jean Le Cam. Sauvetage réussi au beau milieu des bien nommés Quarantièmes Rugissants.

Un par un, ils passent l’équateur

La mer et ses poissons

Chaque jour, je jette un œil sur le Vendée Globe, pas tellement pour savoir qui est preum’s, qui est deuz’, mais pour voir où en sont ces marins incroyables qui vont sous peu tâter de l’océan austral alors que nous nous tâterons pour savoir ce qu’il est possible de faire ou non à Noël. Ce soir, je constate qu’un peu plus de la moitié de la flotte a passé l’équateur. Thomas Ruyant est en tête, il fait bon sur le pont (24°C) et dans l’eau (25°C). Stéphane Le Diraison est pile poil sur la ligne mythique, et il fait chaud (eau à 28 °C, air à 27°C). Nos marins filent vers l’été, mais en se rapprochant de l’Antarctique, l’été peut s’avérer sournois et difficile. Cette course en solitaire m’épate à chaque fois.

Position de la flotte du Vendée Globe le 21/11 en fin d’après-midi – Source : https://www.vendeeglobe.org/fr/cartographie

Le Shtandart à nouveau dans la Lune

La mer et ses poissons, On ne va pas en faire toute une histoire, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Je parle bien sûr du port de la Lune, surnom affectueux (et tout aussi officiel) du port de Bordeaux. Quant au Shtandart, c’est la copie d’un bateau russe du temps des tsars, dont j’avais déjà parlé lors de sa première escale en Gironde, il y a quatre ans. Il est accosté au ponton d’honneur jusqu’à demain.

Toute fin d’été dans le marais des Bris

La mer et ses poissons, Nos amies les bêtes, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le marais des Bris se trouve tout au sud de l’île d’Oléron, sur la commune de Saint-Trojan. Le dernier week-end fut le dernier de l’été. Marée haute côté mer, mais peu d’eau dans le marais lui-même : une écluse gère tout cela et limite les flots. Et surtout, il y avait des oiseaux. Des aigrettes, encore des aigrettes, ainsi que des mouettes, et puis des gravelots.

Hautes eaux au Château

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le week-end dernier, la mer a fait sa maline. La maline, c’est la marée de fort coefficient, en particulier celle qui s’observe lors des équinoxes. Pile poil la configuration des 18, 19 et 20 septembre. C’était un week-end paisible, rien évidemment ne laissait prévoir la tornade qui est passée sur Le Château d’Oléron (entre autres) hier après-midi. Un week-end paisible, donc, avec une lumière magnifique, en particulier en début de soirée, lorsque la mer fut la plus haute, emplissant les chenaux et les ports. Des miroirs d’eau éphémères.

Quitter La Rochelle par la mer

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

C’était un soir tout à la fin du mois de juillet. Un soir après une journée formidable, dans la plus belle ville cyclable qui soit en France : La Rochelle. Tôt le matin, nous avions mis les vélos sur le bateau, et zou, roule ma poule, direction la grande ville. Mais le soir venu, après quelques grignotes dans le quartier du Gabut, il avait bien fallu rentrer à la maison, quelque part sur l’île d’Oléron. La navette maritime La Rochelle / Boyardville appareilla à 20 h 45. Les journées étaient encore suffisamment longues pour que la traversée se fasse de jour. Et, heureux de ce jour-là, nous avons quitté, non sans regret néanmoins, le port de La Rochelle. Nous avons d’abord longé la digue du Nouveau Monde, inaugurée en 2014 :

La Rochelle : la digue du Nouveau Monde et le port des Minimes

Puis le navire a avancé, tranquillement, permettant de voir les célèbres tours qui font que ce port-là est reconnaissable entre mille :

Port de La Rochelle

On croise alors le phare du Bout du Monde, qui fête en ce mois d’août son vingtième anniversaire. Petit rappel : ce phare est une réplique d’une construction plantée au large de la Patagonie depuis la fin du XIXe siècle.

