Un monument historique de plus à New York

Nous connaissons tous le Flat Iron building, l’Empire State building, la statue de la Liberté, etc. Depuis mercredi 13 avril, la liste des monuments historiques newyorkais vient de s’enrichir de ceci (à lire dans Geopolis) :

NY / Balade en bateau

Il s’agit de l’enseigne de Pepsi dans le Queens, située sur une usine d’embouteillage de la boisson qui a fermé en 1999. Cette enseigne de 18 mètres de haut avait été érigée en 1936, à un moment où Pepsi cherchait à se démarquer de Coca Cola afin d’engranger à son tour un flot ininterrompu de pépètes. C’est d’ailleurs dans ce but, qu’en 1940, la marque lança une campagne à destination de la population afro-américaine, alors victime de discrimination.

Photo : New York, juillet 2010

Un autre cimetière

Si hier j’évoquais l’éventualité d’une nécropole protohistorique camouflée sous la dune du Pilat, aujourd’hui il s’agit d’un cimetière nettement plus contemporain quoique caché aux regards des gens honnêtes : ce cimetière se trouve sur la petite île nommée « Hart Island », à l’est du Bronx, à New-York, et c’est le plus grand cimetière des Etats-Unis en nombre de personnes inhumées. L’île est minuscule et, d’après ce que j’ai pu en lire, notamment dans un article paru aujourd’hui dans Libé, elle ne se visite pas car elle administrée par le Département des prisons de New York :

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Quand on zoome sur GoogleMaps, on voit des zones boisées. On se rapproche : ces zones abritent des bâtiments abandonnés, peu à peu mangés par la végétation :

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Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, cette île a d’abord accueilli un camp de prisonniers, puis une maison de redressement, un hôpital psychiatrique pour femmes (photos de ce qu’il en reste, accompagnées d’un texte en anglais), et même une base de lancement de missiles pendant la guerre froide.
Depuis 1869, cette île est surtout un gigantesque cimetière pour indigents et enfants morts-nés. Enterrés dans des fosses communes, aujourd’hui par des prisonniers volontaires, ces gens n’ont droit à aucune plaque, rien qui en rappelle le souvenir. Or, il y aurait actuellement les restes d’un million de personnes dans ces fosses communes, et ce chiffre ne cesse d’augmenter : près de 1500 personnes y sont encore enterrées chaque année, dans des cercueils de pin numérotés.
Les registres du cimetière ont été pour partie perdus ou ont brûlé, empêchant les familles de savoir même si leurs proches y étaient inhumés, avec tout le côté inhumain que cela peut avoir. Une femme, Melinda HUNT, se bat actuellement pour que les familles puissent se recueillir sur les tombes de leurs morts, mais le combat n’est pas encore gagné, du moins tant que c’est l’administration des prisons, et non celle des parcs, qui gère ce cimetière pas comme les autres.

Haro sur ces gros oiseaux qui font caca dans l’eau

cygneOn pourrait croire qu’avec le sublissime Central Park, New York serait une ville accueillante pour les animaux. Après tout, il y a bien des écureuils partout ! Mais il n’en est rien : l’Etat de New York (et donc pas seulement la ville du même nom) a déclaré la guerre aux oies et c’est maintenant le tour des cygnes.
Les cygnes tuberculés ne sont pas endémiques aux Etats-Unis : ils y ont été apportés par des Européens au XIXe siècle, ceux-ci trouvant ceux-là fort ravissants pour orner leurs jardins. Mais le romantisme gnangnan a fait long feu, et les 2200 cygnes de l’Etat de New York ne sont plus en odeur de sainteté auprès des autorités, même si leur nombre diminue peu à peu chaque année.
On leur reproche leur agressivité (certes, le cygne peut gueuler pire qu’un âne si on s’approche de ses petits, mais cela va rarement plus loin, et en plus le cygne à une excuse valable) et leur saleté : le cygne, comme toute volaille aquatique, fait caca dans l’eau et c’est mal. On les accuse de perturber les avions : les oiseaux sont effectivement parfois imprudents, c’est d’ailleurs un vol d’oies qui avait contraint un avion à se poser sur l’Hudson il y a quelques années. On leur reproche enfin d’empiéter sur le territoire d’autres animaux.
Pour toutes ces raisons, bonnes ou fantaisistes, l’Etat de New York passe à l’offensive : capture puis euthanasie, chasse, destruction des œufs. Pas de pitié pour la volaille, eut-elle un long cou. Cette lutte disproportionnée provoque des réactions de la part de citoyens : une pétition visant à sauver les cygnes à d’ores et déjà recueilli plus de 26000 signatures.

Source :

Il faut que je retourne à New York

Il y a trois ans et des breloques, les vacances d’été furent new-yorkaises. Je pensais avoir écumé Manhattan en tous sens, en particulier la partie sud de l’île, or quelque chose m’a échappé. Et donc vous comprenez bien qu’il faut que j’aille voir ça de plus près. La chose en question démarre à peu près au niveau de la 17e rue, pas bien loin des berges de l’Hudson :

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Il s’agit de l’emprise d’une ancienne voie ferrée, telle qu’on peut la voir enjambant la 28e rue :

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Son nom ? la High Line. Cette voie ferrée se situait dans la partie sud-ouest de Manhattan, et était plus ou moins parallèle à l’Hudson River. Lorsque le trafic ferroviaire cessa, les habitants se mobilisèrent pour transformer le tout en promenade … :

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… et en jardin :

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Une balade apparemment assez longue, en hauteur pour dominer une partie du paysage. Il faut que j’y aille disais-je. Virements et dons en espèces acceptés*.

Illustrations : copies d’écran de GoogleMaps et GoogleStreetView

* cette dernière phrase est bien sûr à prendre au second degré.