Une autre bastide du sud-ouest : Labastide-d’Armagnac

Si Eymet, évoqué dans la note précédente, a gardé un certain aspect médiéval, Labastide-d’Armagnac, dans les Landes, donne plutôt l’impression de s’être arrêtée en 1900, époque où la commune comptait quatorze cafés, bistrots et troquets. C’est un drôle de village, pas bitumé, où la modernité a mis du temps à faire son chemin. Du moins si l’on entend par modernité l’arrivée de l’eau courante, dans les années 1960.
Labastide-d’Armagnac est souvent citée pour avoir servi de modèle à la place des Vosges à Paris. Mais il se pourrait bien qu’il s’agisse d’une légende urbaine.

Photos : août 2015

Collection # 224

Bas-reliefs et chapiteaux
Eglise de St-Paul-les-Dax, novembre 2013

st paul les dax

Combat syndical sur le parvis de l’église

1er mai P1400726A proximité des églises se trouvent souvent d’autres monuments religieux, des cimetières, des monuments aux morts. La présence d’un monument commémorant les luttes syndicales, c’est plus rare.
Et pourtant, cela existe dans les Landes, dans la commune de St-Paul-les-Dax. C’est un monument modeste, une simple plaque fixée sur des rondins de bois. Il se situe sur la place d’une très jolie église médiévale, dont j’aurais peut-être l’occasion de parler si je parviens à venir à bout des copies empilées sur mon bureau, mais ceci est une autre histoire.
L’histoire dont il est ici en revanche question est celle des luttes ouvrières qui ont abouti, entre autres, à la reconnaissance officielle d’un jour légalement chômé, à savoir le 1er mai. En 1991, des organisations syndicales ont ainsi, par ce simple monument, commémoré le 100e anniversaire du 1er mai 1891, qui a finit dans un bain de sang à Fourmies, dans le Nord. Fourmies est alors une ville ouvrière, les 37 filatures de la commune employant une main d’œuvre nombreuse. C’est une ville moderne : tramway, deux lignes de chemin de fer, plusieurs groupes scolaires, téléphone, …
Le 1er mai 1891, à Fourmies, les ouvriers manifestent calmement. L’armée charge, équipée de beaux fusils tout neufs (les Lebel, qui seront aussi employés en 1914). La fusillade fait 10 morts, dont 8 mineurs (la majorité était alors fixée à 21 ans). Peu de temps après, Jean Jaurès lui-même se rend sur place pour rendre hommage aux fusillés. La fusillade de Fourmies apparaît comme un des événements fondateurs du mouvement ouvrier en France.

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Brasser l’eau de l’étang

Tout près de l’Adour, à Dax, se trouve un étang agréable à regarder, où batifolent de multiples poissons, et pas seulement des carpes. C’est l’étang de l’Estey, à deux pas des arènes :

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En ces temps normalement humide d’un automne on ne peut plus standard, l’étang tend à s’étendre hors de ses berges. C’est patouilleux (mes chaussures s’en souviennent) et c’est joli :

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Ce paysage reposant, bucolique, cache pourtant un terrible drame : la surmortalité effarante des poissons en été. En juillet dernier, Sud-Ouest s’en est inquiété, montrant des tas de poissons morts (mais pas les carpes ; solides, elles ont survécu et ont été priées d’aller jouer dans l’Adour).
C’est alors que la municipalité de Dax a pris le taureau par les cornes, ce qui est bien le moins qu’on pouvait attendre pour une cité tauromachique. Et les cornes du taureau, placées sur l’eau à titre expérimental, ça donne ça :

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Une sorte de soucoupe flottante, rattachée au courant électrique par un tuyau rouge :

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Cette espèce de ballon est un aérateur, chargé d’assurer l’oxygénation de l’étang, puisque, on le sait maintenant, nos poissons (mais pas les carpes) sont morts asphyxiés.

