Un guillemot en hiver ?

C’est un dimanche venteux qui fait voler le sable et l’écume. Marcher sur l’estran sableux ressemble à une gambade dans de la crème fouettée, le marcheur moyen étant en outre fortement poussé par le vent. On parle de rafales à 70 km/h. Mais c’est en continu que ça souffle ainsi sur ce bout de littoral entre la pointe de Grave et le Bassin d’Arcachon.
Et, sur cette écume faussement moelleuse, il y a un oiseau, seul de son espèce dans cet espace-là, indifférent aux goélands locaux qui volent comme ils peuvent. Je surfe sur le net et pense qu’il s’agit probablement d’un guillemot de Troïl en tenue d’hiver (sa tenue d’été ressemble davantage à un smoking, très classe).
Le guillemot, nous disent les sites habituels (oiseaux.net, oiseaux-birds.com et même wikipedia), passe quasiment toute sa vie en mer. C’est un oiseau pélagique, qui pêche profond et, qui, au final, a grosso modo le même régime alimentaire que moi : merlan, maquereau, hareng, etc. Le voir ainsi, comme échoué, sur ce bout de plage, a quelque chose d’inquiétant. L’oiseau repartira-t-il quand le vent sera calmé ?

Photos réalisées sur la presqu’île du Cap Ferret le 27 janvier 2019

Le jaune est la couleur de janvier

Jonquille dans un parc de Bordeaux en janvier 2019

Loin de moins toute ambition polémique : je ne parle point ici de gilet de contestation, mais de jolies fleurs, les premières, celles d’avant le printemps. Il y a bien sûr le mimosa, qui pète de joie depuis Noël dans les contrées les plus clémentes (à tout hasard : la Charente-Maritime), mais aussi, depuis peu, la jonquille. Si les narcisses de mon jardin patachonnent, n’allant pas plus loin qu’une brave tige verte sans encore de fleur, c’est parce-qu’ils sont plantés plein nord, mais ailleurs, dans la grande ville, la jonquille s’épanouit. Elle n’a pas peur du froid, mais si on la sniffe de trop près, elle peut faire mal à la tête. D’ailleurs, faut-il le rappeler, de la racine aux pétales, la jonquille est un poison intégral (source).

L’ancêtre du code-barre

Bassin d’Arcachon – Janvier 2019

Le troglo n’a pas peur de l’eau

Le troglodyte mignon est un minuscule piaf ne pesant que rarement plus de 10 grammes. Ce qui ne l’empêche ni de brailler comme un âne, ni de chercher noise à l’occasion : selon le site oisillon.net, il est « grincheux et querelleur ». Récemment, je l’ai néanmoins vu fort paisible au bord d’un étang, manifestement en quête de quelque nourriture à se mettre dans le bec :

Mais que faisait-il si près de l’eau, lui qui, à ma connaissance, est insectivore ? En fait, selon oiseaux.net, son régime alimentaire est plus varié, et peut comprendre des alevins de poissons et des têtards. D’où sa présence au ras de la mare. Ça sait nager, un troglo ?

Photos réalisées dans l’agglomération bordelaise en janvier 2019

Signe d’hiver

Il a fallu passer la barre symbolique du 1er janvier pour que l’hiver arrive pour de vrai. Les températures, en Gironde du moins, sont légèrement négatives au petit matin, et, surtout, les étangs du côté du Bassin d’Arcachon sont pris par la glace. Pas de quoi patiner dessus (même les foulques n’osent pas !), mais quand même, la glace, en Gironde, c’est un peu rare.

