En déambulant sur la toile [1]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai eu la confirmation que j’avais vraiment raison de ne pas vouloir mettre les pieds au Puy-du-Fou, et encore moins d’y laisser des sous. L’article, rédigé par Guillaume Mazeau (maître de conférence à la Sorbonne), est suffisamment clair et argumenté : à lire dans The Conversation.
En déambulant sur la toile, j’ai aussi lu un article fort intéressant sur la hausse de l’océan sur les 270 km du littoral aquitain. Il n’y a pas que Soulac, avec son immeuble prémonitoirement nommé « Le Signal », qui soit concerné : toute la côte morfle et ça va vite. C’est à lire sur Reporterre.
Plus léger pour finir : un très bon documentaire d’Arte sur Pigalle, à voir jusqu’au 25 mai 2019.

Un emblème de Pigalle : le Moulin Rouge. Photo réalisée en décembre 2017

Carte postale [12]

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Oloron-Sainte-Marie, avril 1999

Carte postale [3]

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Pau, novembre 2012

Dois-je en conclure …

… que La République des Pyrénées est favorable à l’abaissement des limitations de vitesse ? La mise en page du site web, consulté il y a moins d’une minute, semble manquer légèrement de tact :

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Le tandem

Voici deux libellules normales, contemporaines, du XXIe siècle. J’insiste sur la date car, il y a 300 millions d’années, ces petites bêtes mesuraient quand même 70 cm d’envergure ! Les feuilles et les brindilles devaient être sacrément solides ! Je pense à cette dimension folle car une libellule est entrée dans mon bureau hier. Tu imagines, la même en 10 à 15 fois plus large ? Mais je m’égare.
Voici donc, disais-je, deux libellules. Madame est à gauche, sur la brindille la plus haute. Monsieur est à droite, il porte un smoking bleu et noir, tandis que sa dulcinée porte une robe en lamé. C’est d’un chic, vous ne trouvez pas ?

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Ces deux-là ne se connaissent pas. Ils n’ont ni pris un verre au bar du coin ni même fait connaissance. Mais monsieur pense que la bébête est une madame. Qu’une madame ça porte des œufs qui font des petits. Dans ce genre de situation, il n’y a que la génétique qui parle. Il arrive parfois que monsieur prenne un autre monsieur pour une madame. Ou choisisse une autre espèce de libellule que la sienne. La nature se moque de la morale des bêtes à bondieu.
Je reviens à mon couple de libellules : les hormones tiennent le devant de la scène, sans aucun sentiment. Aucune attention. Aucune délicatesse. Rien d’autre qu’une franche empoignade : monsieur saisit madame par la tête. Non pas une caresse sur la nuque ou un bisou dans le cou, non : il la chope par la tête, franchement et brutalement. C’est ce qu’on appelle la position du « tandem » :

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A fréquence régulière, le corps de madame se hisse vers celui de monsieur afin de lui pomper le sperme. L’opération dure une dizaine de minutes, puis monsieur et madame repartent chacun vers de nouvelles aventures.

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Photos : Pau, 30 août 2013

à cliquer :

De la « maison des bains » au « pavillon des arts »

A première vue, la grande terrasse située sur le boulevard des Pyrénées, à Pau, n’est là que pour faire joli et n’a été aménagée que pour permettre aux dames et aux messieurs de l’ancien temps de parader gracieusement, Pau étant devenue, au XIXe siècle, un haut-lieu de villégiature.

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Si on y regarde d’un peu plus près (donc si on prend du recul et si on se penche !), on remarque que cette esplanade est en fait le toit d’une grande maison, devenue récemment un lieu d’exposition, mis en valeur par la ville de Pau (les travaux de rénovation sont achevés depuis à peu près un an) : le Pavillon des Arts, qui a été inauguré en décembre 2012.

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L’histoire de cette bâtisse est bien sûr plus ancienne. Elle remonte au premier tiers du XIXe siècle, lorsqu’il fut décidé, à cet emplacement fort pentu, de construire un établissement de bains-douches : la Maison des Bains. Cet établissement, privé à l’origine, est racheté par la ville en 1884.
Il devient alors un lieu festif, abritant même un casino, et nommé « Pavillon du Midi ». Cet aménagement s’inscrit dans ceux, plus ambitieux, de l’ingénieur ALPHAND, qui, à Pau, a créé le Boulevard des Pyrénées. On lui doit aussi, cette fois à Paris, l’aménagement du parc Monceau et du jardin des Champs-Elysées, entre autres.

