Les lundis se suivent et se ressemblent

C’est marrant, mais, depuis le début du confinement, le lundi c’est jour de pluie. Au début, cet aspect météorologique m’a rendue grognon. Et puis l’habitude vient, on se dit que cette pluie, c’est bon pour le jardin. D’ailleurs, les escargots n’y voient aucun inconvénient.

Deux escargots dans le petit jardin du grand confinement, le lundi 27 avril 2020

Un autre 26 avril

26 avril 2008 – Pointe du Cap Ferret

Comme hier, la photo qui illustre la note d’aujourd’hui est celle d’une époque révolue, mais pour une raison bien différente. Si le covid et le confinement empêchent tout accès aux plages actuellement, ce n’est que temporaire. Par contre, la plage de la pointe du Cap Ferret est totalement interdite d’accès définitivement et depuis plus d’un an, pour cause d’érosion. Et contre cela, le déconfinement ne pourra rien.
En revanche, la dune du Pilat, que l’on distingue en arrière-plan, sera à nouveau accessible un jour. Et j’ai hâte que ce jour arrive car c’est de là-haut que la vue sur le Bassin d’Arcachon est la plus belle, surtout quand, comme aujourd’hui, le temps devient orageux.

Laurier classé X

On tourne à peine le dos que le laurier du jardin devient une scène de stupre et de fornication, un hot spot du zizipanpan et du crac boum hue, voire du crac-crac tout court. Dans un petit jardin où vit un hérisson célibataire, du genre qui a fait vœu de chasteté pour se consacrer au dodo sous la couette feuillue et à la chasse aux escargots. S’il voit ça, le hérisson que va-t-il penser de la tenue de ce jardin ? de la moralité des tauliers ? je m’attends à une fin de semaine difficile …

Deux insectes en mode peace and love dans le laurier du petit jardin du grand confinement

Un flash d’hirondelles

Derrière chez moi y’a un étang. Un tout petit étang artificiel de rien du tout, mais dans le kilomètre autorisé par la loi, et ça change tout. Sur cet étang volent à toute vitesse quelques rares hirondelles. Allez-y les filles, boulottez du moustique, surtout du tigre, car on aimerait bien ne pas choper la dengue en plus du covid.

Deux hirondelles dans l’agglomération bordelaise en avril 2020

Papillon d’un jour

Il était déjà là le matin, au moment de l’ouverture des volets, collé sur l’extérieur d’une vitre du côté nord. Il était là en milieu de matinée, puis sur l’heure du déjeuner. En fin d’après-midi, il n’avait toujours pas bougé une patte, pas cillé, pas vibré. Extérieur de la fenêtre, côté nord un jour de pluie. Ce n’est qu’une fois la nuit tombée qu’il s’est envolé.

Un minuscule papillon passe une journée entière sur la même vitre – 20 avril 2020

Première photo des vacances

Vacances de printemps, zone A : ça commence ce soir. En ce qui me concerne, je suis même en vacances depuis un quart d’heure. Pas de temps à perdre ! Même en confinement, même dans un espace de libre parcours de 30 m2, même avec accès contrôlé à un espace d’ 1 km de rayon pour une promenade d’une heure par jour, même avec donc quelques contraintes partagées par bon nombre de mes contemporains, les vacances restent les vacances, et, à ce titre doivent être immortalisées par des photos quotidiennes, afin de montrer au monde entier comme je kiffe grave ce moment, un peu comme ces zozos dont le nombril tient lieu de cerveau, et qui balancent des selfies à tout va sur les réseaux sociaux à la mode, pour bien montrer comme ils ont de la chance, eux, de bronzer aux Seychelles pendant que de pauvres crétins fauchés triment pour faire les courses à Lidl. Bref, moi aussi je me la pète, parce-qu’il n’y a pas de raison d’être moins sotte que les autres, et je vous présente donc ma première photo des vacances de printemps 2020, garantie sans trucage :

Paysage vu de la fenêtre du 1er étage – Vacances de printemps : jour 1

Et oui, c’est la vie : il pleut !
Bonne continuation à tous.

