En déambulant sur la toile [4]

En reprenant mes déambulations sur la toile, je suis tombée sur cet article du site Orient XXI qui explique ce qu’est le ramadan . Après tout, c’est de saison !
En déambulant sur la toile et sur le site du quotidien Sud-Ouest, j’ai aussi appris que des communards, prisonniers sur l’île Madame (commune de Port-des-Barques, en Charente-Maritime), y avaient construit un puits mais qu’il ne fallait pas trop que ça sache.
Puis je me mis en colère en découvrant que Vinci déversait du béton dans la Seine, en toute impunité et même pas par accident. Cette pollution est bien volontaire : à lire dans mer-ocean.com.
Toujours dans la catégorie des colères, je me promets de ne plus jamais acheter un seul fromage de la marque Etoile du Vercors, et donc pas d’avantage de Lactalis, celui-ci ayant racheté celle-là et n’ayant rien fait pour stopper le flot de déchets qu’Etoile du Vercors déverse dans l’Isère depuis sa création, qui remonte quand même à 1942 : à lire dans Reporterre.

Des élèves et leurs parents manifestent pour sauver l’école de Crêts-en-Belledonne (Isère)
Site web du Dauphiné Libéré, 8 mai 2019


Pour finir, je suis restée dans le département de l’Isère. Il y a quelques années, les communes de St-Pierre-d’Allevard et Morêtel-de-Mailles ont fusionné pour sauver l’école primaire locale, prenant le nom de Crêts-en-Belledonne. Finalement et en haut lieu, il est décidé que ladite école doit fermer car le nombre d’élèves n’est pas suffisant. Puisque la quantité passe avant la qualité, les parents d’élèves ont réagi avec humour, en faisant inscrire, tout à fait officiellement, des moutons à l’école : à lire dans Le Monde.

Conséquence inattendue de l’incendie de Notre-Dame-de-Paris

S’il s’agissait d’une guerre, on parlerait peut-être de dommage collatéral : cette conséquence pas prévue au départ, pas souhaitée, et pourtant bien là. L’incendie de Notre-Dame n’est pas une guerre, mais un accident. Qui touche un patrimoine inestimable. Qui a fait la une de tous les quotidiens hier en France et dans pas mal d’autres pays.

Un faucon crécerelle à la chasse dans le ciel bordelais en septembre 2016

Outre une partie du bâtiment lui-même, des œuvres d’art, le grand orgue, etc, l’incendie a aussi détruit autre chose, qui n’était pas classée par les Monuments Historiques, c’est le fameux dommage collatéral que j’évoquais plus haut : l’incendie a mis à mal les abris des faucons crécerelles, dont un couple s’apprêtait justement à emménager dans un des recoins de la bâtisse.
Selon Ornithomédia, il y a actuellement 50 couples de faucons crécerelles à Paris, certes pas tous à Notre-Dame. Les premiers de ces oiseaux ont été repérés sur la cathédrale en 1840. Les oiseaux y trouvent en effet à la fois un abri et un poste d’observation. Il peut ainsi y avoir jusqu’à quatre nichées de faucons crécerelles par an dans les tours et les gargouilles de Notre-Dame.

En déambulant sur la toile [3]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai appris que des champs de colza des Yvelines s’étaient transformés en champs de pétrole, pour cause de marée noire. Les Yvelines. Ce n’est quand même pas là que j’imaginais ce genre de problématique, et pourtant … Un pipeline tout pourri, qui fuit, et Total qui indemnise faute de mieux : à lire sur le blog Géographies en mouvement.

En déambulant sur la toile, mais aussi en écoutant la radio et en lisant le journal, il ne m’a pas plus échappé qu’à vous, que nous, homo sapiens, avions un nouveau cousin, largement identifié par ses quenottes atypiques, originaire des Philippines, et dénommé Homo luzonensis. Pour en savoir beaucoup plus sur cette découverte, je conseille Le Journal du CNRS, mais aussi Le Monde, qui établit une sorte de généalogie du genre homo, rappelant que, preuve ADN à l’appui, il y eut bien des échanges clairement charnels entre deux espèces a priori distinctes, comme sapiens et néandertal par exemple.