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à cliquer :

Collection # 222

Détails d’arènes
Arènes de Dax, novembre 2013

arènes

Collection # 218

Tauromachie
Lydie ARICKX, La Lidia – Arènes de Dax
Photos réalisées pendant l’été 2013

toro

Chasse-querelle sur les bords de l’Adour

lysimaque P1390227Son nom sérieux est « lysimaque », qui lui est attribué car c’est un grec de l’Antiquité, Lysimachos, qui aurait découvert cette fleur.
On l’appelle aussi « chasse-bosse », parce-que de vieilles croyances lui prête la vertu d’éliminer bleus et bosses.
C’est enfin le « lis des teinturiers » : ses racines donnent une teinture brune, le reste de la plante permet de teindre la laine en jaune et même, parait-il, d’éclaircir les cheveux, sous réserve d’en faire une infusion très concentrée. Mais par contre, pour son surnom de « chasse-querelle », je n’ai aucune explication …
Cette fleur d’environ un mètre de haut pousse un peu partout en France, dès lors que l’humidité est suffisante. D’où sa présence abondante sur les bords de l’Adour, à Dax, où elle fleurit tout l’été.

à cliquer :

Que la prudence soit

Le fleuve s’appelle Adour. Adour toujours, s’il ne reste que l’Adour, bref un truc qui se chante façon romance mais gare quand même aux débordements. Parce-que parfois l’Adour déborde. Et si ce n’est l’Adour ce sont les gens, les festayres imbibés qui ne trouvent plus ni les arènes ni leur logis en ces temps estivaux dits « des fêtes ». Fêtes de Dax, bien sûr, au milieu du mois d’août. Une feria classique, avec son quota de beuveries. Et les risques inhérents à ladite beuverie, dont le plongeon involontaire dans l’Adour n’est pas le moindre.
D’où quelques panneaux municipaux indiquant à l’imbibé désinhibé que certains actes peuvent s’avérer dangereux, comme de nager dans l’Adour (une vilaine pleine de courant) ou de grimper aux réverbères … :

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… ou même d’effectuer quelques pas de danse classique sur les parapets :

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Photos : Dax, 15 juillet 2013

Au pays des scarabées bleus

Hier, comme balade dominicale, on a fait « Landes ». Une idée comme ça, histoire de quitter la Gironde pleine de monde. Attention, pas les Landes des plages bondées, non, celles de la campagne, loin des zones de baignade et de jeux nautiques. C’est ainsi que nous avons gambadé le long du Petit Etang de Biscarrosse, relié au grand par un petit canal, et beaucoup moins fréquenté par les touristes :

Les berges sont en grandes parties marécageuses, ce qui oblige à faire  le tour du lac en le voyant souvent de loin voire pas du tout. Au final, nous avons préféré une balade dans la forêt proche (notre présence a ravi les moustiques locaux, en panne de chair fraîche) et une observation de l’eau, tellement bleue que la mer n’avait qu’à bien se tenir :

En terme de faune et de flore, du joli mais, dans un premier temps, rien de bouleversant. Du petit poisson … :

… de la libellule :

Mais surtout, insecte que je n’avais jamais vu avant mais qui, là, pullulait : le scarabée bleu. J’ignore son nom réel (je ne parle même pas de son nom scientifique), et j’ai eu du mal à le localiser sur le net, où il semble aussi connu sous le nom de « scarabée du fumier ». Plus petit que les gros scarabées verts, il est vraiment d’un bleu vif et ne craint absolument pas la proximité de l’objectif de l’appareil-photo :

Fin de fête

Mont-de-Marsan, deux semaines par an, est une ville festive. Apogée lors des fêtes de la Madeleine, qui débutent vendredi prochain, à la fois fête locale, familiale et bon enfant, et gigantesque beuverie. En intro à ce temps fort de la vie montoise, un festival exigeant, tout entier dédié au flamenco, mais dont le dernier jour (samedi 9 juillet), au spectacle final près, tend nettement plus vers la varièt’, ce qui ne nuit pas forcément à la qualité, ni surtout à l’ambiance. Petit extrait :

What’s new ? [mardi 20 avril 2010, 21 h 50]

—> Illustration : la Garonne à Bordeaux, 6 avril 2010.