Qu’est-ce qui a 8 pattes et qui marche la tête en bas ?

Pas de mauvais esprit les enfants : il ne s’agit pas du patron-président de la France et de sa rhétorique guerrière, pour la bonne raison que, nonobstant sa tendance à prendre parfois les problèmes à l’envers, notre bien aimé patron-président n’a pas 8 pattes. D’ailleurs, les patrons-présidents sont des humains comme les autres, ils n’ont pas des pattes mais des bras et des jambes. C’est donc forcément un tout autre animal qui déambule ainsi entre les fils qu’il a lui même tendus afin de saisir ses proies.
Morale du jour : quand le patron-président te met les nerfs en pelote, prend le temps d’observer les animaux autour de toi, cela évitera que ses fesses tu lui bottes.

Une araignée dans le petit jardin du grand confinement

Pas de muguet le 1er mai

Un esprit chagrin pourrait voir dans cette absence de muguet au 1er mai une absence de 1er mai tout court : en tant de confinement, ni manif de fête du travail, ni vendeurs et vendeuses de muguet porte-bonheur dans les rues.
Un esprit moins chagrin aura une explication plus simple : pas de muguet au 1er mai car il a fleuri mi-avril. Dans le petit jardin, comme bien souvent, le muguet a quinze jours d’avance.

Translation des butineurs

Au début du confinement, les butineurs avaient assailli de leur vibrante gourmandise le petit pommier décoratif du jardin, alors totalement fleuri. Le pommier a perdu ses fleurs, les feuilles jaillissent de partout, les premières pommes sont déjà formées. C’est au tour de la glycine d’entrer en scène, maintenant intégralement mauve et odorante. C’est elle qui attire désormais les butineurs, juste au-dessus des iris où ronfle le hérisson. Le secteur est sonore, j’adore.

Un butineur dans la glycine – Avril 2020

« Jurassic Park » sur le mur du garage

Tout comme le charmant rougegorge qui volette au-dessus du jardin en hiver, le lézard gris des murailles descend des dinosaures. Dinosaures, qui, bien qu’ayant disparu bien avant qu’homos sapiens mette la pagaille sur la planète, ont donné descendance aux oiseaux et aux lézards, quelque soit la taille desdits lézards. Le lézard gris des murailles n’est pas du genre à terrifier les foules, il faut l’admettre. Pour un rôle majeur dans une production hollywoodienne, il devra attendre encore un peu.
Mais, en temps de confinement, le petit animal prend un tout autre intérêt. Il devient sujet d’observation voire de portrait. Le site aujardin.info indique qu’il aime particulièrement les rocailles et les pierres sèches. En milieu urbain, il ne dédaigne pas non plus le mur du garage, orienté plein sud, ça aide pour réchauffer ses vieilles articulations après l’hiver.

On dirait qu’on ferait une balade en forêt

Sortir dans le jardinet, entendre le sommeil du hérisson, et se précipiter sous le petit pommier en imaginant qu’il est immense, qu’il est au cœur d’une forêt, qu’il faut choper le torticolis pour en voir la cime. On dirait que.

Faire deux pas vers la gauche en imaginant deux kilomètres, dans la jungle touffue d’un gazon pas anglais, mais un gazon tout de même. Se placer sous la glycine et y voir les lianes gigantesques et fleuries d’une forêt tropicale. On dirait que.

Bilan de la balade : avoir un appareil photo un peu sympa, ça aide. Peut-être même que ça aide à voir des animaux terribles qui font peur (non, pas le hérisson).

