Homo sapiens en été [39]

Rome – 2009

Homo sapiens en été [29]

Rome – 2009

Mamert, Pancrace et Servais

Bien que remplacés en 1960, dans le calendrier des fêtes à souhaiter, par Estelle, Achille et Rolande, le trio Mamert-Pancrace-Servais reste bien connu des jardiniers pour leur réputation de « saints de glace ». On les fête les 11, 12 et 13 mai, bien loin de l’hiver, mais une légende tenace veut qu’il puisse faire frisquet ces jours-là. Ou pas : 33°7 à St-Etienne le 13 mai 2015 (source), et aujourd’hui, dans mon jardin, il fait 20°C. Nous sommes bien loin des saints-glagla, mais les légendes sont tenaces. D’un strict point de vue jardinier, ces trois jours sont réputés pour être les trois derniers possibles pour un retour sournois du froid avant l’été. En clair, passé lundi, on pourra planter tout ce qu’on veut, ça ne risquera plus de geler.
Quand à notre trio de saints du départ, il correspond à des personnages réels ou supposés du haut moyen-âge, pas jardiniers a priori.
Saint-Mamert était un archevêque du Dauphiné au Ve siècle. Apparemment, il était en froid avec l’archevêque d’Arles et on lui doit d’avoir remplacé une fête romaine visant à protéger les céréales par la procession des Rogations.
Saint-Pancrace serait originaire d’Asie Mineure et serait mort à Rome en martyr et en l’an 304 à l’âge de 14 ans.
Quant au petit dernier, Saint-Servais, il était évêque d’une province belge au IVe siècle. On le dit très accro au dogme de la Trinité, et la légende fait de lui un cousin de Jésus lui-même. Ses reliques se trouvent aujourd’hui à Maastricht.

Ecureuil roux vs écureuil gris

NY / Battery ParkEn Amérique du Nord, l’écureuil est majoritairement gris. Tout comme son cousin roux européen, il n’est pas farouche et déambule sans problème en zone urbaine (les photos qui illustrent cette note ont été prises à New York pendant l’été 2010).
Les deux petits rongeurs attirent inévitablement la sympathie, avec leur petite bouille rigolote, leur agitation constante, et leurs yeux rigolards. Bref, on les aime. Sauf que pour l’écureuil, comme pour d’autres espèces animales, c’est chacun chez soi : le gris en Amérique, le roux en Europe, afin d’éviter une concurrence impitoyable entre les deux.
Il y a un siècle, des écureuils gris ont été introduits sur les îles britanniques : aujourd’hui, l’écureuil gris a remplacé son cousin roux sur la quasi-totalité du territoire. Le problème se pose aussi dans le nord de l’Italie, où le gris est arrivé en 1948. Chassé au Royaume-Uni et en Irlande, il ne l’est plus en Italie depuis 1990, car des pseudo-écolos le trouvaient mignon.

NY / Battery Park
Or, l’écureuil gris concurrence l’écureuil roux pour la nourriture : le roux mange moins, se reproduit donc moins, et tend à disparaitre. Le gris est aussi bien malgré lui porteur d’un virus fatal pour le roux. Au final, l’écureuil gris est donc, malgré sa jolie bobine, classé parmi les espèces invasives et menaçantes pour la biodiversité. L’écureuil gris se rapproche de la Suisse et de la France, le Muséum d’Histoire Naturelle invite d’ailleurs les internautes à signaler toute présence de cette petite bête : cliquez ici si jamais vous voyez un écureuil gris.

Source : Museum National d’Histoire Naturelle

Carte postale [15]

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Rome, février 2011

Cliché urbain [18]

ROME
Eté 2009

Cliché urbain [7]

ROME
Hiver 2011

Cliché urbain [1]

ROME
Eté 2009

Et dire que la bouteille ne s’était pas brisée !

