En déambulant sur la toile [13]

En déambulant sur la toile tandis que 70 copies à la graphie incertaine piaffent sur mon bureau, je me dis qu’avoir des super-pouvoirs serait quand même une super solution pour ne pas dépasser les 50 heures de travail hebdo : mais à la question « serait-il possible de devenir Batman ? », Slate répond « non ». La messe est dite, je sors le stylo et j’y retourne. Cela dit, Batman pour corriger des copies … je doute …
Je tente alors l’humour en mode bloc de l’Est du temps de la guerre froide, pensant que quelques blagues favoriseront mes compétences en paléographie lycéenne du début du XXIe siècle (à lire sur le site de Libé). Mais si cela me distrait, cela ne corrige pas les copies pour autant. Tentons alors le loisir, la musique, les jolis mots, bref la poésie, avec cette retransmission du concert de Jacques Brel à Knokke-le-Zoute en 1963, disponible sur Arte jusqu’au 21 novembre.
Mais pendant que j’attends Madeleine et le tram 33, les copies ne se corrigent pas. Il ne reste plus qu’une solution, boire une bonne bière, à la moule, soyons fou, et de Charente-Maritime bien sûr (France-Bleu). Les copies ne seront pas plus corrigées, mais ma bonne humeur sera assurée.

En déambulant sur la toile [12]

En déambulant sur la toile au cœur de l’automne, j’apprends que les bières belges ont un secret (Sciences&Avenir) et que les élèves japonais sont soumis à des règles aussi strictes qu’ancestrales, de plus en plus remises en cause aujourd’hui : La Voix du Nord titre ainsi « Des élèves gagnent le droit de pouvoir choisir la couleur de leurs culottes », mais l’article cite d’autres exemples que celui concernant la couleur des sous-vêtements. On peut ainsi apprendre que trois éternuements consécutifs peuvent, dans certaines préfectures (l’équivalent des départements en France), valoir une expédition immédiate à l’infirmerie, ou qu’il est interdit d’avoir les cheveux bouclés.
Je lis aussi un article de Korii sur les méfaits de l’usage intensif du smartphone, article qui m’intéresse d’autant plus qu’il fait allusion à quelque chose que j’ai vécu pas plus tard que vendredi dernier, lors du concert de NTM à Bordeaux : de très nombreux fans ont vu la quasi-totalité du spectacle à travers le filtre de leurs écrans de smartphones, ne profitant pas du moment présent mais pouvant dire sur tous les réseaux sociaux possibles « j’y étais ».
Pour finir, le doux rythme du temps qui passe et qui se répète : Courrier International a mis en ligne une infographie permettant de visualiser le nombre de personnes dans Manhattan selon les heures de la journée. La pulsation urbaine au sens propre du terme, et c’est très beau. Pensez à bien lire tout l’article pour croiser en chemin l’infographie animée.

Le sud de l’île de Manhattan vue par la version « 3D » de l’application Plans d’Apple

Mamert, Pancrace et Servais

Bien que remplacés en 1960, dans le calendrier des fêtes à souhaiter, par Estelle, Achille et Rolande, le trio Mamert-Pancrace-Servais reste bien connu des jardiniers pour leur réputation de « saints de glace ». On les fête les 11, 12 et 13 mai, bien loin de l’hiver, mais une légende tenace veut qu’il puisse faire frisquet ces jours-là. Ou pas : 33°7 à St-Etienne le 13 mai 2015 (source), et aujourd’hui, dans mon jardin, il fait 20°C. Nous sommes bien loin des saints-glagla, mais les légendes sont tenaces. D’un strict point de vue jardinier, ces trois jours sont réputés pour être les trois derniers possibles pour un retour sournois du froid avant l’été. En clair, passé lundi, on pourra planter tout ce qu’on veut, ça ne risquera plus de geler.
Quand à notre trio de saints du départ, il correspond à des personnages réels ou supposés du haut moyen-âge, pas jardiniers a priori.
Saint-Mamert était un archevêque du Dauphiné au Ve siècle. Apparemment, il était en froid avec l’archevêque d’Arles et on lui doit d’avoir remplacé une fête romaine visant à protéger les céréales par la procession des Rogations.
Saint-Pancrace serait originaire d’Asie Mineure et serait mort à Rome en martyr et en l’an 304 à l’âge de 14 ans.
Quant au petit dernier, Saint-Servais, il était évêque d’une province belge au IVe siècle. On le dit très accro au dogme de la Trinité, et la légende fait de lui un cousin de Jésus lui-même. Ses reliques se trouvent aujourd’hui à Maastricht.

