Charlene Hunt a largué Lyubov Orlova

Le Lyubov Orlova est un bateau construit dans un pays qui n’existe plus, et qui, aujourd’hui, dérive dans l’Atlantique nord sans passager ni équipage. On suppose que seuls les rats n’ont pas quitté le navire, à la différence des autorités canadiennes qui s’en lavent les mains, l’épave errant désormais dans les eaux internationales.
Résumons l’affaire. En 1976, le Luybov Orlova est sorti des chantiers yougoslaves. C’est un paquebot de taille modeste (90 m de long) pouvant accueillir 110 passagers et 51 membres d’équipage. Navire russe immatriculé sous pavillon de complaisance (Iles Cook), il s’échoue en 2006, mais est tiré d’affaire. Puis il est loué par une compagnie canadienne, qui l’envoie faire des croisières au nord du Labrador jusqu’en 2010. Son mauvais état incite cependant son propriétaire à s’en défaire : le navire est alors vendu à un homme d’affaires iranien basé à Toronto, qui décide de le faire démanteler en République Dominicaine, afin d’en récupérer des pièces. Le bateau doit alors quitter Terre Neuve et mettre cap au sud en 2012. Pas de chance : un incendie se déclare à bord.
Mais le rafiot n’a pas pour autant fini de faire parler de lui … En janvier dernier, un remorqueur dans un état proche de l’épave, est chargé d’aller chercher le bébé. Il s’agit du Charlene Hunt, mis à l’eau en 1962, et dont le port d’attache se situe dans l’Etat de Rhode Island, aux Etats-Unis.
Le Charlene Hunt prend donc le Lyubov Orlova en remorque le 23 janvier. C’est un peu l’aveugle qui guide le paralytique, il n’y en pas un qui soit plus solide que l’autre, mais à eux deux, tous les espoirs sont permis. Sauf que la remorque casse. Sauf que le Charlene Hunt rentre au port, incapable d’affronter une mer formée, et sur le point de couler avant même de commencer sa mission de remorquage. Le Charlene Hunt est prié de ne plus prendre la mer, tandis que le paquebot dérive au gré des courants. Rattrapé par le bateau de sauvetage d’une plateforme pétrolière, avant qu’il ne percute cette dernière, le Lyubov Orlova rompt à nouveau son filin de remorque. Et depuis, plus personne ne sait où il est.
L’association Robin des Bois dénonce l’inaction des autorités canadiennes, qui ne font rien pour récupérer cet obstacle dérivant et potentiellement dangereux pour la navigation.

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What’s new ? [vendredi 30 octobre 2009, 14 h 10]

  • On jurerait un début de polar façon Fred Vargas, et pourtant c’est juste un fait divers bizarre de plus : un nouveau pied retrouvé sur une plage canadienne, le 8e en à peine plus de deux ans, un vrai pied humain avec sa chaussure autour (Libé).
  • C’est fou ce que ça peut être parano et susceptible, un dictateur ! La Chine irritée par un site sur le Mur de Berlin en bloque l’accès aux internautes (L’Express).
  • Redim-00Qu’un mur soit tombé en novembre 1989 n’empêche pas des dizaines d’autres murs d’être bâtis, sur des frontières, puis surélevés, consolidés, renforcés, barbelés, miradorés, chiendegardés, etc : allons-nous tous finir emmurés ? (Télérama)

—> Illustration : un morceau du Mur de Berlin, photographié en décembre 2008.

What’s new ? [samedi 26 septembre 2009, 18 h 30]

  • On va pas rigoler bien longtemps : l’impact du réchauffement en France se précise, et la facture va être salée (Le Monde). Si on assiste à ce qui est annoncé, à savoir une élévation de la température moyenne en France métropolitaine de 3°C à 4°C d’ici la fin du siècle, la répétition de phénomènes climatiques extrêmes (tempêtes, sécheresses ou autres) va s’accélérer et le déficit en eau douce pourrait s’avérer hautement problématique.
  • Redim-0Un auteur d’AgoraVox revient de manière précise et fouillée sur un film que j’ai particulièrement aimé, et quoique aujourd’hui un peu daté, il reste un grand moment de bonheur à chaque re-visionnage : retour sur le Déclin de l’Empire Américain (Denys Arcand, 1986). L’article va bien au-delà du film, évoquant justement cette idée de déclin ou plutôt d’impression de déclin, en dépassant le cadre québecois du film. Après cela, on est libre d’adhérer ou non au point de vue de l’auteur.
  • On décroche la palme qu’on peut ! Afrique du Sud : le pays le plus inégalitaire au monde (20 minutes). Classement sérieux qui s’appuie sur le coefficient de Gini (calcul savant qui mesure l’inégalité au sein d’une population ; on considère qu’au-delà de 0,4, la situation peut être explosive), et qui détrône le Brésil, jusque là détenteur du record qui ne fait vraiment pas plaisir. L’article est malheureusement un peu rapide.