La déambulation s’est achevée en 1958, dans l’émission 36 chandelles, diffusée sur la seule et unique chaîne de télévision d’alors. L’émission, présentée par Jean Nohain, est tournée sur des scènes parisiennes. Pour sa dernière année, elle pose notamment ses caméras à L’Alhambra, où Raymond Devos nous convie à son formidablement absurde Plaisir des sens.


En déambulant sur la toile [2]

En déambulant sur la toile cette semaine, je bous de rage et de colère en voyant que les rumeurs millénaires poussent encore à la haine nos contemporains. Je veux ici parler des agressions récentes contre les Roms, sous le prétexte imbécile qu’ils enlèveraient des enfants. Il n’est pas inutile de faire l’historique des fantasmes qui entourent les « gens du voyage », comme on dit parfois. L’article du site Actuel moyen-âge s’y emploie fort bien.
Toujours au rayon grogne, j’insiste et je confirme : la réforme du lycée doit être pour le moins reportée, amendée et réellement discutée … avec les principaux intéressés ! Sur le sujet, Alternatives Economiques propose une excellente mise au point.
Déambuler sur la toile peut aussi, et c’est heureux, être plus léger et plus distrayant. On peut ainsi découvrir, via l’excellente émission Karambolage, l’origine du nom « Paname » pour Paris, ou se balader dans un marché d’Helsinki. Ce dernier reportage, visible sur le site d’Arte jusqu’au 17 avril, m’a fait d’autant plus plaisir que ce fut le premier endroit de cette ville que j’ai visité l’été dernier, lors des vacances en Finlande.

Vanha Kauppahalli – Vieille halle du marché d’Helsinki – Juillet 2018

En déambulant sur la toile [1]

En déambulant sur la toile ces derniers jours, j’ai eu la confirmation que j’avais vraiment raison de ne pas vouloir mettre les pieds au Puy-du-Fou, et encore moins d’y laisser des sous. L’article, rédigé par Guillaume Mazeau (maître de conférence à la Sorbonne), est suffisamment clair et argumenté : à lire dans The Conversation.
En déambulant sur la toile, j’ai aussi lu un article fort intéressant sur la hausse de l’océan sur les 270 km du littoral aquitain. Il n’y a pas que Soulac, avec son immeuble prémonitoirement nommé « Le Signal », qui soit concerné : toute la côte morfle et ça va vite. C’est à lire sur Reporterre.
Plus léger pour finir : un très bon documentaire d’Arte sur Pigalle, à voir jusqu’au 25 mai 2019.

Un emblème de Pigalle : le Moulin Rouge. Photo réalisée en décembre 2017

Titis parisiens

Souvenons-nous de Titi, ce canari plus jaune qu’un gilet en décembre, qui jouait à la star dans les dessins animés de notre enfance. Un brave piaf en somme, qui narguait ce pauvre Gros Minet un peu benêt. Un simple zozio. Et du zozio, de nos jours embués par le phytosanitaire définitivement létal dans les campagnes autrefois propices, le zozio, disais-je, trouve désormais refuge, pitance et sécurité dans les villes, où le quidam de base le nourrit et/ou le photographie. Dans les villes, donc, y compris à Paris, où je déambulais il y a peu pour cause plaisante de Noël familial et ensoleillé.

Il y avait bien sûr des mouettes sur la Seine … :

… ainsi qu’une bergeronnette des ruisseaux entre le pont de Bercy et l’embouchure du canal Saint-Martin :

Mais c’est bien sûr dans les parcs et jardins que les oiseaux sont les plus visibles, comme ce cormoran dans le parc des Buttes Chaumont … :

… et, toujours dans le même parc, des perruches bien vertes, oiseaux immigrés arrivés par hasard et bien adaptés, preuves que l’avenir réside bien dans la diversité des couleurs :

L’huître et le saucisson

Nous sommes en novembre 1940. La France est occupée, ses ressources pillées, et le rationnement devient la règle pour tous les produits alimentaires. Tous ? non. Un seul résiste encore et toujours à l’envahisseur, car celui-ci ne le trouve point à son goût, ce produit, c’est l’huître :

