Les aigles portent-ils des bottes ?

Sur la Dordogne, là où le fleuve sert de frontière entre le Cantal et la Corrèze, se trouve le barrage de l’Aigle (localisation). Il se pourrait bien que ce barrage tire son nom du rapace, mais ce n’est quand même pas totalement sûr, du moins si on en croit les plaquettes qui expliquent au promeneur toutes les subtilités du site. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que quelques spécimens d’aigles vivent dans le coin : ce sont les plus petits des aigles, pas plus gros que des buses, en l’occurrence des aigles bottés.
Cet été, alors que je déambulais à proximité du barrage pré-cité, j’ai bien aperçu du rapace, loin, haut, trop loin, trop haut. Etait-ce bien un aigle ? cet aigle-là en particulier ? Quant à l’adjectif « botté », j’ignore s’il est justifié : on ne lui voyait même pas les pattes, à cet oiseau. Mais c’était tellement beau de le voir planer …

aigle

Il n’y a pas que la grève

La lutte continue et s’amplifie. D’une revendication sociale sur une question sensible, elle est devenue combat politique : on le voit à l’évolution des slogans dans les manifs, et surtout à l’arrivée en force des jeunes, en particulier des lycéens, bien loin d’avoir à penser à leurs propres retraites.

Ce qui les pousse dans la rue, ce n’est pas l’envie farouche de sécher les cours (cette motivation ne dure qu’un temps, ils savent bien qu’il faut tout rattraper après, et que ce n’est pas simple), ni les supposées injonctions du PS (un lycéen disait récemment que ses potes et lui-même n’attendaient pas de voir Ségolène Royal au 20 heures pour se faire une opinion, pour la bonne raison que le 20 heures en question n’est pas regardé par les jeunes, qui ont d’autres sources d’information moins à la botte du gouvernement).
Ils sont dehors et ils braillent parce-que l’injustice monte en puissance, et qu’à 16 ans on est très sensible à cela. Ils sont la première génération à avoir réellement conscience qu’ils vivront moins bien que celle de leurs parents. Ils se sentent sacrifiés sur l’autel du profit, vilains petits canards d’une société vieillissante (malgré la fécondité surprenante des Françaises). Ils savent que le monde du travail les exclut, tout comme il exclut les séniors (l’équation simpliste « vieux au boulot = jeunes au chômage » est d’une connerie redoutable). Ce que veut Sarkozy et sa clique, ce n’est pas mettre les sexagénaires au boulot, c’est rogner le prix des pensions, point barre. Que les jeunes soient dans la galère, ils s’en tapent : leurs mômes sont nés avec une cuiller en argent dans la bouche. Que les vieux soient dans la misère, ils s’en balancent : ils ont du pognon planqués dans tous les coins, ils ont eux-mêmes eu la petite cuiller en argent en guise de tétine, leur avenir est assuré.

Et c’est tout cela qui ressort actuellement des divers mouvements qui se créent un peu partout, et qui montrent qu’il n’y a pas que la grève. Je me balade ce matin dans la presse quotidienne régionale, et je lis des initiatives intéressantes, qui n’émanent pas des centrales syndicales :

  • Toulouse : pour la deuxième fois cette semaine, des manifestants de différentes professions ont bloqué les dépôts de bus ; une manif doit démarrer ce matin à 10 heures (La Dépêche) ;
  • Limoges : la fac est bloquée par les étudiants depuis hier  (La Montagne) ;
  • Clermont-Ferrand : manif des lycéens et des étudiants ce matin (La Montagne) ;
  • Grenoble : hier, des manifestants ont bloqué l’arrivée des véhicules entrant en ville par l’A48 (Le Dauphiné Libéré) ;
  • Avignon : deux lycées théoriquement bloqué ce matin, manif des lycéens prévue à 11 heures (Vaucluse Matin via Le Dauphiné Libéré);
  • Montpellier : multiples actions hier. L’accès à certains services de la mairie a ainsi été bloqué pendant une heure (Midi Libre) ;
  • Sète : grève des éboueurs depuis hier (Midi Libre) ;
  • Nantes : 600 jeunes ont « fait le mort » hier (photo dans Ouest France) ;
  • Dordogne, autoroute A89 : des manifestants rendent le péage gratuit à Mussidan (Sud Ouest) ;

    … etc : je n’ai pas toutes les infos, bien sûr. Certains titres se cantonnent encore aux résultats sportifs du week-end ou aux spectaculaires accidents de la route de l’avant-veille ! Une dernière info cependant : les lycéens bordelais démarrent leur manif à 10 h 30 sur la place de la Victoire, et quelques lycées de la ville étaient bloqués hier.

—> Illustrations : photos prises à Bordeaux lors de la manifestation du 19 octobre.

Un week-end un peu partout

Nous sommes partis vendredi, cap à l’est. Etape gastronomique dans le pays de cocagne du coin : le Périgord. Samedi, au saut du lit, nous gambadions dans les rues de Sarlat (repère 1 sur la carte) à l’heure du marché :

Cap à l’est toujours, en évitant tout ce qui de près ou de loin ressemble à une autoroute. Nous traversons le département du Lot, l’architecture change. Après la lumineuse pierre blonde de Sarlat, des pierres plus sombres, le pays semble plus rugueux, plus dur aussi, on se dit que les hivers y sont surement rigoureux. Nous avons quitté notre douce Aquitaine, le paysage est vallonné, c’est joli. Nous entrons en Auvergne et, vers midi, nous nous posons à Aurillac (repère 2) :

Après un déjeuner très couleur locale (et très agréable), nous continuons notre périple, toujours dans la même direction. C’est désormais la petite montagne, le Massif Central et la station de ski de Super-Lioran. Tout indique que la neige est bien là l’hiver, nous prenons de l’altitude, la température baisse mais la lumière est superbe. En fin de journée, nous plantons la tente en Ardèche, lieu de la fête où nous étions invités et qui a justifié une telle virée.
Dimanche matin, alors que nos co-fêtards pioncent encore, nous décampons silencieusement : le week-end n’est pas terminé. A le recherche d’un café pour le petit-déjeuner, nous entrons dans un très joli village, dont seul le bistrot est ouvert à cette heure : Boucieu-le-Roi (repère 3 et photo ci-dessous).

Petit noir au comptoir, avec discussions enflammées des habitués en prime, on se croirait chez Gourio. Je repense aux brèves de Jean Carmet dans la vieille série Palace (piqûre de rappel). Nous reprenons la route, les paysage sont superbes. Nous nous arrêtons même pour une petite photo :

Nous arrivons enfin à Tournon (repère 4), où nous voyons le plus grand, le plus fort, le plus gros : le Rhône.

Cap au sud enfin, par l’autoroute A7. Nous présentons nos hommages à la verte Sorgue (photo ci-desous) à l’Isle-sur-la-Sorgue (repère 5) avant de remettre le cap sur notre home sweet home.