Tu ne pueras point

Le harcèlement au travail est pris très au sérieux au Japon. Obliger quelqu’un à chanter est ainsi qualifié de « harcèlement karaoké ». La liste des différentes formes de harcèlements est longue, et l’une d’elle fait aujourd’hui l’objet d’un bref article dans Géopolis, et le bonheur financier de l’entreprise de cosmétique qui a eu idée de surfer sur cette tendance : il s’agit de lutter contre les odeurs corporelles, que celles-ci rappellent le vestiaire du gymnase municipal ou qu’il s’agisse d’un parfum aussi capiteux qu’onéreux.
En effet, le problème n’est pas seulement de sentir mauvais mais de sentir tout court. L’entreprise de cosmétique évoquée plus haut, partant du constat que presque tous les hommes dégagent une odeur détectable (mais donc pas forcément détestable), s’est lancée dans la formation anti-odeurs à destination des salariés d’une grosse boite de téléphonie, afin que tout un chacun adopte les règles d’hygiène ad hoc. Et je suppose que, accessoirement, elle s’est aussi lancée dans la vente de produits masquant les odeurs auprès de ces salariés hautement privilégiés, sinon à quoi bon faire tant d’efforts.

What’s new ? [mercredi 6 avril 2011, 18 h 55]

  • L’éolien off-shore n’est ni un gadget ni une nuisance, pas davantage une lubie de baba-cool complaisamment mise à mal par les quelques pro-nucléaires qui restent, mais une solution d’avenir qui mérite d’atteindre l’âge adulte : la filière industrielle s’ancre à Brest (Le Télégramme), terre à la fois ventée et sans (trop) de nucléaire (mais un peu quand même : la centrale de Brennilis n’est toujours pas démantelée).
  • Baisse du pouvoir d’achat (air connu) : le café, le petit plaisir qui va devenir un grand luxe (Rue 89).
  • Il y a quand même deux ou trois petites choses qui s’améliorent dans ce Japon tsunamisé, notamment du côte de l’industrie des loisirs. Ça n’empêchera jamais la centrale de Fukushima de faire pipi dans la mer, mais ça rapportera des sous et ça amusera les enfants : la réouverture de Disneyland Tokyo très fortement attendue (Aujourd’hui le Japon), même s’il va encore falloir attendre un peu, probablement quelques semaines.

—> Illustration de la première info : des éoliennes bien terrestres, photographiées l’été dernier dans la vallée du Rhône, depuis l’autoroute A7, pas bien loin de la centrale nucléaire du Tricastin.

What’s new ? [jeudi 17 mars 2011, 8 h 05]

  • Ce matin sur France-Inter, l’attaque annoncée des troupes de Kadhafi sur les zones encore tenues par les rebelles a été comparée à Guernica et à Srebenica. Une honte absolue pour la communauté internationale, qui, de tergiversations en nœuds au cerveau, laisse un dictateur fou massacrer son peuple : la rébellion libyenne en grande difficulté (Le Point).
  • Jusqu’à une date très récente, je gobais le discours ambiant selon lequel les centrales nucléaires japonaises étaient conçues pour être les plus sûres au monde, ou du moins parmi les plus sûres. Evidemment, aucune d’entre elles n’avait essuyé un séisme de magnitude 9 et un tsunami. Il s’avère que les normes de sécurité n’étaient peut-être pas si élevées que ça, prévoyant un séisme de magnitude 7 et rien contre les tsunamis : les centrales japonaises, « un problème sérieux » pour l’AIEA, révèle Wikileaks (Libé).
  • Terminons par une info sans aucune incidence sur le reste du monde, sauf peut-être pour ceux qui ne voient la vie qu’à travers le prisme de leur taux de cholestérol : quand l’œuf mayo devient un plat de luxe (Sud-Ouest).

Une vague remise au goût du jour

Inutile de parler longuement ici des événements qui se déroulent au Japon : tous les médias sont sur zone, occultant en grande partie un Kadhafi qui reprend du terrain et un Gbagbo dramatiquement obstiné. Dure loi de l’information. Pas envie non plus de polémiquer sur le drame nucléaire qui se noue : appelons un chat un chat, c’est bien d’une catastrophe qu’il s’agit, les centrales parmi les plus sûres au monde sont en train d’échapper à tout contrôle.
Les dessinateurs de presse sont aussi sur le pied de guerre, plusieurs d’entre eux utilisant et détournant la célèbre estampe d’HOKUSAI, La vague. Le plus réussi de ces dessins me semble être celui de MAËSTER, montrant bien le dilemme des choix énergétiques dans un pays à la fois ultra-sismique et très pauvre en ressources naturelles.
Cette Vague, justement, qu’en savons-nous ? un des titres plus précis de l’estampe est La Grande Vague, on l’appelle aussi La Grande Vague de Kanagawa. Kanagawa est une des 47 préfectures japonaises, une préfecture étant là-bas l’équivalent des départements en France, celle-ci étant dominée par la ville de Yokohama, située dans la baie de Tokyo :

Le tableau maintenant : archi connue, cette estampe de 1831 a été réalisée par HOKUSAI, dessinateur et peintre très célèbre de son époque, et fait partie de tout un ensemble d’œuvres consacrées au mont Fuji, volcan que l’on distingue en arrière-plan, minuscule derrière l’immense vague :

Vague d’un tsunami ? je l’ignore. Le Japon est un des pays les plus exposés au risque tellurique au monde, peut-être même le plus exposé. Tout Japonais a déjà ressenti la terre trembler, voire a pu vivre un tsunami (indépendamment du dernier en date). Cela fait partie du vécu collectif. Mais le choix de dessiner un mont Fuji ridicule derrière une grande vague peut aussi être un simple choix artistique, celui-ci permettant à l’auteur d’utiliser largement une encre nouvellement introduite au Japon : le bleu de Prusse.

What’s new ? [mardi 21 décembre 2010, 20 h 00]

—> Illustration : Berlin, Potsdammer Platz, décembre 2008.

What’s new ? [lundi 30 août 2010, 14 h 00]

What’s new ? [lundi 30 novembre 2009, 21 h 10]

—> Illustration : Le lit, de Henri de TOULOUSE-LAUTREC (fin XIXe siècle et sans couette).