Le marin est superstitieux, du moins le dit-on. Et quand, lors du baptême d’un navire, la bouteille de champagne refuse de se briser contre la coque, on dit que c’est de mauvais augure. C’est ce qui est arrivé au Costa Concordia, l’augure funeste semblant être un capitaine approximatif. Effectivement, ce naufrage pue à plein nez l’erreur humaine, les médias en font suffisamment l’écho pour que j’évite d’y mettre mon grain de sel.
Cette catastrophe, indépendamment du drame humain qu’elle représente pour les victimes et leurs proches, pose la question de la course au gigantisme. Un bateau de 290 m de long, haut comme un immeuble. Lorsqu’il a été mis en service, en 2006, c’était le plus grand navire à avoir été construit dans le chantier de Gênes. Seuls trois autres chantiers navals au monde sont capables de pondre de tels monstres, dont celui de St-Nazaire. Actuellement, son carnet de commande n’est pas suffisamment rempli, même si deux paquebots de ce type viennent d’être commandés. Quid de la construction de ce type de navire si le secteur de la croisière entre en crise, même passagère, après cet accident que l’on croyait improbable ?
Des bateaux puissants, stables, un équipage pléthorique, on se dit que ça ne peut pas chavirer. Mais les procédures d’évacuation sont-elles au point ? manifestement non sur le Concordia, où la panique a rajouté à l’impréparation son lot d’horreurs (oui, des gosses ont été bousculés par des adultes qui voulaient sauver leur peau). L’adage « les femmes et les enfants d’abord », c’est bon pour le cinéma !
Construire toujours plus grand pose aussi des problèmes techniques que les armateurs feignent d’ignorer. Le plus grand paquebot actuellement en service atteint les 365 m de long et transporte 4500 passagers et 2600 membres d’équipage. Quel port peut accueillir un tel engin ? Il faut de la place, du tirant d’eau. Rien qu’à Bordeaux, seuls les bateaux dépassant à peine 200 m peuvent entrer dans le port de la Lune. Les autres accostent au Verdon, et c’est autrement moins sexy que les quais bordelais. Le problème du gigantisme est aussi posé par les assureurs : à combien chiffrer les primes de ces bateaux ? qui va réellement payer la casse ? la compagnie Costa vient de perdre un bateau quasi-neuf, le fleuron de sa flotte. Qui va rembourser la totalité ? et l’indemnisation des victimes ?
Au final, un accident d’une redoutable bêtise, des erreurs à répétition, beaucoup d’improvisation. Quel gâchis !


—> Illustration :
chantier naval de Saint-Nazaire en 2007, avec deux paquebots en construction (si si, regardez bien, il y en a deux l’un derrière l’autre).

—> A cliquer :

Le fils du gardien de phare est tombé dans le panneau

Clet Abraham, 45 ans, fils de gardien de phare, artiste ayant étudié aux Beaux-Arts de Rennes et exposé à Nantes, Paris et dans plusieurs villes d’Italie, est finalement plus connu du grand public pour ses œuvres urbaines et drôles. Ce Breton vit à Florence depuis 2005, et c’est dans les grandes villes italiennes qu’il semble avoir le plus sévit à ce jour : la photo qui illustre cette note a été prise à Rome en février 2011.
Le principe est simple a priori, encore fallait-il y avoir pensé : il s’agit de détourner des panneaux de signalisation, à coup de stickers home-made et collés de nuit par l’artiste lui-même. Parfois, l’œuvre choque les bien-pensant, pour qui tout semblant d’attaque à leur croyance religieuse est considéré comme une haute trahison. Je préfère en rire. Une image a ainsi provoqué la colère, non pas divine, mais bien terrestre, de citoyens de Rome outrés par la transformation de panneaux indiquant une voie sans issue : cliquez ici pour voir de quoi il s’agit, rien de bien choquant, vous en conviendrez.
Ce matin, l’artiste a droit à un article dans Ouest-France. Article qui nous informe sur l’ampleur de l’œuvre (environ 5000 panneaux détournés à ce jour), la manière dont Clet Abraham gagne sa croûte (vente d’œuvres dans des galeries mais aussi d’objets dérivés dans sa propre boutique), les signes de son succès (non pas en euros mais en fans sur Facebook).

Le copier-coller ? c’est Commode !

La semaine dernière, je présentais ici-même un monument de l’antiquité romaine, en l’occurrence la colonne de Marc-Aurèle dont l’édification a été effectuée sous le règne de Commode. Or, notre Commode n’a fait qu’à copier : il existe une autre colonne du même style à Rome, déjà présente dans la ville depuis plus d’un demi-siècle lorsque Commode fait graver les guerres de son père sur du marbre. Cette autre colonne est celle de l’empereur Trajan, qui raconte sa lutte contre un peuple riverain du Danube, les Daces, et qui abrite en prime les cendres dudit empereur. Elle a été inaugurée en 113.
Moins haute que la colonne de la Piazza Colonna, la colonne trajane n’est pas moins intéressante, au contraire. Le dessin des bas-reliefs me semble plus subtils, même si certains points communs se détachent, comme cette impression que les soldats guerroyaient cul-nu :