C’était dans le journal … le 19 septembre 1917

illustrationC’est à la une, mais pas toute la une : il y a un peu de tout ce mercredi-là sur la première page du Figaro, à commencer par le compte-rendu de l’installation du gouvernement Painlevé en France. Mais au milieu de la page, il y a un chiffre : 1143. C’est le 1143e jour de guerre. Et on n’en voit pas le bout. Certes, les Américains sont entrés en piste, mais le bain de sang continue. Par exemple, la bataille de Passchendaele (connue sous le nom de 3e bataille d’Ypres), en Belgique, est commencée depuis fin juillet, et en plus des balles, il pleut des cordes. Les soldats se battent dans un champ de boue bien spongieux dès le début de la bataille et pendant la quasi-totalité de sa durée (la bataille s’achève fin novembre), certains même se noient (cliquez ici pour en savoir plus).
L’article du Figaro fait le point sur ce 1143e jour de guerre en citant uniquement les faits dans lesquels l’armée française est impliquée, et ne mettant en avant que les réussites françaises (n’oublions pas que la censure existe, pas question de démoraliser l’arrière), le tout sur un ton d’une très grande banalité : la guerre est devenue, sinon normale, du moins habituelle. « Cinq avions allemands ont été abattus », il y eut des « actions d’artillerie assez vives en Champagne », « l’ennemi » a été « rejeté après avoir subi des pertes sensibles ». Au final, « rien à signaler sur le reste du front ». Demain sera le 1144e jour de guerre.

Echos locaux (mardi 3 mai 2016)

  • Qu’est-ce qui tient solidement grâce à 23 000 rivets, dont certains de « la taille d’un avant-bras », et qui emmagasine 500 km de câbles ? un indice : ça vole, et les ailes mesurent chacune 45 mètres de long. C’est l’Airbus A380, bien sûr : La Dépêche offre une piqûre de rappel concernant son montage.
  • Nord Eclair franchit la frontière et nous fait rencontrer les élèves d’un établissement scolaire belge. Ces derniers, un petit peu aidés par leurs professeurs, ont décidé de faire manger des légumes à leurs semblables. Et pour cela, ils ont mis au point des bonbons aux légumes frais. Cette invention a été récompensée par un prix de 750 €. Pour faire passer la pilule, il y a quand même un peu de fruit dans les bonbons aux légumes, les parfums proposés étant poire/concombre, tomate/orange, avocat/datte, … Preuve que ça plait : « On a fait tester à l’aveugle aux enfants et ils ont apprécié. On était déjà satisfaits qu’ils ne recrachent pas« .
  • Avez-vous entendu parler du cloclogate ? je découvre la chose en parcourant le site de L’Alsace : les éditions Bordas ont pondu un manuel scolaire destiné aux collégiens dans lequel l’électrocution est expliquée à travers un exemple certes parlant, mais de mauvais goût, puisqu’il s’agit de celle qui couta la vie au chanteur Claude François en 1978. Et comme j’ai, moi aussi, mauvais goût, je ne résiste pas à pointer du doigt l’exercice qui a déchainé les passions et obligé l’éditeur à faire machine arrière : cliquez ici.

 