Phare du bout du monde : réplique rochelaise d’un phare de Patagonie

Puis il est temps de mettre les gaz. 18 nœuds en vitesse de croisière. Tout juste le temps de jeter un œil sur le pont de l’île de Ré :

Le port de La Pallice et le pont de l’île de Ré

Petite balade à Fort Royer

La mer et ses poissons, Oléron-petipatapon, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Le site ostréicole de Fort Royer se situe sur la commune de St-Pierre-d’Oléron. Pendant longtemps, le site a décliné : les cabanes semblaient même à l’abandon. Puis les producteurs se sont serrés les coudes, ont retapé les cabanes, et ont proposé au public de venir découvrir le vaste monde de l’huître : visites guidées, dégustation, mais aussi initiation à l’ouverture des huîtres sont au programme (pour en savoir plus, cliquez ici). Aujourd’hui, la balade est sympa, vivante et colorée.

La chansonnette passe l’été en France – Vendredi 14 août

Il y a une vie en dehors de Bordeaux, La chansonnette, La mer et ses poissons

Mer du Nord, plage de Bray-Dunes. Alain Souchon « chante un baiser osé », et se souvient que « Naïf et sincère / Le vent de Belgique / Transportait de la musique / Des flonflons à la française / Des fancy-fair à la fraise ». J’apprends au passage que le terme « fancy-fair » est employé en Belgique pour désigner la kermesse scolaire. Rien à voir avec une quelconque friandise à la fraise, comme je le pensais au départ.

Alain Souchon
Le baiser

Qui découvre l’autre ?

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Il y a un peu plus de deux semaines, j’ai déambulé dans l’aquarium de La Rochelle. Bel endroit. En regardant les photos faites ce jour-là, j’ai repensé à un vieux dessin de Vidberg, consacré au salon de l’agriculture, et que je vous invite à découvrir en cliquant ici.
Sur la photo ci-dessous, c’est la même idée, même si la composition de ladite photo relève à 100% du hasard : qui découvre qui ? l’humain qui voit l’animal ? ou l’animal qui voit l’humain ?

Aquarium de La Rochelle – Fin juillet 2020

Une petite phrase en passant

La mer et ses poissons, Une petite phrase en passant

« Ce n’est pas la mer qu’aiment les Français, mais l’Ambre solaire, le sable chaud, les petits canots échoués à marée basse dans le soleil couchant, et Santiano repris en choeur au dessert. Ce n’est pas la mer qu’ils aiment, ce sont les vacances. »

Hervé HAMON, « Pour une poignée de sable chaud… », L’Histoire, Collection n°8, juillet-août 2000

Le nom des rues du quartier du Gabut

La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

Ce ne fut pas toujours the place to be, un coin à la mode où il fait bon se prélasser (voire habiter) entre le Vieux-Port (pas celui de Marseille, l’autre, le vrai, celui de La Rochelle) et le port de plaisance des Minimes, à deux pas et demi de la gare (la plus belle de l’ouest, cela dit en passant). Autrefois, le quartier du Gabut, à La Rochelle, donc, était tout proche du port de pêche, qui a migré vers le site moderne de Chef-de-Baie. Sont restées des friches, d’où sont sortis l’espace Encan et l’aquarium, ainsi qu’un quartier longtemps délaissé et triste, peut-être même un chouia mal famé, comme souvent dans les ports : le Gabut.

J’ai connu ce quartier au tout début de sa rénovation, dans les années 1980. Tout était en vrac, mais le lieu était approprié pour ajouter quelques concerts aux Francofolies alors débutantes.
Aujourd’hui, ce quartier du Gabut, avec ses constructions en bois et ses bars, est devenu tendance. Et, pour parfaire ce quartier, il a bien fallu nommer toutes ses rues et places ; on y trouve ainsi un passage de la goëlette et une place de la Petite Sirène, ainsi que … :

Bernard

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C’était une très belle fin de journée sur l’estran sableux de l’île d’Oléron. Il avait fait fort chaud et la baignade, même sans vague, était salutaire. Et puisque, justement, vagues il n’y avait pas, il était facile d’observer les coquillages et les animaux qui les habitent. En cette fin de juillet, il y avait ainsi beaucoup de bernard-l’hermite, ces crustacés inachevés car sans carapace protectrice, bestioles à corps mou et fragile condamnées à squatter des coquillages abandonnés et à en changer au fur et à mesure que l’animal grandit.