Arès (Gironde), 5 janvier 2018


Grèbe urbain

En ce moment, au Jardin Public, le cormoran est le roi. Les carpes n’ont qu’à bien se tenir ! Et donc, il y a peu de temps, j’observai un de ces cormorans, qui plongeait invariablement pour ne rien rapporter : les carpes se tenaient bien.
Le cormoran plonge, ressort un peu plus loin, replonge, et ce qui ressort est … un petit bouchon flottant, qui replonge aussitôt. Beaucoup beaucoup, mais vraiment beaucoup plus petit qu’un cormoran, le grèbe, car grèbe il y a, farfouille lui aussi dans la mare pour chercher tambouille. Outre le fait que, croyant voir surgir un cormoran balaise, je me trouve face à un petit grèbe dodu, la surprise est liée à la présence même de ce grèbe en pleine ville. Il s’agit du grèbe castagneux, que j’ai surtout l’habitude de voir sur le bassin d’Arcachon dès que l’automne arrive. Un plongeon de plus, et je ne vis plus le petit grèbe.

Un grèbe castagneux dans le Jardin Public de Bordeaux au début du mois de décembre 2018

Tous les indices concordent

Tous les indices concordent : l’hiver est à nos portes, il arrive, il est là. D’ailleurs, ce matin, j’ai du trouver écharpe et manteau bien chaud en urgence : le thermomètre annonçait 2°C. Au week-end, déjà, sur le Bassin d’Arcachon et malgré la douceur de l’air, je me doutais bien de quelque chose. Les bécasseaux se rassemblaient en nombre sur la plage. Ils peuvent certes être là en toute saison, mais c’est en hiver qu’ils sont les plus nombreux et, a priori, les plus grégaires :

P1230300

Idem pour les grèbes castagneux. Les premiers de ces petits migrateurs se sont pointés fin septembre, des précoces qui voulaient la meilleure place au camping. Ils sont désormais de plus en plus nombreux :

P1230302

Idem itou pour les cygnes réticulés, qui arrivent petit à petit pour hiverner :

P1230328

Mais l’indice le plus sûr d’un hiver imminent, c’est bien sûr les très nombreux passages de grues cendrées qui ont lieu depuis quelques jours. Ce soir encore, alors que je revenais joyeuse mais frigorifiée avec mes jolis légumes de l’AMAP, j’entendais un énorme vol de ces formidables oiseaux, mais sans les voir pour cause de nuit noire. Par contre, hier sur le Bassin, le défilé était ininterrompu :

P1230371

Déjà la fin de l’automne

Hier soir, j’entendais les grues dans le ciel bien noir, qui descendaient en hordes sonores vers un sud plus clément. Pourtant, actuellement, il fait plutôt doux, mais la grue qui passe, c’est un peu le signe de l’automne qui trépasse. D’autant plus que Météo France annonce un gros coup de froid pour la semaine prochaine. D’où ce coup d’œil sur les lumineuses couleurs de l’automne :

Photos prises mi-novembre 2018 au jardin public de Bordeaux

C’est vrai que ça pue

P1220732
Clathre rouge observé à Bordeaux en octobre 2018

Je vois très souvent des clathres rouges, dont la forme permet de les identifier à coup sûr : une sorte de cage rouge, qui a valut à ce champignon le surnom de « cœur de sorcière ». J’ai pu régulièrement constater que le clathre rouge attirait les mouches par son odeur désagréable, qui, selon certains sites et blogs (Nature LN par exemple), évoque la viande en putréfaction.
J’ai récemment testé l’odeur dudit clathre, en m’approchant pour le prendre en photo. Je décrirais plutôt l’exhalaison comme celle de WC jamais lavés, doublée d’une forte odeur d’égout. Ce qui ne donne pas envie de tester le soi-disant goût de radis de ce champignon à l’état jeune, alors qu’il ressemble alors à un œuf.