Mais surtout cette colonne présente des scènes non guerrières, comme ce chargement de bateaux … :

… où le défrichement d’un espace non clairement identifié, les soldats attaquant les arbres à la hache, et ils semblent en baver :

Collection # 89

Détails de la Colonne de Marc-Aurèle (IIe siècle)
Rome, Piazza Colonna, février 2011



Le récit d’une guerre

Aujourd’hui, la guerre se lit dans les journaux, on lit ainsi dans Le Monde que les forces de la coalition ont peut-être sous-estimé les possibilités offensives de Kadhafi, une spécialité française, ça, souviens-toi de Dien Bien Phu, camarade ! La guerre se voit aussi à la télé, s’écrit dans des romans, se dessine en bande, se tourne en film.
Mais avant le dolby surround, internet et le smartphone, on faisait comment ? remontons encore plus loin : avant le journal imprimé sur du papier, celui-là même sur lequel ta grand-mère épluchait ses légumes et son poisson ?
Avant, la guerre, on la gravait dans le marbre, le récit complet, de A à Z, avec les détails. La Piazza Colonna à Rome porte ainsi bien son nom : une colonne d’un peu plus de 50 mètres de haut permet d’y découvrir comment l’empereur Marc-Aurèle, franchissant le Danube, est venu à bout de peuples germaniques qui cherchait noise à son pré carré et à sa paix romaine. 20 blocs de marbres empilés, déroulant l’épopée en formant une spirale. Pour suivre vraiment toute l’histoire, de bas en haut, il faut une vue d’aigle et une nuque très souple, ou avoir pensé à prendre une paire de jumelles avant de partir en vacances, chose assez rare quand je fais du tourisme urbain.
Le monument fut gravé et érigé à la demande du fiston du vainqueur, empereur lui aussi, sous le nom de Commode, à l’extrême fin du IIe siècle de notre ère.

Des perruches en pleine ville

D’après mes modestes connaissances sur les oiseaux, je pensais que les perroquets, toutes marques confondues, n’étaient pas endémiques à l’Europe et, si nous pouvions en voir, il s’agissait exclusivement d’animaux vivant en captivité.
Il faut toujours se méfier de ses a priori et des ses modestes connaissances sur les oiseaux, et surtout se méfier des humains qui les hébergent parfois avec légèreté. Un article émanant d’un site canadien, et datant d’octobre dernier, signale ainsi la présence de perruches (un perroquet vert) dans un certain nombre de grandes villes. Lâchées par leur propriétaire ou assez malignes pour faire fi des barreaux de leur cage, les perruches se sont retrouvées libres dans la ville, et, comme la tambouille n’y est pas si difficile à trouver, elles y fondent famille, voire bravent les hivers rigoureux de l’Amérique du Nord.
D’où la surprise que j’ai eu en février, à Rome, lorsque nous avons entendu puis distingué dans les branches, une magnifique perruche, formant avec l’arbre qui l’abritait un joli camaïeu de vert, dans le jardin de la Villa Medicis. La photo, faite à l’arrache avec un zoom trop forcé, n’est pas terrible, mais, en regardant bien, on y voit l’oiseau :

Scène de crime

Tantale eut une fille, prénommée Niobé, qui, elle-même eut quatorze enfants avec le roi de Thèbes : les Niobides. Niobé fanfaronnait pas mal, se la pétait même carrément avec sa progéniture, se vantant d’avoir eu plus de mômes que Léto, qui, de fait, n’en avait que deux : Apollon et Artémis, qui décidèrent de tuer tous les enfants de Niobé pour restaurer l’honneur de leur mère. Il en va ainsi dans la mythologie grecque.
Dans le jardin de la Villa Medicis, à Rome, tout au fond dans un nid de verdure (les jardins italiens sont verts, sans fleurs ou presque, privilégiant l’art topiaire aux petites fleurettes), une représentation de cet assassinat mythologique a été disposée après avoir été retrouvée lors de fouilles archéologiques, les Niobides étant ici représentés en train de succomber sous les flèches d’Apollon et Artémis, ou tentant en vain de fuir. Les détails de quelques personnages sont visibles à l’annexe.

