Echos locaux (vendredi 14 octobre 2016)

  • Habituellement, les méduses sont plutôt des animaux marins. Un journal de Fougères (La Chronique Républicaine) rapporte que quelques unes d’entre elles, a priori presque totalement transparentes et de très petite taille, ont été trouvées dans un étang d’Ille-et-Vilaine.
  • Le parc nucléaire civil français est vieillissant et suscite, à juste titre, des inquiétudes. Ce n’est pas en lisant cet article de La Nouvelle République du Centre-Ouest, concernant la centrale de Civaux, que l’on risque d’être rassuré : il y est fait état d’un exercice incendie organisé fin août qui a laissé pour le moins perplexes les cinq inspecteurs chargés de l’observer. On apprend que le personnel chargé de lutter contre le faux incendie (mais si c’était un vrai ?) n’était pas équipé de vêtements de protection adéquats. De plus, seule une des deux équipes d’intervention est arrivée à temps, et encore apparemment pas au complet. À lire en entier (pour une fois qu’un article intéressant de la PQR est en accès libre), c’est édifiant.
  • C’est la fête à Toulouse : Airbus livre aujourd’hui son 10 000e avion, un A350 destiné à Singapore Airlines (La Dépêche du Midi ; article payant).

Echos locaux (mardi 3 mai 2016)

  • Qu’est-ce qui tient solidement grâce à 23 000 rivets, dont certains de « la taille d’un avant-bras », et qui emmagasine 500 km de câbles ? un indice : ça vole, et les ailes mesurent chacune 45 mètres de long. C’est l’Airbus A380, bien sûr : La Dépêche offre une piqûre de rappel concernant son montage.
  • Nord Eclair franchit la frontière et nous fait rencontrer les élèves d’un établissement scolaire belge. Ces derniers, un petit peu aidés par leurs professeurs, ont décidé de faire manger des légumes à leurs semblables. Et pour cela, ils ont mis au point des bonbons aux légumes frais. Cette invention a été récompensée par un prix de 750 €. Pour faire passer la pilule, il y a quand même un peu de fruit dans les bonbons aux légumes, les parfums proposés étant poire/concombre, tomate/orange, avocat/datte, … Preuve que ça plait : « On a fait tester à l’aveugle aux enfants et ils ont apprécié. On était déjà satisfaits qu’ils ne recrachent pas« .
  • Avez-vous entendu parler du cloclogate ? je découvre la chose en parcourant le site de L’Alsace : les éditions Bordas ont pondu un manuel scolaire destiné aux collégiens dans lequel l’électrocution est expliquée à travers un exemple certes parlant, mais de mauvais goût, puisqu’il s’agit de celle qui couta la vie au chanteur Claude François en 1978. Et comme j’ai, moi aussi, mauvais goût, je ne résiste pas à pointer du doigt l’exercice qui a déchainé les passions et obligé l’éditeur à faire machine arrière : cliquez ici.

 

L’or bleu du pays de cocagne

pastel P1350896C’est une plante assez banale au demeurant, aux fleurs jaunes qui prolifèrent, façon mauvaises herbes au premier coup d’œil. Des feuilles de cette plante fut longtemps extraite une teinte bleue exceptionnelle : le pastel.
Le pastel, qui est aussi le nom de cette plante, fit la fortune d’une région située entre Toulouse, Albi et Carcassonne, du milieu du XVe au milieu du XVIe siècle, puis il a été supplanté par l’indigo importé d’Inde. Le pastel a connu une nouvelle mais très brève phase de succès au tout début du XIXe siècle, lorsqu’il a été utilisé pour teindre les uniformes de l’armée de Napoléon Ier.
Pour transformer les feuilles en teinture, il fallait les cueillir à la main pendant l’été, et les broyer dans une meule, afin de former des petites boules appelées « coques » ou « cocagnes ». D’où le nom « pays de cocagne » pour désigner cette partie du sud-ouest, qui, par extension, a pris le sens que l’on sait. La cocagne était ensuite travaillée pendant quatre mois afin de pouvoir être utilisée par les teinturiers.
Actuellement, quelques timides tentatives visent à réintroduire la culture du pastel, notamment dans le Gers et dans la Somme.