 

Collection 465

Le bassin d’Arcachon à marée basse au début de l’automne 2018

Un morutier par hasard

Un petit bonheur de la vie l’après-midi, entre la fin des cours et des réunions qui n’en finissent pas, ça ne se refuse pas.
Suite à une course fort rapide dans la grande distribution du centre-ville, je décide de tester ma capacité de résistance à la chaleur en descendant sur les quais. Pas un poil d’ombre, mais un quatre-mâts goélette ravissant amarré au ponton d’honneur : le Santa Maria Manuela. Construit en 1937 et en un temps record (62 jours), ce navire taquina fort longtemps la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Trop ringard pour poursuivre l’aventure, il cessa cette activité en 1993, puis fut restauré afin de se lancer dans le tourisme culturel. Aujourd’hui, à Bordeaux, il était possible de le visiter. J’en ai profité.

Orage en cours

Une fois de plus, Météo France nous a alerté en orange : on ne peut pas lui reprocher de ne pas faire son job. L’air fut lourd, très chaud, jusque vers 20 heures. Et puis rien, enfin pas grand chose. Un vague vent mollasson de sud, mais quand même les avions qui décollaient à l’envers (c’est-à-dire vent de dos et pas de face), signe que ça devenait rock’n roll ailleurs. Le vent s’est levé, il y a un peu de pluie, quelques éclairs, il fait moins chaud. La dernière photo prise fut celle-ci :

P1220108

Et puis plus rien car vint la nuit un peu avant 21 h 30. Dois-je vous rappeler mon désespoir des jours qui raccourcissent ?

Ecouter le foot

P1210197
Saint-André-de-Cubzac (Gironde), 9 juillet 2018

Ce soir, il y avait foot. Une sorte de demi-finale mondiale, plutôt un derby européen, mais qu’importe, les drapeaux jaillissaient de partout et ça klaxonnait à tout va dans la petite rue de ma petite banlieue. Les fans étaient prêts, téloches en plein air et calicots au balcon. Vint l’heure H. Match en streaming, puisque nous avons abandonné la télé. Mais match sur TF1 quand même. D’où suppression du son, remplacé par ma playlist personnelle. C’est Nina Hagen qui chantait lorsque le seul but du match fut marqué, c’est Césaria Evora qui était au commande juste avant le temps additionnel. Les Bleus ont gagné, dimanche c’est la finale, mais je crois que la regarder, ça ne va pas être possible (ou alors Zebda se trompe).

Un orage à l’heure du goûter

Météo France avait été précise : un orage orange (couleur de l’alerte) allait nous tomber sur le coin du nez sur le coup de 16 heures. Et ce fut vrai. La température frôlait les 30°C, le vent commençait doucettement à se faire sentir, et en regardant vers l’ouest, on voyait ce ciel là :

P1210122

L’orage fut à l’heure. Pas tonitruant ni trop lumineux, mais fort venteux et très pluvieux. La température a chuté d’une douzaine de degrés en moins d’une heure. Au moins, ce soir, il n’est pas indispensable d’arroser le jardin.

Serin ou tarin ?

P1210025Le voilà tout jaune perché sur son antenne. Reçoit-il Canal+ ? Regarde-t-il la coupe du monde de foot, et ce pauvre match entre Angleterre et Colombie où, si j’en crois L’Equipe, il ne se passe rien ?
C’est un passereau jaune, qui fait penser au serin cini, mais qui ressemble aussi, de loin, au tarin des aulnes. Sauf que d’aulne, il n’y a point, puisque le piaf est sur l’antenne du voisin. Mystère mystère …

