14 juillet – 15 août : la France en vacances [9]

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C’était dans le journal … le 7 janvier 1914

articleLe corps des tirailleurs sénégalais a été formé au milieu du XIXe siècle dans les colonies françaises d’Afrique subsaharienne, et pas seulement au Sénégal. Les soldats qui forment ce corps, avant de servir de chair à canon dans les tranchées de 14-18, ont notamment combattu aux côtés des troupes françaises au Maroc, lorsque celui-ci s’est retrouvé bien malgré lui protectorat (donc colonie) de la France. Après les opérations militaires, des tirailleurs ont été rapatriés à Marseille, d’où ils ont pris le paquebot qui les ramenait au pays. C’est ce départ qu’évoque un article du Petit Journal, en bas de première page.
257 tirailleurs, pour certains accompagnés de leur famille (104 femmes, surnommées « Mesdames Tirailleurs », et 59 enfants, selon le décompte du journal), ont quitté Marseille « avec une joie non dissimulée » au début du mois de janvier 1914. L’auteur de l’article affirme dès le départ que les Sénégalais portaient de « l’amour » pour « le grand pays des blancs », mais ils ont néanmoins souffert de la rudesse de l’hiver : « habitués au brûlant soleil des tropiques, les Sénégalais ont souffert beaucoup du froid qui sévit sur notre région depuis une huitaine de jours ». Malgré la générosité dont semblent avoir fait preuve les Marseillais à leur égard, leur apportant « mille friandises et des vêtements chauds », ainsi que des couvertures, les tirailleurs et leur famille sont restés à grelotter dans leurs chambrées.
Certains tirailleurs sont cependant restés à quai, ou plus précisément à l’hôpital, où ils devaient recevoir des soins avant d’affronter le voyage, « mais ils ne seront guéris réellement que lorsqu’ils auront retrouvé le bon soleil de leur pays ».

Collection # 127

Martigues (localisation)
26 décembre 2011

Un décret gravé

Un mur de l’hôtel de ville de Marseille. Une inscription attire notre attention :


Elle fait partie d’un ensemble législatif promulgué sous la Révolution, plus précisément le 2 octobre 1795. Il s’agit d’un « décret sur la police intérieure des communes de la République ». Par certains côtés, on y sent son Guéant. D’ailleurs, le même jour, une loi rattachait l’instruction publique au ministère de l’Intérieur. Tout un programme …
Ce décret vise à limiter le vagabondage, la misère étant sans doute plus difficile à voir qu’à vivre. Est ainsi institué un passeport intérieur, obligatoire pour tous les citoyens, et leur permettant, si ledit passeport est correctement visé par les autorités compétentes, de quitter leur canton. J’ai bien dit « le canton ». C’est petit, un canton. Pour ce faire, les communes doivent recenser les habitants de plus de douze ans, ce recensement ayant, on l’a bien compris, une finalité purement policière. Le quidam qui circulerait sans le fameux passeport et qui, c’est fâcheux, serait pris sur le fait, serait arrêté et, s’il ne régularisait pas sa situation, serait jugé voire condamné.
Cet article est complété par d’autres éléments qui vont dans le même sens, et qui explicitent partiellement l’inscription que j’ai lu à Marseille : ainsi, les communes sont responsables des délits commis sur leur territoire « par des attroupements ou des rassemblements ». L’article 6 du titre IV précise même, et c’est bien le sens de l’inscription, « Lorsque, par suite de rassemblements ou attroupements, un individu, domicilié ou non sur une commune, y aura été pillé, maltraité ou homicidé, tous les habitants seront tenus de lui payer, ou, en cas de mort, à sa veuve et enfants, des dommages-intérêts.« 

Collection # 124

Du côté du Vieux Port
Marseille, 23 décembre 2011

Voilà pourquoi je ne mange jamais d’huîtres hors de la zone de production

Un peu long, ce titre. Du coup, plus rien à écrire derrière. Si ce n’est que, outre pour la fraîcheur du produit et le goût, j’ai trouvé à Marseille une raison essentielle me poussant à me passer d’huîtres lorsque je suis loin de leur zone de production : le prix. Certes, il s’agit apparemment de « spéciales », plus chères que les fines de claires (or je préfère ces dernières, plus iodées et moins grasses), mais quand même … Un prix quasiment multiplié par deux, ça laisse pantois :