Un bernard-l’hermite sur une plage de l’île d’Oléron en juillet 2020

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 9 août

La chansonnette, La mer et ses poissons, Si la Nouvelle Aquitaine m'était contée

De toutes les chansons de Nougaro, Ile de Ré est peut-être celle que je préfère, bien qu’il soit difficile d’établir un classement au sein d’une œuvre aussi gigantesque que la sienne.


« Le phare sirène / Du cap des Baleines / Tournant la rengaine / D’amour d’au delà ».

Claude Nougaro
Ile de Ré

Un petit bout de l’île de Ré vue depuis la navette maritime entre l’île d’Oléron et La Rochelle, fin juillet 2020

La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 30 juillet

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C’est l’histoire d’un type qui aurait pu vivre « au Pôle Nord, du côté d’Aix ou d’Avignon », ou, à l’inverse, « au Pôle Sud, habiter Bandol ou Toulon », mais le hasard a voulu qu’il soit de La Ciotat, et c’est de cette ville méditerranéenne que nous parle Moussu T, avec un enthousiasme communicatif : « Ma pitchounette, moi et mon bleu de chine / Près du vieux port, on est comme des rois ».

Moussu T e lei Jovents
À La Ciotat

La chansonnette passe l’été en France – Mercredi 29 juillet

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Direction la Côte d’Azur, avec ce vieux tube yéyé finalement pas si nunuche, dans lequel Jenny Rock prononce « St-Tropez » d’une manière délicieuse, un genre de « Saint-Tropet' » inimitable. La chanteuse québécoise a ainsi repris le tube Douliou douliou St-Tropez en 1965. Ce titre a été créé l’année précédente par Geneviève Grad pour Le Gendarme de St-Tropez, dont les paroles signalent déjà que le brave village de pêcheurs est devenu un abominable piège à touristes et surtout à fêtards : « Le monde entier s’entasse à Saint-Tropez / Pour se rôtir la peau à Saint-Tropez / Pour barboter dans l‘eau toute la journée / Et dans l’whisky la nuit à Saint-Tropez ».

Jenny Rock
Douliou Douliou St-Tropez

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 26 juillet

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Comme promis hier, nous voici ce soir sur la Méditerranée, avec le maître Henri Salvador aux commandes : « Dehors, la nuit nous jette un sort / On voit l’étoile du Nord« .

Henri Salvador
Jazz Méditerranée

La chansonnette passe l’été en France – Vendredi 24 juillet

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Retour en Gironde, avec le duo local Fréro Delavega. Une chanson nostalgique : « Enfants des parcs, gamins des plages / Le vent menace les châteaux de sable façonnés de mes doigts / Le temps n’épargne personne hélas / Les années passent, l’écho s’évade sur la Dune du Pilat ».

Fréro Delavega
Le chant des sirènes

La dune du Pilat vue du Cap Ferret – Août 2016

La chansonnette passe l’été en France – Mercredi 22 juillet

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Après la Bretagne hier, aujourd’hui place à la Vendée avec un titre tout récent (mars 2020), consacrée à la ville des Sables d’Olonne. Rien d’ébouriffant sur le plan artistique, mais la balade est mignonne.

Alexandrie
Les Sables d’Olonne

Les Sables d’Olonne – Décembre 2012

La chansonnette passe l’été en France – Vendredi 17 juillet

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Camargue = flamants roses. C’est d’abord pour ces oiseaux-là, qui ne vivent pas près de chez moi, que j’aime la Camargue. Une forme d’exotisme. Mais dans sa chanson, Christophe évoque les chevaux, pas les flamants, « Seul, je vais au milieu des troupeaux / A cheval, coiffé d’un grand chapeau ».