Photo prise dans l’agglomération bordelaise au début de l’été 2018

Le don de la jeunesse

bateau-P1210012.jpgEn polonais, « don de la jeunesse » se dit « Dar mlodziezy ». C’est aussi le nom d’un trois-mâts de près de 95 mètres de long, amarré dans le port de Bordeaux jusqu’à demain matin (il appareille vers 7 h 30 je crois). Cette visite a lieu dans le cadre d’un tour du monde fêtant le centenaire de l’indépendance polonaise.
Le Dar Mlodziezy, comme son sister ship Mir, est sorti des chantiers de Gdansk. Nous étions alors en 1982, année où lesdits chantiers ont commencé à beaucoup faire parler d’eux suite à l’action de monsieur Walesa, alors considéré comme dangereux trublion par les autorités communistes au pouvoir. De tous les voiliers construits à Gdansk, il fut le premier à quitter la Baltique et même à effectuer plusieurs tours du monde.
Mais pourquoi fut-il batisé « Don de la jeunesse » ? si j’ai bien compris la petite affichette qui présente le bateau à Bordeaux, ce navire a été financé par ce que nous appellerions aujourd’hui une opération de crowdfunding. En effet, ce sont des jeunes, notamment des étudiants, qui ont souhaité la construction de ce très beau bateau, et qui ont fait appel aux dons en juin 1978. Ceux-ci sont arrivés du monde entier. Quatre ans plus tard, le Dar Mlodziezy prenait la mer.

Collection 455

L’Etoile-Molène à Bordeaux, juin 2018

La gyne en action

P1200921Depuis le début de la semaine, des fourmis volantes batifolent dans les millepertuis et ailleurs. Ce sont des reines, les stars de la fourmilières, les seules qui ont le droit de copuler en paix (quoique …) et de pondre une fois le crac-crac achevé. En langage sérieux, on les appelle les gynes.
Dans cette histoire, je n’aimerais point être le mâle. Non pas parce-que, ridiculement plus petit que madame, il s’accroche à son postérieur comme une bigote à son hostie, mais parce-que, une fois la chose faite et la gyne fécondée, cette salopiote lui détruit les ailes, l’empêchant à tout jamais de reprendre son envol et donc de survivre. La gyne se défile alors aussi vite que possible.
Fin de la saison peace and love pour la fourmi, qui retourne à la fourmilière pour y pondre ses œufs et n’en sortira plus jamais. Mâle ou femelle, fourmi, ce n’est pas drôle. La gyne devenue reine, prisonnière de son nid, lèche consciencieusement ses œufs pour les immuniser contre les parasites. Elle n’a de toute façon plus que ça à faire la pauvresse. Vraiment, la vie de fourmi, je n’aimerais pas.

P1200922

Source : Futura Sciences
Photos prises dans mon jardin en juin 2018

Des bateaux, du vin et des marins

Comme chaque année paire, Bordeaux fête le vin. Les quais sont offerts à la dégustation de multiples breuvages, et surtout, cette année en particulier, ils sont au cœur d’un rassemblement de navires hors normes, l’arrivée de la Tall Ships Regatta (autrefois appelée Cutty Sark). Une trentaine de très jolis bateaux ont ainsi ravi la vedette aux représentants du divin nectar, le public semblant davantage fasciné par ce qui se passait sur la Garonne que par les stands dédiés au vin. Voici quelques images des bateaux et, au passage, de quelques marins :

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Les équipages ont d’ailleurs défilé hier, lors d’une parade festive, en compagnie des confréries viticoles. Je me permets de vous livrer ici un petit montage vidéo :

Un soir de juin

C’est un soir plutôt calme après tant de jours de pluie. Un soir où les muses du Grand Théâtre prennent le soleil … :

juin-P1200678.jpg

… tandis que notre Flat Iron local brille presque de tous ses feux, à l’angle du cours du XXX Juillet et de l’allée de Tourny :

juin-P1200681.jpg

Un jour, enfin, où des mâts brillent du côté des quais, comme s’il y avait une fête sur la Garonne, allez savoir ce qui se trame de ce côté là … :

juin-P1200683.jpg

Photos prises à Bordeaux le 14 juin 2018

La saison peace and love continue

Dans ma petite tête de piaf de mammifère de base, la saison des amours est le printemps, celui des naturalistes (qui s’achève fin mai), pas celui des astronomes (qui patiente jusqu’à la fête de la musique du 21 juin). Celle donc, déjà achevée, permet de constater que les petits peuplent nids et terriers, et que les parents sont affairés à leur procurer la nourriture et à évacuer les sacs fécaux, parce-que oui, mesdames et messieurs, les petits oiseaux et les petits mammifères font aussi caca.
En dehors de cette parenthèse scatologique, que constatons-nous ? que chez les insectes, le mode peace and love bat son plein, y compris chez les bestioles de quelques millimètres de long.

