Titis parisiens

Souvenons-nous de Titi, ce canari plus jaune qu’un gilet en décembre, qui jouait à la star dans les dessins animés de notre enfance. Un brave piaf en somme, qui narguait ce pauvre Gros Minet un peu benêt. Un simple zozio. Et du zozio, de nos jours embués par le phytosanitaire définitivement létal dans les campagnes autrefois propices, le zozio, disais-je, trouve désormais refuge, pitance et sécurité dans les villes, où le quidam de base le nourrit et/ou le photographie. Dans les villes, donc, y compris à Paris, où je déambulais il y a peu pour cause plaisante de Noël familial et ensoleillé.

Il y avait bien sûr des mouettes sur la Seine … :

… ainsi qu’une bergeronnette des ruisseaux entre le pont de Bercy et l’embouchure du canal Saint-Martin :

Mais c’est bien sûr dans les parcs et jardins que les oiseaux sont les plus visibles, comme ce cormoran dans le parc des Buttes Chaumont … :

… et, toujours dans le même parc, des perruches bien vertes, oiseaux immigrés arrivés par hasard et bien adaptés, preuves que l’avenir réside bien dans la diversité des couleurs :

Publicités

L’huître et le saucisson

Nous sommes en novembre 1940. La France est occupée, ses ressources pillées, et le rationnement devient la règle pour tous les produits alimentaires. Tous ? non. Un seul résiste encore et toujours à l’envahisseur, car celui-ci ne le trouve point à son goût, ce produit, c’est l’huître :

1

Et c’est ce que relate un article du quotidien Ouest-Eclair (édition de Nantes) du 13 novembre 1940, en bas de première page (la suite est sur la page 2). L’auteur de l’article se déclare ainsi fort surpris en observant des ouvriers sur un chantier parisien, où à l’heure de récupérer leur casse-croute dans leurs musettes, les ouvriers ne sortent point les traditionnels saucisson et vin rouge mais, à la place, des huîtres et du vin blanc. C’est que le saucisson est rationné et l’huître, non. D’où abondance et profusion : la consommation d’huîtres explose, elle est même multipliée par 20 entre septembre 1939 et octobre 1940. Le principal département fournisseur est, bien sûr, la Charente-Inférieure comme on disait à l’époque, en clair, le bassin de Marennes.
Là où l’article devient amusant, c’est dans la légende de son illustration :

2

On y lit, même si la reproduction est floue, que l’on se trouve à Rochefort, avec, au fond, le fort du Chapus. Tout ceci est pour le moins approximatif. Rochefort est, grosso modo, à 30 mn de voiture de Bourcefranc-le-Chapus, pile-poil où a été prise la photo. Quant au fort, il s’agit du Fort Louvois, effectivement sur la même commune, mais totalement invisible depuis Rochefort. Ces journaux de province … ils ne peuvent pas s’empêcher de raconter n’importe quoi …

 

Quand le noir et blanc sauve la mise

En brave touriste, je photographie en couleurs, et bien souvent j’ai tort. Lorsque la nuit est bel et bien là, et qu’en prime, il pleut des cordes, la couleur rend la photo triste à pleurer, là où le noir et blanc y met un peu de vie. Illustrons la chose par une rue vivante et commerçante (pléonasme ?) du 14e arrondissement, la rue Daguerre (j’ai adoré, une vraie vie de quartier, avec un vrai poissonnier au milieu) :

Paris-P1170756.jpg

En plein jour, lorsque le gris s’installe, c’est pire. La photo en couleurs est déprimante et laide (et inversement), alors qu’en noir et blanc, Notre-Dame, finalement, retrouve une certaine allure :

Paris-P1170746.jpg.jpg

Idem de la terrasse des Galeries Lafayette, quand, après avoir affronté les hordes touristiques, nous découvrons Paris du dernier étage, avec deux écueils majeurs : le vent de face et les perches à selfie. Mais on affronte, et on aperçoit même la Tour Eiffel :

Paris-P1170750.jpg

Vous l’aurez compris, même si parfois je semble moqueuse, quoiqu’il arrive je photographierai toujours Paris.