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Et c’est ce que relate un article du quotidien Ouest-Eclair (édition de Nantes) du 13 novembre 1940, en bas de première page (la suite est sur la page 2). L’auteur de l’article se déclare ainsi fort surpris en observant des ouvriers sur un chantier parisien, où à l’heure de récupérer leur casse-croute dans leurs musettes, les ouvriers ne sortent point les traditionnels saucisson et vin rouge mais, à la place, des huîtres et du vin blanc. C’est que le saucisson est rationné et l’huître, non. D’où abondance et profusion : la consommation d’huîtres explose, elle est même multipliée par 20 entre septembre 1939 et octobre 1940. Le principal département fournisseur est, bien sûr, la Charente-Inférieure comme on disait à l’époque, en clair, le bassin de Marennes.
Là où l’article devient amusant, c’est dans la légende de son illustration :

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On y lit, même si la reproduction est floue, que l’on se trouve à Rochefort, avec, au fond, le fort du Chapus. Tout ceci est pour le moins approximatif. Rochefort est, grosso modo, à 30 mn de voiture de Bourcefranc-le-Chapus, pile-poil où a été prise la photo. Quant au fort, il s’agit du Fort Louvois, effectivement sur la même commune, mais totalement invisible depuis Rochefort. Ces journaux de province … ils ne peuvent pas s’empêcher de raconter n’importe quoi …

 

Quand le noir et blanc sauve la mise

En brave touriste, je photographie en couleurs, et bien souvent j’ai tort. Lorsque la nuit est bel et bien là, et qu’en prime, il pleut des cordes, la couleur rend la photo triste à pleurer, là où le noir et blanc y met un peu de vie. Illustrons la chose par une rue vivante et commerçante (pléonasme ?) du 14e arrondissement, la rue Daguerre (j’ai adoré, une vraie vie de quartier, avec un vrai poissonnier au milieu) :

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En plein jour, lorsque le gris s’installe, c’est pire. La photo en couleurs est déprimante et laide (et inversement), alors qu’en noir et blanc, Notre-Dame, finalement, retrouve une certaine allure :

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Idem de la terrasse des Galeries Lafayette, quand, après avoir affronté les hordes touristiques, nous découvrons Paris du dernier étage, avec deux écueils majeurs : le vent de face et les perches à selfie. Mais on affronte, et on aperçoit même la Tour Eiffel :

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Vous l’aurez compris, même si parfois je semble moqueuse, quoiqu’il arrive je photographierai toujours Paris.

Photos réalisées en décembre 2017

Photo de la semaine (du 24 au 30/12/2017)

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Des oiseaux dans la ville (décembre 2017)

Qu’il s’agisse de Bordeaux ou de Paris, le mois de décembre s’avéra ornithologiquement sympathique. Je rappelle que le troglodyte mignon est revenu dans mon jardin :

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Mais il y eut aussi, dans le jardin et ailleurs, la mésange à longue queue :

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Hors du jardin, le chardonneret est assez présent … :

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… tout comme la grive :

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Le héron cendré attend son heure de pêche (ici à Paris) … :

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… qui coïncide avec celle de la pause chez les cormorans (Paris toujours) :

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Mais le plus surprenant, en banlieue bordelaise fut ce grèbe, que je n’avais jamais vu à cet endroit auparavant :

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Une baignassout’ à Paris

Petite définition pour les nouveaux visiteurs : le terme « baignassout' » désigne les vacanciers sur l’île d’Oléron. C’est un petit peu péjoratif. Par extension, je désigne par « baignassout' » tout touriste restant dans les sentiers battus. Et ça m’arrive à moi aussi. Mea culpa.
Donc, pour en revenir au sujet du jour, j’ai fait Paris à Noël. Je passe sur les aspects météorologiques, sans intérêt. Commençons la balade : il faut à tout prix voir la Tour Eiffel, sinon Paris n’est pas Paris et moi je ne suis plus baignassout’. Je tente ma chance du côté de la Concorde, en plein bain de foule. Sauf que brume il y a et que la Tour Eiffel se retrouve sans tête :

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Continuons l’aventure par les Champs-Elysées. Bain de foule, suite. Des artistes de rue jouent, le public rit, mais, ne mesurant pas 1,90m, je me contente de voir le spectacle à travers les écrans des smartphones des spectateurs :

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C’est donc ça, Paris ? une ville dont il manque des bouts ? C’est le lendemain et le surlendemain de Noël que les choses s’améliorent. Tout d’abord par un détour par la Place Blanche et le sublime Moulin Rouge qui me ramène invariablement vers French Cancan, de Jean Renoir (une pure merveille des années 1950, avec Jean Gabin en premier rôle). Une madeleine en quelque sorte :