Chercher la petite bête

De loin, on dirait une tâche sur une feuille. De plus près, on peut penser aux œufs d’un insecte quelconque, peut-être de la famille des coléoptères, mais je ne m’engage pas trop sur ce terrain, ayant encore beaucoup à apprendre. En regardant la photo sur l’écran de l’ordi, on s’aperçoit que les petites bêtes sont sorties des œufs et sont probablement prêtes à affronter le vaste monde :

P1200450

Heureux comme un touriste à Bordeaux quand il pleut

C’est un jour de temps orageux. Ça gronde au loin et Bordeaux nous offre des cadeaux : nous recevons tous les modes du miroir d’eau en quinze minutes, y compris le faux brouillard, ainsi que toutes les nuances de gris de la part des nuages. C’est joli. Les touristes, bravant la pluie avec une bonne humeur palpable et, bien souvent, avec un savoureux accent britannique, dansent sur le miroir d’eau, voire s’y baignent (comme cette jeune fille qui a enfilé le maillot de bain), en tout cas s’y photographient, et toujours avec le sourire.

Cette fois, c’est bon, les Martiens débarquent

Soyons franc et reconnaissons ses mérites au département : la Gironde met tout en œuvre pour accueillir des Martiens, voire d’autres extraterrestres. Le petit homme vert n’est pas qu’un fantasme, voire un délire de quiconque aurait abusé du divin nectar que les cépages merlot, cabernet et petit verdot peuvent procurer, c’est une réalité. Pendant longtemps, le quidam avait envisagé de se poser sur le Bassin d’Arcachon, plus précisément à Arès, j’avais narré cela il y a fort longtemps.
Finalement et faisant fi des installations ad hoc, les extra-terrestres ont enfin pu poser leur soucoupe en forme de chapeau de reine d’Angleterre sur un des bassins à flot de Bordeaux. L’aventure ne fut point aisée, cela fait même deux ans que l’on en parle. Mais cette fois c’est la bonne, dès demain les petits hommes pourront gambader librement dans les rues de Bordeaux.
Je tiens à préciser que, sur la photo ci-dessous, le personnage qui s’affaire sous la soucoupe est un Terrien, probablement une âme pure venue s’enquérir de la bonne santé des Martiens après un si long voyage.

P1200227

 

Voilà pourquoi nous n’avons pas déjeuné dehors ce midi

Nous étions prévenus, Sud-Ouest avait fait le job. Mais soyons francs, bien que fans du grand dehors, bien que pas si gênés que ça par un crachin qui ne mouille même pas, quand ce sont des glaçons qui tombent du ciel, nous capitulons. Lâchement. En fait, ce que nous ne supportons pas, c’est le bruit. Et 80 dB, c’est trop.

IMG_2291

La demoiselle de mai

Les demoiselles sont des insectes proches des libellules, mais avec un corps beaucoup plus menu et des ailes difficiles à distinguer tant elles sont fines et transparentes. Comme la libellule, la demoiselle fait partie de la famille des odonates.
Une des plus courantes de ces demoiselles, bien visible au printemps, est l’ischnure élégant, que l’on reconnait à coup sûr à la tache bleue à l’extrémité de son abdomen. L’ischnure est surtout observable près des plans d’eau, la femelle pondant ses œufs dans les plantes aquatiques.