Balade réalisée dans le petit jardin du grand confinement au printemps 2020

Les déambulations du hérisson

Revenons, si vous le voulez bien, quelques temps en arrière : un hérisson avait été pris en flagrant délit de grosse ronflette sous les iris du jardin.
Depuis, chaque jour, presque toujours au même endroit, j’entends la respiration sonore de l’animal. Hier soir, après un dîner sur la terrasse permis par une météo clémente, mon homme et moi-même vîmes le hérisson sortir de sa cachette, arpenter le gazon pas anglais pour un sou du jardinet, puis filer dans le bûcher. Clap de fin pour la soirée.
Ce matin, alors que je petit-déjeunais derrière la vitre donnant sur la terrasse, je vis pépère faire son petit tour, puis filer à nouveau sous le bûcher. Sur le coup de midi, il ronflinait à nouveau sous ses iris, que nous nous gardons bien d’approcher de trop près et surtout d’arroser, car une douche en plein sommeil, c’est désagréable, même quand on a un manteau d’épines.

Le hérisson du petit jardin en temps de grand confinement – 9 avril 2020

Le retour du grand capricorne

Le grand capricorne du chêne est un très grand coléoptère noir, aux antennes immenses, qui, si j’en crois insectes.net, se pointe en général fin mai début juin. Le spécimen vu hier dans mon jardin arrive donc un peu tôt dans l’année, d’autant plus tôt que je l’avais déjà croisé (lui ou son frère) il y a une semaine. Un bon mois d’avance, en somme.
L’animal est impressionnant par sa taille (autour de 6 cm de long, voire plus) et surtout par le gigantisme de ses antennes. Sa principale activité lors de sa courte vie (un ou deux mois) consiste à se reproduire. La femelle pond ses œufs dans des troncs d’arbres (prioritairement des chênes), où les larves se nourrissent en creusant des galeries potentiellement gênantes pour le développement de l’arbre ainsi squatté. Le département de biologie de l’ENS de Lyon signale que c’est cet aspect-là du grand capricorne du chêne qui pose problème : l’animal est protégé par la loi (ce qui n’est pas si fréquent pour un coléoptère) alors que ses larves font des dégâts. Oui, mais la présence desdites larves serait aussi un facteur favorisant la biodiversité. Le débat est ouvert …

Un grand capricorne du chêne vu en Gironde le 5 avril 2020

Le ciel se vide

Souvenons-nous d’un autre mois d’avril, il y a dix ans. Le 14 avril 2010, un volcan islandais, dont je suis incapable d’écrire le nom sans avoir recours au bon vieux copier-coller (l’Eyjafjöll), entre en éruption. Le nuage de cendres dégagé alors paralyse le transport aérien d’une bonne partie de l’Europe. En quelques jours, plus un aéronef ne décolle ni n’atterrit, le calme total, le ciel enfin rendu aux oiseaux.
Actuellement, le ciel a un peu la même allure, quoique pour des raisons bien différentes. Orly a fermé il y a deux jours. Roissy tourne au ralenti. Les autres aéroports sont quasiment à l’arrêt, même si une petite activité se maintient, notamment pour le frêt. Voici donc à nouveau un ciel qui se vide, comme on peut le voir sur la capture d’écran ci-dessous (flightradar24.com), réalisée aujourd’hui même à 11 h 30 :

Le ciel se vide mais il n’est pas encore totalement vide. Chaque avion passant au-dessus du jardin devient ainsi un objet de curiosité bon à photographier, comme ce vol Qatar Airways vu hier sur le coup de 19 h :

De la Garonne à la lune

Ce temps surprenant du grand confinement, qui cloisonne en niches étanches à peu près la moitié de la planète, a quelque chose d’étrange. Forcément. On manque d’habitude. On tâtonne. On espère surtout le moment sublime du retour au grand dehors.
Ça peut paraître idiot et futile, alors que tant de mes concitoyens risquent leurs vies pour préserver la mienne : caissières et caissiers, soignantes et soignants, policières et policiers, éboueurs (les éboueuses sont plus rares, à ma connaissance), etc. Ça peut paraître futile, mais, parfois j’ai des envies un peu simples, des images d’eau, des envies de Garonne. Juste cela. Il faut attendre encore. À défaut de Garonne je me contente de la lune et d’une étoile qui brille à côté. La photo a été prise le 30 mars depuis mon petit jardin.

