What’s new ? [vendredi 18 décembre 2009, 18 h 00]

What’s new ? [jeudi 15 octobre 2009, 10 h 45]

  • Ils sont 780 000 chaque année à s’y soumettre, généralement sans renâcler, surtout si ce jour-là il y a interro d’anglais : la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD), qui touche toute une classe d’âge (et donc des jeunes scolarisés en grande partie en 1ère et en terminale), est d’une densité assez impressionnante, puisque en quelques heures nos jeunes loulous sont testés sur leurs compétences en lecture, sont invités à tout comprendre de l’organisation de la défense en France, sont sensibilisés au devoir de mémoire, et la coupe ne semble pas encore assez pleine puisque des programmes liant défense et sécurité et défense et santé sont apparemment dans les cartons : chantier de jeunesse (Défense en ligne, blog hébergé par Le Monde Diplomatique).

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—> Illustration : un régiment de grenadiers à l’époque napoléonienne.

What’s new ? [lundi 28 septembre 2009, 20 h 30]

  • Redim-0L’Allemagne va se thatchériser vitesse grand V, la chancelière Angela Merkel ayant obtenu non seulement la majorité mais le soutien des libéraux qui, déjà, annoncent vouloir faciliter les licenciements et supprimer l’agence pour l’emploi, tandis que Mme Merkel envisage le plus sérieusement du monde de laisser tomber la dénucléarisation du pays (infos d’Arte aujourd’hui). Derrière la victoire, la poussée des libéraux (Rue89) est bien ce qui m’inquiète (mais le bon score de Die Linke et des Verts me réjouit, c’est toujours ça de pris).
  • Odieux, tout simplement odieux ! On connaissait déjà les sièges individuels tape-cul bien séparés les uns des autres, qui ont remplacé les bancs dans les couloirs du métro pour que les SDF ne fassent jamais dodo. J’avais vu des bittes métalliques ou bétonnés devant des vitrine de magasin, pour être sûr qu’à aucun moment un SDF puisse se sentir bien, assis simplement. Il ne reste que les dessous des ponts, leurs courants d’air et leur persistante odeur de pisse ? Même plus, fini le dessous des ponts : contre les SDF, l’agglomération d’Orléans creuse des tranchées (Libé Orléans). Le premier qui me parle de solidarité en France, je le tarte !
  • Une fois n’est pas coutume, je termine cette note par une rubrique people, parce-que parfois ça fait du bien de se détendre l’esprit avec des conneries. Vous allez voir comme c’est romantique : le duc et la duchesse de France se sont mariés au Pays Basque, à deux pas de la tombe de Luis Mariano (Sud Ouest). Roucoulez je le veux !

—> Illustration :

  • la chancellerie à Berlin (photo prise en décembre 2008)

Procès en sorcellerie

0En 1609, sous le règne d’Henri IV dont je dis parfois qu’il est le roi préféré des Français depuis que la France est une république, sous son règne, donc, à deux pas de son pays natal, des procès en sorcellerie gigantesques ont eu lieu au Pays Basque. Cette région a d’ailleurs à ce sujet organisé un certain nombre de conférences cette année, pour le 400e anniversaire de l’événement, et c’est aujourd’hui Sud Ouest qui y consacre un article (Il y a 400 ans, le procès sanglant de la sorcellerie). C’est ce dernier qui m’a inspirée aujourd’hui, malgré quelques raccourcis gênants (parler de « temps obscurs » pour qualifier le moyen-âge est un cliché largement battu en brèche par l’historiographie contemporaine ; l’opposition de ces « temps obscurs » à une fin de Renaissance qui serait plus éclairée relève de la même méconnaissance de la période, souvenons-nous des massacres des guerres de religion pour en faire la preuve. Parenthèse fermée).
En cette année 1609, il y eut donc un long procès contre sorcières et sorciers, qui dura près de quatre mois. Plus de 500 témoins furent entendus. Ce procès est à replacer dans une tradition de « chasse aux sorcières » plus ancienne dans cette région. La population se plaint de choses diverses et variées, plus ou moins faciles à prouver : on accuse les sorciers et sorcières de jeter des sorts au bétail ou de freiner la fécondité masculine, mais pas seulement : on raconte que des femmes dansent avec des crapauds, que le Diable en personne sodomise des enfants, etc . Le roi Henri IV décide donc d’ « éradiquer la sorcellerie en Labourd » (le Labourd est une des provinces basques).
Les audiences sont d’une grande violence : les hommes et les femmes accusés de sorcellerie ne sont pas seulement interrogés mais torturés. On recherche sur leur corps la marque du Diable : les accusés sont nus lors des « interrogatoires ». La condamnation à mort est systématique et l’exécution suffisamment spectaculaire pour donner une valeur expiatoire à la chose (on allume les bûchers, on sort les cordes pour la pendaison).
Les procès se poursuivent pendant les trois ans qui suivent, mais à Bordeaux, dont dépend le Pays Basque sur le plan judiciaire : des femmes y sont ainsi jugées pour sorcellerie, des femmes qui ne parlent que le basque et que l’on interroge en français. La condamnation est inévitable.

—> Illustration :

  • Détail d’un tableau de José Gonzalez de la Peña (peintre espagnol de la fin du XIXe s et du début du XXe s), qui représente une rencontre de sorcières folkloriques (notez les chapeaux pointus, les nez crochus et les mentons en galoche) dans une rue de Ciboure.