14 juillet – 15 août : la France en vacances [9]

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Carte postale [21]

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Martigues, décembre 2011

C’était dans le journal … le 7 janvier 1914

articleLe corps des tirailleurs sénégalais a été formé au milieu du XIXe siècle dans les colonies françaises d’Afrique subsaharienne, et pas seulement au Sénégal. Les soldats qui forment ce corps, avant de servir de chair à canon dans les tranchées de 14-18, ont notamment combattu aux côtés des troupes françaises au Maroc, lorsque celui-ci s’est retrouvé bien malgré lui protectorat (donc colonie) de la France. Après les opérations militaires, des tirailleurs ont été rapatriés à Marseille, d’où ils ont pris le paquebot qui les ramenait au pays. C’est ce départ qu’évoque un article du Petit Journal, en bas de première page.
257 tirailleurs, pour certains accompagnés de leur famille (104 femmes, surnommées « Mesdames Tirailleurs », et 59 enfants, selon le décompte du journal), ont quitté Marseille « avec une joie non dissimulée » au début du mois de janvier 1914. L’auteur de l’article affirme dès le départ que les Sénégalais portaient de « l’amour » pour « le grand pays des blancs », mais ils ont néanmoins souffert de la rudesse de l’hiver : « habitués au brûlant soleil des tropiques, les Sénégalais ont souffert beaucoup du froid qui sévit sur notre région depuis une huitaine de jours ». Malgré la générosité dont semblent avoir fait preuve les Marseillais à leur égard, leur apportant « mille friandises et des vêtements chauds », ainsi que des couvertures, les tirailleurs et leur famille sont restés à grelotter dans leurs chambrées.
Certains tirailleurs sont cependant restés à quai, ou plus précisément à l’hôpital, où ils devaient recevoir des soins avant d’affronter le voyage, « mais ils ne seront guéris réellement que lorsqu’ils auront retrouvé le bon soleil de leur pays ».

Collection # 127

Martigues (localisation)
26 décembre 2011

Un décret gravé

Un mur de l’hôtel de ville de Marseille. Une inscription attire notre attention :


Elle fait partie d’un ensemble législatif promulgué sous la Révolution, plus précisément le 2 octobre 1795. Il s’agit d’un « décret sur la police intérieure des communes de la République ». Par certains côtés, on y sent son Guéant. D’ailleurs, le même jour, une loi rattachait l’instruction publique au ministère de l’Intérieur. Tout un programme …
Ce décret vise à limiter le vagabondage, la misère étant sans doute plus difficile à voir qu’à vivre. Est ainsi institué un passeport intérieur, obligatoire pour tous les citoyens, et leur permettant, si ledit passeport est correctement visé par les autorités compétentes, de quitter leur canton. J’ai bien dit « le canton ». C’est petit, un canton. Pour ce faire, les communes doivent recenser les habitants de plus de douze ans, ce recensement ayant, on l’a bien compris, une finalité purement policière. Le quidam qui circulerait sans le fameux passeport et qui, c’est fâcheux, serait pris sur le fait, serait arrêté et, s’il ne régularisait pas sa situation, serait jugé voire condamné.
Cet article est complété par d’autres éléments qui vont dans le même sens, et qui explicitent partiellement l’inscription que j’ai lu à Marseille : ainsi, les communes sont responsables des délits commis sur leur territoire « par des attroupements ou des rassemblements ». L’article 6 du titre IV précise même, et c’est bien le sens de l’inscription, « Lorsque, par suite de rassemblements ou attroupements, un individu, domicilié ou non sur une commune, y aura été pillé, maltraité ou homicidé, tous les habitants seront tenus de lui payer, ou, en cas de mort, à sa veuve et enfants, des dommages-intérêts.« 

Collection # 124

Du côté du Vieux Port
Marseille, 23 décembre 2011

Voilà pourquoi je ne mange jamais d’huîtres hors de la zone de production

Un peu long, ce titre. Du coup, plus rien à écrire derrière. Si ce n’est que, outre pour la fraîcheur du produit et le goût, j’ai trouvé à Marseille une raison essentielle me poussant à me passer d’huîtres lorsque je suis loin de leur zone de production : le prix. Certes, il s’agit apparemment de « spéciales », plus chères que les fines de claires (or je préfère ces dernières, plus iodées et moins grasses), mais quand même … Un prix quasiment multiplié par deux, ça laisse pantois :

Il est frais, mon poisson, il est frais !