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Et puis enfin, de la terrasse de l’Institut du Monde Arabe, la vue sur l’île Saint-Louis, l’île de la Cité et Notre-Dame, avec un beau ciel gris prometteur de pluie (promesse fort bien tenue, mais la météo n’est pas le sujet du jour) :

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C’était dans le journal … le 19 octobre 1917

On les a appelés les « profiteurs de guerre ». Quatre ans après la fin de celle-ci, en 1922, Anatole France, dans une lettre publiée dans L’Humanité, lançait « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ». Il est vrai que certaines entreprises ont su fort bien croître et s’enrichir grâce au conflit : en France, Michelin a négocié la hausse du prix de ses pneumatiques en sachant très bien que l’armée française ne pouvait pas s’en passer. Renault a multiplié son chiffre d’affaires par quatre entre 1914 et 1918. Ça marche aussi en Allemagne : les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques ont multiplié leur chiffre d’affaires par huit pendant cette période.
Ça, ce sont les gros poissons. Mais il y a les plus modestes, les petits joueurs, ceux dont le nom ne deviendra jamais celui d’un grand groupe industriel européen. Les noms de Galandrin et Painsmay ne figurent pas au CAC 40. Et pourtant … Ces deux-là faisaient dans le charbon à Paris. Mme Galandrin était marchande, M. Painsmay était négociant. C’est La Croix qui cite leur nom, indiquant qu’ils « comparaitront prochainement devant le tribunal correctionnel » pour avoir « vendu du charbon à un prix manifestement supérieur aux cours ». Cliquez sur l’image pour voir l’article dans son contexte :

 

C’était dans le journal … le 13 juillet 1917

Dimanche dernier, des pluies diluviennes ont transformé les couloirs du métro parisien en piscine, faisant dire à certains twittos que Paris-Plage s’était surpassé cette année. Mais ce que craignent le plus les Parisiens, et à juste titre, c’est le débordement de la Seine.
Ce 13 juillet 1917, soit sept ans et demi après la gigantesque crue de 1910, le Sénat adopte enfin un plan de travaux visant à protéger la ville et ses habitants : il s’agit, grosso modo, de donner plus de place au fleuve, par « l’élargissement du bras de la Monnaie et l’approfondissement de la Seine entre Suresnes et Bougival », le tout devant coûter 67 millions de francs. L’article de L’Humanité rapportant ce projet évoque aussi d’autres travaux en aval ainsi que des « dérivations de la Marne », mais, au final, rien qui ne soit suffisamment efficace. D’ailleurs, la protection de Paris face aux crues de la Seine est toujours d’actualité un siècle après.

La chansonnette [3]

MADELEINE PEYROUX
J’ai deux amours
2004

En 1930, Joséphine Baker, qui amène à Paris tout l’exotisme dont l’Européen moyen semble avoir besoin (et qu’il assouvira un an plus tard en déambulant dans les allées de l’exposition coloniale de la Porte Dorée et du Lac Daumesnil), Mme Baker, disais-je, avoue son amour pour son pays (les Etats-Unis) et Paris, sur une musique de Vincent Scotto, très porté lui aussi sur la mystique coloniale (on lui doit notamment La Petite Tonkinoise, qui fait aussi partie du répertoire de Joséphine Baker).
En 2004, la sublime chanteuse de jazz Madeleine Peyroux s’offre cette sucrerie patriotique. Sa version, que je préfère à celle d’origine, est passée hier matin sur FIP. J’ai eu envie de la vous faire partager :

Rendez-vous à l’hôtel de police

P1020988Restons dans le XIIe arrondissement, plus précisément dans la partie surélevée de la coulée verte évoquée dans la précédente note.
Un immeuble, probablement banal vu d’en-bas, attire immanquablement le regard : il s’agit de l’hôtel de police du XIIe, situé à l’angle de l’avenue Dausmenil et de la rue de Rambouillet. À première vue, on pense à un bâtiment des années 1930, notamment en raison des immenses statues qui le dominent, des clones massifs d’un personnage d’apparence antique.

