120 000 € du mètre carré, ça fait cher pour un squat

Et ça faire cher pour Berlin. Pauvre mais sexy, c’était vrai avant, en gros dans les années 2000, mais aujourd’hui ?
Cette somme rondelette, à multiplier par 1250 mètres carrés, correspond à la vente du Tacheles, cet ex-squat berlinois devenu haut lieu de la culture alternative, puis balade obligée pour touristes (dont j’ai fait partie, et avec plaisir).
L’immeuble avait été évacué manu militari en 2012, quelques mois après mon dernier passage dans cette ville, où j’avais pu constater que le combat mené par les derniers artistes était vain. Les banques avaient effectivement gagné (photo prise en avril 2012) :

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Le propriétaire du lieu depuis 1998, un groupe spécialisé dans l’immobilier de luxe, vient de revendre le bâtiment à un fonds d’investissement new-yorkais, qui envisage, sans grande originalité, d’y construire des appartements très chers qui brillent de partout, et des commerces. Et puis aussi un petit truc culturel parce-que bon, c’est quand même Berlin …

Source : site web du Nouvel Observateur, 25 septembre 2014

Les promoteurs ont perdu le référendum

Il y en avait, hier, des électeurs appelés aux urnes ! Appelés seulement, parce-que vu le peu de citoyens motivés par la chose publique, on ne peut pas appeler ça un succès. Je ne parle même pas du résultat, tentant de déglutir une colère amère tant bien que mal. Mais ce blog doit rester un lieu calme et serein, j’y tiens.
Ce n’est donc pas de l’élection européenne qu’il est question ici ce soir, mais d’un référendum qui s’est tenu à Berlin à la demande des citoyens. Klaus WOWEREIT, maire en exercice, est une fois de plus remis en cause. Il faut dire que c’est habituel dès qu’il s’agit d’aéroport, le tout nouveau tout beau remplaçant l’improbable et ridicule Tegel étant toujours à l’état de chantier. Il aurait du entrer en service il y a plus de deux ans. Au moins.
Donc WOWEREIT et les aéroports, ça ne va pas ensemble, même quand ledit aéroport n’en est plus un depuis longtemps : c’est le cas de Tempelhof, qui ravitailla les Berlinois pendant le blocus de 1948-1949, et désormais transformé en lieu de balade, piste de roller, jardin partagé, voire terrain de sport pour alouettes.
Monsieur le maire, pourtant pas au mieux de sa cote de popularité, voulait autoriser la construction d’immeubles (5000 logements) sur une partie de Tempelhof, et même y aménager une sorte de lac et y bâtir des édifices publics. Les Berlinois ont fait des pieds et des mains pour qu’un référendum soit organisé. Le verdict est tombé hier : monsieur le maire peut remballer ses parpaings et trouver un autre terrain pour satisfaire l’appétit vorace des promoteurs, ces derniers ignorant définitivement tout de l’importance du cadre de vie et du patrimoine.

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Source : La Gazette de Berlin, bien sûr …

Illustration : un tout petit bout de Tempelhof, du côté des jardins partagés, photographié au printemps 2012

L’arlésienne berlinoise

Parions que cette histoire va coûter son fauteuil de maire à Klaus WOWEREIT. Il faut dire que la facture est de plus en plus salée, dépassant actuellement 4 milliards d’euros, pour construire un aéroport enfin digne de la capitale de la première puissance économique européenne.
Tout individu, même très amoureux de Berlin, ne peut donc que se morfondre en se disant qu’il va encore falloir se farcir le minable aéroport de Tegel, devenu trop petit, dans lequel l’attente dans les salles d’embarquement ressemble à une séance d’entraînement pour des sardines tentées par l’épreuve de la boîte. Pas la peine de vouloir y grignoter quelque chose de sérieux, ou même espérer y boire une vraie bière une fois passé le filtre, il n’y a rien dans les salles d’embarquement. La bière est en boîte. Un comble pour l’Allemagne. Tegel, donc, que j’ai pris en photo par le hublot en avril dernier, pensant qu’il s’agissait d’une photo d’adieu :

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Le chantier du nouveau paradis des avions se situe sur le site de l’aéroport de Schönefeld, à 18 km de Berlin, qui accueille actuellement les vols low cost et les charters. L’ouverture fut d’abord prévue pour 2010, puis pour 2011, puis pour 2012. Dans le même temps, les vieux aéroports doivent fermer, comme a déjà fermé Tempelhof qui, je le rappelle, sert aujourd’hui de terrain de sport, de câlinodrome pour les alouettes et de jardin potager :

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Aux dernières nouvelles, on parle d’une ouverture en 2014, voire en 2015. Et si on attendait la fin du pétrole, et donc du kérosène et des avions qui vont avec, pour en faire directement un magnifique jardin, avec un bar panoramique dans la tour de contrôle ?