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En 1907, l’ingénieur CARLIER, ajoute au bâtiment des balcons et arcades de béton armé, matériau encore peu usité à l’époque. C’est ainsi que cette maison prend à peu de chose près l’allure que nous lui connaissons aujourd’hui.
La galerie est aujourd’hui ouverte au public, et on peut actuellement y voir une expo consacrée au patrimoine palois. Les travaux de rénovation ont aussi permis la mise en valeur de la rotonde du funiculaire, qui jouxte la maison.

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pauà cliquer :

Street art [35]

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Collection # 170

Château de Pau
Novembre 2012

Né sous le signe du buffle

Selon l’astrologie chinoise, 1553 était une année du buffle. Il se trouve que c’est aussi l’année de naissance d’un bambin qui devint le roi HENRI IV. L’astrologie chinoise, vous en conviendrez, n’a que peu d’importance pour papoter autour de la naissance dudit roi, mais cette info m’a au moins permis de trouver un titre.
Donc HENRI, pas encore IV, naquit un mercredi de décembre. Sa maman, JEANNE D’ALBRET, avait été priée de rallier fissa le château familial de Pau. Son premier enfant était décédé, conséquence banale d’une mise en nourrice précoce mais traditionnelle, il ne s’agissait pas de perdre le deuxième.
Décembre 1553, donc. L’imagerie du XIXe siècle, via le tableau d’Eugène DEVÉRIA (ci-dessous), nous montre le nouveau-né brandi par son grand-père au-dessus de l’honorable assemblée qui a assisté à l’accouchement, un peu comme un sportif brandit un trophée.

Le père de JEANNE D’ALBRET, donc grand-père d’HENRI IV, aurait incité sa fille à chanter pour lutter contre les douleurs de l’accouchement. C’est lui aussi qui prodigue au nourrisson le « baptême béarnais », à base d’ail et de vin (espérons au-moins qu’il s’agissait d’un de joli Jurançon, comme on sait si bien le faire dans la région). HENRI DE NAVARRE était prêt pour affronter la vie …

—> à cliquer : la page consacrée à la naissance d’HENRI IV sur le site web du Musée du Château de Pau

—> photo : statue d’HENRI IV à Pau (photo prise le 6 novembre 2012)

Collection # 169

Poissons rouges
Jardin du Conseil Général des Pyrénées-Atlantiques, Pau, novembre 2012

Pif à Pau

Pif n’est pas un héros tout jeune. Quand j’étais mouflette, je lisais et adorais les aventures du Pif en miniature : Pifou, dont les avis sur le vaste monde se résumaient en « glop » et « pas glop ». Pif était (et est encore, j’ai vérifié pas plus tard que la semaine dernière) un héros de L’Huma. Dans certaines rues de Pau, un Pif au pochoir brandit le poing. Un Pif furax contre le monde. Un Pif prêt à agir.

Mise à jour (12 novembre) : voilàtipa que je m’as trompé. Y’a eu gourance dans l’identification du héros, preuve que je n’ai pas bouquiné du Pif depuis depuis … oh oui, au moins. Donc, une amie attentive et attentionnée me signale qu’il s’agit d’Hercule et non de Pif. Merci. « Hercule à Pau », ça sonne moins bien que « Pif à Pau », non ?

Le Boulevard des Pyrénées

A la fin du XIXe siècle, Pau est la ville chic où il est de bon ton de venir respirer le bon air de la montagne. Il est vrai que, de la partie haute de la ville, on peut avoir une superbe vue sur le massif. Ou pas (voir à ce sujet la petite note d’hier). Il manque néanmoins, en cette fin de XIXe siècle, une promenade permettant à ces messieurs-dames, aux poumons délicats mais au porte-monnaie bien garni, de déambuler au soleil en montrant ses nouvelles toilettes achetées à Paris (parce-que la province a quand même ses limites). Cette promenade se concrétise en 1900 : c’est le fameux Boulevard des Pyrénées (localisation).