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Or il n’y a rien d’ancien dans ce bâtiment. Abritant donc un commissariat de police, mais aussi des logements, il a été inauguré en 1991. Il est l’œuvre de l’architecte espagnol Manuel NUÑEZ-YANOWSKI, qui a aussi sévit en région parisienne dans les années 1980 et 1990 (les « arènes de Picasso », à Noisy-le-Grand, c’est lui), ainsi qu’à Alger, Saint-Petersbourg, Sofia, etc.

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Les statues qui ornent le toit du bâtiment sont le reproduction en plusieurs exemplaires d’un esclave sculpté en son temps par Michel-Ange.

à cliquer :

Photos : mai 2016

Voilà comment traverser tranquillement le XIIe arrondissement

Quand la provinciale monte à Paris, elle est saisie par le bruit. Et donc cherche des lieux calmes, où déambuler en toute sérénité. La coulée verte René-Dumont, qui traverse tout le XIIe arrondissement correspond exactement à ses attentes.
La balade, d’un peu plus de 4 km, a été inaugurée en 1993. Elle a été aménagée sur une voie ferrée désaffectée depuis 1969 et en partie surélevée par rapport aux rues. Elle a même inspiré le High Line Park de New York, ce qui apporte beaucoup de fierté au-dedans de la provinciale.
La balade démarre rue de Lyon, derrière l’opéra Bastille, et la première partie est donc constituée de ce chemin surélevé que je viens d’évoquer : il s’agit de la partie supérieure du viaduc des arts. La balade est de plus en plus courue, y compris au sens propre du terme.

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Elle offre une vue extraordinaire sur les immeubles haussmanniens qu’on ne voit habituellement que d’en bas …

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… et enjambe allègrement des avenues et des boulevards, comme ici le boulevard Diderot :

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La partie surélevée s’achève au niveau du jardin de Reuilly, sur lequel elle passe via un petit pont de bois assez désagréable, animé d’un mouvement pouvant presque donner le mal de mer si on y séjourne trop longtemps :

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La balade retrouve le plancher des vaches, et alternent alors des tunnels … :

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… et des zones boisées, à la végétation dense sentant agréablement l’humus :

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La fin de la promenade est assez abrupte : on arrive sur un large trottoir entre une avenue passante de la commune de St-Mandé et le périph’, mais cela n’a que peu d’importance : le bois de Vincennes est proche.

Photos : mai 2016

Collection # 351

Le grèbe huppé et ses petits
Paris, mai 2016

grèbe

De jeunes Parisiens

La saison peace and love commence à donner quelques résultats. Dans le lac Dausmenil, la jeune génération s’exerce aux plaisirs de la natation. Les jeunes cygnes, par exemple :

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Il y a aussi de jeunes grèbes huppés, un oiseau que je vois suffisamment rarement pour marquer un temps d’arrêt :

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Et puis, et je n’avais jamais vu cet animal en version « djeun », voici les jeunes foulques, à la bouille rouge. Serait-ce pour que les adultes les repèrent sans mal ? ou pour faire peur aux prédateurs ?

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Photos : Paris, mai 2016

Echos locaux (mardi 29 mars 2016)

  • Des œuvres du peintre bordelais Albert Marquet sont actuellement exposées au Musée d’art moderne de la ville de Paris. C’est un journal normand qui en parle (La Manche Libre).
  • La chalarose est un champignon très destructeur qui s’attaque aux frênes, à tel point que ceux-ci risquent purement et simplement de disparaître. Le champignon ravageur, parti du nord de l’Europe (premiers cas en Pologne et en Lituanie en 1992), est arrivé en France en 2008 (premier cas en Haute-Saône). Pour l’instant cantonné à un grand quart nord-est du pays, il poursuit sa progression vers le sud et l’ouest (Ouest-France).
  • Les réfugiés arrivent vaille que vaille de Syrie. Avec les beaux jours, on sait qu’ils vont être encore plus nombreux à fuir l’enfer absolu pour un autre enfer, celui imposé par les passeurs. Et pour quoi au bout du compte ? la Méditerranée comme tombeau, l’Europe comme muraille ?  Et quand tout cela est franchi, finalement, que l’Angleterre rêvée semble à portée de main, on tente le tout pour le tout, jusqu’à se cacher sous les essieux d’une remorque de camion. Et d’être écrasé (Nord Littoral). Quand on est prêt à prendre autant de risques pour sauver sa peau d’une guerre qui n’en finit pas, qu’on n’aille surtout pas me dire que c’est pour toucher les alloc’ ou pour se dorer la pilule sur le dos du contribuable, ça pourrait me mettre très en colère.