Christophe
La Camargue

Près des Saintes-Maries-de-la-Mer en août 2011

La chansonnette passe l’été en France – Jeudi 9 juillet

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En temps normal, le festival des Francofolies commence en ce moment-même, sur le coup du 9 ou 10 juillet. Cette année est bien différente, mais ce n’est pas une raison pour ne pas penser à La Rochelle. « Ses arceaux, ses arcades / Ses jardins en balade / Et ses rues / Qui promènent en détours / Et ramènent toujours / Vers la mer, la mer ».

Anne Sylvestre
Pourquoi pas La Rochelle

La chansonnette passe l’été en France – Dimanche 5 juillet

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Il n’y a pas que les vacances dans la vie, il y a aussi les week-ends, et même simplement une journée de break dans la semaine peut faire l’affaire. Du côté de Marseille, on peut se raprocher des calanques, voire passer la journée aux Goudes. Je me souviens bien de cet endroit, pour l’avoir croisé il y a huit ans. « C’est un plaisir que personne ne boude / Le rêve marseillais, un soir d’été au cabanon. » Un plaisir d’autant plus important que Marseille vient, enfin, de basculer du bon côté de la force grâce à l’élection, hier, de Michèle Rubirola comme maire de la ville. Il y a des jours, comme ça, où l’on prend confiance dans l’humanité.

Massilia Sound System
Dimanche aux Goudes

Les Goudes (Marseille) – Juillet 2012

La chansonnette passe l’été en France – Mercredi 1er juillet

La chansonnette, La mer et ses poissons

C’est devenu un rituel estival : chaque année sur le coup de juillet, ce blog passe en mode vacances. Arrêt temporaire des publications photographiques rituelles du mercredi et du lundi, au profit d’une série quotidienne qui devrait tenir jusqu’à fin août. 62 épisodes, donc.
Le coronavirus a rebattu les cartes du tourisme, et le gouvernement nous a fortement encouragé à passer les vacances pas trop loin de la maison. C’est pour cela que la série estivale passe elle aussi l’été en France, et en chanson. Celle qui ouvre le bal est déjà ancienne (1975), c’est un grand classique, à la fois de la chanson française et des destinations estivales de bon nombre de nos contemporains, les vacances reposantes et pas bling-bling d’une famille modeste, « Nous il fallait faire attention / Quand on avait payé le prix d’une location » :

Michel Jonasz
Les vacances au bord de la mer

Palavas-les-Flots – Août 2015

Certes : des oiseaux

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La balade dans le domaine de Certes ne vaut pas que pour ses paysages : il y a aussi énormément d’oiseaux, qui vont et viennent dans le domaine en fonction des marées et des saisons. Samedi dernier, nous avons ainsi pu voir et entendre beaucoup de hérons cendrés. Les arbres transformés en héronnières bruissent du caquètement quasi incessant des jeunes qui réclament pitance.

Une héronnière
Les naturalistes ont dénombré une cinquantaine de nids de hérons cendrés cette année dans le domaine de Certes

Les adultes, eux, déambulent dans le marais pour nourrir la tribu.

Un héron cendré cherchant une proie

L’aigrette garzette est aussi très présente, et, comme son collègue et vague cousin héron, elle cherche la nourriture pour sa nichée.

Une aigrette garzette capturant sa proie

Très nombreuses et très sonores aussi : les mouettes.

Des mouettes profitant de la marée haute côté Bassin d’Arcachon

Plus discret est le tadorne de Belon, ici avec un juvénile.

Un tadorne de Belon et son petit

Dans le genre discret aussi, tout en finesse et délicatesse (sauf pour les proies qu’elle attrape), voici l’échasse blanche, que j’ai plus l’habitude de voir sur l’île d’Oléron qu’en Gironde.

Une échasse blanche en mode chasse

Et enfin, la cigogne, que nous voyions voler depuis un moment et qui enfin s’est posée.

Une cigogne, probablement femelle car le bec semble assez court