Le projet est celui de Alphonse ALPHAND, à qui HAUSMANN avait confié l’aménagement des parcs et promenades de Paris. Il s’agit de créer une longue et large esplanade sur la partie haute de la ville, et de la border d’une rambarde. Le tout est orienté plein sud.

Les immeubles bâtis le long de ce boulevard sont globalement dans l’esprit des stations de villégiature de l’époque. D’ailleurs, le boulevard des Pyrénées a été pensé sur le modèle de la Promenade des Anglais à Nice. Certains bâtiments présentent néanmoins quelques originalités architecturales, comme cette espèce de petit clocheton sur le toit :

A partir du moment où les belles dames et les beaux messieurs purent venir en train, il fallut relier la gare, située dans la vallée, à la ville haute. Pas question pour ces gens fragiles d’attaquer des marches d’escalier. De ce fait, un funiculaire entra en service en 1908, permettant de se hisser sans effort le long d’une pente à 30%.

Le funiculaire existe toujours aujourd’hui, même s’il a connu des hauts et des bas (sans jeu de mot) tout au long du XXe siècle. Il n’a ainsi pratiquement pas fonctionné dans les années 1970 pour des raisons de sécurité. Depuis 1978, son accès est gratuit. Actuellement en maintenance annuelle (photo à l’annexe), il est remplacé par des « funiculettes », qui ressemblent à s’y méprendre aux voiturettes que l’on trouve sur les golfs.

Street art [20]

Chercher les Pyrénées

Avant-hier, balade à Pau. Vue directe sur la chaîne des Pyrénées, sous réserve que celle-ci ne soit pas noyée dans un ciel crasseux. Or, Météo-France annonçait des chutes de neige à partir de 1200 m, et, soyons honnêtes, je ne voyais les Pyrénées au loin, derrière les collines colorées d’automne, que parce-que je savais qu’elles étaient là :

Je force le zoom. C’est le début de l’après-midi, le temps hésite entre le bleu propagande (qui arrive) et le gris du midi. Ces ombres, là-bas, sont bien celles de la plus belle montagne du monde, je me demande même si je ne distingue pas le massif de l’Ossau :

Deux heures plus tard, le temps est clair sur la ville. Mais il y a encore ce côté « ombre chinoise », tout à fait banal en après-midi quand on regarde vers le sud. Les nuages sont bien présents sur la chaîne, mais on distingue vaguement les reliefs et même la neige :

Street art [19]

Manège de crise

Hier j’étais à Pau, ville de plus de 80 000 habitants au ras des Pyrénées (carte postale à l’annexe). Une fête foraine occupe une partie du plus grand parking de la ville jusqu’au 18 novembre. Avec les vacances scolaires et une météo clémente, je me dis que les manèges, même s’ils sont plus modestes qu’à Bordeaux, vont tourner à plein régime. Or c’est une vision pathétique, triste, qui s’offre à moi à la tombée de la nuit.

Les stands et manèges attendent le client.

Quelques manèges classiques attirent bien quelques badauds, comme les auto-tamponneuses, mais sur la version « enfants » du même manège, une seul marmot faisait des ronds sur la piste.

Musique gueularde et ringarde, odeur de barbe-à-papa, le cocktail est pourtant là. Il y a bien trois grand dadais qui se laissent tenter par les sucreries, mais ils se contentent de regarder les « cadeaux » des jeux de hasard, et, peu de temps après je les entends négocier le prix d’un manège dit « à sensation ».

Dans un de ces fameux manèges, il y a au mieux quatre clients par tour. Et de longs temps de pause entre les tours. Certains manèges, qui avaient ouvert en fin d’après-midi, tirent le rideau très tôt, les machines à sous n’engrangent pas la moindre pépette.

La crise semble bien être passée par là aussi. Les tours de manège coûtent 5 euros pour les plus sophistiqués d’entre eux. Pour l’exploitant, cela semble raisonnable, et l’est assurément quand on pense au coût global d’une telle installation (achat, maintenance, transport). Mais pour le client lambda, les temps sont durs. Officiellement, la fête doit battre son plein tous les jours jusqu’à minuit. Hier, peu avant 20 h, seul un confiseur était encore sur le pied de guerre, les autres attractions avaient plié boutique.