Echos locaux (jeudi 18 février 2016)

  • Capture d’écran 2016-02-18 à 13.18.46Et si la série Trepalium, sur Arte, prédisait un avenir effectivement aussi proche que sombre ? et si 80% de l’humanité se retrouvait sans emploi ? et si les robots, au final moins empathiques que les droïdes de protocole dans Star Wars, nous piquaient nos jobs ? La Voix du Nord signale que des robots seront désormais employés dans des gares : l’aventure commence le 1er mars à Paris (gare de Lyon). Les robots de modèle Pepper pourront porter les bagages ou aider les personnes ayant des difficultés à se déplacer. La SNCF assure que cela ne supprimera aucun emploi. A voir …
  • Avis de recherche dans Le Journal de l’Orne : une alliance a été trouvée à Mayenne le jour de la St-Valentin. Elle appartient soit à Bernard soit à Christine, qui ont été unis par les liens sacrés du mariage le 10 novembre 1975. Le journal demande de faire circuler : mission accomplie.
  • J’entendais sur Inter ce matin que le ciel avait offert un joli spectacle aux habitants de l’Isère hier soir. Après avoir pensé au pire (crash aérien) puis au rigolo (OVNI), il s’est avéré qu’il s’agissait d’une pluie de météorites. Le Dauphiné Libéré rapporte que des impacts ont été constatés dans le Vercors et le Grésivaudan.

Photo : Grenoble, février 2011

C’était dans le journal … le 30 janvier 1916

En 1915, des dirigeables (les « zeppelin ») allemands ont en vain tenté de bombarder Paris. Le 29 janvier 1916, l’un d’eux réussit son coup, bombardant le XXe arrondissement. Dès le lendemain, la presse rend compte de l’affaire. L’Humanité rapporte ainsi que « deux arbres furent déracinés » face au numéro 84 du boulevard de Belleville, qu’une autre bombe, tombée au 88 de la rue Ménilmontant aurait fait « plusieurs blessés », et que « la plus violente explosion se produisit rue Haxo » : l’immeuble a été détruit (photo).
L’Intransigeant dresse un bilan plus précis : 19 bombes ont été larguées, faisant 23 morts et 29 blessés, le tout dans un temps relativement bref (40 mn entre le début de l’alerte et la dernière bombe). Ce journal insiste sur le lourd bilan humain, rappelant que les bombes sont tombées sur « un quartier assez populeux », dont les maisons n’ont pas la robustesse des immeubles en pierres de taille des beaux quartiers. L’Intransigeant publie, en fin d’article, la liste nominative des morts : la plus jeune avait 18 mois, c’était une fillette prénommée Andrée. Six victimes n’étaient toujours pas identifiées au moment du bouclage du journal.

Collection # 324

Paris sera toujours Paris

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Un titre ? mais quel titre ?