Des projets énergiques

Que le sommet de Copenhague soit un fiasco, qui fasse plus parler de lui par les violences sur manifestants et les cacas nerveux de tel ou tel participant ou la manière fort peu soucieuse de développement durable avec laquelle ces derniers se comportent (grosses bagnoles, aliments importés de loin et loin d’être bio, etc), ne doit pas masquer les projets en cours de réalisation qui visent, soit à produire de l’énergie de façon durable (et même probablement rentable), soit à utiliser de manière intelligente une énergie qui était jusque-là perdue. Trois exemples en Aquitaine :

  1. Sur l’immense parking du parc des expositions de Bordeaux va être installée une centrale photovoltaïque, qui recouvrira ledit parking, soit une superficie équivalente à 27 terrains de football. La mise en service est prévue pour 2010. La production annuelle devrait permettre d’alimenter 5000 foyers en électricité (ou équivalent, puisque de toute façon cette électricité est renvoyée dans le réseau). Les coûts sont totalement pris en charge par EDF.
  2. Sur la commune de Biganos, au fond du Bassin d’Arcachon, se trouve une usine de pâte à papier qui sent très fort : l’usine Smurfit situé au lieu-dit « Facture ». A proximité de cette usine va être mise en route une unité de production électrique par biomasse, c’est-à-dire que des résidus et des déchets de toutes sortes (dont ceux de l’usine Smurfit, mais aussi les arbres tombés lors de la tempête Klaus) vont servir à produire du courant (69 MW, ce qui en fait la plus importante centrale à biomasse de France). Le chantier a ouvert en octobre de cette année. Le projet, porté par Dalkia, une filiale d’EDF et de Veolia Environnement, devrait permettre la création de 90 emplois.
  3. Dans le nord du département des Landes, sur la commune de Parentis, on produit 60% du pétrole français. Cette production dégage de la chaleur, qui va être utilisée pour chauffer une gigantesque serre où seront cultivées des tomates hors-sol (en l’occurrence sur un substrat d’écorces de noix de coco). A priori, les variétés choisies ont du goût et les fruits seront cueillis à maturité, il ne s’agit donc pas de produire ces immondes tomates insipides comme on en voit trop dans les hypermarchés. Pas question non plus de gaspiller l’eau ou d’expédier les tomates par camions à l’autre bout de l’Europe : ces fruits-là sont destinés au sud de la France, c’est déjà assez vaste comme ça. 35 emplois vont être créés dans un premier temps, sachant que la dernière tranche des travaux, à l’horizon 2014, devrait permettre à l’exploitation d’employer une centaine de personnes. Ce projet a obtenu le soutien du Conseil Régional d’Aquitaine et est approuvé par les associations écologistes qui voient d’un bon œil la réutilisation de l’eau chaude du forage pétrolier, jusque-là perdue, et la récupération des gaz soufrés qui, jusqu’à présent, étaient libérés dans l’atmosphère.

—> Sources :

What’s new ? [jeudi 10 décembre 2009, 21 h 30]

What’s new ? [mardi 8 décembre 2009, 16 h 15]

  • Je n’avais pas vu le coup venir, lorsque le statut de l’auto-entrepreneur a été créé. Mais il s’agit bien d’un procédé de plus aboutissant à la précarisation du travail, même s’il ne semble pas avoir été créé en ce sens. Certains patrons sont des malins, pour ne pas dire des escrocs, qui forcent leurs salariés, nouvellement embauchés ou pas, à adopter ce statut pour ne plus payer de cotisations sociales : ces salariés forcés de devenir auto-entrepreneurs (Rue89).
  • Miss France à la télé devient Miss vieille France sur le web (Les Inrocks).
  • Face au réchauffement climatique, qui devrait encore plus toucher les Sud-Ouest que les autres régions françaises, les pins et la vigne vont devoir s’adapter (20 minutes Bordeaux).