Il y a un inévitable côté folklorique dans cette vente de poissons au cul des bateaux, sur le Vieux Port de Marseille. Bien sûr. Un peu comme dans Asterix, sauf que, là, le poisson est vraiment frais, avec les ouïes rouges et les yeux qui brillent. Tu aurais vu ces rougets, et puis ces bonites, et puis les poulpes qui nageaient encore, les soles … Tout cela vient de tout petits bateaux, d’où l’on décroche patiemment les dernières sardines :


La sardine qui a bouché le port de Marseille ? s’il s’agit bien, comme le dit l’histoire, du nom d’un bateau qui se serait renversé à l’entrée du port, il est clair qu’il devait être beaucoup plus gros que ces joujoux flottants :


Dans tous les cas, ce qui compte, c’est l’extraordinaire fraicheur du poisson, rien à voir avec ce qu’on trouve dans les supermarchés (voire les marchés tout court) éloignés des lieux de pêche. Elle est belle, ma daurade, elle est belle !

Effleurer la Camargue [3]

Suite et fin de la balade en Camargue, j’avais bien dit que c’était rapide. La Camargue étant formée par le delta du Rhône, il y a des bouts de fleuve plus ou moins larges de-ci de-là, dont le Grand Rhône, qui a la particularité d’être large comme une Garonne à Bordeaux et surtout d’être navigable.
Port-Saint-Louis-du-Rhône est donc, comme son nom l’indique, un port de commerce (et un peu de plaisance) sur le Grand Rhône, mais aussi, via un chenal, sur la mer. Des bassins se succèdent, avec des ponts mobiles, un peu comme à Sète, mais en plus modeste apparemment, et aussi en moins joli. Le village (la ville ?) ne semble pas folichon, l’ambiance y était un peu morose ce jour-là. Mais il y a le fleuve, longé par une promenade, un peu triste mais pas désagréable. Des péniches y sont amarrées, ainsi qu’un sister ship du « Princesse d’Aquitaine », ce fer à repasser baladant le touriste entre Bordeaux et l’estuaire. Et surtout, on voit très vite que ces péniches-là ne sont pas décoratives, ce sont de vraies embarcations destinées au transport de marchandises, l’une d’elle venait d’ailleurs d’appareiller lorsque nous sommes passés.

Effleurer la Camargue [2]

Ah si ce jour-là nous avions eu plus de temps … Nous aurions gambadé dans le marais, un peu sous le cagnard sans doute, un peu énervés par les moustiques, forcément … Mais nous aurions vu de plus près les toros, les chevaux (dont les balades me font penser à un folklore pour touristes, je ne suis pas fan), et surtout la mascotte du lieu, la bébête qu’on ne croise pas sur le Bassin d’Arcachon : le flamant rose. Ces animaux, nous les avons tout de même aperçus, et cela faisait vraiment plaisir.

Effleurer la Camargue [1]

Après avoir, en juillet, passé quelques heures dans le deuxième plus vaste marais de France (la Brière), il était logique de passer le même temps, un mois plus tard, dans son grand frère marais du grand sud : la Camargue. Question d’équité.
L’approche se fit après un salutaire bain de mer matinal. L’eau était aussi bonne qu’une semaine plus tôt sur Oléron, un vrai bonheur. Nous étions aux Saintes-Maries-de-la Mer, que j’arpentais pour la première fois. On peut monter sur le toit de l’église, ce qui présente le double avantage de nous faire faire un peu de sport, et de pouvoir vérifier de visu qu’il s’agit bien d’un marais : c’est tout plat et on voit loin. Cela permet enfin de voir de près le très curieux clocher qui rappelle les clochers-murs de la région toulousaine, la brique en moins.


What’s new ? [jeudi 27 août 2009, 19 h 30]

  • Jurassic-Park pour de vrai ? Un chercheur veut transformer des poussins en dinosaures (La Dépêche). Steven Spielberg est-il au courant ?
  • Nos amis allemands, si écolos pourtant, reviendraient au poulet en batterie et aux légumes cultivés sur et sous du plastique ? la nouvelle n’est point fraîche (16 août, pour ce genre de rubrique de blog, ça frôle l’éternité voire la péremption), mais j’avais négligé La Gazette de Berlin ces derniers temps. Gazette qui, donc, s’interroge : Mais où sont passés les produits bio ? Dans la crise, mes enfants, dans la crise … Un petit conseil : pour continuer à manger bio, bon et local : adhérez à une AMAP.
  • Si vous donnez rendez-vous à quelqu’un à Marseille, sur la corniche Kennedy, évitez de lui dire que vous allez vous retrouver sur le banc : il fait 2 km de long ! Sur la corniche marseillaise, le plus long banc du monde, et puis aussi d’autres curiosités de cette ville, listées par La Provence.

Collection # 9

Port de Cassis (Bouches-du-Rhône), août 2009

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