C’était dans le journal … le 30 mars 1916

Première guerre mondiale, suite. À proximité immédiate des zones de front, les civils sont particulièrement touchés. L’Humanité titre ainsi « Une affreuse misère règne en Belgique ».
Cet article nous apprend notamment que « la faim y sévit à l’état endémique », même « chez les gens fortunés », qui ne disposent plus que du quart de la ration à laquelle ils étaient habitués avant la guerre. Les classes moyenne et populaire, elles, souffrent « des angoisses de la famine ». Du coup, les ouvriers sous-alimentés ne peuvent plus fournir les mêmes efforts au travail, la productivité s’en ressent.
Pourquoi une telle pénurie ? Déjà, avant la guerre, la Belgique n’était pas autosuffisante sur le plan alimentaire. Le site de la RTBF signale qu’un tiers des denrées alimentaires devaient être importées avant 1914. La guerre n’arrange évidemment pas les choses, et le pays reçoit, rien que pour l’année 1916, 50 000 tonnes de froment en provenance des Etats-Unis et du Canada. Mais c’est bien la guerre elle-même qui crée la famine. L’Humanité n’y va pas par quatre chemins pour désigner le coupable : « La Germanie exerce sur cette pauvre Belgique, qu’elle a pillée, saccagée et inondée de sang, une succion formidable et continue. C’est l’araignée se jetant sur la mouche prise dans sa toile pour la vider. » Les soldats allemands sont comparés à des « cambrioleurs » qui empêchent les paysans de faire leur travail : « La semaine passée, trois cents chevaux de trait quittaient Namur pour l’Allemagne ». Des arbres, fruitiers ou non, sont arrachés.
Alors comment tenir malgré tout ? en se « rabattant sur la viande de chien et de chat », qui se vend désormais comme n’importe quelle autre viande, mais à un prix beaucoup plus bas. Il parait même que la viande de chien aurait un peu le goût de celle du mouton. Rien n’est perdu sur ces bêtes : le gras du chien est transformé en saindoux et remplace le beurre.

Ça ne finira donc jamais ?

attentats

C’était dans le journal … le 21 décembre 1915

La première utilisation de gaz de combat remonte à avril 1915 : l’armée allemande envoie du gaz moutarde, aussi appelé ypérite, sur le champ de bataille proche d’Ypres en Belgique. Ce gaz attaque les voies respiratoires et, s’il ne tue pas à tous les coups, il provoque une énorme panique chez les soldats.
Très vite, l’armée française se lance à son tour dans l’utilisation de ce type d’arme, mais élabore aussi des moyens de protection à l’efficacité discutable : ce sont les premiers masques à gaz. Pour le grand public, il faut néanmoins en affirmer l’efficacité totale, ce que fait L’Homme libre le 21 décembre 1915, en relatant une attaque chimique ayant à nouveau eu lieu à Ypres deux jours plus tôt : « Nos moyens de préservation contre les gaz asphyxiants ont prouvé leur efficacité ». Ces moyens sont pourtant encore bien modestes, ce sont de simples cagoules en tissu. Mais des progrès ont lieu, et dès le mois de février 1916, des masques à gaz plus efficaces, garnis d’une sorte de toile cirée, permettent de réellement bloquer une grande partie des gaz qui arrivent dans le nez des poilus.

Carte postale [24]

Bruxelles mai 96

Bruxelles, mai 1996

What’s new ? [mardi 13 avril 2010, 18 h 00]

  • Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles consacre une expo à un très grand artiste bien plus moderne dans son style que bien d’autres nés après lui : El Greco, dont les œuvres, pourtant de la fin du XVIe et du tout début du XVIIe siècle, annoncent les grands mouvements picturaux contemporains. El Greco, maître de l’art espagnol : portfolio (Libé). L’image qui illustre cette note est bien sûr la reproduction d’un de ses tableaux.
  • Le graffiti n’est pas qu’une contestation systématique de l’ordre établi, et peut inversement servir un Etat : au Vénézuéla, le street art au service de la propagande politique (ArtClair).
  • La cuisine, tout le monde s’y met, c’est fun et c’est tendance, mais ça cache peut-être quelque chose : retour vers le fourneau (Les Inrocks).

What’s new ? [mardi 10 novembre 2009, 21 h 15]

  • Il n’y a pas que Total qui lorgne sur l’exploitation des sables bitumineux, qui mettrait inévitablement en péril l’écosystème des régions concernées : le groupe italien ENI a exactement la même idée, dont la mise en application détruirait des centaines de kilomètres carrés de la forêt congolaise pour quelques barils de plus (Effets de terre).
  • Vous vous souvenez de la R8 Gordini, cette petite bagnole sapée en Adidas ? il se pourrait qu’elle refasse surface, modernisée, puisque Renault relance la Gordini avec un modèle pour Twingo (Ouest-France).
  • La pêche à crevette … à cheval, ça existe, en tout cas en Belgique : Le Post l’affirme et montre même des images.