La Sorgue [1/4]

L’image d’une Provence sèche, où chaque homme n’a de cesse de chercher une source et de ne rien en dire, façon Manon des Sources, est parfois battue en brèche. Il y a ainsi, entre Fontaine-de-Vaucluse et les abords de l’Ouvèze, une rivière un peu branque, limite hystérique au printemps, qui coule abondamment et un peu en tous sens, à la température quasi constante de 13 ou 14°C (degrés qui, dans cette région proche de Chateauneuf-du-Pape, désignent plus souvent une teneur alcoolique qu’une température). Cette foldingue qui jaillit de la montagne s’appelle La Sorgue, et elle fait le bonheur de la commune charmante de Fontaine-de-Vaucluse, qui peut ainsi, surfant sur la vague du tourisme de masse, amasser des pépettes en vendant à prix d’or des provençaleries made in China (ou pas). Que viennent voir nos touristes ? la résurgence de ladite Sorgue, résurgence mais pas “source”, bien trop difficile d’accès même pour des spéléologues aguerris ! Une rue piétonne monte ainsi doucement vers une extraordinaire falaise, bordée à droite par une Sorgue tantôt couleur menthe à l’eau tantôt couleur piscine, à gauche par l’alignement des étals des marchands du temple, façon grimpette au Mont-Saint-Michel (sauf que sur les bords de la Sorgue, on ne peut quand même pas acheter une tour eiffel en porte-clé, alors qu’au Mont-Saint-Michel, si !). Au bout de la piste, une mare : cette mare c’est la Sorgue, sage comme une image. En apparence. Selon les saisons, elle est plus ou moins haute. A gauche, la Sorgue en été, à droite la même au printemps :

Il s’agit de la plus importante résurgence de France et je crois même d’Europe, ce qui ne participe pas qu’un peu à la publicité du lieu. Le mystère de la source n’y est pas pour rien non plus : elle est tellement loin, tellement profonde, qu’elle reste inconnue à ce jour. A la fin du XIXe siècle, des plongeurs en scaphandre ont tenté une exploration de la chose, mais les moyens techniques n’ont pas permis d’aller une profondeur excédant une vingtaine de mètres. Jacques-Yves Cousteau lui-même a tenté l’aventure à deux reprises, pour atteindre au final une profondeur de 74 mètres. Mais l’eau venait encore de plus loin. A la fin des années 1980, c’est un robot qui a pris le relai : il a remonté le siphon sur plus de 300 mètres. D’après ce qu’en j’en ai compris, l’eau viendrait de plus loin encore.
Pour finir cette note, première d’une série consacrée à La Sorgue, voyons comment toute cette eau s’agite lorsqu’elle atteint presque son débit maximum. J’ai volontairement supprimé le son, trop assourdissant :

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