Carte postale [18]

Bilbao juil 99

Bilbao, juillet 1999

Gaz de schiste : le combat n’est pas encore gagné

Je me permets de penser que tout le monde a compris à quel point l’exploitation du gaz de schiste était dangereuse. Pas le temps de revenir sur la technique de la fracturation hydraulique, qui ne fait pas couler que de l’encre. La petite victoire récemment obtenue ne doit pas être la branchette qui masque la forêt : certes, trois permis majeurs et symboliques ont été abrogés (dont le permis de Nant, en plein Larzac), mais il en reste 61 sur le sol français métropolitain, qu’il faut aussi annuler. Ce n’est donc pas un hasard si Yves COCHET a parlé, à propos de l’abrogation des trois permis les plus médiatiques, de « coup politique », ni si Jean-Marc AYRAULT a réclamé, comme bien d’autres politiques, l’interdiction totale de la prospection. En effet, on sait très bien que si celle-ci s’avère positive, les intérêts financiers en jeux seront trop forts face à une opposition politique pour empêcher l’exploitation. Il suffira de faire miroiter quelques créations d’emplois (là aussi, poudre aux yeux) pour que l’affaire soit pliée.
Parmi les 61 permis toujours d’actualité, deux permis importants se trouvent dans la région de Valenciennes et en Picardie. Certes, la technique de la fracturation hydraulique est théoriquement interdite, mais, à ce jour, les groupes pétroliers détenteurs des permis n’ont pas proposé d’autre technique. Dans le Valenciennois, cette technique mettrait pourtant en péril 80% de l’eau potable fournie à la population.
En Aquitaine, même refrain. Le plus vaste permis de France n’a pas été abrogé, lui : c’est celui de Beaumont-sur-Lomagne (plus de 10 000 km2), qui touche la partie Est du Lot-et-Garonne. La région est aussi touchée par un projet espagnol. Le gouvernement espagnol voit dans ce gaz non-conventionnel un moyen de régler certains problèmes financiers liés à la crise : par ici les pépettes, l’argent n’a pas d’odeur ! Cette prospection doit avoir lieu de l’autre côté des Pyrénées, au Pays Basque, afin de permettre une mise en exploitation dès 2012. Il faut dire que la réserve semble prometteuse : 5 fois la consommation annuelle de l’Espagne tout entière. Mais à quel prix pour les hommes qui vivent sur place ?

—> Sources :

Collection # 102

Saint-Jean-de-Luz

Un peu de fraîcheur dans la forêt de Sare

Ce matin, en déposant une image de la forêt de Sare à l’annexe, je me suis remis dans l’état d’esprit qui était le mien dimanche dernier : Pays Basque, 40°C à l’ombre, pas un poil de vent, heure de la digestion. Pour faire court, une grosse mollesse, un besoin de fraîcheur. Un peu par hasard, nous avons stoppé notre carrosse au bord d’un petit ruisseau caillouteux (en VO, on doit dire « torrent », non ?), en pleine forêt de Sare. Il paraît que c’est une des plus vieille forêt d’Europe, que certaines chênes sont si anciens qu’ils mesurent plus de deux mètres de diamètre. Il parait. Parce-que, anéantis pas la chaleur, nous n’avons rien exploré, nous contentant avec délice de nous asseoir sur de grosses pierres du ruisseau, les petons dans l’eau.

Airs de fêtes

Le 24 juin, un peu avant, un peu après, c’est la St-Jean. Fête païenne du solstice d’été, religieusement récupérée lors de la christianisation de la Gaule, mais il en est resté, même dans des régions aussi croyantes que le Pays Basque, la coutume du feu de la St-Jean et surtout beaucoup de chants, de danses, de musiques. Et c’est donc tout naturellement dans la ville de St-Jean-de-Luz que les fêtes battent leur plein chaque année, unissant tous les habitants, ceux-ci s’habillant de noir et de rouge.  Extrait d’un moment très basque … ou pas :

Collection # 101

Clichés basques

La douce lumière du Pays Basque

Les trois couleurs du Pays Basque sont le vert, le vert et le vert. Il parait que c’est le climat océanique qui colore ainsi les douces montagnes. Hier, c’est la grosse chaleur qui sévissait, et plutôt que de partir à l’assaut de la Rhune, nous avons préféré nous tremper le peton dans un ruisseau de la forêt de Sare. Dès le matin, la brume de chaleur adoucissait les collines, les brebis se distinguant à peine de la bonne prairie :


C’est l’heure du petit-déjeuner, et, tandis que les fêtards de St-Jean-de-Luz se reposent de leur nuit de danses, chants et boissons diverses avec de l’alcool dedans,  je regarde les champs de piments d’Espelette par la fenêtre de l’hôtel :


On est en pleine carte postale. Un paysage vert comme c’est écrit dans les guides touristiques, avec les maisons reconnaissables entre toutes comme purs produits d’Euskadi, de grosses bâtisses blanches veinées de rouge :