Echos locaux (jeudi 1er septembre 2016)

  • Au tout début de la Deuxième guerre mondiale, face aux ambitions hitlériennes d’annexer l’Alsace, des Alsaciens ont été envoyés dans des régions françaises suffisamment éloignées de leur biotope pour qu’ils puissent y mener une vie tranquille. Parmi eux, ceux du village d’Elsenheim ont atterri en Dordogne, et certains ont même participé à la découverte de la grotte de Lascaux en 1940 : à lire dans L’Alsace.
  • En 2009, des forages ont montré la présence de gaz de schiste à une profondeur de 3000 mètre sous le lac Léman. Les riverains grognent contre une possible exploitation dudit gaz, et je les comprends : une manif a lieu samedi (Le Dauphiné Libéré).
  • La petite ville de Castres, dans le Tarn, a, pendant un temps, fait preuve d’étourderie : il manque 246 noms sur le monument aux morts de la Grande Guerre. Un historien local vient de publier la liste de ces hommes morts au combat (Le Journal d’Ici).
  • Finissons cette petite note avec de belles images : l’Ille-et-Vilaine vue du ciel (Ouest-France).

Une bastide du sud-ouest : Eymet

Un méandre du Dropt (prononcez « dro », ça veut dire « droit » en occitan), ce petit affluent de la Garonne qui s’y jette du côté de la Réole : c’est là que le 28 juin 1270 fut fondée une ville nouvelle, dans le grand mouvement de création volontaire de villes de cette période du moyen-âge. Dans le sud-ouest, ces villes nouvelles, souvent reconnaissables à leurs places carrées bordées d’arcades et aux rues se coupant à angle droit, portent le nom de « bastides ». Particulièrement bien conservée malgré les aléas des temps (place protestante au XVIe siècle, entre autres), Eymet fait partie des petits bijoux du département de la Dordogne.

Photos : août 2015

Coup d’œil sur le château de Monbazillac

Monbazillac, dans le sud de la Dordogne, est d’abord connu pour ses vins liquoreux d’inégale qualité, mais après tout, il y a bien de mauvais sauternes (et d’excellents loupiac, mais je m’égare). D’ailleurs, cette réputation faite aux monbazillac est largement fausse : je viens d’avoir le plaisir d’en goûter d’excellents, et je n’ai eu qu’un seul regret, ne pas avoir le petit morceau de roquefort qui serait si bien allé avec.
Monbazillac c’est aussi un château Renaissance ayant des faux airs du Moyen-Age. Racheté par les vignerons locaux en 1960, il est ouvert au public et entretenu avec soin. D’importants travaux de réfection ont été entrepris dans la foulée de la grosse tempête de décembre 1999, qui avait détruit une partie du toit.

à cliquer : le site web du château de Monbazillac
photos : août 2015

Le canard est allé chez le coiffeur

P1520321Permanente ? Mise-en-plis ? Chignon ? rien n’est trop beau pour ce canard-là. En tout cas du jamais vu en ce qui me concerne, et pourtant pas bien loin de chez moi, sur les berges du Dropt, dans la très jolie commune d’Eymet (Dordogne).
Au milieu d’ordinaires colverts, il déambule sur l’eau, montrant son look « sortie du coiffeur » à qui veut bien le voir.
Serait-ce une espèce particulière ? un exotique posé ici pour amuser le promeneur ?
Après quelques vaines recherches sur le net, il s’avère, selon un blog spécialisé dans les photos d’oiseaux, que ce canard-là est le résultat d’une anomalie génétique qui ne serait pas si rare que ça chez les canards domestiques, mais qui réduirait significativement leur espérance de vie. En gros, si j’ai bien compris, la boîte crânienne de l’oiseau serait déformée et même ouverte, laissant passer du tissu gras sur lequel pousse cette touffe de duvet.
Le coiffeur local n’y est donc pour rien.

