La Charente-Maritime, département préféré des cigognes ?

P1090885.jpgLa cigogne blanche est l’oiseau emblématique de l’Alsace ; d’ailleurs, la voir dans d’autres régions françaises sembla pendant très longtemps impossible. Et pour tout dire, pendant longtemps, elle n’était même que le produit de l’imagination, ayant quasiment disparu du sol français : en 1974, il ne reste plus que neuf couples de cigognes en Alsace, un en Ille-et-Vilaine et un dans la Manche.
C’est alors que des ornithologues se lancent dans le sauvetage de la cigogne blanche. En Alsace, comme dans plusieurs régions d’Europe, des cigognes originaires du Maghreb sont installées dans des enclos et vivent en captivité jusqu’à ce qu’elle s’habituent à leur nouvel environnement, ce qui prend deux à trois ans. Les résultats s’avèrent plutôt positifs.

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Néanmoins, le département de Charente-Maritime opte pour une solution moins « carcérale » : à partir de 1978, des plateformes destinées à recevoir les nids sont installées sur des poteaux dans les zones humides du département, notamment du côté de Rochefort. Ces plateformes ont pour but de décourager les cigognes de s’installer dans les arbres, les nids de 400 kg jetant à terre les arbres les moins costauds, surtout en cas de tempête. Les cigognes retournent néanmoins spontanément dans les arbres, il est vrai que seuls les plus résistants ont tenu le choc face aux rafales des tempêtes de 1999 et 2009 : ils peuvent donc supporter les nids. Les cigognes ne dédaignent pas non plus les pylônes électriques. Bilan pour l’année 2011 (je n’ai pas trouvé plus récent) : 185 nids dans les arbres, 98 sur les plateformes et 32 sur des pylônes électriques.

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Source : LPO
Photos : marais de Brouage, mi-février 2017

Du zoo au marais

p1090829Dans les années 1970, le zoo de Branféré, dans le Morbihan, abrite des ibis sacrés. Ce sont de magnifiques oiseaux blancs et noirs de la famille des cigognes, et qui d’ailleurs ont à peu près le même régime alimentaire que ces dernières. Originaires d’Afrique, ces magnifiques oiseaux étaient vénérés dans l’Egypte antique, Egypte dont ils ont depuis totalement disparu.
Dans leur zoo breton, les ibis vivent en liberté. Et donc quittent aisément le parc. Dans les années 1980 et 1990, on en retrouve des spécimens en Loire-Atlantique, Vendée et Charente-Maritime. Dans ce département, ils ont été observés pour la première fois en 1983, notamment sur l’île de Ré et dans les marais proches de Brouage, où ils sont désormais relativement nombreux.
Des inquiets pour la préservation de la faune autochtone se sont émus de la présence de l’oiseau, comme ils s’étaient émus de celle du ragondin. A ce titre, des campagnes d’élimination de l’ibis ont été lancées : plus de 1500 d’entre eux ont notamment été tués en Loire-Atlantique en 2013, au mépris de la convention de Berne signée en 1979, et qui a pourtant inscrit l’ibis sacré sur sa liste des animaux à protéger au niveau mondial.

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Photos : marais de Brouage (Charente-Maritime), hiver 2017
Source : LPO et Ouest-France

Collection # 83

La Corderie Royale de Rochefort (clic ! clic !)
Rochefort-sur-Mer (Charente-Maritime), fin décembre 2010