La FIFA et le CIO n’ont rien inventé

Le règne du « tout pognon », l’absence d’humanité, la corruption, sont les bases du sport actuel, en particulier lors des grandes compétitions internationales. Que la FIFA ait été largement corrompue pour attribuer la coupe du monde de football au Qatar, où l’esclavage est encore largement pratiqué envers les ouvriers du BTP qui construisent les stades, ne fait plus aucun doute. Mais quand doute il y a, voire quand pointe un soupçon de méfiance, on évoque des problèmes climatiques (c’est qu’il fait chaud, dans ce désert là), c’est plus soft.
N’empêche que, même si le manque de transparence semble la règle actuelle au niveau des instances sportives internationales, ces dernières ne sont que les héritières d’une vieille tradition, dont les plus anciennes preuves remontent au IIIe siècle.

Courrier International rapporte ainsi la redécouverte récente d’un papyrus trouvé sur les bords du Nil il y a un siècle, mais qui vient seulement d’être traduit et analysé. Ce document est en fait un contrat entre deux lutteurs, l’un des deux acceptant de perdre en échange de quelques drachmes, au moins de quoi s’acheter un âne. J’ignore si le cours de l’âne dans le monde gréco-romain peut être comparé au prix de la Lamborghini, mais qu’importe : c’est le geste qui compte.
Voici donc la preuve que ce combat-là était truqué, et ce n’était probablement pas le premier (ni bien sûr le dernier, mais on le savait déjà). La pratique remonte même apparemment aux premiers Jeux Olympiques, puisque des historiens ont retrouvé la preuve que les athlètes ayant triché devait payer une amende. La somme des amendes ainsi collectées aurait financé la statue de bronze de Zeus à Olympie. Dès l’antiquité grecque, la décadence d’un monde sportif guidé par l’argent était déjà pointée du doigt.

What’s new ? [mardi 27 avril 2010, 18 h 45]

What’s new ? [mardi 1er décembre 2009, 18 h 00]

  • La Bibliothèque Nationale de France a fait don d’un nombre non négligeable d’ouvrages à la Bibliothèque d’Alexandrie, laquelle s’est empressée de passer le tout au filtre de l’islam, ce qui aboutit à la censure d’œuvres dites « pornographiques ». Pierre Assouline revient sur cette affaire dans son blog : Quand la bibliothèque d’Alexandrie épure le don de la BNF (La République des Livres).
  • En direct du pays du père noël, 20 minutes ouvre ses colonnes aux festivités qu’il va falloir subir d’ici moins d’un mois : 20 minutes Laponie, tous les jours ou presque jusqu’au 25 décembre. Sinon, pour la bafouille à papa noël, c’est toujours les gentilles dames de Libourne qui reçoivent les fautes d’orthographe avec des dessins autour, même que maintenant elles répondent aussi sur internet. Le vent de la modernité souffle sur nous, amen.
  • En cette journée internationale de lutte contre le sida, il est malheureusement aussi triste qu’utile de rappeler que deux malades sur trois n’ont pas accès aux traitements (Libé).

—> Illustration : La Lecture, de Fernand LÉGER (1924)