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Photo : Eymet, août 2015

Trilogie touristique en bord de Dordogne [3/3]

BEYNAC

Des trois villages présentés ici aujourd’hui, Beynac est mon chouchou. Peut-être parce-que la langue d’oc n’y est pas un folklore :


Peut-être parce-que son château-fort est tel que je les imaginais, enfant, en lisant des contes, avec des pieux pour freiner les ennemis assoiffés du sang de la belle princesse :


Beynac, c’est une terre mi-légende mi-histoire du moyen-âge, mais bien romancée, l’histoire. Tout y est : la forteresse imprenable, au temps où la Dordogne servait de frontière entre la France et l’Angleterre, sacrée guerre de Cent Ans ! il y a aussi les croisades, des chevaliers qui y laissent leur peau, et un zeste de Richard Cœur de Lion. Le village lui-même est typique de ce que nos maîtres nous ont appris à l’école primaire, avec les paysans et artisans en bas, près du fleuve, pouvant se réfugier au château en cas de menace :


Enfin, ce qui me plait à Beynac, outre le fait que l’on peut y déjeuner fort bien hors des pièges à touristes (je retiens en particulier une délicate effilochée de morue suivie d’une épaule de porcelet laquée), ce qui me plait, disais-je, c’est que là, au-moins, on a le sens des vraies valeurs républicaines :

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Trilogie touristique en bord de Dordogne [2/3]

LA ROQUE-GAGEAC

Commençons par la carte postale :


Et oui, l’archi-connue Roque-Gageac, c’est ça : une route assez étroite (mais suffisante pour les camping-cars gros comme des bus, dommage) piégée entre une Dordogne puissante et une falaise sur laquelle sont accrochées des maisons, et ce depuis le moyen-âge, le château façon « Belle au Bois dormant » en atteste. A cette époque, le village abritait bon an mal an 1500 âmes, il n’y a plus que 400 habitants aujourd’hui. Il faut dire qu’habiter ici, ce n’est pas simple, surtout quand il faut monter les courses à pied dans la maison en partie troglodyte :


Ce n’est pas un peu dangereux, tout ça ? si, forcément. La roche de la falaise n’est pas inébranlable, et parfois des gros morceaux s’en détachent, tombent sur les maisons, et obligent les habitants à décaniller dare dare dès que la menace se précise, comme c’était le cas il y a pile un an. Cette alerte a d’autant plus été prise au sérieux qu’un éboulement majeur venait d’avoir lieu (janvier 2010), faisant suite à trois événements du même type au XXe siècle (1920, 1957, 1994).
Le touriste de base ne perçoit pas forcément ce phénomène, et les étais, échafaudages, barrières de chantier peuvent être interprétés comme d’ordinaires travaux de rénovation. Le village, quoique minuscule, offre une végétation plus fréquente dans le domaine méditerranéen qu’en Aquitaine, peut-être pour masquer la roche branlante :


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Trilogie touristique en bord de Dordogne [1/3]

DOMME

A peine plus de mille habitants permanents à 250 mètres d’altitude, sur un éperon rocheux dominant la Dordogne :


Un tel site ne pouvait qu’aboutir à la création d’une place stratégique au moyen-âge, fortifiée comme il se doit après sa création, qui eut lieu lors de la croisade contre les Cathares. Des vestiges des remparts subsistent encore :


Ville créée au XIIIe siècle, Domme a aussi servi de prison lors du procès des Templiers (1307) et, comme toute l’Aquitaine, est passée tantôt aux mains des Anglais tantôt aux mains des Français pendant la guerre de Cent Ans. Au XVIe siècle, elle devint un enjeu lors des guerres de religion, pour finir dans le giron catholique après avoir été dominée pendant quatre ans par les protestants.
Il s’agit d’une bastide, ce qui ne saute pas aux yeux : on n’y retrouve pas la forme rectangulaire typique de ces fondations urbaines médiévales, car le terrain est trop accidenté pour les lignes droites. Les rues sont relativement étroites … :


… mais pas suffisamment pour en empêcher la circulation automobile :


Comme de nombreux villages du Périgord Noir, Domme bénéficie à la fois de la manne touristique et de l’implantation de familles britanniques, le proche aéroport de Bergerac étant leur principale porte d’accès. De ce fait, la population de la commune est à peu près stabilisée depuis une dizaine d’années, après avoir vu sa population augmenter de près de plus de 15 % entre les années 1960 et le début des années 2000.

—> A cliquer : une photo aérienne de Domme