—> à cliquer :

Gaz de schiste : le combat n’est pas encore gagné

Je me permets de penser que tout le monde a compris à quel point l’exploitation du gaz de schiste était dangereuse. Pas le temps de revenir sur la technique de la fracturation hydraulique, qui ne fait pas couler que de l’encre. La petite victoire récemment obtenue ne doit pas être la branchette qui masque la forêt : certes, trois permis majeurs et symboliques ont été abrogés (dont le permis de Nant, en plein Larzac), mais il en reste 61 sur le sol français métropolitain, qu’il faut aussi annuler. Ce n’est donc pas un hasard si Yves COCHET a parlé, à propos de l’abrogation des trois permis les plus médiatiques, de « coup politique », ni si Jean-Marc AYRAULT a réclamé, comme bien d’autres politiques, l’interdiction totale de la prospection. En effet, on sait très bien que si celle-ci s’avère positive, les intérêts financiers en jeux seront trop forts face à une opposition politique pour empêcher l’exploitation. Il suffira de faire miroiter quelques créations d’emplois (là aussi, poudre aux yeux) pour que l’affaire soit pliée.
Parmi les 61 permis toujours d’actualité, deux permis importants se trouvent dans la région de Valenciennes et en Picardie. Certes, la technique de la fracturation hydraulique est théoriquement interdite, mais, à ce jour, les groupes pétroliers détenteurs des permis n’ont pas proposé d’autre technique. Dans le Valenciennois, cette technique mettrait pourtant en péril 80% de l’eau potable fournie à la population.
En Aquitaine, même refrain. Le plus vaste permis de France n’a pas été abrogé, lui : c’est celui de Beaumont-sur-Lomagne (plus de 10 000 km2), qui touche la partie Est du Lot-et-Garonne. La région est aussi touchée par un projet espagnol. Le gouvernement espagnol voit dans ce gaz non-conventionnel un moyen de régler certains problèmes financiers liés à la crise : par ici les pépettes, l’argent n’a pas d’odeur ! Cette prospection doit avoir lieu de l’autre côté des Pyrénées, au Pays Basque, afin de permettre une mise en exploitation dès 2012. Il faut dire que la réserve semble prometteuse : 5 fois la consommation annuelle de l’Espagne tout entière. Mais à quel prix pour les hommes qui vivent sur place ?

—> Sources :

Que devient la maîtresse quand les élèves désertent l’école ?

L’affaire peut sembler peu banale mais, avec les restrictions budgétaires en cours qui entraînent des fermetures de classes, parions que la chose puisse fort bien se reproduire. Si hier, la presse titrait largement sur la rentrée scolaire (et même encore aujourd’hui pour Ouest-France), cette même presse peut nous apprendre que si nos chers petits ont fait leur rentrée, ils ne l’ont pas forcément faite au bon endroit.
L’histoire se passe dans des villages pyrénéens, dans le paysage idyllique proche de la réserve naturelle de la vallée d’Ossau. Une vingtaine d’élèves, rassemblés en classe unique autour d’une maîtresse nouvellement nommée dans le secteur, auraient du faire leur rentrée dans le village d’Izeste (repère bleu sur la carte). Mais voilà, la marmaille a filé vers une autre école, celle d’Arudy (repère rose). Boycott de la nouvelle maîtresse ? que nenni, et c’est heureux. Il s’agit juste d’un énième bug dans la réorganisation de l’école en France, qui aboutit à des situations aberrantes pour tout le monde. Cette fermeture d’école, à l’arrache, devrait être officialisée après-demain.
Comment a-t-on pu en arriver là ? tout d’abord par la fermeture d’une des deux classes de l’école en juin dernier. Le comptage des classes n’est pas fait en fonction des besoins réels des enfants et encore moins des considérations pédagogiques ; au Ministère, la pédagogie doit être un gros mot ! C’est plus simple : on regarde combien il y a de marmots sur un secteur donné (ici un regroupement de villages), on met le nombre maximum légal de marmots dans des classes, et on dispatche le tout. Au final : une classe devait fermer sur le secteur, c’est Izeste qui a perdu, au dernier moment, sa classe unique. Les parents ont été invités à envoyer leurs petits à Arudy, où la nouvelle maîtresse d’Izeste joue les bouche-trous, cette école étant désormais surchargée. Ce n’est satisfaisant pour personne.

