Echos locaux (lundi 11 avril 2016)

  • Nouvelle grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes : ça grogne grave entre Alain Rousset, président du conseil régional, et Ségolène Royal, ancienne patronne de Poitou-Charentes, qui a laissé une ardoise conséquente : des factures non payées, des emprunts pas très clairs. Monsieur Rousset, en colère, coupe dans le vif des budgets picto-charentais, sachant bien que ce sont les Aquitains qui s’acquitteront des factures. Ça ronchonne sur tous les fronts. De là à prétendre, comme le fait Centre Presse, que « les Picto-Charentais [sont] au régime grec »
  • Petit rappel : la France métropolitaine aussi a ses zones sismiques. Les Alpes ont tremblé à quatre reprises ce week-end. Des secousses fort modestes (3,2 grand max), donc sans danger, se sont produites à la frontière franco-suisse (Le Dauphiné Libéré).
  • Terminons par le carnet rose : il y aurait eu des naissances chez les ours des Pyrénées, portant l’effectif total à une trentaine de bêtes (La Dépêche du Midi).

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Illustration : une fontaine de Tarbes (Hautes-Pyrénées), automne 2015

Se mettre en mode « vacances »

La fin de trimestre fut rude au lycée. Comme d’hab’. L’hiver a oublié d’arriver. Pas comme d’hab’. Se mettre en mode « vacances » pourrait sembler aller de soi, mais seul le changement d’air, même bref, confirme cet état de fait : ce sont les vacances.
Le changement d’air fut donc, comme annoncé, bref… et aussi très printanier (18°C en plein après-midi). C’était hier, du côté de Tarbes. Sur la route, on voyait la plus belle montagne du monde, le Pic du Midi droit devant.
Aujourd’hui, à Bordeaux, il fait gris. Il est temps de songer à penser à Noël. Très bonnes fêtes à tous.

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Carte postale [12]

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Oloron-Sainte-Marie, avril 1999

Un inconnu en voie de disparition

Galemys_pyrenaicus_01_by-dpcEn parcourant négligemment le site de Sud-Ouest, j’apprends pêle-même qu’il existe un drôle d’animal dans les montagnes près de chez moi, qu’il ressemble un peu à un rat de taille moyenne (25 cm environ, dont 50% de queue) mais aussi à un fourmilier en raison de la présence d’une trompe, qu’il est très difficile de le voir car il s’agite la nuit dans des cours d’eau d’altitude, et, enfin, qu’il s’agit d’une espèce menacée. La probabilité pour que je croise un spécimen du desman des Pyrénées, car tel est son nom, tend donc vers zéro. Et pourtant, l’animal est étudié, il a même un site web dédié et une page rien que pour lui sur le site du département de l’Ariège.
Le desman est tellement rare et discret qu’il n’a été découvert qu’au début du XIXe siècle. Il est présent dans les Pyrénées (surtout dans la partie Est du massif) et dans les Monts Cantabriques. Il passe l’essentiel de sa vie dans l’eau, dans ces torrents d’altitude que j’évoquais précédemment (jusqu’à 2500 m d’altitude), et n’en sort que pour dormir (une sieste moyenne dure environ trois heures), procéder à sa toilette et, parfois, manger. Mais, en ce qui concerne cette dernière activité, elle a le plus souvent lieu dans le ruisseau, là ou le desman pêche en très grandes quantités les petits crustacés et les larves qui font son quotidien.
Cet animal est désormais considéré comme espèce menacée : son aire de répartition a très fortement diminué ces dernières années. Il se pourrait que celui que l’on nomme aussi rat-trompette soit victime des installations hydro-électriques, qui réduisent et modifient ses espaces habituels. Un programme de protection de cet animal, financé pour moitié par la Commission européenne, vient d’être mis en place. Il a pour but de protéger les populations existantes et leurs habitats.

Photo : Wikipedia

Chercher les Pyrénées

Avant-hier, balade à Pau. Vue directe sur la chaîne des Pyrénées, sous réserve que celle-ci ne soit pas noyée dans un ciel crasseux. Or, Météo-France annonçait des chutes de neige à partir de 1200 m, et, soyons honnêtes, je ne voyais les Pyrénées au loin, derrière les collines colorées d’automne, que parce-que je savais qu’elles étaient là :

Je force le zoom. C’est le début de l’après-midi, le temps hésite entre le bleu propagande (qui arrive) et le gris du midi. Ces ombres, là-bas, sont bien celles de la plus belle montagne du monde, je me demande même si je ne distingue pas le massif de l’Ossau :

Deux heures plus tard, le temps est clair sur la ville. Mais il y a encore ce côté « ombre chinoise », tout à fait banal en après-midi quand on regarde vers le sud. Les nuages sont bien présents sur la chaîne, mais on distingue vaguement les reliefs et même la neige :

Que devient la maîtresse quand les élèves désertent l’école ?

L’affaire peut sembler peu banale mais, avec les restrictions budgétaires en cours qui entraînent des fermetures de classes, parions que la chose puisse fort bien se reproduire. Si hier, la presse titrait largement sur la rentrée scolaire (et même encore aujourd’hui pour Ouest-France), cette même presse peut nous apprendre que si nos chers petits ont fait leur rentrée, ils ne l’ont pas forcément faite au bon endroit.
L’histoire se passe dans des villages pyrénéens, dans le paysage idyllique proche de la réserve naturelle de la vallée d’Ossau. Une vingtaine d’élèves, rassemblés en classe unique autour d’une maîtresse nouvellement nommée dans le secteur, auraient du faire leur rentrée dans le village d’Izeste (repère bleu sur la carte). Mais voilà, la marmaille a filé vers une autre école, celle d’Arudy (repère rose). Boycott de la nouvelle maîtresse ? que nenni, et c’est heureux. Il s’agit juste d’un énième bug dans la réorganisation de l’école en France, qui aboutit à des situations aberrantes pour tout le monde. Cette fermeture d’école, à l’arrache, devrait être officialisée après-demain.
Comment a-t-on pu en arriver là ? tout d’abord par la fermeture d’une des deux classes de l’école en juin dernier. Le comptage des classes n’est pas fait en fonction des besoins réels des enfants et encore moins des considérations pédagogiques ; au Ministère, la pédagogie doit être un gros mot ! C’est plus simple : on regarde combien il y a de marmots sur un secteur donné (ici un regroupement de villages), on met le nombre maximum légal de marmots dans des classes, et on dispatche le tout. Au final : une classe devait fermer sur le secteur, c’est Izeste qui a perdu, au dernier moment, sa classe unique. Les parents ont été invités à envoyer leurs petits à Arudy, où la nouvelle maîtresse d’Izeste joue les bouche-trous, cette école étant désormais surchargée. Ce n’est satisfaisant pour personne.

—> Source : Thomas LONGUÉ, « L’institutrice fait sa rentrée dans une école fantôme », Sud-Ouest, 6 septembre 2011