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Photos réalisées dans le Jardin Public de Bordeaux en avril 2013

Etienne me fait penser à Bernar

Vendredi dernier à Lyon, sur la colline de Fourvières, je tombe sur cinq œuvres métalliques qui me rappellent quelque chose, des formes déjà vues ailleurs. Bon sang mais c’est bien sûr, on dirait du Bernar VENET, dont j’ai vu pour la première fois des œuvres à Bordeaux à l’été 2007 (photo de gauche), puis dans la cour du musée des Abattoirs à Toulouse en février 2010 (photo de droite) :

Je m’approche des œuvres lyonnaises ; ça ressemble, mais c’est pas du Venet, il y a des courbes mais pas que, il y a aussi des lames verticales, quelque chose aussi qui rappelle « les millefeuilles pâtissiers » (Marie-Anne Lorgé) ou les vieux radiateurs en fonte :

Il s’agit de sculptures d’Etienne VIARD, dont un des points communs avec VENET est d’être né en Provence, mais quelques années après lui, alors que ce dernier commençait déjà sa carrière d’artiste. J’ignore si l’un a influencé l’autre, mais il est clair que les deux œuvres se répondent.

Il n’y a pas que la grève

La lutte continue et s’amplifie. D’une revendication sociale sur une question sensible, elle est devenue combat politique : on le voit à l’évolution des slogans dans les manifs, et surtout à l’arrivée en force des jeunes, en particulier des lycéens, bien loin d’avoir à penser à leurs propres retraites.

Ce qui les pousse dans la rue, ce n’est pas l’envie farouche de sécher les cours (cette motivation ne dure qu’un temps, ils savent bien qu’il faut tout rattraper après, et que ce n’est pas simple), ni les supposées injonctions du PS (un lycéen disait récemment que ses potes et lui-même n’attendaient pas de voir Ségolène Royal au 20 heures pour se faire une opinion, pour la bonne raison que le 20 heures en question n’est pas regardé par les jeunes, qui ont d’autres sources d’information moins à la botte du gouvernement).
Ils sont dehors et ils braillent parce-que l’injustice monte en puissance, et qu’à 16 ans on est très sensible à cela. Ils sont la première génération à avoir réellement conscience qu’ils vivront moins bien que celle de leurs parents. Ils se sentent sacrifiés sur l’autel du profit, vilains petits canards d’une société vieillissante (malgré la fécondité surprenante des Françaises). Ils savent que le monde du travail les exclut, tout comme il exclut les séniors (l’équation simpliste « vieux au boulot = jeunes au chômage » est d’une connerie redoutable). Ce que veut Sarkozy et sa clique, ce n’est pas mettre les sexagénaires au boulot, c’est rogner le prix des pensions, point barre. Que les jeunes soient dans la galère, ils s’en tapent : leurs mômes sont nés avec une cuiller en argent dans la bouche. Que les vieux soient dans la misère, ils s’en balancent : ils ont du pognon planqués dans tous les coins, ils ont eux-mêmes eu la petite cuiller en argent en guise de tétine, leur avenir est assuré.

Et c’est tout cela qui ressort actuellement des divers mouvements qui se créent un peu partout, et qui montrent qu’il n’y a pas que la grève. Je me balade ce matin dans la presse quotidienne régionale, et je lis des initiatives intéressantes, qui n’émanent pas des centrales syndicales :

  • Toulouse : pour la deuxième fois cette semaine, des manifestants de différentes professions ont bloqué les dépôts de bus ; une manif doit démarrer ce matin à 10 heures (La Dépêche) ;
  • Limoges : la fac est bloquée par les étudiants depuis hier  (La Montagne) ;
  • Clermont-Ferrand : manif des lycéens et des étudiants ce matin (La Montagne) ;
  • Grenoble : hier, des manifestants ont bloqué l’arrivée des véhicules entrant en ville par l’A48 (Le Dauphiné Libéré) ;
  • Avignon : deux lycées théoriquement bloqué ce matin, manif des lycéens prévue à 11 heures (Vaucluse Matin via Le Dauphiné Libéré);
  • Montpellier : multiples actions hier. L’accès à certains services de la mairie a ainsi été bloqué pendant une heure (Midi Libre) ;
  • Sète : grève des éboueurs depuis hier (Midi Libre) ;
  • Nantes : 600 jeunes ont « fait le mort » hier (photo dans Ouest France) ;
  • Dordogne, autoroute A89 : des manifestants rendent le péage gratuit à Mussidan (Sud Ouest) ;

    … etc : je n’ai pas toutes les infos, bien sûr. Certains titres se cantonnent encore aux résultats sportifs du week-end ou aux spectaculaires accidents de la route de l’avant-veille ! Une dernière info cependant : les lycéens bordelais démarrent leur manif à 10 h 30 sur la place de la Victoire, et quelques lycées de la ville étaient bloqués hier.

—> Illustrations : photos prises à Bordeaux lors de la manifestation du 19 octobre.