—> Source : Thomas LONGUÉ, « L’institutrice fait sa rentrée dans une école fantôme », Sud-Ouest, 6 septembre 2011

Collection # 102

Saint-Jean-de-Luz

Un peu de fraîcheur dans la forêt de Sare

Ce matin, en déposant une image de la forêt de Sare à l’annexe, je me suis remis dans l’état d’esprit qui était le mien dimanche dernier : Pays Basque, 40°C à l’ombre, pas un poil de vent, heure de la digestion. Pour faire court, une grosse mollesse, un besoin de fraîcheur. Un peu par hasard, nous avons stoppé notre carrosse au bord d’un petit ruisseau caillouteux (en VO, on doit dire « torrent », non ?), en pleine forêt de Sare. Il paraît que c’est une des plus vieille forêt d’Europe, que certaines chênes sont si anciens qu’ils mesurent plus de deux mètres de diamètre. Il parait. Parce-que, anéantis pas la chaleur, nous n’avons rien exploré, nous contentant avec délice de nous asseoir sur de grosses pierres du ruisseau, les petons dans l’eau.

Airs de fêtes

Le 24 juin, un peu avant, un peu après, c’est la St-Jean. Fête païenne du solstice d’été, religieusement récupérée lors de la christianisation de la Gaule, mais il en est resté, même dans des régions aussi croyantes que le Pays Basque, la coutume du feu de la St-Jean et surtout beaucoup de chants, de danses, de musiques. Et c’est donc tout naturellement dans la ville de St-Jean-de-Luz que les fêtes battent leur plein chaque année, unissant tous les habitants, ceux-ci s’habillant de noir et de rouge.  Extrait d’un moment très basque … ou pas :

Collection # 101

Clichés basques

La douce lumière du Pays Basque

Les trois couleurs du Pays Basque sont le vert, le vert et le vert. Il parait que c’est le climat océanique qui colore ainsi les douces montagnes. Hier, c’est la grosse chaleur qui sévissait, et plutôt que de partir à l’assaut de la Rhune, nous avons préféré nous tremper le peton dans un ruisseau de la forêt de Sare. Dès le matin, la brume de chaleur adoucissait les collines, les brebis se distinguant à peine de la bonne prairie :


C’est l’heure du petit-déjeuner, et, tandis que les fêtards de St-Jean-de-Luz se reposent de leur nuit de danses, chants et boissons diverses avec de l’alcool dedans,  je regarde les champs de piments d’Espelette par la fenêtre de l’hôtel :


On est en pleine carte postale. Un paysage vert comme c’est écrit dans les guides touristiques, avec les maisons reconnaissables entre toutes comme purs produits d’Euskadi, de grosses bâtisses blanches veinées de rouge :

Voilà pourquoi j’aime le fort de Socoa

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

La machine à mesurer la mer

Restons à Socoa, sur une jetée à deux pas du fort. La machine à mesurer la mer n’est pas dans la petite maison visible sur la photo, ou du moins n’est plus, mais juste derrière, planquée, là où des mâles soulagent des besoins physiologiques urgents ; en clair, l’abri qui abrite la machine sent le pipi, donc pas de photo.
Cette machine est d’un fonctionnement simple, du moins en apparence, mais son utilité est majeure : il s’agit d’un marégraphe, c’est-à-dire d’un instrument qui mesure le niveau de la mer au même endroit à heures fixes. C’est ainsi que sont calculés les coefficients de marée.

On dirait du Vauban …

… et c’est bien un peu du Vauban, mais pas seulement. Le fort de Socoa fait partie des ces coins où j’ai du mal à ne pas retourner dès que je mets le peton au Pays Basque, ce qui fut le cas au week-end dernier. Le fort en lui-même n’a rien de bouleversant, d’autant plus qu’il se délite et tombe en ruine vitesse grand V, mais il permet d’avoir une très belle vue sur la baie de Saint-Jean-de-Luz et sur les vagues qui s’écrasent en grands splaouch de colère sur les brise-lames qui protègent la baie. Revenons au fort, on causera vagues ultérieurement (je suis à la bourre côté boulot, please, soyez patients).