Il faudrait donner un titre à cette note, mais lequel ? pas envie des jeux de mots à deux balles, c’est pas le moment. Pas envie des slogans à la mords-moi le ouin-ouin : non je ne prierais pas pour Paris. Du bondieu, pour quoi faire ? je ne vais pas subitement tomber dans cette mare-là. Et puis les terroristes revendiquent leurs actes au nom dudit bondieu, alors non.
Je suis sincèrement et profondément solidaires de tous les gens qui, hier, à Paris ont vécu l’horreur. Solidaire, pas en prière. Et puis un peu égoïste aussi : quand j’ai appris la nouvelle, sur Inter sur le coup de six heures, j’ai mentalement compté mes Parisiens personnels, membres de la famille ou amis. Oui c’est à eux, à ceux qui me sont personnellement très chers, que j’ai pensé en premier, sachant les uns en sécurité en province (c’est le week-end), nettement plus inquiète pour les autres.
Pour une fois, et c’est bien rare, je remercie Facebook qui a mis en place un petit zigouigoui tout bête permettant aux personnes concernées d’indiquer qu’elles sont en sécurité. Et j’avoue être désormais rassurée : a priori, mes Parisiens personnels vont bien. Cela n’empêche pas de penser à tous les autres. Solidaire, vous dis-je.
Cela n’empêche pas non plus de penser à la suite, à la pétasse blonde qui va surfer sur la vague pour stigmatiser les musulmans et réclamer encore plus de barrières aux frontières. De penser à la haine qui va à nouveau déferler une fois l’émotion passée. Et même, et c’est plus terre à terre, à mes loupiots lundi qui réclameront à corps et à cri « madaaaaame, on fait un débat ? », comme si on pouvait débattre à chaud sur des attentats. Je pense à la loupiote qui me dira que ce ne sont pas des attentats (elle m’a fait le coup quand on a évoqué Charlie Hebdo), à son camarade qui exigera un cours en trois parties et neuf sous-parties sur la portée de l’état d’urgence, aux semi-caïds du fond de la classe qui prononceront le mot « complot » tous les dix secondes en s’échangeant des regards en douce.
Pour ce week-end, j’avais envisagé d’alimenter ce blogounet par une petite note nature, tranquille, très en dehors des grands problèmes du monde. Cette note restera au placard, ce serait indécent de faire du bisounours.
Chers amis de Paris, je vous embrasse. Faites attention à vous.

Carte postale [23]

Paris

Paris, avril 2011

Carte postale [19]

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Paris, octobre 2008

Le pétard mouillé des complotistes

IMG_0702Revenons légèrement en arrière : il y a trois semaines, je faisais part à l’honorable blogosphère de ma surprise face à une affiche pour le moins bizarre pour ne pas dire stupide tant son appel au coup d’état était d’une naïveté sans borne, comme si l’armée allait rallier d’elle-même une bande d’illuminés pour renverser le gouvernement et toutes les instances élues. Tellement énorme que j’avais cru un canular. Que nenni.
Ce groupe de fadas dit « du 14 juillet » avait bien dans l’idée d’investir l’Elysée et de prendre le pouvoir, avec l’aval des citoyens enthousiastes. Rien que ça. Avant hier, le site web du Monde a levé le voile sur cet attrape-nigaud, et il faut bien admettre que, non seulement c’est idiot, mais en plus ça pue. Les grands inspirateurs des comploteurs portant notamment les doux noms d’Alain Soral ou de Dieudonné.
Hier soir, toujours auprès de la même source, on apprend que 300 naïfs (500 selon les organisateurs) ont tenté le coup de la manif du côté de la gare du Nord et de Beaubourg. Beaucoup ont été interpellés par la police qui, pas plus que l’armée, n’a eu une envie subite de mettre à bas le régime.
Ce n’est pas l’appel à l’insurrection qui est reproché à ces agités, mais le fait que la manifestation n’a pas été déclarée à la préfecture, ce qui la rend de fait illégale. Et oui, c’est la loi, n’en déplaise aux insurgés de pacotille sur qui le soleil a décidément du trop taper ces derniers temps.

Illustration : sticker du fameux « mouvement du 14 juillet », collé sur un horodateur à Bordeaux en juin 2015

Les processionnaires sont entrées dans Paris

Il fut un temps, lointain et chantant, où les loups entraient dans Paris parce-que « les hommes avaient perdu le goût de vivre et se foutaient de tout », il était aussi question de « béton [qui] bouffait le paysage ». Et donc, les loups, « l’un par Issy, l’autre par Ivry » sont entrés dans Paris.
Fin 2014, moins chantant et plus embêtant : le 14 décembre, La Croix annonce que les chenilles processionnaires sont à un kilomètre de la capitale. La processionnaire est une chenille hyper-urticante et très invasive, dont les larves se développent en hiver. C’est à ce titre que la bête intéresse particulièrement les spécialistes du réchauffement climatique, et ils ne sont pas déçus : partie du sud et de l’ouest dans les années 1970, la chenille processionnaire semble aujourd’hui tout à fait capable de s’adapter à tous les milieux de la métropoles. Même Paris.

imagesIndépendamment de son caractère urticant dangereux, aussi bien pour les animaux (chiens, chats, mais aussi troupeaux broutant une herbe où sont passées les abominables chenilles) que pour les humains, la chenille processionnaire, comme la plupart des chenilles d’ailleurs, peut avoir la peau des arbres où elle niche.
Il n’est donc pas de bon goût de comparer les nids des chenilles en question à des décos de Noël, de toute façon c’est trop tard.