Photo de la semaine du 23 au 29 mars 2020

Sortez les snow-boots ! (en Gironde)

Programme pour demain (j’avais prévu prépa de cours, mais il y a parfois des impératifs qui bouleversent le planning) :
– (re)trouver vêtements et chaussures adaptés à la neige
– apprendre le ski de fond
– maîtriser le montage du bonhomme de neige
– réviser les règles de la bataille de boules de neige (en temps de confinement)
Parce-que demain, en milieu de journée et en climat océanique sous le 45e parallèle, ce qui nous attend, c’est ça :

Site web de Météo France consulté le 29 mars 2020 un peu avant 17 h (capture d’écran)

À quoi rêve le hérisson ?

L’histoire a commencé hier matin. Bien confinée derrière la vitre, à l’heure où, en temps normal, je me bats avec des terminales pour qu’ils entrent en cours l’un après l’autre et non tous en même temps en hurlant (oui, des terminales), bref, en ce temps plus paisible du confinement, je regarde par la fenêtre. Et j’assiste, ébahie et joyeuse, au ballet d’un gros hérisson qui, du plus vite qu’il peut (en tout cas assez vite pour que les photos soient floues), va de sa tanière sous les iris vers le fond du jardin, là où il y a brindilles et feuilles sèches. Le gros pépère chope les végétaux dans sa gueule, file vers sa tanière, les dépose, puis recommence. Ça dure un bon moment.

Un hérisson pressé d’aménager sa tanière en vue d’un gros dodo dans le petit jardin du grand confinement

Plus tard dans la journée, j’ai compris ce que le hérisson faisait sous son douillet tas de feuilles : il dort. Et même il ronfle. Ce midi encore, j’ai eu l’impression qu’il avait le sommeil quelque peu agité, comme vous arriverez peut-être à l’entendre sur ce petit bout sonore capté avec les moyens du bord :

La glycine entre en piste

Dans le petit jardin du grand confinement, après le pommier décoratif, c’est au tour de la glycine de montrer ce dont elle est capable, de jolies fleurs mauves qui sentent bon.

La glycine du petit jardin pendant le grand confinement

Bande-son des petits jardins en temps de grand confinement


Tondeuse
Karcher
Taille-bordure
Tondeuse
Karcher
Taille-bordure
Tondeuse
Karcher
Taille-bordure

Ce que le confinement peut nous apporter de meilleur

C’est une contrainte énorme, un effort au jour le jour, surtout pour celles et ceux qui, par obligation professionnelle, n’ont pas droit au confinement, c’est-à-dire cette mise à l’abri indispensable et vitale pour la société entière.
Pour les autres, les veinards dont je fais partie, c’est sans doute un moment unique, un moment où le ralentissement s’impose et dont il faut aussi tirer les conséquences positives. Une première de ces conséquences, immédiate et évidente, concerne la baisse très nette de la pollution de l’air (à lire dans Sciences et Avenir).
Nous constatons aussi la baisse de la consommation électrique, qui se traduit, par exemple en Gironde, par l’arrêt de deux des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Blayais.
Une manière, certes un peu brutale, de prendre conscience que l’humanité, en modifiant ses pratiques, a les outils dans ses mains pour remettre la planète d’aplomb. À nous tous d’en tirer les leçons pour le jour où nous pourrons reprendre enfin, une vie dite « normale ». Il est clair qu’il faudra positionner clairement le curseur de cette nouvelle normalité.

