Les rondeurs de l’été

L’été n’a plus, officiellement, qu’une semaine à vivre et, climatiquement, il est déjà mort. C’est donc pile le moment de se payer la traditionnelle séquence nostalgie : à quoi ressembla donc cet été 2015 ? et bien il fut rond, circulaire, tournant. La preuve en images.
Première séquence : la tour qui domine Palavas-les-Flots. On peut grimper tout en haut, y boire un coup en regardant la plage. Au loin, on voit la Grande-Motte, il parait qu’il y a des gens qui aiment. Et en plus, la nuit, la tour s’éclaire et change de couleurs :

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Il y eut aussi, mais c’est presque tricher, un cercle inachevé. C’est un drôle de bâti sur l’Hérault, plus précisément sur un barrage. Il y a de l’hydroélectricité dans le coin, et donc cette cahute en forme de bergerie :

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Rapprochons nous de l’Aquitaine, sans toutefois en franchir la frontière : nous voici dans le Tarn-et-Garonne, plus exactement à Valence d’Agen. La petite ville elle-même ne mérite pas le détour architectural auquel on pourrait s’attendre dans cette région, mais on y voit néanmoins un superbe lavoir circulaire :

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À deux pas de Valence d’Agen : Auvillar. Alors là, attention les yeux, ça dépote ! Ce village-là ne vaut pas le détour, il vaut carrément le voyage, et pas seulement pour son ancienne halle aux grains, circulaire elle aussi :

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Photos : fin août et début septembre 2015

Collection # 313

Flamants roses
Département de l’Hérault, août 2015

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La balade à Balaruc

Etang de Thau, 8 mai 2013. Je ne connaissais la station thermale et balnéaire de Balaruc que de nom, j’ai pris une petite heure pour faire plus ample connaissance, via une promenade pédestre très agréable et plutôt calme : la promenade Georges Brassens. Première image : une eau très claire, avec des moules dedans.

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La balade offre aussi une vue assez complète de l’étang de Thau :

balaruc Etang de Thau vu de Balaruc - 8 mai 2013

On prend un virage, et c’est la ville de Sète qui saute aux yeux :

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Une fresque représente la star sétoise : BRASSENS, attablé devant « La cabane à Lolo », avec d’autres personnages, comme Dali, qui tente une entrée par la cheminée. Pour lire la description de cette fresque, cliquez ici.

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Et surtout, chose qui semble incongrue alors que les frimas sont revenus : des gens en maillot de bain bronzaient tranquillement.

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Eiffel n’y est pour rien

olargues P1360237Du haut du village d’Olargues, dans l’Hérault, on aperçoit un pont métallique rouge pétant qui franchit le Jaur à 162 m au-dessus du lit de cet affluent de l’Orb. Ce viaduc, à l’origine, était sottement gris, mais le rouge lui va bien. Une plaque indique qu’il est l’œuvre d’un certain EIFFEL, prénom Gustave. Or il n’en est rien. Ce viaduc, autrefois destiné à transporter voyageurs et marchandises entre Mazamet et Bédarieux, a été construit en 1889 (comme la tour de monsieur Eiffel), sous la direction d’un ingénieur des ponts et chaussées de l’Hérault. Sa construction ne semble pas avoir nécessité de relever de défis techniques particuliers, et s’il fut construit en métal ce fut apparemment pour que cela coûte moins cher. La voie ferrée a été totalement abandonnée en 1986 (depuis 1972, elle ne servait plus que pour le fret), et aujourd’hui le viaduc a été intégré à un réseau de pistes cyclables.

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à cliquer :

Béziers côté guerre

Ce sont des plaques commémoratives comme il en existe partout, qui rappellent au passant qu’autrefois, là, le vent de l’histoire a soufflé. Il a même parfois soufflé fort.
Sur le côté gauche de la façade du théâtre de Béziers, une plaque nous apprend qu’au tout début de la IIe Guerre mondiale, des Belges sont venus chercher refuge ici, bien loin de leur plat pays qui n’était plus vraiment le leur. Il faut dire que ces réfugiés étaient juifs, religion fort difficile à porter lors de l’occupation nazie. Ils purent rester dans cette ville à peu près en paix jusqu’en 1942, date à laquelle Béziers, comme l’ensemble du sud du pays, passa en zone occupée, mais aussi date de la mise en place du plan d’extermination systématique des juifs d’Europe par les nazis. Sans parler des ardeurs vichystes dans l’exécution de ce plan délirant …

La gare maintenant : cette fois, c’est du STO qu’il s’agit, ce service du travail obligatoire mis en place par Pétain et ses sbires à la demande du IIIe Reich, avide d’une main-d’œuvre nombreuse et servile pouvant soutenir l’effort de guerre. 3000 déportés de l’Hérault partirent de cette gare-là. Comme les autres jeunes gens envoyés au STO, ils furent employés chez IG Farben, BASF, Siemens, … bref, les fleurons de l’industrie germanique, tout entière alors dévouée à la folie du Führer. Les gens les plus touchés par cette mesure sont ceux nés en 1922, tout juste majeurs lors de la mise en place du STO (la majorité était fixée à 21 ans à l’époque). Parmi eux se trouvaient Pierre Brault, qui a récemment témoigné dans les colonnes du Midi Libre, racontant comment il a refusé de partir (le STO a alimenté les réseaux de résistance de manière significative), mais aussi comment il n’a pas pu faire autrement que partir avec les autres, dans ce train au départ de la gare de Béziers. Refusant d’effectuer correctement son travail, voire participant à des actions de sabotage, il a connu les geôles nazies, jusqu’à Dachau. Il n’est rentré chez lui qu’en 1945, bien après la Libération de sa ville.

La Libération fait l’objet de la troisième plaque, celle qui, par son vocabulaire pas si convenu que ça, m’a le plus attiré le regard sur le côté droit de la façade du théâtre. Elle fait allusion à un fait pour lequel j’ai trouvé fort peu d’infos auprès du camarade Gougueul. On y apprend néanmoins que la ville fut libérée le 22 aôut 1944. Deux jours avant, alors que la victoire semblait acquise, la foule se presse dans le centre-ville, malgré les recommandations de prudence des résistants locaux. L’armée nazie, en déroute, évacue les locaux occupés par la Kommandantur et par la Gestapo. Des soldats de la Wehrmacht, venant de Toulouse et tentant de se rendre à Montpellier, semblent pris de panique face à la foule et surtout face à la Libération en marche. Ils ouvrent le feu, tuant dix Biterrois et en blessant une quarantaine. La guerre est finie, du moins pour cette ville-ci.

Une ville, une heure : premier contact avec Béziers

Il y a des balades de hasard, des pas prévues, des « pas pensées » avant. Béziers, donc, avec un vent marin à tondre en une fois toutes les brebis du Larzac. Une petite ville un lundi : beaucoup de commerces fermés. Une petite ville pendant les vacances scolaires : des petits groupes d’ados qui ont l’air de s’ennuyer ferme. Et puis un ciel triste comme un mois en « r » sans huître. La ville me surprend néanmoins, notamment par ses bâtiments qui semblent trop grands pour elle, assez souvent dans un style haussmanien. Comme il se doit pour une balade si brève, je n’ai guère le temps de me perdre dans les ruelles, probablement plus surprenantes que les bâtiments publics classiques. Parmi ceux-ci, je retiens tout d’abord le théâtre :

Bien sûr, la cathédrale Saint-Nazaire, plus surprenante que réellement belle :

Et enfin l’hôtel de ville, dont la façade est finalement assez petite, mais de jolie facture, limite style hollandais :

What’s new ? [jeudi 26 août 2010, 8 h 00]