Le fort originel n’est pas l’œuvre du grand architecte de Louis XIV pour la bonne raison qu’il a été construit bien avant que Vauban soit né. En fait, l’idée de sa construction a germé dans l’esprit d’Henri IV, qui voulait protéger la frontière avec l’Espagne, celle-ci ayant à l’époque des velléités expansionnistes peu compatibles avec l’intégrité du territoire français. Il faut d’ailleurs attendre la fin de la guerre de Trente ans, au XVIIe siècle, pour que la frontière entre les deux pays soit enfin établie de manière un peu sérieuse, à un mini terrain vague près au beau milieu de la Bidassoa : l’île des Faisans, que la France et l’Espagne dirigent à tour de rôle, mais tout le monde s’en tape puisqu’il n’y a aucun habitant sur le résidu herbeux.
Revenons au fort … C’est donc Henri IV qui a l’idée, mais c’est Louis XIII qui s’y colle. La construction de la petite forteresse n’empêche pas l’Espagne de s’en saisir et de poursuivre les travaux. Puis la bâtisse repasse du côté français, où Vauban, enfin, achève l’œuvre à la fin du XVIIe siècle. L’aspect actuel du bâtiment est, à peu de choses près, ce qu’il était au début du XVIIIe siècle, période à laquelle d’ultimes modifications furent apportées.

What’s new ? [mardi 20 avril 2010, 21 h 50]

—> Illustration : la Garonne à Bordeaux, 6 avril 2010.

108 à 16 h 44

La messe est dite : c’était bien une alerte rouge. Le vent a dégommé son quota d’arbres, viré son stock habituel de tuiles, et privé de courant entre 800 000 et un million de foyers. Cette tempête porte le nom de Xynthia. La lettre X est attaquée alors que l’hiver a encore trois semaines à vivre. Il y a un an  et un mois,  nous n’en étions qu’à la lettre K. Le réchauffement climatique amplifie les extrêmes climatiques : les tempêtes normales en hiver en milieu océanique sont de plus en plus fréquentes et surtout de plus en destructrices. Il est heureux qu’il n’y ait pas eu un pétrolier ou un chimiquier en détresse au large …
Mon keum et moi-même avons fort mal dormi, tant le vent provoquait de bruit. Ce matin, il n’y avait que quatre ou cinq étals au marché du quai des Chartrons, l’autorisation tardive de déballer se cumulant avec les congés scolaires. Le pont d’Aquitaine a rouvert mais les stations de ski des Pyrénées restent fermées pour la journée. Cela est bien sûr ridicule face aux 18 morts qu’a faits cette tempête (bilan provisoire), plus par l’eau d’ailleurs que par le vent : comme prévu, le fort coefficient de marée a participé aux inondations. J’apprends par la presse en ligne que certains quartiers de Bordeaux ont été inondés et qu’une route s’est effondrée en Loire-Atlantique. Un ami nous a appris que certaines rues basses de la commune du Château d’Oléron étaient sous 50 cm d’eau. Cette après-midi, la mer sera haute à 16 h 44, avec un coefficient de 108, et le vent, bien que plus faible, continue de souffler. L’histoire de Xinthia n’est pas terminée.

—> Sources : Ouest-France et Sud-Ouest

What’s new ? [lundi 22 février 2010, 9 h 50]

What’s new ? [vendredi 12 février 2010, 19 h 00]

  • Officiellement, l’auteur du Discours de la méthode serait mort des suites d’une pneumonie, alors qu’il donnait des cours de philo tôt le matin dans une pièce sans chauffage. Un universitaire allemand en doute fortement : il y a des preuves que René Descartes a été assassiné (Rue 89).  L’affaire rebondit donc, 360 ans après les faits.
  • Le thon rouge fait partie des grands classiques de la gastronomie basque. Il est pêché de façon traditionnelle, par des bateaux de taille modeste et à la ligne. Bref, ce n’est pas cette pêche-là qui le détruit, mais bien la pêche industrielle dont le produit est à 80% destiné au marché japonais. La position de la France quant à un arrêt pur et simple de la pêche au thon rouge, même dans 18 mois seulement, inquiète à juste titre les marins-pêcheurs de la côte basque : préserver le thon rouge, mais aussi la pêche locale est donc une préoccupation majeure (Sud Ouest).
  • Des artistes chinois censurés, c’est tristement banal … en Chine. Quand les artistes chinois sont censurés en France … (Aujourd’hui la Chine).