Captures d’écran du site web de Sud-Ouest, 21 et 22 mars 2020

Equinoxe

Si la nature s’est déjà mise en mode printemps depuis quelques jours voire quelques semaines, l’hiver est officiellement fini depuis 4 h 49 ce matin (confirmation ici). Le confinement n’interdisant pas de regarder par la fenêtre et de profiter de son jardin, quand on a la chance d’en avoir un, je savoure chaque brin d’herbe, chaque vol d’oiseau, chaque errance d’insecte.
Ainsi, hier, j’ai vu Monsieur Merle et Madame Merlette jouer à zizipanpan sur la murette. Depuis quelques jours déjà, Mme Merlette stockait toutes les brindilles et branchettes qu’elle pouvait pour bâtir le nid. La ponte a-t-elle eu lieu ? ce matin, dans le jardin, je n’ai vu que M. Merle qui, comme chaque jour, est venu chercher sa pomme du petit déjeuner dans le pommier décoratif du jardin. Le pommier, d’ailleurs, est en train de fleurir :

Début de floraison du pommier ornemental, dont les fruits sont exclusivement réservés à la consommation des oiseaux

Milan, enfin

Milan. Milan noir plus exactement. C’est le nom de l’oiseau migrateur longue distance qui arrive en premier au-dessus de mon jardin, bien avant les hirondelles (si hirondelles il y a). Normalement, il est là en février, il tourne et déambule tranquillement, convole en justes noces, croit et multiplie, puis repart repus vers des contrées appropriées dans le courant du mois d’août.
Il y a quelques jours, j’appris de source sûre et conjugale que le milan errait dans les parages. Des jours où j’avais école sans doute, ou pas suffisamment le nez dans les nuages. Hier enfin, je vis le milan noir surfer dans l’air tiède au-dessus du jardin.

Un milan noir en Gironde. 13 mars 2020

Première pivoine

Originaire de Chine, la pivoine peut vivre cent ans, à condition qu’on ne la déplace pas. Actuellement, les premières pivoines montrent leurs couleurs en ville. Je ne me souviens jamais, d’une année sur l’autre, si cette floraison est normale alors que l’hiver n’est pas terminé, ou si, douceur de l’air oblige, la pivoine n’a pas un peu d’avance.

Une pivoine en bouton – Bordeaux – Février 2020

Errances valentiniennes

Ils ont 15 ou 16 ans. Ils entrent en classe alors qu’il fait encore nuit, il est à peine huit heures du mat’, et ils se chamaillent, pour, au final, me demander mon avis, parce-que la prof, elle, elle sait, elle va trancher. « Madame, la saint-valentin, c’est bien juste un truc commercial ? hein, madame ? ». Et là, je sens que l’exercice de cartographie risque de démarrer un poil plus tard que prévu.
En soirée, à l’heure des courses un peu inévitables, je vois avec effroi des fraises. Oui, des fraises, en février, en zone tempérée de l’hémisphère nord. Des fraises dans une boite en plastique en forme de cœur. Dites, les gens, vous n’avez pas l’impression que c’est du grand n’importe quoi ? du bazar bien commercial à deux balles, histoire de verrouiller le consommateur lambda dans l’illusion que l’amour passe par la dépense imbécile ? L’élève de matin avait raison, mais il n’a pas fini sa carte, il a dessiné des cœurs sur son cahier.
Petite note optimiste : une fleuriste bordelaise a décidé de ne pas vendre de roses pour la saint-valentin, notamment parce-qu’elles viennent de trop loin, au profit de fleurs locales et de saison. Merci madame (à lire dans Sud-Ouest si vous êtes abonné).

Un cadenas-cœur accroché sur une rambarde des quais de Bordeaux – Février 2020

Kaï kaï l’écaille

L’écaille se tire, s’arrache, se décolle, de la carapace de l’animal qui, en ce début de février, prend le soleil sur une mare artificielle. La tortue de Floride, fort bien adaptée au climat girondin, se met en mode mue et fait peau neuve. L’écaille part en lambeau, la tortue qui grandit a besoin d’une nouvelle peau.

