Tristesse finlandaise

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Arto Paasilinna en 2007 (Wikimedia Commons)

« Les plus redoutables ennemis des Finlandais sont la mélancolie, la tristesse, l’apathie ». C’est ainsi que commence Petits suicides entre amis, une des multiples pépites d’Arto Paasilinna, auteur prolixe et finlandais qui vient d’avoir le mauvais goût de mourir, lui qui pratiquait l’humour à assez haute dose, surtout quand il était noir.
Je me suis remis le nez dans Petits suicides … lors de mes vacances en Finlande, et depuis je gloutonne du Paasilina, comme les Finlandais, cette « nation de guerriers », « se rassasient de saucisses graisseuses » lors des fêtes de la St-Jean.
D’un petit détail ne tenant même pas lieu de fait divers (songeons au célèbrissime Lièvre de Vatanen), Paasilinna pondait un roman aux ramifications complexes, inattendu, toujours d’une grande drôlerie. C’est ce côté fantasque qui va désormais manquer à tous ces lecteurs, cette impression d’être emmenés sur le fil d’un funambule qui ne sait pas toujours lui-même où il va. Nous le suivions malgré tout avec une totale confiance, car les livres de cet homme-là ont le pouvoir de rendre heureux.

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Laver ses tapis en public

Si l’adage populaire veut qu’il soit d’usage de laver son linge sale en famille, dès qu’il s’agit de tapis, les Finlandais sortent du doux nid familial et se ruent au bord de l’eau (lac, mer, peu importe) pour nettoyer à fond la carpette du salon.

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La chose est courante, un peu partout en Finlande : des bacs pour tremper les tapis, de grandes tables équipées de manivelles pour assurer l’essorage, des barres de bois XXL pour étendre les tapis afin qu’ils soient bien secs lors du retour à la maison.

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Photos réalisées en juillet 2018 à Helsinki et à Savonlinna

Collection 461

PORVOO (localisation)

L’excellent réseau routier finlandais

Aucune ironie dans le titre du jour : le réseau routier finlandais est vraiment excellent, surtout si on prend en compte l’amplitude thermique annuelle (qui explose le bitume) et la neige, qui ravage tout sur son passage lorsqu’elle fond. Des routes larges, aux courbes généreuses, sur lesquelles on se sent d’autant plus en sécurité que tout le monde respecte le code de la route. Les autoroutes (gratuites) sont limitées à 120 km/h, et on roule à 120, ni plus ni moins (ou alors de peu). Les autres routes sont limitées à 100 ou à 80, et tout va bien. Douceur et sérénité. Et donc, sachant cela, pourquoi une voiture livrée ainsi par le loueur … :

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… se transforme en cela en moins de deux jours ? le carrosse ferait-il sa citrouille ?

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Hors des routes classiques, il y a de multiples chemins, qui desservent les hameaux et les chalets isolés. Ces chemins sont le plus souvent larges (mais pas toujours) mais jamais bitumés : on enquille des kilomètres et des kilomètres sur le gravier, la poussière vole, comme on le devine sur la photo ci-dessous :

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Photos prises en Finlande en juillet 2018

La forteresse d’Olaf

P1210589Nous sommes à Savonlinna, une petite ville de Finlande pas si loin que ça de la frontière russe. À  la jonction entre deux lacs se trouve la forteresse médiévale la plus septentrionale du monde qui soit encore debout : Olavinlinna, ou « forteresse d’Olaf » en bon français.
Ce château a été bâti en 1475 pour protéger la Finlande de la Russie, néanmoins cela n’a pas empêché celle-ci de passer à l’attaque : en 1714, par exemple, les Suédois, alors proprios de la Finlande, capitulent face aux Russes. Re-belote en 1743. Bref, pour faire court, la forteresse n’a pas toujours été d’une efficacité redoutable.
En 1809, le messe est dite : la Finlande devient russe. La forteresse perd dès lors beaucoup de son intérêt, mais elle reste debout, servant de prison puis d’entrepôt.
Cette bâtisse est un témoin de ce que fut l’histoire de la Finlande, celle de dominations successives, entre la Suède et la Russie. Aujourd’hui, la grande liberté de ce petit pays peut presque sembler un miracle.

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Collection 460

Des sternes en Finlande

Photos prises à Helsinki et à Lahti en juillet 2018

La nuit va venir, elle arrive, elle est là

Vol Amsterdam - BordeauxPasser ses vacances d’été sous le 62e parallèle, que ce soit en Finlande ou ailleurs, a quelques conséquences sur la perception de la nuit. Celle-ci tombe très très lentement et jamais tout à fait ; à quatre heures du matin, il fait grand jour. Les maisons locales n’ont que rarement de rideau occultant et jamais de volet au fenêtre. Le sommeil se fait sans réelle obscurité, et ce n’est pas toujours simple.
Finalement, ce qui fait que l’on apprécie le retour sous notre brave 45e parallèle, outre la tambouille (promis, j’en parle un jour), c’est le retour de ce contraste élémentaire et franc entre le jour et la nuit.
Je me souviens ainsi du retour à Bordeaux, le descente avait commencé et nous n’étions plus très loin de notre cher aéroport de Mérignac : la nuit, vers l’est, était visible et se rapprochait de nous comme la marée haute au Mont-Saint-Michel par fort coefficient (c’est-à-dire, pour reprendre l’adage populaire, « à la vitesse d’un cheval au galop »).

Vol Amsterdam - Bordeaux
Le problème, c’est ce soir : 21 h 30 et déjà nuit noire. Regret et nostalgie pour les très longues soirées finlandaises.