Comment un embouteillage peut-il provoquer une hausse de 5% du cours du pétrole en moins d’une journée ?

La mer et ses poissons, Le monde tel qu'il va

La pandémie nous a bien mis le nez dans le caca de la mondialisation, mais depuis un an, on a tellement le nez dedans, qu’on en oublie les autres joyeusetés de ladite mondialisation et de ses effets papillon. Le pauvre lépidoptère n’y est pour rien, mais c’est pourtant ainsi qu’il est courant de nommer les effets collatéraux potentiellement lointains d’un fait a priori mineur.
Les médias bruissent aujourd’hui de l’info suivante : un embouteillage en Egypte vient de provoquer une hausse aussi subite qu’épidermique du cours du pétrole. Certes, pour des raisons d’offres et de demandes pas trop en raccord pour cause de covid, le prix du brut ne fait pas dans la dentelle en ce début de printemps, mais la hausse de 5% constatée aujourd’hui a une autre cause, moins rationnelle.
L’embouteillage dont il est question est celui de cargos de tous poils, bloqués sottement au sud du canal de Suez, parce-que l’un des leurs, façon camping-car sur l’A7 un 1er août, s’est vautré lamentablement en diagonal dans le canal. Vu sur Marine Traffic, ça donne ça :

Le bouzin fait 400 mètres de long, c’est un porte conteneur d’une contenance de 20 388 EVP, c’est-à-dire 20 388 équivalent vingt pieds, les vingt pieds étant la longueur de base d’un conteneur classique. Bref, plus de 20 000 boîtes sur le cargo. Classique mais conséquent. L’engin n’est pas vieux, rien à voir avec les bateaux poubelles dont on parle de moins en moins (parce que la flotte marchande actuelle est plutôt récente) : il a été mis à l’eau il y a trois ans.
Propriété d’un armateur japonais partenaire d’un armateur taïwanais, immatriculé au Panama, fabriqué au Japon, transportant des marchandises sorties d’usine en Asie pour des consommateurs européens, … un joli petit condensé de mondialisation ! Comment un bateau récent a-t-il pu ainsi se planter ? les médias, dont Le Marin, spécialiste du genre, évoquent un vent soutenu et même une tempête de sable. Et paf, la proue enfoncée dans une rive et la poupe effleurant l’autre. Barrage, embouteillage, …
Le navire n’est plus en danger, il flotte et il n’y a aucun blessé. Il sera juste un peu à la bourre à Rotterdam, d’autant plus qu’il n’a toujours pas repris sa route. Le canal est partiellement fermé pour deux jours (les navires peuvent à nouveau l’emprunter dans le sens nord-sud, mais pas dans le sens sud-nord). Ce petit épisode nous rappelle que, pandémie ou pas, business is business, et que quand un grain de sable entre dans la machine, ça coince ; alors, une tempête …

La chansonnette ose le déconfinement : Le Caire

Chronique du grand confinement, La chansonnette

Madness
Night Boat to Cairo

L’habit ne fait pas le moine, …

Le monde tel qu'il va

… mais la « veste de haute visibilité » pourrait bien faire le révolutionnaire. Du moins c’est ce que craint le gouvernement égyptien, scrupuleusement démocratique comme l’on sait.
Je lis ainsi dans Slate que l’usage de cette fameuse « veste de haute visibilité », plus communément appelée « gilet jaune », est désormais étroitement contrôlé en Egypte. Les grossistes doivent avoir une autorisation de la police pour en commander, et les commerçants ne peuvent plus les vendre à n’importe qui. Il faut montrer patte blanche pour s’encanailler en fluo, sous peine de sanction.
Que craint donc monsieur Sissi ? que la révolte qui gronde en France s’exporte. Le gilet jaune a d’ailleurs été récemment vu sur des protestataires à divers endroits d’Europe, mais aussi en Irak. Si Sissi s’inquiète, c’est peut-être que la colère s’insinue en Egypte aussi. D’ailleurs, à toutes fins utiles, il se pourrait que le gouvernement égyptien prenne quelques mesures économiques en urgence, dont on suppose qu’elles seront plus à même de calmer les esprits que des interdits vestimentaires.

La FIFA et le CIO n’ont rien inventé

Hellénie, On ne va pas en faire toute une histoire

Le règne du « tout pognon », l’absence d’humanité, la corruption, sont les bases du sport actuel, en particulier lors des grandes compétitions internationales. Que la FIFA ait été largement corrompue pour attribuer la coupe du monde de football au Qatar, où l’esclavage est encore largement pratiqué envers les ouvriers du BTP qui construisent les stades, ne fait plus aucun doute. Mais quand doute il y a, voire quand pointe un soupçon de méfiance, on évoque des problèmes climatiques (c’est qu’il fait chaud, dans ce désert là), c’est plus soft.
N’empêche que, même si le manque de transparence semble la règle actuelle au niveau des instances sportives internationales, ces dernières ne sont que les héritières d’une vieille tradition, dont les plus anciennes preuves remontent au IIIe siècle.

Courrier International rapporte ainsi la redécouverte récente d’un papyrus trouvé sur les bords du Nil il y a un siècle, mais qui vient seulement d’être traduit et analysé. Ce document est en fait un contrat entre deux lutteurs, l’un des deux acceptant de perdre en échange de quelques drachmes, au moins de quoi s’acheter un âne. J’ignore si le cours de l’âne dans le monde gréco-romain peut être comparé au prix de la Lamborghini, mais qu’importe : c’est le geste qui compte.
Voici donc la preuve que ce combat-là était truqué, et ce n’était probablement pas le premier (ni bien sûr le dernier, mais on le savait déjà). La pratique remonte même apparemment aux premiers Jeux Olympiques, puisque des historiens ont retrouvé la preuve que les athlètes ayant triché devait payer une amende. La somme des amendes ainsi collectées aurait financé la statue de bronze de Zeus à Olympie. Dès l’antiquité grecque, la décadence d’un monde sportif guidé par l’argent était déjà pointée du doigt.

What’s new ? [mardi 27 avril 2010, 18 h 45]

Le monde tel qu'il va, On ne va pas en faire toute une histoire, What's new

What’s new ? [mardi 1er décembre 2009, 18 h 00]

Le monde tel qu'il va, What's new
  • La Bibliothèque Nationale de France a fait don d’un nombre non négligeable d’ouvrages à la Bibliothèque d’Alexandrie, laquelle s’est empressée de passer le tout au filtre de l’islam, ce qui aboutit à la censure d’œuvres dites « pornographiques ». Pierre Assouline revient sur cette affaire dans son blog : Quand la bibliothèque d’Alexandrie épure le don de la BNF (La République des Livres).
  • En direct du pays du père noël, 20 minutes ouvre ses colonnes aux festivités qu’il va falloir subir d’ici moins d’un mois : 20 minutes Laponie, tous les jours ou presque jusqu’au 25 décembre. Sinon, pour la bafouille à papa noël, c’est toujours les gentilles dames de Libourne qui reçoivent les fautes d’orthographe avec des dessins autour, même que maintenant elles répondent aussi sur internet. Le vent de la modernité souffle sur nous, amen.
  • En cette journée internationale de lutte contre le sida, il est malheureusement aussi triste qu’utile de rappeler que deux malades sur trois n’ont pas accès aux traitements (Libé).

—> Illustration : La Lecture, de Fernand LÉGER (1924)