Collection # 85

Détails de la façade arrière de la Villa Medicis
Rome, février 2011



Un lieu où trouver la juste inspiration

La Villa Medicis, à Rome, est un petit bout de France en terre italienne, d’ailleurs c’est écrit sur le trottoir :

Le lieu, dont le bâtiment semble fort austère côté rue, a pour but d’encourager les arts sous toutes leurs formes, en dégageant les pensionnaires de toute contrainte matérielle. Pendant un an ou deux, les artistes, écrivains et historiens de l’art reçoivent une bourse qui leur permet de mener à bien leurs travaux, le lieu étant, selon la guide qui nous a fait faire la visite, propice à la « juste inspiration ».

Il est vrai que, si la façade est un peu triste quoique imposante, l’arrière du bâtiment est orné d’une pléthore de bas-reliefs, les jardins permettent la déambulation, la vue sur Rome est exceptionnelle, toutes choses qui guident l’esprit loin des contingences de ce monde.

Qui vient à la Villa, aux frais de l’Etat, celui-ci récupérant les œuvres et travaux des pensionnaires ? la guide nous a signalé la présence de 19 pensionnaires en février 2011, venus pour la plupart avec leurs familles (l’école maternelle française jouxte l’entrée de la Villa), et choisis sur concours. Parmi eux, des historiens de l’art (c’est le gros des troupes, ils étaient 10 en 2010), des plasticiens, des cuisiniers, des photographes, des designers, etc. Il est loin le temps du Grand Prix de Rome, où seuls peintres et sculpteurs venaient ici copier des œuvres antiques et montrer ainsi leur talent. Bien loin le temps où le peintre Ingres avait investi cet atelier toujours dévolu à la peinture depuis :

La disparition du Grand Prix de Rome, la création du Ministère de la Culture puis son ouverture à toutes les formes d’art ont eu raison du classicisme antique et de la copie comme preuve  obligatoire du savoir-faire. Bien que toujours privée (et donc non visitable en grande partie), la Villa Medicis ouvre ses jardins au public et accueille des expos temporaires (actuellement : Europunk).

—> Pour en savoir plus, notamment sur l’histoire de ce lieu : le site web de la Villa Medicis

Un des treize obélisques romains

Il parait qu’il y a treize obélisques à Rome. Je ne conteste pas, je n’ai pas vérifié. Sur cette place noire de monde le 13 février pour cause de manif, deux jours après, dans la matinée, seuls quelques touristes et des employés municipaux y circulaient. La piazza del Popolo était comme dans mon souvenir : immense, claire, calme. Au milieu pointe ce bloc de pierre qu’est l’obélisque, 23 mètres de haut jaillis d’Egypte via quelques péripéties banales :

Sa couleur est naturelle, c’est un granit rouge d’Assouan. Comme tout obélisque qui se respecte, la pierre a été taillée d’un bloc. Les dessins gravés, d’une étonnante modernité, sont l’œuvre d’artistes contemporains de Ramses II, ils ont donc en gros 3 300 ans :

L’obélisque a été rapporté d’Egypte à la fin du Ier siècle avant notre ère et a d’abord été érigé sur  le Circus Maximus, avec un autre obélisque du même style, aujourd’hui visible sur la piazza di Montecitorio. Le temps a fait son œuvre, les monuments antiques ont plus ou moins été abimés, voire détruits. Le retour de cet obélisque dans le paysage romain date de la fin du XVIe siècle, lorsque un pape décida d’en faire recoller les morceaux (l’obélisque était brisé) et de le faire ériger à sa place actuelle, non pas pour faire joli mais pour guider les pèlerins qui venaient prier plus près du bon dieu que de ses saints. L’affaire ne fut point aisée : des dizaines de chevaux furent nécessaires pour hisser les 200 tonnes de pierre à l’aide de treuils. Aujourd’hui, le monument s’insère dans une fontaine à quatre bassins datant du début du XIXe siècle :