Une tortue de Floride en Gironde – Février 2020

Comme un retour à la normale

Je ne parle pas ici de boulot (les coups portés chaque jour restent fort rudes), mais de météo. De quelle normale parlons-nous ? des températures quasi-estivales d’hier ? Bien agréables, mais, début février, est-ce bien la norme ? des mimosas qui sentent si bon, des oiseaux qui s’égosillent avant même le lever du jour ? cela oui, c’est normal. Et puis aussi se souvenir que l’hiver n’est pas encore fini, que si le froid se fait discret, le vent peut encore souffler. Météo France se tâte : faut-il ou non annoncer un coup de tabac pour la semaine prochaine, une brave tempête venant de l’ouest ? (à lire dans Sud-Ouest).

Source : https://www.windy.com/ (4 février 2020, 22 h 20)

En temps normal

En temps normal, les forces de police ne se mobilisent pas devant un lycée lors d’un examen. Et pourtant …. (exemple à Nantes).
En temps normal, les chefs d’établissement ne contrôlent pas les réseaux sociaux que fréquentent leurs élèves. Et pourtant … (exemple à La Rochelle).
En temps normal, des lycéens ne se retrouvent pas enfermés dans leur lycée pour passer un examen pour lequel ils n’ont pas reçu de convocation, accessoirement au mépris de toutes les règles de sécurité. Et pourtant… (exemple à Bordeaux).
En temps normal, un gouvernement responsable sortirait du déni et mettrait fin à la crise qui parasite le nouveau bac autrement que par des menaces et des violences. En temps normal, le ministre de l’éducation sortirait de sa tanière pour s’exprimer, revenir en arrière, voire, démissionner.
Mais le temps normal n’est pas le temps présent.

Des élèves manifestent contre la réforme du lycée à Nantes – Source : France 3 (capture d’écran YouTube)

Exceptionnelle orite

L’orite à longue queue est plus communément appelée « mésange à longue queue ». C’est un petit passereau tout rond, qui déambule en bande dans mon jardin dès que l’hiver arrive. Ce petit oiseau se nourrit essentiellement d’insectes et de larves, voire de petits invertébrés, mais les graines ne sont pas sa tasse de thé, sauf quand elles sont un peu molles, car cette mésange-là a le bec un peu faiblard.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Et pourtant, il y a peu, j’ai vu une de ces orites dévorer des graines, y prendre même plaisir, effectuant toutes les excentricités possibles pour les attraper. Il n’est pas habituel non plus que cette mésange-là mange sur le plancher des vaches, or là elle était à quelques centimètres du sol, autant dire à portée de chat. Mais chat par chance il n’y avait pas, et la mésange a pu tranquillement finir son repas.

Une orite (ou mésange) à longue queue en Gironde – Janvier 2020

Pour en savoir plus : oiseaux.net

0,1 %

C’est le ministre qui l’a dit. Il ne peut pas se tromper : il est ministre, lui. Et moi, pauvre cloche, je ne suis qu’un grain de poussière. Cela me rappelle une chanson d’Higelin, mais ce n’est pas le sujet. Quoique …
Donc, pour reprendre la leçon à son début, m’sieur Blanquer a dit que 99,9 % des profs kiffaient sa réforme du lycée. Je n’avais que 5 de coeff au bac en maths quand j’étais jeune, forcément c’est trop peu, mais quand même, je crois bien que ça veut dire que 0,1 % seulement sont contre.

Ouh les vilains ! D’ailleurs, m’sieur le ministre n’y est pas allé par quatre chemins : les vilains sont des radicalisés incompétents et antidémocratiques. Même que c’est sur France-Inter qu’il l’a dit. J’aime bien Inter, c’est ma radio depuis le berceau, alors ça me touche, forcément.

Ça me touche d’autant plus que je fais partie de ce 0,1 %. Ces quelques péquenots qui déambulent dans les rues auprès de quelques malheureux manifestants, histoire de prendre l’air par une belle journée d’hiver. Une brêle, un non-événement, que dalle, nada. 0,1 % multiplié par tout plein de gens, ça fait combien au final, sur la place de la Victoire ? victoire, victoire … cela viendra … il faut y croire : 15 et 22 mars, élections municipales en mode « Macron dégage ».

Les photos qui illustrent cette note ont été prises aujourd’hui même à Bordeaux