P1200122
Un ischnure élégant dans le département de la Gironde en mai 2018

Une hirondelle ne fait pas le printemps, mais le printemps ne fait pas non plus l’hirondelle

L’hirondelle se fait rare. Hormis quelques spécimens aperçus il y a environ un mois en Charente-Maritime, et quelques rares oiseaux du côté de Bordeaux, l’hirondelle met du temps à venir cette année. Le nid le plus proche de chez moi est toujours déséspérément vide. Les hirondelles vont-elles venir ? sont-elles en rade sur la route qui les amène d’Afrique ? sont-elles juste simplement en retard ?
Un peu de tout cela, comme l’explique le site Ornithomédia. D’une part, depuis quelques années, on constate une baisse très nette des effectifs des hirondelles, qu’il s’agisse de l’hirondelle rustique ou de l’hirondelle de fenêtre. Habituellement, les hirondelles ont deux couvées par an. Or, depuis environ cinq ans, la seconde nichée ne donne bien souvent aucun oisillon : cette baisse drastique de la natalité explique, entre autres causes, la baisse des effectifs.
Mais la météo pourrait bien avoir aussi sa part de responsabilité dans la mort des oiseaux en cours de migration, ou plus simplement dans leur arrivée tardive. De mauvaises conditions climatiques, comme les tempêtes ou les pluies trop fortes, mais aussi le froid tardif, peuvent tuer les oiseaux. Ornithomédia cite ainsi, entre autres exemples, une vague de froid en octobre 1974 qui aurait tué des milliers d’hirondelles, aboutissant à une baisse des effectifs de 25% au printemps suivant en Suisse. Il se peut donc que nos hirondelles aient du mal à revenir d’Afrique, notamment parce-qu’elles peinent à arriver en Espagne et ensuite à en partir : la péninsule ibérique vient de connaître un hiver particulièrement long. Depuis plusieurs semaines, la Galice connait un temps froid et pluvieux, il a même neigé en avril : les oiseaux migrateurs sont inévitablement perturbé par cet hiver qui n’en finit pas.
Pour en revenir à nos hirondelles de chez nous, soit elles sont en retard et j’aurai le plaisir de vous les montrer prochainement, soit elles sont trop peu nombreuses à avoir survécu, ce qui ne serait pas de bon augure pour l’espèce.

hirondelle-P1130109.jpg
Une hirondelle rustique dans un village de Dordogne en juin 2017

C’est la saison des grenouilles

Le printemps coasse, mais de là à voir le batracien sonore et amoureux, il y a souvent un pas (dans le marécage, en général, pas facile en chaussures de ville). Le batracien sait pourtant se faire urbain et peu farouche, donc facilement visible pour qui est un peu attentif. Jouer à trouver les grenouilles n’amuse pas que les enfants. Le meilleur spot bordelais, à ma connaissance, est le jardin botanique de la Bastide.

P1190948
Une grenouille dans le jardin botanique de la Bastide (Bordeaux), mai 2018

L’émeraude et le roncier

La micrommate émeraude (micrommata virescens) est une jolie araignée verte, qui se confond avec les feuillages dans lesquelles elle déambule. Cette parfaite adaptation à la végétation fait qu’elle se fond parfaitement bien dans le paysage : j’ai failli passer à côté d’elle sans la voir, alors qu’elle était posée sur une feuille de roncier. De ce fait, elle n’a pas besoin de tisser de toile pour capturer ses proies : elle compte sur l’effet de surprise. Selon l’INPN, elle chasse à l’affut : elle attend qu’une proie se présente, l’attrape vivement, et file la manger dans la végétation.

P1190918
Micrommate émeraude observée dans l’agglomération bordelaise en mai 2018

Paresse autorisée

En cette journée de lutte intense contre l’impérieuse nécessité de corriger les bacs blancs, je me permets de vous offrir ce brin de muguet de mon jardin, qui a fait du zèle en fleurissant il y a quinze jours. Ainsi, aujourd’hui, il fait comme moi : il paresse mollement, s’offre un jour de vacances en pleine semaine, ce qui s’apparente à une certaine forme de luxe.

muguetP1190631.jpg