Un anniversaire, ça se prépare

Pour réussir un anniversaire, il faut s’y prendre à l’avance. Pour celui qui nous concerne, les organisateurs ont calculé large, puisque le D-Day est le 4 novembre. Il s’agit en effet du 150e anniversaire de l’unification italienne, le 4 novembre correspondant au jour où le roi Victor-Emmanuel II est monté sur le trône, Turin étant alors la capitale du pays tout neuf.
Quand on prépare un anniversaire, on range la maison, on emballe les cadeaux, on sort les bougies. Si l’aspect loupiote m’a échappé, l’emballage n’est pas passé inaperçu : les bustes sculptés des hommes (mais où sont les femmes ?) qui ont fait l’Italie moderne sont fin prêts, il ne reste plus qu’à les sortir de leur blister. À Rome comme ailleurs en Italie, on s’affaire pour les festivités : la poste édite des timbres commémorant l’événement, Ferrari sort un modèle baptisé F150, bref, 150 est le chiffre à la mode, visant à faire oublier que la partie nord du pays se séparerait bien parfois du sud, mais une seule Belgique en Europe, ça suffit.
La fête a aussi lieu en France : en remerciement pour son coup de main aux nationalistes italiens, Napoléon III était rentré à la maison avec la Savoie et le comté de Nice, qui, à leur manière, ont aussi un 150e anniversaire sur le feu.

Collection # 85

Rome antique, balade de nuit
12 février 2011




La chaleur du Colisée

Rome by night : 18 h 30. La nuit tombe vite dans ce coin-là en hiver, une heure avant chez moi, alors le « by night » est précoce, bien avant l’apéro et le repos des petons usés par le piétinement urbain. Nous tournicotons dans les antiquités romaines, et arrivons devant le Colisée.

Là, des chats sont pelotonnés sur les spots qui éclairent l’édifice, de l’autre côté des grilles par rapport aux badauds, ainsi protégés des mains furtives des touristes, mais pas des yeux des mêmes arpenteurs de ville. Un seul de ces chats, devenus oranges sous l’effet de la lumière vive, pouvait réellement être pris en photo. On le voit encore mieux sur la photo laissée à l’annexe.

Rendre visite à une vieille copine

Passer quelques jours à Rome, c’est comme passer faire la bise à une vieille copine, qu’on ne voit pas tous les jours mais qu’on n’oublie pas pour autant. Flâner dans les rues, visiter des lieux qu’on ne connaissait pas encore, boire un pot en terrasse, la dolce vita …

Ne pas perdre de vue les fondamentaux

Ce n’est pas parce-que ce sont les vacances qu’il faut totalement devenir sourd aux rumeurs du monde, notamment quand ces rumeurs sont celles de femmes qui réclament respect, dignité, égalité, dans cet ordre ou dans un autre. A cette revendication, qui a projeté dans les rues des villes italiennes un million de manifestants il y a pile une semaine, s’ajoute un ras-le-bol très net contre ce gigantesque macho qu’est Berlusconi. Bizarrement, et alors que nous avions bien vu et lu les affiches, nous nous sommes retrouvés un peu par hasard dans le rassemblement qui a eu lieu à Rome.

C’était Piazza del Popolo, la si bien nommée pour ce genre d’événement. Dire que la place était noire de monde relève de l’évidence. Se frayer un chemin n’était pas chose aisée, mais cet enthousiasme des grands rassemblements pour une juste cause était bien présent, et même contagieux.

A la différence des grandes manifs auxquelles il m’arrive de participer, celle-ci ne formait pas un défilé dans les rues. La foule, dense, écoutait les orateurs avec une très grande attention.

Ce que je retiens de ce moment-là fut bien cette impression d’union, cette foule d’une grande densité, tout entière tournée vers une même cause.

What’s new ? [lundi 18 octobre 2010, 17 h 55]

  • Patrimoine archéologique en danger en Arabie Saoudite (Courrier International).
  • Bref résumé d’un pan de l’histoire de l’aéronautique : les défis de Latécoère, créateur de l’Aéropostale (Le Monde).
  • Les rois de l’évasion fiscale vont devoir remettre leurs cartes à jour et changer la destination des pépettes qui, normalement, devraient aller dans ma poche, et aussi la tienne et celle du voisin de ta grand-mère (ça s’appelle la resdistribution, ou la répartition, enfin tu vois l’idée), bref, ces champions des sous placés hors de France vont devoir se rabattre sur d’autres destinations (le pire, c’est qu’il en reste. Trop) : mort d’un paradis fiscal, en l’occurrence celui de San Marin (Presseurop).

What’s new ? [dimanche 22 août 2010, 22 h 00]

  • Coup d’œil pas toujours très tendre sur une ville ultra-touristique : Venise par petites touches (Slate).
  • Balade en photos sur le canal de Nantes à Brest : le long du canal des bagnards (Télérama ; la totalité de l’article, qui explique notamment le titre, est à lire dans la version papier du magazine).
  • Dans la série « qu’est-ce qu’on va pas inventer pour finir dans le journal … ou aux urgences » : le « balconing », un nouveau jeu stupide et mortel qui inquiète les stations balnéaires espagnoles (Courrier International).