à cliquer :

  • deux articles de décembre 2014 sur le sujet : celui paru dans La Croix et cité plus haut, puis celui de Sciences&Avenir paru le 18/12

photos : bassin d’Arcachon, hiver 2014

La Tour Eiffel est trop petite

eiffelP1330983.jpgHier, le site web de Courrier International a mis en ligne un article russe datant d’août 2013 (accès malheureusement réservé aux abonnés) intitulé « Le Syndrome de Paris ». Ce titre fait allusion a une pathologie particulière qui touche spécialement les touristes japonais à Paris et qui a même sa page wikipedia, c’est dire à quel point c’est du sérieux. En gros, nos amis nippons fantasmeraient sur un Paris façon Amélie Poulain et seraient fort déçus devant la triste réalité. Six d’entre eux, malades de chez malade en raison de cette différence entre le désir et la réalité, ont même dû être rapatriés d’urgence au Japon pendant l’été 2011 (à lire dans Slate).
Les touristes russes, manifestement endurcis aux dures réalités du monde, ne défaillent point et ne finissent pas aux urgences, mais leur déception semble tout aussi grande. Que reprochent-ils donc à Paris ?
Tout d’abord, la ville ne correspond pas aux descriptions lues ou vues, et surtout imaginées. On peut ainsi lire, dans l’article de Courrier International, que « la Tour Eiffel n’est pas si haute » et qu’il est difficile de la voir, sauf à devoir marcher à pied. Et oui, pour visiter une ville, il vaut mieux des bonnes chaussures. Et du coup, la voili la voilou, notre Touréfel (photo ci-dessus, prise en décembre 2012).
Et puis il y a les embouteillages, « les automobilistes conduisent Dieu sait comment », « l’air est irrespirable ».
Mais surtout ce sont les gens qui gênent les touristes russes. L’auteure de l’article n’est d’ailleurs pas à une contradiction près : elle décrit les Parisiens comme des gens odieux, « des parvenus et des goujats », tout en précisant juste après qu’on ne rencontre pas de Parisiens à Paris puisqu’on n’y trouve que des touristes. Admettons. Plus gênant est le sentiment raciste pur et dur, bête comme du Poutine plaqué or, qui anime ces touristes (j’ose espérer que cette description à la louche est faite avec de trop gros sabots pour être totalement vraie) : il y aurait à Paris trop de Noirs et d’Arabes, ce qui gâcherait les vacances du citoyen de la blanche Russie. No comment.

C’était dans le journal … le 17 janvier 1914

Récemment a été reposée la question de la légalisation du cannabis en France, et donc l’encadrement de sa vente et de sa consommation. Le débat, qui aujourd’hui est pris fort au sérieux, n’agitait semble-t-il pas le milieu politique, économique et encore moins médical au début du siècle dernier, du moins si l’on considère comme vraie l’anecdote rapportée par Le Petit Parisien.
Il est ainsi question d’une mouflette de 13 ans qui apprit par une de ses camarades que les pharmacies vendaient des sucreries, et même « des bonbons qui font rire », bonbons contenant « du haschish […] ; ça vient d’Orient ». La chipie affirma même y avoir goûté.
Curieuse, la petite Lucienne obtint du commis du pharmacien des boulettes de haschisch. Il lui fallut certes prétexter une migraine, mais le deal fut aussi rapide qu’apparemment légal. La petiote rit beaucoup, elle « fut d’une gaîté folle ». Mais, comme dans les fables, il y a une morale à cette histoire : Lucienne « fut malade ; il fallut la coucher ». Elle avoua à son père ce qu’elle avait mangé, et celui-ci porta plainte contre la pharmacie.

Un jardin sur la Seine

En juin dernier, 2,3 km de berges de Seine ont été totalement rendues aux piétons en rive gauche. Espaces ludiques et de repos alternent dans un décor très zen et surtout démontable en cas de crue. Parmi cet ensemble se trouve un jardin flottant à proximité du pont de l’Alma, dont il est très agréable de profiter si la température baisse un peu : dimanche dernier, c’était cagnard, mais joli quand même. Impression en images :