Photos réalisées en décembre 2017

Photo de la semaine (du 24 au 30/12/2017)

P1170732

Des oiseaux dans la ville (décembre 2017)

Qu’il s’agisse de Bordeaux ou de Paris, le mois de décembre s’avéra ornithologiquement sympathique. Je rappelle que le troglodyte mignon est revenu dans mon jardin :

décembre-P1170327.jpg

Mais il y eut aussi, dans le jardin et ailleurs, la mésange à longue queue :

décembre-P1170214.jpg

Hors du jardin, le chardonneret est assez présent … :

décembre-P1170540.jpg

… tout comme la grive :

décembre-P1170574.jpg

Le héron cendré attend son heure de pêche (ici à Paris) … :

décembre-P1170767.jpg

… qui coïncide avec celle de la pause chez les cormorans (Paris toujours) :

décembre-P1170771.jpg

Mais le plus surprenant, en banlieue bordelaise fut ce grèbe, que je n’avais jamais vu à cet endroit auparavant :

décembre-P1170643.jpg

Une baignassout’ à Paris

Petite définition pour les nouveaux visiteurs : le terme « baignassout' » désigne les vacanciers sur l’île d’Oléron. C’est un petit peu péjoratif. Par extension, je désigne par « baignassout' » tout touriste restant dans les sentiers battus. Et ça m’arrive à moi aussi. Mea culpa.
Donc, pour en revenir au sujet du jour, j’ai fait Paris à Noël. Je passe sur les aspects météorologiques, sans intérêt. Commençons la balade : il faut à tout prix voir la Tour Eiffel, sinon Paris n’est pas Paris et moi je ne suis plus baignassout’. Je tente ma chance du côté de la Concorde, en plein bain de foule. Sauf que brume il y a et que la Tour Eiffel se retrouve sans tête :

paris-P1170681.jpg

Continuons l’aventure par les Champs-Elysées. Bain de foule, suite. Des artistes de rue jouent, le public rit, mais, ne mesurant pas 1,90m, je me contente de voir le spectacle à travers les écrans des smartphones des spectateurs :

paris-P1170687.jpg

C’est donc ça, Paris ? une ville dont il manque des bouts ? C’est le lendemain et le surlendemain de Noël que les choses s’améliorent. Tout d’abord par un détour par la Place Blanche et le sublime Moulin Rouge qui me ramène invariablement vers French Cancan, de Jean Renoir (une pure merveille des années 1950, avec Jean Gabin en premier rôle). Une madeleine en quelque sorte :

paris-P1170719.jpg

Et puis enfin, de la terrasse de l’Institut du Monde Arabe, la vue sur l’île Saint-Louis, l’île de la Cité et Notre-Dame, avec un beau ciel gris prometteur de pluie (promesse fort bien tenue, mais la météo n’est pas le sujet du jour) :

paris-P1170733.jpg

C’était dans le journal … le 19 octobre 1917

On les a appelés les « profiteurs de guerre ». Quatre ans après la fin de celle-ci, en 1922, Anatole France, dans une lettre publiée dans L’Humanité, lançait « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour les industriels ». Il est vrai que certaines entreprises ont su fort bien croître et s’enrichir grâce au conflit : en France, Michelin a négocié la hausse du prix de ses pneumatiques en sachant très bien que l’armée française ne pouvait pas s’en passer. Renault a multiplié son chiffre d’affaires par quatre entre 1914 et 1918. Ça marche aussi en Allemagne : les seize plus grandes entreprises houillères et sidérurgiques ont multiplié leur chiffre d’affaires par huit pendant cette période.
Ça, ce sont les gros poissons. Mais il y a les plus modestes, les petits joueurs, ceux dont le nom ne deviendra jamais celui d’un grand groupe industriel européen. Les noms de Galandrin et Painsmay ne figurent pas au CAC 40. Et pourtant … Ces deux-là faisaient dans le charbon à Paris. Mme Galandrin était marchande, M. Painsmay était négociant. C’est La Croix qui cite leur nom, indiquant qu’ils « comparaitront prochainement devant le tribunal correctionnel » pour avoir « vendu du charbon à un prix manifestement supérieur aux cours ». Cliquez sur l’image pour voir l’article dans son contexte :