—> Illustration : Antonio CANALETTO, Vue du bassin de Saint-Marc, XVIIIe siècle.

What’s new ? [mardi 9 février 2010, 18 h 15]

—> Illustration : détail d’un tableau de Pietro LONGHI, XVIIIe siècle.

What’s new ? [mardi 8 septembre 2009, 21 h 30]

  • La crise n’empêche pas le tourisme mais le modifie : on se dirige vers des régions meilleur marché, y compris en Italie où la pointe de la botte attire à nouveau les touristes, qui ne négligent plus le charme des Pouilles, de la Calabre et de la Campanie (CaféBabel).
  • C’est complètement crétin, tout le monde s’en tape : la plus longue frite du monde est française et qui plus est du Nord, et bientôt en vente sur e-Bay après congélation. Qu’est-ce qu’on ne va pas inventer pour prendre les gens pour des cons ! (vidéo sur Le Post).
  • Grippe A : menaces sur les libertés. C’est ainsi que Libé nous interpelle sur les dommages collatéraux de cette fichue grippe. J’entendais ainsi ce matin sur Inter que les procès allaient peut-être avoir lieu à huis-clos et avec un seul magistrat. L’indépendance de la justice ne devait sans doute pas être suffisamment attaquée comme ça. Démocratie, vous avez dit démocratie ?

Collection # 8

Street-art
Photos prises entre décembre 2008 et juillet 2009

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De gauche à droite et de bas en haut :
1, 2 et 3 : quartier de Bacalan à Bordeaux
4 : Ambérieu-en-Bugey (Ain)
5 et 6 : Saint-Etienne (Loire)
7 et 8 : Rome
9 : Berlin

Week-end à Rome [7]

Redim-treviIl était dit que nous ne quitterions point Rome sans jeter négligemment trois centimes d’euro dans la fontaine de Trevi. Hormis un troupeau de jeunes pèlerins de jaune vêtu, dont une partie se fit interpeler par le carabinier because grimpette prohibée sur la fontaine, le lieu était plutôt calme, et nous n’eûmes pas besoin de piétiner le peton délicatement bloti dans sa tong-botte (si si, ça existe) pour nous frayer un chemin. La journée pouvait alors commencer …
Redim-navonaL’esprit serein et apaisé après le geste miraculeux, nous allâmes d’un pas guilleret, quoique ralenti par la chaleur, jusqu’à la piazza Navona. Trois fontaines dont aucune en travaux : ça aussi, ça tient du miracle. Tour complet et détaillé des sculptures (voir « collection » de mercredi dernier), puis balade un peu au hasard dans les petites rues à l’ombre.
C’est alors que nous entrâmes dans une église. A Rome, c’est plutôt banal, j’en conviens, mais celle-ci ne l’est pas tant que ça : Santa Maria dell’Anima cause en allemand. Les affiches, les cartels sous les tableaux, le prêtre s’expriment en germanique. L’ambiance elle-même n’est pas banale, et a fortement satisfait mon goût prononcé pour l’humour noir : certaines sculptures et peintures sont carrément « gore » (squelettes, têtes de mort, évêque farfouillant des entrailles, etc), tandis que les marmots sculptés dans le marbre tirent une tronche de dix mètres de long, il est clair que quelque chose les travaille !

Redim-marmots Redim-veneziaPoint final de notre week-end, entre le repas de midi et le retour à l’aéroport : petit détour par la Piazza Venezia, où là aussi les travaux ont bien avancé en deux ans. Ciao !

Week-end à Rome [6]

En soirée de ce samedi assez dense, nous tentons de jeter nos piécettes dans la fontaine de Trévi, en échange de quoi, c’est magique, tu gagnes ton retour garanti pour Rome (si si, je te promets, c’est magique, tu lances ta pièce en te mettant de dos, et le billet d’avion jaillit de la flotte), mais tentative vaine : la foule est tellement compacte que nous apercevons à peine la fontaine.
Redim-bouffeDu coup, lot de consolation : une bonne glace à la pistache,  achetée dans une boutique qui deale des sandwiches géants. Mais pour dîner, nous avons préféré un petit resto très sympa à deux pas du Colisée. C’est beau une ville la nuit, même si la photo est un peu floue …

Redim-colisée